CASTELLANE
princières. La première fut celle du duc et de la duchesse d'Orléans, qui arrivèrent à Perpignan vers le milieu de septembre 1839. Le prince fut charmé de la bonne tenue des troupes et des manœuvres assez difficiles qu'elles exécutèrent avec beaucoup de précision.
Au mois de février 1844, la reine Christine, rentrant en Espagne, passa à Narbonne et à Perpignan. Le général de Castellane lui fit les honneurs de son commandement. Il la reçut à son arrivée, lui donna une garde d'honneur, la fit assister à des mouvements de troupe et à une revue. Il l'accompagna jusqu'à la frontière. Les soldats étaient échelonnés le long de la route ; la reine admira leur air martial et leur bonne tenue. A peine de l’autre côté des Pyrénées, elle fit adresser au général de Castellane un décret le nommant grand-croix de l'Ordre de Saint- Ferdinand.
Quelques mois après, celui-ci recevait la visite d'Ibrahim-Pacha, qui se rendait aux eaux du Vernet, en compagnie du major général de l’armée égyptienne, Soliman-Pacha.
Pendant son séjour au Vernet, Ibrahim vint plusieurs fois à Perpignan. On fit manœuvrer les soldats devant lui. Il fut émerveillé surtout de la rapidité avec laquelle l'artillerie prenait ses positions et de la précision des charges de cavalerie. Lorsque Ibrahim se rendit à Paris, il y rencontra le général de Castellane ; il se mit alors à le louer en termes pompeux, devant le duc de Montpensier et d’autres personnes: « Sauf de me faire monterau ciel, dit-il, ce général a tout fait pour moi. »
Au mois d'août 1846, des troubles graves éclatèrent à Perpignan, à l'occasion des élections. Les partisans d’Arago l’emportèrent, et, fiers du triomphe, s’efforcèrent d'amener un conflit entre la troupe et les civils. Le général de Castellane, aidé du préfet, M. Vaïsse, tint vaillamment tête à l’émeute. Grâce à son énergié et aux mesures qu’il prit, il n’y eut pas de sang versé.
En 1847, il échangea, pour des raisons de famille, son commandement contre celui de la 14° division, établi à Rouen. Dans cette dernière résidence. il contribua puissamment après la révolution de février 1848, par son énergique fermeté, à rétablir l’ordre et la tranquillité dans cette cité industrielle et populeuse. Mis à la retraite par un décret du gouvernement provisoire, il fut rappelé à l’activité, par un décret présidentiel du 30 août 1849, pour aller prendre Île commandement de la 12° division militaire (Bordeaux), et, l’année suivante, le commandement supérieur des 14° et 15°, qu'il quitta, le 24 avril su:ivant, pour les 5” et 6 (Lyon et Besançon). La première de ces villes, qui venait d’être mise en état de siège. dût à sa fermeté d'échapperaux désordres quiauraient
CASTELLNOU
pu éclater après le coup d’Etat du 2 décembre. Castellane fut nommé sénateur par un décret du 26 janvier 1852. Le 2 décembre suivant, il recevait le bâton de maréchal. En 1859, il fut nommé commandant de l'armée de Lyon, lors des premières dispositions prises pour l’armée d’ltalie. Castellane mourut à Lyon Le 16 septembre 1862. |
HœæœrEr, Nouvelle biographie générale. — Journal du maréchal de Castellane.
CASTELLNOU (Guillaume 1 de), vicomte de Vallespir, dès l’an 1003, fonda la maison vicomtale de ce nom. De toutes les anciennes familles roussillonnaises, c’est celle qui posséda au plus haut degré la puissance et les richesses : c'est celle qui joua le rôle le plus important dans l’histoire du Roussillon, durant le haut moyen-âge. Pendant tout le xr' siècle, les vicomtes de Castellnou furent les maîtres du siège épiscopal d’'Elne qu’ils exploitèrent à leur profit, soit par leurs créatures, soit avec leur titre d’archidiacre, devenu pour ainsi dire héréditaire dans leur famille, et cette influence abusive ne cessa que vers le milieu du xn° siècle, à la mort de l'évêque Udalgar de Castellnou, arrière-petit-fils de Guillaume [". Ces chevaliers possédaient un grand nombre de seigneuries dont les principales étaient, avec Castellnou et Camélas, le château de Bellpuig avec Prunet, Caixas, Fontcouverte, Sainte-Colombe-deslles, Ponteilla, Saint-Féliu-d'Amont et d’Avail, Montferrer. Ils étaient en outre les chefs militaires du Vallespir et les seigneurs suzerains de tous les châteaux et forteresses qui existaient dans ce pays, tels que Corbera, Llupia, Montauriol, Saint-Jean-Plade-Corts, Revners, Palalda, Montalba, Montferrer et Serrallonga, dont les barons et seigneurs étaient tenus de venir prêter foi et hommage dans la salle du château de Castellnou et n’allaient en guerre que sur l'appel et sous les ordres du vicomte. Guillaume de Castellnou avait épousé Saurine dont il eut un fils qui prit le même nom que lui.
