CERDA
Novus solilarius in civitale.
Paulus morilur mundo, Vivit in cœlo, Piä credulilale.
Obiüit die 11 decembris M. DC. XCI.
Sa vie a été écrite par le P. Antoine Minuart, grand-augustin, et imprimée à Barcelone, chez Piferrer, en 1744.
Publicaleur de 18:34.
CERDA (Plerre), né à Collioure, vers la fin du x1v' siècle, quitta le monde à la fleur de l’âge et entra en religion dans l'ordre des Frères-Prêcheurs, au couvent de sa ville natale. Ce monastère, situé au Port d’Avall, est aujourd'hui un magasin d'artillerie. Pierre Cerda avait été amené à se consacrer à Dieu par les prédications que saint Vincent Fcerrier distribuait dans le Roussillon. C'était un esprit simple etillettré. Mais il fit de tels progrès dans les sciences divines et acquit tant de vertus, qu'il ne tarda pas à devenir un prédicateur en renom. Pierre Cerda fut le disciple de saint Vincent Ferrier et lui ressembla dans ses pieuses habitudes. Comme lui, il prêchait le sermon sur le jugement dernier avec une ferveur spéciale. Pierre Cerda, se trouvant à Graüs, dans le comté de Ribagorse, tomba malade et demeura dans cette ville jusqu'à sa complète guérison. Saint Vincent Ferrier ne tarda pas à mourir. Pierre Cerda, animé du zèle de son maître, s'en alla prêcher en différentes contrées et ramena un grand nombre d'âmes à Dieu. Il fit preuve d'une sagesse qui lui mérita maintes fois les faveurs particulières du ciel: il mourut dans la ville de Graüs où il exerçait le ministère de la prédication évangélique. Dieu manifesla au monde par des miracles la sainteté de son serviteur, Pierre Cerda. Au moment de son trépas, les cloches de la cité sonnèrent d'elles-mèmes. Le peuple se porta en foule dans la maison d'un certain Pierre Tallada qui lui donnait l'hospitalité. On trouva alors Pierre Cerda étendu, sans vie, sur un fagot de sarments, les mains jointes et le front couronné d’une auréole lumineuse. On l'ensevelit avec les honneurs réservés aux saints. Sa mort survint le 7 décembre 1422. Son culte a été autorisé et la ville de Collioure lui a consacré un autel. La statue vivante et bien drapée, par une audace assez rare, ouvre la bouche et parle.
Le tombeau de Pierre Cerda a été transféré de Graüs au couvent des Dominicains de Barcelone. Son corps fut d'abord inhumé dans la sacristie de Notre-Dame de la Penva. Au mois de janvier de l’année 1574, l'évêque de Barbastro ou son official, Philippe de Urries, de l'ordre des Frères-Prêcheurs, eu égard aux nombreux miracles opérés par son
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intercession, procéda à l'élévation de ses reliques qu'il fit placer dans un tombeau magnifique, à la droite de l'autel de la Vierge. Les évêques Cornel et Tord, dans leur visite pastorale, exposèrent son chef sur l'autel à la vénération des fidèles.
C'est par erreur que le P. Fages attribue à Pierre Cerda le nom de Pierre Quéralt. Diago, dans son Etude sur les disciples de Saint Vincent, l'appelle Pierre Cerda ; M. Brutails, dans le livre : l'Esclavage en Roussillon, cite le nom du prieur Pierre Cerda. Enfin, un Guillaume Cerda, de Collioure, obtint du roi Martin, c'est-à-dire à l'époque où vivait Pierre Cerda, la permission de chercher des mines d’or, d'argent ou autres métaux sur tous les territoires du Roussillon et de la Cerdagne.
Archives des Pyr.-Or.. B. 192. — P. FAGEs. Vie de Saint Vincent Ferrier. — J. FarGuëre, Nolice historique sur Collioure. Baurans, L'esclavage en Roussillon. — Semaine Religieuse de Perpignan, n° du 20 décembre 1884.
