SOUBRANY
dit-il, près de l'archevêque, un évêque jeune encore, d’une belle prestance et le front largement découvert, remarquablement distingué de paroles et de manières... Mgr Soubiranne était un esprit élégant, un homme de lettres et un homme du monde.»
Après six années d'un fécond apostolat, Pierre Soubiranne allégua au cardinal Lavigerie le préjudice qu’apportait à sa santé le climat d'Afrique, et rentra en France au commencement de 1838. L'évèque de Sébaste, retiré au sein de sa famille, n'avait point quitté l'archevêque d'Alger sans emporter dans son cœur quelque amertume de souvenir. Mgr Lavigerie, de son côté, employa son crédit et son zèle dans le but d'obtenir pour son ancien auxiliaire un siège épiscopal dans la mère-patrie, s’efforçant, d’accord avec Mgr Langénieux et Mgr Bourret, de fléchir l'implacable opposilion de Mgr Dupanloup, alors tout-puissant auprès du maréchal et de la maréchale de Mac-Mahon. Lorsque vint le jour où le maréchal de Mac-Mahon cessa d'être président et l’évêque d'Orléans influent. les efforts de l'archevêque d'Alger redoublèrent en faveur de Pierre Soubiranne. Celuici y gagna d'être porté, le 30 janvier 1880, sur le siège épiscopal de Bellev, un des dioceses les plus chrétiens de la France, dans lequel son mérite devait trouver un champ plus vaste et plus digne de lui. Préconisé au consistoire du 27 février 1880, le nouvel évêque de Belley fut intronisé le 20 avril suivant. Il arriva dans son diocèse le cœur rempli de grands projets, avec la rmoble et sincère ambilion d'imiter pour son propre compte les grandes et généreuses entreprises des illustres maîtres à l’école desquels il avait été formé. Durant son épiscopal à Bellev, Pierre Soubiranne continua etacheva le procès apostolique dans la cause du vénérable curé d’Ars. fonda le collège de Saint-Pierre à Bourg et lorphelinat de Ferney. Un funeste accident de voiture. survenu en cours d'une tournée pastorale, ébranla sa santé. Le contre-coup fut si profond que, loin de s'atténuer avec le temps, les suites ne firent qu'aller en s'ageravant, jusqu'au jour où cles déterminérent une crise violente qui le réduisil à la nécessité de déposer le fardeau de la charge pastorale. En 1SS7, Pierre Soubiranne se retira à Céret, la ville où fut son berceau. Le pape lui conféra en même temps le Litre d'archevéque de Xéo-Césarée, ia parlibus ünfidelium, 1e 25 novembre de cette mème année. Après de longues el pénibles souffrances, Pierre Soubiranne mourut le 17 juin 1893, dans une de ses maisons de campagne siluée sur la partie montagneuse du territoire de Cérel. Ses obsèques eurent lieu dans cette même ville, le vendredi 23 juin. Elles furent présidées par Noël Gaussail, évèque de Perpignan. Mer ue successeur immédiat de Pierre Noubiranne sur le
siège de Bellev., prononca, en cette circonstance,
une touchante oraison funèbre. Son corps repose dans un caveau de famille creusé dans le cimetière de Céret. Les armes de Pierre Soubiranne étaient : D'argent à la croix du Saint-Sépulcre de gueules, au chef d'azur, au Sacré-Cœur d'or, avec la devise : Spes in ulroque.
Cardinal Luçon, Oraison funèbre de Mgr Soubiranne. — Monscigneur BAUXAaRD, Le cardinal Lavigerie. — Pisani, L'Episcopat français depuis le Concordal jusqu'à la Séparalion. — Abbé J. CaPEtie, Figures d'evéques roussillonnais.
