‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 73 sur 227 · FOIX · texte numérisé non relu

FOIX

Las Enseladas de Flecha musico de capella que fue de los serenissimos Infantes de Castlilla recopilladas por Fr. Matheo Flecha su sobrino con algunas suias y de otros aulores por el mismo corregidas, Prague,

Dans les Ephémérides de son Calendario historicomusical, Soriano Fuentes enregistre, à la date du 6 décembre 1561, la première représentation au Palais royal de Madrid, d’un opéra espagnol intitulé El Parnaso dont la musique aurait été écrite par ce compositeur. S'il en est ainsi, c'est probablement là le premier ouvrage de ce genre qui ait vu le jour en Espagne. Le portrait de ce musicien, peint à l'huile, se trouve aujourd'hui dans la salle des manuscrits de la Bibliothèque nationale de Madrid, catalogué sous le numéro #4. Sur le dos du cadre, on lit cette inscription : Flecha, musico de Felippe II.

TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores catalanes. —

Arthur Poucix, Supplément à la Biographie universelle des musiciens.

FOIX ET DE BIGORRE (Jean de), fils et successeur de Jean de Grailly, comte de Foix et de Candale, fut le premier des princes de Foix, qui renonça, en 1436, et sur la demande du roi, à la qualification de comte par la grâce de Dieu. Le 26 décembre 1447, il acheta de Pierre de Tinnières la vicomté de Narbonne. Il rendit d'éminents services à Charles VII dans les guerres de Guienne. Son beau-père, Jean II, roi d'Aragon et de Navarre, le déclara, en 1455, son successeur au trône de ce dernier royaume, après avoir deshérité l’infortuné don Carlos, prince de Viane, son fils aîné. En 1458, Charles VIT conféra à Jean de Foix, comte de Candale, la dignité de pair, et lui donna pour son fils aîné, Gaston, comte de Castellbé, la main de Madeleine de France. Louis XI ajouta encore à ses faveurs. Jean de Foix était cependant un des ministres de Charles VII dont le roi avait le plus éprouvé l’inimitié ; mais il faisait le plus grand cas de son habrleté. C'était par une suite de forfaits que le comte espérait assurer à sa femme la couronne de Navarre. Pour les accomplir, il avait besoin de l'appui de Louis XI. Le voyage de ce prince dans les provinces du midi servit à resserrer leur alliance. Jean fut l'intermédiaire du traité d'alliance conclu, en 1462. entre son beau-père et le roi de France, et fut chargé de délivrer la reine d'Aragon, assiégée dans Gérone. À peine était-il revenu de cette expédition, que Louis XI, pour conserver l'affection du comte, lui donna. le 24 mai 1463, la scigneurie de Carcassonne. Louis XI nomma le comte de Foix capitaine-général de ses troupes qu'il envoya au secours du roi de Navarre. Jean de Foix s'empara du Roussillon. Le roi lui donna l'investiture de ce comté avec celui de

Cerdagne. Des lettres-patentes de Louis XI firent donation au comte de Candale « de tous les biens appartenans aux cathalans, ses ennemis, qui seront trouvés dans les dits comtés ». Malgré ces faveurs, Jean de Foix abandonna, en 1471, le parti de Louis XI. Le duc de Bretagne, qui venait d’épouser une des filles du comte, le fit entrer dans la ligue formée par lui et Charles, duc de Guienne, contre le trône de France. Quand la mort du frère du roi, survenue le 21 mai 1472, eut désorganisé ce parti, Jean passa en Navarre pour s’y mettre à la tête des ennemis de son beau-père ; mais il mourut deux mois après. Jean de Foix avait épousé, en 1434, Eléonore de Navarre, qui lui apporta en dot la Navarre. Cette union fit monter les comtes de Foix sur un trône royal et la maison de Foix-Grailly se confondit, à partir de cette époque, dans celle de Navarre.

Archives des Pyr.-Or., B. 257, 283, 286, 290, 291, 292, 409. — HœrERr, Nouvelle biographie générale.

