‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 170 sur 227 · TANNEGUY · texte numérisé non relu

TANNEGUY

veux ouverts, recognoissant le chastiment de Dieu, il invoque St Pallade, à ce qu'il luy pleût le secourir, luy promettant, qu'au cas que le sainct luy rende la santé, il faira toutes les diligences possibles pour le restituer. Ïl se trouve sain, dans peu de jours, et exempt de son mal. Si n'est-il pas en souci de s’acquitter de ses promesses. Celuy qui s’oublie de telles obligations mérite que ses ingratitudes et ses oubliances reviènent en souvenance, voire en reproche devant Dieu. Son supplice s'avance en l’année suivante, qui l’avoit appelé à une autre journée. Il est là frappé d’une petite bale, non plus grosse qu'une avellaine, au mesme jour et à la mesme feste du sainct, à ce qu’il apprint que c’estoit la main du sainct qui l'avoit blessé, et qui luy demendoit compte de ses perfidies. Du coup il alla par terre, en criant qu'il estoit mort. Le roy se rencontra, de bonheur, en cet endroit, avec bon nombre d’autres cavaliers qui lui donnoient courage. Mais, quand à luy, addressant sa parolle au roy : « Mon puissant seigneur, dict-il, je meurs pour un grand péché que j'ay commis, en dérobant un corps sainct de Camprodon, de qui la feste est solennizée à ce jour. Pour cela, je supplie vostre Majesté me donner mon congé, à ce que je puisse le restituer à sa propre maison ». Le roy le luy accorde. Il met ordre aussitost à ses afaires par son testament, par lequel il ordonne qu'on ne faille de rendre le corps de St Pallade à Camprodon, asseurant les siens qu'infailliblement il ne perdoit la vie que pour sa criminelle tardivelé à restituer cette saincte dépouille; qu'au demeurant il ne souffriroit pas que la continuation de ce manquement luy fit perdre l’âme avec le corps. Apprez son décez, Madame, qu'on nommoit la vicomtesse de la Valère, envoya à Camprodon qu'on vint hardiment, et que fidèlement elle rendroit ce qu'elle tenoit de leur ville. Trois ecclésiastiques y vindrent, avec un jurat et plusieurs autres députez, et, là, le sacré gage leur fust délivré, comme l'arche de Dieu, bienfaisante aux Israélites et meurtrière des Philistins qui avoient osé la tenir prisonnicre et contrains, apprez mille plaves, de la renvoyer devers les siens. Avec le sainct corps fust retnis encore la vraye croix, et avec, l’espine de la couronne de nostre seigneur Jésus-Christ, et le tout posé sur un char, que deux chevaux, flanqués de deux hommes armez, tiroient. [F° 262 r°.] En cette démarche, survint un cas de grand estonnement, pour n'estre que du Ciel. Respectueux envers cette saincte voiture, avec un tel égard que, le long de ce chemin, la pluie qui parfois tomboit à outrance ne toucha ny le coffre ny les autres choses, ny les reliques ny ceux qui les portoient ny ceux qui l'accomipagnoient, ny mesmes leurs cappes ou manteaux, qui ne furent en rien mouillez ; ny mesmement deux

TAQUI

flambeaux qui luisoient à chasque coing du coffre ne s'esteignirent, pour aucune injure ou malice du temps. Ceux qui n'’entendoient pas le mystère. à la rencontre, respondoiïient aux interrogats de leur propre estonnement par la persuasion qui leur figuroit tous ces honneurs comme Île convoy de quelque grand seigneur mort en la guerre. Voici encore un évènement fort estonnant qui leur parut entrans à la Catalogne, lorsque les cloches de chaque lieu par où ils passoient sonnoient d’elles-mesmes. Et de cette sorte fust faicte la restitution du bienheureux St Pallade au monastère de St-Pierre de Camprodon, dans lequel il fust receu avec toute la solennité possible ». En 1470, Tanneguy du Châtel avait fait partie d'une ambassade envoyée en Angleterre pour conclure une alliance entre Louis XI et Henri VI. L'année suivante, il fut un des conservateurs, c'est-à-dire des garants de la trêve convenue entre Louis XI et le duc de Bourgogne, Charles le Térmméraire. Le roi, pour le récompenser de ses services dans ses diverses missions, lui accorda, en 1472, une assignation de 24.000 écus avec 2000 livres de pension, et lui transporta, le 14 juillet 1474, les chatellenies de Châtillon-sur-Indre, Paci-sur-Eure et Nonancourt ; mais ces domaines ne constituaient, à vrai dire, qu'un gage du remboursement des sommes payées var Tanneguy pour les funérailles de Charles VIT, puisque Louis XI stipula la condition de rachat à 36.000 livres, et que, retirés des mains des héritiers de Tanneguy, ils firent retour au domaine royal. Employé ensuite par Louis XI dans d’autres missions de guerre ou de paix, notamment dans la négociation qui eut pour résultat la trêve conclue en 1475, il justifia constamment la confiance de ce prince soupçonneux. $e trouvant au siège de Bouchain, au mois de mai 1477, il y fut tué, suivant Moréri; mais il semblerait, d’après dom Lobineau (Histoire de Brelagne, t. 1”, p. 730), qu’il survécut quelque temps à sa blessure, puisque, par un acte du 28 août 1477, le sire de Derval donna à lui et à ses descendants la baronnie de Derval avec d’autres terres. Du Châtel, quoiqu'il eut commandé des armées et gouverné des provinces, mourut si pauvre que, par son testament du 29 mai 1477, il fut réduit à prier le roi de pourvoir ses filles, de payer ses dettes et d'empêcher qu'on ne vendit ses meubles, dont la valeur n'excédait pas 5 à 6000 livres. Louis XI le regretta sincèrement, prit soin de ses obsèques et voulut qu'il fût inhumé dans l'église Notre-Dame de Cléry. On conserve à la Bibliothèque nationale plusieurs lettres de Louis XI au vicomte de la Bellière. L'abbé Lenglet-Dufresnoy en a publié quelques-unes dans son édition des Mémoires de Comines. Le portrait de Tanneguy a été gravé par Odieuvre. Tanneguy du Châtel était ami des lettres.

Il possédait dans sa bibliothèque un exemplaire manuscrit, l’un des meilleurs qui soient restés, de la Grande Chronique de Saint-Denis. Ce manuscrit se conserve à la Bibliothèque nationale, sous le n° 1462, Saint-Germain, latin.

Antoine DomExEcu, Flos sanclorum o hisloria general de los santos y varones ilustres en santidad del principado de Caltaluña.—

HœrEn, Nouvelle biographie générale. — Abbé Paul GUILLAUME, Histoire générale des Alpes Marilimes ou Cottiènes.

TAQUI (Pierre), marchand de Perpignan, acquit, par voie d'achat, du chevalier Raymond d’Apilia, les droits ro\aux sur l'hôtellerie dite de {a corona ou d'en Pereslortles, qui était située à Perpignan, sur la place de la Boria, et dont Jean [°° d'Aragon lui avait fait récemment donation. Pierre Taqui fut le procureur de Hugues de Faye, camérier de la Grasse et seigneur de Prades. Il touchait aussi des rentes sur les revenus de la ville de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 148, 161, 176, 192.

