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VERNET

Cette somme énorme n'était pas facile à trouver alors en Roussillon, même pour un aussi grand seigneur. Pons de Vernet fut obligé de vendre la majeure partie de ses biens, et il mourut misérableblement moins de deux ans après. Dès le mois d'octobre (15 des calendes de novembre 1260), on le voit vendre à l’abbaye de Fontfroide, on ne sait pour quelle somme, tous les revenus et droits seigneuriaux qu'il possédait à Vingrau. Six jours après,… il vendait, pour le prix de 22.250 sols barcelonais couronnés, le quart des agrers du vignoble et d’autres droits de Vernet, à cinq habitants de Perpignan... La vente du domaine de Vingrau fut ratifiée par le roi, le 5 des ides de novembre et, le 6 des ides de janvier suivant, par une déclaration datée de Perpignan, les deux inquisiteurs reconnurent à Pons de Vernet, que... le roi d'Aragon et l’infant Pierre son fils lui avaient restitué tous les biens de son père. Pons de Vernet avait été surpris au milieu des travaux de construction du ruisseau des moulins de Torreilles, lorsque la sentence des inquisiteurs avait été prononcée contre son père. Le manque d'argent et les embarras de toute sorte qui vinrent l’assaillir à cette occasion suspendirent sans doute son entreprise, mais il ne l’avait pas abandonnée et il semble même que, se voyant déjà sur le point de quitter le Roussillon, il eut à cœur de la terminer pour laisser au moins ce souvenir de son administration de l’importante seigneurie de Torreilles. Ce fut dans ce but que, le 11 des calendes d’octobre 1261, il abolit la banalité du four de Torreilles, en laissant désormais à tous les habitants pleine liberté de faire cuire leur pain comme ils l’entendraient. Cette concession fut faite avec la condition que chacun des habitants de Torreilles, à perpétuité, serait tenu de faire au seigneur une journée de travail, entre la fête de Pâques et la Pentecôte. pour l'entretien du ruisseau seigneurial, au-dessous des moulins et dans le territoire de la paroisse. » Le 14 novembre 1261, Pons III de Vernet échangea avec le comte d'Empories, Pons- Hugues, les châteaux et lieux de Millas, Torreilles, Vernet, Tautavel, ses revenus de Salses et Céret contre le château et la ville de Cerdagne. Pons III de Vernet avait épousé Jusiana. Celle-ci lui donna trois enfants : Pons IV de Vernet qui était, en 1273, religieux au couvent des Frères-Mineurs de Perpignan, Alamanda, épouse de Guillaume de Canet, et Brunissende.

Archives des Pyr.-Or., B. 50, 51, 56. — ALanrt, Privilèges et titres relalifs aux franchises, instilutions et propriétés communales de Roussillon et de Cerdagne. — ALarT, Notices historiques

sur les communes du ftoussillon, 2° série. — Abbé J. CAPEILLE, Elude historique sur Millas.

VERNET (Pierre de) fut nommé abbé de Saint- Martin du Canigou, le 4 juin 1339. Le 21 mai de

VERNET — VIADER

l’année suivante, ce prélat accorda aux habitants de Vernet, ses compatriotes, un privilège qui réglementait l'administration civile de leur communauté séculière. Il mourut le 2 janvier 1347 et eut Raymond Patau pour successeur, sur le siège abbatial de Saint-Martin du Canigou.

Abbé Fort, Hisloire de l’abbaye royale de Saint-Martin du Canigou.

VERNET (Jean de), élu abbé de Saint-Génis-des- Fontaines en 1661, mourut avant d’avoir accompli les années de son triennat.

Gallia christiana, t. VI, col. 1109.

VERNIOLA (Bertrand de), chevalier et conseiller du roi Pierre-le-Cérémonieux, suivit et servit ce prince dans l'expédition militaire qu'il avait entreprise contre Pierre le Cruel, roi de Castille. Pour récompenser Bertrand de Verniola de ses brillants états de service, le roi d'Aragon lui fit concession d’une rente viagère de trois mille sols sur [es revenus de la vallée de Ribes. Plus tard, Pierre-le- Cérémnonieux reporta cette rente sur la leude de Puigcerda et sur les revenus royaux de Conat et de Salses.

Archives des Pyr.-Or., B. 110, 121.

VERNIOLA (Arnaud de), chevalier, possédait une partie de la co-seigneurie de Vernet (près de Perpignan), sous le règne de Pierre IV, roi d'Aragon. En 1370, les héritiers de l’infant Ferdinand de Majorque vendirent le château de Calce à Arnaud de Verniola.