SOUBRANY (Pierre-Auguste de), conventionnel, né à Riom (Puy-de-Dôme) en 1750, mourut à Paris, le 18 juin 1795. Il embrassa la carrière militaire, et fut officier au régiment de Royal-dragons. Les principes de la Révolution trouvèrent en lui un fervent adepte, et il leur parut d'autant plus dévoué qu'il leur sacrifia la noblesse de sa naissance et le soin d'une fortune considérable. Membre de la Convention pour le Puy-de-Dôme ïil vota la mort de Louis XVI et fut envové en mission successivement à l’armée de la Moselle (mai 1793) et à celle des Pyrénées-Orientales (janvier 1791). De concert avec son collègue le représentant du peuple Milhaud, il fit arrêter trente ofliciers généraux qu'il interna dans les prisons du Castillet, avant de les traduire devantletribunal révolutionnaire. Durant la Terreur, Soubrany se cantonna dans les questions militaires. Toutes les mesures violentes prises dans le département des Pyrénées-Orientales durant cette période sanguinaire doivent être attribuées à Milhaud. Soubrany n'intervint dans les affaires civiles que pour plaider la clémence ou contresigner sans contrôle les ordres de son collègue. De retour à Paris, Soubrany fut impliqué dans l'insurrection de prairial juin 1795) par Romine. son compatriote et son ami. et chargé du comimandement de la force armée qui devait marcher contre la Convention. L'assemblée avant triomphé, elle décréla d'arrêter Soubrany et quatre autres de ses membres, puis les livra à une commission militaire. qui les condamna tous à mort, Le 18 juin 17%5. Soubranv pouvait fuir, Il ne pensa qu'au salut d'un émigré qui était caché dans sa maison et qu'il voulait avertir de chercher un asile plus assuré, [était près d'entrer chez lui lorsqu'il fut arrètée, En apprenant sa condamnation. Soubrany se frappa d'une paire de ciseaux qui servit ensuite à chacun de ses collègues. Navant pas plus réussi que Bourbotle et Duroy à se porter des attein- Les mortelles, il fut traine tout sanglant à l'échafaud. Soubranv avail une phvsionomie heureuse, un abord prévenant, un caractère aimable et beaucoup de gaieté.
Ioœren, Nouvelle biographie générale. — V.Ninu, Histoire de la Revolution francaise dans le département des Pvrénées-
Ortentales. — Abbé ToRkEtLLES, Perpignan pendant la Reévolu- Lion.
SOVILLE (Bernard de), originaire de Banyolas, “éra pendant plus de dix-sept ans l'emploi de chätelain de Bellegarde, auquel il avait été nommé à vie en 1360. 11 dirigea les travaux de réparation et l’armement de cette importante forteresse, surveilla le passage des grandes compagnies et coniribua à la défense du col de Panissars, lors de la dernière expédition de l'Infant de Majorque. En 1377, Bernard de Soville donna sa démission et fut remplacé dans la charge de châtelain de Bellegarde par Pierre Ça Rovira, de Saint-Jean-de-las-Abadessas.
Archives des Pyr.-Or., B. 121. — J. FreixE, Le Passage du
Perthus, dans le LII° Bulletin de la Socielé Agricole, Scientifique el Lilléraire des Pyrénées-Orientales.