TAQUI (Thomas), bourgeois de Perpignan, se Hivrait au commerce maritime au début du xv' siècle. Pour approvisionner sa nef armée, le Procureur royal du Roussillon lui fit un prêt de trois caisses de flèches qui provenaient du Château majeur de Perpignan. Lors du décès de Bernard A ybri, Thomas Taqui fut pourvu de l'office de châtelain de Força- Réal ; mais plus tard, le roi Jean II lui retira cet emploi pour le confier au chevalier Philippe Albert. Le considérant qui accompagne la nomination de ce dernier prend soin de préciser que « la garde de pareils châteaux-forts situés à l’extrême frontière du pays ne doit pas être mise entre les mains de négociants, mais bien entre celles de nobles, de chevaliers, de damoiseaux ou d’autres personnages naturellement aptes à de telles charges ». Thomas Taqui avait une fille appelée Jeanne qui contracta alliance avec Guillaume Johan.

Archives des Pyr.-Or., 202, 242, G. 762.

TAQUI (Laurent) fut un riche négociant de Perpignan qui, par les services rendus au roi Alphonse le Magnanime, obtint de ce monarque de multiples privilèges. C'est ainsi que le roi d'Aragon lui reconnut une dette de 15.000 florins d’or pour un bracelet et un collier d'or, du poids de six marcs, dans lesquels étaient enchâssés quatre-vingts perles el seize balaix. Alphonse V assigna encore à Laurent Taqui et à son héritier une rente annuelle de cent florins d'or sur les greffes du bailliage et de la viguerie du Roussillon « pour le récompenser des services qu'il lui avait rendus dans diverses parties de la France ». Bernard Albert, seigneur de Saint-Hippolyte, ayant emprunté de l'argent à Laurent Taqui, celui-ci lui

fit cession d'une créance de quinze cents moutons d'or sur le noble Hugues de Lordat, seigneur de Caseneuve, au diocèse de Pamiers. Du mariage qu’il avait contracté avec Françoise N., Laurent Taqui eut trois fils : Bérenger, Jean et Laurent. Ce dernier épousa Béatrix Billerach et mourut sans descendance, laissant ses biens à ses deux neveux, François Billerach et Jean Taqui. Dans le testament qu'elle dicta en 1515, Béatrix de Taqui-Billerach déclara vouloir être inhumée dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste dénommée « capella dels Tequins » qui se trouvait dans l’église du couvent des Dominicains de Perpignan, et où était conservée la précieuse relique du bras gauche du Précurseur de Notre-Seigneur.

Archives des Pyr.-Or., B. 232, 233, 265, 272, 405, E. (Titres de famille), 731.

TAQUI (Gérard), chevalier de Perpignan, unit ses destinées à Anne de Tord qui lui donna deux fils, Laurent et Jean, dont les notices suivent.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 731.

TAQUI (Laurent), fils aîné du précédent, contracta alliance, en 1537, avec Angèle, une des sept enfants de Jean-François d'Oms, seigneur de Villelongue-de-la-Salanque et d'Anne d'Oms de Semmanat. De cette union naquirent trois enfants : Onurphre, décédé en bas-âge ; François, dont la notice suivra ; et Anne qui épousa François d'Ortaffa (voir ce nom).

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 731.

TAQUI (Jean), frère du précédent, naquit en 1520. Le 2 avril 1541, il acheta à Jacques-Jean Rexach la baronnie de Tresserre qui renfermait dans son rayon Fourques, Passa, Villemolaque, le Monastirdel-Camp et Nidolères. Le 15 mars 1543, François de Borgia publia une pragmatique de l’empereur Charles-Quint qui donnait l’ordre de maintenir le nouvel acquéreur en possession de tous les droits afférents à la baronnie. Jean Taqui se maria en 1552 à Isabelle, veuve d'Onuphre Ballaro, qui avait un fils unique appelé François. De cette union naquirent: Guiomar en 1553, et Charles qui, ayant uni ses destinées à Raphaëlle Pellicer, dont la sœur, Onuphre, avait épousé son frère maternel François Ballaro, ne laissa à sa mort, survenue en 1579, qu'une fille, Mancia. Raphaëlle Pellicer, veuve de Charles Taqui, convola en secondes noces avec François Johan-Girau. Jean Taqui, baron de Tresserre, qui, en 1562, était inscrit, en même temps que les nobles du Roussillon et du Conflent, sur les registres de la confrérie naissante de Saint-Georges, survécut à ses héritiers. Il mourut en 1587, laissa la

TAQUI

baronnie de Tresserre à son cousin-germain Ange Tort, et fut enseveli dans la chapelle de Saint-Jean- Baptiste, construite dans l'église des Dominicains de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 374, E. (Titres de famille), 731.

TAQUI (François de), fils du chevalier Laurent de Taqui et d’Angèle d'Oms de Semmanat, fut seigneur de Bages, Peyrestortes, Labastide, Carla, Estoher et Saint-Jean de Seners. IL avait épousé Anne d'Oms de Perapertusa de Çagarriga qui lui donna cinq enfants : Louis, Galcerand, dont les notices suivront ; Honoré, François, décédés sans postérité, et Anne. Le 15 novembre 1616, PhilippeIll octroya à François de Taqui des lettres de noblesse pour lui et sa descendance. François de Taqui mourut en 1621. Il fut enseveli, comme ses aïeux, dans l’église des Frères-Prêcheurs de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 384, E. (Titres de famille), 731.

TAQUI (Louis de), fils aîné et héritier du précédent, ne survécut que peu de temps à son père. Par le testament qu'il dicta en 1621, Louis de Taqui fit héritière universelle son épouse, Paule Reguer, dont il avait eu cinq enfants, alors en bas âge : Mathias, Augustin, François, Jeanne et Marie. Paule de Taqui était déjà veuve en 1623. Elle administra les divers fiefs seigneuriaux jusqu'à la majorité de son fils aîné, et fit même exploiter les gisements miniers

| du Bolès, sur le territoire de La Bastide. C'est elle qui prit l'initiative de la fondation à Bages de la | confrérie du Rosaire. Le P. Reginald Poc (voir ce

nom), autorisé par le provincial des Dominicains en Aragon, procéda à la cérémonie de l'institution canonique de cette association pieuse le 24 aoùt 1623. Le 28 mai 1643, son fils, Augustin de Taqui, qui avait été enrôlé avec son frère François de Taqui dans l’armée de Dalmace de Queralt, épousa Anne Fabre, fille d'André Fabre, bourgeois de Perpignan, et de Rose Juallar. Augustin de Taqui descendit dans la tombe en 1648, avant sa mère. Il ne laissa que trois filles : Marie-Anne, Cécile et Hippolyte. Par le testament qu'elle dicta en 1649, Paule de Taqui fit héritière universelle sa petite-fille, Marie- Anne de Taqui. Celle-ci épousa, Le 20 novembre 1660, Gérard d'Oms del Viver, et lui apporta en dot les seigneuries de Peyrestortes, Bages et Labastide qui demeurèrent jusqu’en 1789 en possession de la maison d'Oms.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 728-734.

TAQUI (François de), fils cadet du précédent, administra, vers 1650, la baronnie de Tresserre, en qualité de tuteur des filles pupilles du chevalier François de Vilaplana dez Camps, seigneur du Soler

TAQUI — TARDIU

d'Avail, défunt. Durant les guerres de Catalogne, François de Taqui prit parti pour l'Espagne. Ses biens furent attribués, en 1653, à Joseph Vilarella, citoyen honoré de Barcelone et alguasil ordinaire de Catalogne. Après le Traité des Pyrénées, il recouvra ses domaines en Roussillon ; mais à sa mort, survenue en 1683, ses propriétés de Villelongue-dela-Salanque, de Castell-Rossello et du Vegueriu furent aliénés. François de Taqui n'avait pas eu de progéniture de son épouse Cécile Ça Rocha, fille de Joseph Ça Rocha et de Paule de Seragut. Celle-ci mourut à Perpignan et fut inhumée. le 7 février 1678, dans la chapelle du Dévot Crucifix de cette ville.

