G. 728. — Archives de
CAGARRIGA (Louis-Gabriel de), fils de Gaspard et de Marguerite de Rocabruna suivit Gonzalve de Cordoue qui, en 1495, fit la conquête du royaume de Naples. A la paix, il fut nommé capitaine de guerre des deux provinces de Terrc-de-Bari et d'Otrante, puis se fixa à Barletta. I avaitépousé Alonsa
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enfants: un garçon, Jean-Louis, et deux filles, Olymde et Amélie. Louis-Gabriel de Çagarriga convola en secondes noces, en 1520, avec Jacqueline Orsino, des comtes de Paccentro, veuve de Laurent Zurlo, tué en 1512 à la bataille de Ravenne. Le 2? décembre 1521, Jacqueline mit au monde un fils auquel on donna le nom de Pierre. À cause de son second mariage, Louis-Gabriel de Çagarriga s'établit à Giovinazzo où il fut immédiatement incorporé à la noblesse du pays. à titre de noble de Barcelone. De nos jours on voit encore les armes de la maison de Cagarriga, dans la chapelle de famille de l'église collégiale de Saint-Esprit de Giovinazzo, gravées sur le sarcophage qu’un Jean-Louis de Çagarriga fit élever à son aïeul, en 1617. L’épitaphe suivante qu'on y lit aussi en fait foi : « D. O. M. Gabrieli Sagarriga Equili Barchinonen. Ex comilibus Pontonsen. Qui sub Ferdinando Cath. Mag. Rege Magni Consalvi Cordulæ auspicta seculus. in [lalia egregie militando, Juvenatu inter patricios ascriplus, originem familiæ dedit Jo. Aloysius Sagarriga abavo. B. M. M. P. M. DCXVIT ». Les descendants de Louis-Gabriel de Çagarriga sont toujours fixés en Italie.
Archives de la famille.
CAGARRIGA (Bernardin de), fils de Gaspard et de Marguerite de Rocabruna, fut nommé baïlli de Perpignan en 1494, après le retour du Roussillon à la couronne d'Aragon. Il exerça cette charge jusqu'en 1501, où il devint viguier du Roussillon, en remplacement de Bernard Avbri.
Archives des Pvr.-Or., B. 414, 416, 417.
CAGARRIGA (François-Raymond de), fils de Pierre-François et de Cécile d'Entici, seigneur de Pontos. avait épousé en premières noces Élisabeth Çarriera et de Gurb. Unfils, François-Jérôme, naquit de cetteunion,en 145, mais ce dernier ne laissa pas de postérité. En 1560, François-Raymond de Cagarriga convola en secondes noces avec Anne de Stanvbo cl eut deux enfants du second lit: Louis et Maric-Anne, épouse de Jacques d’Alemany de Belpuis. Anne de Stanvho apporta à la maison de Çagarrira la scigœneurie de Rivesaltes. François-Raymond de Çazarriga était décédé à Perpignan en 1566: au mois de mai 1568 son cadavre fut transporté et inhumé à Pontos.
Archives des Pyr.-Or..G. 239, B. £31. — Archives de la famille.
CAGARRIGA (Louis de),quatrième fils de Pierre- François et de Cécile d'Entiei fut nommé en 1566. abbé de Saint-Michel de Cuxa. Il occupa cette charge jusqu'au jour de sa mort survenue le #4 janvier 1544.
de Ala qui, avant suivi sa fortune, mourut dans cette | IL obtint du ciel, en 1566, une faveur extraordidernière ville où elle avait mis au monde trois | naire que relate le chroniqueur Yèpes (t. V, p. 202).
92 CAGARRIGA
Il existait au riche reliquaire de l’abbaye de Cuxa un morceau de la vraie Croix tellement considérable (il avait une palme, c'est-à-dire la longueur d’un décimètre), qu'il s'était élevé plusieurs fois des doutes sur son authenticité. L'abbé de Çagarriga, pour en finir avec ces incertitudes, demanda au ciel un miracle. Avec la même foi dont était animé saint Macaire, évêque de Jérusalem, à l’occasion de la reconnaissance à faire de la vraie Croix, parmi les trois que sainte Hélène découvrit, dans ses fouilles au Saint- Sépulcre, il voulut soumettre le fragment de la précieuse relique de Cuxa à l'épreuve du feu. 1 demanda en même temps à Dieu que, si cette relique était vraiment authentique, il ne permit pas aux flammes de la consumer. On prépara à cet effet un brasier. La relique y fut placée au milieu. À la grande édification de l'assistance, après que tout le brasier eut été réduit en cendres, on en retira la vraie Croix telle qu'on l'y avait mise, saine et sauve. On dressa aussitôt, par main de notaire, acte de ce fait, qui devint le meilleur acte authentique de la précieuse relique. Charles de Çagarriga, frère de Louis, abbé de Cuxa, fut archidiacre de Venasque, à la cathédrale de Lérida.
FoxT, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cuxra.
CAGARRIGA (Gaspard de), fils de Pierrc-François et de Cécile d'Entici, guerroya au service de Charles-Quint. En 1568, de retour dans son pays, il accompagne à Pontos la dépouille mortelle de son frère François. [mourut à La Gouletteen 1574, laissant un fils qui épousa, en 1599, Mancia de Ballaro.
Archives des Pyr.-Or., G. 239. — Archives de la famille.