ALART, Le chäleau de Caslellnou, dans le XXXVHE Bulletin de la Soriélé Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- Orientales.
CASTELLNOU (Guillaume Il de) abandonna en 1067 le titre de vicomte de Vallespir pour prendre celui de Castelinou que portèrent désormais ses descendants. En 1088, il reçut de Raymond Bracads serment de fidélité pour les châteaux de Castelinou, de Pena, de Montdon et de Serrallonga. Archidiacre et possesseur de la vicomté, il fit son testament le jour de Pâques de l'an 1091; par cet acte, il laissa la vicomté à son neveu Uzalguar avec les châteaux qui en dépendaient.
ALART, Op. cit. — ALART, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série. — Marca hispanica, col. 307.
CASTELLNOU (Guillaume 111, Uzalgar de), vicomte de Castelilnou, épousa Ermessinde et eut d'elle. entre autres enfants, Jausbert, Artalde et Uzalgar.
Marca hispanica, col., 1244.
CASTELLNOU (Udalgar de) était le fils de Guillaume Uzalgar, vicomte de Castellnou et de son épouse Ermessinde. Il était aussi le neveu de Guil- Jaume, abbé de Saint-Paul de Narbonne. En 1115, il était déjà pourvu de l’archidiaconé d'Elne. On le trouve revêtu de cette dignité, le 8 mai de cette année, dans un acte de donation de la troisième partie des dimes qu'il fit à l’église de Ponteilla, de concert avec ses parents ct ses frères Jausbert ct Artalde. Udalgar de Castellnou portait aussi le titre de chanoine de Gérone lorsqu'il fut nommé évêque d'Elne en 1130. L'année mêine de son élection épiscopale, il gratifia d’abondantes libéralités le monastère de Notre-Dame del Camp dont les murs sortaient à peine de terre. Quatre ans après, Udalgar se rendit à un concile provincial tenu à Narbonne dans l'église des saints Just et Pasteur. Il profita de cette impor-tante réunion d'ecclésiastiques pour exposer à ses collègues l’état déplorable où les Sarrasins mettaient son diocèse et exciter leur pitié en faveur des chrétiens, victimes des pirates musulmans. Les Arabes faisaient de fréquentes incursions, massacraient les hommes ou les emmenaient captifs, et dans ce moment, en échange de ceux qu'ils tenaient en leur pouvoir, ils demandaient cent jeunes vierges. Mais lui s'était engagé envers les pirates à racheter ces malheureux esclaves à prix d'argent, comptant pour cet effet sur des secours de la part des enfants de l'Eglise. L'éloquence d'Üdalgar eut pour résultat d'intéresser les suffragants de la province Narbonnaise au malheureux sort de ses diocésains et de libérer, grâce aux générosités de leurs fidèles. les pauvres roussillonnais tombés entre les mains des Sarrasins. Un des premiers actes qu'accomplit. comme évêque, Ldalgar de Castellnou fut la consécration de l'église de Notre-Dame d’Espira-de-l'Agly. En procédant à cette cérémonie, le 9 juin 1130, ce pontife délimita le territoire de la nouvelle église et lui confirma les dimes. les prémices et les alleux dont celle était propriétaire. Comme l’abbaye de Cuxa possédait certains droits sur cette dernière, Udalgar passa une transaction avec l’abhé Grégoire, le 9 novembre 1134 : il acquit cette église de l'abbé de Cuxa en échange de celle d'Arria. Deux ans après, il y établissait la vie canoniale, et mettait à la tête du nouveau prieuré augustin le chanoine d'Elne, Pierre Arnau. Ce prieuré fut transféré dans l’église collégiale de la Réal et converti en abbaye, deux siècles et demi plus tard (1381). En 1138. Udalgar détacha de
son domaine patrimonial les églises de Trullas, Salelles, Llauro, Tanyères et Croanques pour les unir à la mense épiscopale d’'Elne. Le 26 novembre 4141, il consacra l’église de Sainte-Marie de Coustouges qui se recommande à l'attention des archéologues au mé:ne titre que celle d’Espira-de-l’Agly. Le 16 juillet de l'année suivante, Udalgar consacrait l'église de Notre-Dame du Vilar, près de Villelonguedels-Monts, et en 1145, celle de Saint-Martin de Corneilla-de-la-Rivière. Pour assurer la conservation des chartes et titres anciens (principalement des privilèges émanés des rois et des souverains pontifes) que possédaient les archives de sa cathédrale, Udalgar de Castellnou les fit transcrire, en 1140, sur un registre qui devint le Cartulaire de l’église d’Elne. Ce recueil était un in-folio de 374 feuillets, divisé en huit livres renfermant: chacun des sept premiers cent chartes, le huitième quatre-vingt-une chartes. Ce Cartulaire qui contenait des documents depuis Louis-le-Pieux (833) a disparu au début du xrx' siècle. Au témoignage de Martenne et de Baluze, Udalgar était encore évêque en 1147. IL eut pour successeur sur le siège d’Elne, l’archidiacre de cette même église, Artalde.
