VILLA — VILLE
VILLA (Dominique-Paul) naquit à Saint-Gaudens (Haute-Garonne). Il entra dans l'Ordre de la Merci, fut ordonné prêtre et pourvu du doctorat en théologie. Dominique-Paul Villa devint provincial de son Ordre en France. Au dire des Mémoires de Joseph Jaume, il sembla, pendant son provincialat, mettre le désordre dans les couvents au point que la suppression de la Merci faillit être décrétée en France. « Villa, ajoute cet historien, voyant finir le temps de son provincialat, fit un voyage en Espagne où était le général de l'Ordre et en obtint une commission de vicaire-général. qui le mit au-dessus du provincial, afin de pouvoir commander, car il avait l'esprit de domination, » C'est avec cetitre qu'il vint à Perpignan, dans le couvent de son Ordre, et qu'il y terrorisa ses subordonnés. Lors de la visite faite par les officiers municipaux au couvent de la Merci, Villa déclara, Le 26 avril 1790, qu'il était « dans l’intention constante de vivre et de mourir dans son couvent d'affiliation. » Mais dès le mois de mars de l’année suivante, il avait déjà prêté le serment à la Constitution civile du clergé, pour occuper une chaire de morale à l'Université de Perpignan. Le 18 juin 1791, Dominique-Paul Villa entra comme directeur au séminaire constitutionnel, puis remplit en 1792, les fonctions de vicaire à Saint-Mathieu, sous la direction du curé-patriote Chambon (voir ce nom). 1l se hissa bientôt aux premiers rangs du clergé constitutionnel, et, à force d'’intrigues, finit par devenir en 1797, président du Presbytère et, en 1798, évêque schismatique des Pyrénées-Orientales. « Villa, raconte Bernard Mathieu, dans son Episcopologie inédite, a été élu le 25 février 1798... N'importe le degré de fidélité ou de nullité des verbaux, il réunit au premier scrutin 415 suffrages seulement sur 150. Au second scrutin (3252 votes), Rolland en eut 481 ; Verdié, 579; Villa 1178, dont 14 seulement de Perpignan. Au troisième scrutin (4568 votes), Villa en eut 2335, dont 28 seulement de Perpignan et de l'arrondissement. M. Villa se proclama élu évêque à Saint-Jean, en chaire et à l'issue de la grandmesse... » Dominique-Paul Villa fut sacré évêque dans l’église Saint-Jean de Perpignan, par Hyacinthe Sermet. ex-provincial des Carmes déchaussés, métropolitain du département de la Ifaute-Garonne, assisté des évêques intrus de l'Ariège et de l'Aveyron. « Non content de se déclarer soumis aux lois civiles, dit M. l'abbé Torreilles, Villa se proclama fidèle observateur des lois canoniques, en communion avec le Saint-Siège, évêque de la sainte Eglise... A la mort de Pie VI, il adressa même aux fidèles une lettre pour leur communiquer la perte douloureuse d’un tel Pontife. et, sur ses ordres, le clergé constitutionnel célébra des services funèbres pour le Pape qui avait tant de fois condamné la secte. Ce fut aussi
pour mieux séduire les gens simples que chaque intrus enseigna, comme jadis, le catéchisme catalan et français de Mgr de Lanta, en exceptant seulement l'article de la dime. » Dominique-Paul Villa provoqua des réunions synodales du clergé constitutionnel auxquelles n’assista qu’uneinfime minorité d’ecclésiastiques. Le premier synode diocésain fut tenu le 17 mai 1198 sous la présidence de Villa, qui, au rapport de Bernard Mathieu, fit tous les frais du travail. Une seconde assemblée du clergé constitutionnel, qui fut convoqué pour le 10 avril 1799, ne réunit que vingt-deux prêtres autour de Villa. Le dernier synode que Villa tint le 15 avril 1801, fournit un contingent insignifiant d’ecclésiastiques assermentés. « Pour donner un regain de vie à un corps qui se mourait, écrit M. l’abbé l'orreilles, Villa quémanda douze prêtres à l’évêque de Barcelone, multiplia les visites pastorales, provoqua des réunions synodales, mais