SPARÇA (Pons de), dominicain. originaire du diocèse de Bordeaux, était provincial de Provence pour l'ordre des Frères-Précheurs lorsqu'il fonda, en 1242, le couvent de Saint-Dominique, sur l'emplacement où se trouvait l’ancienne maladrerie ou léproserie de Perpignan. Ce monastère était très vaste. L'infant Jacques, alors qu'il administrait les comtés de Roussillon et de Cerdagne, sous la haute direction de son père Jacques [” le Conquérant,. logeail dans ce couvent, durant les séjours qu'il faisait à Perpignan, Devenu roi de Majorque en 1276, il alla bientôt s'établir avec sa cour dans le château (ciladelle actuelle) qui fut terminé vers l'an 1280. Le monastère de Saint-Dominique fut le siège de l'Inquisition en Roussillon. Il contenait les prisons du Saint-Office, mais on ne connaît rien de particulier sur ces prisons que l'imagination populaire est toujours prêle à dramnatiser. Le cloitre de ce couvent date de la fin du xiv” siècle. Il a été tellement mutilé qu'il n’en reste guère que deux groupes de colonnettes accouplées. dans la galerie Est dont les voûtes sont à croisées d'ogive. C'est la galerie qui sert de couloir et donne accés à l'église. Les autres galeries, peu intéressantes ont été défigurées et servent de magasins. Une galerie supérieure formant un premier étage remonte sculement au xvn' siècle.L'église des Dominicains date du xrv' siècle. Elle est très vaste. très haute et il semble que l'architecte du monument avait eu l'idée de le faire plus élevé. Les amorces des ogives que l'on remarque à la première travée, près du transept, prouvent qu'il avait eu d'abord le projet d'établir les voûtes de la nef sur des croisées d'ogive, ce qui aurait singulièrement augmenté la hauteur de la voûle. On se contenta d’une charpenle en bois, probablement parce que les ressources élaicnt insuflisantes. L'ensemble de l’église est d’un grand effet, quoique privée de toute ornementation sculpturale. Elle est faite avec des malériaux ordinaires. La masse de la construction se coivpose de cailloux roulés dont les lits sont séparés
SOVILLE — STANYBOS
par des assises de briques. Le couvent de Saint- Dominique est occupé aujourd’hui par les bureaux du Génie militaire et leurs dépendances. L'église est convertie en magasin à fourrages.
Archives des Pyr.-Or., C. 1434.
SPARÇA (Eximen de) reçut le commandement de la forteresse de Querol, le 17 avril 1345. Il percevait un traitement annuel de 4.500 sols barcelonais, avec l'obligation d'’entrelenir dans sa châtellenie cinq clients (hommes d'armes).
ALART, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1° série.
SPLUGUES (Jacques de), chevalier catalan, suivit Alphonse V dans l'expédition que ce prince entreprit dans le royaume de Naples, en 1425. IL fournit à l'armée du roi d'Aragon un contingent de dix chevaux, de trois pilarts et d'un page.
SPLUGUES (Pierre de), damoiseau, obtint du roi d'Aragon, Jean II, l'autorisation de construire des moulins sur le ruisseau de Clayra. Il était déjà décédé en 1464. Son fils, Michel de Splugues, qui avait sa résidence à Clayra en 14485, épousa Antoiïnette de Sampso, fille du chevalier Jean de Sampso.
Archives des Pyr.-Or., B. 285, 295, 406, 408, 412, #18.
STALRICH-ÇA BASTIDA (Jean) exerçait les fonctions de camerlingue à la cour du roi d'Aragon, lorsque Ferdinand le Catholique l'éleva à la dignité de Gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne en 1512. Il remplaça dans celte charge Louis d'Oms, décédé. Jean Stalrich-Ça Bastida donna des ordres en 1517 pour faire publier les bulles de Léon X accordant des indulgences. C'était à l’époque où Luther se révoltait contre le Pape au sujet de la concession des trésors spirituels de l'Eglise romaine. Le Gouverneur enjoignit à tous les habitants de Perpignan dese porter un dimanche indiqué, à huit heures, à l'église Saint-Jean, pour accompagner la procession qui devait sortir de ce temple saint, se rendant à la rencontre de la Santa Crusada et entendre le sermon de la publication des indulgences. Jean Stalrich-Ça Bastida était encore Gouverneur du Roussillon et de Cerdagne en 1520. L'année suivante, Galcerand de Castro y de Pinos recueillit sa succession à la tête de ces comtés.
Archives des Pyr.-Or., B. 350, 353, 457.
STANYBOS (Hugues de) commandait la châtellenie de Ria sous le règne de Pierre-le-Cérémonieux. Archives des Pyr.-Or., B. 100.
STANYBOS — SUNTAIRE
STANYBOS (Pierre-Guillaume de), chevalier, fut camérier de la reine d'Aragon, Eléonore. Il devint viguier de Roussillon en 1366. Picrre-le-Cérémonieux utilisa ses services enlui confiant des missions diplomatiques à l'étranger. Pierre-Guillaume de Stanybos fut dans la suite conseiller et auditeur de la cour royale. Le roi d'Aragon lui fit donation des juridictions civiles et criminelles avec host et chevauchée sur les territoires de Sainte-Marie d'Espira-de-l'Agly et de Notre-Dame de Pena. Le Chevalier Pierre-Guillaume de Stanybos possédait des moulins à Rivesaltes ainsi que le ruisseau de cette localité.
