‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 19 sur 227 · BARRERA — BARRÈRE · texte numérisé non relu

BARRERA — BARRÈRE

l'armée, il alla d’abord habiter Molitg, dont il fut nommé inspecteur des eaux minérales, et vint en 1829 s'établir à Prades, et là, retrouvant les manuscrits de son oncle, médecin consciencieux et habile, sans négliger en rien ses malades et ses études professionnelles, car jusqu’au dernier jour il a travaillé, il se lança de nouveau dans la botanique, revit la Flore roussillonnaise de son oncle et l’augmenta considérablement.

D'un autre côté, pénétré, à la suite de ses études spéciales et de longues et minutieuses expériences, de l'efficacité des eaux minérales de Molitg, il ne cessa de s'employer de toute son activité pour les faire connaître et les faire apprécier ; il adressa dans ce but divers articles à plusieurs journaux savants, politiques. littéraires ou médicaux, écrivit sur ces eaux, en 1825, un mémoire détaillé, et donna dans le Guide pitloresque du voyageur de France un très intéressant article historique et scientifique sur Molitg. I mourut le 8 janvier 1863.

E. DErauonr, Histoire de la ville de Prades.

BARRERA (Edouard-Pierre-Antoine) naquit à Perpignan le 17 janvier 1836.

Sorti du Borda le 1°" avril 1854, au moment de la déclaration de guerre à la Russie, il fut nommé aspirant ce jour-là même ct fit à bord du Duperré la campagne de la Baltique. Ses sept premières années de service se passèrent en expéditions militaires qui eurent successivement pour théâtre la Crimée et la Chine. Il figura à la prise des forts de Peï-Ho et de Canton, et fut nommé enseigne de vaisseau le 4" avril 1858. De retour en Chine, en 1860, il prit une part brillante à l'affaire des lignes de Ki-Hoa. Il y gagna la croix de la Légion d'honneur, à l’âge de vingt-cinq ans à peine.

Rentré en France, Edouard Barrera fut nommé lieutenant de vaisseau, le 16 août 1862. Après un séjour en escadre et dans le Levant, il fit la campagne du Mexique sur le Fontenoy. Ün commandement à la Guyane suivi d'une période de professorat à l'école de canonnage le conduisirent jusqu'à l’époque de la guerre de 1870.

Il fut mêlé aux opérations militaires de la lutte Franco-Allemande. Il commanda le bataillon de fusiliers marins qui était chargé de la défense du fort de Romainville et prit une part active aux affaires du plateau d’Avron où sa brillante conduite lui valut la rosette d'officier de la Légion d'honneur.

Nommé capitaine de frégate le 27'"février 1877, Barrera devint successivement commandant en second du Magnanime et du Trident. En 1880, il dirigea le transport l'Orne à la Guyane et à la Martinique; en 1882, il est sur le Saint-Louis, annexe de l'école de canonnage, puis devient le second de la

Triomphante dans la division navale du Levant. Il fut promu capitaine de vaisseau le 5 novembre 1883.

Avant d'obtenir les deux étoiles, Barrera commanda les meilleurs navires de la marine française : le cuirassé Colbert, comme capitaine de pavillon de l'amiral Victor Duperré, puis l’Amiral-Duperré en escadre. De 1887 à 1889, Barrera fut à Brest, à la lête du Borda. C'est à ce poste si envié que la cravale de commandeur de la Légion d'honneur vint trouver ce marin d'élite.

Contre-amiral en 1892, Edouard Barrera fut durant deux ans à la tête de la dernière division de l'escadre du Nord, et eut son pavillon sur la Fictorieuse. Le 26 février 1895, il fut élevé au grade de vice-amiral et nommé préfet maritime de Brest: il v demeura onze mois et fit les honneurs de la réception à Félix Faure, lors de son voyage en Bretagne. Appelé, en 1897, à la direction suprême de l’escadre du Nord, il garda ce commandement durant l’espace de trois années. C’est pendant ce temps que le contre-amiral de Courtille, avec le Pothuau, alla à Spithead représenter le gouvernement français au jubilé de la reine Victoria et que l'escadre du Nord délégua ses plus beaux navires dans la Baltique pour accompagner Félix Faure à Cronstadt.

