‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 45 sur 227 · CASTILLON — CASTRO · texte numérisé non relu

CASTILLON — CASTRO

léon III. Fait prisonnier avec l'Empereur à Sedan, il resta enfermé avec lui à Wilhemshœæhe. Revenu à Paris après la guerre, le général Castelnau fut mis d'abord en disponibilité. puis remis en activité de service. Quand Napoléon IIT mourut, Castelnau obtint de Thiers, avec plusieurs autres généraux français, l’autorisation d'assister à ses obsèques. A la mort du Prince Impérial, il demanda sa mise à la retraite pour pouvoir prendre part à ses funérailles. Le général Castelnau possédait le château de Bazaillac, dans les Landes, mais il habitait ordinairement à Paris, rue Saint-Lazare. C’est là qu'il mourut, le 4 novembre 1890 ; son corps fut inhumé à Mont-de- Marsan.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

CASTILLON (Guillaume de), neveu du pape Clément V, était abbé de Saint-Ferme (ordre de Saint- Benoît) dans le diocèse de Bazas, lorsqu'il fut nommé évêque d’Elne, le 12 juillet 1313. Ce prélat occupa le siège d'Elne jusqu’au 9 mai 1317. C’est donc par erreur que Puiggari mentionne trois prétendus évéques de ce diocèse (Bérenger VITT, Odon et Guillaume IV) dans son Calalogue biographique d’Elne, durant le cours de ces trois années, 1313-1316. Ces personnages, s'ils ont existé, n’ont point été en pos- session de la crosse ni de la mitre d'Elne, pendant le pontificat de Guillaume de Castillon.

Conrad Eusez, Hierarchia catholica medii œvi, Munster, 1894.

CASTRO (Pierre - Galcerand de), wentil-

homme aragonais. scigneur des châteaux de Fres-

quero et Alvaro, frère de Philippe-Galcerand, baron |

de Castro ct Péralta. épousa en 1422, Blanche, fille unique ct héritière de Guillaume de So, vicomte d'Evol. Au moment de son mariage, Pierre-Galcerand de Castro était conseiller et chambellan du roi d'Aragon, Alphonse V. Ce prince, pour le récompenser de ses services, lui fit don, à cette occasion, de trois mille florins d’or. Un tiers de cette somme fut versée en espèces au nouveau vicomte d'Evol; quant aux deux autres qui lui étaient dûs, le roi lui

transféra en franc-alleu toute la juridiction qui lui

était réservée sur les territoires des lieux d'Evol, Oleta, Jujols, les Horts, Sauto, Fetges, Estavar, Bajande, Fontrabiouse, La Bastide, avec la juridiction des bannis et la faculté de les garder dans les prisons de la vicomté. Pierre-Galcerand de Castro acquit le château et le lieu de Laroque-des-Albères, dont il confia la garde au chevalier de Sant-Marti. Le vicomte d’Evol faisait partie du conseil de la reine Marie d'Aragon ; il assista à l'assemblée qui eut lieu, en 1438. au palais royal de Barcelone, tenue en but d’aviser aux moyens à prendre pour empêcher l'en-

Re

vahissement du territoire de la principauté de Catalogne menacée par des bandes armées. Pierre-Galcerand de Castro fit son testament à Palau-Savardera, le 28 avril 1454. En mourant, il laissa de son épouse Blanche, plusieurs enfants : Guillaume-Raymond qui lui succéda ; Yvon; Jeanne, qui épousa, en 1441, le damoiseau Jaufre de Rocaberti ; et Isabelle, femme de Jean de Vesins, seigneur d’Arques (Aude).

Abbé GirazrT, Nolice historique de la vicomté d’Evol, dans le

XLVI° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées-Orienlales.