toutes ses tentatives demeurèrent stériles. Mgr de Barcelone refusa tout rapport avec un schismatique, la désertion des fidèles s’accentua si bien que Villa ne put réunir que deux jeunes filles à la dernière confirmation solennelle donnée à Saint-Jean ; les synodes devinrent de moins en moins nombreux. » Villa assista au dernier conciliabule tenu à Paris par le clergé constitutionnel, et, en exécution du Concordat, passé le 15 juillet 1801 entre Pie VII et le gouvernement français, se démit de l'évêché de Perpignan. Il se retira dans une maison particulière qu'il avait achetée à Perpignan, sur la paroisse de Saint-Mathieu. C’est là qu’il mourut le 22 janvier 1814. Il fut enterré le lendemain et le clergé de sa paroisse seul assista aux obsèques. Le convoi fut simple; il fut dépourvu de toute pompe et de signes particuliers, capables de rappeler le souvenir de la prétendue dignité de Villa. Memoires de Jaume. — Abbé TorReiLLESs, Jlisloire du clergé
dans le département des Pyreneées-Orientales pendant la Revolulion française.
VILLE (Ludovic), né à Rivesaltes le 26 février (819, passa son enfance au collège de Perpignan où il eut pour professeur le savant Crova. Reçu fort jeune à l'Ecole polytechnique, Ludovic Ville en sortit, en 1839, avec un des premiers numéros, pour rentrer dans l'Ecole des mines. En 1847, il fut attaché au service de l'Algérie. Il consacra toute son activité à l'étude du sol de cette importante colonie française et remplit dans ce pays les fonctions d’inspecteur général des mines jusqu’en 1877. Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1854, Ludovic Ville qui avait été nommé ingénieur en chef dans l'arrondissement minéralogique de Carcassonne, en 1860, vit plus tard ses services récompensés par sa promotion au grade d'officier de la Légion d’hon-
neur. Parmi les divers ouvrages qu'il a publiés ct qui sont consultés avec fruit par toutes les personnes s'intéressant aux questions minéralogiques, il convient de citer: Recherches sur les roches, les eaux el les giles minéraux des provinces d'Oran el d'Alger. 1853 ; Nolice minéralogtqne sur les provinces d'Oran el d'Alger, avec carte géologique, 1861 ; Voyage d'erploration dans les bassins du Hodna et du Sahara, 1868 ; Exploration géologigue du Béni-M:ab, du Sahara et de la région des sleppes de la province d'Alger, 1875. Ces quatre volumes ont été donnés par l’auteur au Conseil municipal. pour être déposés aux archives de sa ville natale. Ville est décédé, le 11 mai 1877. à Argelés (Hautes-Prvréncées). L'Algérie. son pays d'adoption, a donné son nom à un village de création récente : Fillemines.
CasrTELLO et LLOUQUET, Rrivesalles.
VILLOSLADA (Philippe de) fut nommé abbé de Saint-Génis-des-Fontaines en 1628, pour un espace de trois ans. Placé une seconde fois à la tête du même monastère en 1638, ce prélat, qui était un prédicateur remarquable, s'adonna, avec plusieurs religieux bénédictins, au ministère apostolique, ausein de la garnison militaire de Perpignan. Philippe de Villoslada mourut dans cette ville. le 24 octobre 1639, avec sept autres moines de l'Ordre de Saint- Benoît, qui entendaient les confessions des soldats atteints d'épidémie, à l'hôpital de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 443. — Gallia chrisliana, VE, col. 1108.
VIVER (Pisrre de!), damoiseau, acquit par voie d'héritage le château et la seigneurie de Calce que lui transmirent les chevaliers Arnaud et Français de Verniola. Ce dernier avait servi à ses frais dans toutes les expéditions du roi Alphonse le Mauwnanime. Îl mourut glorieusement dans un combat naval. C'est en considération des services de François de Verniola que la reine Marie, en 1432, réduisit à cinquante livres les droits de mutation du fief de Calce en faveur de Pierre del Viver.
