‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 166 sur 227 · SIMON · texte numérisé non relu

SIMON

avec la force armée. Ils l’enfermèrent, en conséquence, dans la grotte de Bassaguda (commune de Coustouges), cavité circonscrite de manière que cinq hommes assis, la tête courbée, y sont à l'étroit. C’est là que l’infortuné Massot passa le dernier mois d’une existence d’angoisses, du 1°” avril au 1” mai 1845. C'est là aussi qu'il écrivit à sa mère éplorée lettres sur lettres pour obtenir le prix de sa rançon. Chacune de ces lettres était accompagnée d'une autre missive du commandant Coll-Suspiné qui signoit Tocabens.Toutes disaient invariablement à Mme Massot que si elle n’envoyait pas, à bref délai, 800 onces d'or (65.000 francs) à un lieu désigné, elle recevrait bientôt une nouvelle demande accompagnée d’une oreille de son enfant, puis une autre oreille, et successivement le nez, les yeux et enfin la tête. A la suite des démarches de la famille Massot, on s'était décidé des deux côtés des Pyrénées, à concerter un mouvement pour prendre les Trabucayres entre deux feux. Ceux-ci comprirent qu'ils ne pouvaient rester plus longtemps à la limite des deux pays sans courir le risque d’être pris. Ils se décidèrent à entrer en Roussillon, et à attendre, près de la Fou, au Mas de l'Aloy (commune de Cortsavi) que l'orage fut passé. Mais avant de partir, il fallait se débarrasser du prisonnier. La mort de Massot fut résolue. Cette victime dont l’innocence et la jeunesse eussent désarmé le plus lâche, périt égorgée, mutilée à coups de poignards dans la grotte de Bassaguda, le 1° mai 1845. Le 5 mui 1845, la douane, la gendarmerie et une compagnie d'infanterie cernèrent le mas de l’Aloy. La porte étant ouverte, quatre hommes enveloppés de capes sortirent précipitamment de la grange : on les somma de s'arrêter, mais ils prirent la fuite. On commanda de faire feu ; un d'eux tomba mortellcment blessé, les autres furent poursuivis et arrêtés. Solidement liés, les malfaiteurs furent dirigés vers la prison de Céret. D'abord incarcérés à la maison d'arrêt du second arrondissement, les Trabucayres furent transférés à Perpignan, dans la prison de Sainte-Claire. L'instruction du procès dura près d'un au. Les suppôts de Colt-Suspiné comparurent en Cour d'assises le 19 mars 1846. En raison du nombre des prévenus (ils étaient dix-sept) et de la grande äffluence que devaitattirerl'intérêtdes débats, la salle des audiences étant trop petite, l'aflaire fut jagée dans la chapelle de l’ancien couvent de Saint- Dominique, alors aflectée à l’enseignement primaire des enfants de troupe. Là se trouvent aujourd’hui les magasins du génie militaire. Les débats durèrent dix jours. Les récits des témoins firent frissonner tous les assistants. Quatre avocats avaient pris place au banc ae la défense. Les jurés entrèrent dans la salle des délibérations le 28 mars, à trois heures de l'après-midi. [ls en sortirent à huit heures du soir,

après avoir répondu aux deux cent quarante-trois questions qui leur avaient été posées. Alors éclata sur le banc des accusés une scène de scandale telle que les fastes judiciaires n'en ont jamais enregistré. Pendant que la cour délibérait sur l'application de la peine, les Trabucayres parlaient et vociféraient à la fois, accompagnant leurs paroles de gestes injurieux et menaçants ; c’élaient des imprécations contre les témoins, contre les jurés, contre la loi française, mêlées aux plus horribles blasphèmes. Simon, dit Coll-Suspiné, entre autres, se posa comme une victime de ses opinions carlistes : « C’est là, s'écriat-il, en désignant le siège de la Cour, et non ici, qu'est une bande de voleurs ». Après une heure d'attente, la Cour monta sur son siège, et, au milieu du silence le plus imposant, M. le président Jac, prononça d’une voix ferme et retentissante le verdict qui condamna treize Trabucayres à diverses peines et quatre principaux d'entre eux à la peine de mort. Le chef, Simon (Coll-Suspiné) et un de ses sicaires nommé Balme devaient être exécutés à Céret. Deux autres devaient subir la peine capitale à Perpignan. Le {{ mai suivant, une tentative d'évasion fut découverte dans la prison. Les Trabucayres condamnés à mortétaient parvenus à pratiquer une ouverture dans le sol du cachot où ils étaient détenus. Peu s’en fallut que cette tentative ne réussit. Le 26 juin 1846, le pourvoi des quatre condamnés à mort élant rejeté, leur exécution eut lieu sans retard. Jean Simon et Balme furent guillotinés à Céret, le 27 juin 1846, à quatre heures du soir. Ce jour-là, deux de leurs complices subirent aussi la peine capitale à Perpignan.

Napoléon Viros, Conference sur les Trabucayres.

SINTREMOND, religieux bénédictin, essaima de l’abbaye de Saint-André de Sorède, en compagnie d'un groupe d’autres moines, pour se fixer, vers 850, dans la région de .Reglella, alors en friche. La colonie monacale bâtit dans ces parages un monastère et une église connus sous le vocable de saint Clément. Sintremond et ses religieux vouèrent leur vie à l’œuvre de défrichement et d'exploitation agricole de la contrée de Reglella. Ils obtinrent de Charles-le-Chauve une charte qui accorda à leur nouveau monastère des franchises et de nombreux privilèges.

Abbé P. Boxet, Impressions et souvenirs (Îlle-sur-Tel et ses en DiUrONS).

SIRACH (Jean), chanoine et sacriste de l’abbaye de la Réal, passa un contrat, le 8 juin 1456, avec les consuls de Millas. par lequel il s'engagea à construire de grandes orgues pour l'église de cette localité. Jean Sirach fut élu, en 1462, abbé de Notre-Dame de la

SINTREMOND — SIRVEN

Réal. Il ne fut toutefois à la tête de cette collégiale que durant l’espace de cinq mois.

Gallia chrisliana, t. VI, col. 1114. — Abbé J. Careize, Elude historique sur Millas.

SIRACH (Jacques), promu à l’abbatiat de Saint- Martin du Canigou en 1522, recueillit la succession de Gaspard Borrell. Le 30 décembre 1522, un induit fut accordé à l’abbé de Saint-Martin, qui lui octroya le droit d'user de la mître, de la crosse et des autres insignes abbatiaux. Cette concession apostolique donna encore au prélat qui présidait à la direction du couvent le droit de conférer la tonsure et les ordres mineurs aux novices et aux autres personnes dépendantes du monastère, de réconcilierles églises et les cimetières pollués. Jacques Sirach mourut le 12 juin 1534.

Inventaire de dom d'Agullana.

