TORRALBA — TORRES
Erasme et André Semperi. La première édition de cet ouvrage fut accompagnée de commentaires en langue castillane. Lorsque l'Université eut été transférée à Cervera, Jean Torrella fit paraitre une seconde édition de son ouvrage et les notes explicatives furent rédigées en langue catalane. Le manuel de Jean Torrella fut enseigné durant tout le xvmr siècle à l'Université de Perpignan. Le jésuite Descamps mit au jour, en 1678, une nouvelle édition de ce livre. Voici en quels termes il appréciait l'ouvrage : « Petit en la quantitat, pero gran en la calidat, y materia en la brevedat, y claritat en la disposicio ».
ToOoRRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes.
TORRELLES (Antoine de) exerça la charge de viguier de Cerdagne sous le règne de Martin I”, roi d'Aragon.
Archives des Pyr.-Or., B. 253.
TORRELLES (Raymond de) avait le commandement de la châtellenie de Bellver, à la suite de provisions que Île roi Martin [° lui avait octrovées.
Archives des Pyr.-Or., B. 292.
TORRELLES (Martin-Benoît de), chevalier et seigneur de la Roca-en-Vallès fut à la tête de la chàtellenie de Bellver, sous le règne d'Alphonse V. Il laissa un fils appelé Martin-Jean de Torrelles.
TORRELLES (Pierre de) cut un fils, François, qui coutracta alliance. le #4 juin 1454, avec Françoise de Fenouillet, fille unique et héritière de François de Fenouillel (voir ce nom), vicomte de Roda et de Perellos. De ce maïiagwc naquirent deux fils, Jean et François, et deux filles, Aldonse et Agraïde. Celleci unit ses destinées à Martin de La Nuça. (Cf. l'article historique inséré sous ce dernier nom; il donne la liunée de la maison de Torres).
Abbé J. Carrizze, Elude historique sur Millas.
TORRELLO (Alphonse de), chirurgien de Perpignan, collabora. avec François Servent. à la publication catalane de la chirurgie d'Argilata, qu'ilavait préalablement corrisée.
Hexny, Histoire de Roussillon.
TORRES (Damien), fondeur de cloches à Per pignan, épousa Barthélemine er 1536. Il se porta caution, Île 2 janvier 1347, pour les fondeurs Arnaud Estari el Pierre-Guillaume Fav. Ileut une fille appelée Antoinette-Anne qui fut baptisée le 19 mars 1549.
PazusrRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
TORRES — TRAGINER
TORRES (Benoît de) prit possession de l’abbaye de Saint-Génis-des-Fontaines, le 8 septembre 1533. Ce prélat ne fit son entrée solennelle dans le monastère que le 17 décembre 1584, et administra l'abbaye jusqu'au 23 août 1586. Il fut alors placé à la tête du couvent de Saint-Jean de Paris, puis reprit la direction de Saint-Génis-des-Fontaines, le 10 juillet 4601. Diego, religieux bénédictin de Montserrat, recueillit sa succession le 24 mars 1604; mais Île 7 juillet de cette même année, Benoît de Torres fut réélu abbé de Saint-Génis-des-Fontaines. Jacques Calbis le remplaça le 7 mars 1606.
Gallia christiana, t. VI, col. 1107-1108.
TOUFFAILLES (Raymond de) possédait la seigneurie d'Huyteza dans la première moitié du xiv° siècle. Il épousa Esclarmonde qui lui donna deux enfants: Jaubert, sacristain de Corneilla-du- Conflent, élu prieur du monastère le 27 juillet 1348, et Raymonde qui ayant contracté alliance avec Grimaud d’Avellanet, juriste de Codalet, apporta en dot à son mari la seigneurie d'Huyteza. |
PALUSTRE. La seigneurie d'Huyle:a, dans la lievue d'hisloire el d'archéologie du Roussillon, t. IN.
TOURRET (Jules - Marie - Louis - Gaston) naquit en 1851. Après de bonnes classes commencées au lycée de Rouen, continuées au collège de Vaugirard et couronnées à la maison d'études de la rue des Postes, à Paris, il entra au ministère des finances. Il s'’associa à plusieurs œuvres catholiques, fit des conférences d'histoire religieuse et ecclésiastique aux jeunes gens des Cercles catholiques et inséra plusieurs articles dans diverses revues, en particulier dans la Revue catholique des instilulions el du droil, la Revue archéologique, le Bulletin des antiquaires de France et les Annales de Philosophie chrélienne. Sa santé s'affaiblissant, Tourret dut quitter Paris et chercher dans le Midi de la France un climat plus doux. Il se rendit à Cannes où il fut nommé receveur des douanes. $Se sentant de l'attrait pour l'état ecclésiastique, Tourret entra au Grand-Séminaire de Perpignan,ie {"octobre 1882.11 x demeuraquatreans, suivant les cours des sciences ecclésiastiques etreçut successivement la tonsure et les ordres mineurs. Il publia en 1885 dans le XLVI volume des Mémoires de la Sociélé nalionale des antiquaires de France, un travail remarquable sur les Anciens missels du diocèse d'Elne. Tourret revint à Paris dans les premiers jours de l'année 1886 el mourut dans cette ville le 25 mars ISSU.
Semaine religieuse de Perpignan, année 186.
TOUS (Alphonse de), aragonais. pourvu du doctoral en décrets, était chanoine de la cathédrale de
Barcelone. lorsqu'il fut appelé par Benoît XIII au siège épiscopal d'Elne, le 15 mai 1409. Pierre de Luna se trouvait alors à Perpignan, présidant Îles séances du Concile qui se tenaient dans l’église de la Réal. La bulle de nomination d’Alphonse de Tous à l'évêché d'Elne fut expédiée de Perpignan. Ce prélat recueillit sur ce siège la succession de François d'Eximenëés. patriarche de Jérusalem, recommandable par la science, la sainteté et les œuvres. La mort l’avait frappé le 23 janvier 1409. Alphonse de Tous administra le diocèse d’Elne durant une seule année. Le 23 mai 1410, Benoît XIII le transféra à Vich. Il prit possession, par procureur, de son nouveau siège, le 4 juin suivant. Martin [°, roi d'Aragon, étant mort sans laisser d’héritier direct, plusieurs prétendants revendiquèrent leurs droits à la couronne. Üne assemblée composée de prélats, de nobles et de chevaliers de Catalogne se tint à Barcelone, et Alphonse de Tous fut nommé membre de la Commission qui débouta les chevaliers « de parage » des prétentions qu'ils émettaient, en voulant constituer une classe distincte des autres membres de la noblesse. Le 21 avril 1412, d'accord avec le chapitre de sa cathédrale, Alphonse de Tous unit sept bénéfices aux sept plus anciens canonicats de Vich. Le 14 juillet 1416, il assista au Concile provincial de Barcelone auquel avaient été convoqués les derniers prélats fidèles à la cause de Benoit XIII. On décida de recourir à l'intervention d’'Alphonse V qui, contrairement à leurs vues, envoya desambassadeurs au Concile de Constance et se détacha absolument de l’obédience de Pierre de Luna. Alphonse de Tous mourut à Vich, le 3 février 1421.
Conrad Eubez, Hierarchia catholica medit œvi — Juan-Luis DE MOXCADA, Episcopologio de Vich, t. I.
TRAGINER (Raymond), négociant de Collioure, possédait un navire sur lequel il faisait le commerce avec le Levant, sous le règne du roi d'Aragon, Martin [”. Il afferma les leudes et les revenus de Collioure, de concert avec Bernard Jou, Jean de Mas Guilhem, Georges Andreu et divers autres associés. Raymond Traginer fut aussi lieutenant du procureur royal à Collioure.
Archives des Pyr.-Or., B. 18%, 201, 247.
TRAGINER (Raymond) était marchand de Perpignan en 1466.
Archives des Pvr.-Or., E. (Fitres de famille), 760.