Archives des Pyr.-Or., B. 254, 268.
VIVER (Guillaume del), damoiseau, possédait la sciswneurie de Calce, sous la domination de Louis XI en Roussillon. En 1480, le Procureur royal paya à Guillaume del Viver, des rentes sur les aides et les impositions de la ville de Perpignan.
Archives des Psr.-Or., B. 311.
VIVER (Jacques del) était seigneur de Calce au début du xvr siecle, sous le règne de Ferdinand, roi de Castille et d'Aragon.
Archives des Pur.-Or., B. 357, 418.
VILLOSLADA — VIVER
VIVER (François del), seigneur de Calce, donna son adhésion à la confrérie naissante de Saint- Georges que la noblesse roussillonnaise fonda à Perpignan, le 3 août 1562. Il eut un fils Séraphin, dont la notice suit.
Archives des Pyr.-Or., B. 374.
VIVER (Séraphin del), fils et héritier du précédent, était en possession de la seigneurie de Calce, dés l'année 1572. Il épousa Anne la fille ainée de Gérard de Sant-Marti, qui lui apporta en dot les fiefs de sa famille. c'est-à-dire les lieux de Maurcillas et de Saint-Martin de Fenouillar. À sa mort, Séraphin del Viver laissa trois enfants : Thadée qui fut son hérilier ; Joscph qui devint plus tard archidiacre de Vallespir, puis évêque élu d’'Elne, et Jeanne, qui se maria à François de Tamarit, domicilié à Barcelone.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), $13.
VIVER (Thadée del), fils aïné et héritier du précedent, réunit sous son nom les fiefs de Calce. de Maureillas et de Saint-Martin de lFenouillar. 11 contracta alliance, en 1610, avec Marie, la fille de Jacques Alemany de Descallar, domicilié à Manresa, qui était seigneur des châteaux et lieux de Palmarola, Callus, Saint-Barthélemy del Grau, et de Marie de Llupia. Thadée del Viver avait sa maison d’habitation à Perpignan, sur la rue d’Espira, là où se trouve actuellement la Trésorerie générale. Il descendit dans la tombe en 1638, laissant cinq enfants : Ignace, âgé de sept ans, dont la notice suivra ; Catherine. qui devint l'épouse de Gérard d'Oms (voir ce nom) : Marie-Anne. qui contracta alliance avec Joseph de Pagès (voir ce nom). seigneur de Saint-Jean-pla-decorts ; Françoise; et Maric-Thérèse. chanoinesse au monastère de Saint-Sauveur. Thadée del Viver fut inhumé dans le sanctuaire de l'église du couvent des Grands-Augustins de Perpignan, qui était placée sous le vocable de Notre-Dame de Grâce, dans le caveau où ses aïeux étaient ensevelis. Son épouse, Marie, le suivit quelque temps après dans le tombeau. Elle mourut le 29 avril 1639.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 813. |
VIVER (Joseph del), frère cadet du précédent, entra dans les ordres. Il ne tarda pas à être pourvu d'un canonicat au sein du chapitre de Saint-Jean, puis recueillit, en 1628, la succession de Montserrat Boixo à l'archidiaconé de Vallespir. Le 28 février de cette année-là, le nouvel évêque d'Elne, Lopez de Mendoza, envoya des lettres de procuration à Joseph del Viver, le chargeant de prendre possession du siège épiscopal en son nom. François Pérez Roy, qui fut nommé à l'évêché d'Elne le 21 janvier 1638, choisit l'archidiacre de Vallespir pour son vicaire général.