Archives des Pyr.-Or.. B. 390, 394, E. (Titres de famille), 728-

TAQUI (Galcerand de) était le fils cadet de François de Taqui et d'Anne d'Oms de Perapertusa. Il épousa, en 1622, Anne Pals, qui était déjà veuve du chevalier Onuphre d’Arcos et mère de trois enfants : Jean, Madeleine et Stéphanie. Celles-ci entrérent en religion et furent abbesses du couvent de Sainte-Claire de Perpignan, respectivement en 1655 et en 1659. De l’union contractée avec Anne Pals, veuve d'Arcos. Galcerand de Taqui eut deux fils: Joseph, dont la notice suit, et Bernard, religieux carme. Anne de Taqui-Pals étant décédée le 24 avril 1632, Galcerand de Taqui convola en deuxièmes noces avec Magdeleine Alzina qui ne lui donna pas de descendance.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 728-734. — ToLRA DE Bonpas, L'Ordre de saint François d'Assise en Roussillon.

TAQUI (Joseph de), fils aîné du précédent, contracta alliance, en 1644. avec Séraphine Sobira, dont le père Antoine Sobira, qui était docteur en droit et bourgeois de Perpignan, remplissait encorc les fonctions d'assesseur du Gouverneur du Roussillon. De cette union, qui ne fut pas de longue durée, naquit un fils, Jean, dont la notice suivra. Le 2 août 1648, Joseph de Taqui se remaria à Marie Baldo, veuve de François de Jorda-Rossello (voir ce nom), et eut d'elle un fils appelé Jérôme. À la suite des autres membres de sa famille, Joseph de Taqui adopta le parti de l'Espagne contre la domination de Louis XIV en Roussillon. Ses biens furent dès lors confisqués e attribués, en 1653. à Jean de Margarit, abbé élu de Cardona, et à Louis Bataller, citoyen honoré de Barcelone. Les biens patrimoniaux de son épouse Marie Baldo furent donnés à Nicolas Manalt, bourgeois de Perpignan. En 1660, Joseph de Taqui était fixé à Montblanch, localité située dans l’archidiocèse de Tarragone. Il donna procuration à son frère, le carme Bernard de Taqui, pour administrer ses biens situés sur le territoire d'Elne, Argeles, Tresserre et

Pézilla. Sa fille Marie, qui avait uni ses destinées à: N. Jobert, était veuve en 1684. Son fils cadet, Jérôme. de Taqui, contracta alliance, en 1680, avec Marie- Anne de Copons, fille de Philippe de Copons, conseiller au Conseil Souverain. et d'Eulalie de Tamarit. Il mourut quatre ans après, ne laissant qu'une fille impubère appelée Thérèse.

Archives des Pyr.-Or.. B. 394, E. (Titres de famille), 728-734.

TAQUI (Jean de), fils aîné du précédent, était issu du mariage contracté entre Joseph de Taqui et Séraphine Sobira. Il épousa. en 1667, Théodorine de Réart de Jahen, fille d'Antoine de Réart, damoiseau de Perpignan, et de Marie de Jahen, qui avaient fixé leur résidence à Barcelone. Il eut deux fils, Antoine et Sauveur. Antoine de Taqui était domicilié à Vinça en 1722, et son petit-fils, Etienne de Pallarès de Taqui, habitait aussi cette localité en 1761. Un autre de ses petits-fils. Joseph de Réart de Taqui (voir ce nom), devint abbé de Cuxa en 1771.

Archives des Pyr.-Or., C. 2032, E. (Titres de famille), 728-734,

TARDIU (Huguet) était fils d'Etienne Tardiu et frere de Pierre Tardiu, successivement bailli et consul de Thuir en 1505. Le 30 juillet de cette même année, Huguet Tardiu, qui remplissait l'office de maitre de la Monnaie de Perpignan, reçut, du roi Ferdinand 1”, défense de livrer les menuts qu'il avait battus aux consuls de Perpignan, tant que ceux-ci n'auraient pas fourni caution en vue de rembourser, en espèces d’or ou d'argent, l'équivalent de la monnaie frappée. Huguct Tardiu eut, entre autres fils, Barthélemy, mercader de Perpignan, domicilié à Thuir, qui obtint. en 1553, de Pierre Hout, abbé de Saint-Génis-des-Fontaines. l'autorisation d'avoir un garde pour son domaine du mas « Tardiu », situé près de Bages. François Tardiu, un des enfants de Barthélemy, testa le 6 juillet 1629 et laissa pour héritier un fils du même nom que lui. Ce dernier, avant épousé Marie Badia, eut pour fils François Tardiu, bourgeois noble de Perpignan. quicontracta alliance, Le 27 janvier 1659, avec Marie d’Ortega. enterrée dans l’église de Saint-Jean-la-Celle, fille d'Antoine d’'Ortega, notaire à Perpignan. De cette union naquit François Tardiu. Celui-ci testa à Perpignan, le 22 mai 1709, et mourut peu après, laissant entre autres un fils appelé Joseph qui fut le père de François Tardiu, bourgeois noble, émigré pendant la Révolution. Un de ses parents, appelé Jean-Baptiste Tardiu. habitant de Thuir., émigra comme lui. Le fils de ce dernier, Joseph Tardiu, conseiller au Con:seil Souverain du Roussillon en 1786, épousa Marie Estève, fille de Jean Estève, également conseiller au tribunal suprême du Roussillon. De leur mariage

étaient issus: Augustin Tardiu, né à Perpignan le 18 mai 1786, propriétaire à Thuir, époux de N. Bonet- Roig, décédé en 1852; Antoine. mort célibataire ; et Marie, qui contracta alliance successivement avec Jaubert de Réart et Antoine Ferriol, notaire à Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 457, 415, 416, 417, E. (Titres de famille), 736.

TASTU (Joseph}, jurisconsulle, professait la philosophie à l'Université de Perpignan, en 1744, lorsqu'il fut appelé à occuper la chaire de droit civil en remplacement de Joseph d'Albert. nonimé président de la Chambre des Domaines du roi. Le 7 janvier 1759, Joseph Tastu fut élu recteur de l'Université de Perpignan. I mourut dans le courant du mois d'août de cette même année.

Memoires de Jaume.

TASTU (François), né en 1750, obtint la deuxieme chaire de droit civil à l'Université de Perpignan en 1774. 11 adopta les principes de la Révolution et fut nominé procureur-svndic du district de Perpignan. Comme Îles Girondins, François Tastu fut accusé de modérantisme, et il n'échappa à la Terreur qu'en se cachant. Chargé de professer le cours de législation à l'Ecole Centrale de Perpignan, il enseigna dans cet établissement depuis 1796 jusqu’en 1804. François Tastu devint conseiller de préfecture sous l'Empire et mourut le 12 décembre 1807.

Abbé TorneiLes, L'Universile de Perpignan et L'Ecole Centrale de Perpignan.