CASTRO (Guillaume-Raymond de), fils aîné du précédent, devint, en 1450, conseiller à la cour de Barcelone et vice-gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne. Il était, en outre, chargé de la capitainerie-générale de ces deux contrées. Fidèle à son roi, il seconda Jean II contre les catalans révoltés et ensuite contre les Français, lorsqu’en 1463, ils firent irruption dans le comté de Berga. Guillaume- Raymond de Castro commandait les troupes royales à la porte de Bagä. Louis XI, voulant s'assurer la possession du Roussillon, décida d’en écarter les seigneurs Îles plus puissants, les vicomtes d'ille et d'Evol. Il leur proposa l'échange de leurs vicomtés contre des comtés en France: n'ayant pu obtenir leur consentement, il confisqua leurs terres. En 1484, Guillaume-Raymond de Castro reconnut sa seigneurie d'Evol. 11 mourut en 1489, laissant un fils, Pierre- Galcerand, qui fut son héritier.

Abbé GIRALT, Op. cil.

CASTRO (Pierre de), fils du précédent, est cité par l'historien Féliu de la Penya dans le nombre des officiers les plus distingués de Ferdinand-le-Catholique. Il épousa Aldonça Roig qui avait eu un enfant naturel de son union illégitime avec le roi d'Aragon : Alphonse d'Aragon, né en 1469, archevêque de Saragosse en 1520. Au lendemain de la restitution du Roussillon à la couronne d'Aragon, Pierre de Castro fut mis en possession de l'héritage des vicomtés d'flle et de Canet léguées au seigneur d'Evol par testament de Bernard-Galcerand écrit en 1441. Ce riche chevalier laissa trois enfants, et, partageant entre eux son patrimoine, donna à François, l’ainé, la vicomté d'Evol, à Philippe la vicomté d'Ille et à Pierre-Galcerand la vicomté de Canet. Pierre de Castro était déjà mort en 1497.

Abbé Ginazr, op. ci.

CASTRO (François de), fils aîné du précédent, vicomte d'Evol en 1498, avait sa résidence à Saragosse, où son frère, Alphonse d'Aragon, occupait le siège archiépiscopal. Il mourut jeune. Dès 1304, ce

. pontife prit en main la tutelle de ses neveux, et fil

en leur nom l'acquisition de l’autre moitié de la seigneurie d'Estavar et Bajande qui appartenait au Domaine royal.

Abbé Girazr op. Ci.

CASTRO (Pierre-Galcerand de) et de Pinos, vicomtede Canet dès 1498, frère du précédent, épousa Catherine Stalrich. Il devint gouverneur-général des comtés : en 1524, il était à la tête d'un régiment de cinq cents lances, lorsque les Français pénétrèrent en Roussillon. Îl mourut sans descendance, en 1530: par son testament écrit le 3 mars 1521, il légua tous ses biens à son neveu Guillaume-Raymond-Galcerand de Castro, vicomte d'Evol.

Archives des Pvyr.-Or., B. 356, 357, 458. — Abbé Gi1RALT, 0p. cit.

CASTRO (Guillaume - Raymond -Galcerand de), vicomte d'Evol, neveu et héritier du précédent, se maria à Saragosse en 1524, à une fille de la maison d'Aragon. Celle-ci mourut à Perpignan le 15 juin 1528. En l'absence de son mari, Picrre-Galcerand de Castro, oncle du vicomte d'Evol, fit déposer le cadavre de la défunte dans le caveau de la famille de So, à l’église des Dominicains, en attendant sa translation à Saragosse. Le vicomte d'Evol fut appelé en 1528 au commandement du Roussillon, en qualité de lieutenant de son oncle. le vicomte de Canet, qui devait lui laisser sa charge et ses possessions. Cette nomination fut mal accueillie par la noblesse de la province qui ne voyait qu'un Aragonais dans le futur gouverneur. Elle protesta et prétendit que l'administralion des comtés ne pouvait être confiée à un étranger. Mais le 31 octobre 1528, le vicomte de Ganet « portant-veus de governador général » fit savoir aux nobles roussillonnais qu’on aurait beau faire, son parent était bel et bien régulièrement nommé. Guillaume-Raymonud-Galcerand de Castro devint conseiller du Roi et gouverneur général du Roussillon, le 31 août 1530, à la mort de son oncle. Possesseur des vicomtés d’'Evol et de Canet. il avait obtenu, le {avril de cette même année, la vicomté d'Ille, en vertu de la renonciation faite en sa faveur par Guiomar Manriquez de Castro. Il laissa un fils. Philippe-Galcerand, qui élait en 1568 vicomte d'Evol. Mais. à sa mort, les trois vicomtes furent l'objet d'un nouveau partage : Canet appartint à la famille de Pinos: Ille fut en 1575 à Eléonorc de Castro-Boxadors, femime de Philippe de Cervellon. en 1591 à Sléphanie de Castro qui épousa Martin de Spes-Alagon, et en 1613 à Marguerite de Castro, femme de François de Moncade. Gaspard-Galcerand de Castro et de Pinos était mineur et vicomte d'Eval en 1598. 11 devint comte de Guimera, majordome du roi d'Espagne, et mourut en 1634. La vicomté d'Evol passa ensuite à la famille d'Hijar.

