BÉRENGER
teaux et forteresses. On restitua aux religieux tout ce qui leur avait été saisi dans cette circonstance.
Inventaire de dom d’Agullana. — LEcoY DE LA MARCHE, Les relalions politiques de la France avec le royaume de Majorque,
t. FI — Abbé J. Carrie, Vernel-les-Bains, la commune. la ecluilellente, les thermes, Perpignan, Payret., 1905.
BÉRENGER LI, évèque d'Elne. était fils du comte Oliba-Cabréla, qui prit lhabit de Saint-Benoît et mourut au monastère du Mont-Cassin, et de la comtesse Ermengarde, son épouse. Le 10 février 993, il concourut, à raison de ses droits paternels, avec sa mère alors veuve et ses frères, Bernard, comte de Besalu, et Guifred, comte de Cerdagne, à un acte de donation en faveur du monastère de Sainte-Marie d'Arles. Le 19 novembre de la même année, il consacra l'église de Saint-Étienne de Fontanills, près d'Arles, et celle de Saint-Martin de Palalda. Le 15 décembre suivant, Bérenger assista à un plaid tenu à Castellnou par Ermengarde, sa mère, où il fut reconnu que l'alleu de Torderas appartenait à l'abbaye d'Arles. I est dit dans cet acte que les Lémoins prêtèrent serment sur l'autel de Saint-Martin de Torderas ct sur les corps des saints martyrs Abdon et Sennen.
Marca hispanica. col. 947, 48. — Puiccani, Catalogue biographique des évèques d'Elne.
BÉRENGER I, évéque d'Elne, témoigna, en 999, dans un acte passé entre Miron et Sintille, abbé d'Arles. Le 22 février de l'an 1000, il fut présent à la donation que Bernard, comte de Besalu, fit du monastère de Saint-Paul, appelé Monisat, dans le pays de Fenouillèdes, à l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa. On le retrouve, le 1° novembre de la même année, dans un plaid au sujet d'un alleu qui fut adjugé à son église d'Elne. Le 15 mars de l'an 1000, le même prélat échangea les églises de Saint-Etienne de Fontanills et de Saint-Martin de Cortsavi avec Sintille, abbé d'Arles, qui lui céda en contre-échange Îles alleus de Montescot, de Villanova-la-Raho et de Finestret. Il figure encorc dans une donation de plusieurs fonds de terre faites par Prin, le 15 juillet 1001, Enfin, le 23 septembre 1003, il souscrivit avec d'autres évêques l'acte de consécration de Péglise de Besalu. Zurita rapporte que Bérenger, évêque d’Elne, fut tué l'an 1003 à la balaille d'Albesa, où Raymond Borrell, comte de Barcelone, défit les Maures.
Marca hispanica, col. 9$4. — FLorez. España sagrada, LS. —
Zur, Indices rerum ab Aragoniæ regibus gestarum., — Puicquu, Calalogue biographique des évêques d'Elne.
BÉRENGER HE, évèque d'Elne, appartenait à la noble famille de Senfred de Gurb, château près de Vich, en Catalogne. En 1019, il fit partie d’une nombreuse réunion de prélats qui eut lieu à Gérone pour
assujettir à la vie commune les chanoines de la cathédrale. Les chanoines d’Elne vivaient déjà sous ce régime, on ne sait depuis quelle époque, lorsque, par une délibération capitulaire prise avec l’évêque Bérenger, l'administration de leurs biens fut commise à l'archidiacre Uzalgar., de la maison vicomtale de Castellnou. Mais bientôt cet infidèle économe s’'appropria ces biens ct s'en assura la possession par la force des armes et l'appui de ses satellites. Les comtes de Roussillon et d'autres puissants seigneurs se rendirent à Elne avec l’'archiprêtre de Narbonne, Guiffred de Cerdagne, pour l'obliger à s'en dessaisir ; ils ne purent rien obtenir. Uzalgar fut tué dans un combat, mais deux de ses proches parents s'emparérent à leur tour, comme par droit de succession, de tout ce qu'il avait usurpé et le gardèrent malgré les réclamations réitérécs des évêques Bérenger IV, Artal T et Suniaire III. Le 29 mars 1025, Bérenger échangea avec l'abbé de Saint-Martin de Canigou, Sclua, son église de Saint-Saturnin de Vernet contre celle d’Arria. La même année, le 16 mai, il consacra l'église du vieux Saint-Jean de Perpignan, que des hommes pieux avaient édifiée. En 1027, et le 16 mai, en l'absence de Bérenger, Oliba, évêque d’Ausone (Vich) et abbé de Saint-Michel de Cuxa, chargé de l'administration du diocèse d’Elne, célébra dans les prairies de Tolujes un synode où furent confirmés les statuts pour la Tréve de Dieu qui, déjà prescrits auparavant par ces deux prélats, étaient mal observés. On y défendit, à qui que ce fut, sous de fortes peincs canoniques, d'attaquer son ennemi depuis l'heure de none du samedi jusqu'au lundi à l'heure de prime. Cette trêve, appelée de Dieu ou du Seigneur parce qu'elle devait s'observer le dimanche, est la plus ancienne que l’on connaïisse. La date en a été changée en celle de 1047 par Baluze, qui a fait presque autorité à cel égard, malgré la hardiesse, les complications et le malentendu de ses conjectures, malgré le sentiment des célèbres Cossart, Ducange, Fleuri et les actes authentiques de cette assemblée que Taberner assure avoir vus et qui, de l'aveu méme des frères de Sainte-Marthe, portaient la date de 1027.