TASTU (Abdon-Sennen), né à Perpignan en 1754, était notaire dans sa ville natale à l'époque de la Révolution. Partisan des idées nouvelles, il fut nommé awent national du district des Pvrénées- Orientales lorsque la loi du 4 frimaire de l'an T1 (4 decembre 1793) eut organisé en France le mouvement révolutionnaire. | troqua son nom de baptéme contre celui d'Ardoise et fut élu, le 21 germinal an V, député du département des P\rénées-Orientales au deuxième tour, par 4 voix contre 34 données à Jalabert. Abdon Tastu recueillit aux Cinq- Cents la succession de Gassanves, Il siégea parmi les modérés, n'eut aucune part au 18 fructidor et se rallia au {IS brumaire. I fut alors nomme sous-préfet au Blanc, dans le département de l'Indre. Abdon Tastu n'occupait plus de situalion administrative lorsqu'il mourut, en 1808.

RoBenT, BornLoTox et Coucxx, Dictionnaire des Parlemenaires. — Abbé TonREïLLES, Histoire du clergé dans le département des Pyrenées-Orientales et Perpignan pendant la Révolution.

TASTU (Pierre), fils de Pierre Tastu, procureur (avoué), et de Rose Mundi, naquit à Perpignan le

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TASTU

8 avril 1758. « Son père. dit M. Comet dans L’Imprimerie à Perpignan, mourut quelques jours après, le 2 mai. Il semble avoir grandi sous la tutelle de sa sœur Rose, qui avait dix-sept ans de plus que lui. Celle-ci, mariée à Joseph-François Revnier et n'avant que des filles, dut le diriger de bonne heure vers l'imprimerie... Par acte du 31 decembre 1781. Joseph- François Revnier intéressa aux affaires de l'imprimerie son beau-frère, Pierre Tastu, âgé de vingtquatre ans, qui élait compagnon imprimeur chez Jui depuis l'année 1576. Cette association fut conclue pour quatre années, renouvelée pour une même période le 1” juillet f{78S jusqu'au 30 juin 1792... A la mort de Joseph-François Reynier (1797), l'imprimerie porta le nom de Tastu et veuve Reynicer, mais en réalité l'association fut contractée non avec la veuve mais avec ses enfants. Sous cette raison sociale, il fut imprime, de 1797 à 1804, c'est-à-dire de l'an V à l'an XII. des quantités de travaux relatifs principalement aux affaires administratives du département pendant la Révolution. Son contrat liquidé avec ses nièces. Pierre Tastu resta seul propriétaire du immatériel de l'imprimerie en 1804... Le journal créé en 1776 par J.-F. Reynier, sous le titre d'Affiches, annonces et avis divers de la province du Roussillon, n'avait duré que quelques mois ; d’autres parus sous la Révolution n’eurent pas un meilleur sort. Tastu projeta de renouveler l'expérience, mais sur des bases qui en assureraient la durée. Il voulait Le rendre politique et y abonner d'office les communes du département, sous le prétexte de communications officielles... Le 19 août 1815 parut le Mémorial administralif du département des Pyrénées-Orientales. Ce fut l'organe attitré du préfet... Cette situation ne dura que quelques mois... Tastu créa alors la Feuille d'affiches, annonces, avis divers, où Mémorial administratif, politique et littéraire du département des Pvrénées-Orientales, titre qui faisait revivre l'essai de J.-F. Revnier. Ce titre fut modifié en 1819...» En 4805. Pierre Tastu inaugura l’Almanach du département des Pyrénées-Orientales qui parut régulièrement jusqu'en 1870. Il mourut le 18 novembre 1822, laissant un fils appelé Joseph ct une fille Antoinette, dont les notices suivront.

Couer, L'Imprimerie à Perpignan.

TASTU (Joseph) naquit à Perpignan, le 22 août 1787. Il était fils de Pierre Tastu, imprimeur du roi et du clergé. Placé au collège communal de Per pignan, il v fit ses études en compagnie de François Arago et de ses frères ; mais il ne tarda pas à Île quitter pour devenir, quoique très jeune encore, l'associé de son père. En 1814, désireux de compléter la première éducation qu'il avait reçue à Perpignan et d'étudier par lui-même les progrès de la typogra-

TASTU

phie, il partit pour Paris. Là, il s’attira bientôt l'estime de beaucoup d'hommes éminents de ce temps, des Etienne, des Jouy. des Ségur, des Chateaubriand, etc. C’est à cette époque qu'il dirigea l’impression d’un mémoire du général Carnot au roi Louis XVIII, contre le ministère du duc de Richelieu. Mais la vente de cet ouvrage ayant été interdite, Tastu le plaça chez les libraires et chez ses amis. Ce fut d’abord par l'intermédiaire de Jalabert, député des Pyrénées-Orientales, qu'il rendit compte au général de la vente de son livre. Plus tard, il devint lui-même l'éditeur et l’ami du grand Carnot. Tastu collabora tour à tour aux journaux de l'opposition, ou des « indépendants » comme on disait alors, au Conslitulionnel et au Nain jaune. 11 fonda un nouveau journal, La Renommée, qui, saisi la nuit par la police royale, ne parut que vingt-cinq fois. Plus tard, il fut mis. par le parti des indépendants, à la tête du Diable boiteux qui avait remplacé le Nain jaune. Mais cette feuille ne tarda pas, elle aussi, à périr sous les coups de la censure, dont le D' Cayrol, médecin intime du ministre Decazes, avait éveillé les soupçons. Enfin, il géra le Mercure galant, recueil politique et littéraire qui fut le précurseur de la Minerve. En 1816, Joseph Tastu épousa M" Amable Voïart, née à Metz le 31 août 1795, fille de Philippe Voïart, ancien administrateur des vivres à l’armée de Sambre-et-Meuse, et de Jeanne-A mablé Bouchotte, sœur du ministre de ce nom. Celle qui devait rendre célébre le nom de Taslu s'essayait déjà aux compositions poétiques; elle venait d’avoir vingt-etun ans. Aussitôt après son mariage, Tastu revint à Perpignan reprendre la direction de l'imprimerie de son père. Mais en 1819, l'imprimerie libérale des frères Beaudouin fut mise en vente. Tastu vit là une occasion de revenir à Paris, qu'il avait quitté à regret. Il songeait, d'ailleurs, à la gloire future de sa femine, dont le talent littéraire serait resté ignoré au fond de la province. Il acheta donc l'imprimerie de la rue de Vaugirard. Le monde lettré se dirigea vers le nouvel établissement. réformé et agrandi par Tastu. Ses publications furent des chefs-d'œuvre de bon goût. On peut en juger par le premier Recueil de poésies de M" Amable Tastu, que son mari édita avec le plus grand soin. La beauté des vers du poète, qui était désormais une des premières femmes écrivains de l'époque, était rehaussée, pour ainsi dire, par le luxe de l'impression. Par une lettre en date du 28 octobre 1817, Joseph Tastu avait proposé à Villiers de Terrage, préfet des Pyrénées-Orientales, de vendre au département des tableaux du peintre Rigaud qui se trouvaient à Choisv-le-Roi, dans la galerie de Voïart, son beau-pere. L'offre ne fut pas acceptée ; mais en 1820, le nouveau préfet des Pyrénées-Orientales, le marquis Ferdinand de Villeneuve-

