VELASQUEZ — VERA
sonniers ; l’un des excommuniés, qui assistait aux offices, fut expulsé, et on ne laissa pénétrer dans les églises que les individus porteurs de la bulle de la Croisade (8 décembre 1613). Cet interdit fut levé pendant l'office célébré le 10 décembre, en l'honneur de la fête des saintes Eulalie et Julie, patronnes du diocèse... Le 19 janvier 1614, François de Vera faisait publier l'ordred’assister,à peined'excommunication, à l'office et à la procession célébrée à Saint-Jean le jour de Saint-Sébastien ; c’est ainsi encore qu'ilavait défendu aux prêtres, toujours à peine d’excommunication, d'aller au théâtre. L’archidiacre Valls, qui apparemment avait du goût pour la comédie, netint aucun compte des prescriptions de l'évêque, et celui-ci le fit donc simplement expulser du chœur de la Cathédrale (25 avril 1614). A leur tour, les autorités civiles eurent à endurer les coups de l’autorité épiscopale. En effet, le jour de l’Ascension, l'évêque excommunia le gouverneur et les trois consuls de Perpignan, parce qu’ils s'étaient placés comme lui dans le cancel de la cathédrale, vis à-vis de son trône, et qu'ils refusèrent de sortir de ce lieu malgré ses ordres réitérés. { Cela ] indisposa une partie du clergé de Perpignan contre l’évêque et amena des scènes d'une scandaleuse violence dans l'église même de Saint-Jean. L'évêque avait fait placer dans le chœur un nouveau siège épiscopal plus élevé que celui dont se servaient ses prédécesseurs. Quelques chanoines en éprouvèrent un indicible ressentiment. Furieux, armés de haches, ils entrèrent dans le chœur et s’acharnèrent contre le siège, qu'ils firent voler en éclats. Des bénéficiers, témoins de cette scène odieuse, représentèrent doucement aux irascibles chanoines que ce qu'ils faisaient là n'était pas bien... et qu'ils blessaient singulièrement l'autorité épiscopale. Devant ces justes réprimandes, les chanoines s’arrétèrent dans leur acte de vandalisme. Ceci se passait le 27 mai 1614. Le lendemain, de bon matin, les chanoines Antoine Ponsich et Gaudérique Roig, deux des coupables, venaient à peine d'entrer dans la cathédrale-que le procureur fiscal v entrait à son tour avec ses huissiers. [ls venaient arrêter les rebelles sur un ordre de l'évêque. Le procureur appela à son secours quelques bénéficiers qui étaient présents. Les huissiers purent se saisir de Ponsich, qu'ils menèrent aussitôt en prison. Roig, qui s'était vile aperçu que l'affaire allait mal tourner. prit la fuite, et, tirant un poignard qu'il portait caché sous son manteau, il menaça de tuer quiconque s'approcherait de lui.Peu après, Gaudérique Roig reparut en compagnie de ses complices Montserrat Julia et Melchior Balle. La tête haute... ils portaient sous leur manteau des poignards et des dagues, On ferma aussitôt la porte de la galerie pour leur couper la retraite, et les offi-
VERDAGUER — VERGER
ciers de l’évêque, aidés de quelques bénéficiers, essayèrent de s'emparer d'eux. Mais ceux-ci se mirent à brandir leurs armes, menaçant de tuer quiconque les approcherait. On alla prévenir l’évéque de ce qui se passait. Il vint en personne... et pria les trois chanoines de se rendre ; mais ceux-ci, furieux, crièrent qu'ils n’en feraient rien et qu'avant de se laisser prendre, ils tueraient quelqu'un. En c: moment même, l’un d’eux se mit à brandir son poignard avec tant de violence qu'il blessa l’évêque à la main droite... Les bénéficiers présents... mirent la main au collet de ces matamores. L'un futenfermé dans la cellule où l’on avait jeté déjà Ponsich; l’autre alla réfléchir dans la cambra fosca; et au troisième (Montserrat