En octobre 1898, le ministre de la marine appela pour la seconde fois Barrera à la préfecture maritime de Brest. L'année suivante, le gouvernement le nomma grand-officier de la Légion d'honneur. Il exerçait le commandement du second arrondissement maritime lorsque les ambassadeurs anglais Le Marchand, Gosselin et Edmond Monson vinrent apporter aux habitants des îles Ouessant et Molène les témoignages de reconnaissance du gouverncment britannique, pour l’admirable dévouement dont ils avaient fait preuve à l'occasion du naufrage du Drumont-Castle, sur les rochers du Frouveur. L'amiral Barrera reçut, à cette occasion, la croix de commandeur avec la plaque de l’ordre de Victoria. Cette distinction lui conféra le litre de sir, qu'il était le seul officier de la marine française à posséder.

Edouard Barrera était passé depuis peu au cadre de réserve lorsque la mort le frappa, le 27 juillet 1903, à Saint-Martin-la-Vésulie, près de Nice.

BARRÈRE (Pierre), naturaliste français, né à Perpignan vers 1690, mort le 1° novembre 1755. II étudia la médecine dans sa ville natale. fut reçu docteur en 1717 et se mit aussitôt à voyager pour satisfaire son goût pour la botanique. En 1722, il fut envoyé à Cayenne où il passa près de trois ans. De retour en France, il obtint en 1727 la chaire de botanique à Perpignan et se livra en même temps à la pratique médicale.

En 1753, il fut nommé premier médecin de la pro-

vince du Roussillon, et quelques mois avant sa mort

occupa le décanat de la Faculté de Perpignan. Wil-

denow honora la mémoire de ce naturaliste en lui consacrant. sous le nom de Barrera (Meisteria de

Scopoli), un genre de plante de la Guyane. Lorsque

le curé de Saint-Mathicu porta le viatique au docteur

Picrre Barrère sur son lit de mort, il lui demanda

s’il croyait en Dieu: « Je crois en tout, répondit-il,

exceplé en la médecine. »

On a de Barrère :

Question de médecine, où l'on examine si la théorie de la botanique ou la connaissance des plantes est nécessaire à un médecin, Narbonne, 1740, in-4, écrit dirigé contre Thomas Carrère qui niait l'utilité de la botanique pour les médecins ;

Essai sur l'histoire de la France équino-riale, ou dénombrement des plantes, des animau.:r et des minéraux qui se trouvent dans l'île de Cayenne et à la Guyane, Paris, 1741, iu-12; 1749, in-12: c'est une simple énumération des plantes, d'après la nomenclature de Tournefort el de Plumier ;

Nouvelle relalion de la France équinoxiale, Paris, 1743, in-12. On y trouve la description de la culture du café, de la canne à sucre, du rocou, de l'aloës et du manioc ;

Dissertation sur la cause physique de la couleur des nègres, de la qualilé de leurs cheveux el de la généralion de l'une et de l'autre, Paris, 1741, in-8° et in-12. L'auteur cherche à établir avec Pechlin, Santorini ct Thomas Browne, que la couleur des nègres est due au passage de la bile dans le sang qu'il suppose noiratre ;

Dissertalio physico-medica, cur tanta humani ingenti diversilas. Paris, 1742, in-4° ;

Ornilhologiæ spectmen novum, sive series avium tn Ruseinone, Pyrencæis montlibus, alque in Gallia œquinocriali observalarum, Perpignan, 1745, in-4°. L'auteur propose une nouvelle classification des oiseaux d'après les caractères des pattes ;

Sur la manière dont les Espagnols cullivent le ri:, dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1743 :

Observalions sur l'origine el la formation des pierres Jigurées. Paris, 1746, in-8&° ;

Observalions analomiques tirées de l'ouverture des cadavres, Perpignan, 1751, in-8°; 1743, in-4°. On v\ trouve quelques observations fort intéressantes d'anatomie pathologique sur les maladies du foie, la pericandite, etc.

Hogrer, Nouvelle Biographie générale.

BARRIACH (Bernard de), médecin du roi Sanche de Majorque, dans le palais royal de Perpinan, donna aussi à des élèves l'enseignement de son art.

