‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 47 sur 227 · CHAMBON — CHIRON · texte numérisé non relu

CHAMBON — CHIRON

à Arles-sur-Tech le 1° août 1844, à Saint-Jacques de Perpignan, le 30 juillet 1849 et à Saint-Mathieu de Perpignan, le 1” février 1856. IL entra dans l’ordre des Frères-Prêcheurs au mois d’août 1858. Durant le temps de son vicariat à Arles-sur-Tech, il publia une Vie des bienheureu:r martyrs Abdon el Sennen, patrons d'Arles-sur-Tech, suivie d’une notice sur la translation de leurs reliques à Arles, Perpignan, J.-B. Alzine, 1848, in-16. En 1872, il édita à Paris, chez Tolra, un Mois de Marie d'après le Saint-Evangile, fort volume, in-12.

Archives de l'évêché de Perpignan.

CHAMBON (Joseph) fut nommé, en 1782, bénéficier de la communauté ecclésiastique de Saint- Mathieu, à Perpignan. Il adopta avec ardeur les principes de la Révolution. En 1790, Chambon bénit les clubs de Perpignan. En 1791, il devint curé constitutionnel de Saint-Mathieu. Le 29 octobre 1793, il fut nommé suppléant à la Convention. Chambon se vanta près des représentants attachés à l’armée des Pyrénées-Orientales d’avoir été désigné pour faire partie de la Commission populaire chargée de « juger les conspirateurs lyonnais ». Chambon déposa ses lettres de prêtrise et exigea un certificat de cette remise pour bénéficier des faveurs gouvernementales. Il devint commissaire des guerres sous le Consulat et l'Empire.

Archives des Pyr.-Or., G. 691. — Abbé ToRrREILLEs, Histoire

du clergé dans le département des Pyrénées-Orientales pendant la Révolution française.

CHAPSAL (Jean-Pierre-Joseph) naquit à Illesur-Tet, le 17 juin 1792. Vicaire à Rivesaltes le 1° août 1818, il fut nommé desservant de Cahestany le 26 août 1821. Le 1° juin 1826, il reçut le titre de succursaliste de Trouillas ; il demeura dans cetle paroisse jusqu'au 16 décembre 1840, date à laquelle il pril sa retraite pour finir ses jours dans sa ville natale, Le 16 août 1860. Chapsal s’adonnait à l'étude des sciences ph}siques et naturelles, qu'il culliva d'ailleurs avec succès. En 1847, il avait adressé à François Arago un mémoire sur les effets de la foudre. L'illustre astronome déposa ce travail sur le bureau de l’Académie des Sciences, à Paris, puis en donna ensuite luimême lecture, dans une séance de cette docte assernblée. A l'unanimité, les membres présents de l’Académie des Sciences votèrent l'impression du mémoire de Chapsal. Par testament olographe du 2 novembre 1843, Chapsal fit en faveur des pauvres de la commune d’'Hle-sur-Tet un legs d’un capital de 5000 fr., c'est-à-dire une valeur nécessaire pour établir sur l'État une rente de 250 francs.

Archives de l'Evêché de Perpignan. — VII Bulletin de la Socielé Agricole, Scientiique et Lilléraire des Pyrenees-Orientales*

CHASTELUX (Le comte de) recueillit la succession du marquis de Caylus, à la têle du gouvernement militaire de la province du Roussillon, en 1736. Il occupa cette charge jusqu’au jour de sa mort survenue à Perpignan, le 10 avril 1742.

Archives des Pyr.-Or., G. 242.

CHIAVERI-DE-VALENTI (Jean-Baptiste) appartenait à une illustre famille italienne qui avait donné des doges à la ville de Gènes. Il était, à l'époque des guerres de Catalogne (1640), chanoine et grandarchidiacre d'Urgell. Jean-Baptiste Chiaveri prit parti pour la France. et, dès 1645, se trouva pourvu du prieuré de la collégiale du Monastir-del-Cambp. En 1653. il devint évêque-élu de Solsone et séquestre des droits et des revenus de l’abbaye de la Réal, à Perpignan. Un certain Joseph Balba s'était fait pourvoir de cette dernière prélature en cour de Rome ; Louis XIV adressa, le 29 octobre 1660, une lettre close au Conseil souverain du Roussillon pour empêcher la prise de possession de l’abbaye de la Réal, dont la propriété effective était réservée à Jean-Baptiste Chiaveri. Les bulles de provision-ne parvinrent à celui-ci que le 19 octobre 1669. Jean-Baptiste Chiaveri eut à soutenir de longs procès, en cour de Rome, depuis 1673 jusqu'en 1680, contre les bénéficiers de la Réal qui prétendaient relever de la juridiction de l'Ordinaire du diocèse et non de celle de l’abbé. Ce ne fut que le 30 décembre 1679 que les membres de la communauté ecclésiastique de la Réal firent acte de soumission et d'obéissance à l’abbé Chiaveri, lequel mourut le 5 septembre 1684. Sa famille se fixa dans le Roussillon. Michel de Chiaveri, qui avait épousé Josèphe de Massa, eut une fille, en 1738, qui se maria au chevalier Jean de Cessales.

Archives des Pyr.-Or., G. 403-405. H. 8, 18. — Généalogie des

Dax, Perpignan. Latrobe, 1892. — Abbé GiBnar, Notice historique sur le Monastir-del-Camp, Céret, Roque, 1904.

CHIRON (Marie-Joseph), connu en Roussillon sous le nom de Père Marie, naquit au Bourg-Saint- Andéol (Ardèche), le 29 novembre 1797. Dès son jeune âge, il se fit remarquer par sa charité pour les pauvres, sa compassion pour les malheureux et et son angélique piété. IF fut ordonné prêtre Île 27 avril 1823 el nommé curé de Saint-Martin-l'Inférieur, dans le diocèse de Viviers. En 1826, il s'entendit avec l'Ordinairc du lieu, le préfet de l'Ardèche el le maire de Privas pour fonder un asile d'aliénés dans le chef-liou du département. On confia ce nouvel établissement aux soins des religicuses de Sainte-Marie de l'Assomplion, que l'abbé Chiron fonda à cette intention. Celui-ci devint aumônier des prisons et directeur de l'hospice des aliénés de Privas. Au commencement de l'année 1843, l'abbé