Marca hispanica, col. 1244, 1269, 1278. — Coma, Nolicies de la iglesia insigne collegiada de Sanlt-Joan de Perpinya. — PuicGart,
Catalogue biographique des évêques d’Elne. — Abbé I. CaPEILLE, Figures d'evêques roussillonnais.
CASTELLNOU (Guillaume IV de), vicomte de Castelinou (1193-1249), se reconnut, en même temps que son fils Jausbert, le vassal de Nunyo-Sanche, souverain de Roussillon, Le 16 avril 1241. IT fut viguier de Vallespir et laissa cinq enfants qu'il avait eus de son épouse Raymonde de Crexell: Jausbert et Guillaume qui lui succédèrent ; Dalmace ; Pierre, évêque de Gérone ; et une fille, Saurine, qui, ayant épousé Bérenger de Botonac, apporta en dot à celui-ci la terre de Saint-Féliu-d'Avail.
Archives des Pyr.-Or.. B. 72. — ALanT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.
CASTELLNOU (Pierre de), chanoine de Gérone en 1239, fut élu par le chapitre évèque de cette ville, quelques jours après la mort de Bérenger de Castellbisbal. son prédécesseur (1254); mais il ne fut consacré qu’en 1256. Ce prélat veilla avec un soin jaloux au maintien des bonnes mœurs parmi Îles clercs et à la sauvegarde de la discipline ecclésiastique. A cet effet, il célébra plusieurs svnodes dans sa ville épiscopale. Le premier qu'il convoqua, le 19 octobre 1256, exigea la réception des Ordres pour la collation des bénéfices, força les ecclésiastiques à la résidence et défendit à ceux-ci de plaider dans Îles affaires civiles. Un second s\node, que Pierre de Castelinou
réunit le 13 octobre 1261, interdit aux clercs les jeux |
CASTELLNOU
de dés sous peine d’excommunication. Dans le troisième, qui fut tenu le 12 octobre 1267, l'évêque de Gérone porta prohibition des danses et des chansons obscènes dans l'intérieur des églises. Pendant Îles sessions du dernier synode, qu'il assembla le 16 octobre 1275, Pierre de Castellnou défendit d’ensevelir les morts dans les cimetières, durant le temps d’interdit. En 1265. Pierre de Castellnou avait permis à Bonaventure de Porta, grand-maître de la synagogue de Gérone, de composer un ouvrage dans lequel celui-ci exposait la défense de la religion judaïque. Le rabbin avait inséré dans son livre des attaques directes contre le christianisme. Saint Raymond de Pennafort et quelques Frères-Prêcheurs de Barcelone traduisirent son auteur au tribunal du roi Jacques [°, le Conquérant. Le rabbin se justifia en invoquant l'autorisation donnée par l'évêque de Gérone. Pierre de Castellnou, cité comme témoin dans cette affaire, expliqua au tribunal du roi que son but, en provoquant la composition de l'ouvrage de Bonastruc, avait été de faire éclater au grand jour les griefs que les rabbins adressaientau catholicisme, afin que les docteurs el les théologiens pussent plus aisément les réfuter. Bonastruc fut renvoyé absous. Jacques I" choisit Pierre de Castellnou pour arbitre dans le conflit qui s'était élevé entre le pouvoirroyal et les nobles catalans, en 1274. Ce pontife fit son testament le 15 décembre 1277. Il voulut étre enseveli dans le cloître capitulaire, auprès de l’autel de sainte Marie-Madeleine, élevé à ses frais. Pierre de Castellnou mourut le 20 février 1278; sur son tombeau on grava l'épitaphe suivante :
Anno milleno bis cenleno sepluageno
Oclo jungendis marlit denoque kalendis,
Migravit P. Caslroque novo : sed in æde
Vivié sanclorum fueril cum sector eorum
Hane sedem castris dotavit q'slat in astris
…… divinum cullum staluens sibi binum.