TRAGINER (Jean), marchand de Perpignan, fut consul de cette ville en 1479. IT éleva au cloitre de Saint-Jean de Perpignan une chapelle en l'honneur de saint Vincent et laissa deux fils Jacques et Jean.
Archives des Pvr.-Or., OS, 411, G. 247.
TRAGINER (Jean), bourgeois de Perpignan en 1513 et en 1515, est inscrit au nombre des propriétaires du ruisseau dit de Notre-Dame du Pont de cette ville. Il épousa en 1527 Jeanne, fille de Jérôme Traginer, veuve de François Pallès.
Archives des Pyr.-Or., B. 348, 420, E. (Titres de famille), 760.
TRAGINER (Barthélemy), bourgeois de Perpignan, avait déjà épousé en 1525, Jeanne-Marguerite Agosti, fille de François Agosti, mercader de cette même ville. |
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 760.
TRAGINER (Antoine), bourgeois de Perpignan, testa en 1545 et laissa son héritage à son fils Louis, né en 1540 et à sa fille Catherine, née en 1542. Louis Traginer qui, à son tour, testa en 1571, avait alors pour fils Jean-François-Christophe Traginer.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 760.
TRAGINER (Jacques), bourgeois de Perpignan, testa en 1564, instituant pour héritier son frère Joseoh. Celui-ci mourut à son tour au mois d'août 1605, laissant ses biens à son autre frère Clément. Ce dernier le suivit quelques jours après dans la tombe (15 septembre 1605). Comme il ne laissait pas de descendance, il légua son patrimoine à sa sœur Marguerite, domiciliée à Pia. Le 26 mars 1606, Marguerite Traginer mourut et fit héritier universel Jérôme de Béarn.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 560.
TRAVI (Baptiste de), issu d'une famille noble et commerçante de Gènes, se fixa dans le Vallespir, vers la fin du xv’ siècle etse livra à l’industrie métallurgique. Le 10 décembre 1497, le procureur royal du Roussillon lui accorda le droit de faire des coupes pour l'usage des forges et des défrichements dans les montagnes de la vallée de Prats-de-MoH6. Baptiste de Travi et sa famille exploitérent aussi les gisements miniers du mont Canigou, qui étaient établis sur le versant et sur le territoire de l’abbaye de Saint-Martin. Le 15 novembre 1508, Baptiste de Travi vendit au grand-prévot de ce monasière une forge sise à Vernet devant l'établissement des bains. Le 12 juillet 1511, un acte fut conclu par lequel « donation d’une forge de fer élablie à Vernet au lieu dit {a Scalera, ainsi que de ses dépendances, était effectuée par l'abbé et le couvent du Canigou en faveur d'Ambroise de Travi, génois, maitre des forges et habitant de Vernet ». Baptiste de Travi qui possédait des mines en Vallespir, sur le territoire de Labastide, de Batère et de Prats-de-Mollô aliéna, le 45 novembre 1518, une forge à Jacques Sirach, abbé de Saint-Martin. Après le Trailé des Prvrénées,
TRAGINER — TREGURA
Antoine de Travi et Montagut habitait Palau en Cerdagne : comme tel il donna a collogui 250 têtes de bétail à Pierre Scalaix, en 1663. IL mourut à Gorguja, annexe de Llivia. Sa veuve, Marguerite de Travi et d'Oriola fit son testament en 1688etnommaexécuteurs testamentaires, François d'Oriola, bourgeois honoré de Perpignan et son fils François d’Oriola, lieutenant au régiment royal Roussillon-Infanterie. Celui-ci épousa Isabeau Féliu et résida à Perpignan. En 1707, il afferma une métairie au nom de sa femme, dont il se déclara l’usufruitier, à Sébastien Raba, pagès de Torreilles. Antoine de Travi fut régent intérimaire de la viguerie de Cerdagne au xvmr siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 416, 418, 419, C. 897, E. (Titres de
famille), 762. — Abbé J. CaPEiLE, Fernel-les-Bains, la commune, la cluitellenie, les thermes.
TREGURA (Jaspert de) exerçait, en 1356, l'office d'assesseur du Gouverneur du Roussillon, auquel Pierre te Cérémonieux l’avait nommé pour un espace de cinq années. Il était conseiller et promoteur de Ja Cour royale, lorsqu'il acquit la baronnie de Paracols. Jaspert de Trégura mourut sous le règne de Pierre le Cérémonieux, puisqu'’à la suite de son décès, ce prince lui donna Jacques de Monell comme successeur à la charge d'assesseur du Gouverneur du Roussillon.
Archives des Pyr.-Or., B. 100, 105, 110, 121, 133, 153.
TREGURA (François de), damoiseau, « est déjà mentionné, au rapport de Bernard Alart. en 1373, à Perpignan. Le 27 juillet 1382, en qualité de seigneur de la baronnie de Paracols, 1l accordait à Sibille Guila, du village de Coma, le droit de tenir en défens toutes les mollères qu'elle possédait au territoire de Coma, sous le ban iniposé ou accoutumé par la cour du dit lieu. Cet acte prouve que le nouveau seigneur possédait ce village aux mêmes conditions que Pons de Caraman ; car, dans la concession de 1304, le roi Jacques avait réservé aux habitants d'Eus le droit de pacage et de boïisage sur tout le territoire de Coma, à l'exception des devèses particulières des habitants de ce dernier village. »
Archives des Pyr.-Or.. B. 132, 167, 190. — Aranr, Notices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1° série.
TREGURA (Jaspert de), chevalier, obtint, du roi Jean ![* d'Aragon, concession à vie de la châtellenie du Château roval de Perpignan, sur la démission de Bérenger d'Ilostalrich. Pierre d'Enveig, scigneur du lieu d'Enveig n'avant point fait acte de vasselage à son suzcrain, le roi d'Aragon, après le décès de son père Guillaume d'Enveig, vit ses fiefs confisqués ct attribués à Jaspert de Trégura; mais le 14 juillet 13935. Jean [leva la saisie et mit de nou-
TRÉGURA
veau Pierre d'Enveig en possession de ses domaines et de ses privilèges. Par un acte dressé à Puycerda, le 19 novembre 1406, le procureur royal Dalmace de Biert accorda autorisation aux chevaliers Pierre et Romeu d'Enveig, père et fils, d'engager à Jaspert de Trégura les revenus et les droits qu'ils tenaient en fief pour le roi sur les lieux d’Ur et Floryÿ. La reine Marie, épouse et lieutenante du roi Martin [°° d’Aragon, écrivit une lettre à Jaspert de Trégura pour lui ordonner de renforcer la garnison du Château royal de Perpignan. Cette princesse ayant appris que le comte de Foix se disposait à envahir le Roussillon, prescrivit à Jaspert de Trégura d'ajouter quatorze servants aux six qui composaient jusque-là la garnison du Château royal de Perpignan. La reine Marie ordonna, en outre, à Jaspert de Trégura de ramener sans retard au Château royal l'artillerie des ginys que le roi Jean 1° en avait tirée pour le siège de Torroella de Montgri. À la mort de Jaspert de Trégura, Martin [| nomma à l'office de châtelain du Château royal de Perpignan, François de Çagarriga qui remplissait alors la charge de conseiller et camerlingue de Martin, roi de Sicile.
Archives des Pyr.-Or., B. 1343, 160, 163, 155, 192, 210. — Abbé J. CaPEILce, Le chateau et la baronnie d'Ur.
