BARRERA
Barrera avait, au prix de nombreuses fatigues et de beaucoup de soins, formé, de 1793 à 1804, un magnifique herbier des plantes roussillonnaises, composé de plus de vingt volumes, grand in-folio. Rien ne pouvail lasser son amour de la science que seul égalait son désintéressement scientifique. « Pendant quarante ans, dit Lapeyrouse, il a parcouru ces contrées si fertiles en plantes. » Ce savant fournit en outre de nombreux renseignements à J. Carrère, médecin du roi, qui s'en est servi dans son Calalogue raisonné des ouvrages qui ont élé publiés sur les eaux minérales en général, et sur celles de la France en par-liculier ; accompagné de son ami Cosme Thomas, chirurgien-major des eaux de Molitg, le docteur de Barrera visita les établissements thermaux du Conflent, de la Cerdagne et fit les plus minutieuses expériences sur les caux. Mais là ne se bornent pas ses travaux; ses manuscrits, sa correspondance accusent de nombreuses recherches sur lhistoire du pays. Il mourut le 16 avril 1812, âgé de 76 ans.
E. DELauonr. Hisloire de la ville de Prades.
BARRERA (Clément-Pierre-François de), petit-neveu du précédent, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, ancién médecin militaire, membre de plusieurs sociétés savantes, entre autres de Ja Société Linnéenne de Bordeaux, naquit à Perpignan, le 17 février 1789, de Pierre de Barrera, docteur-médecin, qui fut plus tard condamné à mort comme émigré par le tribunal révolutionnaire de Perpignan, et de Marguerite Grand'Owar de Magny.
Le jeune Clément trouva un second père dans son oncle Pierre qui, dès qu'il fut en âge, lenvoya à Montpellier pour y étudier la médecine. Particulièrement recommandé par son oncle à Gouan, Clément de Barrera, qui avait été élevé par un botaniste el avait pour ainsi dire vécu au milieu d’un herbier, s’éprit, dans la fréquentation du célèbre professeur, d'une grande affection pour la botanique et s'appliqua avec tant d’assiduité à l'étude de cette science, que Gouan, charmé, dans une de ses lettres à Picrre de Barrera, lui mandaït en lui partant du jeune étudiant : « Barrera me donne toutes sortes de satisfactions ; je suis content de lui. »
Clément de Barrera n'avait point encore reçu son bonnet de docteur qu'il fut, en 1812, envoyé cn qualité de médecin auprès de l’arméc française, en Espagne : il se trouvait à Lérida, lorsqu'il rentra en France, en 1814. Cette même année, il fut envoyé à l'armée de LYon où il fut chargé du service médical d'une division. Rendu à ses études, Clément de Barrera, après avoir soutenu pour le doctorat une thèse sur le scorbut, entra dans la médecine militaire ct fit partie du corps d'armée qui, en 1823. pénétra en Espagne par Perpignan: ayant quitté