CAGARRIGA (Louis de), fils de François-Raymond et d'Anne de Stanvbo, chevalier de Saint-Jacques de Calatrava, fut au service des rois d'Espagne durant plus de quarante ans. Il contracta mariage avec Anne d'Hijar, une héritière des premières maisons d'Espagne. qui luidonna deux garçons : François etCharles, etaussiunefille, Constance. Celle-ci épousa Louis de Quéralt et de Santa-Coloma, mort à Madrid, sans postérité, en 1606. François-Jérôme de Çagarriga. frère de François-Raymond qui avait levé à ses frais une compagnie de soldats, mourut dans la guerre de Grenade, sous la bannière d'Henri Çarriera, son oncle.
Archives des Pyr.-Or., E. IF, 316. — Archives de la famille.
CAGARRIGA (François de), fils aîné et héritier de Louis et Anne d'Hijar, naquit en 1574. Au mois d'août 1597. au moment où les troupes françaises, sous les ordres d’'Alphonse Le Corse, se répandaient dans la plaine du Roussillon, François de Çagarriga sc jeta avec ses vassaux dans la ville de Perpignan
serrée de près par le maréchal d'Orano qui n'en était qu'à une lieue. Il approvisionna à ses frais, la ville de Rivesaltes, de munitions, d’arquebuses et de mousquels, alors qu'elle en était absolument dépourvue. Il ne sortit de Perpignan que lorsque tout fut rentré dans l'ordre. En1599,elleavait épousé Manciade Josa qui mourut deux ans après, sans laisser d’enfants. [Il ne tarda pas à convoler en secondesnoces avec Marie-Angélique d’'Argensola et de Blanes, fille du gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Revêtu des fonctions intérimaires de gouverneur de ces mêmes comtés pendant un an et demi que dura l'absence de Jérôme d’'Argensola, son beau-père. il ne cessa de poursuivre avec un zèle infatigable les bandits et les perturbateurs de l’ordre public. C'est à François de Çagarriga que le vice-roi de Catalogne, duc de Sergobe et de Cardone. confia le château de Rosas et la garde de tout l’Ampourdan, à une époque critique où les Français préparaient une nouvelle invasion de l'Espagne par le Roussillon. Il devint page de Philippe [IT; ce prince le fit demander personnellement à son père par le vice-roi de Catalogne. Ce monarque l'honora de la croix de l'ordre de Saint- Jacques de Calavatra et lui donna plusieurs fois la commission de visiter en son nom le couvent royal des religieuses de Junqueras. François de Cagarriga eut deux enfants de sa seconde femme : Raymond et Marie qui unit ses destinées à Raymond de Calders, seigneur de la baronnerie de Ségur.
Archives des Pyr.-Or., E. IT, 316. — Archives de la famille.
CAGARRIGA (Charles de), fils cadet de Louis et d'Anne d’Hijar fit les campagnes du Levant sur l'escadre de Sicile commandée par le duc de Féria. Il y contracta des infirmités qui abrégèrent ses jours.
Archives de la famille.
CAGARRIGA (Raymond de) naquit en 1611. Il était fils de François de Cagarriga-d'Hijar et de Marie- Angélique d'Argensola et de Blanes. Dès l'âge de vingt-un ans, il se distingua dans l'habilitation des Cortès présidées par l’infant don Fernand. En 1636, il figura aussi avec honneur dans celles qui furent tenues sous la présidence du duc de Féria. Il se conduisit dans ces dernières d'une manière si remarquable que Philippe IV lui adressa une lettre élogieuse. L'année suivante, il servit à ses frais durant tout le temps que la place de Leucate fut assiégée par les Espagnols. Il rendit compte au comte de Santa- Coloma de certaines intelligences engagées avec l'ennemi. Il se conforma de point en point aux instructions de ce capitaine et resta ferme à son poste jusqu’à la nuit. Il fut le dernier à se retirer du combat avec Jérôme d'Argensola, son oncle, après avoir lutté avec opiniâtretélet avoir abandonné tous ses
équipages sur le champ de bataille. En 1638, sur l'avis qui lui fut donné par le comte de Santa-Coloma de lever des volontaires dans les localités dont il était seigneur (Pontos, Borrassa, Crexell, Romanya, Vilamorell ct Alenya), il fut un des premiers nobles qui se présentèrent à Gérone avec le contingent maximum de soldats qu'il devait fournir. ll en fil autant en 1639, et avec une telle promptitude, qu'ayant reçu le titre du comte à la date du 11 juin, il était rendu le 14 du même mois à Figueras avec deux cents hommes armés et pourvus de munitions à ses frais, indépendamment du contingent fourni par ses vassaux. Il ne quitta l'armée qu'à la fin de la campagne, accompagna Santa-Coloma à Perpignan et fut le dernier gentilhomme qui retira ses troupes en bon ordre. Il avait pris part aux affaires militaires qui se déroulerent en juillet 1649, soit avant, soit après la capitulation de la place de Salces. Il continua à servir sa patrie durant le cours de l'année suivante, ayant trois cents hommes sous ses ordres, entretenus à sa solde. Il dépensa alors une grande partie de sa fortune, malgré les pertes considérables qu’il éprouvait d'un autre côté, car l'ennemi avait brülé et pillé ses biens du Roussillon qui constituaient la meilleure part de son patrimoine. Raymond:de Çagarriga se distingua encore dans plusieurs commissions secrètes et importantes dont le chargea le comte de Santa- Coloma qui connaissait son zèle intelligent et sa fidélité à toute épreuve. Il s’acquitta de ces diverses missions avec dévouement. ainsi que l'attestait le vice-roi dans une lettre écrite au roi, en 1640, l'année même des troubles de la Catalogne.
