CASTELLAN — CASTELLANE
reçut la tonsure et fut pourvu d’un bénéfice dans la communauté ecclésiastique de l’église de Canet. Il passa au collège Saint-Laurent de Perpignan pour y compléter ses classes de belles-lettres. À dix-huitans il entra à l'Université de cette ville et v suivit le cours de philosophie durant une année. Sans goût pour la vocation ecclésiastique, il ne tarda pas à adopter la carrière de la médecine. Il subit ses examens de chirurgie et retourna à Canet seconder son père dans sa profession. La Révolution le surprit dans la vie humble qu'il menait au sein de son village natal. Il adopta, mais sans enthousiasme au début, les principes de 89, fut nommé maire de sa commune, puis membre du District et du Directoire de Perpignan. Elu, le 4 septembre 1792, membre de la Convention. par le département des Pyrénées- Orientales. le cinquième et dernier des députés. par 74 voix sur 151 votants, il siégea à la Plaine. En janvier 1793 il vota la mort de Louis XVI et s'exprima ainsi au troisième appel nominal : « Pénétré des conséquences qui peuvent résulter du grand objet qui nous occupe, mais appelé par ma patrie pour prendre la mesure la plus utile à son bonheur, c’est avec la plus grande sensibilité que je prononce la mort. » Par décret du 6 juillet 1793, Cassanyes fut envoyé en mission dans le département à titre de représentant du peuple près les armées des Pyrénées- Orientales. Dans ses Mémoires, Cassanyes s’attribue l'honneur de l’organisation de l'armée des Pyrénées, de la victoire de Peyrestortes (17 septembre 1793) et de la belle campagne de la Cerdagne. Rappelé par la Convention, il rentra à Paris où il se prononça contre Robespierre el contre la Commune, le 9 thermidor. Eu 1794, la Convention l'envoya de nouveau en mission pour visiter les postes militaires des Alpes. Le 27 thermidor, il fut chargé d'une mission politique dans le département du Mont-Blanc pour réparer les erreurs et le mal commis par les directeurs de ce département. Il adressa une proclamation aux populations ct réussit à apaiser les rancunes elles haines. Le 21 vendémiaire an IV, il entra aux Cinq-Cents avec 84 voix que lui donnèrent les électeurs des Pvrénées-Orientales. Il ne sv fit pas remarquer, retourna à Perpignan après l'expiration de son mandat, et fut élu membre de l'Administration centrale du département qu'il présida jusqu'en 1800. Il remit ses pouvoirs au ciloxven Charvet, de Nancy, nomme préfet des Pvrénées-Oricntales par le Premier Consul. Après avoir rempli les fonctions de juge de paix, et la charge de conseiller d'arrondissement, Cassanves retourna à Canet et se livra à l'agriculture. Il resta maire de son village natal jusqu'à la Restauratiou. Cassanyes fut exilé en 1816, comme régicide : il se réfugia d'abord à Vervey (Suisse). De là il passa en Espagne ; il put regagner enfin Canet, où il mourut
ignoré, le 22 avril 1843. Cassanyes avait employé le temps de son exil à la rédaction de Mémoires que M. Pierre Vidal a édités dans la Revue de la Révolulion française. En 1893, on a élevé un monument à Cassanyes sur l'emplacement de l'ancien cimetière de Canet.
ROBERT, BOURLOTON ct Coucxy, Diclionnaire des Parlementai-
res. — P. Vipar. Mémoires de Cassanyes dans la revue de la Revolution française, 1888-1890.
CASTELLAN l°, religieux de l’ordre de Saint- Benoît, venu d’Espagne en 778, fonda le monastère de Sainte-Marie d'Arles, sur l'emplacement d'un édifice antique, et à proximité d’un établissement de bains. Louis-le-Débonnaire donna, le 17 septembre 821, à l'abbé Castellan, une charte ou Prœceptum par laquelle il prenait sous sa protection le monastère, ses religieux et les choses qui en dépendaient. En outre, ce prince donnait plein pouvoir de procéder à l'élection de l'abbé, suivant les règlements canoniques et exemplait les religieux de ce couvent de la juridiction séculière.
Tozka DE Bounpas, Hisloire du martyre des saints Abdon et Sennen.
CASTELLAN Il, sixième abbé de Sainte-Marie d'Arles, gouvernait ce monastère sous Louis-le- Bègue, en 878. On le retrouve encore abbé en 876 et en 87).