VERNIOLA (Bertrand de), chevalier, occupait la seigneurie de Vernet et de Calce en 1372. Il épousa Sibille qui était veuve en 1394. De leur union naquit un fils appelé François, dont la notice suit.

Archives des Pyr.-Or., B. 126, 154, 157.

VERNIOLA (François de), chevalier, accompagna Alphonse V dans la guerre de Naples. Il mourut dans un combat naval, en 1432. À sa mort, son fils, Arnaud de Verniola, l’avait déjà précédé dans la tombe. Pierre du Vivier fut l'héritier de François de Verniola. A ce titre, il devint seigneur de Calce.

Archives des Pyr.-Or., B. 239, 254, 268.

VIADER (François),de Villefranche-du-Conflent, prit parti pour le roi d'Aragon, lors de la chute du royaume de Majorque.

Archives des Pyr.-Or.. B. 97.

VIADER ïAntoine), mercader, de Villefranchedu-Conflent, acheta à Grimaud d’Avellanet, le 1°’ août

1441, le lieu d’Huyteza, avec toute juridiction civile et autres droits. Cette seigneurie lui fut vendue. sous réserve de la directe de l’abbé de Cuxa pour qui se tenait le lieu d'Huyteza, pour la somme de cent soixante livres barcelonais. Grimaud d'’Avellanet aliéna encore à Antoine Viader les revenus qu'il possédait à Urbanya et à Galbe en Capcir. En 1455, Antoine Viader détenait aussi la seigneurie de Rodès et de Ropidéra. Sa fille Catherine contracta alliance avec Georges Andreu, bourgeois de Perpignan.

Quant à « la seigneurie d’'Huyteza, dit Bernard Palustre, elle passa des Viader aux Alemany, probablement par l'intermédiaire des Cardona, dont un membre, Michel de Cardona, seigneur de Molitg, Campôme, Paracols, Coma et Vall de Conat, avait épousé Claire, nièce d'Antoine Viader. »

Archives des Pyr.-Or., B. 261, 314, 406, 408.

VIADER (Jean), bourgeois de Villefranche, prit parti pour le roi d'Aragon contre la domination de Louis XI. Il mourut vers 1476. Les biens de sa veuve Elisabeth furent mis sous sequestre et confisqués au nom du roi de France.

Archives des Pyr.-Or., B. 302.

VIADER (Narcisse), chanoine de la collégiale Saint-Jean de Perpignan, occupait une chaire de théologie à l’Université de cette ville en 1539. En 1558, il fut pourvu de la sacristie de Baixas. Nommé vicaire-général du diocèse d’Elne, par l’évêque Loup de La Gunilla, Narcisse Viader autorisa, le 12 septembre 1559, l'ermite de Saint-Maurice d'Ille, à construire une chapelle sous le vocable de Notre-Dame de Vie, sur le territoire de Graolera. Narcisse Viader fut élu abbé de la Réal en 1559. Mais son administration pesa lourdement sur les chanoines de cette collégiale. Ceux-ci se plaignirent amèrement, le 15 septembre 1562, des vexations et des charges dont les accablait Sébastien Viader, frère de leur abbé qui remplissait les fonctions de sequestre de la collégiale. Narcisse Viader fut à la tête de l’abbaye de la Réal jusqu'au 28 mars 1563. L'année précédente, ce prélat avait représenté aux cortès de Monzon, l’évêque d'Elne, Loup de La Gunilla.

Archives des Pyr.-Or., G. 24, 149, 389, 441, 523, 879, 903, 1011.

VIADER (Jacques), mercader. de Villefranchedu-Conflent, était fils de Jean-Michel Viader et d'Anne. Il contracta alliance, en 1564, avec Gabrielle Bertran, fille de Jean Bertran, du lieu de Catllar.

” Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 783.

VIADER (Barthélemy), bourgeois de Villefranche-du-Conflent, fixa sa résidence à Barcelone où il avait épousé Catherine de Carmona. Il testa à Perpi- :

gnan et mourut dans cette ville, le 10 juin 1624, laissant pour héritier universel, son fils Jacques.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 783.

VIADER-RIAMBAU (Joseph), damoiseau de Villefranche-du-Conflent, avait épousé Marie de Fluvia. Il était décédé en 1664. À sa mort, il légua tous ses biens à son enfant unique et impubère Jean. Sa veuve convola en secondes noces avec Joachim Valls-de-Sanclimens, quiétait domicilié à Barcelone. Jean Viader de Fluvia testa à Ille, en 1675. Ilinstitua sa mère pour héritière universelle et fit donation à Notre-Dame de Montserrat de la somme de cent doubles d’or.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 783.