TRÉGURA (Jaspert de)« était,dit Bernard Alart, viguier de Conflent et de Capcir, le 19 décembre 1390, et en 1392 ; mais nous ne lui connaissons pas letitre de seigneur de Paracols avant le 19 juin 1408. Il n’était alors que simple damoiseau, et deux ans après il porte le titre de chevalier. Il figura longtemps à la cour de Pierre de Fonollet, vicomte d'Ille et de Canet, qui mourut en 1423 et nomma Jaspert parmi ses exécuteurs testamentaires. Le baron de Paracols avait épousé (avant 1406) Marguerite, fille de Pierre de Vivers, damoiseau de Clayra, et nièce de Johana, épouse de Guillem Jorda, seigneur du Boulou, qui l'institua son héritière universelle par son testament du 1° juillet 1410. La succession de dona Johana élait surtout située au territoire des lieux de Saint- Féliu, dont le seigneur, Pierre de Fonollet, en souvenir des ancêtres de Marguerite, et aussi en considération de ce qu'elle avait longtemps vécu dans la maison des vicomtes d'Ille, d’où elle n'était sortie que pour se marier, lui fit remise de tous les droits de succession qu'elle aurait dù lui payer (20 février 1415). Le 23 juin 1429, Jaspert de Trégura obtint aussi de Pierre du Vivier, pour lui et pour ses héritiers, possesseurs de la forge de fer ou moline du lieu de Campome, le droit d'afforesler dans les bois dits de Salvanera aux territoires de Montfort et d'Ossères. Le 6 mai 1441, François de Fenouillet, vicomte de Roda et de Perellos, donna le château, la tour et le village de Perellos, avec toute juridiction, à son cou-
sin, le chevalier Jaspert de Trégura, moyennantune paire d’éperons dorés et une paire de paons. Le chevalier Jaspert est encore cité par les documents, le 17 avril 1453, mais l’époque de sa mort nous est inconnue, et il y a lieu de croire qu'il laissa deux fils, Pierre et Jaspert, dont l'aîné lui succéda à Paracols, vers l’époque de l'occupation des comtés de Roussillon et de Cerdagne, par les troupes de Louis XI. »
ALART, Volices historiques sur les communes du Roussillon, 1" série.
TRÉGURA (Pierre de), fils aîné du précédent, seigneur de Molitg et de la baronnie de Paracols, portait le titre de Lieutenant du Gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne, dans un acte daté du 22 juin 1469, par lequel un habitant d'llle, appelé Jean Gros, élargi des prisons de Prades, promettait de ne point s'éloigner de Molitg, sans la permission du seigneur du lieu. « Pierre de Trégura, raconte l'historien Alart, comme la plupart des seigneurs roussillonnais, avait embrassé le parti de la France ; sa fille épousa un officier français, et luimême, avec son titre de Lieulenant du Gouverneur, n'était qu'un capitaine, chargé d'organiser et de maintenir, à Prades et dans la région environnante, l'occupation armée de Louis XI... Son fils, Jean de Trégura, qui lui avait succédé. mourut sans postérité, avant l’an 1487. Sa succession revint à sa sœur, Jeanne de Trégura. qui, dans un acte du 29 octobre 1487, se dit fille de Pierre de Trégura et d'Eléonorc, son épouse. Après la mort de Bertrand du Beauregart, son premier mari, Jeanne avait épousé Jorda de Marça, donzell de Corneilla-de-la-Rivière, qui fit son testament à Catllar, le 23 juin 1501. Jeanne de Trégura, qui s'était toujours réservé le titre de baronne de Paracols, mourut vers l’an 1505, et sa
- Succession revint, par indivis, à son proche parent,
Ange de Vilanova, donzell de Millas. alors domicilié à Saint-Féliu-d'Amont,. et à sa cousine, Anna de Trégura, fille du donzell Jaspert de Trégura, que nous croyons frère cadet de l'ancien capitaine de Prades, Pierre de Trégura. »
ALART, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 1" série.
TRÉGURA (Jaspert de), damoiseau, domicilié à Ille-sur-Tet, vendit, le 6 novembre 1482, le lieu et château de Perellos, avec ses dépendances, au chevalier Guillaume de Gleu, seigneur des lieux de Gleu et de Durban, moyennant la modique somme de soixante-dix livres. Jaspert de Trégura avait épousé Marguerite de Banyuls, héritière de la noble maison dite d'/lle, dont il eut une fille unique du nom d'Anna, mariée vers l’an 1496, au damoiseau
So
630 TRÉGURA — TREMULLAS
Jean de Çanespleda, seigneur de Cuxus, au pays de Fenouillèdes. Jaspert de Trégura se retira sur ses vieux jours, à Barcelone. où il vivait encore en 1511. « La suceession de Jeanne de Trégura-Marça, dit Alart, donna lieu à quelques discussions entre Anna, fille du damoiseau Jaspert, d’une part, et noble Jean de Vilanova qui parlait au nom de son fils, Ange ou Angelot, dont il faisait remonter les droits aux substitutions contenues dans les dernières volontés du chevalier Jaspert. Selon lui, Pierre de Trégura était mort ab inlestat, ou son testament, s'il en avait fait, n'avait aucune valeur. Enfin, par acte du 19 juin 1505, Jaspert de Trégura, au nom de sa fille, et Jean de Vilanova, comme tuteur de son fils, convinrent de s’en rapporter à l'arbitrage du damoiseau Roger Garriga, du docteur Jean Salvetat, de Jean de Malorgues et de François de Çanespleda, qui décidèrent que la succession de Pierre de Trégura, comprennant la baronnie de Paracols, demeurerait indivise entre Angelot de Vilanova et Anna de Trégura-Çanespleda, leur vie durant. Anne de Trégura mourut avant l'an 1530, et son mari, Jean de Çanespleda, qui, dans un acte de 1531, se dit usufruitier de tous les biens qui avaient appartenu à dame Anne, son épouse, mourut peu de temps après, laissant un fils du nom de Roger qui vivait encore en 1543. »
Archives des Pyr.-Or., B. 323, 417. — ALanr, Notices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1° série.
TRÉQURA (Pierre), humble menuisier de Perpignan, reçut, du roi Ferdinand I‘, des lettres par lesquelles il fut nommé, le 5 mars 1414, maître des machines de guerre dans tous les états d'Aragon. Cette haute distinction dont fut l'objet Pierre de Trégura témoigne de sa supériorité dans l’art de la construction des machines de guerre, propres à abattre les remparts, les murailles et les boulevards réputés inexpugnables. Ferdinand 1° avait spécialement requis Pierre Trégura auprès de lui, lorsque ce premier faisait le siège des châteaux de Loari et de Balaguer, défendus par Jacques, comte d'Urgell, prétendant à la couronne du royaume d'Aragon. Entre autres engins d'artillerie funestes aux assiégés, Pierre Trégura avait construit, au péril de sa vie, un appareil qui, en peu de temps et à l’aide de quelques décharges seulement, avait non seulement anéanti tous les moyens offensifs et détensifs de l’ennemi, mais encore avait totalement démoli les remparts. Pierre Trégura avait facilité, avec la même habileté, la conquête de Lacroix en Ribagorça. La prise d'eau du ruisseau de Las Canals ayant été détruite par une inondation, la reine Marie décida, en 1423, quil serait moins dispendieux d'en établir une nouvelle que de réparer l’ancienne. Les travaux furent confiés à Pierre Trégura. On se mit à l'œuvre
le 5 mai 1423, et deux ans après le ruisseau amenant la dérivation de la Tet depuis Ille-sur-Tet jusqu'à Perpignan était terminé. L'eau fut mise dans le nouveau ruisseau royal, le lundi 23 avril 1425 et elle n'arriva à Perpignan que le samedi 5 mai, vers les neuf heures du soir. Pierre Trégura remplit aussi l'office de maïtre de hâche et de garde, nourricier et panseur des paons du Château majeur de Perpignan, sous l'administration de la reine Marie et sous le règne d'Alphonse V.
Archives des Pyr.-Or., B. 202, 204, 226, 228, 247, 253, 267, 268.
TREMES (Antoine), fondeur de Perpignan, exerçait sa profession dans cette ville en 1543.