Bargemont, qui s’intéressait à la création du Musée de la ville de Perpignan, fit l'acquisition, au nom du département, des deux toiles de Rigaud reproduisant les traits du cardinal de Bouillon et ceux de l'artiste. Ces deux tableaux coûtèrent 6000 francs. Joseph Tastu fit spontanément donation au Musée d'un troisième tableau comme complément du marché. Cette dernière toile, œuvre de Charles Maratti, représente une Vierge. Joseph Tastu offrit au préfet de vendre également au département, pour la somme de 2000 francs. deux autres toiles de Rigaud qu'il avait, disait-il, sous la main. C'étaient les portraits de l’intendant Philibert Orry et de la mère de Rigaud. Cette proposition n'eut pas de suite. Ce n'est pas uniquement à des œuvres littéraires que l'imprimerie parisienne de Joseph Tastu donna le jour. L'ancien rédacteur du Nain jaune et de La Renommée mit ses presses au service du parti libéral dont il avait été un des plus fermes soutiens de 1814 à 1816. Aussi entreprit-il des publications politiques qui, sielles ne furent pas toujours pour lui de bonnes affaires financières, vengérent souvent les libéraux de la Restauration et contribuèrent à amener Îles journées historiques de Juillet. II lutta contre les lois d'exception des Bourbons, et c'est des presses de Tastu que sortirent tous les écrits les plus avancés de l'opposition, depuis les discours du général Foy, de Benjamin Constant, Sebastiani. etc., jusqu'au fameux mémoire du comte de Montlosier. C'est encore lui qui publia les mordantes salires la Villéliade et la Corbiéréide de Barthélemy et de Méry. A la mort du général Fov (4825), Tastu et les libraires Beaudouin achetérent à sa famille l'Histoire des guerres de la Péninsule. Le général Foy, après avoir été le héros des campagnes de 1812. avait voulu en être l'historien. Mais ces mémoires élaient malheureusement inachevés, et le projet de publication dut être abandonné. Tastu ne réclama pas les 50.000 francs que lui avait coùtés le manuscrit. Il ajouta cette somme à la dotation qu'on fil à celte époque aux enfants du général. Mais les entreprises désintéressées de Tastu avaient considérablement ébréché sa fortune. La crise commerciale qui suivit la révolution de Juillet achcva de le ruiner. Il se hâta de liquider et se retira des affaires après avoir tout payé. Il ne lui resta qu'une riche collection de livres espagnols, portugais, italiens el vieux français, qu'en admirateur passionné de l’ancienne littérature des peuples romans il s'était plu à amasser. Tastu cut dès lors une existence remplie de tristesses. Seul, le dévouement de sa femme, qui dut composer des ouvrages de vulgarisation pour subvenir aux besoins de sa famille, le consola des malheurs qu'il venait d'éprouver. A partir de cette époque, Tastu s’adonna entièrement aux travaux de philolowie et de biblio

graphie romanes. Roussillonnais par la naissance, il n'avait pas oublié la langue de ses ancêtres, et:il aimait à fouiller l'histoire de leur littérature jusqu'alors inconnue. Dès 1833, Tastu avait écrit à Ravnouard pour lui exposer ses projets. De 1833 à 1837, il collabora aux travaux du secrétaire perpétuel de l’Académie française. Cependant, celui-ci ne l'a pas nommé une seule fois dans ses divers ouvrages. Toutefois, de l'autre côté des Prrénées, ses éludes et sa collaboration au Dictionnaire de Torres-A mat lui valurent. sans qu'il l’eut recherché, l'honneur d'être nommé, à l'unanimité, correspondant de l’Académie d'Histoire de Madrid, correspondant de l’Académie des Buenas-Letras de Barcelone, correspondant de l'Académie des Scicnces et des Arts de Majorque. Enfin, Tastu fit un voyage dont il caressait le rêve depuis longtemps. Il parcourut pendant quinze mois (mars 1837 à juin 18:38) les provinces espagnoles de La Catalogne et des îles Baléares, pour y compléter ses travaux sur Îles langues néo-latines. Il voragea à ses frais. Il reçut toutefois, du ministre Salvandv. sur le rapport de Fauriel, une gratification de 1500 francs, alors qu'il dotait l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de fac-similés d'inscriptions, de bas-reliefs, d'objets précieux provenant de ruines du temps d'Auguste, enfin de plusieurs monuments de l'art antique inconnus jusque là en France. Tastu devait être encore chargé d'administrer la bibliothèque du ministre de l’'Instruction publique. Mais pendant qu’il courait l'Espagne, ses services furent oubliés et «un individu fort appuyé fut nommé, à sa place, bibliothécaire du ministère. Quant à lui, il fut colloqué pour ses peines à la bibliothèque Sainte- Geneviève, où se conserve le Breviarium Elnense, premier livre imprimé à Perpignan par Rosembach en 1500, afin d'y distribuer, pendant cinq jours et cinq nuits consécutifs par semaine, des volumes de curiosité. » Des trois voyages qu'il fit en Espagne, — toujours à ses frais, — Tastu rapporta des documents très importants pour l'histoire et la littérature de la Catalogne et de l'Espagne. Il commença une série d'études tres approfondies sur ces matières, études qu'avec un désintéressement peu ordinaire il communiqua à diverses reprises à des savants tels que Raynouard, Fauriel et Guessard. Malheureusement, la mort vint le surprendre au moment où il se préparait à publier ses travaux. 11 mourut le 2 janvier 1849, sans avoir pu achever la tâche qu'il avait entreprise, ni donner au public ces éditions d'auteurs, ces gramimaires et ces glossaires, qui auraient imprimé une si grande impulsion à l'étude des langues romanes. Joseph Tastu n'a livré à la publicilé que les œuvres suivantes: Los contrabanders, traduction catalane des Contrebandiers de

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Béranger, Paris, 1833 ; Poème sur la bataille de Lépante de Joan Pujol, avec commentaire et notes ; L'Empereur Napoléon, tableau et récils, 1837, in-8° ; Mémoire sur la littérature calalane, dans les Notices et ectrails des manuscrils, tome xiW:3 Nolice d'un atlas en langue calulane, ms. de l'an 1375, conservé parmi les mss. de lu Bibliothèque royale, 1841. Les œuvres manuscrites de Joseph Tastu ont été déposées à la Bibliothèque Mazarine, à Paris.

Horn, Nouvelle biographie generale. — CROoUGHANDEL, Calaloque raisonné des objets d'art el d'archéologie du Musee de Perpignan. — Amédée Pacës, Nolice sur la vie el les travaux de Joseph Tastu, Montpellier, 1888.

TASTU (Sabine-Casimire-Amable Voïart, dame) naquit à Metz. le 31 août 1798. Elle était fille d'un administrateur général des vivres et d'une sœur du ministre Bouchotte, qui unissait un caractère très ferme à une faculté poétique naturelle. A sept ans et demi, elle perdit sa mère. Elle se mit à lire avec passion. ne quittant ses livres que pour une rêverie, plus absorbante que la lecture. Une maladie grave fut, à onze ans, le résultat de cette existence concentrée. Entourée de nouveau des soins de l'amour maternel par la jeune personne intelligente qu'épousa son père, Elisa Petitpain, elle sentit s'épanouir en elle les germes de poésie qu'elle nourrissait depuis son enfance. Une de ses idylles, le Réséda, mérita les éloges de l’impératrice Joséphine, à qui elle fut présentée en 1809. Une autre, le Narcisse, insérée à son insu dans le Mercure, amena, en 1816, son mariage avec Joseph Tastu, imprimeur à Perpignan. Amable Tastu habita durant quatre ans le Roussillon. L'Académie des Jeux Floraux lui décerna deux fois le lys d'argent (1820 et 1823), l'amaranthe d'or en 1821, et le souci d'argent. Ce qui lui fit d'abord un nom dans le monde littéraire, ce fut la pièce des Oiseaur du sacre, qu’elle composa à l’occasion du sacre de Charles X, et qui se distinguait par une originalité naïve et touchante. Son premier recueil, qui parut en 1826, contenait entre autres pièces l'Ange gardien, le Dernier jour de l'année et les Feuilles de saule. « Sans entrer dans les questions polémiques. alors commençantes. dit Sainte-Beuve, M°*° Tastu se rattachait à l’école nouvelle par un grand sentiment de l’art dans l'exécution. Cette pensée rêveuse et tendre aime à revêtir le rhythme le plus exact, à la façon de Bérenger, que, par cet endroit, elle imite un peu. » En 1829, Amable Tastu publia les Chroniques de France. Ce volume présentait par places de vraies émotions lyriques; mais le sujet et le genre étaient en somme trop lourds pour ce talent élégiaque et intime. L'auteur, froissée dans son amour-propre par un premier insuccès, quexagera encore la critique, fut bientôt profondément atteinte par de poignantes adversités dans sa vie