Puiccant, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — Publicaleur des Pyrenees-Orientales, 1837, n°7 21,
BÉRENGER IV, é\êque d'Elne, était fils de Guiffred, comte de Cerdagne. I assista, le 15 janvier 1032, à la dédicace de l'église de Sainte-Marie du monastère de Ripoll. Le 21 septembre 1038, il concourut à celle de la nouvelle collégiale de Gérone, et le 23 octobre, à celle de la basilique d'Urgell. Il assista au concile de Narbonne, tenu le 17 mars 1043, dans lequel furent excommuniés les envahisseurs des biens du monastère de Saint-Michel de Cuxa. En
BÉRENGER — BERGA
1045, il fut présent à la dédicace de l'église de Saint- Michel de Fluvia, en Ampurdan, et le 15 novembre 1046, il consacra celle de Sainte-Marie d'Arles. Le 10 août 1053, Raymond, abhé de Saint-André, lui concéda le droit d'amener à Elne et partout ailleurs une dérivation du Tech à travers le territoire de l'alleu de Saint-André et celui de Saint-Martin de la Riba. La même année, Bérenger assista à un concile mixte tenu à Elne, le 10 décembre, où le chapitre de celte cité fut indemnisé des pertes que lui causèrent les spoliateurs qui l'avaient ruiné. L'évêque luimême lui restitua le village de Salellas.
Marca hispanica, col. 482, 1050, 106%, 1069, 1087, 1090. — Puic- Gart, Calalogue biographique des évèéques d'Elne.
BÉRENGER V, évêque d’Elne, consacra l’église de Saint-Vincent d'Eus, en Conflent, le 11 février 1187.
BÉRENGER VIII, évêque d'Elne, inféoda, le 20 avril 1314, le château de Cornella-del-Berco!l à Guillaume Adalbert qui lui en fit hommage.
BÉRENGER 1, vingt-deuxième abbé de Sainte- Marie d'Arles. fit consacrer, en 1061, l’église de Saint- Quentin des Bains par Artal, évêque d'Elne. Il signa comme abbé dans des actes de 1060 et 1076.
Gallia chrisliana, VE, col. 1086.
BÉRENGER Ill, cinquantecinquième abbé de Sainte-Marie d'Arles, était prieur de Saint-Paul de Barcelone lorsqu'il fut élevé au siège abbatial. Il vivait en 1370.
Gallia christiana, VE col. 1091.
BÉRENGER ÎI, trente-unième abbé de Saint- Michel de Cuxa, administra ce monastère depuis l'année 1268 jusqu'en (1277. Il obtint du pape Clément IV une bulle qui confirmait celle accordée par Jean XV à Guarin. Il célébra un synode, tous les ans de son abbatiat, le premier mercredi après la fête de Pâques, dans l’église Saint-Vincent de Ria. Des points de discipline ecclésiastique y furent réglementés.
Fovr, Histoire de l'Abbave royale de Saint-Michel de Curn.
BÉRENGER Il, trente-troisième abbé de Saint- Michel de Cuxa. siégea depuis 1285 jusqu'en 1296. For, flislotre de L'Abbave royale de Saint-Michel de Cura.
BÉRENGER IV, quarante-quatrième abbé de Saint-Michel de Cuxa, succéda en 1447, à Bérenger dez Fonts, après un interrègne de cinq ans. Ce prélat obtint de Nicolas V une bulle par laquelle le Souverain Pontife concédait au monastère Îles faveurs et privilèges d'autrefois, que le malheur des temps avail fait tomber en désuétude.
Font, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cura.
BÉRENGER |, onzième abbé de Saint-Martin du Canigou, nommé par la communauté de la Grasse, assista, le 13 octobre 1157, à la consécration de l’église de l'abbaye d'Arles. Le Gallia christiana dit à tort que ce fut le 3 des ides de novembre, c'est-à-dire le 11 novembre. Cet abbé est porté par la Chronique Colberline comme ayant siégé pendant cinq ans. Il est aussi à noter que Île 13 octobre 1157, Bérenger n'était qu'abbé élu ct non encore confirmé, comme il le mentionne en signant le procès-verbal de la consécration de l'église d'Arles.