Pazusrre, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais,
TREMULLAS ou TREMUJAS (Lazare), sculpteur catalan, originaire de Villefranche-del-Panadès, a beaucoup travaillé en Roussillon. Il a doté de retables un certain nombre d'’églises ou chapelles du diocèse d’Elne. Le 19 septembre 1643, il passa un contrat avec Pierre Ciuro, pagès de Camélas, au sujet d’un retable qu'il devait construire pour l'autel de la Conception de Marie. dans l'église paroissiale de cette localité. Le 30 octobre suivant, il s’offrit à faire le retable de la chapelle du Rosaire du couvent de Saint-Dominique, qu’on voit de nos jours dans le transept de droite de l'église Saint-Jacques à Perpignan. Cette œuvre d'art coûta la somme de trois mille livres, monnaie de Perpignan. C'est un monument dont les proportions sont considérables : 8 mètres de hauteur environ sur 7 mètres de largeur. Il contient quinze panneaux reproduisant les mystères joyeux, douloureux et glorieux du Rosaire. Tous les personnages se détachent en relief. Dans le courant du mois de juillet 1791, le retable du Rosaire fut transféré de la chapelle désaffectée des Dominicains, dans l’église Saint-Jacques de Perpignan. Le 21 janvier 1644, Lazare Tremullas conclut, avec les fabriciens de Correilla-de-la-Rivière. un marché par lequel il s'engageait à faire le maître-autel de l'église paroissiale de cette localité. Ce monument n'était pas encore achevé en 1648. Le 8 mars de cette année-là, une délibération du conscil général de cette commune désigna divers habitants pour quêter en faveur du retable en construction. En 1644, Lazare Tremullas prit la commande du retable qui devait garnir la chapelle du Christ, à l'église de Canet. Trois ans après, il avait terminé ce travail. Le soin de peindre le retable fut confié, en 1647, à Pierre Guadan ya, artiste de Perpignan. Le 25 octobre 1644, Lazare Tremullas conclut, avec la communauté des habitants de Camélas, un marché par lequel il s’engagea à ériger le retable de saint Fructueux,dans le sanctuaire de leur église paroissiale. Cet artiste
TRESSAN — TRIQUERA
traita, le 30 janvier 1649, avec Pierre Violet, recteur de Latour-bas-Eline et des habitants de cette localité, au sujet de la façon dont il devait fabriquer le retable de l'autel de Saint-Jacques, dans leur église paroissiale. Ce travail coûta la somme de six cents livres. En 1649, Lazare Tremullas agrandit le maîtreautel dédié à saint Joseph, dans la chapelle du couvent des Carmes déchaussés, à Perpignan. La même année, le supérieur François de Sainte-Thérèse confia à Luc Guadanya la dorure d’une partie de ce retable, pour le prix de trois cent vingt livres, monnaie de Perpignan. La dorure de la corniche fut confiée, l'année suivante, à un autre artiste, Gabriel Clavaria. Le 10 novembre 1649, Thomas Mundi, curé d’Espirade-l’Agly, chargea Lazare Tremullas de sculpter, pour son église paroissiale, deux statues représentant, la première, l'Assomption de la Vierge escortée de quatre anges et la seconde, saint Gaudérique, patron des laboureurs du Roussillon. Lazare Tremullas traita, le 27 novembre 1650 avec les consuls de Clayra qui le chargèrent de la fabrication d'un retable dédié à saint Gaudérique, pour l'église de leur paroisse. Cet artiste avait aussi fait un saint Sébastien pour l’église d'Ille. Le 28 avril 1654, Louise d’Ardena, comtesse d’Ille, chargea François Alba, orfèvre de Perpignan, de reproduire en argent la réplique de cette statue. « En 1654, écrit M. Vidal, Tremullas prit la commande du retable de saint François de Paule, pour l’une des chapelles du couvent des Carmes déchaussés de Perpignan. Il mit deux ans à l’exécuter.Mais les obrers ou recteurs de cette chapelle y firentajouter d’autres sculptures. Les obrers passèrent donc un nouveau traité avec Tremullas le 30 janvier 1656.Mais ce dernier mourut un an environ après, et sa femme, Marie-Angèle, céda le travail à Louis Janeras ou plutôt Generès, avec mission de le terminer ».
Archives des Pyr.-Or., G. 740, 751, 767, 774, 7S0, 391, 802. — P. Vina, Jlisloire de la ville de Perpignan.
TRESSAN (Pierre-Philippe Peironel du) fut nommé Intendant de la province de Roussillon, le 21 octobre1773, en remplacement de Louis-Guillaume de Bon qui avait quitté cette charge le 23 juin précédent. Pierre-Philippe Peironel du Tressan mourut le 7 avril 1774. Au mois de juillet de cette même année, Jean de Clugny lui succéda.
Archives des Pyr.-Or., C. 1508.
TRINYACH (Jacques - Antich), issu d'une ancienne famille de marchands de Perpignan. fut créé bourgeois de cette ville, par une ordonnance de Charles-Quint. Il était déjà décédé en 1561, et sa veuve Constance, qui testa en 158$, institua son fils François pour son hérilier:universel.
Archives des Pyr.-Or., B. 354, E. (Titres de famille), 760.
TRINYACH (François), fils du précédent, reçut, de Philippe III, un titre qui lui accorda les privilèges nobiliaires dont jouissaient les citoyens honorés de Barcelone. François Trinyach laissa un fils du même nom que lui. Celui-ci mourut à Perpignan, le 29 juillet 1639, fut inhumé sous la chapelle de la Conception, dans l’église Saint-Jean, et légua ses biens à sa fille unique Mancia, épouse de Salell.
Archives des Pyr.-Or., B. 380, E. (Titres de famille), 766.
TRINYACH (Antoine), de la même famille que les précédents, avait épousé Isabelle Pincart. De ce mariage étaient issus trois fils: Jérôme, Joseph, dont les notices suivent, et Onuphre, mort en basâge. Antoine Trinyach et son fils Jérôme reçurent, de Philippe III, le titre de bourgeois honorés de Barcelone, à l’égal de leur parent François Trinyach.
Archives des Pyr.-Or., B. 380, E. (Titres de famille), 766.
TRINYACH (Jérôme), fils ainé du précédent, contracta alliance avec Louise Sapte, et mourut le 13 rmars 1602, laissant un fils âgé de trois ans, appelé Jean. Le 12 janvier 1616, la veuve de Jérôme Trinyach convola en secondes noces avec Louis Font, bourgeois de Perpignan. Quant à Jean Trinyach, il unit ses destinées à Maciana Alzina et eut d'elle deux enfants: Antoine, décédé en bas-âge, et Françoise qui, étant devenue la dernière héritière de la famille Trinyach, se maria, en juin 1644, à François Pont y de Cadell (voir ce nom).
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 766.
TRINYACH (Joseph), frère du précédent, fut institué héritier de sa mère, en 1611. Il épousa Françoise de Seragut dont il n’eut point de descendance.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 766.
TRIQUERA, instituteur, puis secrétaire de la Mairie de Collioure, a publié : Un épisode inédit de l'annexion du Roussillon à la couronne de France, scènes hisloriques, Echo du Roussillon, 1865, n° 39 et seq. ; Causes de destruclion des anciens monuments depuis l'origine des temps hisloriques jusqu'à la première réunion du Roussillon au royaume d'Aragon, feuilleton du Journal des Pyrénées-Orientales, 1866, n° 14-18. Triquera eut un fils, Louis, qui entra dans l'infanterie de marine. Les hasards de la vie militaire le conduisirent ensuite dans la Nouvelle-Calédonie où il se fixa, à l'expiration de son coaigé. Le gouverneur de celle ile confia à Louis Triquera la gérance du Monileur impérial de la Nouvelle-Calédonie : il l'appela ensuite aux fonctions de sous-directeur du cadastre. Après seize annees de séjour dans les colonies, Louis Triquera se disposait à retourner dans son pays
natal, mais la mort le frappa, le 30 août 1866, à Papaété (Taïti). ;
TRISTANY (Pau!) fut élu abbé de Saint-Michel de Cuxa en 1647, en remplacement de Michel Salabardenya, décédé. Iladministra ce monastère durant l'espace de dix années, au milieu des péripéties et des hostilités qui désolèrent le Roussillon à cette époque. En 1657, l'abbaye de Cuxa fut donnée en commende à François de Montpalau, abbé titulaire de Saint-Etienne de Bañolas.