SIRVEN (Emmanuel) naquit à Perpignan, le 9 janvier 1795. Il était issu de la famille Sirven, de Castres, dont les malheurs causés par le fanatisme protestant sont entrés dans le domaine classique de l'histoire de France, à la suite du retentissant procès que Voltaire soutint pour la réhabiliter. De bonne heure, Emmanuel Sirven montra un goût très prononcé pour la poésie et surtout pour la chanson, : genre alors en vogue dans les cercles littéraires et les salons. Il ne tarda pas à se livrer à la composition et, marchant sur les traces de maîtres tels que Bérenger, Desaugiers, Armand Gouffé, obtint d'eux les plus flatteuses approbations. C’est dans les colonnes du Publicateur que Sirven avait inséré ses essais poétiques. En 1835, il publia à Paris un volume de chansons intitulé : Raison et Folie « dans lequel, écrivait un critique du temps, de Pradel, on remarque des morceaux que ne désavoueraient pas nos maîtres à tous ». Le Voyage aux bains de la Preste, une scène lyrique connue sous le titre La révolte du Caire et dont Ch. Nodier accepta la dédicace, suivirent l'apparition des premières œuvres du chansonnier roussillonnais. En même temps; il collaborait à diverses revues et à différents périodiques littéraires. En 1833, Sirven avait contribué pour une large part à la fondation de la Société Philomathique devenue plus tard la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pvr.-Or. Il fut élu à plusieurs reprises secrétaire de cette association savante et donna à ses bulletins les fruits les meilleurs de ses travaux poétiques ou historiques. Sirven prit à cœur le développement de l'instruction primaire dans la ville de Perpignan. Depuis 1834, il remplissait les fonctions de membre du comité des écoles. Deux ans plus tard il dressa un état statistique faisant connaître le nombre d'enfants perpignanais qui fréquentaient alors les classes

publiques, les écoles libres et de ceux qui étaient privés de toute instruction. Ce travail valut à son auteur une médaille d'honneur décernée par la société de statistique de Paris. Frappé des avantages que la Ville retirerait de la création des salles d'asile, Sirven présenta encore, en 1839, un mémoire au conseil municipal tendant à l'établissement d'écoles gra. tuites à Perpignan. L’édilité adopta ses conclusions et, quelques mois après, la première salle d'asile ouvrit ses portes aux tout petits enfants. Nommé en 1851 économe des hospices de Perpignan, Sirven dirigea ses facultés vers un genre de travaux intellectuels en harmonie avec sa tournure d'esprit : l'étude du passé historique du Roussillon. Dès 1856, il éditait une Notice sur la fondation de l'hôpital Saint-Jean, de l'hospice de la Miséricorde el du dépôt de charilé de Perpignan. Ce mémoire provoqua une lettre élogieuse de l’illustre Gerbet, écrite à la date du 30 août 1856 : « Si cette lecture m'a fort intéressé, disait l’éminent prélat, ce n’est pas seulement parce que cet écrit a pour objet des institutions qui ont bien des droits à notre respect et à notre reconnaissance, c’est aussi parce que cette notice m'a paru très bien faite et qu'elle ne m'a laissé d'autre regret que celui de sa brièveté. » Encouragé par les paroles du grand évéque, Sirven entreprit alors la publication des Ephé- * mérides de l'hôpilal Saint Jean et de l'hospice de la Miséricorde qu'il inséra dans les tomes XI, XII et XIII de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyr.-Or. Cette œuvre un peu seche est froide à la lecture, mais nourrie de documents et de faits, elle ne peut qu'intéresser ceux qui s’adonnent aux études économiques ou sociales. Le cadre s'agrandira le jour où un érudit, démêlant les liasses des archives hospitalières, dressera l'inventaire des pièces riches et abondantes que recèle une des salles de l'hôpital civil de Perpignan. Sirven est encore l'auteur d’un certain nombre de biographies de Roussillonnais illustres et d’une monographie sur le donjon de la citadelle de Perpignan. Il mourut en 1865.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

Branche ainée ou des vicomtcs d'Evol

80 (Guillaume de) était fils de Bernard de Llo et neveu d’Arnald de So. Le 7 octobre 1260, le roi Jacques le Conquérant lui fit donation du château d'Eus, des villages d'Evol et de Sahorre, de la châtellenie de Puyvalador et de la moitié du lieu d’Estavar. Ce monarque concéda en même temps à Guillaume de So les justices de toute juridiction, les censives, les rentes, les droits de lods et autres de ces différents fiefs. Le 24 novembre 1266, le roi d'Aragon agrandit encore le domaine seigneurial de ce chevalier en lui octroyant la propriété des châteaux de So et de Querigut. Guillaume de So reçut la juridiction sur le

SO

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territoire et les habitants de ces deux châtellenies, sous la réserve qu'il les tiendrait en fief pour le vicomte de Castellbo qui n’était autre que le comte de Foix. Guillaume de So assista à la prestation de foi et hommage que Jacques de Majorque fit entre les mains du roi d'Aragon, le 20 janvier 1278, dans le cloître des Frères-Prêcheurs de Perpignan. En 1290, Roger-Bernard comte de Foix avait cru pouvoir se soustraire à la suzeraineté du roi de Majorque, en chassant des châteaux du Donnezan, le baron d'Evol. Mais Sanche, fils aïné de Jacques l°, se rendit en Cerdagne avec une armée et força à la soumission le nouveau comte de Foix, Gaston 1°. Celui-ci vint à Perpignan le 411 novembre 1303, et se reconnut vassal du roi de Majorque pour les terres du Donnezan et les fiefs de Guillaume de So situés dans le Capcir, la Cerdagne, le Conflent et Barida. « Malgré toutes ces protestations de fidélité, dit M. l'abbé Giralt, la guerre allait recommencer (entre Jacques 1° et le comte de Foix) lorsque des amis s’interposèrent. Le vicomte de Narbonne et Pierre de Fenouillet leur firent accepter un traité, le 15 juillet 1304, mais on ne put terminer cette affaire qu’en 1308, par la médiation de la reine Esclarmonde de Foix et le vicomte de Cardone. Guillaume de So était désigné en 1286 comme l’un des manumisseurs de son parent Guillem de Canet. Il vivait encore en 1307, et cependant son nom ne reparait à cette dernière date qu'à l’occasion de la juridiction civile du château de Sauto et des justices criminelles de ce lieu. Le roi Jacques de Majorque s’y réservait le mère et mixte empire, ainsi que la moitié des dimes, qui étaient en l’année 1400 inféodées à Guillem Calvet, de Perpignan. Dès l’annte 1302, Bernard de So était à la tête des affaires, en qualité de fils émancipé de Guillaume de So, chevalier, et le 12 des calendes d'octobre 1308, il faisait mention de la mort de son père, dont il se disait héritier universel ab intestal. Guillaume de So avait épousé Géralda de Cortsavi. Il laissait un second fils, Arnal de So, en 1312 chevalier et seigneur de Puysserguier (Hérault), dont une fille. Timburge, hérita de cette seigneurie et se maria avec le vicomte de Narbonne, et l'autre, Géralda, épousa le seigneur de Talayran (Aude). »

Abbé (Girazr, Notice historique de la vicomté d'Evol, dans le XLVE Bulletin de la Societe Agricole, Scientijique et Liltéraire des Pyrénées-Orientales.

