BOUSQUET
Cependant il fallait trouver des moyens d’existence, et Bousquet n'était pas sans inquiétude à ce sujet. Elles furent bientôt dissipées, car une place d'allo était vacante dans les concerts de Jullien au Jardin-Turc ; on la lui offrit et il se hâta de l’accepter. Cet emploi ne lui donnait guère que du pain ; mais du pain et de l'espoir dans l'avenir sont la fortune d'un jeune artiste. Trois mois après, sa situation devint meilleure par son admission à l'orchestre du Théâtre-Italien comme second violon.
Pendant cinq ans, il conserva cette position où se fit en réalité son éducation musicale. par les occasions fréquentes qu'il cut d'entendre les beaux talents de Lablache. Rubini, Tamburini, la Grisi, la Unger, la Persiani, dans les œuvres de Mozart, Cimarosa, Rossini. Bellini et Donizetti.
Le trésor des merveilles de l’art s'était ouvert pour lui et le transportait d’admiration ; mais. lorsqu'il fallut descendre des hauteurs où le plaçaitson enthousiasme dans les réalités arides et sèches du mécanisme de l'instrument qu'on lui enseignait, tout changeait d'aspect. Ses progrès étaient si lents dans cetle partie matérielle de l’art, qu'il fut jugé incapable par le jury d'examen. et rayé du nombre des élèves. Un an après, Bousquet rentra dans la même école pour y étudier l'harmonie sous la direction de Collet et d'Elwart : puis, en 1836, il devint élève de Leborne pour le contrepoint et la fugue. et de Berton pour le style dramatique.
En 1838, il se présenta comme candidat au grand concours de Composition de l'Institut de France, y fut admis et remporta le premier prix. Sa cantate à deux voix. La Vendetta, fut exécutée dans la séance publique de l’Académie des Beaux-Arts, et sa partilion fut gravée à Paris chez Meissonnier.
Devenu pensionnaire du gouvernement comme lauréat de ce concours, il partit pour l'Italie. et passa deux années à Rome. dans l'hôtel de l’Acadénie de France. El y écrivit deux messes : la première, pour des voix seules, fut chantée à l'église Saint-Louis des Français. le 1” mai 1839 : la seconde. avec orchestre, fut exécutée dans la même église, le 4 mai 1840.
Dans cette dernière année, il composa un Miserere à huit voix avec orchestre, qui fut l’objet d'un rapport honorable lu à la séance de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut, au mois d'octobre 1841.
La sensation qu'avaient produites à Rome les deux messes de Bousquet le fit nommer, sans l'avoir sollicité, membre de l’Académie de Sainte-Cécile, et de celle des Philharmoniques romains. Deux actes d’un Opera seria, des fragments d’un opéra-bouffe italien ct quelques morceaux d'un opéra comique français. remplirent, avec les ouvrages, dont il vient d'être parlé, le temps que le jeune compositeur demeura en Italie.
Pendant l'année 1841, que Bousquet passa tout entière en Allemagne, il écrivit trois quatuors pour deux violons, alto et violoncelle, dont le troisième, ouvrage très distingué. a paru chez Brandas, à Paris. De ses travaux en 1842, les seuls qui aient été connus sont une quintette pour deux violons, alto, violon-
: celle et contrebasse qui produisit un effet saisissant
dans quelques concerts où il fut entendu, et une ouverture pour l'orchestre, qui fut exécutée dans la séance publique de l’Académie des Beaux-Arts, la même année.
De retour à Paris, après cinq années de bien-être, de rêves heureux et de travaux d'art faits avec joie, Bousquet se trouva, comme tant d’autres, aux prises avec les difficultés de la vie réelle. Il les supportait avec courage parce qu'il avait encore les illusions de l'avenir. Au mois de mai 1844, il fit jouer au Conservatoire, par les élèves, un petit opéra en un acte intitulé : L'Hôtesse de Lyon. Frappé de la grâce et de la fraicheur qu'il y avait trouvées, Crosnier, alors directeur de l'Opéra comique, confia au jeune compositeur le librello d’une pièce en un acte pour son théàtre. L'ouvrage, dont le titre était Le Mousquelaire, fut joué au mois d'octobre de la même année, ne réussit pas et n’eut que trois représentations.
Evincé du théâtre comme compositeur, Bousquet y rentra comme chef d'orchestre de l'Opéra national, en 1847 ; puis il passa au Théâtre-Italien en la même qualité, et conserva cette position pendant les saisons 1849-1851.
Au mois de décembre 1852, il fit représenter au Théâtre lyrique Tabarin, en deux actes, ouvrage frais, élégant et bien senti pour la scène, dont le succès ranima les espérances de l’auteur, et dont la partition a été publiée par Guis, à Paris.