Bauze, Miscellanea, 1. IN. lib. XT. — Histoire géncrale du Languedoc, À. V. — Marca hispanica, col. 506, 1323. -
BERGA (Bernard de), évêque d'Elne, né à Berga, d'une famille très honorable, obtint du Saint-Siège, en 1230, que la dignité de chapelain-majeur ou prévôt du chapitre de la collégiale de Saint-Jean de Perpignan fut unie à perpétuité à la mense épiscopale, avec obligation pour le chapelain de fournir aux chanoines et aux conduchers les portions alimentaires qu'ils avaient coutume de recevoir. Dès lors, les évêques d'Elne, jusqu'alors très sédentaires, commençèrent de faire leur résidence, tantôt dans cette cité, tantôt à Perpignan. Le 7 septembre 1233, il contribua à rétablir la paix et la concorde entre Nunyo Sanchez, seigneur des comtés de Roussillon ct de Cerdagne, et Bernard, comte de Foix. En 1234, il assista aux cortès de Tarragone, tenues par Jacques [”, roi d'Aragon et prince de Catalogne. La même année, on le voit figurer au concile tenu à Béziers, le 2 avril, dans lequel on dressa plusieurs canons contre les hérétiques et leurs fauteurs. Le 1" janvier 1240, il fonda avec son chapitre une distribution annuelle de cent tuniques de laine à faire aux pauvres dans le cloître de la cathédrale, savoir cinquante la veille de la Toussaint et cinquante la veille de la Noël. Le 11 mars 1241, par son conseil et son autorisation, il se int à Mallolas, près de Perpignan, une assemblée solennelle de prélats. de châtelains et d’autres seigneurs du diocèse, où ful publié par un délégué du gouvernement l'édit de paix et trêve rendu en 1228 par le roi d'Aragon. En 1242. il vil s'établir sur la montagne d'Arselès le monastère cistercien de Vallbone. En 1245. il consacra, dans la vallée de Prats-de Mollo, la nouvelle église des saintes Juste et Rufine. Le 17 mai 1245, le roi Jacques d'Arawon lui fit le serment de fidélité et protection ; c'est le dernier de ces serments que l'on trouve dans notre histoire locale. La même année, il assista à un concile à Béziers. En 1247, on le voit figurer dans un congrès de prélats et de magnats tenu Le 14 avril par Île roi d'Aragon à Lérida, où furent renouvclés les priviléwes des églises et des personnes ecclésiastiques. En 4258, Bernard de Berga fit son testament par
lequel il ordonna que Îles cent tuniques destinées aux pauvres leur fussent délivrées sur son tombeau, et il ajouta à cette aumône une distribution annuelle de cent chemises et de quantité de toile. Ce riche et bienfaisant prélat combla aussi de largesses un grand nombre d'églises et d'hôpitaux. Il fonda en particulier, pour celui de Tatzo-d'Amont, dix lits de plus qu'il n’y en avait et un service de six frères hospitaliers. Ce testament fut fait le 20 avril 1258. Le premier sceau des évêques roussillonnais dont la date soit bien connue est celui de Bernard de Berga. Il pend à une charte en parchemin datée du 25 juillet 1244, par laquelle cet évêque accorde quarante jours d’indulgence aux fidèles qui contribueront par leurs aumônes à la construction de l'hôpital d’Ille et de son église. Ce sceau, de forme ovale, en cire blanche, avec contre-sceau au revers, est long de 0 m. 05, large de 0 m. 03. La partie antérieure, qui a reçu l'empreinte en cire brunâtre, représente l’évêque debout, coifté de la mitre, tenant la crosse de la main gauche, et donnant la bénédiction de la main droite. La conservation du contre-sceau a été un peu compromise par l'usage auquel celte pièce a été longtemps destinée ; car le frère quêleur, porteur de cette missive, était obligé de la présenter à toutes les personnes dont il sollicitait les secours. Tel qu'il est, on y distingue encore, au milicu d’un cercle de 0 m. 018 de diamètre, deux tèles nimbées qui sont celles des patronnes d’Elne, comme on le voit par la légende qui se lit autour. Le tombeau de l’évêque Bernard de Berga était situé dans le chœur de la cathédrale d'Elne.
Marca hispanica, col. 1227, 1422, 1441. — Archives des Pyr.-Or., G. 170, 171. — Publicaleur des Pyrenees-Orientales, 1833, n° 19 ; 1835, n° 1. — Puicaani, Calalogue biographique des évéques d'Elne.
BERGE (François-Baudile) naquit à Collioure le 11 mai 4779. La maison paternelle fut pour lui une écolc de valeur et de bravoure. Il n'était âgé que de quinze ans lorsque Îles Espagnols vinrent mettre le sièwe devant sa ville natale. La résistance fut organisée et dirigée par son père, Paul Berge ; mais les efforts des assiégés furent vains; «la ville fut prise et Paul Bcrge trouva la mort dans une échauffourée au col de Banyuls », au rapport du général du Montluisant. biographe de ce héros.
Son éducation fut confiée aux soins d'un savant géomètre, du nom de Hachette, qui avait obtenu, en 1792, à la suite d’un brillant concours. la place de professeur d'hydrographie récemment créée à Collioure. Le jeune Berge tira si grand profit des doctes leçons de ce maître qu'il fut admis, dès 1794, à l'Ecole appelée plus tard polytechnique. Aux divers titres de gloire qui honorent la mémoire de ce vaillant général s'ajoute celui de premier polytechnicien