VALDÈS
gouverneur du conseil de Navarre. Ferdinand de Valdès ayant suivi Charles-Quint dans le pays des Flandres, accompagna ce monarque en Portugal, et assista comme témoin au contrat de mariage de l'Empereur avec Isabelle, fille du roi Emmanuel. Il remplissait les fonctions d’Inquisiteur en Catalogne, lorsqu'il fut appelé à l'évêché d’Elne, où il recueillit la succession de Guillaume de Vandenesse. Ferdinand de Valdès prit possession de ce siège, par procureur, le 1° septembre 1529. Sept mois après, il fut transféré à Orense. Ce prélat ne gouverna ce diocèse que durant l’espace de deux ans. En 1532, il passa à l'évêché d'Oviedo, puis devint successivement évêque de Léon, de Sigüenza et archevêque de Séville. Ferdinand de Valdès résidait à Madrid où il exerçait les hautes charges de Président du Conseil suprême de Castille, d'Inquisiteur général et du Conseil d'Etat. Il mourut dans la capitale de l'Espagne, le 9 décembre 1568. Son corps fut porté en grande pompe à Salas, son village natal, et inhumé, en 1580, dans un sarcophage d’albâtre, d'un grand prix, construit d'après les indications qu'il avait fournies, de son vivant. On y relève l’épitaphe suivante :
Aqui yace el yll”®° don Fernando de Valdes, nalural de esta villa de Salas, Hijo de Juan Fernandez de Valdes, y de Doña Mencia de Valdes, señores de la ca- Sa de Salas, que fue collegial de San Bartholoine de Salamanca, del consejo De la santa, y general Inquisicion : sirvio Al emperador Carlos V, en Flandes, y Ale- Mania : tubo los obispados de Helna, Orense, Oviedo, Leon, y Sigvenza, y la presidencia De la real chancilleria de Valladolid, Y fve presidente del sypremo consejo de Estos reinos, del consejo de estado, ar- Zobispo de Sevilla, e Inquisidor general, Varon mvi religioso. y severo persegvidor de La heretica pravedad, y de la catolica fe Vigilantissimo defensor, docto, exemplar, Clemente, y liberal, como lo mostro con Gran magnificencia en las mvchas, y ricas Fondaciones y dotaciones perpetvas de obras Pias, que desco en sy patria, en Oviedo, En Salamanca, en Sigvenza, y en Sevi Lla para gloria de Dios, y bien comun. Vi Vio 85 años : murio en Madrid, a IX de Diciembre, año MDLXVIII y reinando
Don Felipe If.
Ce mausolée, placé dans l’église collégiale de Sainte-Marie Majeure, à Salas, constitue une œuvre d'art. Il est en marbre blanc. Les inscriptions funéraires et les armes du prélat courent le long de la base du monument. La statue de l’évêque Ferdinand de Valdès occupe la niche principale ; elle est encadrée par quatre colonnettes ouvragées. Sur les côtés sont sculptés des personnages représentant les vertus théologales et les vertus cardinales. Une croix et deux anges sont placés sur le fronton du sarcophage. Les exécuteurs testamentaires de Ferdinand de Val-
dès firent encore graver sur ce tombeau les distisques suivants :
Ad famam.
Dic mihi, quæ donasillvstribus ore canoro Vivere post obitvm sæcvla longa viris, » Quem claros inter heroas atque ardva famæ Pignora, majori fœnore adornat honos ?
— Valdesium statvo, quo Salas gaudet alymno, Quo Valdesa domus eminet ampla viro.
Occidis, exemplum fidei, lavs alta parentvm Occidis, cœli Ivcida regna petens.
O te felicem, qvi fortvnata piorvm Agmina et œterni conspicis ora patris!
Desine jam tristes, Hispania, fundere rivos, Infavstisque polvm sollicitare notis.
Havd obiit prœæsul, sed dvm super æthera fertvr, E terra in cœlvm transtvlit imperivm.