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privée. La crise commerciale qui suivit la révolution de juillet porta la ruine dans les affaires de son mari. Elle se vit obligée de s’assujettir à des emplois rétribués et de renoncer au commerce de la Muse. Elle écrivit alors des ouvrages en prose, surtout d'excellents livres d'éducation. dans lesquels elle tenta avec bonheur de mettre quelquefois la poésie à la portée de l’enfance et de lui faire parler le langage de la morale ou de la prière. Les mêmes qualités distinguent la suite des publications d’Amable Tastu, et principalement son Eloge de M°** de Sévigné que l’Académie française couronna en 1840. On à d’'Amable Tastu : La Chevalerie française, Paris, 1821, in-18; (avec M”° Dufrenoy), Le livre des fermes, choix de morceaux extraits des meilleurs écrivains français, Paris, 1823, 2 vol. in-18; Poésies, Paris, 1826, in-18 ; ibid., 1827, 1832, in-18; Chroniques de France, Paris, 1829, in-18 ; Soirées littéraires de Paris, Paris, 1832, in-12 ; Poésies nouvelles, Paris, 1834, in-18 : Education malernelle, simples leçons d'une mère à ses enfants. Paris, 1835, 1848, gr. in-8°; Prose, Paris, 1836, 2 vol. in-8°, recueil de nouvelles, contes, etc., qui avaient d’abord paru dans diverses publications : Cours d'Histoire de France, Paris, 1836-1837, 2 vol. in-18; Le livre des enfants, contes de fées choisis par MM"° E. Voïart el À. Tastu, Paris, 1836-1837, 8 vol. in-16; Œuvres poétiques, Paris, 1337, 3 vol. in-32 : réimpression des poésies de l’auteur avec quelques additions; (avec M"°° E. Voïart), Les enfants de la vallée d'Andilan, Paris, 1837, 2 vol. in-12 ; Leclures pour les jeunes filles ou Leçons el modèles de littérature, en prose el en vers, Paris, 4840-1841, 2 vol. in-12 : Des Andelys au Hävre, 1842, in-8° ; Esquisse biographique sur L. des Roys, Paris, 1843, in-8°; Tableau de la litlérature italienne, Tours, 1843, in-8° ; Tableau de la littérature allemande, Tours, 14844, in-8°:; Voyage en France, Tours, 1845 ; des traductions d'ouvrages anglais, entre autres celle de Robinson, 1835, etc. Amable Tastu a édité les Lettres choisies de M”° de Sévigné, 1842, in-12, précédées de son éloge. On lui doit encore des préfaces, des notes criliques, des lettres et beaucoup d'articles insérés dans les recueils destinés à la jeunesse, dans Le Musée des familles, le Diclionnaire de la conversalion, ete. Après la mort de son mari, survenue en 1849, Amable Tastu fit un séjour dans l'île de Malte, où son fils Eugène Tastu était vice-consul, depuis l'année précédente. Elle l'accompagna ensuite à Lamarca (île de Chypre) et à Bagdad, où celui-ci dut se fixer comme consul général. Amable Tastu regagna la France, presque aveugle, en 1864, et mourut oubliée en 1885. Son buste figure au Musée de Perpignan.

Hœrer, Nouvelle biographie générale. — VaPrereAU, Dictionnaire des Conlemporains.

TASTU (Antoinette), fille de Pierre Tastu, imprimeur, et de Thérèse Blasi, naquit à Perpignan, le 25 janvier 1791. Elle mourut célibataire dans sa ville natale. le 15 décembre 1870. A la mort de son père, elle demanda à la Préfecture des Pyrénées- Orientales la transmission des brevets d'imprimeur et de libraire. Ils lui furent octroyés, le 28 août 1823. En 1831, lorsque le Journal des Pyrénées-Orientales fut fondé, Antoinette Tastu confia la gérance de ce périodique à Jean-Baptiste Rodange, né à Choisv-le Roï (Seine-et-Oise). Durant quarante années, ce publiciste remplit de ses écrits les colonnes de l’organe politique du Roussillon. De nombreuses publications littéraires et scientifiques sortirent des presses typographiques d'Antoinette Tastu. À sa mort,

. l'imprimerie passa entre les mains de sa nièce et

héritière, M°° Falip-Tastu.

ComerT, L'Imprimerie à Perpignan.

TASTU (Emile), avocat à la cour de Montpellier, a publié : Note sur l’origine des comtes héréditaires de Barcelone et d'Empurias- Roussillon, Montpellier, Grollier, 1851, in-8° de 35 pages, ef une Molice sur Perpignan parue dans le Journal des Pyrénées-Orientales, 1852-1853. Cette dernière étude est une œuvre de valeur, qui indique une érudition vaste et profonde en même temps qu'une critique pénétrante.

TASTU (Antoine) naquit à Perpignan, en 1818.

Entré à l'Ecole Polytechnique à l’âge de dix-huitans, il en sortit deux ans plus tard. avec un des premiers numéros de sa promotion. Après avoir passé par l'Ecole des Ponts-et-Chaussées. Antoine Tastu fut envoyé, en 1841, dans l'arrondissement de Prades, qu'il ne quitta qu'en 18%3. pour venir à Perpignan prendre la direction de l'arrondissement de l'Est. Nommé, en 1865, ingénieur en chef du département de la Lozère, Antoine Tastu rentra l’année suivante dans sa ville natale pour ne plus la quitter. Le 1° février 1883, il fut mis à la retraite et fut nommé inspecteur général honoraire des Ponts-et-Chaussées. En 1878, Antoine Tastn devint président de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales et occupa cette place honorable jusqu'à sa mort survenue le 13 novembre 1883. Dans le nombre des travaux professionnels d'Antoine Tastu exécutés dans le département des Prrénées-Orientales, il convient de citer les routes de Prades à Mont- Louis, d'Arles-sur-Tech à Prats-de-Mollo, de la Preste, les voies ferrées de Perpignan à la frontière d’Espagne et celles de Perpignan à Prades. Antoine Tastu a publié: Notes sur le mouvement de la population dans le département des Pyrénées-Orientales pendant la période de 1861-1865, dans le XVIII Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyré-

nées-Orientales ; Réservoirs de la Bouillouse et du Pla des Abeillans, et canal d'arrosage de la rive droile de la Tel, Perpignan, Antoinette Tastu, 1864, in-4° de 12 pages.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

TATZO (Raymond de), feudataire de la mitre d'Elne, reconnut, le 19 avril 1205, détenir pour Guillaume d'Ortaffa, évêque du diocèse d’Elne, la dime de Tatzo et le tiers de la dime de Palau.