mer me,

CHRISTOFFOL — CIGUET

Chiron, se sentant appelé à une vie plus parfaite, quitta ses enfants spirituels et alla mener la vie érémitique dans une lointaine solitude. Le 24 mars de cette année, il arriva à l’ermitage de Saint-Antoine de Galamus, près de Saint-Paul-de-Fenouillet. Un moine franciscain qui habitait ses parages, et dont la sœur était religieuse à Sainte-Marie de Privas. lui avait indiqué cette retraite sauvage. Il laissa ignorer son nom de famille et le lieu de sa naissance; il se fit désormais appeler le Père Marie. IL avait revêtu le costume de tertiaire de Saint-François d'Assise et s appliqua à reproduire dans sa vie les traits de vertu du séraphique saint. Il marchait la tête rasée, les pieds nus, dans les froides régions de nos Pyrénées. Il ne vivait que de racines et d'herbes sauvages. Sa solitude devenant un lieu de pèlerinage, il ne tarda pas à l’abandonner pour en chercher une autre plus retirée. C’est ainsi qu'il vécut dans plusieurs ermitages du diocèse de Perpignan durant les huit années qu'il passa en Roussillon. Son mobilier consistait en une têle de mort, une statuette de N.-D. des Sept- Douleurs, son bréviaire, un grand Crucifix, une planche en guise de matelas et son rustique bâton de mendiant. Sur les murs de sa cellule, il avait gravé. de sa main les inscriptions suivantes : « Les Jarmes versées pour Dieu sont plus douces que le rire insensé des pécheurs. — Il est dur de vivre ici ; il est bien doux d'y mourir. » Le frère Marie couchait sur la terre nue et avait une pierre pour oreiller. Les frères Aubert, missionnaires apostoliques du Dauphiné, avaient été appelés à prècher dans le diocèse de Perpignan. Ils dévoilèrent à Mgr de Saunhac- Belcastel les vertus éminentes et le talent précieux du prêtre du Vivarais, devenu son diocésain. Ils engagérent ce prélat à utiliser les qualités apostoliques du Père Marie. L'’évèque de Perpignan manda ce dernier à son palais et lui commanda de partager son temps entre la solitude et le ministère de la prédication. Dès lors, le Père Marie parcourut le Roussillon et le remplit du feu de sa parole et des exemples de ses vertus. En voyage, il vivait d’aumônes el n’acceptait jamais d'argent. Il n'’entrait guère dans les maisons, surtout chez les riches: il ne mangeait que sur le seuil de la porte ou sous l'escalier. Il couchait de préférence dans les églises ou dans quelque réduit voisin du sanctuaire. En mission, il préchait simplement et avec onction ; sa doctrine était sûre et clairement exposée ; il citait beaucoup de traits tirés de l'Ecrilure Sainte et de la vie des saints. Ce qui dominait en lui, c'était la facilité, la conviction, le sentiment de piété, de foi ardente, de tendresse pour les âmes qui allait droit aux cœurs ct les entrainait irrésistiblement. À Vernetles-Bains, on voit encore, sur le portique de l'église, l'inscription suivante, dictée par le Père Marie et

gravée sur une plaque de marbre: « Les habitants de Vernet se reconnaissent redevables à Marie, Mère des Douleurs, des heureux fruits de la mission donnée en février 1845. » Il fonda à Perpignan, en 1844, la confrérie de l’Heureuse Famille de Marie dont le siège est établi à l’église Saint-Jacques de cette ville.

Au mois d'août 1851, le Père Marie quitta les Pvrénées-Orientales, où il avait passé en faisant le bien. pour aller habiter le Cros, paroisse de Caunes, à douze kilomètres de Carcassonne, qui possédait un ermitage dédié à la Sainte-Vicrge. Grâce à la présence et au zèle du saint ermite, ce sanctuaire devint de plus en plus fréquenté. C’est là que le Père Marie mourut avec la réputation d’un saint. le 28 décembre 1852. Il fut inhumé sous le porche de l’église. Sa tombe en marbre blanc porte cette inscription : « Ci-git le Père Marie, religieux franciscain, mort en odeur de saintelé, le 28 décembre 1852. »

Semaine religieuse de Perpignan, 18x$.

CHRISTOFFOL (Vincent), prieur du monastère de la Réal et procureur de l'abbé Jean Calvet. a laissé un livre de recettes el de dépenses, qui se trouve déposé dans le fonds des archives des Pyrénées- Orientales, sous la cote H. 6. Il ÿ manque, dit lZnven. laire, un certain nombre de feuillets, parmi lesquels les feuillets 23 à 26. Le folio 23 contenait, ainsi que nous l’apprend la couverture, une note historique relative au siège de 1542 par le Dauphin. Le rédacteur signale qu'elle est à ertraire, comme pouvant avoir trail à l'histoire. Une autre mention au-dessous de la précédente, et qui paraît être de La main d'Henry, indique que celle feuille a élé délachée el placée à la Bibliothèque à la suile du manuscrit de Pascal, notaire historiographe du siège de Perpignan par Louis XITIT.

Archives des Pyr.-Or., I. 6.

CIFFRE (Pierre) fut nominé, en 1494, par Ferdinand I", maître des œuvres du roi et, comme tel, chargé de la visite et de la direction des travaux des places fortes en Roussillon et en Cerdagne. dirigea. en 1504, les travaux qui furent exécutés au château royal de Collioure ; il construisit le pont-levis du château d'Elne et fut envoyé par Charles-Quint à Bougie (Algérie) pour y édifier une forteresse. Il rédigea des rapports, le 9 mars 1516, sur l'état des auvents de diverses maisons de Perpignan dont la démolition et la réparation étaient demandées. Pierre Ciffre eut pour successeur dans sa charge Jean Cabestany.

Archives des Pyr.-Or.. R. 344, 357, 416, HN. #19.

CIGUET (Jean-Pierre), originaire de Camélas et prêtre-bénéficier de Saint-Jean de Perpignan, fut interdit à la suite d'une rixe accompagnée de meur-

tre. T1 se retira au sein de sa famille et demeura suspens toute sa vie, quoique la victime l’eût justifié avant de mourir, en s'avouant coupable de [a provocation. Jean-Pierre Ciguet fut calligraphe et peintre, ainsi qu'en témoigne l'abbé Honoré Ciuro, son compatriote. Dans le manuscrit que ce dernier composa cinquante ans après la mort de Ciguet, on trouve ce détail: « Fonch molt bon scriva, o tenia molt bona pluma, dal qual da testimoni lo Ilibre dels bautismes... era Llambe pintor, testimoni la figura de un Christo de pinsell ab Nostra-Senvora y san Joan. Joqual esta devant la porta de la iglesia. » En 1592, Jean-Pierre Ciguct fit fabriquer la croix en fer à branches égales formées d'enroulements légers, montée sur une hampe octogone de dix-huit millimètres d'épaisseur qui se trouve au milieu du cimetiére de Camélas. Sa hauteur, au-dessus de la pièce c\lindrique qui lui sert de base, est de deux mètres. Sur une plaque du même métal, large de huit centimétres, haute de cinq et soudée à moitié hampe, est buriné le nom du donateur avec la date: Mossen. Johan. Pere. Ciguel. feu. fer. 1592.