Julia), l'évêque lui donna pour prison une chambre du palais épiscopal. Montserrat Julia, aidé apparemment par les gens mêmes de l’évêque, s'évada de sa prison quelques heures après ; puis ce fut le tour de ses deux complices, et ceux-ci agirent avec le concours du Gouverneur et du Procureur royal... En effet, le 30 mai... ces deux hauts fonctionnaires étaient venus trouver l’évêque pour implorer sa clémence en faveur des prisonniers... L'évêque se laissa prendre à ces ruses et accorda la faveur qu'on lui demandait. La nuit de ce même jour, le geôlier était gagné par dons ou par promesses, et troishommes, parents des prisonniers, leur ouvroient les portes de la prison épiscopale. L'évêque fut indigné de se voir ainsi joué par des gens dont la parole aurait dû lui être une garantie. Il frappa d’excommunication les trois coquins... Pendant qu'il... quittait Perpignan pour se retirer à Elne (5 mai) ceux-là intriguaient pour se faire absoudre par l'autorité ecclésiastique supérieure... Le 8 juin, ils se présentèrent effrontément dans le chœur. Les bénéficiers quitterent l’église ; la plupart des laïques en firent autant. Les intrigants avaient obtenu, de l’archevèque de Tarragone, des lettres d'absolution, à ce qu'ils disaient du moins. Le 25 juillet, les chanoines du chapitre de Saint-Jean vinrent à Elne célébrer l'office... L'évêque profita de leur présence pour faire publier aux vêpres une communication de l’archevèque de Tarragone, où il était dit que les lettres d'absolution obtenues par les quatre chanoines rebelles étaient nulles et subreptices.. Le lendemain 31, l’évêque vint à Perpignan pour assister aux obsèques de son official, mert au couvent des Augustins. Pendant qu'il officiait, on lui annonça qu'un grand scandale venait de se produire à Saint-Jean où on avait dû interrompre l'office. La cause en était que le chanoine Ponsich s'était présenté pour assister aux offices. affirmant qu'il avait des lettres d'absolution. Le 27 octobre arriva un mandement de l'archevêque de Tarragone enjoignant aux syndics d'admettre les
quatre chanoines aux distributions. Alors, l’évêque: leur chercha querelle et les fit emprisonner... On. avait rétabli la fameuse cadira en mai 1615 ; l’évêque: était parti pour Madrid afin d'y régler l'affaire avec: le nonce du pape ». Le 11 avril 1615, Félix de Vera. fit les honneurs de sa ville épiscopale au cardinal François de Joyeuse qui était de passage à Perpignan. Ce prince de l'Eglise se rendait au sanctuaire de Notre-Dame de Montserrat pour y accomplir ur vœu. À son retour d’Espagne, il traversa Perpignan une seconde fois, le 27 avril 1615 ; maisiln'yséjourna point et alla passer la nuit à Rivesaltes, dont il était seigneur. Le 1° juin 1615, François de Vera partit de Perpignan pour Madrid. Il mourut dans la capitale de l'Espagne le 4 juillet de l’année suivante. Ce prélat a composé un traité sur les /ndulgences. Archives des Pyr.-Or., B. 440, G. 13, 49, 02, 241, 258, 397. — Puic&ari, Catalogue biographique des évèques d'Elne. — P. Vipaz, Hisloire de la ville de Perpignan. — Abbé ToRREILLES, Tes!aments des consuls de Perpignan au XVIIe siècle, dans le XLIV* Bul-
letin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales. |
VERDAGUER (Michei), peintre, revêtit d’or et d'azur, en 1584, le retable et la statue de la Conception Immaculée de Marie, que le sculpteur Barrofet avait construits dans la nouvelle église de Saint-Jean, à Perpignan. Cet artiste travaillait de concert avec Antoine Peytavi. Ensemble, ils s’engagèrent, en 1587, à peindre un retable, que la corporation des bâtiers faisait alors construire.