A bbé For, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
TROBAT (Raymond de) était fils de François de Trobat y de Tria, greffier à la Royale Audience, et de Marie Vinyes. Ün de ses oncles, Joseph de Trobat, était aussi magistrat et doyen de cette cour. Raymond de Trobat se fit remarquer dès 1650 par sa vive intelligence. Il aida Mazarin de ses conseils à Saint- Jean de Luz, en 1659, et fut nommé conseiller au Conseil Souverain du Roussillon, le 10 juillet 1660, lors de la création de ce tribunal suprême par Louis XIV. Un mois plus tard, ce prince institua, en faveur de Raymond de Trobat, une seconde charge d’avocat-général auprès du Conseil Souverain. Les réquisitoires, les harangues, les discours que Trobat prononça au Palais, sont conservés au dépôtdesarchives des Pyrénées-Orientales, sous la côte C. 1407. Le 23 novembre 1676, Raymond de Trobat s'exprima pour la première fois en langue française, dans la salle du Conseil Souverain. Ce jour-là, il y eut affluence au Palais. L'avocat-général parla sur la campagne de 1676 et sa harangue « fut pronuncée avec aprobation et concurs, note le procès-verbal, ayant esté la primière qui a esté pronuncé en ce conseil. » Le 15 février 1663, Raymond de Trobat avait aussi reçu commission d'avocat et de procureur-général du Domaine. Louis XIV ayant confisqué les biens de Joseph de la Nuça, comte de Plaisance, qui avait pris parti pour l'Espagne, fit donation de la seigneurie de Céret à Raymond de Trobat, au mois de novembre 1667. Douze ans plus tard, lorsque Vauban vint dans le Roussillon pour y construire des places fort:s et y élever des fortifications, Raymond de Trobat lui fut adjoint, à titre de contrôleur au point de vue financier. De concert, Vauban et Trobat firent leur tournée dans le Roussillon, et lorsque le célèbre ingénieur militaire du roi Louis XIV s'éloigna de Perpignan, Trobat continua à diriger les travaux de construction, en compagnie de La Motte- Lamire Rousselot et d’autres élèves de Vauban. Trobat fut mème l’auteur du projet qui changea Île lit de la Basse pour conduire directement cette rivière dans celle de la Tet. L'idée de Trobat fut d'abord
TRISTANY — TROBAT
combattue par La Motte-Lamire. Plus tard, elle prévalut et elle fut mise à exécution en 1685. Durant les dix années qui s’écoulèrent depuis 1680 jusqu'en 1690, Raymond de Trobats’occupa de faire construire la Villeneuveetles bastions qui abritent l’église Saint- Jacques. La caserne qui est située sur la Place du Puig fut bâtie en 1686, et l'aqueduc du ruisseau de
Las Canals fut construit, l’année suivante, sur l’em-
placement de l’ancienne porte d'Elne. En 1691, Trobat entreprit le prolongement du Pont de Pierre et la construction d’un canal de Perpignan à Narbonne. En dehors de la charge de directeur des fortifications des places du Roussillon, Raymond de Trobat exerçait, depuis 1681, les hautes fonctions de Président à mortier au Conseil Souverain et d'Intendant de la province. Il avait été nommé à cet emploi, le 4° juin 1685, à la place de Germain-Michel Camus de Beaulieu, à qui Louis XIV venait de confier le contrôle général de l'artillerie de France. Raymond de Trobat acheta à ce dernier son carrosse et sept chevaux avec leur attelage, pour la somme de trois mille livres. Le 18 août 1682, il acquit de Jean Rogier, marchand de la ville d'Aubusson, au prix de deux mille cent livres, une tenture de tapisserie pour la chambre du Conseil Souverain. En 1685, Raymond de Trobat fit peindre le plafond des salles du Palais, et l’année suivante il sollicita, de Louvois, l'envoi « d’une tenture de tapisserie de Gobelin, pour plus facilement faire connaître dans les pays étrangers ces sortes de beaux ouvrages. » En1691,Trobat devint premier président du Conseil Souverain et garda ces diverses fonctions jusqu’au jour de sa mort survenue le 9 avril 1698. Raymond de Trobat avait épousé à Perpignan. le 5 octobre 1661, Catherine Codolosa, veuve de François Coll y Vinyes, äocteur en droit civil et en droit canonique, domicilié à Vich. De leur union naquit, le 9 septembre 1662, une fille appelée Marie-Anne, qui mourut à l’âge de quatre ans, le 9 avril 1666. Inhumé dans l’église de Saint-Jean de Perpignan, le lendemain de son décès, Raymond de Trobat fut enseveli, le 24 septembre 1699, dans la chapelle du collège des Jésuites (Théâtre actuel), sous l'autel dédié à Saint-François de Sales. Son épouse le suivit dans la tombe le 7 octobre 1701. Leur neveu Faust de Langlade fut constitué leur héritier universel, à condition de porter le nom et les armes de la maison de Trobat.
Archives des Pyr.-Or.. B. 401, C. 1407-1428, E. (Titres de famille), 770. — Abbé TornetLes, L'ŒÆuvre de Vauban en Roussillon, dans le XLII° Bullelin de la Societé Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. — Communication obligeante de M. François Anglade.
TROBAT (Joseph de), frère du précédent, docteur en droit, se trouvait à la tête de la paroisse rurale de Sainte-Colombe de Finestret, lorsqu'il fut pourvu
TROBAT — TURQUET
en commende de l’abbaye de Valbonne, en 1665. En 1672, il obtint du Pape la dignité de sacristain au sein du chapitre d’Elne, et le 14 décembre de cette année, Louvois écrivait à l'Intendant Carlier : « Quoique la conduite que le sieur Trobat a tenue en cour de Rome pour avoir des bulles de Sa Sainteté pour la sacristie majeure de l'église cathédrale d'Elne, dont il avait obtenu les provisions du Roy, à cause du droit de serment de fidélité, ne soit pas bonne, néantmoins il la faut dissimuler. attendu qu’il a toujours jusques icy bien servy sa Majesté. » Le 4 août 1685. Joseph de Trobat fut nommé abbé de la Réal. et le 29 août 1689, il fut transféré à Cuxa. Le 26 mars 1692, cette nomination fut confirmée par le pape.Le nouveau prélat prit possession de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa par procureur, le 31 août suivant. Il fut représenté par san frère Raymond de Trobat, premier président du Conseil Souverain et Intendant du Roussillon. Celui-ci fut reçu parles religieux bénédictins et accompagné par eux à l'église du monastère. Raymond de Trobat s’approcha du maître-autel et, prenant dans ses mains les nappes. il les roula ; il ouvrit un missel et le ferma ; il y lut à haute et intelligible voix ; il sonna une petite clochette : de là, allant au chœur, ils’assit sur le siège de l'abbé et reçat de la main des commissaires les nummos ou plombs dedistribution du couvent; ilserendit enfin à la porte de l’église qu'il ferma et referma. Ce nefutquequatreansaprèscette cérémonie,queJoseph de Trobat put prendre personnellement possession du siège de Cuxa. Il dut, au préalable, entrer dans l'Ordre de Saint-Benoît et recevoir la bénédiction abbatiale. En 1695, et en vertu d'une dispense du Saint-Siège, le Conseil Souverain assista à la cérémonie, durant laquelle Joseph de Trobat postula
om ©
l'habit bénédictin et le prit, commença son noviciat et le finit, fit sa profession et fut béni abbé de Saint- Michel de Cuxa, dans l'espace d’une heure. Joseph de Trobat mourut le 12 septembre 1701 et, après lui, Louis XIV l’abbaye de Cuxa en commende à Jean de Flamenville, évêque d’Elne.
Archives des Pyr.-Or., G. 129. — E. DELaMoNT, Histoire de la ville de Prades. — Abbé For. Histoire de l'abbaye royale de
Saint-Michel de Cusa. — Communication obligeante de M. François Anglade.