Quelques jours avant la Fête-Dieu, date où éclata la révolte en Catalogne, Jean de Benavides venait avec le marquis de Vilafranca d'organiser les nouvelles levées qui étaient cantonnées à Blanes et sur toute la côte jusqu'à Rosas. Au moment où il débarqua, Raymond de Cagarriga, qui se trouvait sur Je port, le reçut dans son carrosse pour le conduire à Barcelone. Mais reconnaissant, aux dispositions que manifestèrent ceux qui étaient de garde à la porte, qu'il pouvait courir des dangers, il méprisa celui auquel il s'exposait lui-même en cherchant à le sauver. Il y réussit en se jetant avec lui dans un bateau, puis le ramena à ses galères. Mais il faillit perdre la vie à son retour ; le peuple s’opposait à son entrée dans la ville, parce qu'il avait sauvé Benavides.
Durant les premiers mouvements séditieux qui agitèrent la ville de Barcelone, Raymond de Çagarriga se hâla de mettre ses bateaux sur pied de srucrre. accourut au secours des armées du roi et fut un heureux auxiliaire pour le comte de Santa-Coloma dans la journée où les portes de la prison furent forcées en vue d'obtenir la libération des députés et autres
détenus. Le jour de la Fête-Dieu, il ne se sépara point du gouverneur-général, son oncle, pendant toutes les passescritiquesque celui-ci traversa. En voyé par le comte de Santa-Coloma pour reconnaître la hauteur de Montjuich, il se vit tellement serré de près par les mutins. qui l'avaient assailli à coups de pierres et de fusils, qu'il lui fut impossible de rejoindre son oncle pour mourir à ses côtés. IL n'eut d’autre parti à prendre que de se jeter à la mer et de sc tenir caché dans une anfractuosité de rocher jusqu’à la tombée de la nuit. Il vit alors passerun esquif qui allait à la recherche de Louis de Quéralt, fils du comte de Santa-Coloma. I se joignit à ceux qui le montaient. Louis de Quéralt ayant été retrouvé dans la matinée, Raymond de Çagarriga le conduisit à Vinaroz. Après l'avoir sauvé d’un danger imminent, il résolut de ne point l’abandonner jusqu’au moment où il le conduisit lui-même sur les marches du trône de Philippe IV. Raymond de Çagarriga baisa la main au roi, le 9 juillet 1640, et reçut de ce monorque sa nomination de président de la Basilicate. En ce moment, un gentilhomme catalan, Hyacinthe de Tartas. adressait une lettre au roi d'Espagne qui l'avait chargé de le renseigner sur les troubles de Barcelone. Ce gentilhomme proposait à Philippe IV de nommer gouverneur de Catalogne, € pour réduire la cité rebelle, un fidèle catalan, don Ramon Cagarriga, baron Alemany de Cervellon, chevallicr de l'ordre de Calatrava ».
Bicntôt après, il fut promu à la charge de Gouver-
neur de l'Abbruzze ultéricure, dans le royaume de
Naples. Le roi d'Espagne ayant égard à ses services militaires, et considérant de plus qu'il venait de perdre quinze mille ducats de rentes, ses terres el ses vassaux et plus de deux cent mille ducats de revenus et de biens meubles confisqués par les Français, donna ordre à Raymond de Çagarriga de passer en [alice pour y remplir la charge de président-gouverneur des armées et commissaire-général des douanes. Les attributions de ce poste lui mirenten mains l'administration des finances rovales dans cette contrée. Son commandement s'étendait sur plus de quatre cents villes et villages ; il avait sous ses ordres quatre mille hommes d'infanterie et mille chevaux.
Pendant les sièwes d'Orbitello et de Porto Langone, il s'empressa de fournir tous les secours qui étaient à sa disposition et maintint le calme sur toute la frontière du royaume de Naples, sur une étendue de plus de trois cents villes ou villages, au inilieu des troubles qui agritèrent le pays. Chargé dans une circonstance difficile de pourvoir à l'approvisionnement du corps d'arméc destiné à marcher contre les révollés de Capoue, il remplit sa mission avec un si grand succès, qu'il en reçut d’éclatants témoignages
de félicitations. Ses actes administratifs furent également. approuvés sur plusicurs autres points relatifs à l'amélioration des revenus de la couronne, à l'encouragement du commerce, à la sûreté des routcs, à l'administration de la justice et autres objets secrets de la plus grande importance, tels que complots, intrigues et trahisons qu'il fit échouer tant à Naples qu'en Sicile. Ce fut Raymond de Çagarriga qui instruisit secrètement le duc d’Arcos du complot qui se tramait ; ce fut à sa vigilance que fut dû un avis d'information paru avant l'événement. Dans cette affaire, comme dans toutes celles qui lui furent confiées, les plus importantes qui aient été traitées dans ce royaume, il vint à bout deses desseins avec autant de bonheur que d’habileté. Lorsque don Juan d'Autriche vint à Naples, Raymond de Çagarriga se présenta à ce prince ; celui-ci fut tellement satisfait de son administration, qu'en ayant rendu compile au roi, malgré l’ordre explicite qu'il avait reçu de n'écrire en faveur de personne, Philippe IV lui fit témoigner son contentement par Jérôme de Lascana.