Archives des Pyr.-Or., B. 435, G. 240.
VERGER (Jean), fondeur, citoyen de Gérone, fabriqua, en 1396, pour l’église d’Elne, des cloches, dont le prix s'éleva à la somme de 448 florins. Deux ans plus tard, le 19 septembre 1398, étant consuls de Perpignan Pierre Rodon, Terrenus Castello, Pierre Andreu,Nicolas Nègre etG. Tiso,Jean Verger fonditla cloche de l'horloge de Saint-Jean, aux frais du consulat. Cette cloche s'étant brisée, on ne sait comment, quelques jours après sa mise en place, les consuls en firent faire une autre, beaucoup plus grande, par le même fondeur. Cette dernière fut fondue le 14 juin de l’année suivante. Quarante-six ans auparavant (9 novembre 1352), sous le consulat de Jean Homdedeu, Ermengaud Marti, Jean Gil, Jean Minyana et Pierre Vivers, avaient été fondues les deux grandes cloches de l'église Saint-Jean de Perpignan. On ignore quel en fut le fondeur. Cette même année 1352, et avant de faire les dites cloches, les mêmes consuls avaient fait couvrir en plomb le clocher de la dite église. On retrouve Jean Verger témoin à un testament fait à Perpignan le 10 janvier 1406. Six jours plus tard, il passa contrat pour la façon d’une cloche destinée à l'église Saint-Martin. Cette cloche
devait être de bon et fin métal, sonnant bien et à l'accord avec la grande cloche de cette église. Les obligations du contrat n'ayant pas été remplies, la cloche fut refusée et Jciu Verger dut la refondre (31 janvier 1406). Le 11 a: ril 1409, les consuls et conseillers de l’Université de Rivesaltes reconnurent devoir à maître Jean Verger la somme de quarantedeux livres barcelonaises, à raison du métal fourni par lui, pour la refonte d’une cloche.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
VERGÉS (Raphaël), connu sous le nom de Vergès aîné, était avocat à Perpignan, avant la Révolution. Ses talents oratoires lui avaient acquis une réputation d'orateur remarquable. Les membres du barreau perpignanais le désignèrent, le 24 octobre 1788, pour être l'interprète des vœux de leur ordre, auprès des juges du Conseil Souverain qui revinrent s'asseoir, ce jour-là, sur les sièges d’où le pouvoir central les avait chassés quelques inois auparavant. Les accents de Raphaël Vergès soulevèrent en cette circonstance d’enthousiastes acclamations. A la suite de graves événements survenus à Perpignan, le 8 juin 1790, après le départ du colonel de Mirabeau, commandant le régiment de Touraine, Raphaël Vergès reçut mission, de la commune, pour se rendre à Paris. Il fut chargé de retracer à l’Assemblée nationale le tableau exact des événements et d'obtenir la clémence du roi en faveur des soldats mutinés. Le 26 juin 1790, Raphaël Vergès monta à la tribune de l’Assemblée nationale et prononça un discours qui fit une telle impression sur l'esprit des députés que ceux-ci en votérent l'impression. Raphaël Vergès avait uni ses destinées à celles de M" Malègue, de Pézilla-de-la-Rivière. De cette union naquit un fils unique, mort célibataire.
Archives de la famille.