Archives des Pyr.-Or., B. 100, 115, 116, 118, 136, 144, 145, 190, 276, 307.
STANYBOS (Raymond de) s’enrûla avec un certain nombre de ses hommes d'armes dans la flotte qu'équipa Pierre de Çagarriga, au mois de décembre 14398 pour venir au secours de Benoît XIII assiégé dans le palais papal d'Avignon. Ce chevalier était viguier de Conflent sous le règne d’Alphonse V.
Archives des Pyr.-Or., B. 171, 209.
STANYBOS (Pierre de), damoiseau, seigneur des moulins et du canal de Rivesaltes, vivait en 1424. Îl'eut pour fils Jean de Stanybos qui prit parti contre Louis XI et se vil dépouillé de ses biens. Michel de Stanybos, fils de Jean s'intituiait propriétaire du ruisseau de Rivesaltes en 1481, tandis que le damoiseau Honoré de Slanybos faisait une déclaration identique en 1498.
Archives des Pyr.-Or., B. 227, 236,
SUAREZ DE QUINONES (Alvaro de), capitaine-général de la citadelle de Perpignan, eut des difficullés, en 1612, avec les habitants de cette ville. Il fit remplir d’eau les fossés de la citadelle et occasionna un grand trouble dans le fonctionnement des eaux de la cité. II mourut à Perpignan, le 17 décembre 1620, le même jour que l'évêque d'Elne Raphaël de Riffos.
Archives des Pyr.-Or., G. 241, 503.
SUNIAIRE 1, évêque d'Elne, était le quatrième fils de Guisfred, comte Ce Roussillon et d’Ave, son épouse, suivant une charte de l’abbaye de La Grasse, à laquelle il donna l’alleu de Canohas et l'église de Saint-Cvr. On ignore la date précise de l'élection de Suniaire à l'évêché d'Elne ; mais il est certain qu'il siégeail la treizième année du règne de Lothaire (967). En 968. il se rendit avec Guisfred, son père, l'évêque de Gérone et un grand concours de seigneurs et de peuple, au monastère de Rhoda, dans le diocèse de
Gérone, pour y célébrer la fête de saint Pierre. Vers le même temps il excommunia publiquement les usurpateurs des églises qu'il possédait dans le Vallespir et dans le Conffent. En 972, il donna conjointement avec sa mère l’alleu de Trullars et l’église de Saint-Assiscle à l'église d’Elne. Le 28 septembre 974, Suniaire consacra avec l'assistance de six autres évêques la nouvelle église du monastère de Saint- Michel de Cuxa. Le 15 ncvembre 977, il assista à la dédicace de l’église du monastère de Sainte-Marie de Ripoll, faite par l'évêque de Gérone. Saniaire mourut l’année suivante.
Marca hispanica, col. 406, 892, 917. — Puiccari, Calalogue biographique des évêques d'Elne. — MoxsaLvaTcr, El obispado de Elna.
SUNIAIRE Il, évèque d'Elne, n’est connu que par une transaction conclue en 1031 au sujet des limites des territoires de Baixas et de Baho, entre lui et Oliba, abbé de Saint-Michel de Cuxa. Le premier de ces lieux appartenait à l’évêque d’Elne, et le second au monastère que dirigeait Oliba.
PuiGéart, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — MoN\- SALVATGE, El obispado de Elna.
SUNIAIRE III, évêque d'Elne, succéda à Artal ou Artaud, d'après une charte du cartulaire d’Elne en date des calendes de janvier ({* janvier) de la deuxième année de Philippe 1”, roi de France. C’est, par conséquent, l'an 1062.
PuiG&art, Calalogue biographique des évêques d'Elne. — MoN- SALVATGE, El obispado de Elna.