80 (Bernard de), fils du précédent, seigneur d'Evol, vendit, le 20 septembre 1308, au roi Jacques [°”, le lieu de Fontrabiouse pour la somme de 8.000 sols barcelonais. Sanche, son successeur sur le trône de Majorque, rendit ce fief en 1317 à Bernard de So, en considération des nombreux services qu'il en avait reçus et qui l'avaient obligé à de fortes dépenses. « En outre et à titre de récompense, raconte

SO

M. l'abbé Giralt, le prince assura à Bernard de So | à Perpignan, moryennant une compensation, et il

l'inféodation des justices civiles, du mère et mixte empire sur les habitants. Il fit pourtant une réserve. C'est que les hommes de ce village devaient rester sous la juridiction militaire du château royal de Puyvalador, qui pouvait les obliger, en cas de guerre, au même titre que les hommes de la dite châtellenie, pour les droits d’host et de chevauchée, Les corvées, le guet et l'appel aux armes. Cette concession féodale était faite moyennant la somme de 400 livres barcelonaises, que le Roï remettait en paiement de 400 livres, pour lesquelles le seigneur d'Evol, co-propriétaire par indivis avec le roi de toutes les forêts de la vallée d’Evol, lui cédait la moitié des arbres lui appartenant dans la forêt du val d'Anyans, nécessaire pour les besoins du château de Celra... Le 4 août 1311, le roi Sanche donna en fief à Bernard de So la juridiction et les justices civiles, qui lui appartenaient dans le château, le village, la vallée d’Evol et tout son territoire; de plus, illui baillait en fief la juridiction criminelle, le mère ct mixte empire, ou la haute juridiction sur les habitants d'Evol, comme aussi la juridiction criminelle basse sur les lieux d'Estavar et Bajanda. Ceci ne dérogeait en rien aux droits que Gaston, comte de Foix et vicomte de Castellbo, pouvait avoir sur Evol, Estavar et autres lieux. qu'il reconnut tenir en fief pour le roi de Majorque à Perpignan, la veille des nones de décembre 1313. Peu auparavant, le jour des nones d'août de la même année. à Puycerda, Bernard de So avait, de son côté, prêté foi et hommage au roi Sanche pour le château de Sauto et ses dépendances. ainsi que pour le vilar de Creu, en Capcir. Il acheta en 1320, à Jean Durand, jurisconsulte de Perpignan, pour 7.000 sols barcelonais le vilar des Horts avec des revenus de propriétés sises à Serdinva, Mirles, Marinvans, la Guardia et Joncet. Jean Durand l'avait acquis de Pons Guillem, de Villefranche, en 1315 et Bernard Guillem l'avait acheté peu auparavant à Guillem d'Avinvo. Bernard de So le cédail peu après au donzell Pons d'Îlle qui, ne pouvant payer le prix convenu, était obligé de le luirevendre en 1321. Le village des Horts resta annexé à la vicomté d'Evol jusqu'à la révolution. Un acte des nones d'octobre 1319 mentionne Bernard de So, visuier de la Cerdagne et du Barida, et le chevalier Ravimond de Palerols, son lieutenant. La même année il avait achete les domaines. revenus et autres biens que les frères Pons et Raymond Guillem, de Villefranche. possédaient à Llivia, aux lieux de Guruja, Céréja, Angoustrine et autres lieux de la Cerdaugne. Mais comme le Rotï voulait se réserver sur ces biens la bavlie de Elivia. qui élait la propriété des dits vendeurs, ainsi que Îles justices civiles et

déclara tenir tous ces domaines en fief pour le Roi: la tour et les moulins de Llivia, le champ de {erresblarques, les redevances de fromages et les corvées de labour, de charroi et autres relatives à la mouture du blé, comme aussi la rente de 1150 truites que, par cet achat, il acquérait au lieu d'Angoustrine. Versla même époque, Bernard de So avait pris part à une de ces guerres privées si fréquentes entre les seigneurs du moyen-âge. En compagnie de Jasbert de Castellnou et d’Arnal de Cortsavi, il était venu aider son neveu le vicomte de Narbonne contre le vicomte d'Ille que soutenait Guillem de Canet. Plus tard, il s’unissait à ce même vicomte d'Ille contre Adhémar de Mosset. On lit au testament de Jean de So, de l'année 1347, qu'il léguait 5.000 sols aux habitants de Mosset pour les dommages que son père leur avait causés en cette occasion. Une partie de la colline qui sépare les vallées de Conat et de Mosset, entre Ria et Fornols, a conservé le nom de Pla-de-val-en-So. Dans un acte des ides d'avril 1325, Bernard de So est appelé seigneur de Cortsavi. Arnal de Cortsavi venait de mourir et sa baronnie était passée par héritage au fils aîné de sa sœur. Le seigneur d'Evol, déjà puissant et riche, unissait à ses domaines la plus importante baronnie du Vallespir. On trouve mentionnée, le 8 des ides de novembre 1339, une chapellenie que noble Bernard de So avait fondée à Cortsavi pour perpétuer la mémoire de ses ancêtres. Le 18 des calendes d’octobre 1335, il cédait au roi Jacques IT, la baronnie et le château de Cortsavi, le château de Labastide en Vallespir et la dime de Prats-de Mollo ; il en recevaiten échangeles seigneurics de Millas et de Calce, et pour la plus-value de 5.000 sols barcelonais, il oblenait que le nouveau chemin allant de Perpignan au Conflent par Millas, serait obligatoire et ne pourrait être changé. A cet acte signérent avec lui ses deux fils, Jean et Bernard. Ce dernier se dit émancipé et renonce à la donation que son père lui avait faite de la Paronnie de Cortsavi. Bernard de So mourut peu de temps après. »

Abbé Ginazr. op. cil.

80 (Jean de), fils ainé et héritier du précédent, porta le titre de vicomte d'Evol, des l'année 1337. Le 17 juillet 4339, il assista, ainsi que son père Bernard, seiwneur de Millas, à la prestation de l'hommage que Jacques IT fit au roi d'Aragon, dans la ville de Barcelone. Lorsque, le 27 février 1342, le roi de Majorque reçut à Perpignan l'ordre de comparaître devant son suzerain, Jean de So se trouvait à ses côtés avec le vicomte d’fle et Pons de Llupia. Ces trois chevaliers portaient le titre d'ofliciers de la maison du roi. A celle époque, le vicomte d'Evol fit construire La

criminelles, il la lui céda le 8 des ides de décembre | Bastide d’Olette dont on aperçoit encore de nos jours