Archives des Pyr.-Or., G. 234. — Puiccart, Catalogue biogra- HT des évèques d’Elne. — MoxsaLvaTcr, El obispado de Elna, t. II
VALDES (Pierre de), originaire du diocèse de Tolède, en Espagne, fut gradué en droit, professa à l’Université de Toulouse, et entra ensuite dans l'Ordre des Minimes. IL s’adonna exclusivement au ministère de la prédication apostolique qu'il remplit avec zèle et succès. En 1573, Pierre de Valdès se rendait d'Espagne en France. Il vint à passer par Perpignan. Ayant prêché deux ou trois fois dans cette ville en présence d'une foule considérable, Pierre de Valdès gagna les sympathies de ses auditeurs. Les habitants de Perpignan lui proposèrent d'établir dans leur cité un monastère de son Ordre. Ils se cotisèrent pour acheter huit ou neuf maisons, à proximité du couvent des Dominicains et en offrirent la propriété aux religieux Minimes. On rasa ces bâtisses et, sur leur emplacement, on construisit, en 1575, un couvent et une chapelle qui furent placés sous le vocable de Notre-Dame dela Victoire (locaux actuels de la Manutention militaire). Pierre de Valdès fixa désormais sa résidence dans cette nouvelle maison, qui était son œuvre. « Il s’étudia, raconte dom d'Attichi, historien de l'Ordre des Minimes, en bâtissant les murs de son couvent, de réformer les mœurs des habitants, qu'il instruisait, consolait et exhortait par les sermons qu’il leur faisait quasi toujours, déracinant les abus et mauvaises coutumes qu'il y trouva et y implantant de bonnes et louables, comme la fréquentation des sacrements, l’assiduité aux services divins, et particulièrement la dévotion envers notre glorieux Père saint François de Paule. Cette dévotion, il l’introduisit en cette ville et pays à force de leur parler des grandeurs, excellences et rares merveilles que le saint avail faites, ou plutôt Notre Seigneur par lui, en la plupart des quartiers du monde chrétien. Elle dure encore jusqu'à présent et a grand cours, car la divine bonté, pour témoigner que l'honneur que l'on fait à ce grand Saintlui est très agréable, a opéré depuis ce temps, et ne cesse
encore d'opérer tous les jours de très grands miracles à son invocation, si bien qu'ils sont infinisen nombre et ne se peuventécrire pour la grande quantité qu'il y en a. Néanmoins le Révérend Père Luc de Montoya au livre HI de la Chronique générale de saint François de Paule et de son ordre, sous le titre du Couvent de Perpignan, en raconte quelques-uns des principaux et plus signalés, auquel je renvoie le lecteur curieux. Nous dirons seulement cequi arriva à sa mort. Elant venu prêcher à Villelongue-de-la- Salanque, l’an mil cinq cent quatre-vingt, le seizième janvier, jour auquel on fait la fête de saint Marcel, patron et titulaire de cette église, le sermon achevé, il s'exprima en ces termes: Mes frères, je confesse que vous m'avez fait beaucoup d'honneur, m'ayant invité à vous venir donner une pauvre prédication. Je l'ai fait pour vous obéir et donner ce contentement que vous avez recherché. En quoi j'ai sujet de me louer de votre courtoisie, qui avez non seulement pris patience de m'écouter, mais outre cela m'avez encore prêté l'oreille et audience très favorable; il me reste à vous faire une requête, c’est que tous tant que vous êtes ici me recommandiez très instamment à Dieu ; car je vous avertis que ce sermon que je vous ai fait sera le dernier que je ferai jamais en ma vie. Je prends donc ici congé de vous, vous remerciant derechef de l'honneur que vous m'avez fait et me recommandant très affectueusement à vos prières, à tous en général et à chacun en particulier. Cela dit, il descend de chaire et prend la route de Perpignan, où il mourut d'une heureuse mort, le vingt-unième du même mois, cinq jours après sa prophétie, en ce même couvent qu'il avait fondé par 8es travaux et honoré par ses prédications et belles œuvres qu'il y composa. On garde encore jusqu'aujourd’'hui en la bibliothèque de ce couvent un livre écrit de sa main qui n'a point encore été imprimé, et qui montre, à ce que dit le Père Luc de Montoya, le grand trésor et amas de science qu'il avait entassé dans son esprit, ct la grande lecture dont il était imbu. Il est dédié à un évêque d'’Elne, son grand ami. Au reste, le même jour que le Père Valdès mourut en Espagne, on fit les obsèques en France d'un grand seigneur qui était mort en une ville près de Narbonne. où il avait la plupart de ses biens : et comme Narbonne et le comté de Roussillon sont fort proches l’un de l’autre, il se trouva à ses funérailles un bon nombre de seigneurs et de gentilshommes espagnols qui étaient parents du défunt. 1 y eut aussi un de nos frères qui fut prié d'y faire l’'oraison funèbre; lequel ayant harangué, après toute la cérémonie faite, on le vit tout à coup comme ravi ou tombé en une profonde extase qui dura quelque espace de temps; d’où étant revenu à soi-même, il dit à l’'étonnement de tous ceux qui étaient là : « Béni
VALLGORNERA
soit Dieu ! aujourd'hui l’âme du Père Pierre Valdès est entrée au ciel! » Prophétie qui fut trouvée véritable par la confrontation du jour et de l’heure où ce bon Père était mort. Ces seigneurs espagnols étant depuis retournés à Perpignan, et s’en étant enquis fort curieusement, trouvèrent qu'il était trépassé à la même heure que ce prédicateur de notre ordre en ce sien transport d'esprit avait prédit par où ils crurent que Dieu le lui avait révélé. Ils racontèrent tout le fait aux religieux du couvent, qui louërent et remercièrent Dieu de l'assurance qu'ils leur donnaient de la gloire du bon Père Valdès, leur conventuel: ce ne leur était pas une petite consolation de savoir qu ils eussent un si bon ami en la cour du Paradis, en sorte qu'ils tiarent ce bon Père défunt en estime de réputation de saint et de bienheureux. Mais il y a encore une chose bien remarquable racontée par le Père Luc de Montoya au livre IV de sa Chronique générale. Dix-sept ans après la mort du bon Père Valdès, on transféra les ossements des religieux défunts de la sépulture ancienne à un lieu plus honnête, et on trouva le corps du Père Valdès sans aucune marque de corruption, l’habitet cordon tout entiers ; et même que pour s'assurer davantage de ce qu'on voyait, on prit le cordon, et on fit un effort pour tâcher de le rompre; de quoi jamais on ne put venir à bout: ce qui fut un motif aux Pères de le mettre en un lieu particulier, comme celui dont il avait plu à la divine bonté de découvrir la sainteté par des signes si évidents ».