DE Bo\\EroY, Epigraphie roussillonnaise.

CIMA (Pierre), originaire de l’île de Majorque, élait entré dans l’ordre des Frères-Mineurs. Il fut élu évèque d'Elne, le 28 avril 1371. Ce pontife recueillait la succession difficile de Pierre de La Planella qui, à la suite d’un violent conflit avec les consuls de Perpignan, avait quitté le royaume. Pierre Cima sut ménager les passions politiques tout en sauvegardant l’inmunité du for ecclésiastique. C'est ainsi qu'il obtint du roi d'Aragon. Pierre IV, une lettre qui fut adressée, le 22 octobre 1372, aux consuls et aux prévôts de Perpignan pour leur défendre de faire comparaître devant eux des clercs. Ses efforts dans la voie de la pacification furent couronnés de succès. Le 17 août 1375, une bulle de Grégoire XI termina le différend par une transaction. La ville de Perpignan reconnul ses torts et s'engagea à payer 5755 florins d'or pour les dommages causés à l'Eglise et à l’évéché d'Elne ; la sentence d’absolution en faveur des consuls de la cité fut prononcée par les commissaires apostoliques, le 10 novembre 1377. Le passage de Pierre Cima sur le siège d'Elne fut marqué encore par la promulgation de statuts synodaux: les premiers furent rédigés le 3 avril 1373 ; ils s’attachèrent à édicter des mesures de réforme dans le diocèse. Picrre de Cima n'agit dans cette circonstance qu’en vertu des pouvoirs qui lui avaient été conférés par Gui, évêque de Porto et cardinal. Les règlements du synode tenu le 10 mai 1375 défendirent aux chanoines d'Elne de sortir seuls, autrement qu'à cheval, dans la ville ou hors des murs de la cité : le port des aumusses à corne fut réservé uniquement aux mem-

CIMA — CIURO

bres du chapitre. Pierre Cima établit aussi un règlement sur le service des bénéfices dans sa cathédrale, dont un de ses successeurs, Barthélemy Peyro, confirma la teneur, le 25 novembre 1400. De concert avec le chapitre d’Elne, il prescrivit pour son diocèse la célébration d’une fête du rit double-large, en l'honneur de saint François d'Assise : elle devait avoir lieu tous les ans, le 4 octobre. Vers la fin de l'année 1377, Pierre Cima fut transféré par Grégoire XI sur le siège épiscopal de son pays d'origine. Le 12 avril 1375, le chapitre de Mallorca avait donné pour successeur à Antoine Galiana, évêque défunt, Pierre de Luna, futur Benoît XIIT. Cette élection ne reçut pas son exccution, et Pierre Cima prit possession du siège de Mallorca, le 26 janvier 1378. A la naissance du schisme d'Occident, le roi d'Aragon Pierre IV avait réuni les cortès en Catalogne pour savoir auquel des deux Papes était due l’obédience. Pierre Cima se rendit à ces assises calalanes qui décidèrent de reconnaitre l'autorité pontificale de Clément VII. Ce prélat demeura trois années hors de son diocèse : Zurita lui donna le titre de confesseur du roi. L'évêque de Mallorca regagna son siège le 9 mars 1384. Il ne tarda pas à être frappé par la maladie : il n’assistait pas aux réunions capitulaires à cause du triste état de sa santé. Pierre Cima convoqua un synode diocésain le 14 avril 1385. Jusqu'à celte époque, le clergé du diocèse tenait ses réunions annuelles le vendredi dans la semaine de Pâques. Cet évèque fit décider qu'à l'avenir les assemblées synodales commenceraient le jeudi et se poursuivraient dans la journée du vendredi. Pierre Cima mourut en odeur de sainteté le lundi 25 avril 1390, sur la fin du jour. On croit qu'il fut inhumé le surlendemain dans le couvent de Saint-François. à Mallorca. Ce monastère a depuis été détruit.

Archives des Pyr.-Or., G. 169, 171, 172, 243, — Marca hispanica, col. 1476, 1480. — Puiccant, Catalogue biographique. des

évéques d'Elne. — VuiLANtEvVA, Viaje lilerario à las iglesias de de España, t. XXII.

CIURO (Honoré), né à Camélas le 10 février 1612, embrassa la carrière ecclésiastique et devint en 1647, bénéticier de l’église de Thuir. Il entreprit à cette date la reconstruction de l'ermilage de Saint-Martin de Camélas, qu'il mena à bonne fin en 1644. Honoré Ciuro a laissé un manuscrit de 500 pages où il expose en détail l’état de l’ermitage au xvur siècle, ses projets, ses obslacles vaincus et les moyens employés. M. le chanoine Torreilles a mis ce document à contribution dans le mémoire: Un prêtre ermile au XVIF siècle, qu’il a édité dans le XX XIX° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire.

L. Jusr. Les ermitages du diocèse de Perpignan. — XX XIX" Bul-

lelin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orienlales.

CLARA — CODALET

CLARA (Jean), originaire du Roussillon, entra dans l’ordre du Carmel, prit l'habit religieux à Montpellier, et professa la rhétorique à l'Université de cette ville. En 1327, il devint provincial des Carmes, et ne tarda pas à être élu évêque de Bossa, en Sardaigne. Il mourut dans cette ville en 1340. Jean Clara, qui est désigné aussi sous le nom de Claresvalls, a écrit : Commentaria in IV lib. sentent; Sermones varios ; Lectura libri ; et trois tomes de Sermons prêchés à la cour papale d'Avignon, en présence de Jean XXII et de Benoit XIL.

ToRRES-AMarT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes.

CLARUS, évêque d'Elne, envoya l’abhé Weremundus, son vicaire, pour assister au treiziètne concile provincial de Tolède, tenu l'an 683, sous Île pontificat de Léon IT et le règne de Hervigius, roi des Goths, ainsi qu'il conste de sa souscription : Weremundus abbas, agens vicem Clari, episcopi Ielenensis. C’est là la seule mention que l’on ait de l’épiscopat de Clarus. Après ce prélat, il existe une lacune d'environ un siècle dans l’épiscopologie d’Elne. provenant sans doute de l'occupation du pays par les Maures. laquelle dura jusques vers l'an 750. C'est peut-être à cette circonstance qu'est dù le manque de données historiques sur l’évêque Clarus.

PuiGcari, Catalogue biographique des évêques d'Elne.