les tours sur la rive droite de la Tet. Le 29 janvier 1340, Jacques II vendit à Jean de So les lieux de Celra et de Jujols. Des difficultés ayant surgi à propos de la cession de Celra, le roi de Majorque annula celle vente et donna en échange, au vicomte d'Evol, la juridiction sur le lieu d’Ayguatebia. Le roi de Majorque, qui avait emprunté mille livres barcelonaises, assigna en payement, le 25 septembre 1341, à Jean de So, vicomte d’E£vol, son fidèle conseiller, diverses sommes sur les revenus de Villefranche, Sahorre, Fuilla, Serdinya, Vinça, Rodez, Argeles, Volo, Tresserre. la Comalada, Cortsavi. Dans la méme époque, il lui confirma le mère et mixte empire et toute juridiction, dans le château et le village d'Evol. Le 2 novembre il lui donna en récompense de ses services, le commandement du château et de la tour de Llivia avec cent livres barcelonaises par an, ainsi que la baylie de ce lieu, telle que l'avait possédée son père Bernard de So, vicomte d’Evol, lequel l'avait cédée au roi Sanche. Le 17 septembre 1341, Jacques 1I donna à vie à Jean de So tous les revenus royaux de Railleu, pour qu'il put en jouir, soit qu'il fut à la cour ou ailleurs. Le 4 juin 1343, il lui vendit le château de Raillcu avec ses droits, ses dépendances et ses ficfs. Le 1” mars 1344, le vicomte d'Evol acheta de Guillaume Belissen l'arrière-dime de Trullas, affermée par les commissaires du roiet le 25 avril, il en paya le prix au Procureur royal. Sur ces entrefaites, Pierre-le-Cérémonieux ayant franchi les Pvrénées, s’avançait vers Perpignan pour surprendre le roi de Majorque dans son palais. Le 16 juillet 1344, le jour où le roi d'Aragon faisait son entrée à Perpignan, Bernard de So s'empara du chäteau d'En, qu'il livra au pillage. Mis en demeure de prêler serment à Pierre IV, le vicomte d'Evol s’y refusa. Ï1 demeura fidèle au prince dont il avait été le conseiller et le familier. Le 12 janvier 1345, le roi d'Aragon reprit à Jean de So les lieux et leschäteaux d'Evol, La Rocha, Sauto, etc., dont il l’indemnisa par la cession des châteaux de Saint-Martin et de Subirats dans la Barida. Jean de So mourut cn 1347, avant eu de son épouse Isabelle deux fils, Bérenger et Bernard, dont les notices suivront.

Archives des Pvr.-Or.. BB. 96, 190, 253, 276. — LrcoY DE LA Mancue, Les relalions poliliques de la France arec le royaume de Majorque. — Abbe Ginasr, Nolice historique de la vicomte d'Evol dans le XLVI Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.

SO (Bernard de), frère du précédent, reçut. en hérilage de son pre. la baronnie de Cortsavi. Le 44 septembre 1335, le roi Jacques IF, par l'intermédiaire de son procureur Raymond de Montbrun, conclut un pacte avec Bernard de So. D'apres les termes du contrat, celui-ci abandonnait au souverain les chäleaux et les fiefs de Cortsavi et de La

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Bastide. En retour, le roi de Majorque lui fit don des seigneuries de Millas et de Calce. Il fut stipulé, entre autres conditions, que Bernard posséderait en francalleu tous les droits composant ces deux seigneuries, et que seule la haute justice serait tenue en fief pour le roi. Pour la plus-value de 50.000 sols barcelonais, Bernard de So obtint que le nouveau chemin conduisant de Perpignan dans le Conflent fut obligatoire. À l'encontre de son frère, le vicomte d’Evol, qui resta fidèle au roi de Majorque détrôné, Bernard de So reconnut la domination de Pierre 1V en Roussillon. 1l conserva dès lors la baronnie de Millas avec tous ses biens. Bernard de So contracta alliance avec Bérengère de Bultero et eut d'elle trois enfants: Jean, Agnès et Esclarmonde. « Jean de So, dit M.l’abbé Giralt, était en 1355 dans l’armée du roi d'Aragon. Son père était en 1358 auprès du roi, à Gérone, et signait avec lui le privilège de Puig-Valador. Bernard de So était conseiller et majordome du roi Pierre lorsque, le 2 mai 1368, les consuls de Perpignan reçurent ordre de payer une indemnité de 6000 florins pour'les dommages causés au dit noble conseiller et à son fils Jean de So, alors au service du roi durant la guerre de Castille, pour être allés au lieu de Millas avec une troupe armée... Jean de So obtint la main de Marguerite, dame de Talavera, au diocèse de Vich, et s'établit au-delà des Pyrénées. Le 5 juin 1386, le seigneur de Talavera faisait quittance d'une dette à Arnaud Ça Balma, ancien procureur de feu son père, Bernard de So, et il présentait sa fille Marguerite, âgée de quatorze ans, au couvent de Saint-Sauveur, à Perpignan. Un de ses descendants, Bernard de So, seigneur de Talavera et de Pavia, dans la viguerie de Cervera, mariait, le 21 février 1533, à Barcelone, sa fille Isabelle avec Galcerand de Burgues y de Sant-Climens, en présence de sa femme Eléonore et de son fils Antoine de So. L'Adarga catalana.. donne les armes de la famille de So établie à Cervera : d’or, traversées par une bande de gueules, que nous croyons avoir été les armes primitives de la famille de So d’Evol. Elles sont peintes en un retable d'autel à Evol, à côté des armes d'Aragall. »

Archives des Pyr.eOr. B. HIS, 190, 440. — Abbé J. CaPrile,

Etude historique sur Millas. — \bbé GiRaiT, Notice hislorique de la vicomte d'Evol

80 (Arnaud de), frère des deux précédents, fit son testament à Perpignan, le 9 mai 1340, et légua tous ses biens à l'hôpital de cette ville. Ses frères lui avaient laissé une petile part dans l'héritage paternel et c'est à ce titre qu'il réclama, le 31 octobre 1351, la suzeraineté de la dime des Angles et de Conangle, vendue par Arnaud de Llupia à Michel Fustet, chanoine d'Urgell. Le procureur royal du Roussillon

ne fit pas droit aux revendications d’Arnaud de So, par suite de la confiscation de la vicomté d’Evol qui avait eu lieu en 1345. Arnaud de So mourut avant le 20 août 1371. Sa femme, Guillelma, était alors tutrice de son fils, Bernard de So. L’héritier d'Arnaud de So fut probablement Bernard de So. Le 6 juin 1416, celui-ci était procureur de Constance, veuve du chevalier Bérenger de Perapertusa, damoiseau du diocèse d’'Aleth.

Abbé GIRALT, 0p. cit.