Raymond de Çagarriga avant embrassé le parti espagnol durant la révolution de 1642, tous ses biens situés en Catalogne et Roussillon furent confisqués en 1643 et donnés par Louis XIV, et en vertu de lettres-patentes datées de Saint-Germain-en-Lavye, l'an 1649, à Charles d’Alemany de Bellpuig. Celui-ci était le gendre de Fontanella, nommé par le roi de France, régent de la royale audience de Catalogne et postérieurement président du Conseil souverain du
Roussillon. Le traité des Pyrénées, en 1659. stipula.
que Îles biens ainsi confisqués seraient rendus à leurs propriétaires respectifs ; mais comme Ravmond de Cagarriga se trouvait alors en Amérique, Marie- Angélique, veuve de Charles d'Alemanv, née Fontanella, continua de jouir des biens de son illustre parent.
C'est en 1653 que Raymond de Çagarriga fut nommé par Philippe IV gouverneur, président et capitaine général des provinces de Sainte-Marthe et de Rio de la Hacha cet de l'établissement de la pêcheric des perles (République Argentine actuelle). I était veuf de Jeanne de Guardiola qui ne lui avait pas donné d'enfants ; avant son départ pour l'Amérique du Sud, il épousa en secondes noces, à Madrid, les février 1653, Antoinette de Lapuente. I débarqua à Carthagène des Indes, aux premiers jours de l'année 1654. Durant le temps de son gouvernement en Amérique, Charles II jugea bon de faire raser son châäteau-fort de Pinède, en Ampourdan.
En 1663, Ravmond de Çagarriga s'embarqua à Puerto-Bello sur le navire Notre-Dame le la Soledad el Saint-Jacques, dans le but de rentrer en Espagne. Mais il fut atteint de la fièvre et de la dvssenterie durant la traversée. Se voyant frappé mortellement,
CAGARRIGA
il fit appeler l’aumônier du navire, Jean Lopès, et lui dicta une lettre testamentaire, en date du 14avril 1663, par laquelle il recommandait à ses héritiers de se conformer à ses volontés exprimées dans son testament écrit et déposé chez un notaire de Carthagène. Il expira durant la traversée, le 23 avril 1663.
Raymond de Çagarriga laissa trois enfants : Raymond. Marcellin et Françoise, épouse de Joseph d'Aguillo et de Pinos. Il est l’auteur d'un ouvrage manuscrit intitulé : Compendio hislorico de la antigüedad, noble:a y grande:as de la casa de Zagarriga, dont l'original se trouve dans les archives de la famille du comte de Crexell.
Archives des Pÿr.-Or., E. IT, 316. — ToRRES-AMAT, Diccionario. crilico de los escrilores catalanes. Archives de la famille.
CAGARRIGA (Raymond de), fils ainé de Raymond, gouverneur des [Indes occidentales, était né à Ocana, en 1656. À la mort de son père, ses biens patrimoniaux lui furent disputés par Marie-Angèle d’Alemany, fille de Fontanella et veuve de Charles de Ros d'Alemany. La guerre entre la France et l'Espagne s'étant rallumée en 1667, les domaines de la famille Cagarriga furent de nouveau spoliés par les Français et donnés en jouissance à Joseph de Biure de Margarit, marquis d’Aguilar, lieutenantgénéral des armées, résidant alors à Paris. Après le traité d'Aix-la-Chapelle, Raymond de Çagarriga de Lapuentc rentra en possession de ses biens, à dater du 1” janvier 1670. Mais ce jour-là même, Charles de Ros d'Ortafa, neveu et fondé de pouvoirs de Marie- Angélique d’Alemany, fit acte de prise de possession de ces mêmes biens. Un procès s’en suivit et les propriétés de Raymond de Çagarriga furent mises sous séquestre. Ce ne fut que le 7 avril 1683 que le Conseil souverain de Roussillon rendit un arrêt attribuant le patrimoine de sa famille à Raymond de Çagarriga. Ces biens éprouvèrent une nouvelle confiscation en 1689, et ne furent restitués à Raymond qu'après le traité de Ryswich (1697). Le 20 février 1698, Raymond, qui avait épousé Antoinette de Vera. céda ses biens situés en Roussillon à Marcellin, son frère cadet, établi à Perpignan. Avant sa mort, Raymond de Çagarriga avait adressé une supplique à Charles [1 pour obtenir l'érection de sa terre de Crexell en marquisat. Le roi accueillit cette demande et éleva la scigneurie de Crexell en comté.
Archives des Pyr.-Or.. E. I, 316. — Archives de la famille.
CAGARRIGA (Marcellin de), fils de Raymond et d'Antoinctte de Lapuente, seigneur d'Alénya, se maria avec Gauderica de Vilanova, veuve de Joseph de Pagès. Resté veuf, il convola en secondes noces, en 1680, avec Anne de Bou. Il mourut en 1709, laissant deux enfants : François et Antoine.
Archives des Pyr.-Or., E. I, 316.
CAGARRIGA — CALAPH 93
CAGARRIGA (François de), fils de Marcellin et de Anne de Bou, vint à Naples, en 1742, avec l’armée française dans les rangs de laquelle il avait le grade de lieutenant. 11 passa au régiment des Cadets et demeura au service du roi de Naples. Plus tard il fut châtelain de la ville de Viesti ; honoré du marquisat, il se lia, en 1760, avec ses parents d'Italie. S'étant enfin retiré à Perpignan, il y mourut sans postérité en 1773.
Archives de la famille.