Archives des Pyr.-or., B. 358. — Abbé Ginasr, op. cit.

CASTRO — ÇA TRILLA

CASTRO (Paul), fondeur de cloches à Perpignan. Îl fabriqua pour l’église de Prades une cloche qui fut baptisée le 29 juin 1669. Le 13 février 1671, Paul Castro et Claude Xalot, fondeur de Limoux, passèrent contrat avec Joseph Berdany. menuisier de Perpignan, pour la descente d’une cloche de l’église Saint-Jean qu'ils devaient refondre. Paul Castro fit son testament le 9 août 1674: il était déjà mort en

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

CATALA (Guillaume), abhé de Saint-Martin du Canigou (17 octobre 1397-22 juin 1405). Le 13 août 1403, une bulle de Benoît XIII unit à l’'aumônerie et à l'œuvre du monastère de Saint-Martin les prieurés de Saint-Romain de Llupia et de Saint-Pierre de Belloc (près Villefranche).

Inventaire de dom d’Agullana.

CA TORRE (Etienne), scigneur de Pollestres, prêta, en 1415, la somme de cent florins à la reine Marguerite, veuve du roi Martin 1". Celle-ci lui donna en gage une Bible dont les couvertures élaient en cuir, le texte en langue catalane et les feuillets en parchemin, bordés d’or et d'azur: sur la prernière page étaient gravées les armes de l’ordre de Saint- Jean de Jérusalem. Le roi Alphonse V ordonna de racheter ce précieux volume. Il chargea de cette mission Bernard Albert, alors procureur royal de Roussillon et de Cerdagne qui, ayant versé la somme de cent florins entre les mains d'Etienne Ça Torre, reçut en dépôt le riche manuscrit et le porta personnellement à la cour du roi, au mois de mai 1432.

Archives des Pyr.-Or., BR. 240.

CA TRILLA (Albert), damoiseau de Massanet.

servit La cause de Pierre IV le Cérémonieux qui le nomima au commandement du château royal de Per-pignan. Îl acquit la forteresse de Ribera au prix de 17.500 sols, à la suite d’un acte de vente qu'il passa avec Guéralda, veuve de Guillaume de Saint-Saturnin. En 1370, il était lieutenant du gouverneur de Roussillon. À cette date, Pierre IV lui adressait une lettre pour lui reprocher sa lenteur à opérer le recouvrement des rentes dues par la ville de Perpignan aux infantes Jeanne et Constance. Le prince lui disait qu'il lui était impossible de s'expliquer son attitude dans cette circonstance « où 11 préférait déplaire à son souverain, àses filles et à la justice plulôt qu'aux consuls de Perpignan et à l'injustice ». Ça Trilla ne dût pas garder longtemps son office de lieutenant de gouverneur; mais il mourut en possession du titre de châtelain du château royal de Perpignan. Il fut remplacé dans cet emploi par Bérenger d'Hostalrich.

CAULA — CENTENA 121

Son frère Jacques Ça Trilla fut évêque de Gérone de 1369 à 1374.

Archives des Pyr.-Or., B. 123, 136, 142, 153, 209.

CAULA (François), fondeur de Perpignan, fabriqua en 1758, avec Nabarra, aussi fondeur, une cloche pour l’église de Vernet-les-Bains. En 1772, il fit une cloche pour la chapelle rurale de la Piété, à Thuir.

PaLUsTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

CAULOT (Claude), fondeur français, fit en 1637 la cloche de l’église paroissiale de Thuir et celle des Pères Capucins de la même ville.

PALUSTRE, OP. cil.

CAYLUS (Pierre-Joseph-Hyacinthe, marquis de) prit possession du commandement militaire de la province de Roussillon, avec le titre de lieutenant-général, le 5 août 1730. Il succéda dans cette charge au marquis Jacques de Fimarcon. Le commandant Pierre de Caylus mourut à Perpignan le 30 mars 1736 ; le comte de Chastellux recueillil sa succession.

Archives des Pyr.-Or.. G. 242.

CENTENA (Antoine-Paul), fils de Jean et de Margucrite, naquit à Serralongue le 16 mai 1616. II étudia les lettres à Carmpredon et la philosophie à l'Université de Perpignan. Une grave maladie essuyée à la suite d’une rixe qu'il n'avait point suscitéc et qui faillit le rendre homicide l'avant retardé dans ses classes, il passa à l'Université de Valence. Les plus éclatants succès couronnèrent ses études. Ayant un jour déconcerté d’un sourire un argumentateur qui lui posait une objection, ce dernier lui déclara un duel à l’arine blanche. Centena accepta et laissa son adversaire pour mort. A la suite de cette algarade involontaire, Centena se rendit à l'Université de Barcelone. Il y trouva. au cours de théologie, des vétérans d'Alcala ct de Salamanque d'un mérite transcendant. Ce contact inattendu avec ces doctes étudiants l’électrisa d'une telle émulation qu'il partit pour la dernière de ces écoles ; la théolouie devint encore l'objet de ses études. Ses condisciples et ses professeurs l’engagèrent à disputer au concours une chaire à l'Université. Ce fut en vain : Centena se sentant de l'attrait pour Le sacerdoce, préféra se présenter au concours d’un bénéfice curial. I Pobtint sans difficulté. et l'évêque du diocèse. Gilles Manrique, lui promit la première cure vacante. Ce prélat fut appelé à la cour. Oublié des proviseurs auxquels l'évêque l'avait reconmandé. Centena en était à délibérer s'il ne renoncerait pas aux sciences ecclésiastiques pour la médecine, lorsque l'officialité se souvint de ses

droits et lui conféra la cure de Saint-Jean d’Orpi. Raymond de Sentmenat, successeur de Gilles Manrique, l’ordonna prêtre en 1643.

Après la mort de son père, qui eut lieu presque en même temps, Centena ne voulut point laisser sa vieille mère dans l'isolement d’un village exposé à tous les malheurs du fléau de la guerre qui sévissait alors ; il l’appela auprès de lui. Celle-ci conserva toute son autorité sur son fils, qui lui garda la même vénération qu'aux jours de sa plus tendre enfance.

Le 3 juin 1644, Centena fut appelé à la cure de Sabadell, où il se vit accueilli avec autant de satisfaction qu'il laissait de regrets à sa précédente paroisse. Il y correspondit par un zèle ardent pour le salut des âmes et un esprit de conciliation vraiment apostolique, qui ne lui attirèrent pas cependant tous les cœurs. Une opposition se forma même contre lui à propos d'une fondation pieuse. Comme il en triompha, l'orgueil blessé ne lui pardonna point. Deux fois, des militaires apostés l’attendirent en vrai guet-apens. Il s’en tira, grâce plutôt à la sérénité de son âme qu'à sa mâle énergie réveillée à l'aspect du danger. Il conclut de ces épreuves qu’il était appelé à la solitude, et réfléchit sept ans à celte inspiration, en se dévouant, dans l'intervalle, à tous les soins du bon pasteur envers ses ouailles frappées par la peste. Ses héroïques travaux ne lui ayant pas ramené ses ennemis, privé d’ailleurs de sa mère depuis la fin de 1652, il permuta sa cure contre un bénéfice personnel, après plusieurs années de doctorat en théologie, et résolut d'aller postuler à Rome. Le doyen de la cathédrale de Barcelone, alors grand-vicaire, régent de la mitre en l'absence de l'évêque, voulut l'en détourner. « Peine inutile, lui répondit Centena, je verrai la capitale de la chrétienté, et j'en reviendrai doyen à votre place ».