SO (Bernard de) était le fils cadet de Jean de So, vicomte d’Evol, et d'Isabelle. Comme il était mineur à la mort de son père, il resta quelque temps, ainsi que son frère aîné, Bérenger de So, sous la tutelle du damoiseau Imbert de Bélesta. « Pendant ce temps, dit M. l'abbé Giralt, Bérenger et Bernard de So recouvrèrent la vicomté d'Evol. Sur la réclamation de leur suzerain, le comte de Foix, le château d’Evol fut remis par sentence du Conseil royal d'Aragon, en date du 28 septembre 1352, à Bérenger, héritier de Jean de So. Peu après, le 26 juillet 1352, Imbert de Bélesta, tuteur testamentaire de Bérenger de So, vicomte d'Evol, afferma les revenus du lieu de Raïlleu, par acte passé au lieu d’Olette. En 1366, Bernard de So, vicomte d'Evol, héritier universel des biens de Jean de So et d'Isabelle, pour payer ses dettes, vendit à Pons Descallar la châtellenie et le bailliage de Llivia, au prix de 13.000 sols barcelonais. Il se disait âgé. de plus de vingt-cinq ans et faisait mention de la mort de son frère. L'année suivante, il recevait l'hommage de Jaspert de Tregura pour le fief de la dime de Molitg. En 1372, Françoise, femme de Pierre Onzès, fille et héritière de Pierre de Railleu, lui paya le droit de foriscapi pour le village d'Odeillo en Capcir. Cette dame tenait cette seigneurie en fief pour le vicomte d'Evol, et celui-ci la tenait directement du roi... Par son mariage avec Blanche, fille et héritière universelle de Pierre d’Aragall, Bernard de So avait réuni à son patrimoine les châteaux de Miralles et de Queralt, les forteresses d'Ansonell et Transer, avec des droits sur le village d'Odcillo, la dime de Cortas et la moitié de celle de Valsera (les Angles). Ces possessions élaient, comme Evol, sous la suzeraineté du vicomte de Castellbo. » Bernard de So mourut en 1355 et fut inhumé dans le caveau funéraire que sa famille possédait dans la chapelle de Saint-Clément de l'église des Dominicains de Perpignan. Une dalle funéraire de ce tombeau est actuellement dans la cour du Musée de Perpignan. Sous un dais trilobé soutenu par deux colonnettes, on y voit l’image d'un chevalier bardé de fer qui n'est autre que Bernard de So. « Armet en tête, dit Renard de Saint-Malo, cuirasse sur gambeson, brassards, gantelet, jambards, rien ne manque à la défen-

SO

sive personnelle. L’arme offensive, c’est une large épée suspendue à un ceinturon assez lâche dont, audelà de la boucle, flotte un long excédent. Le noble preux appuie la main droite sur le pommeau de sa joyeuse, pendant que de la gauche il en presse le reste contre la cuisse du même côté. Cuirasse et chaussure sont à lames imbriquées, et les pieds posés sur un chien, emblème d’une mort paisible et naturelle, autant qu'il nous souvient du symbolisme afférent. L'image est simplement au trait de gouge fortement buriné, et encadrée dans l'inscription suivante : « Anno M. CCC. LXXX. V. obiit nobilis vir Dns. Bernardus de Sono, miles et vice comes de Evulo. cuius anima requiescal in pace. Amen. O leclor, ora pro me. » De l'union contractée entre Bernard de So et Blanche d’'Aragall naquirent : Bernard, leur hérilier, dont la notice suit, et Jeanne qui épousa Guillaume Ça Tor. Celle-ci mourut en 1413 sans postérité, laissant tous ses biens à son neveu, le vicomte d'Evol.

Archives des Pyr.-Or., B. 253, 276, 307. — RENARD DE SAINT- Mao, Nolice sur une pierre lumulaire, dans le V1l° Bulletin de

la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Urientales. — Abbé Girarr, Nolice historique de la vicomté d'Evol.

SO (Bernard de), fils du précédent, reçut, en 1393, des provisions de la reine Marie qui lui conférérent la charge de capitaine général du Conflent et de la Cerdagne. Le vicomte d’Evol était alors le seigneur le plus puissant de la contrée. 1l avait sous sa juridiction militaire Evol et Olette, Oreilla et Celra, Canaveilles et la Vali-de-feu, Jujols et Les Horts, Railleu, A yguatebia et Pujals, les baronnies de Sauto, Fontrabiouse et Estavar, et, dans le voisinage d'Urgell, les forteresses de la baronnie d’Aragall. A la mort du roi Jean I‘, le comte de Foix, qui aspirait à sa succession, lança une armée dans la Cerdagne et le Conflent. Ses troupes ayant pillé et saccagé tout sur leur passage, le roi Martin 1° confisqua les terres qu'il possédait en Catalogne. Ce prince défendit à Bernard de So de faire la reconnaissance de ses fiefs, réclamée par la comtesse de Foix, Isabelle, femme d’Archambaud de Grailli. Désormais la vicomté d'Evol ne releva que du roi d'Aragon. Bernard de So, en tant que capitaine du Palais des papes, eut le commandement des troupes pontificales de Benoît XI11 à Avignon. Ces milices élaient composées en majeure partie d'aragonais et de catalans. Les premiers se plaignirent de leur chef qui donnait ses faveurs à ses compatrioles. Pour rétablir la concorde, Pierre de Luna envoya à Avignon, le 15 juin 1409, son familier Marlin de Alpartils qui, découragé, demanda son rappel le 15 octobre suivant. Bernard de So défendit le Palais des papes jusqu’au 22 novembre 1411, date à laquelle il fut dans la nécessité de capituler. Le 4 mai 1412, Benoït XIII accorda encore à

SO

Bernard de So 49000 florins sur les revenus de la Chambre apostolique, mais un an après, le vicomte d’'Evol descendit dans la tombe.

Archives des Pyr.-Or., B. 152, 163, 164, 185. — Abbé GIRALT, Nolice historique de la vicomte d'Evol. — Noël Vazois, La France

el le grand schisme d'Occident. — Franz ERuLE, Martin de Alpartits, Chronica actilatorum temporibus domini Benedicti XIIT.

SO (Guillaume de), fils du précédent, est mentionné par l'historien Féliu de la Penya au nombre des principaux seigneurs qui passèrent en Sardaigne avec l’armée aragonaise, l’an 1409. Il épousa Eléomore, fille du chevalier Raymond de Çagarriga. Le 7 novembre 1416, par acte passé à la Bastide, Guillaume de So vendit au chapitre d'Urgell les droits de haute justice, haust et chevauchée sur Ayguatcbia et Pujals. Il se trouvait à Barcelone le 22 avril 1422, à la cour de la reine d'Aragon. Il assista aux cortès qui furent alors célébrées dans cette ville, et y figura avec le titre de conseiller de la Royale-Audience. Dans le cours de cette même année, Guillaume de So maria son héritière, Blanche de So, avec un gentilhomme aragonais, Pierre-Galcerand de Castro {voir ce nom). Celui-ci était seigneur des châteaux de Fresqueno et Alvaro et frère de Philippe-Galcerand de Castro, baron de Castro et de Peralta. Guillaume de So mourul en 1428. La vicomté d'Evol passa alors à la maison de Castro.

Abbé Ginazr, Notice historique de la vicomté d'Evol.

