‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 37 sur 227 · CAMBRAY — CAMPAGNE · texte numérisé non relu

CAMBRAY — CAMPAGNE

était converti en règlement définitif (47 avril 1869). Cambouliu fut nommé président et donna à ses amis le courage et la confiance pour tenter un pareil essai, mais la mort ne tarda pas à l’arracher à ses études et à ses entreprises.

A côté de la critique et de l’histoire littéraire, Cambouliu s'exerça dans le roman. Trois romans sortis de sa pluie ont été publiés : Julie de Montcléry, La maison de Rocagirada dans la Revue contemporaine et Le Droit des ainés, feuilleton du Messager du Midi. On a encore de lui : Arago professeur el écrivain, conférences de Perpignan, M!" Tastu, 1877, in-8°, 32 p.

F. AuTté, Article nécrologique dans le Journal des Pyrénées- Orientales, 1869, 2, 5 novembre. — A. GEnMAIN, Discours prononcé aux funérailles de M. Camboulinu, le 30 octobre 1869, Montpellier Montel, in-8° de 10 p. — Achille MoxTEL, Camboulin, Notice nécrologique dans la Revue des langues romanes, t. I.

CAMBRAY (Jean de) était en 1478, procureur royal, trésorier et receveur-général des comtés de Roussillon et Cerdagne.

Archives des Pyr.-Or., B. #11.

CAMBRIEL (L.-P.-François), philosophe hermétique, né à Latour-de-France, le 8 novembre 1774, mort vers 1850. Il cxerça d'abord la profession de fabricant de draps à Limoux. Après avoir fait quelques économies, il vint à Paris, où il composa et publia un cours de philosophie hermétique. Il parait avoir reçu peu d'instruction ; car, ignorant tout procédé chimique, il lui eût été impossible, ditil, de travailler au grand œuvre si Dieu ne l’eût inspiré en trois occasions différentes. La première fois, se trouvant embarrassé pour continuer son ouvrage, il réussit, nous assure-t-il, grâce aux conseils d’une voix mystérieuse. La seconde fois, Cambriel se rendait de Lyon à Paris, lorsque Dieu l'inspira de nouveau ; et, quatre ans après, suivant son témoignage, une vision le convainquit que la première partie de son œuvre alchimique était parfaite.

Son livre d’où sont extraits ces renseignements est intitulé : Cours de philosophie hermélique où d’Alchimie, en dix-neuf leçons, elc. Paris, 1843, in-12. Cet ouvrage, fort singulier, eu égard à l'époque où il a paru, a donné lieu à la publication d'une série d'articles, composés par Chevreul sur les sciences hermétiques et publiées dans le Journal des Savants en 1851. Cambriel donne. dans son ouvrage, une explication hermétique des sculptures qui décorent le portail central de l'église Notre-Dame de Paris, ct il fait connaitre successivement, et dans le plus grand détail, les opérations indispensables à l'élaboration du grand œuvre. Il y à joint une explication des cinq premiers chapitres de la Genèse au point de vue hermétique et trois additions dont le but est de prouver qu'il y a trois existences dans l'homme.

HœrEr, Nouvelle biographie generule.

CAMOS (Narcisse), de l'Ordre des Frères- Prêcheurs, naquit à Gérone au commencement du xvu° siècle. Très dévot envers la Sainte Vierge, il visita à pied toutes les églises et chacun des ermitages dédiés à Marie qui sont établis sur le territoire de la Catalogne. Il recueillit, sur son passage, les données historiques et les traditions qui se référaient à ces divers sanctuaires. Il les consigna dans un volume intitulé : Jardin de Maria plantado en Calaluña, qu'il fit paraître à Barcelone, en 1637. Les ermitages roussillonnais consacrés à la Vierge y occupent une large place. Le style de l'ouvrage est élégant le fond est assez exact. mais fort incomplet. On y trouve cependant des renseignements précieux à glaner.

Tonnes-AuarT, Diccionario cerilico de los eserilores catalanes.