VERGÉS (Emmanuel), frère du précédent, vint au monde à Perpignan, le 15 juillet1759.En 1788, il fut chargé de professer un cours de droit civil à l'Université de Perpignan. En 1792, il recueillit la succession du célèbre magistrat Joseph Jaume à la chaire de droit romain et ne tarda pas à être nommé successivement juge du Tribunal et administrateur du district de Céret. Emmanuel Vergès fut désigné en 1796, pour occuper le siège de Président du Tribunal civil de Perpignan. Deux ans après, il abandonna cette fonction honorable. [l'avait été investi de la charge de conseiller à la Cour de cassation, à Paris. Sous l'Empire, Emmanuel Vergès fut élu deux fois sénateur, en concurrence avec Augereau et Macdonald, que Napoléon 1" préféra. En 1808, il fut chargé de promuluuer le Code Napoléon en Italie ; il fut promu officier de la Légion d'honneur en 1814. Emmanuel
VERGÈS
Vergès refusa une place à la Chambre des Pairs que lui offrit Louis XVIII. Il faillit de nouveau être élevé à cette haute fonction en 1830. par le ministère Laffite. Emmanuel Vergès mourut à Paris, le 24 octobre 1835, sans laisser de postérité. Il avait épousé une demoiselle Conte de Bonet.
VERGËS (Joseph), frère des deux précédents, fut procureur (avoué) près le Tribunal civil de Perpignan. Ïl se maria à la fille du sculpteur Navarre qui lui donna un fils, Emmanuel. Celui-ci devint le seul héritier du nom patronymique de la maison Vergès. IL fut créé en 1818, par Pie VII, comte Palatin et chevalier de la Milice d'or. De son épouse, Marie Desbœufs, Emmanuel Vergès eut une descendance nombreuse. Le fils aîné portait le prénom du père. Il embrassa la carrière des armes, devint capitaine d'état-major et descendit tout jeune dans la tombe. Deux de ses frères continuèrent la lignée de la famille, le premier en épousant Alphonsine de Ricaudy, fille de l'amiral de ce nom, et l’autre en se mariant à M'° Bort-Julia.
Archives de la famille.
VERGÈS DE RICAUDY (Christian-Marie- Louis-Emmanuel) naquit à Perpignan le 8 octobre 1857. Il était le troisième enfant d’une nombreuse famille, issue de l’union de Raphaël Vergès et d’Alphonsine de Ricaudy. Le jeune Emmanuel fit de solides études classiques dans des établissements d'instruction secondaire en renom: le Collège de Perpignan, l'Institution Saint-Louis de Gonzague de la même ville ; Sorèze, l'Ecole de la rue des Postes à Paris et la Seyne (Var). Après avoir conquis son diplôme de bachelier ès-sciences, Emmanuel Vergès de Ricaud affronta les examens d'admission à l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr. Deux fois il subit avec succès les épreuves écrites du concours. Il était à peine âgé de vingt-cinq ans, lorsqu'il entra comme associé dans la maison de banque de M. Augustin Vassal, qu'il fit prospérer. grâce à ses capacités etaux soins persévérants qu'il apporta dans l'exercice de ses fonctions. C'est dans les travaux des opérations financières que se sont écoulées trente années de l'existence de M. Emmanuel Vergès de Ricaudy. Son activité se dépensa aussi bien en dehors de la sphère des occupations professionnelles. De nombreuses sociétés de bienfaisance, plusieurs groupements intellectuels, des mutualités sollicitèrent et obtinrent d'Emmanuel Vergès de Ricaudy le concours de sa personne, la lumière de ses conseils ou l’autorité de sa direction. Déjà, en 1880, on le trouve à la tête de la Société Philharmonique de Sainte-Cécile. En 1384, il fut nommé Président du Club Alpin français, seclion du Canigou. Il occupa durant cinq années
VERGINIS — VERNET