Branche cadette

SO (Guillaume de). « A l’époque. écrit M. l'abbé Giralt, où Bernard de Llo épousait la fille et héritière d’Arnal de So, une branche cadette étendait ses rameaux non moins illustres à côté du tronc principal. Elle avait reçu en apanage le fief de la dine de Molitg avec quelques possessions dans les dépendances du château de Son, et vers la fin du xm siècle elle obtenait, par des alliances, les seigneuries de Roquefort, Sainte-Colombe et Roudoume dans la vallée de l'Aude. Guillem de So inféoda en 1232 à Guillem de Brèdes, de Mosset, sa part de la dîme de Molitg, ne se réservant qu'une censive annuelle de deux poules et le droit de suzeraineté. En 1263, Bernard, fils et héritier de feu Guillem de So, reçut foi et hommage pour ce fief de Guillem de Conillach ; il lui confirma le tout en fief honoré sans aucune redevance, en présence de son frère Guillem de So. Ce dernier paraît avoir succédé à son frère Bernard, dont il n'est plus fait mention. L'année suivante, 4264, le procureur des fiefs confirmait à Bernard T'ascher, de Puigcerda, la possession de quatre manses avec leurs habitants et d’une part de la dime de Fornols, sous la suzeraineté de Guillem de So et de Galcerand d'Urg. D’autres biens « qui avaient été des

dépendances du château de Son étaient tenus en 1264, pour Guillem de So, par Bernard de Castillon, fils de feu Bernard de Castillon, de Villefranche : c'étaient deux manses et le tiers des dimes de Campome et le tiers d’un autre tiers des dîmes de Fornols, qui avaient été donnés à Guillem de Castillon par les chevaliers Hugues et Gérald d’Atzat et leur neveu Roger. Guillem-Raymond, fils de feu le chevalier Guillem de So et de Saurimonde, fille de feu le chevalier Pierre de Castell, promit en 1276 aux chevaliers Bérenger de Perapertusa et Guillem de Saint-Hippolyte qu'il n’épouserait pas Ermessinde, fille adoptive de feu Raymond de Terme, et qu'il ne se marierait pas sans leur permission. Le même, en 1286, senyor Guillem de So de Roquefort reconnut tenir en fief del senyor Guillem de So, senyor d’Evol, le tiers de la dîime de Paracolls, qui était alors possédée par Pons de Conillach, et un manse au territoire des Anglars, dans le Capcir, appelé le mas d'en Joan Foguel. Le même personnage est encore appelé Guillem de So de Santa-Coloma ; il était devenu seigneur de Roquefort et de Rodoma par son mariage avec la fille et héritière de Pierre de Sainte-Colombe. Cette année, 1293, le procureur du roi confirme à Raymond, fils de Bernard Tascher, quatre manses de Fornols avec leurs redevances seigneuriales, ainsi qu'une part des dimes du même territoire, qui avaient appartenu à Jacques de Prunet: ces manses comprenaient alors sept familles, dont les chefs étaient Raymond Area, Guillem Vidal, Guillem Colomer, Jean Genre, Pierre Pastor, Perpignan Oliba et Jean Molner. Raymond Tascher tenait ces fiefs pour Guillem de So et pour les héritiers de Galcerand d'Urg. La même année, Pons de Conillach, de Fuilla, reconnaissait tenir pour Guillem de So, de Sainte-Colombe, la part des dimes de Paracolls et de Sainte-Marie de Molitg, le fief d'une charge de seigle à retirer de la dîime de Sposolla et un manse aux Anglars. Nous trouvons le même Guillem-Raymond, donzell, à Perpignan en 1303, à Quérigut en 1304; dans un acte de 1312, il est dit chevalier, seigneur de Roquefort. Il reconnaissait. en 1311, tenir en fief du roi Sanche divers manses que Bernard de Tord possédait au territoire de Saint-Martin de Rieutort, en Capocir ; et en 1312 il faisait hommage à Bernard de So, scigneur d'Evol, comme d’un fief honoré: 1° de la moilié des dîmes de Formiguères et de Riutort, pour lesquelles Bernard de Tord, de Villefranche, lui parait annuellement vingt charges de blé ; 2° de la moitié des dîimes d’Esposolla et de Galba et d'un manse situé à Puig, tenu par l'héritier de Pons de Conillach ; 3° de la moitié de la dime de Caselles (Cruells à Campôme) et du Liers de la dîime de Paracolls, que possédait l'héritier de Bernard de Castillon ; 4° d'un fief à Fornols tenu par Tascher et le

mas d’en Joan Foguet, des Anglars. Guillem de So prit part à l'expédition des Catalans dans la Morée en 1316 ; il vivait encore en 1324, le 5 des nones de mai. On trouve à cette date un acte qui nous montre d’une manière fort curieuse les conséquences et les embarras du régime féodal. Jean de Conillach possédait le manse des Anglars et Le revenu d'une charge de seigle sur la moitié de la dîme de Sposolla : son suzerain immédiat était, croyait-il, Guillem de So de Roquefort, qui tenait ce fief pour Bernard de So d’Evol. Celui-ci se reconnaissait, pour ce fief, vassal du comte de Foix, et ce dernier le tenait du roi de Majorque, vassal lui-même du roi d'Aragon. Or, par sentence royale, Jean de Conillach dut encore se reconnaître vassal de Gérald de Brèzes, fils de feu Guillaume de Brèzes, qui avait autrefois inféodé ou vendu ces biens à son oncle Guillem de Conillach. Son successeur, Jean de So, donzell, seigneur de Roquefort, ne nous est connu que par la signature d’un acte de 1326 ; il était alors à Millas avec son cousin Bernard de So, seigneur d’Evol et de Cortsavi. Nous trouvons, à la date du 6 novembre 1347, Guillem de So, chevalier, engagé au service de l’ex-roi de Majorque. Or, Bertrand et Guillem de So, donzells, seigneurs des châleaux de Roquefort et de Santa- Coloma, vendirent, peu avant 1368, au donzell Bernard d'Oms, tous les droits que leur famille avait possédés au territoire de Molitg et dans le Capcir ; mais comme ces fiefs avaient été des dépendances du château de Son, les vicomtes d’Evol en reprirent possession par droit de préférence, en en payant le prix offert par l’acheteur. Nous trouvons à la date du 22 février 1415 un acte de partage des biens de noble Bertrand de So, donzell, et de Marguerite, son épouse, entre leur fils, Vézian de So, et leurs filles : Aliète de So, religieuse de l’Eule ; Margucrite, épouse de noble Guillem-Arnal Carto. donzell de Motoma ; et Nauda, épouse de noble Antoine de Sauto, donzell, seigneur de Scouloubre. Vézian de So, seigneur de Roquefort et de Roudoume, vivail encore en 1454. Son fils, le donzell Guillem de So, faisait ses premières armes en 1440, sous la conduite du chevalier Bernard Albert ; il était à Palerme le 13 mars 1449 et il se mariait à Perpignan en 145%, avec la fille du mercadier Barthélemy Augusti. Il habitait cette ville et élait seigneur de Roquefort, lorsqu'en 1490, sa femme, Claire Augusti, donnait, pour cause de mariage, 3000 florins à sa nièce Élisabeth. fille du bourgeois Jean Andreu, laquelle épousa Gaston, fils de Bertrand de Niort, donzell, seigneur de Caramany.»

Abbé Girazr, 0p. cl.

SOLER (Bérenger de), chevalier, prit en com-

mande, le 29 septembre 1233, le fief d'Ur pour Îles comtes de Foix, héritiers des vicomtes de Cerdagne.