CLAUSES (Antoine), archidiacre d’Elne, en 1548. En 1559, il résidait à Rome. Le 29 avril 1570, des procureurs furent désignés pour résigner son archidiaconé en faveur de François Guitlami, bachelier &s-arts et étudiant à l'Université de Valence. Le 25 août de cette même année, François Descamps fut pourvu de la dignité d'archidiacre, et un procès fut engagé contre lui par Antoine Clauses, qui demeura titulaire de son ancienne charge. Clauses. âgé de quatre-vingt-deux ans, résigna volontairement son office d'archidiacre-majeur, en faveur de Joseph Nouet, docteur de l'Université de Pérouse, le 17 juin

Archives des Pyr.-Or.. G. 115, 116, 174.

CLAVARIA (Gabriel) était peintre à Perpignan, en 1648.

Archives des Pvr.-Or.. G. 767.

CLUGNY (Jean-Etienne-Bernard de), baron de Nuis-sur-Armançon, seigneur de Praslav, Saint- Marc et autres lieux, né dans la première moitié du dix-huitième siècle, mourut le 18 octobre 1776, [était intendant de la marine à Brest, lorsqu'il fut nommé. au mois de juillet 1774, inlendant de la province du : Roussillon,

Peironnel du Tressan. Clugny ne resta qu’une année à la tête de cette administration, qu'il quitta au mois de juillet 1775 pour occuper la charge d’intendant à Bordeaux. En 1776, il fut nommé contrôleur général des finances à la place de Turgot. Son administration fut une tentative de réaction contre celle de son prédécesseur. Il se hâta de suspendre l'édit sur les corvées et de relever l'établissement des jurandes et des maïtrises. L'esprit public s'attrista en voyant périr les réformes qu'il azait mal encouragées ; le crédit tomba à ce point que, dans l'institution de la caisse d’escompte, la seule où Clugny continua Turgot, les actionnaires ne remplirent le chiffre de deux millions qu'avec beaucoup de lenteur et de timidité. Les procédés inconséquents de Clugny durent l'augmenter encore au moment où il venait de mettre la main à l'utile établissement de nature à contraster avec le premier. Il institua la loterie ; déjà le gouvernement avait fermé les yeux sur plusieurs loteries particulières, qui s'étaient établies sous d'hypocrites prétextes de bienfaisance. Grâce au successeur de l’honnèête Turgot, le gouvernement descendit jusqu'à l'emploi d'une telle ressourec, et ne craignit pas d'organiser à son profit une des causes les plus actives de l’immoralité publique. Clugny, malgré sa complaisance pour la cour, était sur le point d'être disgracié, lorsqu'il mourut, après une administration que Marmontel appelle quatre mois de pillage, dont le roi seul ne savait rien.

Archives des Pyr.-Or., C. 1509, — HœrER, Nouvelle biographie générale.

CODALET (Arnaud de), habitant de Rivesaltes, était, en 1281, fermicr général des revenus seigneuriaux du Roussillon et du Conflent. Le 5 février de cette année-là, il constitua une société, en compagnie de deux autres associés, pour l’exploilation d'un minerai dont l'abbé de Cuxa lui avait fait concession aux terriloires d'Escaro, Taurinya, Corts ct Fillols. C'est le premier indice d'une exploitation de mines en Roussillon, dans des proportions aussi considérables. Arnaud de Codalet acheta, le 7 mars 1305, à Arnaud Batlle, juge, la maison dite du Trauc d'en Arnau Balle, qui fait communiquer la Fusterie avec la place actuelle du marché. A l'avènement au trône de Sanche de Majorque, Arnaud de Codalet fut nommé conseiller et trésorier de la couronne. remplissait l'office de mestre racional de la cour en 1319, date de sa mort.

ALaRT. Echo du Roussillon. IS65.

CODALET (Pierre-Raymond de), fils du chevalier Bernard de Rivesaltes, dut son nom et sa fortune à son parent, Arnaud de Codalet, dont nous

en remplacement de Picrre-Philippe | venons de nous occuper. Son père remplit à la cour

de Majorque l'office de majordome de la reine Marie, épouse du roi Sanche. Pierre-Raymond de Codalet occupa à son tour la même charge à la cour de Jacques IT, de 1332 à 1344. Son nom figure à tout propos dans les actes de la cour de Majorque. Le 14 octobre 1337, il obtint la seigneurie de Pontella par la cession que lui en fit Martin Carbonnell. Pierre-Raymond de Codalet fut un des rares roussillonnais qui demeurèrent fidèles à l’infortuné Jacques IT, dépossédé de son trône par Pierre IV, roi d'Aragon. Il avait été chargé de la défense de Collioure, qu'il ne put conserver contre les forces supérieures de Pierre IV, et il avait remis cette place dans les premiers jours de juillet 1344. Picrre d'Aragon dit dans sa Chronique qu'après son entrée à Perpignan. Pierre-Raymond de Codalet fut un de ceux des partisans de l’ex-roiï qu'il somima de comparaître devant lui pour lui faire sa soumis- Sion ; mais Ce seigneur ne consentit jamais à trahir la cause qu'il avait embrassée, et il suivit le roi détrôné dans son exil, ainsi que le chevalier Dalmau dez Volo qui avait épousé Guéralda de Codalet. Leurs biens furent confisqués. Devenue veuve, Guéralda dez Volo, racheta aux enchères publiques, le 23 juin 1378, le château, lieu et territoire de Pontella, au prix de 3050 livres de Barcelone. Son fils, Pierre- Raymond dez Volo, était décédé sans enfants avant 1385, et à cette date, sa belle-fille était l'épouse de Jaubert dez Fonts. Guillaume de Codalet, frère de Guéralda, se maria à Colombe, fille de Pierre Durand, docteur en droit de Perpignan, qui était déjà veuve en premières noces de Guillaume de Mudagons. Il ne laissa pas non plus de postérité.

Acanr, Nolices hisloriques sur les communes du Roussillon, 2" série.

CODALET (Jean), docteur en droit, reçut provisions de Jean IT qui le nomimait aux fonctions d'assesseur du gouverneur. Sous la domination de Louis XI, il occupa la chaire de droit canon à PUniversité de Perpignan, et assista dans les jugements le licutenant du vice-roi, Jacobo Capece.

Archives Pvr.-Or.. B. 292, 309, 310, 411.