FOIX ET DE BÉARN (Gaston de), damoiseau de Perpignan, hérita, en 1602, la seigneurie de Sorède, de Raphaël-Antoine Devi, mort sans posté. rité. Le 7 septembre 1621, il revendiqua à l’archidiacre de Vallespir, Montserrat Boixo, les anciennes prétentions de ses prédécesseurs sur le château d'Ultrera. Il avait fait placer dans cette forteresse plusieurs hommes en armes, afin d'empêcher que l’archidiacre de Vallespir n’y célébrât les fêtes de la Vierge. Celui-ci prenant un certain nombre de gens portant arquebuses et mousquetons, se rendit en personne au château, où il fit d’abord prisonniers les hommes du seigneur. Après les avoir désarmés, il les fit mettre dehors et ferma les portes du chàteau. À la nouvelle de cette équipée, Gaston de Foix et de Béarn, se rendit à la forteresse d'Ultrera, accompagné de son frère Antoine, de gardes et de vassaux armés, pour demander raison À l'archidiacre. La poignée d'hommes du seigneur de Sorède fut arrêtée à distance par les vedettes de Montserrat Boixo. : Après de multiples pourparlers entre assiégés et assiégeants, les nobles Gaston et Antoine de Foix et de Béarn battirent en retraite avec leur troupe, tout en proférant à haute voix des paroles discourtoises. Les gens de l’archidiacre tirèrent des coups de feu du haut des murs et des meurtrières sur la bande en fuite. Celle-ci riposta, tout en effectuant sa retraite. À la nouvelle de cette guerre intestine, le viguier de Vallespir se décida à intervenir. [l sollicita de l'archidiacre le libre accès du château d'Ulirera. Mal lui en prit. Montserrat Boixo, fier de son premier succès, menaçait de recommencer une nouvelle attaque, lorsqu'il dût céder aux inhibitions et aux défenses formelles qui lui furent faites par le gouverneur de

la province. Cette affaire fut portée au tribunal de Pierre de Puigmany y Funes. abhé de Saint-Michel de Cuxa, qui prononça en faveur de Montserrat Boixo. En 1667, un semblable conflit s'éleva entre Jérôme Perarnau, archidiacre de Vallespir. et François de Foix et de Béarn, seigneur de Sorède ; mais on n'en vint pas aux coups de feu. L'excommunication fut lancée contre le seigneur et ses agents, et le Conseil souverain eut à connaître un procès entre ces deux parties, qui fut décidé en faveur de l’archidiacre de Vallespir. Dans la campagne de 1675, un corps de troupes de l’armée de Schomberg s’empara du chàteau d'Ultrera qui tenait pour l'Espagne. Jeanne de Béarn et de Vilaplana, dame de Sorède, obtint, par son crédit, de Le Bret, commandant des troupes françaises, l'image de la Vierge de Notre-Dame du Château, ses robes, les cloches et les ornements de la chapelle. La statue, transportée à Sorède, fut retrouvée miraculeusement dans son ancienne église à Ültrera, d’après les données de la tradition. Par les soins de Jeanne de Béarn, une nouvelle chapelle fut érigée sur le territoire de Sorède, non loin du vieux château.

Archives des Pyr.-Or., B. 384 — Publicalenr des Pyrénées-

Orientales, année 1835. — HExRY, Guide en Roussillon. — L. Jusr, Ermilages du diocèse de Perpignan.

FONCALDO (Placide) était abbé de Saint-Génis en 1645. Des événements politiques provoqués par la guerre de Catalogne le déterminèrent à abandonner le siège abbatial.

Gallia christiana, VI, col. 1109.

FONGAVADO (Louis de) était prêtreet religieux du monastère de Saint-Génis-des-Fontaines, lorsqu'il fut élu abbé par les moines de ce couvent. sans qu'ils eussen{ obtenu le consentement de l'abbé de Montserrat. Cette élection fut annulée par une sentence du grand conseil, prononcée le 7 octobre 1724, qui assura à l'abbé de Montserrat le droit de nommer tous les trois ans les abbés de Saint-Génis, selon la - règle de la congrégation de Valladolid, pourvu qu'ils fussent français et choisis parmi les religieux profès de l’abbaye. La même sentence accorda à l'abbé Louis de Fongavado, le droit d’être reçu dans un monastère de son ordre, à lui désigné par l'évêque d'Elne, et lui assigna une rente annuelle de cinq cents livres sur Îles revenus de Saint-Génis.

Gallia christiana, VE, col. 1109.