Archives des Prr.-Or., B. 100 et 121.

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BARRIACIL — BARTHÉLEMY

BARRILLON (Antoine de) d'Amoncourt, chevalier, marquis de Branges. vicomte de Binson, seigneur de Mancy, Morangis, Chastillon-sur-Marne, Grauve, Antenay, Orquigny et Cuy, fut nommé Intendant de Roussillon et des armées du roi, le 13 février 1710, en remplacement d’Etienne de Ponte d'Albaret qui avait résigné ses fonctions en 1709. I exerça cette charge jusqu'au 10 décembre 1710, date à laquelle il passa à l’Intendance de Béarn et Navarre.

Archives des Pyr.-Or., C. 1439.

BARROFET ou BARRUFET (Pierre), sculpteur, cest l’auteur du retable de la chapelle de l’Immaculée-Conceplion qui se trouve dans la cathédrale de Perpignan. Ce travail, qui fut exécuté en 1584, dit M. Vidal dans son Jlistoire de la ville de Perpignan, «avait été commandé d'abord (1582) à Antoine Segui, prieur de Saint-Michel, « home molt habil en obrar y pintar de ses mans » ; maïs cet habile religieux mourut avant d'avoir mis la main à l’œuvre. Le retable fut cnsuite confié à Picrre Barrofct, fuster de Perpignan, dont l'atelier était situé sur la place de La Boria, et les peintures de l’autel furent exécutées par Michel Verdaguer et Antoine Peytavi. Ce retable est chargé de sculptures et de dorures qui rappellent la somptuosité des églises d'Espagne. L'architecte et le sculpteur semblent s'être donné pour but de mettre ici le plus d’ornements possible. On ne saurait rien imaginer de plus touffu, de plus contourné et de plus doré : frontons, bas-relicfs, statues, corniches, guirlandes, tout regorge d'or. Ce ne sont que colonnes torses, entourées de ceps de vigne, volutes enroulées à l'infini, collcrettes de chérubins cravatés d'ailes, gros bouïllons de nuages et rayons ouverts en évenail. » Barrofet construisit encore en 1617 le retable de la chapelle Saint-Laurent, de l’église de La Réal, appartenant à la confrérie des bouchers.

Archives des Pyr.-Or.. G. 44.

BARTAU (Etienne) imprima à Perpignan, en 1645, le Fœnir catala du carme Elie Estrugos ct une Vie de saint Dominique de Soriano, en 1651. Cette année encore, il édita le Lüibre de privilegis… del consulat de mar de la fidelissima vila de Perpinya. L'ouvrage La defensa de las regalas constilucions, etc. del principat de Catalunya y comlats de Rossello y Cerdanya, paru en 1659, est aussi sorti de ses presses. Son fils Jean lui succéda; mais quelques années après l'annexion du Roussillon à la France, il vendit son imprimerie à Barthélemy Breffel.

Couer, L'Imprimerie à Perpignan.

BARTHÉLEMY (Philippe), fondeur, employé à la Monnaic de Perpignan, fabriqua, en 1743, la cagc en fer de l'horloge Saint-Jean de cette ville.

De Boxx\Erox, Epigraphie roussillonnaise.

BARTHÉLEMY — BASSOLS 45

BARTHÉLEMY (Edouard de), conseiller de Préfecture. correspondant du Comité de la langue, de l'histoire et des arts de France et membre de plusieurs sociétés savantes. a publié : Elisabeth de France. reine d'Espagne, son mariage, sa cour, ses relations avec la France (X*° Bullelin de la Société Agricole. Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, 1855) ; Essai sur les monuments du Roussillon, Paris. Derache, 1885. in-8°; Etude sur les élablissements monasliques du Roussillon, Paris, Aug. Aubry. 1857. in-8°; Calalogue des gentilshommes du Roussillon, Foir, Comiminges, Cousserans, qui ont pris part où envoyé leur procuralion aux assemblées de la noblesse pour l’éleclion des députés aux Elais généraur de 1789, Paris. Dentu. 1863. in-8° de 36 pages ; Hisloire de la ville de Perpignan, Bordeaux, À. Lavertujon. 1866. in-8° de 62 pages.