CODER (Jean), pharmacien, naturaliste, bolaniste, naquit à Prades en 1778 et mourut dans cette méme ville le 7'avril 1844. Bolaniste et minéralogiste ardent, il fut l'un des zélés savants stationnaires, qui, au commencement du dernier siècle, favorisèrent le plus la connaissance des plantes pyrénéennes. Il visilait chaque année une partie de nos hautes montagnes. Gravisseur intrépide, infatigable, adroit, il vainquit les chasseurs d’izards et surpassa tonus ceux qui se distinguérent dans ce genre de sport. Il joignit à une science solide beaucoup d'oblieance, et il est incontestablement établi que certai-

CODALET — CODOL

nes opinions, certaines découvertes sur lesquelles l'ouvrage de Picot de Lapeyrouse garde le silence, appartiennent à Coder; mais, humble comine les fleurs qu'il aimait passionnément., il n'aspira jamais à conquérir la plus petite part de célébrité. Dévoué plus particulièrement à l'œuvre de Lapeyrouse qu’il enrichit activement, il ne demanda jamais à ce célèbre botaniste le plus petit témoignage de ses services et sut se contenter d’être compté au nombre de ses pourvoyeurs. Coder fut en correspondance avec les botanistes Zig de Mayence, de Candolle, Gouan, Duby, Montagne, Pourret, Rœmer. Candolle donna même à une des variétés de l'Euphorbia le nom de Coderiana.

Coder était doué d'une mémoire prodigieuse ; aussi, confiant dans la certitude qu'il avait de se ressouvenir des plus petits détails relatifs à l'habitat de ses récoltes, il négligeait de noter, même dans ses envois, les stations. Lapeyrouse avait souvent reçu des plantes sans aucune mention de leur origine et il avait beaucoup de peine à corriger ce travers de son fournisseur. « Répondez-moi, je vous prie, écrivait-il le 5 mai 1808, sur la Viola cenisia, sur l'Ibéris : d'où sont-elles ? » Zig, de son côté, lui mandait, le 14 août 1810: « Je vous prie encore, en grâce, de noter pour chaque espèce, son licu natal.» Et Coder inscrivait immédiatement, sur les lettres qu'on lui adressait ainsi, le nom des localités d'où provenaient les plantes qu'on lui désignait.

Au dire de Louis Companyo, on doit à Coder, entr'autres découvertes, celle de l’Alyssum Pyrenatcum, qui habite, localité unique en Europe, Îles rochers escarpés au-dessus de la Font de Comps. Ïlne reste plus de cetle belle et intéressante plante que deux ou trois pieds placés sur des escarpements inaccessibles, et, si elle se conserve, c'est qu'il est impossible d'atteindre le point où elle croîten ce moment.

Coder, qui avait formé un très riche herbier, se proposait de terminer un travail, dont il avait déjà recueilli les matériaux, sur la Flore du Roussillon, lorsque la mort vint interrompre ses travaux.

CODOL (Plerre-Jean de), chevalier, domicilié à Millas, prit possession de la baronnie d'Ur, à la mort de son oncle Pierre Aymar, survenue en 1505. Pierre-Jean deCodolétait «eapitad'abat» à Perpignan. en 1513; cette année-là, le Domaine effectua la saisie de ses propriétés situées à Millas, à seule fin de Île contraindre à solder les droits d'amortissement dus au roi pour les legs pieux faits par Pierre Aymar, son oncle défunt. Après son avènement au trône, Charles-Quint nomma Pierre-Jean de Codaol à l'office de châtclain de Bar. Pierre-Jean de Codol mourut vers 1526, laissant deux fils : Jean-François et Jean- Pierre et une fille qui se maria au noble de Sans, de

CODOL — COLLARES

Puigcerda. De cette union naquirent Louis de Sans de Codol, qui fut tour à tour évêque de Solsone et de Barcelone, et François de Sans de Codol, magistrat espagnol illustre.

Abbé J. Careiire, Le château et la baronnie d'Ur. — Agusti Puyoz x SAFONT, Hijos ilustres de Cerdaña.

CODOL (Jean-François de), fils ainé du précédent, baron d’Ur, épousa, en 1542, Louise de Planella. Il eut un fils, Jean-Acace, qui recueillit la succession de son père et celle de son oncle, Jean-Pierre, mort à Perpignan sans descendance directe. Jean-Acace de Codol mourut à Barcelone en 1608.

Abbé J. Capelle, Le chäleau et la baronnie d’Ur.

CODOL (Jean-Pierre de), chevalier, domicitié à Perpignan, était, en 1550, le fondé de pouvoirs de Jean-François de Banyuls, seigneur de Nyer, Laroque et Montferrer. Il épousa en secondes noces Angèle Ça Maso, qui lui apporta en dot la tierce partie de la dîme dans la petite localité de Cabanes (diocèse de Gérone).

Abbé J. CAPEILLE, 0p. cit.

CODOL (François de), fils de Jean-Acace de Codol, baron d'Ur, épousa Raphaëlle de Broca, de Bagä, et mourut en 1669.

Abbé J. CAPEILLE, 0p. cit.

CODOL (Acace de), fils du précédent, baron d'Ur, prit le parti de l’archiduc d'Autriche et vit sa seigneurie un moment confisquée par Louis XIV. Il ne tarda pas à la recouvrer quelque temps après. Du mariage qu'il contracta avec Marie de Roset naquit un enfant qui reçut au baptème le prénom de son père. Acace de Codol de Roset, écuyer, épousa Thérèse de Tord. Il mourut à Ur, le 23 juillet 1720, et fut enseveli au tombeau de la famille de Codol, dans l'église des Dominicains de Puigcerda. Le fils et héritier d’'Acace de Codol fut François de Codol de Tord. Né en 1703, il épousa Marie de Vivet, issue d’une maison noble de l’Ampourdan. Celle-ci mit au monde François-Thomas de Codol de Vivet, qui fut le dernier baron d'Ur et Flori. La seule survivante de cette famille a été dona Concepcion de Codal, fille de François-Thomas de Codol, née à Bagä en 1815, qui épousa François de Travy. de Palau en Ccrdagne. De ce mariage naquirent trois fils, dont l’aîné. Xavier de Travy de Codol reçut en héritage la terre et le manoir des anciens barons d'Ur.

Abbé J. CAPEILLE, 0D. cil.

COLIN (Nicolas) fondit, cn 1479, une cloche pour l’église Saint-Sauveur d'Arles, et, en 1480, une autre cloche pour l’église Saint-Mathieu de Perpignan.