FONT (Michel), archidiacre de Vallespir, porta une sentence, le 15 novembre 1569, par laquelle il

FONCALDO —

condamnait les héritiers de Loup Martinez de La

Gunilla, évêque d’Elne défunt, à payer à son successeur Pierre Coma, cinquante livres, parce que ce

FONTANELLA

prélat,bien qu'il fut dans l'obligation de dépenser le quart de ses revenus pour l'entretien des bâtiments épiscopaux, n'y avait fait aucune réparation et les avait laissés dans le plus complet dénûment. En 1506, l’archidiacre Michel Font était official pour le chapitre d'Elne, sede vacante.

Archives des Pyr.-Or.. 48. 116.

FONT (Joseph-François-Antoine), né à Prades, le 14 juin 1831, fut nommé desservant de Caudiès-de-Conflent, le 1” juin 1858. Le 1° décembre suivant, il devint vicaire de Vinça et occupa ce poste jusqu’au 1° mai 1865, date à laquelle il ‘obtint la succursale de Codalet. Durant dix-sept ans il dirigea cette paroisse. Il consacra les loisirs du ministère pastoral à réunir des matériaux historiques sur la célèbre abbaye de Saint-Michel de Cuxa, située sur le rayon du domaine spirituel qui lui était confié. En 1881, il mit en valeur le fruit de ses patientes recherches, en éditant l'Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa, in-8° de 500 pages, Perpignan, Comet. L'année suivante, l’administration diocésaine désigna François Font pourla cure de Port-Vendres. Son zèle eut à se déployer dans l’œuvre de la construction de l’église paroissiale de cette ville maritime. François Font fut élevé à la dignité de curé-doyen de Prats-de-Mollé, le 1° février 1890. Le 1°" juillet 1891, il fut appelé à la cure de Saint-Joseph de Perpignan, où il parvint, en quelques années, à édifier l’église actuelle dans le quartier de la Gare. La restauration de l’abbaye de Saint-Martin du Canigou effectuée avec un goût sûr par Mgr de Carsalade du Pont, évêque d’Elne, fournit l’occasion à François Font de mettre au jour, en 1904, l'Histoire de l'abbuye royale de Saint-Martin du Canigou, Perpignan, Charles Latrobe, in-8° de 175 pages. François Font qui était chanoine honoraire du diocèse de Perpignan, mourut le 16 octobre 1907.

Archives de l’Evêché de Perpignan.

FONTANELLA (Jean-Pierre), remarquable jurisconsulte. naquit en 1576 à Olot, fut fait citoyen de Barcelone alors que nul de ses collègues ne l'égalait en science juridique. Les conseillers de cette ville l’'envoyèrent sièger aux cortès de Madrid en 1621.

. Fontanella écrivit de 1639 à 1645 les Sacri senatüs

Cathaloniæ decisiones ; mais le livre qui lui donne le plus de notoriété aux veux de la postérité, est le fameux traité De pactis nuplialibus, sive de capitulis matrimonialibus tractalus. Xaupi dit que la méthode de cet ouvrage est singulière. L'auteur y explique toutes les clauses qui peuvent se produire dans les contrats de mariage, etc. Fontanella préparait un autre ouvrage intitulé: Teslamentum illius tractatus,

FONTANELLA — FORNER

mais la mort le surprit avant qu'il put le mettre au jour.

TORRES-AMAT, Diccionario crilico de los escrilores calalanes.

FONTANELLA (Joseph), fils aîné du précédent, fut d’abord professeur en droit civil et en droit canonique à l’Université de Barcelone. Lors de la révolution catalane de 1640, Joseph Fontanella s’attacha à la France. Il fut envoyé par Louis XIV au congrès de Munster pour y ménager les intérêts de sa patrice et y soutenir les droits du roi sur la Catalogne. En 1648, Fontanella se trouvait à Perpignan. mais il ne se fixa définitivement dans cette ville que quatre ans plus tard, quand Barcelone se remit sous la domination espagnole. Aorès avoir donné à Fontanella la vicomté de Canet, en avril 1649, Louis XIV le nomma régent de la chancellerie de Catalogne. Roussillon et Ccrdagne et président de la Royale audience. Des lettres du roi de France. en date du 10 juin 16%3, lui attribuèrent quatre mille livres sur les revenus de Villelonguc-de-la-Salanque. En 1660, lors de la création du Conscil souverain du Roussillon, il fut nommé avec le célèbre Sagarre, président à mortier de ce tribunal suprême. Les services qu'il avait rendus à la couronne de France, son savoir et sa compétence en matière juridique, l'avaient désigné pour être à la tête de la magistrature roussillonnaise. Il occupa cette brillante situation jusqu’au jour de sa mort, survenue en