BAS (Raymond de), nommé par Louis XITT gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne. prêta serment. le 8 mai 1642, dans la ville royale du Volo. entre les mains du bayle, Jérôme Oliver. Il ne remplit cette charge que durant l’espace de quelques mois. Il était décédé avant le 3 février 1643, date à laquelle Thomas de Banyuls recucillit sa succession.

Archives des Pyr.-Or., B. 393, 394.

BASSOLS (Joseph-Jacques) naquit à Prades de Nicolas Bassols et de Margucrite sa femme, Île 8 février 1628. Lorsqu'il eût attcint l’âge requis, J. Bassols. qui. de bonne heure, s'était fait remarquer par sa piété. embrassa l'état ecclésiastique et devint pour tous un modèle de vertus el un sujet d'édification ; dans son ardent désir de faire le bien, on le voyait. nous dit la tradition. Bridaine roussillonnais. parcourir armé d'une lourde croix le pays qu'il évangélisait et répandre partout la parole de Dieu. Il allait nu-pieds. très pauvrement vêtu. fuyant le monde et se reportant tout entier au Très-Haut. Mais Dieu. qui sc sert aussi des faibles et des petits pour faire éclater sa toutc-puissance. voulut révéler à tous les vertus ct la sainteté de son pieux serviteur. Joseph Bassols. se trouvant un jour au tribunal de la Pénitence dans la chapelle de la Volla, vit s'agenouiller à ses pieds un jeune homme de la ville. âgé de vingtans. nommé Mathias Serrat, el qui était muet. Vivement ému de la foi confiante de ce jeune homme et prenant pitié de son malheur. le saint prêtre se mit en prières. suppliant la Mère des affligés d'obtenir la guérison de cet infortuné. Les prières du bon abbé furent entendues de Celle qu'on n’a jamais invoquée en vain. et la parole aussitôt donnée à ce jeune homme vint rendre un miraculeux témoinage de la vertu de ce pieux serviteur de Dicu. De ce fail, acte notarié fut dressé ; toute une ville en fut

le témoin et le souvenir s'en est transmis par la tradition qui a donné à la famille de ce jeune homme le surnom d’El Mulel, qu'elle conserve encore de nos jours. On a de ce prodige deux témoignages contemporains qui en garantissent l'authenticité. Gaudérique Llanas, prêtre et archiviste de la communauté ecclésiastique de Prades à cette époque, le relate dans les termes suivants : « Als 22 de avril 1669 qu'un fadri de vingt anys home, als peus del confessor lo reverend Joseph Bassols, en la capella de Nostra-Senyora de la Volta, cobra la paraula o la obtingué per medi o per intercessio de Maria Sanctissima. loqual era estat tota la vida mut y se deya Mathias Serrat ; era la segona festa de Pascha. » Hyacinthe Vilar, notaire à Prades en ce temps-là, consigne la merveille en langue latine dans une de ses minutes : « Die lunæ 22 aprilis 1669 secunda die ex festa Pascha Resurrectionis Christi, Pratæ. Deo omnipotenti duce, evenit in præsenti villa Pratæ, quod Mathias Serrat. ætalis viginti annorum aut circa, filius Bartholomæi Serrat, lapidici dictæ villæ, mutus à nativitate qui. dicto ejus patre attestante, nunquam locutus fuit. in ecclesiam Sancti Petri dictæ villæ (coram altare B. M. de la Volta) cum signis significavit reverendo Josepho Bassols ut audiret confessionem suam qui in confessionario positus incipit signo sanctæ crucis se munire et loqui dicens proprio sermone per Lo senyal de la santa Creu, etc. ct prosecutus suam confessionem et abhinc clare locutus fuit et loquitur. attestans gralia loquendi à Deo et preces B. M. de la Volta assecutum fuisse qui vidi antca mutum et hodie loquentem. Ego Hyacinthus Vilar et hœæc ad perpetuam memoriam majorem Dei gloriam scribo. » Un registre intitulé Communauté des prêtres de l'église de Prades, acles, ventes el capbreus apprend que le 28 septembre 1688. Joseph Bassols fut élu syndic de la communauté de l’église de Saint-Pierre. Il continua à vivre dans la plus parfaite humilité. S'étant rencontré un jour avec Ferdinand Costa, religieux camaldule, de passage à Prades. Joscph Bassols l’appela par son propre nom, sans qu’il l'eut jamais vu : le saint moine en fit autant, bien qu'il ne connut point le saint prêtre. Joseph Bassols mourut à Prades, le mardi 22 janvier 1697, à l'âge de 69 ans. ct fut enterré le lendemain dans l’église Saint-Picrre. Sur sa tombe on grava l'épitaphe suivante : « {Lie jacel rev. Josephus Bassols presbyler erimiæ pielalis qui ad meliorem vilam transiil die 22 januarü 1697 ætlalis suæ 70.n En 1833, l’archiprêtre Roca fit pratiquer des fouilles dans son église paroissiale, en dessous de la pierre tumulaire placée au fond des marches du chœur, du côté de la sacristie. « A fleur de terre, écrit-il dans les notes qu'il a consignées à l'intention de ses successeurs. j'ai trouvé quelques ossements,