cette situation et devint ensuite administrateur de l'Association. Les Patrioles du Roussillon élurent Emmanuel Vergès de Ricaudy pour leur vice-président, le 5 octobre 1890, et la Caisse d'Epargne de Perpignan le compta aussi au nombre de ses Directeurs, avant de le choisir pour son vice-président. A la même époque, il fut nommé président de la société chorale l'Orphéon de Perpignan. En 1897, l'Association amicale des anciens élèves de Saint-Louis le plaça à sa tête, en le choisissant pour son président. En 1904, ce groupe renouvela à M. Emmanuel Vergès de Ricaudy le témoignage de sa considération en l'élevant et en le conservant à la présidence, durant quatre années consécutives. A la mort d'Albert Passama, président de la société Saint- Joseph, les membres de cette mutualité ne crurent pas faire de meilleur choix qu’en donnant sa succession à Emmanuel Vergès de Ricaudy. Et lorsque, en 1906, la Sociélé d'Eludes Calalanes se fonda, Emmanuel Vergès de Ricaudy se chargea de la présidence qu'on lui demandait instamment d’accepter. La Roussillonnaise, fédération des sociétés de
secours mutuels du département lui avait confié en
1907 la charge importante de trésorier-général. Emmanuel Vergès de Ricaudy ne fut pas seulement homme d'action. Il consacra ses loisirs aux lettres et à la science. L'histoire locale est redevable à sa plume de trois ouvrages dont la facture dénote chez l’auteur une réelle compétence technique: Notice historique sur la section du Canigou depuis sa fondation jusqu’à ce jour, Perpignan, Imprimerie de l'Indépendant, 1906; Notice historique sur la Caisse d'Epurgne de Perpignan, Comet. 1908, et la Toponymie du Roussillon. Emmanuel Vergès de Ricaudy mourut à Perpignan le 18 janvier 1911.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
VERGINIS (Emmanuel) naquit à Perpignan en 1804. Avant embrassé la carrière musicale, il fut nommé maître de chapelle à la cathédrale de Perpignan en 1834. En 1838, Verginis fut appelé à occuper le fauteuil de chef d'orchestre du Théâtre municipal et remplit cette honorable fonction durant douze années. Ce fut sous sa direction qu'eut lieu la création, dans Perpignan. des grands drames lyriques dus au talent des meilleurs écrivains de musique que produisit la première moitié du xix° siècle. « C'étaient là, disait-il lui-même, ses plus beaux titres de gloire. » Verginis fut en relations constantes avec Auber qui l’honora d’une particulière amitié. Il prêta toujours un concours dévoué aux fêtes et aux concerts donnés dans les églises, les chapelles ou les soirées musicales. Verginis mourut à Perpignan le 19 décembre 1872.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
VERGUER (Antoine), fondeur, originaire de Gérone, fit une cloche, en 1419, pour l’église Saint- Mathieu, de Perpignan. On est fondé à croire qu'il y avait un lien de parenté entre ce fondeur et Jean Verger (voir ce nom), aussi fondeur de cloches de Gérone, que l’on trouve en Roussillon quelques années plus tôt.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
VERNET (Pons 1 de), seigneur roussillonnais, vivait à Torreilles, vers le milieu du xn° siècle. En 1157, il inféoda, de concert avec son fils Ermengaud, une maison située à Saint-Laurent-de-la-Salanque et la céda à Raymond de Saint-Laurent et à Guillaume, son frère.
Archives des Pyr.-Or., B. 50.
VERNET (Ermengaud de), fils du précédent, acquit, par voie d'achat, des fiefs nombreux à Torreilles. Ce chevalier épousa en premières noces, Ava. Resté veuf, il convola en deuxièmes noces avec Saurimonde, fille d’Arnaud d’Avinyo et de Marie de Peralada (château de Torreilles), celle qui devait être l'héroïne de la légende attachée au nom du troubadour Guillaume de Cabestany. Elle apporta en dot à son époux des droits et des revenus à Torreilles, Saint-Etienne, Villelongue. Sainte-Marie-la-Mer et Bigaranes. Ermengaud de Vernet, de son côté, donna à Saurimonde son château de Barres avec tous les revenus qu'il percevait à Salses et à Garrius. Ün fils, Pons, dont la notice suit, naquit de l’union d'Ermengaud de Vernet et de Saurimonde. Celle-ci, à la mort de son mari, épousa Raymond de Castell-Rossello (voir ce nom). Elle apporta en dot tous ses biens de Torreilles, et son nouvel époux lui fit donation de son honneur de Cosprons et de ses droits sur le territoire de Sainte-Marie de Palol.
