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VASSAL

honorables et difficiles fonctions, dit Mgr Tolra de Bordas, Jean Vaquer sut toujours concilier la justice et la bonté. Mais l'esprit du mal qui, dans tous les temps, ne cherche qu’à troubler la paix et à empoisonner le bonheur des hommes vertueux, alluma le tison de l’envie dans le cœur de plusieurs habitants de cette ville, et fut trop bien servi par de malheureuses circonstances. En effet, sur ces entrefaites, un crime entraînant la peine capitale fut commis à Perpignau, et plusieurs citoyens, excités par l'enfer, en accusèrent le corregidor D. Jean Vaquer, qui l'avait appris par la voix publique. Bientôt le gouvernement en fut instruit, et, sous la direction de l'Infant, on commença sans délai d’instruire sommairement le procès. Les faux témoins ne manquèrent pas pour accabler l’innocent : si bien que, l’enquête et l’instruction terminées, l'infortuné corregidor fut condamné à la peine capitale et l'arrêt confirmé par le roi d'Espagne. Comme Don Jean Vaquer était très dévot à saint Antoine de Padoue, il ne se lassait pas d'implorer le secours de sa puissante protection dans une telle extrémité. Enfin, le jour de l'exécution arriva. Le condamné avait gravi les degrés de l’échafaud ; déjà il était entre les mains du bourreau, et il n'attendait plus que le coup qui devait le mettre en possession de son éternité, lorsque les nombreux spectateurs de cette scène lugubre furent tout à coup saisis de stupéfaction et de frayeur : on vit saint Antoine de Padoue apparaître dans les airs, descendre précipitamment et s'arrêter sur l’échafaud, où il arracha des mains de l’exécuteur le malheureux condamné, qu’il éleva un instant avec lui dans les airs, le transportant ainsi jusqu'à l’église du couvent de Saint-François, où il ne le déposa que devant l'autel de saint Antoine de Padoue. C'est ainsi que ce grand saint voulut témoigner à un de ses clients l'efficacité de sa confiance, en répondant à son appel et se montrant l’avocat des innocents et le soutien des malheureux. Le roi d'Aragon, ayant eu connaissance de l'événement merveilleux qui avait délivré Don Jean Vaquer, le déclara libre, reconnut son innocence que le ciel avait pris soin de proclamer aux veux de tous et le fit réintégrer dans ses hautes fonctions de corregidor et dans tous les honneurs dont il jouissait. Quant à celui-ci, on devine quels durent être ses sentiments de reconnaissance et de piété ; aussi voulut-il les perpétuer en faisant élever sans retard, pour l’autel de son grand Protecteur, un nouveau retable, sur lequel fut sculptée en relief la scène de sa délivrance miraculeuse. »

Tora DE Bonpas, L'Ordre de saint François d'Assise en Roussillon.

VASSAL (Jean-Emmanuel-Henry) naquit à Perpignan, le 21 décembre 1743. Il était fils de Henry

Vassal, marchand-mangonnier, et de Françoise Blazy. Jean Vassal embrassa la carrière ecclésiastique, et le 9 juillet 1779, l'autorité diocésaine le plaça à la tête de la paroisse de Saint-Jacques, à Perpignan. Ayant refusé de prêter le serment à la Constitution civile du clergé, il fut forcé de s’expatrier. Jean Vassal vécut en Espagne durant la Terreur et le gouvernement du Directoire. Il rentra de l'exil durant l’an IX de la République. Après le Concordat, il devint succursaliste de l’église Saint-Jacques qu'il dirigea jusqu'au 15 juin 1816, date de sa mort. Jean Vassal était vénéré de ses paroissiens. Son corps avait d’abord été inhumé au camp d'en Fourquel (cimetière de l'Est). Le lendemain des obsèques, des habitants de Saint-Jacques se rendirent, durant la nuit, au lieu de la sépulture de leur ancien pasteur, exhumèrent son cadavre, le portèrent dans l'église paroissiale et l'ensevelirent dans un caveau souterrain, creusé sous l'ancienne chapelle du Dévot Crucifix, dite de la Sanch Vella (chapelle Saint-Ferréol actuelle). Jean Vassal avait été nommé chevalier du Lys le 1° septembre 1814, et chanoïne honoraire, le 31 janvier

Archives de la famille et de l’église de Saint-Jacques de Perpignan.