SOLER

Le domaine de la maison de Soler à Ur comprenait une allodialité de neuf maisons ou albergs, des honneurs achetés au noble Pierre de Riu et des manses situés sur le territoire de Llo. Ce fief est ainsi explicitement dénombré dans un acte de confirmation par l’infant Jacques de Majorque à Bérenger de Soler, le 17 des calendes de décembre 1263. En même temps que la famille de Soler, nombre d’autres propriétaires détenaient des alleux dans la localité d'Ur. Parmi les différents legs qu’il fait à son fils Rolland, un nommé Arnaud énumère dans son testament un certain nombre de biens-fonds jouissant de franchises et sis dans le lieu d'Ur. Ce sont quelques maisons, des jardins et des parcelles de terrain. Bernard de Berga, évêque d’Elne, y possédait personnellement deux manses patrimoniaux qu'il céda au monastère de Ripoll, lors de sa mort survenue en 1259. Bérenger de Soler, le plus riche feudataire du lieu d'Ür, fut un personnage influent qui exerça son autorité, non seulement sur sa baronnie, mais encore sur toute l'étendue du comté de Cerdagne dont il était le juge. Dans une circonstance, il outrepassa ses droits juridictionnels. Des plaintes avaient été formulées contre lui par les habitants d'Odeillo, vassaux de l'abbé de Saint-Martin de Canigou. Victimes de violations de territoire et de mauvais traitements de la part de leurs voisins de Via, ceux-ci en avaient référé au tribunal du juge de la Cerdagne. Une enquête fut ouverte par Bérenger de Soler, trop succincte de l’avis des demandeurs, et instruile dans un local incommode. Outrés de pareils procédés, l’abbé de Saint-Martin fit droit à la requête de ses vassaux, et les enleva à la compétence criminelle de Bérenger de Soler pour les placer sous l'autorilé immédiate du roi et du pape. Bérenger de Soler mourut sans laisser de descendance mâle. Sa fille unique, Agnès, ayant uni ses destinées au baron Raymond-Guillaume d’Enveig, la seigneurie d'Ur se trouva dès lors acquise à la famille de ce noin.

Abbé J. Caprice, Le chäleau et la baronnie d'Ur.

SOLER (Jacques), de Barcelone, remplissait l'office de brodeur de la reine Marie, à la cour d’Arason. Ïl sut gagner les bonnes grüces de cette souverhine qui lui confia le commandement de la châtellenie de la Tour Cerdane, en remplacement de Jacques Ça Illa, révoqué. Plus tard, la reine Marie nomma Jacques Soler à la lieutenance de maitre des ports el de directeur des travaux royaux de Cerdagne. À sa mort, il ful remplacé dans ce dernier oflice par Bernard Jouer.

Archives des Pyr.-Or., B. 253.

SOLER (Jérôme) était notaire à Perpignan durant la seconde moitié du xvr siècle. Il remplissait

SOLER — SOLÈRE 589

aussi la charge de greffier de la cour ecclésiastique de Perpignan quil tenait en afferme. Lorsqu'il abandonna cet emploi, en 1598, il se refusa à livrer les archives du grefle à son successeur, le notaire Jean Ortega. Jérôme Soler dut alors soutenir un proces, à la suite duquel il fut condamné etmêmeexcommunié.

Archives des Pyr.-Or., B. 384, G. 155.

SOLER (François) naquit à Perpignan, vers le milieu du xvr siecle. Il était issu d’une famille qui avait donné à l'Université de cette ville un recteur en 1594 et deux professeurs de droit en 1608 et 1609. Après avoir été reçu docteur en droit, François Soler fut nommé recteur de l'Université de sa ville natale en 1599. Il enscigna la jurisprudence en 1604 et devint doyen de la Faculté de droit en 1607. Ce jurisconsulte a écrit sur les monnaies un ouvrage qui a pour titre : De monelarum reformalione in Calalaunid, Barcelone, 1611, in-4°. François Soler composa aussi un volume sur le titre nobiliaire : don.

TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los eserilores calalanes. — Annuaire des Pyrenees-Orientales, année 1834.

SOLER (Martin), assesseur du gouverneur du Roussillon Christophe Gallart y de Traginer, obtint des lettres de noblesse le 20 avril 1623.

Archives des Pyr.-Or., B. 384.

SOLER (Joseph de), religieux du couvent de Saint-Michel de Cuxa, fut nommé abbé de Notre- Dame d'Arles, à la mort de Pierre de Pont, survenue en 1684. Ce prélat mourut le 3 décembre 1696 et fut inhumé dans l'église d'Arles où on remarque son épilaphe qui est ainsi conçue :

HIC JACET CORPYVS ADMODVM ILLvstriS DomiNl IOSEPHI DE SOLER ABBATIS MONasteRli ARY\LArvm.

Il ne reste que ces quatre lignes de l'inscription tumulaire de Joseph de Soler. Au dire du Gallia l’'épitaphe se complétait ainsi : « Obüt die 3 mensis decembris, anno nulivitalis Domini 1696 ».

Gallia chrisliana, À. NE, col. 1093, — L. be BoxxEro*, Epigraplie roussillonnaise.

SOLER D'ARMENDARIS (Melchior)étaitissu, du côté maternel, de la maison d'Armendaris, célèbre dans le Béarn, et du côté paternel. de celle de Soler, illustre en Roussillon et en Catalogne par les services qu'elle a rendus à ses souverains depuis le xH° siècle. Il embrassa l'état religieux dans l'ordre des Carmes déchaussés, et passa ensuite dans celui de saint Benoit. Pourvu du doctorat en théologie à l'Cniversité de Perpignan, Melchior Soler d'Armendaris fut nommé coadjuteur d'André Juallar, abbé de Saint-Martin du Caniwou. Ce dernier mourut le

6 décembre 1623, et Melchior Soler d'Armendaris ne tarda pas à recueillir sa succession. Un des premiers actes de son abbatial fut de tirer la châsse de Saint- Gaudérique du trésor de la sacris!ie et de la transporter dans une chapelle du cloître qui servait de salle capitulaire. Melchior Soler d'Armendaris passait pour un des hommes les plus instruits de la province. Aussi, après sa promotion à l’abbatiat, il fut désigné pour remplir les fonctions de visiteur des monaslères bénédictins de la congrégation de Tarragone. Ce prélat est l’auteur d'un Commentaire sur le xt” chapitre de Daniel portant le titre : Discursos économicos de la historia de Joachim y Su:anna sobre el capitol ATII del profela Daniel, imprimé à Barcelone en 1648. Melchior Soler d’Armendaris faisait exploiter des gisements miniers sur les flancs du Canigou, car il obtint la permission de rechercher du minerai, successivement, le 26 novembre 1625 et le 26 avril 1635. L'abbé de Saint-Martin du Canigou se trouva au nombre des personnages qui vinrent à Saint-Estève, durant le mois de mai 1642. présenter leurs hommages au roide France Louis XIII qui avait sa résidence dans la métairie d’en Joan Pauques. Ce monarque ayant demandé à l’abbé du Canigou une relique de saint Gaudérique, Melchior Soler d’'Armendaris, d'accord avec sa communauté. lui fit don d'un des deux petits os radius du corps du saint. Melchior Soler d’Armeñdaris mourut au mois de décembre 1658.

Archives des Pyr.-Or., B. #43. — Gallia christiana, t. VI, col. 1112. — CarnÈnRe. Le Voyage en France.

SOLERA (Joseph), né à Perpignan, était bénéficier de la collégiale de Notre-Dame de la Réal, lorsqu'il publia en 1684, chez Barthélemy Breffel, imprimeur : Compendi breu de la vida del glorios palriarca sant Ignaci de Loyola.