Archives des Pyr.-Or., B. 45-51.
VERNET (Pons Il de), chevalier, fils du précédent et de Saurimonde d’Avinyo, combattit contre les croisés commandés par Simon de Montfort. Il eut des rapports avec les hérétiques Albigeois, et. en 1260, quarante ans après sa mort, un procès d'inquisition fut ouvert contre lui. « Les deux inquisiteurs dominicains, dit B. Alart, Pierre de Cadireta et Bernard dez Bach, commissaires du Saint-Siège dans les Etats du roi d'Aragon, prouvèrent par des témoignages... que feu Pons de Vernet avait reçu chez lui, recelé, soutenu et fréquenté des hérétiques (Albigeois), leur avait fait du bien et les avait adorés, par quoi il constait qu'il avait cru à leurs erreurs, sans qu'il put conster qu'il s'en ful confessé ni qu'il en eut fait pénitence. C'était plus qu'il n’en fallait pour que tous les biens du dit défunt Pons fussent confis-
.qués de droit au profit du trésor royal, sans préjudice des mesures que l'autorité ecclésiastique allait prendre contre les restes du chevalier hérétique, et de la tache d’infamie qui allait rejaillir sur ses descendants. » De son épouse, dont le nomest inconnu, Pons II de Vernet laissa un fils appelé Pons III de Vernet, dont la notice suit.
Archives des Pyr.-Or., B. 50. — ALarT, Privilèges el titres relatifs aux franchises, institutions et propriétés communales de de Roussillon et de Cerdagne.
VERNET (Pons lil de), chevalier, fils du précédent, « jouissait, raconte l'historien Alart, de la plus grande faveur auprès de Jacques d'Aragon, car il figure, comme témoin, dans presque toutes les chartes de ce roi, datées de Perpignan. Dans le mois de janvier de l’année 1260, on le voit tout occupé d'achats de terrains à Canamals et dans d'autres parties de la Salanca pour la construction du ruisseau de ses moulins de Torreilles, et au mois d'avril suivant, on le voit signer tranquillement un privilège pour ses vassaux de Millas. Le 7 des ides d'avril 1260, les co-seigneurs de Millas, Pons de Vernetet Guillem- Hugues, seigneur de Serralonga et de l’honor de la Tour dans la ville de Millas, accordèrent ou confirmèrent divers privilèges aux habitants de cette ville. Les deux seigneurs prirent à leur charge la construction et l'entretien du four destiné à la population,en se bornant à prendre pour droit du fournage un pain sur vingt ; ils devaient également y faire cuire gratuitement les formatjades, panades et flahons de tout le peuple de Millas. Les habitants conservaientd'ailleurs le droit d’avoir des fourneaux particuliers dans leur maison, pour y faire cuire toute espèce de pain, sauf le pain de froment (pa de fleca) destiné à la vente. Le même jour, d'accord avec les habitants, il établit un ban ou tarif d’amendes et nomma un banner « pour la répression des délits ou dommages commis dans les propriétés situées au territoire de Millas. Tout délinquant, qu'il fut de la ville ou étranger, devait d'abord restituer le dommage et payer ensuite le ban, ou bien entrer, pour un temps que deux prohomens de Millas devaient déterminer, dans le costell ou carcan construit à frais communs par les deux seigneurs qui devaient aussi se partager le produit des amendes et des justices. Le roi voulut bien se sentir touché de miséricorde pour ce seigneur ; il lui restitua tous les biens de son père par une charte datée de Barcelone, la veille des nones d'octobre 1260, en le déclarant, lui etles siens, absous à tout jamais de toute tache d'infamie pour le fait des crimes et de la condamnation de son père. Mais cette miséricorde n'était guère désintéressée et, pour cette restitution et toutes ces grâces. le fils de Pons de Vernet devait payer au roi 22.000 sols de Malgone.