TROBAT (Joseph de), religieux bénédictin de Cuxa, remplissait la charge de sacristain de cette abbaye, au moment de la venue de la Révolution française. A ce titre, il élait le premier dignitaire du monastère. Joseph de Trobat refusa de prêter le serment à la Constitution civile et fut expulsé du couvent de Cuxa, le 27 janvier 1793. A près le Concordat, il retourna en France, reprit la vie religieuse et fut élu, le 29 juin 1818, abbé de Notre-Dame de Bordeaux.
Abbé Foxr, /isloire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
TURA (Cécile), peintre de Collioure, exécuta des travaux au retable de l’église de Palalda, en 1660.
Archives des Pyr.-Or., G. 152.
TURQUET (Baptiste), fondeur de Perpignan, passa contrat, le 27 juillet 1607, avec Antich Valls, chanoine de la Réal, procureur d’Alphonse de Cruilles, abbé de Vallbone, pour la fonte d’une cloche pesant trois quintaux et demi, qu'il devait faire porter, à ses risques et périls, dans l'église de ce monastère.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de clorhes roussillonnais.
UBACH (Raphaël), chanoine de Barcelone, fut élu abbé du monastère de Saint-Etienne de Bañolas (diocèse de Gérone), en 1545. Promu au siège épiscopal d’Elne le 27 juin 1555, il en prit possession par procureur le 13 septembre suivant. Ce jour-là même, Raphaël Ubach fut admis au chapitre de Saint-Jean de Perpignan. Ce prélat fit son entrée solennelle dans cette ville le 19 novembre de la même année, avec le déploiement des cérémonies usitées en pareille circonstance. Les chantres de l’église Saint-Jean firent entendre un moteten chant figuré ou en contre-point. La cérémonie fut terminée par le Te Deum laudamus, dont les versets furent alternés en chant figuré et en plain-chant.Le 20 juillet 1555, Raphaël Ubach présida la procession, organisée à l’occasion de la translation des reliques de sainte Polybie, du vieux couvent des Clarisses de Perpignan, au nouveau monastère dit du Palmier, que les religieuses occupaient depuis peu de temps. La cérémonie, qui fut des plus magnifiques, fut rehaussée par un sermon de l'évêque d’Elne. Le 17 novembre 1555, Raphaël Ubach célébra la messe pontificale dans l’église Saint-Jean de Perpignan. Dans l'après midi, il administra le sacrement de confirmation, devant l'autel majeur de cette église, à une multitude énorme de fidèles, de tout àge et de toute condition. Raphaël Ubach étant décédé le 28 août 1556, à quatre heures du matin, on l’enterra le lendemain, au bas du dernier degré du maîtreautel de Saint-Jean. On fit, pour le repos de son âme, le jour de ses obsèques, un service funèbre solennel, qui fut exécuté en chant figuré. Ün sceau de cet évêque, de forme ronde, mesure 0"05 de diamètre. Le centre est rempli par un écusson. sommé du chapeau épiscopal et écartelé: au premier et au quatrième, un échiqueté : au second et au troisième, une étoile à huit rayons, qui parait être celle du chapitre d’'Elne. La légende en capitales romaines porte : + À. Übac, episcopus Elnensis. Loup-Martinez de La Gunilla succéda à Raphaël Übach. après deux années de vacance du siège.
Archives des Pyr.-Or., G. 239. — Pciccarr, Calalogue biographique des évêques d'Elne. — ToLra pe Bonpas, L'Ordre de saint François d'Assise en Roussillon. — Monxrsaivarce, ET obispado
de Elna, t. IL.
ULLASTRE (Dalmace de), commandait la chàtellenie de Ria sous le règne de Pierre III, roi d'Aragon.
Archives des Pyr.-Or., B. 100.
URG (Guillaume d’) chevalier, prit une part active à la conquête des Iles Baléares, entreprise en 1113 par le comte de Barcelone. Ce fut ce paladin qui planta l’oriflamme aux armes de Catalogne sur les murailles de Palma.
A. Puyoz Y* SAFoNT, Hijos ilustres de Cerdaña.
URG (Galcerand Il d’), seigneur de Joch, vivait durant la première moitié du xrr° siècle. Au rapport de l'historien Bernard Alart « la famille d'Urg (prononcez Ourdsch), qui posséda pendant plus de deux siècles la seconde moitié de la seigneurie de Joch, devait certainement son nom au village d’'Urg situé dans la Cerdagne espagnole, sur la rive gauche du Sègre, un peu au-dessous de Vilallobent et en face de Puycerda : mais nous n'avons trouvé aucune trace de château ou de fortifications dans ce village et les documents anciens ne font pas mention d'’unchâteau d’Urg à cette époque. Il est donc fort douteux que la famille d'Urg fut originaire de ce lieu ni qu'elle y eût fait sa résidence primitive: c'était seulement un des domaines de la famille d’Urg, de même que Nahuja, et l’on sait qu'aux xu° et xnr° siècles, dans les grandes familles, il n’y avait guère que le fils ainé qui portât le même nom que son père ; lorsque ce nom se rattachait à une terre, les autres enfants prenaient chacun un nom différent pris dans les domaines de la famille. Nous pensons que la famille d'Urg était une branche cadette de la maison des anciens vicomtes de Cerdagne et de Conflent qui furent, sinon les fondateurs, du moins les principaux bienfaiteurs du prieuré de Serrabona. Ce fut en effet dans les domaines des deux vicomtés que ce monastère reçut ses principales dotations. parmi lesquelles on remarque, dès le milieu du xu° siècle, les deux églises de Saint-Martin de Joch et de Saint- Martin d'Urg. D'autre part, en 1134, lorsquele comte de Barcelone confirma en fief au vicomte de Castellbo la vicomté de Cerdagne. il en excepta expres-
URG
sément « le tiers des domaines de la dite vicomté » que le nouveau vicomte était tenu de délaisser à Galcerand d’Urg, pour le règlement des droits qu'il réclamait. Pareille cession, peut-être même plus importante encore, fut faite sans dceute par le vicomte de Castellbo à Galcerand pour les biens de l'ancienne vicomté de Conflent, et c'est ainsi que s'expliquerait la possession de la moitié de la seigneurie de Joch. Ces faits et bien d’autres qu'il est inutile de mentionner ici, semblent donc indiquer qu'il existait quelquelien de parenté entre la famille d'Urg et les anciens vicomtes de Cerdagne. Quant à la famille d'Anahuja ou Nahuja qui, pendant deux siècles, eut des possessions importantes à Ille, Vilella, Rigarda, Joch, Espira et Estoher, c’est-à-dire dans les seigneuries possédées en Conflent par la famille d'Urg, c'était sans doute quelque branche cadette de la même famille, devant son nom au village de Nahuja, dont la seigneurie appartenait à la famille d'Urg. Galcerand d'Urg n'estplus mentionné, à notre connaissance, après 41134. à moins de la retrouver à la suite du roi Alphonse dans unecharte très corrompue de l’an 1173 sous le nom de Galcerandus de Vico (pour de Urgio). Il est certain d'ailleurs qu’il vivait encore vers cette époque, car on lit dans une sentence de 1265 que le roi Alphonse d'Aragon concéda en fief à Galcerand d'Urg le droit de posséder une fortificalion en terre ou en maçonnerie dans sa seigneurie de Nahuja ».
ALART, La baronnie de Joch, dans l’almanach Le Roussillonnais, année 1879.
URG (Raymond d’: était, au témoignage d’Alart, fils de Galcerand. Il figure, dit cet historien, dans divers documents des années 1188 et 1192. On Île trouve encore à Perpignan avec le roi Alphonse en mars 1194 et nous n'en connaissons aucune autre mention après cette dale. Dans un sirvente écrit après 1193, Le troubadour Bertrand de Born parle de Galcerand d'Urg et de son frère Raymond avec lesquels il était en grandes relations d'amitié:
Gauceran d'Urtz e son frair’ En Raimon Am atretan cum s'eron meg segon.