Archives des Pyr.-Or.. G. 23.

TATZO (Hugues de) vendit. le 12 avril 1309, à l'hôpital Saint-Jean de Perpignan, le château et le territoire de Saint-Vincent de Tatzo-d'amont pour le prix de 38.000 sous barcelonais, à 65 sous par marc d'argent. En 1310, Jacques [°*. roi de Majorque, fit concession à Hugues de Tatzo des justices civiles et criminelles de la seigneurie de Jujols, sous la suzeraineté du vicomte de Canet. Hugues de Tatzo servit toujours fidèlement la dynastie de Majorque. Le roi Sanche l’appelait en 1321 « portarium nostrum majorem ». Dalmace de Tatzo, fils d'IHugues, reçut à l’occasion de son mariage la nue-propriété de la seigneurie de Jujols et fut co-seigneur de ce lieu avec son père. Dans la suite, avant pris parti pour Île roi d'Aragon contre le roi de Majorque, il fut, en 1343, déporté par celui-ci au chäteau de Bellavista, à Majorque, en compagnie de quelques autres seigneurs roussillonnais, pour y être mis à mort. L'exécution n'eut pas toutefois lieu.

Archives des Pyr.-Or., B. 190, G. 104. — Emile Mani, Les

seigneurs de Jujols, dans la Rerue d'histoire et d'archeologie du Roussillon.

TATZO (Raymond de) obtint de Pierre IV Île Cérémonieux, concession de la seigneurie de Tatzo d'avail. Dés qu'il fut maitre de la capitale du Roussillon, ce monarque se hâta d'v\ faire reconnaitre son autorité, d'\ changer tous les magistrats et d'y établir un gouverneur à sa dévotion qui fut Raymond de Tatzo (22 juillet 1344). Celui-ci avait un frère appelé Bernard de Tatzo qui était camérier de Saint- Michel de Cuxa, en 1356. Ravmond de Tatzo ne dut pas laisser de descendance mâle et une de ses filles dut épouser un membre de la famille dez Puig, car on trouve la seigneurie de Tatzo d'avail en la possession de la maison de ce nom, dès le début du xv' siècle.

Archives des Pyr.-Or., B. 105, 153, 190, 346.

TAULARI (Arnaud),armateur de Collioure, était, en 1430, « patron de la nef appelée Jhesus du port de 300 tonneaux ». Ce navire parcourut la Méditerranée et l'Océan Atlantique. [l transporta des marchandi-

TATZO — TÉRÈS

ses d’'Alicante au pays de Flandres, pour le compte de P. Crexells. Un traité fut conclu entre Bernard Jou, G. Campredon et Jean Canellas, marchands de Perpignan, d'une part, et Arnaud Taulari, d'autre part, pour opérer le transport d’une quantité de draps du Languedoc, de sel d’Iviça et d'huile, à Gaëte. à Naples et en Roumanie.

Archives des Pyr.-Or., B. 218, 235.

TAURIACH (Joseph), curé de Casefabre (1708- 1716) fut mis à la tête de la paroisse de Taillet en 1720. IL administra cette cure jusqu'en 1736. Joseph Tauriach fit construire le retable de l'église de Saint- Vincent de Taillet. Il en avait confié l’exécution à un sculpteur de Thuir appelé Joseph Batlle, qui édifia ce monument d'architecture religieuse, pour la somme de 55 doubles de 11 livres chacune. Le 20 janvier 1732, Joseph Tauriach procéda à la bénédiction de la cloche de l’ermitawe de Notre-Dame de la Roure.

Archives paroissiales de Taillet.

TÉRÉS (Jean), né en 1539 à Verdu, localité du diocèse d'Urgell, était issu d’une famille de condition modeste. Il suivit les cours d'humanités dans sa ville natale et alla étudier la théologie à Valence. Après son ordination sacerdotale, Jean Térès fut nommé bénéficier dans la communauté ecclésiastique de la cathédrale de Tarragone. Peu de temps après, il obtint, au concours, la stalle de chanoine théologal, au sein du chapitre métropolitain de cette ville. Le cardinal Cecrvantes de Gaete, archevèque du diocèse, lui confia la charge de chanoine pénitencier, puis le choisit pour son coadjuteur. Jean Térès reçut alors, du Saint-Siège, le titre d'évêque du Maroc. Le 22 mai 1579, le Souverain Pontife le nomma au siège épiscopal d'Elne, laissé vacant par la mort de Pierre Coma. Jean Térès prit possession de son diocèse, par procureur, le 26 juillet de la mème année. Son entrée solennelle à Perpignan eut licu le 42 août suivant. La réception de ce prélat se fitavec le cérémonial accoutumé. Devant la chapelle de Notre-Dame du Temple, l'hebdomadier lui offrit la vraie Croix à baiser et un chœur de chantres exécuta en musique l'antienne Ecce sacerdos magnus. Le préchantre entonna ensuite le Te Deum qui fut continué par le clergé réuni. Un verset était chanté en concert par Îles choristes. et le verset suivant était interprété en plain-chant par les ecclésiastiques présents. Le lendemain, le clergé de la ville de Perpignan vint offrir ses hommages au nouvel évêque d'Elne. Après le baisement des mains traditionnel, François Navarro, curé de Salses, se fit l'interprète des sentiments respectueusement dévoués de ses confrères vis-à-vis de leur évêque. Jean Térès répondit en latin aux souhaits de bienvenue. Il fut bref et

TÉRÈS

assura les membres du clergé de ses meilleurs sentiments. À la première grand’messe que célébra ce prélat au maître-autel de l'église actuelle de Saint- Jean, le chanoine-préchantre exécuta, avec des musiciens, des motets cn concert, après l'élévation. Un mois après, les ecclésiastiques du diocèse d'Elne offrirent le don gratuit à leur évêque. Le taux en fut fixé à la somme de trente réaux par curé ou chanoine. de vingt-quatre réaux par bénéficier de premier ordre. de dix-huit réaux pour les autres bénéficiers et les clercs nouvellement nommés. Le 10 novembre 1579, Jean Térès procéda à la visite pastorale de Péglise Saint-Jean. Dans cette circonstance. le prélat fit une innovation dans les usages liturgiques. ordonna la suppression des absoates qu'on avait lhabilude de chanter en semblable occurrence. Le 4 juin 1589. un cardinal-légat du pape Giégoire XIIT. venant d'Italie, se trouvait de passaue à Perpignan. Le prince de l'Eglise ne voulut point être reçu en procession, mais quatre jours plus tard on célébra une messe basse en sa présence, au maitre-autel de l'église de Saint-Jean, et on exécuta divers motets, tant au commencement de la messe qu'au moment de l'élévation. Dans le cours du mois d'août de cette même année, Jean Térès essuya une grave maladie qui mit ses jours en danger. On orgranisa des processions et on adressa au ciel des prières publiques pour obtenir la guérison de l'évêque d'Elne, qui effectivement recouvra, peu après, la santé. Jean Térès donna tous ses soins à la règlementation d'une affaire aussi grave que délicate: la réduction des messes dans les églises de la ville de Perpignan. Le 16 novembre 1580, ce prélat porta de 1360 au chiffre de 448 le nombre des fondations à Saint-Mathieu. Le taux de chaque messe fut fixé à trois sols et quatre deniers. Trois jours après, l'évêque d'Elne en agit de même à l’éward de l'église de la Réal, où les revenus du chapitre avaient sensiblement diminué. Le 16 février 1382, Jean Térès édicta un réglement par lequel il réduisit aussi le nombre des bénéfices et des services à Saint-Jean le Vieux. Le total des fondations fut abaissé de telle façon qu'on ne devait célébrer de messe, à l'avenir, qu'en raison d'un réal de dotation. La communauté ecclésiastique de Saint-Jean, assemblée le 20 février 1582, décida d'envoyer la somme de quinze écus d'or à l’évêque du diocèse, afin de le remercier de ses bons offices. Le 1° octobre 1581, Jean Térés se trouvait à Prades. où il consacra l'église du Rosaire (hôtcl-deville actuel). Il plaça dans l'autel de cette chapelle les reliques de saint André, de saint Sébastien el de saint Blaise, et accorda ensuite quarante jours d’indulgence aux fidéeles qui visiteraient ce sanctuaire le jour anniversaire de sa consécration. Le 12 décembre 1582, Marie d'Autriche, veuve de l’empereur