DE Bonxrroy, Epigraphie roussillonnaise. — PazusrrE. Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

COLL (Joseph), né à Céret le 17 novembre 1826, vint à Perpignan. en 1843, suivre les cours du Conservatoire de musique dirigé par Lomagne. Prémier prix de violon en 1844, Coll fut admis deux ans plus tard au Conservatoire de musique de Paris, qu'il fut obligé de quitter en 1848, pour accomplir son service militaire. Ses aptitudes musicales lui permirent d'être envoyé, l’année suivante, au Gymnase musical mililaire d'où il sortit, en 1850, avec Les premiers prix de composition musicale et de solfège et le deuxième prix de flûte. En 1855, Coll fut nommé chef de musique au 66° régiment d'infanterie, à Toulouse ; il se fit bientôt remarquer par de brillantes compositions musicales qui sont restées au répertoire des musiques militaires. Sa Marche funèbre bien connue lui valut particulièrement des félicitations chaleureuses des dilettanti et de ses collègues de l’armée. En 1856, au moment de la création des musiques de la garde, Coll rentra volontairement dans la vie civile et vint se fixer définitivement à Perpignan. Trois ans après, il fut choisi comme chef d'orchestre par le cercle Sainte-Cécile ; en 1864, on lui confia la baguette de chef d'orchestre du théâtre de Perpignan, qu'il n’abandonna qu'au déclin de sa carrière, lorsque son état de santé l’y obligea. Coll a fourni une brillante carrière artistique. Les juglars catalans lui doivent de très nombreuses compositions, et l’on trouve signés de son nom la plupart des Dalls, des contrepas, des danses de toute nature qu'exécutent les coblas sur les places publiques des villages, pendant la festa major. De ces morceaux remarquables par l'originalité et l'harmonie du rythine, d’inspiration traditionnelle, semble s’exhaler l'âme des aïeux roussillonnais.

Joseph Coll a écrit encore: Le Spleen du lambour, opéra (1865). qui obtint une mention honorable au concours de l’Union musicale de Paris; Guillaume de Cabestany, opéra-comique en deux actes (1873), qui fut plusieurs fois représenté et applaudi ; André Chénier, opéra en trois actes (1880). Joseph Coll mourut à Perpignan, le 20 mars 1900.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

COLLARÈËÈS (Albert de), né en 1681, obtint, le 3 octobre 1705, avec dispense d'âge, la survivance de la place de conseiller au Conseil souverain possédée par son père. Il était le doyen de cette Cour lorsqu'il reçut commission, le 8 novembre 1727, de travailler à la confection du papier-terrier en Roussillon. Le 1° septembre 1735, il devint président à mortier et le 28 février 1731, premier président du Conseil souverain. Des notes de l’Intendance disent qu'il n'avait été élevé à cette cliarge que pour la réserver aux enfants de l’intendant Antoine d’Albaret « en cas

qu’ils prissent le parti de la robe ». Albert de Collarès mourut le 26 octobre 1753.

Archives des Pyr.-Or., B. 403. — Mémoires de Jaume.

COLLARÈS (François de), fils du précédent, était juge au bailliage de Perpignan lorsqu'il fut nommé conseiller au Conseil souverain, le 18 février 1755. IL épousa Marie-Thérèse Selva et eut d'elletrois enfants : Albert, François et Pierre-Martyr, et deux filles, dont l’une épousa un fils de la famille de Blay.

Mémoires de Jaume. |

COLLARÈS (Albert de), fils aîné du précédent, fut nommé, le 9 octobre 1764, conseiller à la Chambre du domaine. Il était conseiller honoraire au Conseilsouverain, lorsqu'il remplaça son père comme conseiller titulaire de cette Cour. François de Collarès, son frère cadet, fut camérier de Saint-Martin du Canigou jusqu'à la sécularisation de l'abbaye. Picrre- Martyr, le troisième, était chanoine de la cathédrale au moment de la Révolution.

Archives des Pyr.-Or.. B. 404. — Mémoires de Jaume.

COLLIOURE (saint Vincent de), martyr, nr siècle. Sous le règne des empereurs Dioclétien et Maximien fut publié un édit qui ordonnait de forcer tous les chrétiens à sacrifier aux idoles. Dacien fut chargé de le faire exécuter dans les régions méridionales de la Gaule et en Espagne. Cet homme étant venu dans la ville maritime de Collioure, fit arrêter Vincent, citoyen considérable et homme de foi égale à son courage. Il fut amené devant Dacien, qui le somma de sacrificr aux dieux. Mais Vincent dit: « Je ne sacrifie qu'à Dieu seul, jamais aux idoles ; il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux empereurs ». Dacien reprit : « Sacrifie aux idoles, je te prie, sinon il me faudra sévir contre toi ». Vincent lui répondit : « Sévis tant que tu voudras, je ne sacrifierai point ».

Alors le président ordonna que Vincent fût meurtri de soufflets, dépouillé de ses vêtements et déchiré avec des ongles de fer. Après quoi Dacien s'adressa encore à lui et lui dit: « Combien de temps demeureras-tu dans ta sottise ? Sacrifie, Sacrifie ! » Vincent dit : « Non, jamais! Je suis prêt à aller en prison ou à la mort pour Jésus-Christ: je ne sacrifierai qu'à lui seul ; les tourments les plus cruels ne me font rien ; les joies éternelles m'attendent et bientôt j'en serai inondé ». Alors le président irrité fit suspendre Vincent avec des poulies, et ordonna aux bourreaux de l’élever en haut et de le laisser retomber de tout le poids de son corps sur des pierres aiguës, à plusieurs reprises. Après ce supplice, il fut jeté en prison. Mais il rendit grâces à Dieu qui ne délaisse pas ceux qui espèrent en lui. Une lumière céleste enveloppa son corps, qui reprit ses forces et sa première santé.

COLLARES — COLLIOURE

Le jour suivant, Dacien ordonna qu’on ramenût Vincent devant son tribunal, si toutefois il vivait encore. Lorsqu'il le revit en pleine santé, il fut transporté de fureur et dit: « C’est par le secours de la magie que tu t'es guéri ». Vincent dit : « Je ne connais pas plus la magie que je ne connais tes dieux. Dieu qui est un, m'a guéri : celui qui m'a glorifiéest le même qui m'a racheté de son sang. Gloire à lui dans tous les siècles ». Alors Dacien fit allumer un grand bûcher au milieu de la ville, et Vincent fut placé dessus, les pieds et les mains liés. [Il accomplit heureusement son glorieux martyre, en confessant et en louant le Seigneur, le 19 d'avril, vers la fin du nr siècle. Le feu épargna les ligaments des mains et des pieds. Son visage, d'une coulcur rose, et sa peau transparente semblaient plutôt d'un homme endormi que d’un mort: frappés de ces miracles, un grand nombre confessèrent le Christ. Son corps fut convenablement enseveli pendant la nuit.