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et à une certaine profondeur quelques feuilles de laurier assez bien conservées, voilà tout. Comme les marches ont été placées longtemps après la mort de M. Bassols. il est à présumer que Îla pierre tumulaire a élé avancée vers la nef, et que la dépouille mortelle du saint prêtre a été laissée sous ces marches. Au commencen:ent que j'étais curé et avant les fouilles, j'avais entendu dire à une de mes tantes, née en 1762 et décédée en 1848, qui avait vécu ellemême avec une grand'mère, fort avancée en âge, mariée en 1734, qu'en 1731. époque où l’on plaça les degrés en marbre. les ouvriers trouvèrent un cercueil entouré de feuilles de laurier encore fraiches. Quoi qu'il en soil, il est certain que la mémoire du Rév. Bassols a toujours été précieuse dans la paroisse et que, dans certaines maisons, l’on conserve des croix qui lui avaient appartenu. On lui attribue des miracles. » |

E. DELAMONXT. Histoire de la ville de Prades. — Archives parois-

siales de l'église de Prades. — Etude de M° Barrère, notaire à Prades, actes de l'an 1669.

BASTER (Jean), patron d'une nef ou navire du port de Collioure qu'il dût mettre à la disposition d’Alphonse V, au mois de mars 1420, pour opérer le transport des troupes et des chevaux du Roussillon en Sardaigne. Après avoir rejoint la flotte aragonaise au port des Alfachs, cette galère servit durant l'expédition de Sicile et pendant les sièges de Calvi et de Bonifacio, en Corse.

Archives des Pyr.-Or., B. 217, 219.

BASTEROT (Prosper de La Barrière, chevalier de), architecte du département des Pyrénées- Orientales, durant la Restauralion et sous le règne de Louis-Philippe. a popularisé les monuments et les ermitages du Roussillon à l’aide de deux publications : Voyage pittoresque dans le département des Pyrénées-Orientales (en lithographies représentant les principaux sites et monuments du pays), Perpignan, Chapé. 1824-1825, in-4° ; Voyage aux ermilages des Pyrénées-Orientales, Perpignan, Aubry et C'°, 1829, in-folio. 12 pages de texte et 20 de lithographies. Il mourut à Perpignan le 14 septembre 1844. Un portrait qui se trouve dans le cabinet de l'archiviste départemental, à la Préfecture des Pyrénées-Orientales, représente le chevalier de Basterot à l’âge de trente-quatre ans.

BATLLE (Arnaud) était un homme de loi, natif de Peralada, en Ampourdan. qui, se trouvant déjà fixé à Perpignan en 1272. s'attacha à la fortune de l’infant Jacques. futur roi de Majorque. Après l’avènement de ce prince au trône, il fut nommé conseiller et juge du nouveau souverain dans la capitale

de son royaume. La maison de ce magistrat était située, à Perpignan, sur la ruelle appelée lo Trauc, qui fait communiquer la rue de la Fusterie avec la place actuelle du marché. Le 16 avril 4279, il obtint du roi Jacques l'autorisation de construire cet immeuble qui est un empiètement sur la voie publique et qui s'est maintenu jusqu'à nos jours avec la dénomination de 7rauc d'en Arnaud Batlle.