VILLANLEVA, Fiaje lilerario a las iglesias de España, t. XVI — Abbé J. CaPEiLLE, Figures d'éveques roussillonnais.
CASTELLNOU (Jausbert IV), fils aîné de Guillaume IV, vicomte de Castelinou de 1260 à 1268, épousa A va, fille du vicomte Pierre de Fonollet qui avait été dépossédé de ses biens comme hérétique albigeois. Gette union ne fut pas heureuse, car les deux époux demandèrent leur séparation. Mais Île procès traina en longueur et les deux parties convinrent de fixer le terme dans les limites duquel la sentence de séparation devait être prononcée, par l'abbé de Saint-Génis. La sentence enfin prononcée, Le 14 août 1267, Ava se donna corps et biens à l'hôpilal d'Ille, où elle prit lhabit religieux, avec l'intenlion de servir Dicu et les pauvres. Elle mourut dans cet établissement en 1299, ainsi qu'en témoigne
CASTELLNOU
l'inscription qu’on lit dans l’intérieur de la chapelle de l’hospice, sur le mur de droite et à côté d’une armoire pratiquée dans ce mur :
Anno Domini M. CC LXXNXX VIII
ILIT nonas Januarii obiit hic ja-
cet domina Biatrix vicecomilissa de
Fonolleto que fuit hospitaleria
Hospilalis de Insula et domina Ava
vicecomilissa de Castro novo hos
pilaleria hospilalis de Insula.
Jausbert [IV de Castelinou se trouvait dans le royaume de Valence dans le courant de l’année 1267; il y était allé en expédition guerrière à la suite de Jacques-le-Conquérant. Il y tomba malade et y mourut, après avoir fait son testament, le 22 mai 1268.
Boxxerox, Epigraphie roussillonnaise. — Avant, Notices hislo-
riques sur les communes du Roussillon, 2° série. — Abbé P. BoxET, /mpressions et souvenirs (Ile-sur-Tel el ses environs).
CASTELLNOU (Quillaume V) succéda à son frère Jausbert IV dans la vicomté de Castelinou (1268-1284). Il épousa Ava, fille et héritière de Pons de Vernet, qui lui apporta en dot le domaine seigneurial de Céret. Son fils Jausbert V lui succéda, en 1284, à la veille de l’une des épreuves les plus terribles que le Roussillon eut à subir.
Archives des Pyr.-Or., B. 73.
CASTELLNOU (Dalmace de), frère de Jausbert IV et de Guillaume V, assista, le 20 janvier 1279, dans le cloitre des Frères-Prècheurs de Perpignan, au pacte d'union conclu entre Pierre III d'Aragon et Jacques [° de Majorque. Il se porta garant pour ce dernier, son suzerain. En 1302, il fournit, avec son neveu Jausbert V, vicomte de Castellnou, des garanties exigées d'eux pour l'acte d'hommage rendu par le roi de Majorque à son suzerain d'Aragon. Dalmace qui s'était marié à Saurine eut deux fils: Arnaud et Guillaume. Il fonda la branche cadette de la maison de Castellnou dite de Montferrer.
LEGCOY DE LA Mancur, Les relalions poliliques de la France arec le royaume de Majorque.
CASTELLNOU (Arnaud de), fils aïné du précédent, reçut, en 1299, de Jacques [", roi de Majorque, la seigneurie de Castell-Rossello avec toute juridiction. Il n'existait plus en 1326, et il n'avait eu qu'un fils, du nom de Ravmond, qui était aussi décédé avant 4337, sans laisser d'autre héritier que Marquesa. sa mère.