VASSAL (Jacques) naquit à Perpignan, le 21 avril 1831. Il était l’aîné des quatorze enfants issus de l’union contractée entre Bonaventure Vassal, marchand-droguiste, et Marguerite Coder. Après de bonnes études classiques, faites successivement au Petit- Séminaire de Prades et à celui de Montolieu (Aude), Jacques Vassal se rendit à Bordeaux pour compléter son éducation commerciale. Il demeura dans cette ville jusqu'au jour où il recueillit la succession de son père, à la tête de l’importante maison de fabrique de chocolat Vassal-Frigola, fondée à Perpignan en 1696. Tout en donnant ses soins aux affaires du négoce, Jacques Vassal, dont l'esprit curieux était avide de connaître le passé de la province, rechercha dans les archives des documents de nature à éclairer l'histoire du Roussillon. Il dirigea plus spécialement ses investigations du côté de l'histoire religieuse de la province et publia: Les origines chréliennes du Roussillon : Notre-Dame dels Correchs, son nom, son église, sa slalue et son culte, Perpignan, 1890; Une inscriplion romaine au musée de Perpignan, dans la Revue d'histoire et d'archéologie du Roussillon, t. r; Un pèlerinage roussillonnais à Saint-Jacques de Galice en 1482, id. ; Epilogue du drame des poisons en Roussillon (1682-1724) ; Les léproseries du Roussillon au moyen-âge, id. t. 1; L’Ascia el la pierre tombale trouvée dans le vieux Saint-Jean, id. Les archives personnelles de Jacques Vassal contiennent de nombreux manuscrits, dont la publication fournirait des con-

tributions précieuses à l’histoire religieuse du Roussillon. Il mourut à Perpignan le 24 novembre 1901.

VELASQUEZ (Etienne), religieux bénédictin de Montserrat, fut désigné, en 1653, pour prendre Île gouvernement de l’abbaye de Saint-Génis-des-Fontaines. Ce prélat ne put, à cause de la guerre, entrer en possession de ce monastère que l’ancien abbé, Placide Puyo, continua à administrer.

Gallia christiana, t. VI, col. 1109.

VELEZAR (François), moine de l’abbaye de Montserrat, fut nommé abbé de Saint-Génis-des- Fontaines en 1637, après avoir, au préalable, exercé diverses charges dans son monastère.

Gallia christiana, t. VI, col. 1108.

VERA (François de), né à Xérez, en Andalousie, religieux de l'Ordre de la Merci, évêque de Madaure, coadjuteur de l'archevêque de Séville, fut nommé au siège d'Elne par le roi d'Espagne en 1613. Le 27 juillet de cette année-là, François de Vera prèta serment par procureur et fut admis à la commurnauté ecclésiastique de Saint-Jean, à Perpignan. Le 1“ août, ce prélat fit son entrée solennelle dans sa ville épiscopale. Une cavalcade alla le chercherhors des murs de la cité et le conduisit jusqu'en face de la maison de Grimau (rue Mailly). Quatre jours après, la communauté ecclésiastique de Saint-Jean offrit au nouvel évêque un cadeau de joyeux avènement. Le présent était composé de deux superbes moutons, d'une douzaine de chapons et de deux douzaines de poulets. Prélat de mœurs austères, mais d'humeur vive, François de Vera supportait mal la contradiction, surtout quand il s'agissait des droits de l'Eglise et de la décence due aux cérémonies religieuses. À peine arrivé, il entra en guerre ouverte avec l'Hôtel de ville. « À la suite d’une cérémonie religieuse, raconte M. le chanoine Torreilles, durant laquelle il avait remarqué que Îles membres des confréries et les fabriciens qui se tenaient dans lechœur parlaient sans cesse, ne mettaient qu'un genou en terre pendant l'élévation pour se relever aussitôt et reprendre la conversation interrompue. Monseigneur fit enlever tous les bancs de ces chrétiens peu respectueux. Les consuls qui avaient là leur place se plaignirent, et quand leurs délégués parurent à l'évêché, le fougueux prélat déversa sur eux sa colère. Dans aucune partie du monde, disait-il, je n'ai rencontré un peuple si peu chrétienet si peu respectueux de l'honneur dû au culte divin et à ses prélats ». François de Vera « jela l’interdit sur les églises de la ville, poursuit M. Pierre Vidal dans son /{isloire de la ville de Perpignan, et cela, parce que plusieurs bourgeois avaient été excommuniés pour avoir délivré un de ses pri-

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