VIVER — VIVERS
Joseph del Viver était, en outre, chancelier de l'Université de Perpignan. Il fut désigné par François Perez Roy comme son représentant au concile provincial qui se tint à Barcelone en 1640. Louis NITT, devenu maitre du Roussillon en 1642, nomimna Île {3 avril 1643, Joseph del Viver au siège épiscopal d'Elne, à la place de Perez Roy, transféré à Cadix. Mais le Pape refusa de préconiser le nouvel élu pour une question de principe. Tant que la possession du Roussillon et de la Catalogne n'aurait pas été réglée par un traité entre Paris et Madrid, le privilège de la nomination aux diswnités ecclésiastiques revenait au roi d'Espagne. Mazarin tourna la difficulté en faisant nommer par le chapitre de la cathédrale Joseph del Viver, vicaire capitulaire du diocèse d'Elne. Joseph del Viver ménagea toutes les susceptibilités des roussillonnais, en usant le moins possible de ses droits. Le chapitre d'Elne prit sous son administra- Lion, une influence tellement prépondérante qu'on l'aurait cru seul chargé des intérêts religieux. Le 3 avril 1645, Joseph del Viver publia une ordonnance afférente à la procession votive de la fête de saint François de Paule, et le 2 juillet 1647, il procéda à la visite canonique de l’église Saint-Jean de Perpignan. Mais sa situation était si effacée, qu’en 1648 Marca voulut, pour la relever, faire sacrer Joseph del Viver, évêque in parlibus. Cette proposition ayant échoué, le vicaire capitulaire du diocèse d'Elne s'effaca plus encore. Il abandonna le parti de la France en 1652, trempa dans la conspiration tramée par Thomas de Banyuls dans le but de rendre Île Roussillon à l'Espagne, puis se retira à Barcelone, où il fut pourvu d'un prieuré sous le vocable de sainte Anne. Après son départ, le diocèse d'Elne fut en proie aux troubles que suscitèrent les rivalités des deux vicaires capitulaires Jérôme Lléopart et Sébastien Garriga (voir ces deux noms) durant une période de seize ans (1653-1669). Des chagrins domestiques attristèrent les dernières années de l'existence de Joseph del Viver. Au mois de janvier 1650, il avait eu la douleur de perdre son neveu et pupille, Ignace, alors que ce dernier était à la fleur de l’âge et l’unique héritier male de la maison et du nom del Viver. Joseph del Viver finit ses jours à Barcelone, dans son prieuré de Sainte-Anne, vers l'année 1670.
Archives des Pvr.-Or., E. (Titres de famille), 813. G. 26, 259. — PuicGart, Calaloque biographique des évêques d'Elne. — Abbé ToRREILLESs, La vacanee du siège d'Elne (1643-1669), dans Île
XL Bullelin de la Sociélé Agricole, Scientifique et Lilteraire des Pyrenees-Orientales.
VIVER (Ignace del), neveu du précédent, naquit en 1631. A l’âse de sept ans, il perdit son père. Son oncle, le chanoine Joseph del Viveradministra pour lui les seigneuries de Calce, de Maureillas et de
Saint-Martin de Fenouillar. Ignace del Viver descendit jeune dans la tombe. Il avait testé en 1650, la veille de sa mort. Ignace del Viver légua sa fortune à <a sœur, Marie-Thérèse, qui était chanoinesse de Saint-Sauveur à Perpignan. Celle-ci se retira à Barcelone. en 1653, à la suite de son oncle, le vicaire capitulaire d'Elne, Joseph del Viver.Elle ne retourna à Perpignan qu'en 1663, pour se faire restituer les biens de famille qui avaient été confisqués.Le 7 sep- Lembre 1663, elle prêta serment de fidélité au roi de l‘rance entre les mains de François Romanya, viguier de Roussillon ct du Vallespir. Son cousin Thadée d'Oms del Viver attaqua le testament d’'Ignace del Viver. Il invoqua le testament que son grandpère Thadce del Viver avait écrit en 1638, les dispositions de cet acte réservant les biens et les titres de famille aux descendants mâles des branches féminines de sa famille. Ün accord eut licu en 1665, entre Marie-Thérèse del Viver et Thadée d'Oms (voir ce nom), Celui-ci fut déclaré l'héritier de la maison del Viver. avec charge pour lui de porter le nom et les armes de cette famille.