Archives des Pyr.-Or., B. 190, — \ianr. Notices historiques sur les communes du Roussillon, 1° série.
CASTELLNOU (Guillaume de), frère du précé-
dent, seigneur de Sorède, avait épousé Béatrix de
Castell-Rossello. Celle-ci, demeurée veuve, reçut de Jacques I”, roi de Majorque, la concession des justices du lieu de Sorède.
Archives des Pyr.-Or., B. 190, 202, 350, 375.
CASTELLNOU (Jausbert V de) était fils de Guillaume V, vicomte de Castellnou. Privé de son père dès son enfance, il fut placé sous la tutelle de sa mère Ava, en 1285. A la suite de nombreux seigncurs roussillonnais, il embrassa le parti du roi Pierre d'Aragon contre Philippe If, roi de France, et Jacques 1” de Majorque, alliés; aussi ses biens furent-ils saisis et mis sous séquestre. Ïls ne lui furent restitués qu'après la paix de 1298 définitivement conclue entre Jacques [et Pierre d'Aragon. Jausbert V de Castellnou avoue dans un acte, Île 1 décembre 1303, « qu'il a été, à cause de la guerre. absent de Roussillon et Vallespir pendant une longue continuilé et durée de temps. » Le vicomte de Castellnou eut ensuite à soutenir contre Pierre de Fonollet, vicomte d'Ille, une guerre privée amenée, entre autres motifs, par la rupture d’une promesse de mariage qui avait été faite entre Périco de Fonollet, fils du vicomte d'Ile, et Françoise, fille du vicomte de Castellnou, laquelle, paraît-il, éponsa plus tard Pierre de Quéralt et lui apporta en dot la seigneurie de Céret.
Jausbert V mourut en 1321, étant débiteur envers Pierre de Fonollet de la somme de huit mille livres. Le vicomte d'Ile réclama le payement de sa créance eten référa au Domaine royal. Sanche ordonna de vendre les châteaux de Saint-Féliu d'Amont ct d’Avail ; leur vente produisit la somme de 5275 livres. Comme il était encore dû deux mille livres à Picrre de Fonollet sur la succession de Jausbert V, le roi donna ordre de faire vendre aux enchères publiques les droits de fief possédés jadis par les seigneurs de Castelinou sur les châteaux de Corbère cet de Llupia. Ces droits furent aliénés en faveur de Pierre de Fonollet pour la somme de quinze mille sols barcelonais. Jausbert V laissa sa succession à sa fille Sibille, sous la tutelle de Gauceranda, sa seconde épouse ; mais Île titre de la vicomté de Castellnou s’éteignil avec lui.
Archives des Pyr.-Or., B. 75.
CASTELLNOU (Dalmace de) reçut de Sanche de Majorque concession de la seigneurie de Montferrer, Ce chevalier prit part à Fexpédition d’Alphonse IV, roi d'Aragon, en Sardaigne. En 1342. il futenvoréen ambassade auprés du sultan du Maroc. qu'on appelait alors le roi de Garbe, pour lui demander son appui contre le roi d'Aragon: mais sa mission diplomatique n’aboutil point. Dalmace de Cas-
telinou avait épousé Stella Pauc, et eut d'elle un fils, Bérenger.
Archives des Pyr.-Or., B. 190, 253. — GazaxyoLa, Histoire de
Roussillon. — LEcoY DE LA MARCHE, Les relations poliliques de la France avec le royaume de Majorque.
CASTELLNOU (Bérenger de) avait hérité de Jausbert V les baronnies de Castellnou, Bellpuig, Cortsavi, La Bastida (en Vallespir) et Montbolo. Avant son décès, survenu.en 1373, il avait vendu la baronnie de Castellnou et le château de Bellpuig à André de Fonollet, vicomte d'Illle et de Canet. La maison de Castelinou disparut avec lui.
Archives des Pyr.-Or., B. 115, 129, 136, 196. 202.
CASTELLO (Pierre), bourgeois de Perpignan, fils d’'Alamanda et de Bernard, remplissait l'office de gardien de la Monnaie de la Ville, vers 1420. Il assista. en qualité de syndic, aux cortès qui furent célébrées à Barcelone. le 22 avril 1522. Il apparaît avec le titre de seigneur de Saint-Estève en 1441 ; il mourut en 1448 et eut pour successeur son fils Bernard.
Archives des Pyr.-Or., B. 217, 232, 230.
