BRIAL
comité chargé de rechercher, recueillir et employer les monuments de l'histoire et du droit public de la monarchie française. Différentes causes ont empêché cette institution de produire tous les fruits qu'on en pouvait espérer. Il paraît surtout que le garde du dépôt n'avait pas été fort heureusement choisi : il eut quelques démélés avec des collaborateurs plus habiles, particulièrement avec l’académicien de Bréquigny. Mais on comptait au nombre des membres de ce comité les bénédictins Labat, Poirier, Clément, Brial ; et l’utile coopération de ce dernier nous est attestée par des registres où se lisent, à la Bibliothèque du roi, les procès-verbaux des conférences qui se tenaient sous la présidence du Garde des Sceaux.
D'orageux événements, qui bouleversèrent tous les établissements publics et toutes les conditions privées, suspendirent à peine le cours des paisibles études du solitaire et laborieux Brial. Forcé de sortir de sa retraite monastique, il eut le bonheur de s'ensevelir dans unc autre qui pouvait même sembler plus profonde. Ses habitudes littéraires ct l'austère modestie de ses mœurs religieuses le tinrent aussi caché qu'on avait besoin de l'être pour conserver en un pareil temps quelque tranquillité. Etranger à tout genre d'intrigues politiques, il traversa presque sans péril des années désastreuses où d'immenses catastrophes atteignaient autour de lui tant de victimes. Quoiqu'il eut alors peu d'espoir de publier jamais les deux ou trois volumes qui devaient compléter la huitième série des Historiens de France, sa plus douce occupation avait été d'en rechercher les matcriaux, et il persévérait à les préparer, quand il se vit expressément chargé de les mettre en œuvre, par une délibération de l'Institut, dont il n'était point encore membre. Cette société savante, établie à la fin de 1795, résolut. dès le # mai 1796, de continuer ce grand Recueil, et invita Brial à reprendre efficacement ce travail: elle ne pouvait le confier à des mains plus fidèles et plus exercées.
Dans sa nouvelle solitude, il avait entretenu des relations amicales avec plusieurs de ses anciens confrères, surtout avec dom Labat. qui mourut en 1803. et dont il publia l'éloge. Cet opusculc se recommande par une franchise énergique : on ne pouvait rendre un plus sincère hommage à un zélé défenseur des régles cénobitiques de saint Benoît ef de la doctrine théologique de saint Augustin. Dom Briala lui-même constamment professé cette doctrine et toujours aussi il est resté fidèle aux honorables maximes de l'Eglise de France. Ïlconservait dans ses écrits comme dans ses mœurs le dépôt des traditions religieuses, littéraires et civiques, dont il avait été imbu dès sa jeunesse au sein de sa congrégation. On voÿait en lui l’un des derniers et le plus précieux débris de cette Société si justement célèbre par les services