Archives des Pyr.-Or., B. 401, E. (Titres de famille), 813.
VIVERS (Guillaume dez), chevalier, était seigneur du chätceau de Vivers, situé près de Céret, au début du xiv” siècle. Le roi Jacques I” de Majorque lui concéda la juridiction criminelle sur le terri- Loire de cette dernière localité.
Archives des Pyr.-Or., B. 190.
VIVERS (Bérenger dez), damoiseau, vivait vers le milieu du xrv° siècle. Il tenait des fiefs à Céret, pour le vicomte de Roda, qui furent mis sous le sequestre par Arnaud Porta.résent de la Procuration royale du Roussillon et de Cerdagne, sous le règne de Pierre-le-Cérémonieux. Bérenger dez Vivers unit ses destinées à Arsende, la fille du damoiseau Pierre d'Ürg.
VIVERS (Guillaume dez), damoiscau, fut mis à la tête de la châtellenie de Puyvalador par le roi d'Aragon, Jean I”. Au xv°, sivcle, la famille roussillonnaise de Vivers ou dez Vivers se divisait déjà en diverses branches qui étaient établies à Pia, Alénya, Château-Roussillon, Palau-del-Vidre ct Canet.
Archives des Pyr.-Or., B. 147.
famille de: Vivers, de Pia VIVERS (Bernard dez) remplissait la charge de baïilli à Pia, en 1402. Comme tel, il défendit les inté-
rêts de François de Conzie, archevêque de Narbonne et scigsneur de Pia, contre Martin Garcia, sous-col-
lectionneur des décimes ecclésiastiques, qui réclamait le payement de la taxe imposée au fief de Pia. Le montant s'élevait annuellement à la somme de 37 livres, 3 sols, 6 deniers. Bernard dez Vivers fit opposition à l'imposition, et expliqua son refus de payement, en disant que l'archevêque de Narbonne était déjà exempté des décimes par les privilèges de son église. Il ajouta encore que le château de Pia était un bien séculier, puisque les prédécesseurs de François de Conzie l'avaient acquis d’une personne laïque.
Archives des Pyr.-Or., B. 180.
VIVERS (Cyr dez), damoiseau domicilié à Pia, suivit le roi Alphonse V dans l'expédition militaire du royaume de Naples. En 1464, le Domaine saisit à la veuve de Cyr dez Vivers les censaux qu'elle percevait sur des propriétés situées à Perpignan, à proximité du Pont de la Pierre.
Archives des Pyr.-Or., B. 408, E. (Titres de famille), 811.
VIVERS (Arnaud-Cyr dez) fut nommé régent de la châtellenie et du bailliage de Salses par la reine Marie, après le décès du chevalier Bérenger Batlle. Une lettre de cette souveraine lui accorda l'autorisation d’exporter à Barcelone le blé de sa récolte du Roussillon, qui était nécessaire à la sustentation des familiers de sa maison.
Archives des Pyr.-Or., B. 253, 255, 274, 281.
VIVERS (François dez), élu abbé d’Arles en 1441. gouverna cette abbaye jusqu'en 1453. Ce prélat éprouva des difficultés au moment de l'entrée en possession de sa dignité ecclésiastique. Il fallut que la reine Marie adressät une lettre aux religieux bénédictins d'Arles pour maintenir François dez Vivers à la tête de leur monastère.
Archives des Pyr.-Or., B. 262. — Gallia christiana, VI, col. 1092.
VIVERS (Michel dez), damoiseau domicilié à Pia. vivait dans la première moitié du xvr siècle. Il avait épousé Isabelle N, dont il eut un fils, du même nom que lui. Michel dez Vivers testa en 1553.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 811,
VIVERS (Michel dez), fils du précédent, contracta alliance, en 1555. avec Stéphanie Forner, fille de Marcel Forner. Philippe IT devait confier, dix ans plus tard, à celui-ci, la châtellenie de Bellegarde. Michel dez Vivers mourut peu de temps après son mariage, laissant un enfant appelé Pierre, qui fut placé sous la tutelle de son grand-père maternel, Marcel Forner.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 811.