CAGARRIGA (Jean de), né en 1728, était l’ainé des douze enfants issus du mariage contracté entre Joseph de Çagarriga de Réart et Françoise d’Anglade. Le 21 janvier 1789 il fut commissaire de l'Ordre de la Noblesse en Roussillon qui se réunit pour élire des députés aux Etats généraux. Arrêté le 17 mai 1793 avec trente-deux autres perpignanais, comme aristocrate, il fut dirigé le surlendemain sur les prisons de Montpellier, où il arriva le 21 en compagnie de ses compatriotes détenus. Il n’échappa à la mort que grâce à une compagnie de dragons appelés les foudroyants qui était composée de différents citoyens de Montpellier et de Béziers. Il avait épousé Augustine de Ros, et il mourut en 1801.
Abbé ToRREILLES, Les élections de 1789 en Roussillon et Perpignan sous la Révolution, t. Il.
ÇAGARRIGA (François-Xavier - Eustache - Mathieu de) naquit à Perpignan, le 20 septembre 1741, de l'union contractée entre Joseph de Cagarriga de Réart et Françoise d'Anglade de Rocabruna. Il était le cadet de douze enfants issus de ce mariage. Il fut lieutenant au régiment de Belzunce en 1758 et fit les campagnes d'Allemagne en 1759, 1760, 1761 et celles de 1762 sous Dunkerque. Passé à Saint-Domingue en 1765, il fut nommé capitaine en 1774. En 1781, il reçut la croix de chevalier de Saint- Louis : dix ans plus tard, il obtenait le brevet de lieutenant-colonel au régiment de Beaujolais. François de ÇCagarriga d'Anglade passa à l'armée de Condé en 1792, et fit les campagnes de 1794 et 1795 sur le Rhin, dans le régiment de Montmorency. Il fut blessé de deux coups de feu le 13 août 1796 à Oberkamlack. Nommé le 21 décembre 1813 maréchal de camp honoraire, il cessa de servir sa patrie le 1” octobre 1814. Il avait épousé à Londres, le 22 octobre 1807 Louise-Josèphe de Gosson, née le 21 septembre 1766 à Capigneules (Pas-de-Calais). François de Çagarriga d'Anglade mourut à Paris le 25 septembre 1817.
Archives du Ministere de la Guerre.
CAGARRIGA (Gaëtan de), frère des deux pré-
cédents, naquit en 1742. Il fut major au régiment
d'Agenais et reçut la croix de Saint-Louis. Il mourut à Saint-Domingue en 1781.
Archives de la famille.
CAGARRIGA (Augustin de), né le 10 juin 1774, était fils de Jean de Cagarriga-d'Anglade et d’'Augustine de Ros. À peine âgé de dix-neuf ans il émigra en Espagne; il fut incorporé dans le régiment des Gardes Vallonnes, et servit dans cette milice jusqu’en 1801 avec le grade de capitaine. Au retour de l'émigration il rentra en Roussillon où il recouyra soit la partie des biens paternels qui avaient été dévolus aux hospices, soit celle attribuée à des parents collatéraux qui s'empressèrent de la lui rendre. En 1804 il épousa Madeleine de Guanter. Augustin de Çagarriga mena à Millas la vie patriarcale de l’ancienne aristocratie. En 1815, Louis XVIII l’'appela au Conseil général du département où il siégea jusqu'en 1830. Il fut aussi investi des fonctions de chef d'Etat-major des gardes nationales du départernent dont Gazanyola était inspecteur. Il reçut de Louis XVIII la croix de chevalier de Saint-Louis. Augustin de GÇagarriga parvint à reconstituer sa fortune soit par des soins assidus et intelligents qu’il apporta dans l'administration de ses biens, soit par les économies qu'il réalisa et à l’aide desquelles il améliora ses domaines. Il mourut à Millas le 26 mars 1866. IT avait eu dix enfants dont trois garçons : Gaspard, Gérard et Raymond et sept filles dont une, Antoinette, fut l'épouse de Justin Durand, député du département des Pyrénées-Orientales, sous le second Empire.
Article nécrologique paru dans le Journal des Pyrénées- Orientales, n° 26, 1866.
CA ILLA (Raymond) épousa, en 1264, Bérengère d'Alamande. Il tenait à Jujols une chevalerie, sous la directe du seigneur de Mossel, que l’on appelait chevalerie d’'En (a Illa et Militia de Insulà. Le lecteur trouvera au mot [lle l'historique de cette famille.
Abbé Pierre Boxer. /mpressions el souvenirs (Ille-sur-Tet et ses environs), Ceret, L. Roque, 1908.
ÇA ILLA (Bernard) exerça le commandement de la chäâtellenie de Conat, sous le règne de Pierre IE.
Archives des Pyr.-Or., B. 100.
ÇA ILLA (Jaoques) fut châtelain de la Tour Cerdane, du 10 novembre 1395 au 8 mai 1396.
ALART, Volices historiques sur les rommunes du Roussillon, 1° série.
CALAPH (Simon), brodeur, de Perpignan, vers le milieu du xvr siècle.
Archives des Pyr.-Or., G. 239, 1053.
CALCER (Jean) était bailli de Perpignan au commencement de la première annexion du Roussillon à la France, sous Louis XI.
Archives des Pyr.-Or., B. 281, 408.
CALCER (Jean) exerçait en 1551 le commandement du Castiilet de Perpignan à la place de son neveu, le pupille Jean d’Arce-Gagarriga. Celui-ci élant mort jeune, Charles-Quint octroya les provisions de l'alcaydial du chàteau militaire en faveur de Jean Calcer.
Archives des Pyr.-Or., B. 368.
CALCER (Jacques), chevalier de Saint-Jacques
de l'Epée, fut successivement châtelain d'Elne et du:
château de Salces, durant la seconde moitié du x vi‘ siècle.