Depuis le mois de mars 1846 jusqu’en février 1847, Bousquet avait été chargé de la rédaction du feuilleton musical du journal le Commerce ; mais il quitta cette position pour écrire la Chronique musicale du journal hebdomadaire l'{ustration. Il a fourni aussi quelques articles à la Gazette musicale de Paris.
Sa situation commençait à s'améliorer ; il était connu, estimé comme écrivain et comme artiste. En 1852, il avait été nommé membre de la Commission de surveillance pour l’enseignement du chant dans les écoles communales de Paris, puis membre du Comité des études au Conservatoire de Paris. Deux poèmes d’opéras, l’un en quatre actes, l’autre en deux, lui avaient été confiés pour en écrire la musique, et il travaillait avec ardeur à ces deux ouvrages ; mais il était évident pour ses amis que le principe de la vie avait été altéré en lui par les chagrins de l'artiste et par les inquiétudes qui le minaient pour l'existence matérielle de sa femme et de ses enfants. Sa poitrine était attaquée ; le mal fit de rapides pro-
BOYL — BRIAL
grès, et Bousquet expira le 15 juin 1854, dans une maison de campagne à Saint-Cloud, près de Paris. Ainsi finit, à l’âge de trente-six ans, un compositeur dont le talent grandissait et n'attendait qu'une occasion favorable pour se produire avec éclat.
Feris, Biographie universelle des musiciens, 2° édit.
BOYL (Bernard), recueillit, en 1499, la succession de César Borgia à la tête de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa. Il était sacris'ain-majeur de ce monastère lorsqu'il fut élu abbé. Le 13 août 1499, le roi Ferdinand donna provision à Antoine des Vivers, procureur royal, pour donner deux cents livres à Bernard Boyl qui devait réparer le clocher et les officines de son couvent. Ce roi le nomma, le 9 août 1502, commissaire spécial à l'effet d'exécuter un rescrit du pape Alexandre VI relatif à la réforme de quelques monastères de religieuses. Il eut pour successeur, à Cuxa, en 1507, le cardinal Jacques Serra.
Archives des Pyr.-Or., B. 416. — For, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Mirhel de Cura.
BREFFEL (Barthélemy), imprimeur ct libraire à Perpignan, édita successivement : Brevis ac compendaria Syntaxis de Jean Torrella, 1678 ; Goigs de la publica apparicio del Angel en la fidelissima vila de Perpinya, 1783 : Compendi breu de la vida del glorios palriarea sant Ignaci de Leyola, 1684, ouvrage de Joseph Solera, etc.
Couer, L'Imprimerie à Perpignan.
BRELL (Joseph) devait être le fils de Philippe Brell qui, en 1339. avait peint le retable de Saint- Michel pour l'église de Rivesaltes. Il quitta la société de Peytavi ct Jean Perles, peintres, où il était simple apprenti ; mais en se séparant de ses collèwues il se plaignit de ce qu'ils l'avaient employé aux besognes les plus grossières et qu'ils ne lui avaient rien enseiuné.
Le 23 janvier 1564, il passa un marché avec Antoine Fitals et Jean Illes, à la fin de peindre le retable de Saint-Michel de Pia. moyennant quarante ducats d'or. En 1565, les associés Peytavi, Jean Perles et Joseph Brell peignirent pour l'église des Dominicains le retable de Notre-Dame du Rosaire et reçurent 450 livres pour ce travail. Ce retable se trouve aujourd'hui à l’église Saint-Jacques. Ils avaient peint des retables pour Cabestany, Osséja, Valiella et Nver. On voit aussi, parmi leurs ouvrages, un tableau représentant saint Antoine, destiné à la ville de Puigcerda et un étendard qu'ils peignirent pour la tour de Sainte-Marie de cette ville. Le 16 juillet 1589. Joseph Brell passa un marché avec les consuls d'Estagel qui le chargèrent de peindre le retable du maître-autel de
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leur église, dont le croquis comporte des scènes de la vie des saints Etienne et Vincent en huit tableaux.
Archives des Pyr.-Or., G. 783, $38. — P. Vipar,, Hisloire de la
ville de Perpignan.
BRENACH (Antoine), né à Villefranche -du- Conflent, prit l'habit de l’ordre de Saint-Benoît à Montserrat, en 1527 ; il mourut dans ce couvent en 1554. Il fut un excellent poète latin, et a laissé écrites, en vers héroïques, les œuvres suivantes :
Hisloria reg monasterit Montis Serrati quæ 1699 versibus alexandrinis constat ;
Novem Mussæ seu Novem Vitæ Sanclorum ;
Epüthalamium Salomonis versu phelentico decantalum ;
Ilymnus et vila beatæ Matronæ Barcinonensis virginis el martyris ;
Agon sanclissimæ virginis el martyris Eulaliæ Barcinonensis.