VIVERS
VIVERS (Pierre dez), chevalier, fils et héritier du précédent, testa le 27 avril 1573. Etant mort jeune, il légua tous ses biens à sa mère Stéphanie, qui avait convolé en secondes noces avec Michel Giginta.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 811.
Branche des seigneurs d’Alénya
VIVERS (Arnaud dez), fils de Bérenger dez Vivers, seigneur d’Alénya, épousa, en 1422, la fille de Raymond Thomas, de Canet, qui était déjà veuve d'Ilonoré Savarres.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 811.
VIVERS (Thomas dez), seigneur d'Alénya. remplissait la charge de viguierdeRoussillonet Vallespir, en 1462, dès les premiers temps de l'annexion du Roussillon à la couronne de France. Il exerçait, en 1470, l'office de lieutenant du baïlli de Perpignan. Mais après l'entrée des troupes de Louis XI en Roussillon (1475), Thomas dez Vivers, comme les autres membres de sa famille, soutint la politique du roi d'Aragon. Il fut dépossédé de ses fiefs et obligé de quitter le pays natal. À sa mort, il laissa un fils Gaspard, dont la notice suit.
VIVERS (Gaspard dez), fils du précédent, recouvra, en 1493, la seigneurie d’Alénya dont son père avait été précédemment dépouillé. Il contracta alliance avec Catherine N. qui lui donna deux enfants : Bernard, son héritier, dont la notice suit, et Raphaëlle, épouse de François Grimau. Gaspard dez Vivers convola en secondes noces avec Marie Paulet, veuve et héritière de Jean Paulet. À sa mort. survenue vers 1560, cette dernière laissa son patrimoine à Bernard dez Vivers.
Archives des Pyr.-Or., B. 414, 416, E. (Titres de famille), 8f1.
VIVERS (Bernard dez), fils et héritier du précédent, seigneur d’'Alénya, figura dans les rangs des nobles roussillonnais qui fondèrent à Perpignan la confrérie de Saint-Georges, le 3 août 1562. Il épousa Anne Mascaros et de cette union naquirent deux filles: Ursule et Jéromine. Devenu veuf, Bernard dez Vivers unit ses destinées à Isabelle de Taqui, fille de Jean de Taqui, dont il eut un fils, François. décédé sans descendance, et une fille, Barthélemine. Le 1° mars 1513. Bernard dez Vivers vendit à Louis de Çagarriga (voir ce nom), seigneur de Pontos, le lieu et le chäteau d’Alénya, pour la somme de 6.500 livres. Bernard dez Vivers qui portait le nom et les armes de la maison Paulet (voir l'article Jean Paulet) mourut en 1586. Ï1 fut inhumé dans le caveau de famille qui
VIVERS
était creusé à l’église Saint-Jean de Perpignan, sous la chapelle de Saint-Gaudérique et de Saint-Blaise.
Archives des Pyr.-Or., B. 374, E. (Titres de famille), 811.