Archives des Pyr.-Or., B. 378, Gr. 256.
CALDERS (Jean-Baptiste de) d’une noble famille roussillonnaise, fut nommé abbé d'Arles en 1622. Il mourut en 1630.
ToLna be Bonupas, Hisloie du martyre des saints Abdon et Sennen.
CALDES (Louis de) fut nommé abbé de Saint- Michel-de-Cuxa, en 1660. À cause des guerres dont le Roussillon était alors le théâtre, l'abbaye fut mise sous séquestre et régie par François de Montpalau, abbé de Bañolas.
Archives des Pyr.-Or., I. 101. — For, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel-de-Cuxa.
CALMÈTES (Adrien-Victor-Joseph) était fils de Calmètes de Rostan, avocat près le Conseil souverain du Roussillon, qui avait émigré à Figuères (Espagne), durant la Révolution. C'est dans cette petite ville catalane qu'Adrien Calmètes vint au monde, le 19 septembre 1800. Le séjour dans le pays étranger ne fut pas de longue durée pour le nouveauné: le sénatus-consulte du 6 floréal an X ayant ouvert aux émigrés les portes de la France, la famille Calmètes retourna à Perpignan. Le jeune Adrien, qui avait fait ses premières classes au collège de cette dernière ville, compléta ses études à l'Ecole de Sorèze. Il élait âgé de dix-huit ans, lorsqu'il commença à suivre les cours de la Faculté de droit de Toulouse. Au bout de trois ans il obtint le diplôme de licencié en droit. Calmètes vint, en 1821, se faire inscrire au barreau de Perpignan. La salle de la Cour d'assises des Pyrénées-Orientales fut le théâtre de ses premiers succès. L'ordre et la méthode de ces plaidoiries, son art habile d'argumenter, sa parole sobre, claire, correcte y furent bientôt remarqués. Stagiaire, il se livrait plus particulièrement à l'étude
CALCER — CALMÈTES
approfondie du droit civil. Il y joignait celle de la philosophie et de l'histoire qui. selon ses expressions, éclairent de leurs enseignements la science juridique et en forment le complément indispensable. C'est à ces savantes occupations qu’Adrien Calmètes consacra Îles années qui s'’écoulèrent de 1820 à 1830.
Dans les derniers temps de la Restauration, Calmèles n'était pas resté étranger au mouvement libéral qui se dessinait dans la France entière, Il avait pris, comme avocat, une part active aux procès poliliques qui s'étaient déroulés devant les tribunaux du département. Peu de jours après l’avènement de Louis-Philippe au trône, le 4 septembre 1830, un décret nommait Calmètes conseiller à la Cour royale de Montpellier. En dehors des affaires de l'audience et de la Chambre, le nouveau conseiller s'occupa des divers travaux soumis par le œouvernement aux décisions de la magistrature : tels les projets de loi sur le noviciat judiciaire, la réforme hypothécaire, les modifications à introduire au Code d'instruction criminelle.
De si brillants états de service ne restèrent pas sans récompense. Dès 1835, Calmètes fut décoré de la croix de la Légion d'honneur. En 1842, il fut élu conseiller général des Pvrénées-Orientales par le canton de Sournia. Le 7 août 1845, suivant le désir unaniment exprimé par la Cour de Montpellier, il fut élevé aux fonctions de président de Chambre sur place. Au mois de décembre 1850, Calmètes fut appelé à remplacer à la première présidence de Bastia (Corse) le comte Colonna d’Istria. Dans ses hautes fonctions, Calmètes travailla surtout à obtenir des améliorations utiles dans l'administration intérieure de la Cour et à réaliser la suppression d'abus invétérés touchant la liquidation des dépens en matière civile. Les travaux judiciaires accomplis durant cette période de sa vice furent appréciés ; dans les tomes IV et V du A?ecueil des arrêts notables de la Cour de Bastia se trouvent rapportées les décisions les plus importantes rendues sous sa première présidence.
La sixième année du séjour de Calmètes en Corse allait s’accomplir, lorsqu'un décret, portant la date du 13 novembre 1859, l’appela à siéger au sein de la Cour de Cassation, à Paris. Le 24 mai 1869, les électeurs des arrondissements de Prades ct de Céret l'élurent député au Corps législatif par 11660 voix contre 5965 accordées à Emmanuel Arago et 2214 à Michel Noé. Calmètes vota avec la majorité dynastique et se prononça, le 16 juillet 1870, contre la déclaration de gucrre à l'Allemagne. Après le 4 septembre 1870, Calmètes se retira à Montpellier. Il mourut dans cette ville, le 27 février 1871.
Articles nécrolagiques. — Robert, Bourloton ct Cougny, Dictionnaire des Parlementaires.
CALVET — CAMBOULIU 97
CALVET (Jean), originaire de Cardona, en Espagne, était chanoine d’Elne lorsqu'il fut nommé abbé de la Réal, le 26 février 1514. Il conserva ces deux offices ecclésiastiques simultanément avec un canonicat qu'il acquit plus tard à la cathédrale de Barcelone. Jean Calvet fit construire une chapelle, sous l'invocation de saint Onuphre, dans l’église de Saint- Antoine de la Cormina, à Cardona, et fonda une cause pieuse dans sa ville natale pour marier les jeunes filles de sa famille. En son absence, l’abbaye de la Réal fut administrée par le prieur Vincent Christoffol ; celui-ci a inséré dans son livre de recettes et dépenses une narration historique du siège de Perpignan par le Dauphin, en 1542. Jean Calvet, abbé de la Réal, mourut avant 1550.