CAMP (Joseph-Julien-Aimé), né à Narbonne, le 28 septembre 1812, obtint le diplôme de licencié ès-letitres, puis se voua à l’enseignement dans l'Université. Il occupa diverses chaires de grammaire el de lettres dans plusieurs collèges et lycées, notamment celle de rhétorique au collège de Perpignan. Après avoir été principal du collège de Castelnaudary, puis du collèse de Béziers, il fut nommé inspecteur d'Académie à Perpignan, le 11 septembre 1867. C’est en cette qualité, qu'il obtint sa mise à la retraite, le 1° octobre 1873. Camp vécut retiré à Montpellier, jusqu'au 30 juillet 1899, consacrant ses loisirs à l'étude des belles-lettres et à la culture de la poésie française. Helléniste distingué, il entretint des relations épistolaires suivies avec les grands maîtres de la littérature contemporaine, notammentavec Sainte- Beuve. Camp a publié dans les XXIIT-XXVIIT Bulletins de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales des poésies dont plusieurs sujets se rapportent à des sites, des personnages ou des monuments du département. Il peut être considéré comme le continuateur de Pierre Batlle, qui, avant lui, avait chanté les parsagres, les hommes et les choses du Roussillon.

Articles nécrologiques insérés dans divers périodiques.

CAMPAGNE (Jean-Pierre), né à Chalabre (Aude), le 2 février 1723, vint à Perpignan pour ctudier la théologie à l'Université de ectte ville. Mais ses goûts le dirigèrent vers la carrière de la médecine dont il ne tarda pas à aller suivre les cours à la Faculté de Montpellier. Il y prit le grade de docteur. retourna à Perpignan où il épousa, en 1751, Marie- Angélique Jaume, sœur de l'historien Joseph Jaume. En 1756, il concourut à la dispute d'une chaire de médecine à l'Université de Perpignan, mais cette place fut adjugée au docteur Joseph Bonafos, son concurrent. Campagne entra, en 1767, au collège royal de Perpignan, comme professeur de mathéma-

tiques. Il fut, à ce titre, compté comme professeur de l’Université, et en devint le recteur en 1784. Il professa jusqu’à la fermeture du collège qui eut lieu vers la fin de l’année 1793, puis devint bibliothécaire de l'Ecole centrale en 1796 et exerça ces fonctions jusqu'en 1812, époque où son fils Joseph le remplaça. Campagne avait été le compagnon d'études et l'ami de Marmontel, le condisciple de Sauvages qui a consigné honorablement son nom dans ses œuvres. La ville de Perpignan lui doit la formation et la conservation de sa bibliothèque publique. Il procéda au dépouillement et au classement des diverses collections d'ouvrages entassées pêle-mèle dans des salles, à la suite de la spoliation des maisons religieuses, opérée par la Révolution. Campagne joignait à une vaste érudition, la mémoire la plus heureuse. Dans ses dernières années et même sur son lit de mort, il récitait en entier ses thèses de philosophie et de médecine, ses leçons de professeur, ses discours d'apparat, disculait sur sa maladie en calculant le moment qui devait finir ses souffrances. Les auteurs sacrés, les auteurs profanes, ce que la littérature a produit de plus brillant, chez les anciens, chez les modernes, il avait tout lu, tout appris, beaucoup retenu. Chaque mot emmenait, dans ses conversations, une citation ; sa mémoire ne le trahissait jamais ; il nommait l’auteur, l'ouvrage, le volume, le chapitre dont il s'agissait. Jean-Pierre Campagne mourut à Perpignan le 2 janvier 1816.

Article nécrologique paru dans le Mémorial administratif de

CAMPAGNE (François), né en 1803, à Perpignan, était fils de Joseph Campagne et de Thérèse de Fossa. Détcnteur des précieux manuscrits de François de Fossa, son grand'père, il prit goût aux études d'histoire roussillonnaise, et dès 1832, écrivit dans le Publicaleur des Pyrénées-Orientales pour présenter des observations critiques sur un point de l'Histoire de Roussillon d'Henry. En 1836, une querelle fâcheuse s’éleva entre ces deux érudits au sujet de l'indépendance des comtes héréditaires du Roussillon ; les antagonistes en arrivèrent même aux injures personnelles. L'année précédente, François Campagne avait publié dans le Publicateur une bonne Nolice historique sur M. Jaume, son grand-oncle. Il fut bibliothécaire de Perpignan, durant un certain temps, puis se fit inscrire au barreau du tribunal de cette ville. En 1858, Campagne engagea une polémique avec l'archiviste Alart, au sujet de l'identité de sainte Eulalie, patronne d’Elne. Alart venait d'éditer dans le X[° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales un mémoire tendant à prouver que la patronne d’Elne était sainte Eulalie de Mérida. Campagne publia une Dissertation

Page 1