Le corps de saint Vincent fut religieusement conservé à Collioure jusqu'au xvn' siècle. Ce fut pendant le siège de 1642 que, l'église ayant été détruite et divers objets précieux transportés au château, où la garnison avait dû se retirer, les reliques de saint Vincent y furent aussi déposées, afin qu'elles fussent ainsi à l'abri de toute profanation. Or, après l’évacuation du château de Collioure par la garnison espagnole, les consuls de la ville, s’étant transportés au dit château pour en rapporter les précieuses reliques, ne les y trouvèrent plus. Les traditions locales semblent insinuer qu'elles durent être enlevées par un militaire espagnol de Cancavella (ou Concabuena), petite ville de Catalogne, où un religieux capucin, se trouvant en Roussillon vers 1695 ou 1700, affirmait avoir célébré la sainte messe sur l'autel qui possédait les reliques de saint Vincent de Collioure. Il paraît bien que ce bourg est toujours en possession de ce trésor. Quant à la ville de Collioure, elle a actuellement deux reliques partielles de son saint protecteur : 1° un os de petite dimension. envoyé de Rome en 1700; 2° un tibia envoyé peu de temps après. La réception de ces reliques fut pour la ville de Collioure l’occasion de solennités touchantes. Elle reçut en même temps des reliques de sainte Libérate ct de sainte Maxime.

Depuis cette époque (1701) el presque jusqu'à nos jours, le même programme a été observé dans ses grandes lignes, c'est-à-dire que le matin du 16 août on apportait les trois saintes reliques dans leurs bustes sur un îlot, distant de cent mètres environ de la plage, où la tradition veut qu’ait eu lieu le martyre de saint Vincent. Sur cet îlot est construite une petite chapelle où on les déposait et on disait la messe. Toute la journée les barques allaient et venaient de l'ilot chargées de visiteurs. Le soir, à

COLOMER

7 heures, le clergé de la paroisse, accompagné par des marins, montait sur une barque magnifiquement ornée, spécialement construite et réservée à cet effet ; il se rendait à l'ilot pour en ramener les saintes reliques. On les plasait sur la poupe et la procession nocturne commençait, la barque étant traînée jusqu'à la plage par six autres barques montées par dés rameurs et escortée de beaucoup d'’autres embarcations illuminées et pleines de fidèles. Elle faisait d’abord le tour de l’île. Après avoir côtoyé le faubourg brillamment illuminé, elle se dirigeait sur le rivage de la ville, terme de son voyage en mer. Alors se passait une scène digne des temps antiques : pendant qu'on amarrait le canot de saint Vincent avec le grand câble qui devait l'enlever, le patron conducteur s’avançait sur la proue et réclamait Île silence à cette foule houleuse, composée de plusieurs milliers de personnes, qui l’entourait. Lorsque le silence était fait, le capitaine du port, qui était là spécialement, interpelait en catalan le patron conducteur à haute et intelligible voix : « Holà de la barque ! Quelle est cette barque ? — C'est la barque de saint Vincent. — D'où vient la barque ? — Elle vient de Saint Vincent de l'ile. — Qu’'apporte-t-elle? — Elle apporte les reliques de saint Vincent, de sainte Maxime et de sainte Libérate. — Y a-t-il des passagers et sont-ils en règle ? — Oui, il y a des passagers et ils sont en règle. — Que demandez-vous ? — Nous demandons bonne entrée. — Al nom de Deu bona entrada !/!!» criait le capitaine du port, et aussitôt un cri immense de San Vicens beneit !!! retentissait sur toute la plage ; et la barque fendait la foule à la course, tirée par les marins portant un costume spécial, jusqu'au haut de la rue Saint-Vincent, en face la statue de Notre-Dame des Qualre-Cantons. Le clergé descendait alors du canot, s'arrêtait un instant dans une maison voisine où on avait porté les ornements, et la procession s’organisait : les bustes des saints étaient portés par quatre marins ; on faisait le tour de la place publique où celui qui présidait entonnait le Te Deum qui se continuait jusqu'à l'église, et la cérémonie se terminait par le baisement des reliques.

Cette procession sur mer a été deux fois présidée par des évêques : en 1856, ce fut Mgr Gerbet. Il en avait conservé un souvenir si enthousiaste que son historien. Mgr de Ladoue, n’a pu s'empêcher d’en consigner les impressions dans la vie de cet illustre pontife. En 1865, Mgr Ramadié, à peine arrivé dans le diocèse, voulut, lui aussi, donner ce témoignage d'estime à la population maritime de Collioure et jouir de ce spectacle merveilleux et unique au monde.

La fête de saint Vincent avait été célébrée, à diverses époques, par des réjouissances extraordinaires : joutes dans le port, courses aux canards, récitation

de vers en lhonneur du saint et jusqu'à la représentation scénique de la tragédie catalane de notre saint martyr.

La procession sur mer fut interrompue pendant la Révolution, de 1793 à 1805. Elle a été interdite par la municipalité, il y a quelques années, et depuis, il faut le dire, les lieux ont changé d'aspect : l'ilot de saint Vincent a été rattaché au rivage, de sorte que la procession sur mer n'aurait plus d'autre raison d’être que celle de conserver une tradition pleine d'originalité. ;

Paul Guérix, Les Pelits Bollandistles. — Abbé RoLLarT, Hisloire de saint Vincent de Collioure. Perpignan, Comet, 1883.

COLOMER (Bérenger de), originaire d'un hameau de ce nom jadis situé près de Villefranchedu-Conflent et actuellement ruiné, était prieur de Saint-Romain de Llupia, lorsqu'il fut élevé à la dignité abbatiale sur le siège de Saint-Martin du Canigou, le 13 octobre 1314. Une lettre de l’évêque de Marseille, camerlingue du pape Jean XXIT, en date du 10 juin 1323, apprend que l'abbé de Saint- Martin du Canigou était tenu de se rendre chaque année à Rome, ou de s’y faire représenter par un procureur pendant le temps de la cour ({enenle curit). Il ne devait y paraître, à ce qu’il semble, que muni d’une offrande importante, puisque le camerlingue attesta que le procureur de l'abbé Bérenger de Colomer étant venu visiter le Saint-Siège cette année-là, n'avait rien offert à la Chambre apostolique. Ce prélat, du consentement de la communauté de ses religieux, statua, le 4 avril 1328, que désormais, à la mort d'un moine du monastère. un prêtre séculier serait tenu de résider toute l’année subséquente dans l'abbaye, dans le but d'y célébrer des messes pour le repos de l'âme du défunt. En 1332, Bérenger de Colomer fit déposer dans un sarcophage en marbre blanc, les restes du comte Guifre, fondateur du monastère, et de son épouse, Elisabeth. Sur le couvercle tumulaire, l'abbé y fit graver l'inscription suivante : Anno nil lesimo quadragesimo nono Inearnationis Domini, prtdiè Kalendas Augusti, obüil Dominus Guifredus, condam comes nobilissimus qui sub litulo beali Martini præsulis. hune locum jussil ædificari, undè el monachus fuit annis quindecim, in nomine Domini nostri Jesa-Christt : cujus dicli comilis el ejus uroris Elisabeth comitissiv corpora translaturi fecil in hoc monumento Dominus Berengarius de Colombario. Abbas istius loci, anno millesimo trecentesimo trigesimo secundo. Un arrêt du Conseil souverain, à la date du 8 avril 1785, ordonna « que le mausolée, la statue ou buste du fondateur du monastère qui est en marche blanc, portant une inscription en lettres gothiques fussent transportées dans l’église de Castell ». Le dispositif de cet arrêt reçut son exécution le 11 août 1786. Peu d'années