ALART, Op. Ci.
URG (Galcerand Il d') vécut vers. la fin du x siècle et au commencement du siècle suivant. L'’historien Alart le regarde comme le fils de Raymond d'Urg. « Etait-il le même que l'ami de Bertrand de Born, se demande:t-il, ou bien était-il fils de Raymond? Aucun document ne le dit d'une manière expresse, mais la seconde supposition parait seule admissible. On ne s'expliquerait pas, en effet, que ce personnage, déjà âgé de plus de vingt ans au moins en 1193, ne se fut marié que vers 1230, peut-
être même plus tard, et que son épouse eût vécu jusqu'en 1287. Il est donc probable qu'il était fils de Raymond, dont on ne sait plus rien après 1195. C’est, sans doute, Galcerand d'Urg qui figure à la bataille de las Naves de Tolosa, en 1212, sous le nom de Guillem d'Urso (Galcerand de Urgio?) dans la chronique de Benter. Quoiqu'il en soit, Galcerand d’Urg, appelé aussi quelquefois de Burg dans certains documents est connu depuis l'an 1217 et on le trouve à partir de 1224 comme seigneur d’Ille et probablement aussi de Bula-Terranera, d’Estoher et de la moitié de Joch. Il vécut jusqu’en 1252 au moins, mais la date de sa mort n'est pas facile à préciser, parce qu’il est difficile de le distinguer de son fils de même nom qui lui succéda à Ille. Galcerand avait épousé Blanca de Mataplana, fille de Pons de Mataplana et de Bérengère de Solanllong. Blanca, petite-fille du troubadour Ürg de Mataplana, apportait en dot à son mari l'héritage de cette illustre maison, une des plus puissantes de la haute Catalogne à cette époque. Son mari lui attribua pour douaire la seigneurie de Bula- Terrarera, dont elle jouit depuis la mort de Galcerand, c'est-à-dire depuis 1259 au moins. jusqu’à l’an 1287 ». Galcerand d’Urg et Blanca eurent plusieurs enfants, parmi lesquels on connaît Galcerand, Raymond, Ermengaud, Bernard-Hugues et Béatrix dont les notices suivront.
ra op. cil. — A. Puxoz x SaronT, Hijos ilustres de Cerña.
URG (Galcerand II d’), fils aîné et héritier du précédent, occupa les seigneuries d’Ille, Joch, Estoher, Via, etc. Il était déjà marié en 1261, avec Xatberta de Barbayran, qui appartenait à la famille des seigneurs de Molitg. Il confirma les privilèges des habitants d’Ille en 1279, et il mourut sans doute peu de temps après, car nous n’en connaissons plus aucune mention après cette date et sa fille lui avait déjà succédé en 1282. Par son testament, Galcerand d'Ürg ordonna de vendre la seigneurie de Via et la moitié de celle de Joch pour payer les dettes de son père. Il laissa une fille unique appelée Gueralda qui épousa Arnaud de Cortsavi (voir ce nom).
ALART, OD. cil.
URG (Raymond d’), frère du précédent, reçut en partage les domaines de la Cerdagne avec ceux de la maison de Mataplana, dont sa mère le fit héritier. Partisan du roi d'Aragon après la constitution du royaume de Majorque, ce chevalier pénétra dans l'Ampourdan avec Bernard de Corbère, Ermengaud d'Alénya, Bernard d'Enveig et Bérenger d'En. La troupe de ces seigneurs roussillonnais fit irruption sur le château de Vilariu et le pilla. Ils furent dénoncés au roi de Majorque, Jacques [", par le viguier de
Gérone. Raymond d'Urg prit part à la glorieuse conquête du royaume de Murcie, en 1266. Ce paladin assista encore à la prise de Ceuta, que l’armée catalane de Jacques-le-Conquérant enleva en 1273. Il se couvrit ensuite de gloire dans la Calabre, où il combattit aux côtés de Galcerand de Pinos, durant l’année 1283. Raymond d'Urg accompagna le roi d'Aragon, Pierre IIT. à Bordeaux, où ce prince devait se rencontrer avec Charles d'Anjou, son rival et son compétiteur au trône de Sicile. Il faisait partie de l’'escorte d'honneur, composée de cent chevaliers catalans,'aragonais et siciliens, qui allait se mesurer avec la garde de Charles d'Anjou, égale en nombre. Le combat n'eut pas lieu, car Charles d'Anjou et ses preux ne furent pas fidèles au rendezvous. Raymond d'Urg épousa Esclarmonde, dont la famille est inconnue. Il eut un fils du nom de Hugues, déjà mentionné le 29 avril 1278. Raymond d'Urg mourut en 1297 et sa pierre tumulaire, qui provient sans doute du couvent des Dominicains de Puigcerda. existe dans une petite maison de la rue du Moli de cette ville. On y voit le chevalier défunt ceint de son épée et revêtu d’une colte de mailles, les mains jointes, entouré de prêtres et d'acolytes. Toutes ces figures portent des traces de peinture ancienne. Le cadre porte l'inscription suivante : + ANNO : DNI : M: CC : LXXXX : VII : V :
KLS : IANVARII : OBIIT : NOBILIS : VIR : RUS : DE : VRGIO : DNS : DE : MATAPIL]ANA :
Son fils, Ilugues de Mataplana, épousa Sibille de Pallars, prit les titres de comte de Pallars et seigneur de Berga, et vendit au roi Jacques de Majorque la seigneurie de Bula-Terranera qu'il tenait de sa grand'mère Blanca.
Archives des Pyr.-Or., B. 190, 247. — ALanT, La baronnie de
Joch, dans l'almanach Le Roussillonnais, année 1879. — A. PüuxoL y SAFONT, Hijos ilustres de Cerdarnia.
URG (Jacques d’), frère des précédents, embrassa la carrière ecclésiastique et entra dans les ordres. Il exerçait les fonctions d’archidiacre de Prats, dans la cathédrale d'Urgell, lorsque les membres du chapitre, ses confrères, le désignèrent, par acclamation, le 3 nevembre 1269, comme successeur de Pons de Vilemur, que le Souverain Pontife venait de déposer. Jacques d'Urg fut sacré le 29 décembre suivant, dans la métropole de Tarragone, sede vacanle, par Raymond de Anglesola, évêque de Vich, assisté des évêques de Barcelone et de Tortose. Au mois de mai 1270, ce prélat acheta à l’évêque d'Elne, Bérenger de Cantallops, des champs situés sur le territoire de cette cité et qu'il avait acquis de son prédécesseur Bernard de Berga. Jacques d’Urg assista aux conciles provinciaux de 1273 et de 1279, au cours desquels on résolut de demander au Saint-Siège l'introduction
URG
de la cause de la canonisation de saint Raymond de Pennañfort. Il célébra deux synodes dans son diocèse. Le premier fut tenu le 19 octobre 1276, et les constitutions édictées par ce pontife ont encore force de loi dans le diocèse d’Urgell. Un des successeurs de Jacques d'Urg sur ce siège épiscopal, Vittoria, les renouvela et les fit siennes dans le courant du xvur siècle. Le 21 mars 1286, Jacques d'Urg réunit en assemblée générale les ecclésiastiques soumis à sa juridiction. Le comte de Foix, Bernard, fit la guerre à cet évêque au sujet de la suzeraineté sur l’'Andorre. La querelle se termina, le 8 septembre 1278, par un arbitrage qui associa les deux belligérants dans le gouvernement seigneurial des vallées. Le paréage, qui fut élaboré et édicté en présence du roi d'Aragon, par Jaspert de Botonac, évêque de Valence, un chanoine de Narbonne et un archidiacre de Tarragone, est encore invoqué aujourd'hui comme la base principale du droit public en Andorre. 1l établit le condominium du comte de Foix et de l’évèque d'Urgell dans cette contrée, etaccorda au premier des avantages matériels supérieurs, au second une suzerainelé féodale qu'il faut se garder de confondre avec la souveraineté. Le paréage fut confirmé en 1282 par le Souverain Pontife. Jacques d'Urg assista au Concile provincial qui fut célébré à Tarragone, le 145 mai 1292. Il mourut dans le courant de l’année suivante. Ses cendres furent déposées dans une des deux urnes qui se trouvent à l'extrémité du transept oriental de la cathédrale d'Urgell, à proximité de la chapelle du Saint-Sauveur qu'il avait fait construire de ses propres deniers. Cette urne ne porte aucune inscription.