Branche des Procureurs royaux, seigneurs de Châleau-Roussillon
VIVERS (Michel dez), chevalier roussillonnais, fut honoré de la confiance de Louis XI qui l’investit, le 18 octobre 1465, de l'importante charge de Procureur royal de Roussillon et de Cerdagne, en remplacement de Pierre Granier. Ce souverain reconnaissant les services que Michel dez Vivers rendait à sa cause, lui fit donation, le 11 juillet 1467, des biens et de l'héritage de Bernardine, fille de feu Jean Puig, de Baga. Il l’'exempta aussi des impositions et des subsides levés sur les habitants de Perpignan. Le Procureur royal de Roussillon suivit exactement la même politique que Bernard d'Oms, gouverneur des comtés, bien que la correspondance échangée entre ces deux personnages laisse transpirer une certaine divergence d'opinions et de caractère. Le 17 avril 1469, Bernard d'Oms écrivait à Michel dez Vivers pour lui transmettre des lettres patentes de Louis XI lui intimant l’ordre « de faire mettre en armes tous les nobles, chevaliers, gentilshommes et autres personnes quelconques tenant des fiefs honoréz pour le dit seigneur en ses dits comtés ». Le gouverneur du Roussillon ordonnait en conséquence au Procureur royal de fournir le mémorial et le nom de tous ceux qui détenaient des fiefs royaux, en extrayant cette nomenclature des livres et des registres du Domaine. Le même jour, Michel dez Vivers répondit à Bernard d'Oms qu'il lui était impossible d'obtempérer à ses ordres. Îl se prétendit lié par un serment de fidélité
vis-à-vis du roi de France. C'est à la personne du
souverain ou à son délégué officiel qu'il se croyait seulement obligé de communiquer les secrets du patrimoine royal. Comme il ne constait nullement à Michel dez Vivers que Bernard d'Oms fut pourvu de semblables pouvoirs, le Procureur du Roussillon n’accéda nullement aux injonctions du gouverneur. Ce dernier entra alors dans une grande colère. Le 28 avril 1469, il adressa à Michel dez Vivers une missive par laquelle il lui enjoignit sous peine de confiscation de corps et de biens « de faire et de préparer pour le huitième jour du mois de mai prochain une lance complète et en bon ordre et à point, pour venir avec (les troupes du gouverneur) vers la Cerdagne selon le plaisir et mandements du seigneur roy. » Le lendemain, Michel dez Vivers répondit qu'il ne pouvait croire que Bernard d'Oms eut <ommission ou ordre de Louis XI capable d'astreindre le Procureur royal aux pr?scriptions du gouverneur. La peine dont celui-ci le menaçait était con-
traire au stil du royaume et spécialement des comtés. Le Procureur ne pouvait être obligé à suivre un chef de guerre avec «une lance fournie», occupé comme il l'était de l'administration de son office, qui l’obligeait d'ailleurs à aller seulement auprès de Sa Majesté ou à la Chambre des Comptes. Il n’y avait donc pas lieu de présumer que le roi eùt donné aucun ordre qui put le concerner particulièrement dans le cas dont il s agissait. [Il ne voulait obéir qu'aux ordres que le roi pourrait donner à cet égard. Michel dez Vivers complota en 1472 avec son frère Antoine, seigneur de Château - Roussillon, contre la domination de Louis XI. Il fut un des principaux défenseurs du roi Jean IT d'Aragon, après l'entrée de ce prince dans la ville de Perpignan (1* février 1473). Le 14 mars 1475, le roi de France s’empara de nouveau de la capitale du Roussillon, et Michel dez Vivers fut livré comme ôtage à Louis XI. Il ne retourna plus dans son pays natal. Michel dez Vivers avait épousé en 1466, Raphaëlle, fille de Bernard de Labian, damoiseau qui était domicilié à La Bisbal. De cette union étaient issus le Procureur royal Jean dez Vivers, et Gabriel dez Vivers, prévôt de Canohès et chanoine d’Elne, dont les notices suivront.
Archives des Pyr.-Or., B. 288, 289, 291, 292, 408, 409, 410.