SUNIAIRE Î! fut comte de Roussillon. De l’an 843 à l'an 850, on trouve un comte de Roussillon du nom de Suniaire ; mais on ne connaît aucune particularité de sa vie. On ignore même l’année de sa mort. Dom Vaissele pense que Suniaire a pu succéder à Béra, et, en effet, les termes dans lesquels ilest parlé de ce comte dans un édit de Charles pour le monasière de Saint-André d'Exalada ne laissent pas douter qu'il ne possédât le comté de Roussillon avec ceux d'Ampurias et de Besalu. On ignore si Suniaire vivait encore en 859, quand les Normands dévastèrent le Roussillon. Ces pirates, dont la flotte se trouvait à l'ile de Camargue, dans les Bouches-du-Rhône, pillèrent et brülèrent Ruscino, Elne et les lieux circonvoisins, poussèrent jusqu'à Arles dont ils saccagèrent et incendièrent le monastère, et, longeant la côte jusqu'à Valence, mirent tout à feu et à sang sur leur passage.
DE Gazaxvyozis, Hisloire du Roussillon.
SUNIAIRE Il est aussi compris dans le catalogue des comtes de Roussillon. L'année de la mort de Miron, premier comte héréditaire de Roussillon, n’est
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pas connue. Son successeur fut le Suniaire dont François Fossa, dans l’Art de vérifier les dates, a fait, lui, le premier comte héréditaire de cette province. On ignore quel degré de parenté pouvait unir Suniaire à son prédécesseur. Ce personnage devait même rester complètement inconnu, sans une donation faite à l’église d’Elne par ses enfants qui disent que cette libéralité a pour objet le repos de l’âme du comte Suniaire leur père. Voilà tout ce qu'on sait de lui. Ce peu de mots assez équivoques. ayant paru suffisants à tous les écrivains pour classer ce prince parmi les comtes de Roussillon, nous n'avons pas de raison pour l’en exclure. Ses enfants étaient Bencion et Jausbert qui lui succédèrent.
DE Gazaxvoza. Histoire du Roussillon.
SUNYER (Antoine), fondeur de la villede Gérone, fabriqua, vers le milieu du xvr siècle, pour l'église N.-D. du Boulou. une cloche qui, mal fondue, dut être remplacée en 1557 par une autre que fit Alphonse Alos, fondeur de Perpignan.
PaLusTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
SUNYER (Dominique), de l'Ordre des Frères- Prècheurs, fut religieux dans le couvent des Dominicains de Perpignan et prédicateur ordinaire de Louis XIV. IL publia en 1651 à Perpignan, chez Estèbe Bartau, une Vie de saint Dominique Soriano, suivie des faveurs que la Vierge a concédées à l’ordre des Jacobins.
TORRES-AMAT. Diccionario erilico de los escrilores catalanes. — Mémoires de Jattme. — COMET, L'Imprunerte & Perpignan.
SUNYER (Joseph), que les uns font naître à Manresa (Espagne), d’autres à Prades, certains même à Perpignan, se trouvait, en 1698, au nombre des six sculpteurs qui composaient la confrérie de Saint- Luc dans cette dernière ville. Sunyer est surtout connu en Roussillon pour les grands travaux de sculpture qu'il a exécutés dans les églises de Notre- Dame de la Réal, de Prades, de Collioure, de Thuir, de Vinca, de Ro et de Font-Romeu. Le {7 janvier 1697, cet artiste commença le retable de Fautel majeur de l'église de Prades et Le termina le 21 septembre 1699. Joseph Sunyer exécula cette œuvre pour la somme de 475 doubles d'or. Le monument est divisé en forme de triptyque. Dans le compartiment central. le sculpteur a placé la statue de saint Pierre. Le prince des apôtres, revêtu de ses ornements pontificaux, est assis sur un trône. IE bénit de la main droite et tient de la main gauche la croix papale. La têle est surmonté de la tiare, et les traits du visage sont ceux conservés par la tradition, que tous Îles artistes connaissent et reproduisent fidélement. Sunver a donné à cette image des proportions gran-