ViILLANUEVA, Viaje lilerario «a las iglesias de España, t. XI. — A. Puyoc y Saroxt, Hlijos lustres de Cerdaña.
URG (Bernard-Hugues d’), frère des précédents suivit la carrière ecclésiastique. Il était archidiacre d’Elne, en 1287. Le 13 juillet de cette année-là, il contresigna, comme tel, un statut de l’évêque du diocèse, Bérenger de Santa-Fe.qui réduisait à quinze le nombre des canonicats de la cathédrale d’Elne. Bernard-Hugues d'Urg figura au synode qui futtenu par l'évèque Raymond de Costa, le 5 avril 1301. I1 était recteur de l'église d’Ille et il mourut vers 1315.
Archives des Pyr.-Or., G. 169. — Ararr, La baronnie de Joch, dans l'almanach Le Roussillonnais, année 1879.
URG (Béatrix d’), sœur des précédents, épousa Hugues de Saissac. fils et héritier de Pierre, dernier vicomte de Fenouillet. Son fils aîné, Pierre de Fenouillet et d'ÜUrg, acquit plus tard presque toutes les scigneuries de l’ancienne famille d'Urg en Conflent et Cerdagne.
ALAUT, Op. Cil.
URG
URG (Ermengaud d’), frère des précédents, s'établit en Roussillon, épousa Ricsende de Canet et eut, entre autres, un fils du nom de Raymond, seigneur d'Avalri, qui défendit la cité d'Elne contre les croisés français en 1285.
ALART, OD. Cil.
URQG (Pierre d’), damoiseau, eut une fille appelée Arsende, qui épousa, vers 1350, Bérenger de Vivers. À la même époque, Nicolas d'Urg était prévôt de Joch.
Archives des Pyr.-Or., B. 105. 107.
URGQG (Roger d’), damoiseau, vivait au commencement du xv° siècle. Il avait épousé Claire, dont il eut deux fils : Jean, qui prit part à l'expédition du
royaume de Naples, en 1425, en qualité de connétable de dix arbalétriers, soldés par l’évêque d’Elne, Galcerand Albert, et Georges, damoiseau de Canohès, qui partit pour cette même campagne militaire, amenant avec lui trois chevaux.
Archives des Pyr.-Or., B. 237, 239, 257, 268, G. 172.
URG (Pierre d’), damoiseau de Saint-Cyprien, suivit le roi Alphonse V dans la guerre du royaume de Naples et fournit à l’armée du roi d'Aragon un contingent de quatre chevaux.
Archives des Pyr.-Or., B. 268.
URGQG (Louis d’)}, damoiseau, était domicilié à Florensac, dans le diocèse d'Agde en 1494.
Archives des Pyr.-Or., G. 222.
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VALANT (Honoré-Joseph-Bonaventure) vit le jour à Perpignan, le 20 janvier 1763. Le surlendemain de sa naissance, il recevait le baptême, dans l'église de la Réal, des mains de Pierre Benézet, chanoine et curé de la paroisse. De race pléhéienne — son père était menuisier, — Valant suivit cependant comme externe les cours du collège Saint-Laurent de sa ville natale. On sait que durant la seconde moitié du xvir siècle, des prêtres séculiers donnèrent l’enseignement secondaire à la jeunesse perpignanaise, à la place des jésuites expulsés. Un d’entre eux, l’abbé Verdier, mathématicien de renom, voua à Valant une affection toute spéciale. D'ailleurs, son application et son amour pour l'étude l'avaient fait bientôt remarquer. Ses nombreux succès donnèrent les plus grandes espérances à ses parents. A l’âge de vingt ans, Valant professait à Aix dans une maison d'éducation dirigée par des Doctrinaires ; en 1785, il se rendit à Paris. Il occupait une chaire de littérature dans un collège de la capitale, lorsque la Révolution éclata. Il adopta franchement ses principes et, pendant la Terreur, il faillit être victime de son dévouement à la liberté. En 1794, après le 9 thermidor, il fut chargé par une commission sortie du sein de la Convention nationale, de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses complices. Il devint secrétaire de Merlin de Douai, ministre de la Justice.
Valant profita de l'influence que lui créait sa posi-
tion à Paris, pour seconder de tous ses efforts la fondation à Perpignan d’une école centrale. Ses aptitudes pédagogiques le désignant pour être plutôt à la tête d'une école qu'en sous-ordre dans les bureaux du ministère, il fut nommé, en l'an V, directeur du Lycée de la Jeunesse. Plus tard, il fonda l’A/hénée de la langue française, dont Cambacérès était le président honoraire, et qui comptait pour correspondants plus de dix-huit cents savants de l’Europe. Valant avait entrepris de traduire Télémaque en vers fran- Ççais. On a encore de lui: Epitre à Louis XVI, 1791, in-8° ; De la garantie sociale considérée dans son oppolion avec la peine de mort, imprimé par ordre de la commission des Onze, 1796, in-8° ; Le Cosmèle ou l'A mi de l'instruction publique, 1798, in-8° ; Code moral pour servir à l'instruclion de la jeunesse, 1799, in-12 ;
Abrégé du code moral, 1799, in-12; Les mûânes de Lamoignon de Malesherbes, ode suivie d’un extrait de ses pensées mises en vers, 1803, in-8° ; Leltres académiques, 1811-1812, in-8° ; les mêmes précédées de l'Education du poète, poème imité de Vida; Cri du peuple français, présenté le 8 juillet 1815, au duc de Wellington, à Saint-Denis ; A/ymne pour la fêle de Saint-Louis, 1817, in-8° : llenri IV renaissant de sa gloire, poème ; Nouveaux essais sur la peine de mort. suivis d’un discours en vers sur le meurtre public; Dans l’A{manach des Muses de l'an V, on trouve de lui, une Epitre des dames romaines au général Bonaparte. Les poésies de Valant, dit un critique qui ne manque pas d'esprit et de bon goût « sont pleines de sentiment ; son érudition, nourrie de la lecture des anciens était vaste et sa mémoire prodigieuse ». Sa société était recherchée ; il était aussi lié d'amitié avec diverses célébrités littéraires ou politiques de son époque, Dupuy, Sauvages, le comte de Lanjuinais, la princesse de Salm, Delille, pour ne citer que les principaux d'entre ces personnages. Valant mourut à Paris le 15 juillet 1829.
Archives communales de Perpignan, GG. 198. — Archives des Pyr.-Or., L. 1113. — Annuaire de 1834. — X*° Bulletin de la Société
Agricole, Scientifique el Lilléraire des Pyrénées-Orientales. — Journal illustré des Pyrenées-Urientales, fascicule 57.
VALDES (Jean), imprimeur, mourut à Perpignan en 1499. Il avait précédé, dans cette ville, Jean Rosembach, qui vint, l'année suivante, y imprimer le Breviarium Elnense.
CoeET, L'Imprimerie à Perpignan.
VALDËES (Ferdinand de) naquit en 1483, à Salas dans les Asturies. Son père, qui s'appelait Jean-Ferdinand de Valdès était seigneur de cette localité et sa mère avait nom Mencia de Valdès. Après avoir suivi les cours à l’Université de Salarnanque, Ferdinand de Valdès occupa une stalle à la collégiale Saint-Barthélem y de cette ville, en 1512. Il fut pourvu du diplôme de licencié en droit canonique et entra, en 1516, à titre d’auditeur, au conseil du cardinal de Cisneros. Devenu dans la suite chanoine d'’Alcala et visiteur de l’Inquisition, dans le diocèse de Cuença, il fut