Archives des Pyr.-Or., H. 6 — Revue d'histoire et d'archeéologie du Roussillon, t. VI.
CALVO (François de), surnommé (le brave, naquit à Barcelone en 1625. Lorsque la Catalogne se soumit à la France, il passa au service de cette dernière nation, en 1641. Calvo fit toutes les campagnes de Catalogne jusqu’en 1655. Il avait le grade de maréchal de camp dès 1653. Antoine de Perapertusa, vicomte de Joch, ayant abandonné le parti français, lors de la révolte du Conflent, en 1652, ses biens furent confisqués et donnés en vertu des lettres de Louis XIV, datées de Saint-Germain-cn-Lavye, le 18 juin 1653, à François Calvo, maréchal de camp, dont le régiment était alors logé à Vinça, et à ses environs. Calvo se rendit en Hongrie, en 1664 ; il servait dans l’armée de secours que Louis XIV envoya à l'Empereur. Calvo prit part, en 1668, à la conquête de la Franche-Comté, et. en 1671, assista à tous les sièges faits par Louis XIV. Il se distingua en Hollande, en 1672, sous les yeux du roi de France et fut un des premiers à traverser le Rhin. Cette action d'éclat lui valut l'honneur d'être nommé gouverneur d'Arnheim et ensuite de Maëstricht, après la prise de cette ville. en 1673. En 1674, Calvo se trouva à la bataille de Senef. Le 7 juillet 1676, il fut appelé au commandement de Maëstricht, et déclara aux ingénieurs que, s'il n'entendait rien au siège d’une place, il savait au moins qu'il ne se rendrait pas. Calvo défendit Maëstricht pendant cinquante jours contre toutes les forces de ses cnnemis, commandées par le prince d'Orange, et parvint à faire lever le siège. Calvo fut nommé licutenant-général ct resta commandant de Maëstricht jusqu’en 1679. Après avoir surpris Leare et s'être emparé, en 1679, de Clèves et du pays de ce nom, il se rendit à l’armée du Rhin. Calvo fut ensuite envoyé en Catalogne pour s’y opposer aux efforts des Espagnols. Il ÿ remporta une victoire signalée près du Pont-Major, où, après avoir passé la rivière à la nage, il les défit entièrement. Il
aurait même fait prisonnier le duc de Bournonville, leur général, si la nuit n’était survenue. Calvo servit en 1688, en Flandre, sous le maréchal d'Humières. Il fut fait chevalier des Ordres du roi en 1689 et chargé de défendre, avec un corps de cinq inille hommes, les lignes que les Espagnols et les Hollandais voulaient attaquer avec une armée de beaucoup supérieure. Calvo était très estimé de Louis XIV : « J'ai. disait ce monarque, quatre hommes que les ennemis respectent : Montal. Chamilly, Calvo et Dufavy.» Il mourut à Deins, le 29 mai 1690, au moment où il allait recevoir le commandement d’un corps d'armée, sous les ordres du maréchal de Luxembourg. Ses descendants se sont confondus par les femmes dans la maison de Tord, à Perpignan, puis dans celle d'Orns.
Archives des Pyr.-Or.. 394 — CaARRÈRE, Voyage en France.
— Hoœrer, Nouvelle biographie générale. — ARAGoN, Le loussillon aux premiers lemps de son annerion à la France.
CALVO (Pierre de), frère du précédent, abbé de Notre-Dame d’'Eu, fut pourvu, le 13 août 1675. du grand archidiaconé d'Elne. Il était aussi chapelainmajeur de Millas et conseiller d'honneur au Conseil souverain du Roussillon. Il mourut le 2 février 1708 et eut pour successeur au grand archidiaconé Guillaume Massia de Salelles.
Archives des Pyr.-Or., G. 117, 269, 809.
CAMANYAS (Pierre) naquit à Villefranche-du- Conflent vers le milieu du xvr siècle. [Il étudia la médecine à Perpignan et y reçut les honneurs du doctorat en 1586. Il passa peu de temps après à Valence, en Espagne. se fit agréger à la Faculté de médecine de cette ville et y exerça sa profession avec distinction. Il a donné un commentaire sur Gallien intitulé : Zn libros duos artis curative Galeni «dt Glauconem Comment. Valence, 1625. in-4°. qu'il dédia au cardinal Spinola. évêque de Tortose.
CannÈRE, Voyage en France
ÇA MASO (Dalmace de) était licutenant du æouverneur du Roussillon, Bernard de Vilamari. avant l'annexion de la province à la France, sous Louis XT. Son fils Jacques fut nommé châtelain de Quérol, le 16 septembre 1493.
Archives des Pyr.-Or., B. 292, 450.
