CARRÈRE
vit par complaisance pour son beau-père, mais c’est, comme dit Eloy, en avoir beaucoup que d’avoir fermé les yeux à la lumière qui éclairait la médecine depuis près d’un siècle. Cette thèsc est intitulée : Animadversiones in circulalores, Perpignan, 1714, in-4’. On a encore de lui : De febribus, Perpignan, 1718, in-#° ; Essai sur les effets de la méthode du bas peuple pour guérir les fièvres, Perpignan, 1721, in-12.
Hœæœrenr, Nouvelle biographie générale.
CARRÈRE (Thomas), fils de Joseph, né le 11 février 1714 à Perpignan, s'occupa, dans ses premières années, d'études théologiques qu’il abandonna pour celles de la médecine. Après avoir pris ses grades. le 22 janvier 1737, il fut chargé, au mois d'octobre de la même année, d'une chaire de médecine à l'Université de sa ville natale. Elevé, en 1752, à la dignité de recteur de ce corps académique, il Jui rendit son ancienne illustration par de sages règlements. Le12février 1753, il fut nommé médecin de l'hôpital militaire de Perpignan ; cette même année, il devint membre de la Société royale des sciences de Montpellier. Chargé d’inspecter l'hôpital de Collioure en 1757 et les soldats envoyés de Minorque en France pour raison de santé en 1758, il s’'acquitta avec honneur de ces différentes missions dont l'avait investi le ministère. Le 21 mai 1759, le roi le nomma son délégué près du Conseil souverain du Roussillon ; le 25 mai 1761. il fut fait doyen perpétuel de la Faculté de médecine. Protomedic de la province de Roussillon le 25 juin suivant, il mourut à Perpignan Île 26 juin 1764.
Carrère a beaucoup contribué par son crédit et par ses projets au rétablissement de l'Université de Perpignan dont il avait jeté les fondements pendant l'année de son rectorat ; aussi mérita-t-il de cette compagnie d’être nommé son Commissaire perpétuel.
Rival de Pierre Barrère, son compatriote, leur controverse n'a pas toujours été exempte d’aigreur et d'animosité. Cependant, Barrera ayant été attaqué sur l’opinion qu'il avait émise, que la médecine pouvait arriver à la connaissance des maladies par l’autopsie des cadavres, et se trouvant en ce moment très malade, Carrera se chargea de sa défense qui fut victorieuse.
On a de lui :
Theses de universä medecinä, Perpignan, 1747, in-4 :
Réponse à une queslion de médecine dans laquelle on examine si la théorie de la botanique, ou la connaissance des plantes, est nécessaire à un médecin, par J. B., garçon apothicaire, sans lieu d'impression, 1740, in-4° (adressée à Pierre Barrère) ;
Lettre d'un médecin de province à M. Louis XX (Adrien de Lacroir), médecin de la Faculté de Perpignan. Perpignan, 1743, in-4° ;
Réponse à la lettre raisonnée de Louis XX, médecin de la Faculté de Perpignan, ibid., 1743, in-4° ;
Lettre à M. Gourraigne, médecin de la Faculté de Montpellier, ibid., 1743, in-4° :
Réflexions sur les observations que MM. F.S.elS. (Fr. Simon el Sébastien) ont donné au sujet de la maladie d'un officier d'artillerie, ibid., 1744, in-4° ; une péripneumonie catarrhale dont cet officier était affecté, est le sujct de ces quatre opuscules ;
Dissertalio medica de hominis generatione, Perpignan, 1744, in-4°;
Dissertalio an veræ phlisi pulmonari, ullimum gradum nondum asseculæ aguæ Præstensis, vulgo de La Preste, etc., Perpignan, 1748, in-4#';
Essai sur les eaux minérales de Nossa en Conflans, sur leur nalure, sur leurs verlus, sur les maladies au:quelles elles peuvent convenir, el sur la manière de s’en servir, Perpignan, 1754, in-12 ;
Réponse à l'auteur d'une leltre sur l'impossibililé de reconnaitre, par l'ouverture des cadavres, les causes éloignées et immédiales des maladies, sans lieu d’impression, 1755, in-12. Carrère s’y prononce contre Barrère pour l'utilité de l'ouverture des cadavres, par lesquelles on parvenait à découvrir certaines causes de maladies, en ajoutant toutefois qu’il faut se garder de confondre ces causes avec leurs effets ;
Traité des eaux minérales du Roussillon, Perpignan, 1756, in-8°. C'est le premier ouvrage qui ait paru sur les eaux minérales de cette provinec :
De sanguinis putredine, Perpignan, 1759, in-4°. Cette dissertation, quoique rédigée par Carrère, a été toutefois publiée sous le nom de Simon-Philippe Bieysse ;
De hæmaltoscopiâ, Montpellier, 1759, in-8°.