SOLÈRE (Étienne) vint au monde à Mont-Louis, le 4 avril 1753. A l'âge de quatorze ans, il s’engazrea déjà, comme clarincttiste, dans la musique de Champagne-fnfanterie qui pour lors tenait garnison dans la place forte de la Cerdagne. gardienne de la frontière franco-espagnole. En 1779. après douze années de service dans ce corps, il obtint son congé pour passer, en qualité de première clarinette, dans la musique d'harmonie du duc d'Orléans. Devenu à celte même époque élève de Michel Yost, Solère fit sous sa direction de rapides progrès, et joua avecun brillant succès au concert spirituel, en 1784. A la mort du duc d'Orléans, il fut admis dans la chapelle du roi. toujours en qualité de premicre clarinette, puis fut professeur de son instrument au conservatoire de musique, à l'époque de sa fondation. Avant été compris dans la réforme de 4802, il trouva dans

Lesueur un protecteur qui le fit entrer, deux ans après, dans la musique de l’empereur Napoléon. Lorsque Chelard père fut décédé, Solère recueillit sa succession, comme seconde clarinette à l'orchestre de l'Opéra. 1l occupuit encore cette place, au moment de sa mort, survenuc en 1817. On a publié de la composition de cet artiste: Symphonies concertantes pour deux clarinelles, n° 1 et 2, Paris, Imbault:; Concertos pour clarinetles, n°1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, Paris, Sieber et Imbault ; Duos pour clarinetles, œuvres 1 et 2, Paris, Michel Ozy et Janet; Fanlaisies pour clarinelte el piano, n” 1, 2, 3. Paris, Hentz Jouve; Airs variés pour la clarinelle, liv. 1, 2, 3, 4, 5, Paris, Sieber; Soixantlequin:e suiles d'harmonie militaire, marches, pas redoublés, etc., Paris, Boyer, Imbault, Leduc.

Feris, Biographie universelle des musiciens.

SORRIBES (Philippe de), fils de François de Sorribes et de Josèphe-Montserrada-Alexia Dez Coll, épousa, au début du xvrr siècle, Eulalie de Peguera, fille unique et héritière universelle de Bernard de Peguera, baron de Cabrens. On le trouve comme seigneur de ce fief de 1635 à 4639. Il était déjà décédé avant 1651.

Archives des Pyr.-Or.. C. 1962. — ALanr, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.

SORRIBES (Joseph de), fils et héritier du précédent, baron de Cabrens, épousa, le 7 juin 16514, à Perpignan, Théodorine, fille de noble Hugues d'Ortafla, décédé, et de Paule de Seragut. Pendant la vuerre entre la France et l'Espagne, les biens de Joseph de Sorribes, y compris la baronnie de Cabrens, furent confisqués par le gouvernement français et donnés, le 13 septembre 1653, à Pierre Morell, chanoine et sacristain-majeur de la cathédrale de Barcelone, qui en jouit jusqu’à la paix de 1659. Des rentes sur les biens de Joseph de Sorribes furent aussi octrovées, le 15 août 1653, à Joseph Marçal. Le 21 octobre 1663. le baron de Cabrens prèta serment de fidélité à Louis XIV, entre Îles mains de Francois Romanya, viguier de Roussillon et Vallespir. I fit son testament à Prats-de-Mollo, le 24 juillet 1667, et mourut à Perpignan, en sa maison de la rue de la Main de fer, au mois de décembre 1672. Josèphe de Sorribes et d'Ortaffa, fille unique et heriticre de Joseph de Sorribes., épousa, le 1" avril 1673. François de Ros (voir ce nom), fils d'autre François de Ros et de Jeanne de Ros. en faveur duquel le roi de France érigea en comté les terres de Saint-Féliu d'Avail et de Saint-Féliu d'Amont. La baronnie de Cabrens resta en la possession de la maison de Ros jusqu'à la venue de la Révolution.

Archives des Pvr-Or.. R. 308, 401, — \ranr, Nolices hislort ques sar les communes du HRoussiilon, 2 série.

SORRIBES — SOUBIRANNE

SOUBIRANNE (Pierre - Jean - Baptiste - Joseph) naquit le 18 janvier 1828 à Céret, où son père exerçait la profession de docteur en médecine. Josèphe Do, sa mère, appartenait à l’une des plus honorables familles de cette antique cité. Confié dès ses plus jeunes ans, grâce à la sollicitude intelligente d'un oncle prêtre, à la direction de l'abbé Dupanloup, directeur du Pelit-Séminaire de Saint- Nicolas du Chardonnet, à Paris, Pierre Soubiranne surpassait en talent tous ses rivaux. Au Séminaire de Saint-Sulpice, il figura avec distinction au milieu de cette pléiade d'hommes remarquables, tels que les Lavigerie, les Foulon, les Latour-d’Auvergne, les Leuilleux, dont la science et les vertus ont fait si grand honneur à l'Eglise de France. Ordonné prêtre, l'abbé Soubiranne devint le collaborateur de l'abbé Dupanloup dans la maison d'éducation où s'était formée sa jeunesse cléricale. Lorsque l’ancien supérieur de Saint-Nicolas eut été nommé à l'évêché d'Orléans, l'abbé Soubiranne, à peine âgé de vingthuit ans, l'y suivit, avec le titre de vicaire général. Le temps que Pierre Soubiranne passa auprès du savant évêque d'Orléans fut consacré autant aux labeurs intellectuels qu'à la diffusion des œuvres catholiques qui commençaient à éclore vers le milieu du xix° siècle. Dès 1857, il prit une part active à la création des écoles d'Orient et de Syrie. Il était du Conseil d'Administration, en compagnie de l'abbé Lavigerie, mort cardinal et archevêque d'Alger, de l'abbé Bourret, depuis cardinal et évêque de Rodez, de l'abbé Place, mort cardinal et archevêque de Rennes. Mgr Lavigerie. le premier directeur des écoles d'Orient, fut nommé par Napoléon III, en septembre 1861, à la charge d’auditeur de Rote. En quittant son poste, il désigna lui-même au Conseil d'Administration l’abbé Soubiranne pour son successeur. Ce dernier accepta et se sépara dès lors de Mgr Dupanloup, qui le vit partir à contre-cœur. En 1869, Pierre Soubiranne accompagna l'archevêque d'Alger au concile du Vatican en qualilé d'ami et de conseiller. Vers la fin de l’année 1871, Mgr Lavigerie représenta au Saint-Siege que la direction des missions catholiques absorbant tout son temps, il crovait de son devoir de se faire suppléer à Alger. Pie 1X lui octroya comme auxiliaire Pierre Soubiranne, avec le titre d'évèque de Scbaste in parlibus infidelium. L'’archevêque d'Alger consacra lui-même son ami à Paris, dans l'église Saint-Augustin, le 4 février 1872. La vie active d'évêque- missionnaire convenait à l'âme de feu de Picrre Soubiranne. Il aimait à raconter. vers la fin de sa vie, ses courses pastorales à travers le vaste territoire soumis à la juridiction spirituelle du primat d'Afrique. Le biographe du cardinal Lavigerie a tracé le portrait le plus flatteur de Pierre Soubiranne à cette époque de sa vie: « On remarquait,

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