ToLra DE Bonpas, op. cit.
CASTELLANE (Esprit - Victor - Elisabeth - Boniface comte de), maréchal de France, naquit à Paris le 21 mars 1788. Entré au service, le 2 décembre 1804, comme simple soldat au 5" léger, il franchit rapidement les grades inférieurs, fut nommé souslieutenant le 24 février 1806, et licutenant Le 29 janvier 1808. C'est en cette dernière qualité qu'il fit, comme aide de camp du général Mouton (depuis comte de Lobau), la campasne d'Espagne de 1808 et celle d'Allemagne de 1809 ; il assisla aux batailles d'Abensberg, d'Eckmühl, de Ratisbonne, d'Essling et de Wagram. S'étant fait remarquer, pendant la même campagne, dans plusieurs missions qui lui furent confiées, l'Empereur le nomma. l'année suivante, chevalier de l'Empire, avec une dotation de 3.000 francs, Capitaine en 1810, il reçut en 1S12 le brevet de chef de bataillon, pour sa conduite remarquable au début de la campagne de Russie. Il se signala à Moscou, à Smolensk, à Krasnoe, et à la Bérézina. Colonel-major du EF" régiment des gardes d'honneur le 31 juin 1813, il fil avec ce grade les campagnes de 1813 ct 1814. Appelé, Le 27 septembre 1815, au commandement du 5’ régiment de hussards, il reçut, la même année, la croix de Saint-Louis
et le grade d’officier de la Légion d'honneur. Chargé en 1322 du commandement des hussards de la garde, il prit rang, le 14 janvier 1824, dans le cadre des maréchaux de camp. C’est en cette qualité qu'il fit la campagne d'Espagne, et qu'il commanda en 1825 l'avant-garde de la division de Cadix. Il quitta l'Espagne en 1827, et fut appelé, la même année, au commandement du département de la Nièvre, qu'il n’accepta point. Membre du conseil général de l'Allier en 1829. il fut destitué l’année suivante, pour avoir appuyé de son vote un candidat de lopposition. Réintégré après la révolution de juillet 1830, il fut chargé, par le ministre de la guerre, de l’inspection de plusieurs régiments d'infanterie et de cavalerie. Il commandait le département de la Haute- Saône lorsqu'en 1832 il fut mis à la tête d’une brigade de l'armée du Nord, avec laquelle il prit part au siège d'Anvèrs. Nommé lieutenant-général le 9 janvier 1833, il alla diriger les opérations de la division active des Pyrénées-Orientales, chargée d'observer les mouvements de l’armée espagnole, et prit en 4835 le commandement de la 31° division militaire (Perpignan). Le 3 octobre 1837, le gouvernement récompensa ses services par la dignité de pair de France. Envoyé en Afrique à la fin de cette même année, il revint, le 18 mars 1838, reprendre son commandement à Perpignan. La division des Pyrénées- Orientales fournit alors la plupart des belles troupes et des valeureux officiers qui se distinguèrent dans les combats en Afrique. De cette division sortirent des officiers généraux distingués : le général Chanvarnier, le maréchal Canrobert, le général Forey, etc.
Pendant quil commandait dans les Pyrénées- Orientales, le général de Castellane s'occupa très activement de Port-Vendres. Il aurait voulu qu’on en fit un port militaire dans le genre de Toulon. A cet effet, il demanda et obtint du gouvernement des secours assez considérables, Comme il était membre de ta Chambre des pairs, il se rendait chaque année à Paris. Îl y voyait le roi, les ministres et tous ceux qui avaient quelque influence à la Cour. Il se servit de son crédit pour obtenir dix mille francs pour les réparations de la cathédrale de Perpignan et une subvention bien plus considérable encore pour créer l'établissement thermal d’'Amélie-les-Bains.
À Perpignan, le général de Castellane offrit plus d'une fois l'hospitalité à des Espagnols de distinction, que la guerre civile obligeait à fuir leur pays. C'est ainsi que Le 20 novembre 1834, il recevait à sa table la comtesse de Téba et ses deux jeunes filles, dont l'une, Eusénie. dix-neuf ans plus tard, devait étre impératrice des Français.
Pendant son second séjour dans les Pyrénées- Orientales. le général de Castellane reçut des visites