après, la statue fut brisée et les cendres du fondateur jetées au vent. En reconstruisant ce tombeau pièce à pièce, on a introduit dans l'appareil deux pierres sépulcrales qui lui sont étrangères. Ce sont les plaques funéraires des deux abbés du Canigou: Guillaume de Cervoles et Arnaud de Corbiac.

Archives des Pyr.-Or., H. non classé. — BoxxEroY, Epigraphie roussillonnaise.

COLOMER ou COLOMI (Lucien) naquit à Perpignan. Après avoir profèssé le cours des arts libéraux dans l’Université de sa ville natale, il passa à Valence ct de là à Xativa. Il perdit alors la vue: il s'embarqua pour Mallorca et mourut dans la capitale de cette ile. en 1460. Il a écrit quatre livres en vers et un autre intitulé : De casu et fortunä. Sur le frontispice de cette dernière on lit les vers suivants :

Te lulil auclorem doctrina Perpinianus Urbs alui! juvenem, præclara Valentia doctum Ossa lenel landem ejus Balearica Palma.

TonneEs-Auar. Diceionario crilico de los escrilores catalanes.

COLSON (Achille) vint à Perpignan, en 1844, comme capitaine au 67° de ligne. Il publia : Recherches sur l'étymologie des noms de lieux lerminés en argues, appartenant aux départements du Gard et de l'Hérault, suivies de recherches sur le culle des dieux Pro.rumes ; Essai sur une inscriplion celtique, trouvée à la fontaine de Nimes el sur une inscription laline du Musée de celle ville, 1851, in-8’. Il avait été promu chef de bataillon au 75 de ligne, lorsqu'il publia, en 1854. dans Île IX" volume de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrrénées-Orientales sa magistrale étude : Recherches sur les monnaies qui ont eu cours en Roussillon. L'année suivante, le commandant Colson édita dans la /ievue de numismatique, une Notice sur des monnaies frappées dans la principauté de Catalogne, le Roussillon el la Cerdagne pendant la Révolution de 1040 el l'occupation francaise jusqu'en 1653.

FourouET, Calalogue des livres imprimes et manuscrits de la bibliothèque communale de Perpignan.

COMA (Raymond) fut nomminé, par la reine Marie, procureur fiscal intérimaire de la procuration royale, en remplacement de Bernard Laurens et de Jean Ferrer successivement suspendus de cette charge. Une troisième fois. cette même princesse le désigna pour recueillir la succession de Georges Huguet, également suspendu et banni pour crime de faux. Le roi Alphonse V lui octroya enfin les provisions définitives qui le nommaient à l'emploi de procureur fiscal près les Cours royales de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or.. B. 234, 253.

COLOMER — COMA

COMA (Pierre-Martyr), religieux dominicain, né à Solsone (Espagne), prit l’habit de son ordre à Barcelone, et s’acquit de bonne heure une grande réputation par ses vertus, son savoir et son éloquence. Il fut désigné pour remplir la charge de Provincial ; il devint ensuite lecteur en théologie et occupa une chaire à l'Université de Tarragone. Pierre-Martyr Coma assista au concile de Trente, en 1562, en qualité de théologien de l’évêque de Gérone, Arias Gallégo. Nommé au siège d’'Elne en 1568 par Philippe IL, roi d'Espagne, il fut confirmé par le pape Pie V,le 14 janvier 1569. Le dernier jour de février suivant, il en prit possession par son procureur qui prêta le serment d'usage à l’église Saint- Jean et fut admis. Le premier des évêques d’Elne, le jour de son entrée dans le diocèse, il fit convertir l'offrande des victuailles que le chapitre avait accoutumé de présenter, en un cadeau de vingt-cinq ducats. Cette somme lui fut remise dans une bourse en soie. Le 12 juin 1569, Pierre-Martyr Coma fit son entrée solennelle à Perpignan.

Les principaux actes de son épiscopat se réfèrent à l'impulsion nouvelle qu'il donna au culte de la Vierge, à l'introduction dans le diocèse de l'office divin selon le rit de l'Eglise romaine, au système d'enseignement religieux populaire, qu'il préconisa et à diverses affaires d'administration ecclésiastique.

Dès le 20 juillet 1571, Pierre-Martyr Coma fonda une fête en l'honneur « des sept goygs de Nostra- Senyora ». Ce prélat fit célébrer en grande pompe la solennité de la Purification au Temple. Les réjouissances publiques durèrent trois jours, du 2? au 5 février de l’année 1572. Les timbaliers et les trompettes de la ville prêtèrent leur concours ; on pavoisa la façade de l’hôtel-de-ville et on mit aux fenêtres les bannières des corps de métiers au nombre de vingt-trois. Deux coblas de juglars entrainèrent les danseurs au son des instruments de musique catalans. Le premier consul ouvrit le bal avec la fille du baron de Joch. Pierre-Martyr Coma mit en grand honneur la fête de l’Immaculéce-Conception. I n'existait pas dans la cathédrale de Perpignan de chapelle placée sous le vocable de Marie-Immaculée. Dès 1572, l'évêque d’Elne ordonna de célébrer les offices du 8 décembre dans la chapelle de la Mangrana (N.-D. d'Espérance), de préférence à celle de sainte Anne. Il s'occupa, sans retard. de la construction d’une chapelle neuve, dédiée à l'Immaculée- Conception ; en 1575, une confrérie spéciale fut fondée, et dès 1577 les travaux commencèrent.

Le 11 octobre 1575, en vertu d'un bref de Pie V, daté du 11 juillet 1:68, Pierre-Martyr Coma abolit l'usage du missel et du bréviaire de l'Eglise d’Elne, et prescrivit l'adoption de l'office divin selon le rit de l'Eglise romaine, nouvellement prescrit par le

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