Fexry, Hisloire de Roussillon. — HærFrEr, Nouvelle biographie générale.
CARRÈRE (Joseph -Barthélemy-François), médecin et littérateur, né à Perpignan le 24 août 1740, se livra, dès l’âge de douze ans, à l'étude de l'anatomie. La facilité de se procurer des cadavres dans l'hôpital militaire de Perpignan dont son père était le médecin, lui fournit les moyens de s’adonner à la dissection. À quinze ans, il suivil successivement les cours de médecine des écoles de Perpignan et de Montpellier et reçut dans cette dernière ville les honneurs du doctorat en médecine, le 26 novembre 1759, n'étant alors âgé que de dix-neuf ans. De retour à Perpignan, il obtint son agrégation à la Faculté de médecine, le 8 février 1760. S'étant ensuite présenté au concours de la chaire d'anatomie et de chirurgie, il fut élu professeur à l'unanimité des suffrages, le 20 décembre 1762. L'Université de Perpignan ayant résolu, le 8 octobre 1770, de former un
cabinet d'histoire naturelle, composé des seules productions de la province du Roussillon, elle le chargea d'organiser cet établissement et il en devint le premier directeur. Louis XV lui accorda en 1771, en propriété, les eaux minérales des Escaldes en Cerdagne ;et par brevet du 18 avril 1773, ce prince le nomma inspecteur-général des eaux minérales de la province du Roussillon et du comté de Foix. Au mois de mai de la même année, des affaires particulières ayant appelé Carrère à Paris, il résolut de se fixer dans la capitale. En conséquence, au mois d'octobre 1774, il donna sa démission des places qu’il occupait à Perpignan. L'Université, sensible à la perte qu'elle faisait, rendit, de son propre mouvement, le 2 mars 1775, un décret par lequel, après avoir rappelé son zèle, ses talents et ses services, elle lui accorda les honneurs de la vétérance, quoiqu'il n’eût pas atteint l’âge fixé par les règlements. Le corps de ville consigna dans ses registres l'estime que la cité portait à Carrère en déclarant que la résolution prise par lui excitait les regrets de tous ses concitoyens. Etabli dans la capitale, Carrère s’y fit bientôt connaître par sa science et son habileté. Il fut nommé censeur royal le 26 juin 1775. Promu au premier grade de la Faculté de médecine le 3 mars 1776, nommé médecin du garde-meuble de la couronne au mois d'avril suivant, puis, nommé en mai 1779, associé ordinaire de la société royale de médecine de Paris, il fut successivement membre de diverses académies de médecine des principales villes de France. Il devint plus tard conseiller-médecin ordinaire de Louis X VIlet ensuite premier-médecin de Louis XVIII, pendant l’exil de ce monarque. Passé en Espagne, il y séjourna quelques années. Il mourut à Barcelone le 20 décembre 1803. Carrère se disposait à publier en ce moment-là un ouvrage considérable sur l’Espagne. Ce travail qui devait former six volumes in-8°, renferme des notions intéressantes sur l’agriculture, l’industrie, le commerce, l'état des sciences, de la littérature et des arts de ce royaume, avec des recherches sur l'histoire naturelle, latopographie, etc. On a de lui :
Dissertatio de vilali corporis el animæ fædere, Perpignan, Reynier, 1758, 1 vol. in-8° ;
Dissertatio physiologica de sanguinis circulalione ibid... 1764, in-4° ;
De digeslionis mechanismo, Perpignan, 1765, 1 vol. in-8° ;
De revulsione, ibid., 1770, in-8° ;
Réponse à un ouvrage qui a pour litre : Recherches anatomiques par Louis-Michel Cosle, dans lequel l'auteur élablil avec évidence la compression que les arlères iliaques reçoivent de l'intestin rectum trop distendu, Perpignan, 1771, in-4° ;
Le Comte,