Le dévouement qu'il porta à la dynastie majorquine attira au conseiller de Jacques [° l’inimitié du roi d'Aragon. Celui-ci étant venu à l’improviste à Perpignan, en 1285, et n'ayant pu se saisir du roi de Majorque, son frère, fit arrêter Arnaud Batlle et un autre des conseillers royaux, Guillaume de Puig d'Orfila, originaire de Collioure.

Arnaud Batlle ne larda pas à refaire sa fortune. H acquit le fief de Castell-Vell, près de Salces. et, satisfait de ses hautes fonctions judiciaires qu'il remplit jusqu'à la fin de ses jours. il ne prit jamais d’autre titre que celui d'homme de loi. Il eut deux fils: Pierre, l’aîné, qui reçut le titre de chevalier, et Bérenger, qui fut successivement évêque d’'Elne et de Mallorca.

LEcoY DE LA MarcuE, Les relalions politiques de la France avec le royaume de Majorque. — Archives des Pyr.-Or., B. 330.

BATLLE (Bérenger), fils d'Arnaud Batlle, conseiller du roi Jacques [” de Majorque, naquit à Perpignan, dans la seconde moitié du XIIT siècle. Après avoir été successivement sous-chantre de l'église d'Elne, en 1287, et archidiacre de Vallespir, en 1309. Bérenger Batlle recevait, le 3 décembre 1320. des bulles du pape Jean XXII qui lui donnaient la succession de Bérenger d’Argilaguers sur le siège d'Elne. Lors de sa promotion à l’épiscopat, Bérenger sc rendit à la cour papale d'Avignon où il reçut la consécration des mains de Bérenger de Frédol, évêque de Porto. L’onction sacerdotale dut lui être conférée dans cette même ville, puisqu'il n'était que diacre au moment de son élévation au siège d'Elne. Le 21 décembre 1320. le Souverain Pontife lui délivrait des lettres de congé pour lui permettre de s'éloigner d'Avignon et rentrer dans son nouveau diocèse.

C'était l'époque où Perpignan. capitale et résidence des rois de Majorque. prenait de l’extension et de l'importance. Malgré l'érection de trois autres paroisses (Saint-Jacques, 1260, Saint-Mathieu, la Réal, 1300), l'église du vieux Saint-Jean, consacrée en 1025, n'était plus en rapport avec le nombre des habitants. Fallait-il agrandir l’église-mère ou construire parallèlement un nouvel édifice sur des proportions plus vastes ? Après de longues hésitations. le projet de l'opus novum fut adopté. La construction de la cathédrale actuelle fut un des premicrs

BATLLE

projets conçus par Bérenger Batille, dès sa venue dans le diocèse. Le 7 juin 1321, il appliqua les revenus des bénéfices vacants de l’église Saint-Jean de Perpignan à l'édification d’une nouvelle église de ce nom, à côté de l’ancienne. A ta charte qui porte cette disposilion et qu'on trouve aux archives de l'hôpital Saint-Jean est suspendu le sceau de ce ponlife. Sa forme cest ogivale ; le moule, en cire brune, est recouvert, à la partie antérieure. d'une plaque en cire rouge qui montre l'évêque mitré, debout sur un socle, la crosse dans la main gauche et la main droite levée, donnant la bénédiction. Ce sceau fort détérioré, brisé en plusicurs endroits, laisse pourtant lire la légende en caractères gothiques : S BerenwaRii: BAYULI: PROVIDENCITA : DIVINA: ELNEN- SIS : EP iscop I.

Il ne fallut pas moins de trois ans avant de pouvoir mettre la première main aux travaux. Le 27 avril 1324, Bérenger posa la seconde pierre de l'édifice religicux qui fait l’ornement de la ville de Perpignan, ainsi qu'en témoigne l'inscription suivante gravée sur Île pilier droit de la petite porte. contre la chapelle de Notre-Dame du Mont-Carmel :

Lapis. secundus. quem. re verendus. Dominus. Berengarius. Ba iuli. gralia. Dei. Elñen

sis. Episcopus. posuil. in fundamento. islius. ecclesiæ

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