CAMBOULIU (François - Pierre - Romain) naquit à Palalda Le 9 août 1820. Il passa son enfance au milieu des paysages champêtres de son pays natal. Reçu bachelier, il commença sa carrière professorale dans de modestes pensionnats à Thuir ct à Vinça. Son désir étant de rentrer dans l’Université, il devint maître d'études au collège de Perpignan, en 18H. En
1843, il fut régent de quatrième au collège de Bédarieux ; l’année suivante, il obtint son diplôme de licence ès-lettres. En 1845, Cambouliu fut chargé de professer la classe de troisième au collège royal de Pau. En 1847, il prit part au concours de l'agrégation et y oblint un des premiers rangs. Après avoir professé la rhétorique à Alger durant trois ans, il obtint la chaire de troisième au lycée de Toulouse. Cambouliu profita de son séjour dans cette dernière ville pour joindre à ses diplômes les titres de licencié en droit et de docteur ès-lettres. En 1854, la chaire de rhétorique au lycée de Montpellier lui fut confiée. A la suite d’une maladie qu'il contracta à cette époque, Cambouliu accepta Île poste de censeur dans ce même Ivcée. Un décret impérial du mois de mai 1859, ne tarda pas à l’appeler à la Faculté des lcttres de Strasbourg, comme professeur de littérature ancienne. La santé chancelante de son épouse l'obligea à quitter cette ville. En 1862, Cambouliu revint à Montpellier pour y professer Le cours de littérature ancienne à la Faculté des lettres de cette cité. Il occupa cette situationavec distinction, jusqu’au jour de sa mort survenue le 29 octobre 1869.
L'œuvre écrite de Cambouliu est considérable et variée. Dans la critique cet l’histoire littéraire, il a laissé : les Femmes d’Homère, sujet de sa thèse francaise pour le doctorat ès-lettres ; la thèse latine traituit des Progrès de l'histoire depuis Hérodote jusqu'à Bossuel : une remarquable Elude sur Vauvenargues, dans les Mémoires de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier ; plusieurs articles dans différentes revues (Magasin de librairie, Revue des races latines) parmi lesquels on cite La poésie à Cuba el le poèle Placido, Le Cid de la légende et le Cid de l'hisloire : la Crilique contemporaine, discours prononcé à la Faculté des lettres de Montpellier, dans la séance de rentrée. le 15 novembre 186%, Paris, 1864, in-8", qui renferme de judicieuses appréciations sur la cri- Lique littéraire du xix° siècle, son rôle, son avenir, etc. ; L'Essai sur l'histoire de la littérature catalane, œuvre originale et forte, éditée à Paris, chez Durand, libraire. rue des Grès, 7, en 1857. C’est le premier
ouvrage de philologie paru sur notre idiome provin- |
cial, el sous un titre modeste, ce volume contient de remarquables aperçus historiques ct littéraires sur les écrivains roussillonnais que produisit le moyenâge. Après avoir démontré dans le second chapitre que la langue catalane fut de tout temps distincte de celle des troubadours, l'auteur analyse ensuite les œuvres enfantécs par les chroniqueurs et les moralistes de la Catalogne durant les xnr et xiv° siècles. Dans les deux derniers chapitres, l'écrivain dépeint tour à tour l'état de la prose catalane pendant la Renaissance, puis retrace en un tableau brillant l’hislorique de la belle époque de la littérature roussillon-
CAMBOULIU
naise. L’appendice au volume renferme une excellente étude sur nos troubadours provinciaux. En 1858, l’Essai eut les honneurs d’une deuxième édition. Cambouliu l’augmenta d'une œuvre poétique du xur° siècle : La comedia de la gloria d'amor de fra Rocaberti, poème inédit, tiré des manuscrits de la Bibliothèque nationale.
L'érudition pure occupa aussi l’activité de Cambouliu. Il a produit dans ce genre : L'Essai sur la fatalité dans le théâtre grec, Paris, 1855, où il venge les grands tragiques grecs du reproche de fatalisme ; la Renaissance de la poésie provençale à Toulouse au XIV" siècle, opuscule hardi dans lequel il essaie de détruire la croyance à Clémence Isaure comme fondatrice des Jeux-Floraux, mais riche d’une érudition de bon aloi; Note sur les limiles méridionales de la Celtique, où Cambouliu essaie de combler une lacune géographique et de retrouver la ligne précise où s’arrêtèrent, au mr siècle avant notre ère, les populations celtiques refoulant vers le Sud les Ibères ct les Ligures ; une courte notice sur le Mémorial des nobles. recueil manuscrit d'actes précieux, datant du xt siècle, époque où la seigneurie de Montpellier passa à la maison d'Aragon ; Recherches sur les origines élymologiques de l'idiome calalan. Combattant l'opinion généralement admise que la civilisation des peuples néo-lalins est à peu près en entier d'origine romaine ou germanique, Cambouliu y revendique pour ces peuples, et en particulier pour les catalans, l'influence considérable des mœurs, des institutions. de la lanque qui n’ont pas disparu dans la double conquête du pays et qui ont laissé d’autres traces de leur existence qu'un souvenir et qu'un nom. Malgré Îles défauts qu'on y a justement relevés, il faut regretter que la mort ait interrompu ce travail qui, achevé ct corrigé, serait de nature à devenir un complément indispensable aux œuvres analogues publiées par les philologues allemands ct français.
Une œuvre importante et à laquelle Carmbouliu a attaché son nom, mais qu'il n’a point vu définilivement organisée, c'est la Sociélé pour l'étude des langues romanes. Il s'agissait de faire revivre avec:sa vraie physionomie propre notre vieux Midi qui fut, pour l'Europe du moyen-âge, la terre classique de la poésie. Dans le Messager du Midi, en 1868, un esprit cultivé, M. Montel, exposa, avec une grande force dc conviction, tout ce qu'avait d’anormal la situation d'un pays obligé d'aller chercher à l'étranger l'enseignement de sa propre langue. Montel était évidemment le porte-voix de quelques personnes qui se trouvèrent un jour réunies pour réagir contre un pareil état de choses. Du nombre était Cambouliu qui insista avec force sur la nécessité de créer une société pour étudier les langues romanes. On élabora un règlement provisoire, qui, peu de jours après,