CÉRET (Guiliaume de), évêque d'Elne (1187- 1197). Le nom patronymique de ce pontife est parvenu jusqu'à nous, grâce à une charte datée du 2? juillet 1214. Ce document reproduit l'obligation consentie par le chapitre d'Elne à Pierre Pauc. d'une somme de cinq cents marcs d'argent, dont le montant avait jadis permis aux deux évêques, alors défunts, Guillaume d'Ortafa et Guillaume de Céret, d'acquérir la moitié du château de Saint-Cyprien. Guillaume de Céret n’est plus mentionné ensuite que par son prénon dans des actes d'ordre purement administratif. C'est ainsi qu'il ratifia, en 1188, avec d’autres prélats, un acte de vente fait au monastère de Fontfroide par Bernard, archevêque de Narbonne. Il paraît avoir secondé les Templiers dans leur œuvre bienfaisante du desséchement des marécages qui couvraient de vastes étendues de terrains, dans la plaine du Roussillon. On le voit passer deux transactions avec la milice de l'Ordre: une première, le 28 mars 1187, au sujet d'une partie des marais de Caraig, et une seconde, le 1% avril 1194, au sujet de l'étang de Bages. Le 1” octobre 1195, l'évêque d’Elne. fit donation au monastère d'Arles, de l’église Sainte-Marie-Magde-
leine de Combred, située dans la paroisse des saintes
Juste ct Rufine de Prats-de-Mollo.
Puiggari affirme, d'après le Cartulaire d'Elne, que le 11 février 1196, Guillaume de Céret reçut de Pierre 1°”, roi d'Aragon, le serment accoutumé de fidélité et de protection. Ce prélat figure parmi les témoins de la constitution faite à Gérone, en 1197, par ce roi contre les hérétiques. Le 2 mai de cette même année, il termina, comme arbitre, avec Gaufred, vicomte de Roussillon, un différend élevé entre Robert, abbé d'Arles, et Ermessinde. dame de Cort- Savi. On ne possède aucune donnée historique qui
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permelte de préciser la date de la mort de Guillaume de Cérel.
Archives des Pyr.-Or., G. 57, Carlulaire du Temple. — Marca hispanica, col. 385, 1383, 1386. — PuiGGari, Calalogue biographi-
que des évêques d'Elne. — Abbé J. Care. Figures d'évéques roussillonnais.
CERVIA (François de) fut vice-gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne, après la chute du royaume de Majorque.
Archives des Pyr.-Or., B. 110, 121.
CERVOLES (Guillaume de), abbé de Saint- Martin du Canigou (1300-1303). Une rixe violente eut lieu dans le monastère, au début de son abbatiat, entre les moines divisés en deux partis el soutenus par des laïques. La cause de cette discussion fut une accusation de simonic portée contre l'abbé Guillaume de Cervoles, avec complot pour lui refuser l'obéissance. Le Pape Boniface VIII fut informé de ce scandale. Les laïques furent envoyés devant leur évêque pour les peines qu'ils avaient méritées et les religieux furent déclarés suspens pendant un temps plus ou moins long, suivant le degré de leur culpabilité. Mais le 7 mars de l’année suivante, des lettres d'absolution furent accordées et remises par François Mathei, cardinal, pour les censures encourues par les Bénédictins du Canigou. Le 27 mai 1300, Guillaume de Cervoles permit à François-Arnaud Serradell, moine et aumônier, de doter de ses biens l'autel qu'il avait élevé à Saint-Gaudérique, dans l'église conventuelle. Guillaume de Servoles mourut le 24 avril 1303, ainsi qu'en fait foi l'épiltaphe suivante tracée autour d’un bas relief représentant les funérailles d’un abbé mitré auxquelles assistent huit prêtres : « Anno Domini MCCCIIL. VIII Kalendas madii obüt fraler Guillelmus de Serbolis, dei gralia abbas islius monaslerii una cum fratribus Petro el Berengario clericos requiescal in pace ». Ce marbre est encadré dans le monument du comte Guifred que conserve l'église de Castell. Au premier plan, le défunt cst couché dans son tombeau : derrière lui se trouvent huit personnages ; aux quatre angles, sont gravés des écussons chargés d'un cerf Passant, armes parlantes de Cervoles. La première ligne de l'inscription esl gravée sur la traverse supérieure du cadre, la seconde sur la traverse inférieure et la troisième, entre les deux autres, sur le soubassement du cénotaphe.
PuiGGant, Nolice sur l'ancienne abbaye de Saint-Martin du Canigou dans le VIE Bulletin de la Société Agricole, Scientifique
el Lilléraire des Pyrénées-Orientales. — L. DE BONXEFOY, Epigraphie roussillonnaise.
CHAMBEU (Pierre-Eloi-Etienne), né à Vinça
le 12 janvier 1821, fut nommé successivement vicaire :