P. CrusELzLLASs, Nuerva hisloria de Montserrat, Barcelone. 189%,
BRENACH (Antoine), abbé de Saint-Génis-des-
Fontaines en 1337.
Gallia christiana, VI, col. 1107.
BRIAL (Michel-Jean-Joseph), « né à Perpignan le 26 du mois de mai 1743, d'Ignace Brial et de Thérèse Roig, son épouse, baptisé Le 29 du dit mois de mai dans l'église de la Réal. Tonsuré le 28 mars 1762 par messire Charles-François-Alexandre de Cardevac de Gouy d'Avrincourt. Reçu à la profession religieuse dans la congrégation de Saint-Maur, au monastère de Notre-Dame de la Daurade, à Toulouse, le 45 mai 1764 par D. Jean-Baptiste Utéza, prieur, et D. François Bonnefoi, maître des novices. Promu aux ordres mineurs à Carcassonne le 13 juin 1767 par messire Armand Bazin de Bésons. Ordonné sousdiacre à Carcassonne par le même prélat, le 19 mars 1768. Ordonné diacre à Bazas le 22 septembre 1770 et prêtre au méme lieu le 22 décembre de la même année par messire Jean-Baptiste Amédée de Grégoire de Saint-Sauveur. A célébré la première messe à Bordeaux dans l'église de Sainte-Croix, le 6 janvier 4771. Est arrivé à Paris le 10 octobre 1771 et est allé demeurer au monastère des Blancs-Manteaux pour y travailler conjointement avec D. Clément à la continuation du Recueil des Ilistoriens de France, dans lequel monastère il a fait sa résidence jusqu'au mois d'octobre 1790, époque où la dite maison ayant été supprimée, il a été transféré avec d’autres religicux à l’abbaye Saint-Germain des Prez. » (Autobiographie par D. Brial parue dansle XXXIX' volume dela Société Agricole. Scientifique ct Littéraire des Pyrénées- Orientales).
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On a tout lieu de présumer qu'en donnant des leçons de philosophie scolastique, D. Brial s'était livré à des études plus positives et plus sérieuses ; car on lui ouvrit aussitôt la carrière des plus graves travaux littéraires et des recherches historiques les plus profondes, en lui assignant une des douze places de Littérateurs en litre, établies dans sa congrégation. I l’a remplie pendant dix ans, dans le monastère des Blancs-Mantceaux, auquel appartenaient six de ces places.
C'était là que dom Clément, qui avait interrompu depuis 1763 la publication de l'Histoire littéraire de la France, s'occupait de la continuation du Recueil des Ilistoriens, el préparait en même temps une troisième édition de l’Art de vérifier les dales. Dom Brial eut quelque part à ce dernier travail, et contribua plus d’une fois à rectifier les inexactitudes et à réparer les omissions que Dautine et Clément avaient laissées dans les éditions de 1750 et de 1770. Mais il coopérait de préférence à continuer, de l'an 1060 à 1180, la collection historique de dom Bouquet. Pour prendre une idée précise des accroissements qu’elle doit à ses soins, il est à propos de se retracer l'état où il l’a trouvée. Elle n'avait encore que onze volumes, qui comprenaient sept séries d’annales et de monuimments. La première contenue dans le tome 1”, imprimé en 1737, contenait l'histoire des Gaules avant Clovis ; la deuxième remplissait les trois volumes suivants ct correspondait à la dynastie mérovingienne. Au lieu de rassembler pareillement en un seul et même corps les chroniques et les pièces relatives aux règnes carlovingiens, Bouquet lesavait distribuées, peut-être avec plus de peine que de fruit, en quatre séries distinctes, savoir : Pépin et Charlemagne au tome V, Louis-le-Débonnaire au tome VI, puis au tome VII, Charles-le-Chauve, de 840 à 877, et, dans les deux volumes qui suivent, Louis-le- Bègue et ses successeurs jusqu'en 987. C’est jusquelà que Bouquet a conduit l'ouvrage, avec quelque coopération de dom Dantine, et des frères Jean-Baptiste et Charles Haudiquier. La septième série, qui occupe les tomes X et XI publiés en 1760 et 1767, a pour objet ce qui s’est passé en France sous les trois premiers rois capéliens, Hugues, Robert et Henri : elle est due aux soins des deux Faudiquier, puis de leurs confrères Housseau, Précieux et Poirier. Il s'agissait donc, en 1771, d'entamer une huitième série, dont les régnes de Philippe £”, de Louis VE et de Louis VIlallaieut fournir la matière. Clément et son associé Brial, après avoir employé plusieurs années à la préparer, en imprimèrent, en 1781 et 1756, les deux premiers volumes, qui sont le XIF et le XII du recueil.
Des ordonnances royales, rendues depuis 1759 jusqu'en 1786, avaient établi un dépôt de chartes et un
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