CASTELLO (Bernard), fils du précédent, fut consul de Perpignan en 1458 et 1474. Au moment du siège de Perpignan par l’armée française, il se rangea parmi les révoltés roussillonnais, partisans de l’Aragon. Bernard Castello expia ses sentiments patriotiques par l'exil et par la perte de sa fortune, qui fut confisquée par Louis XI et donnée à Pierre de Rocaberti qui la possédait en 1479. Il avait épousé la veuve d’un chancelier de l’Université de Perpignan qui s'appelait Marguerite. De leur mariage naquit un fils, nommé aussi Bernard, qui devint l'époux en premières noces de Graïda, fille du bourgeois Pierre Blanca, et en secondes noces de Constance de Gleu.
ALanT, Notices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1'° série.
CASTELLO (François), frère du précédent, entra dans l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem (Malte). Il était en 1487 représentant du grand-maitre de Rhodes dans le diocèse d'Elne. En 1521, il recueillit la succession de Bernard Castello, son frère : il était alors commandeur d’Espluga de Francoli, au diocèse de Tarragone ; il devint ensuite grand-prieur de son ordre en Catalogne. Il entendait se considérer comme seigneur de Saint-Estève et le seul héritier de Bernard Castello, lorsqu'un arrêt de la Rovale Audience vint le débouter de ses prétentions (1535). Antoine de Gleu, beau-frère de François et de Bernard Castello, fut déclaré possesseur de la seigneurie de Saint-Estéve et seul héritier de Bernard.
Archives des Pvr.-Or., B. 474, HA. — ALART. op. cül.
CASTELLNOU — CASTELNAU
CASTELLO (François), docteur en droit, avait reçu de Jean [°, roi d'Aragon, concession de la chàtellenie et du bailliage de Bellver. La reine Marie lui octroya à vie l'office d’assesseur du Gouverneur ; mais une provision du roi Alphonse V le révoqua et nomma à sa place Jean Pagès.
Archives des Pyr.-Or., B. 153, 190, 253, 272.
CASTELLON (Lazare), neveu de l'évêque d'Elne Galcerand Albert, était archidiacre de Conflent en
Archives des Pyr.-Or., G. 172.
CASTELL-ROSSELLO (Raymond de), fils ainé de Guillaume de Castell-Rossello et de Resende, qui descendait d'une famille cerdane et vivait en 1192, est le plus connu des seigneurs de ce nom. Il figura déjà, du vivant de son père, parmi les signataires de la charte de paix et trêve de 1173; on le retrouve, en 1182, avec Ermengaud de Vernet, et il avait, en 1194, un fils du nom de Bernard qui mourut sans doute peu de temps après, car il n’en est plus fait mention dans la suite. En effet, Le 16 mai 1205. Raymond de Castell-Rossello, dame Saurimonde, son épouse, et leur fils Raymond firent vente aux Templiers du Mas-Deu de certains revenus qu'ils avaient à Palau, à Vilaclara et à Sureda. C'est encore Raymond de Castell-Rossello qui guerroyait, en 1242. à las Navas de Tolosa, selon la Chronique de Benter. Il vivait encore en 1217, car le 2 octobre de cette même année il signait les paix et trêves. C'est ce personnage dont la légende et la poésie se sont emparées pour en faire le farouche chevalier qui tua le troubadour Guillaume de Cabestany, par esprit de vengeance.
ALART, Notices hisloriques sur les communes du Roussillon, 1" série.
CASTELNAU (Henri-Pierre-Jean-Abdon), né à Prades, le 30 juillet 1814, était le fils de Melchior Castelnau, receveur du Domaine à Mont-Louis, et de Henriette Satgeé. Il embrassa la carrière militaire et débuta en Afrique. Atteint par un éclat d'obus à Rome en 1849, il fut promu chef d’escadron à la suite de cette blessure. Henri Castelnau était un des plus beaux officiers du second Empire: grand et d'une mâle prestance, il réalisait le type parfait de l'officier français à cette époque. Napoléon IT lui voua une affection particulière et en fit son aide-de-camp. En 1866, Castelnau, alors colonel, joua un rôle historique. L'Empereur l'envoya au Mexique, avec mission de provoquer l'abdication de Maximilien et d'organiser le rapatriement des troupes françaises. À son retour, il reçut les étoiles de général de brigade. Sa fortune demeura attachée à celle de Napo-