Archives des Pyr.-Or., B. 433. — Semaine religieuse du diocèse de Perpignan, n° du 13 avril 1901.
VALLGORNERA (Jacques de), chevalier, appartenait à la famille des seigneurs du lieu ou château de Vallgornera, situé dans la paroisse de Peralada (Espagne). Il vint s'établir en Roussillon, sur le déclin du x siècle, à la suite du mariage qu'il contracta avec Sibylle, fille de Simon de Vilallonga, héritière du château de Vilarnau-d'Aval}, qui se trouvait entre Canet et Castell-Rossello.
Archives des Pyr.-Or., B. 190, G. 292.
VALLGORNERA (Franrois de), petit-fils du précédent, chevalier et seiguuur de Vilarnau-d’A+vall vivait vers la fin du xiv° sècle. Il passa dans le royaume de Naples et en -vile. à la suite d'Alphonse V, mourut dans ce pi < el laissa un fils du nom de Jean qui vit les bi 1 les revenus qu'il possédait dansle Roussillon, :‘isqués par Louis XI, en 1464. Le fils de ce dernier. lal de Vallgornera, vendit son fief de Vilarnau 1486, à la commurnauté ecclésiastique de Sain 1, de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 299. 4 litres de famille), 775.
VALLGORNERA
VALLGORNERA (Simon de), frère du précédent, épousa, le 15 septembre 1405, Sibylle dez Fonts, fille unique et héritière de Jaubert dez Fonts, seigneur de Ponteilla. Le jour même du mariage, Jaubert dez Fonts fit donation à sa fille du lieu et territoire de Ponteilla, avec toute juridiction. Sibylle et son mari entrèrent immédiatement en possession de cette seigneurie, car Simon de Valigornera prend le titre de seigneur de Ponteilla dès l’an 1409, bien que son beau-père et sa belle-mère aient longtémps survécu à la donation de l’an 1405. Françoise dez Fonts, mère de Sibylle, ne mourut qu’en 1434. Quant à Jaubert dez Fonts, il était déjà décédé en 1410. Simon de Vallgornera, à l'exemple de son frère François, passa en Italie au service du roi Alphonse d'Aragon. Ce prince le récompensa de ses brillants services militaires, en lui accordant une pension viagère de vingt-trois livres et demie, par une charte datée de Gaëte, le 10 juillet 1422. Simon de Vallgornera s'était conduit vaillamment dans les combats livrés par Alphonse V, lors de la conquête du royaume de Sardaigne. Il avait fait encore preuve de valeur dans les sièges de Calvi, de Bonifacio (Corse) et au royaume de Naples où il pénétra, escorlant le roi d'Aragon, avec une forte compagnie d'armes. Simon de Vallgornera servit en Italie dans l’armée d’'Alphonse le Magnanime, jusqu’en 1428. À celte date, il fut de retour en Roussillon. « Simon de Vallgornera et Sibille, dit l'historien Alart, n'avaient qu'une fille du nom de Marguerite qui épousa, le 27 août 1427, le chevalier Pierre del Redon, fils du chevalier Jacques del Redon se disant seigneur de Calce. Parmi les témoins du contrat figurent Bérenger Blanca, damoiseau. Bernard d'Ürg, chevalier, et Antoine de Vallgornera, tous parents de Marguerite. Quant à Simon et à son épouse, on Îles trouve encore vivants un an après ce mariage, et la possession de la seigneurie de Ponteilla semble s'être continuée pour eux jusqu'à la mort de Françoise dez Fonts, arrivée au commencement d'avril 1434. Nous ne savons pas si Simon de Vallgornera lui survécut, mais il parait bien que ses droils el ceux de son épouse sur Ponteilla reposaient sur la personne de sa belle-mère avec laquelle ils se seraient éteints. »
Archives des Pvr.-Or., B. 232, E. (Titres de famille), 775. — ALanT, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 2° série.
VALLGORNERA (Jean-François de), chevalier. seigneur du chäteau de Vallgornera (Espagne), était fils de Jacques de Vallgornera et de Brigitte. Il épousa, le 4% juin 1499, Elisabeth, fille du chevalier Barthélemy Jaubert. De cetle union étaient issus deux fils : Jean et Cosme qui devinrent la tige des branches de la maison de Vallæornera, continuée en Roussillon jusqu'au xvu siècle.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 775.