VIADER (Joseph) était batlle d’lile-sur-Tet en 1642. De son épouse Françoise, il eut entre autres enfants : Isabelle, qui unit ses destinées à François Réart ; Bonaventure, Joseph et Jacques-Etienne. Ce dernier devint son héritier universel et, après avoir contracté alliance avec une demoiselle de la maison Domenech, laissa deux fils: Joseph et Théodore, pourvus du doctorat en droit, et une fille, Marie, épouse de J.-B. Dulçat, avocat et bourgeois noble. Joseph Viader-Domenech, resté veuf, convola en secondes noces avec Isabeau Jaurès, veuve de Jérôme Corneilla, à laquelle il légua son patrimoine. Quant à Théodore Viader-Domenech, il était inscrit comme avocat à la Cour du Conseil Souverain du Roussillon. Il testa en 1729. Il avait épousé Thérèse Reynalt, fille d’un mercader de la ville de Perpignan, dont il eut un fils appelé François, dont la notice suit.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 783.

VIADER (François), domicilié à Ille-sur-Tet, jouissant du privilège de la noblesse du Roussillon, unit ses destinées à Marie Anglade. De son mariage étaient issues : Anne-Marie, épouse de Jean-Pierre Chamayou, de Montalba, et Augustine. François Viader testa le 2 mars 1787.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 783.

VIADER (Jean), occupait, en 1783, le siège de procureur de la viguerie de la Cerdagne française, à Saillagouse.

Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 783.

VIADER (Joseph), docteur ès-lois, épousa Maries Catherine d’Ax de Cessales d'Axat.

Généalogie des Dax, barons de Cessales, marquis d'Axat.

VIALAR (François-Mathieu-Joseph), né à Perpignan, le 20 septembre 1754, appartenait à une

VIADER — VIALAR

famille de bourgeois aisés de cette ville."Son père était marchand-droguiste. François Vialar fut tenu sur les fonts baptismaux de l’église Saint-Mathieu par François Terrats mercader et par la dame Thérèse Xaupi, veuve de Joseph Xaupi, bourgeois noble et batlle de Perpignan. Entré jeune dans la congrégation des prêtres de la Doctrine chrétienne, l'abbé Vialar devint professeur d’humanités au célèbre collège de Lesquille, à Toulouse, où il eut pour élève, de Viilèle, qui devenu ministre des finances sous les Bourbons de la branche aînée, lui offrit le siège vacant d'un évêché. François Vialar, dans sa modestie, refusa cette dignité et demanda comme une grâce à son élève qu'il voulut bien élever la cure de la Réal à la première classe, ce qui lui fut accordé. Orateur chrétien en renom et poète distingué, il a été couronné par l’Académie des Jeux Floraux et par celle de Montauban. Cette dernière société savante lui décerna une couronne, en 1779, pour l’ode intitulée Louis Dauphin père de Louis XVI, insérée plus tard dans le recueil des Etrennes roussillonnaises. François Vialar occupait depuis le 11 octobre 1782, à la collégiale Saint-Jean de Perpignan, un bénéfice qu’il permuta, en 1785, contre une autre prébende ecclésiastique de l’église Saint-Jacques. A l'exemple de la majorité des prêtres roussillonnais, il prit le chemin de l'exil, sous les mauvais jours de la Révolution. Son nom est inscrit sur le tableau des émigrés perpignanais. À son retour d'Espagne, après le Concordat, il fut placé par Ferdinand de Laporte, à la tête de l'une des nouvelles paroisses dela ville.Il avait à recueillir, à la Réal, la succession d'un curé constitutionnel, le Père Mus, ancien supérieur du couvent des Grands-Augustins. De plus, le dénuement de cette église était complet. Elle ne possédait presque plus d’autels; l'atelier d'artillerie qui y avait été longtemps installé, avait dégradé l'édifice. Mais l’'éloquence de l’abbé Vialar et son zèle apostolique dans l'exercice de ses fonctions surent attirer, pour la restauration de l'église, les dons qui l'ont rendue ce qu’elle est aujourd'hui. Les colonnes de l’autel de l'abbaye de La Grasse, que ce respectable pasteur acheta, se trouvant trop petites pour l’abside de la Réal, le sculpteur Boher, chargé de la décoration de cette abside, dut les exhausser sur un stéréobate dont il dissimula le mieux qu'il put le manque de proportion avec l’ordre d'architecture. Boher exécuta les statues qu'on y voit, et dont celle de la Vierge est la plus remarquable. On sait que cet artiste roussillonnais est encore l’auteur de la Cène, toile qu'on distingue dans la chapelle du Saint-Sacrement de cette même église. On trouve, en 1819, le chanoine Vialar, principal du collège de Perpignan. Il remplissait cette charge importante, tout en conservant le titre et les fonctions de curé de Notre-Dame de la

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