Il s'embarqua en effet l'an 1655, prit terre à Civita- Vecchia, après une horrible tempête. et se rendit à Rome. Son mérite, ses manières et même ses talents de société, poctiques et musicaux, le firent distinguer du cardinal prodataire, entr'autres, et lui valurent un emploi chez le prince Farnèse. Il n’en persévéra pas moins dans les progrès de la perfection que lui facilitait la ville sainte, lorsque sa vie austère, trop accusatrice de celle des autres commensaux, fut Llaxée d'hypocrisie, et ce qui aurait dû le relever, au milieu dela corruption générale, neservitqu'à le noircir dans l'esprit du prodataire. Centena le reconnut à l'inutilité du rôle de solliciteur. qu'il jouait depuis deux ans. D'autres cardinaux, qui lui rendaient justice, s'en expliquèrent un jour auprès de leur collégwue, le prodataire, qui. désillant enfin les veux, promit, pour leur protégé, le dovenné vacant de Barcelone. L'humble docteur, n'osant croire à la nouvelle, courut à la daterie, où il en fut certioré ;

mais au moment de voir expédier ses provisions, il apprit que de nouveaux nuages s'étaient élevés contre lui. Loin d’aviser à une justification, il se jeta aux pieds du prodataire, et lui dit avec le plus franc abandon : € Je suis, hélas ! bien plus pervers qu’on ne m'a signalé! Jugez-en. Monseigneur, par cestraits de ma jeunesse ! » Et il lui avoua, en effet, si naïvement ses légèretés, que le cardinal vaincu, non seulement lui remit le titre de doyen, mais encore celui du prieuré de Saint-Jean d'Isi, diocèse d'Urgell, l’un et l’autre sous la date du 16 mai 1658. Ses Mécènes ne voulaient pas qu'il prit possession du doyenné sans l'accessoire de quelque canonicat à la même cathédrale, qui le mit mieux à même de soutenir l'éclat de son rang. De petites traverses, qu'éprouva son départ, semblaicnt devoir le retenir encore à Rome tout le lemps nécessaire pour solliciter selon leurs vœux. Mais il n’en tint compte, regagna la Catalogne, et fut installé dans sa dignité le 3 avril 1659, à l’âge de 43 ans.

Centena fut, depuis lors. jusqu'à la fin de ses jours, l’image des saints pères du désert. Retiré au rez-dechaussée de la maison affeclée à sa prébende, il s’y était fait l’austère cellule des Paul et des Antoine en masquant ses fenêtres du côté de la rue, et en ne gardant sur la cour qu'un faible rayon de lumière. Son lit n’était qu'un lit de parade, pour donner le change à ceux qui le soupçonnaient de coucher sur la dure. Des racines sauvages, sans assaisonneinent, tels furent les mets de l’anachorète ; ses occupations, le silence et la méditation dans la solitude, après les devoirs de la résidence, devoirs si rigoureusement accomplis jusqu'à sa mort que dans l'espace de 30 ans à peine y manqua-t-il 30 jours par raison de santé. Les autres sorties n'étaient que pour assister aux exercices pieux des Pères de l’Oratoire, qu'il aurait pu rehausser de l'éclat de son éloquence si l'humilité ne l’eût retenu dans les bornes du genre apostolique le plus simple. [ fut enfin dans le monde comme n'y étant pas, n'y possédant rien, n’admettant guère auprès de lui que son neveu, qu’on lui avait adjoint dans sa demeure, afin de le soigner et de modérer, si possible, les rigueurs de son ascétisme. Il mourut en odeur de saintelé à 75 ans. Il fut enseveli au caveau capilulaire, dans un sarcophage qui contenait aussi, en un flacon de verre, hermétiquement fermé, l'épitaphe suivante, résumé fidèle des qualités du saint prêtre :

Antonius Paulus Centena, Sanclæ Theologiæ Doctor, Hujus almæ ecclesiæ Decanus.

Vir Filä conspieuus, pæntlentit stylila :

In frequentibus Dimonum viclortis

Aller Antonius ;

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