VIVERS (Antoine dez), frère du précédent, contracta mariage, en 1466, avec Grimalde, fille unique de Jean Grimau et héritière de la seigneurie de Château-Roussillon. « Il ne paraît pas, raconte l’historien Bernard Alart, que l'époux de Grimalde ait accepté aucun emploi de Louis XI; mais dès 1463, son frère aîné, le chevalier Michel dez Vivers était procureur royal des fiefs dans les comtés de Roussillon et de Cerdagne. Une vaste conspiration se préparait contre la domination française, et les principaux conjurés, Charles d’'Oms, Pierre d'Ortaffa et les deux frères Antoine et Michel dez Vivers, craignant sans doute les révélations d'un certain Terrades de Perpignan arrêté le 10 avril 1472, se répandirent dans la campagne et se saisirent des châteaux de Força-Réal, Rodès, Corbère, Castellnou et Laroque d'où ils firent une guerre de guerillas contre les troupes et les partisans de la France. Antoine dez Vivers s'établit à Força-Réal et saisit toutes les occasions de faire payer aux habitants de Millas les sympathies que cette ville ne cessa de montrer à cette époque pour l'administration française. Tous les moyens semblaient bons aux chefs de bande roussillonnais, dès qu'il s'agissait des partisans de la France. C’est ainsi qu'à la date du 25 mars 1173, « Guillem Carbonnell, tisserand de Perpignan, reconnaît devoir à l'honorable donzell Antoine dez Vivers 160 florins d'or et de bon poids, en raison du rachat et composition des personnes
des fils de Guillem Cirach, de Raymond Boher, et d'un certain Roger, tous de Millas, que le dit donzell retient comme prisonniers de bonne guerre; promettant de paver ladite somme à l'instant même, ou, au plus tard, dix jours après leur délivrance, dans la ville de Perpignan, ou en tout autre lieu à son choix. » Toutes les populations se soulevaient d'ailleurs au cri d'Aragon, et lorsque le roi Johan II eut quitté Barcelone (29 décembre 1472) pour soutenir l'insurrection qui se faisait en son nom, il trouva à Castello d'Empories (11 janvier 1473) les consuls et délégués d’Argelès et ceux d'Arles (18 janvier) qui imploraient sa protection et lui offraient les clefs de leur ville. Elne ouvrit aussi ses portes, et le roi ayant pénétré dans Perpignan le 4” février suivant, la garnison française eut à peine Île temps de se réfugier au château. Les partisans d'Aragon rejoigænent le roi à Perpignan, et les deux frères dez Vivers figurent parmi ses principaux défenseurs. Mais lorsque cette ville fut obligée de rouvrir ses portes aux armées de Louis X1 après un siège de plus de deux ans (14 mars 1415), Michel dez Vivers fut livré comme ôtage au roi de France, tandis que son frère se retirait avec les troupes aragonaises de l’autre côté des Pyrénées. Les individualités provinciales ont disparu depuis longtemps au sein de l'unité française, et l’on ne peut que déplorer et condamner aujourd’hui la prise d'armes et les excès des patriotes roussillonnais, en ajoutant le crime de lèse-majesté et de félonie, à la charge de plusieurs d'entre eux qui avaient faussé la foi jurée. Mais ilne faudrait pas connaître le cœur de l'homme pour croire qu'un simple protocole, à l'aide duquel Louis XI s'était adjugé le Roussillon, püt étouffer l'esprit de nationalilé chez nos ancêtres, aigris et humiliés de devenir français malgré eux. Trop de consanguinités liaient alors les catalans des deux versants des Pyrénées ; ils se levèrent tous au nom du roi d'Aragon et donnèrent leur sang et leur fortune à la patrie roussillonnaise, que la plupart d'entre eux ne revirent jamais. Ne sont-ils amnistiés, d'ailleurs, par l’infernale politique de l'ennemi qu'ils combattaient ? Qu'on lise, en effet, les instructions données par Louis Xfausire du Bouchage, au mépris de tous les articles de la capitulation de Perpignan : « Mettra tous les nobles qui se sont armés contre le roy dehors, et donnera leurs héritages à ceux qu'ils seront bien aigres, pour garder que les gentilshommes ne relournent plus au pays (23 mars 1475)... — On m'a dit que d'Ortaffa et Vivers sont retournés... Si vous pouvez m'en venger, vengez-Mmen, sinon faites-les déloger... Faites écrire en un beau papier tous ceux qui ont été et seront désormais traitres dedans la ville... etles laissez à Boffile, au Poulailler, ou à celui que vous laisserez gouverneur par delà,