Maximilien IF, qui se rendait à la cour d'Espagne avec sa fille Marguerite, vint à débarquer à Collioure. Le lendemain, l'évêque d’Elne se rendit auprès de cette souveraine, pour lui présenter ses hommages et lui baiser les mains. Après un séjour de dix jours à Collioure, Marie d'Autriche s’en vint à Perpignan. À son passage à Elne, elle reçut ta visite de Jean Térès, qui lui présenta la vraie Croix pour la baiser. Le jour de Noël, ainsi que le jour de la fête de saint Jean lEvangéliste, lévôque d'Élne célébra la messe pontificale dans l'église Saint-Jean de Perpignan, en présence de limpératrice Marie d'Autriche, de l'Infante, sa fille, et de toute la cour. Le 27 mai 1584, dimanche de la Sainte Trinité, ce prélat chanta un office solennel dans la chapelle de la maison consulaire de Perpignan. La mème année. il assista au concile provincial de Tarragone, et le 31 décembre 1584 il approuva un réglement élaboré par la communauté ecclésiastique de Millas concernant la célébration des messes fondées. Dans le cours du mois de janvier 1586, Jean Téres avait engagé des pourparlers avec la communauté des bénéficiers de Saint-Jean, touchant la translation à Perpignan du siège épiscopal d'Elne. Il ne put donner suite à son projet, car, dès les premiers jours du mois de juin suivant, il reçut de Sixte-Quint les bulles de nomination à l'évêché de Tortose. C’est en tant que titulaire du siège épiscopal de ce dernier diocèse, qu'il consacra, le 15 juin 1586, l’église paroissiale de sa ville natale. L'inscription qui relate cet événement est gravée sur une pierre placée dans l’église de Verdü. Elle est conçue en ces termes : « Uuslrissis. el. Rms. D. D. Jo. Térès. Eps. Dertusen, lac. ecclesiam, in. qua. fuerat. bapti:at. in. honorem. Oiptis. Dei. el. sub. invoc. gloisse. vginis. Mae. ob. natri®æ. amore. quo. secraiut À VIT ILS" jui. M. D. L. XXA\XVI. vic®. PP. Malhia Corbeila baiulo. Cipri. Ming'. et. patrib. reip. jurat. P. Soler. Jof. Guirar. Andrea Colo. el Salvto Pamo. Eodem an°. Ds. Ills. er Epo. Elne. eps. Dertusen. creats. et. in. archiepm. Tarracone. est. eleclus.» Moins d'une année après sa promotion à l’évéché de Tortose, Jean Térès fut élevé par Sixte-Ouint au sièwe métropolitain de Tarragone (mai 1587). Dans son nouveau diocèse, Jean Térès s'appliqua à entourer de sa protection les ordres religieux. Les Capucins, les Augustins, les Carmes et les Jésuites devinrent l'objet de ses attentions et de ses faveurs particulières. [Il chercha à promouvoir l'éclat du culte dans les églises et à maintenir la discipline ecclésiastique dans le clergé, à l'aide des conciles provinciaux qu'il tint dans sa ville archiépiscopale. Jean Térès publia, en 1593, cinq livres de Constitulions provinciales de Tarragone avec le catalogue des archevêques de cette église. Clément VIII lui donna mission de procéder à la suppression des chanoines

réguliers sur le territoire de la Catalogne. Jean Térès pritune partactive au procès de canonisation de saint Raymond de Pennafort. A la suite d'une commission apostolique, il fit, en 1596. la reconnaissance du corps de ce bienheureux, Le 25 décembre 1602, Philippe III confia à l'archevêque de Tarragone la charge éminente de vice-roi et de capitaine-général de Catalogne. Sous son gouvernement. il autorisa, le 24 mai 1603, la ville de Perpignan à frapper pour mille ducats de menuts en billon.Jean Térès n’exerça pas longtemps les hautes fonctions de la vice-rovauté en Catalogne. La mort le frappa à Barcelone, le 10 juillet 1603. Son corps fut transféré à Tarragone et inhumé dans la cathédrale de cette ville. Les restes de Jean Térès reposent dans un magnifique mausolée en marbre blanc qu'on a élevé dans la muraille qui relie les deux chapelles de saint Fructueux et de saint Jean. Sur le frontispice de ce monument funéraire on a gravé deux épitaphes en caractères dorés qu'on lit respectivement de chaque côté du sarcophage. La première inscription qu’on distingue du côté de la chapelle de Saint-Jean, porte :

Johannes Teres patria Verdu litteris, mo

ribus, honoribus Clariss. eps. Marroch.

Elenen. Dertusen. Archiep. Tarracon.

Cathaloniæ prorex et capitan. gener.

Prœæsul pientiss. præses sapientiss. prin

ceps humanis. Obiit Barcin. VI idus ju

ii an MDCNI

La seconde légende, du côté de la chapelle de saint Fructueux, est ainsi conçue :

Joan. Teres cathalan ex canonico pæni

lentiario Tarracon. ad ecclesiam Mar

roch. Elnen. Dertusen. ac Tarracon.

erectus, Pro regis ac capitan. general.

Cathalon. oflicio fungens. totius Provin

ciæ damno nobis eripitur VI idus julii MDCUHE . œtat . LXIV.

On conserve dans la cathédrale de Tarragone une toile reproduisant les traits de Jean Térès. Ce tableau représente le prélat, en grandeur naturelle, revêtu du rochet et de la mosette. Jean Térès est encore l’auteur d’un ouvrage inédit avant pour titre : Descripcion de la metropoli de Tarragona, ÿ de su ar:obispado.

Archives des Pyr.-Or.. B. 380, (G. 24, 240, 258. 396, 589, 808, 1029. — TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. — ViLLaANtEVA, Viaje literario a las iglesias de España, t. XX. — Puiccau, Catalogue biographique des évêques d'Elne.

TERRASSA (Pierre), de Collioure. fut patron (on dirait de nos jours « capitaine au long cours ») ou commandant du navire appelé le sanctus Johannes qui sillonna la Méditerranée en tous sens, durant la seconde moitié du x1v' siècle. « Ce Pierre Terrassa, vrai loup de mer, dit M. Pierre Vidal, était un important personnage : il jouissait d’une grande considération dans la comimune de Collioure, qui l'avait

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