Joscph Fontanella laissa un fils, François, et une fille, Marie-Angélique. Celle-ci épousa Charles d'Alemany de Bellpuig, partisan de la domination française. En vertu de lettres-patentes datées de Saint-Germain en Laye, l'an 1649, le gendre de Joseph Fontanella fut mis en possession de biens patrimoniaux de Raymond de Çagarrigwa. Le traité des Pyrénées, en 1659, stipula que les biens confisqués aux rebelles catalans seraient rendus à leurs propriétaires respectifs. Comme Raymond de Çagarriga se trouvait alors en Amérique, Marie-Angélique Fontanella, veuve de Charles d’Alemany, continua de jouir des biens de son parent, le capitaine-général des provinces de Sainte-Marthe et de Rio de la Hacha (République Argentine actuelle). Après le traité d'Aix-la-Chapelle, Raymond de Çagarriga de Lapuente, fils du précédent, rentra en possession de ses domaines patrimoniaux, à dater du 1” janvier 1670. Ce jour-là même, Charles de Ros d'Ortaffa, neveu et fondé de pouvoirs de Marie-Angélique, fit acte de prise de passession de ces mêmes biens. Un procès sen suivit et les propriétés de Raymond de Çagarriga de Lapuente furent mises sous séquestre. Ce ne fut que le 7 avril 1683 que le Conseil souverain de

Roussillon rendit un arrêt attribuant le patrimoine de sa famille à Raymond de Çagarriga de Lapuente.

Archives des Pyr.-Or., B. 394, 401. — Archives de la famille de Cagarriga. — ToRREs-AMaT, Diccionario crilico de los escri-

tores calalanes. — Mémoires de Jaume. — ARaAGoN, Le Roussillon aur premiers temps de son annerion à la France.

FONTANELLA (François), fils cadet de Jean- Pierre Fontanella, docteur en théologie, fut nommé prieur du couvent des Dominicains de Perpignan, en 1673. après la mort de Vincent de Margarit, évêque d’Elne. H prêcha quatre stations quadragésimales à la cathédrale de Perpignan, en 1674, 1675, 1676 et 1678. Son humilité lui fit déposer les honneurs du supériorat ; c’est pourquoi il mourut simple frère-lai dans le couvent de Sainte-Catherine de Barcelone. François Fontanella est connu comme un des meilleurs poètes cataians. On a réuni une partie de ses poésies en un volume in-4° qui a pour titre: Diversio per los alumnos del Parnäs calala : obras poelicas de Francisco Fontanella. Il en existe un grand nombre d’inédites dans la bibliothèque de l'évêché de Barcelone.

ToRREs-Amar, Diccionario crilico de los escrilores calalanes. —

Mémoires de Jaume. Semaine religieuse de Perpignan, avril 1898.

FONTCUBERT A (Bérenger de), chevalier, fut nommé par Alphonse V, précepteur du Mas-Deu. Il servit de caution pour un bracelet ou collier d'or du poids de six marcs d’or, dans lequel étaient enchàssés quatre-vingt perles et scize balair que le roi d'Aragon offrit à Laurent Taqui, bourgeois de Perpignan, en reconnaissance d'une dette de quinze mille florins d’or. Bérenger de Fontcuberta fut fait encore commandeur de Spluga de Francoli et lieutenant-général du prieur de Catalogne. Son frère, Pierre de Fontcuberta fut bailli de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., G. 232, 236, 257.

FORMIT, de Perpignan, troubadour. adopta la langue provençale. On ne connaît de lui que le premier couplet d’une de ses chansons ; il est ainsi conçu :

Un dolz desirs amoros

Ses en mon fin cor assis, Dompna, que m'veu deves vos À cui sui del tot achis

Qu'en pensam voi noich e dia Lo vostre cors care gent

E‘t bel dolz esgard plaren

E vostr'avinen coïndia.

Ravouarp, Choir de poésies originales des troubadours.

FORNER (Bernard), chanoine d'Elne, fut nommé évêque de ce diocèse par le pape Clément VI, le 14 août 1348. IL promit de payer Îles services le 19 septembre de la même année. Le pape lui ayant

216 FORNER — FOSSA

permis de se faire consacrer par le prélat de son choix. il s’adressa à Pierre de la Jugie, archevêque de Narbonne, qui le sacra le 12 octobre 1348. Le 25 novembre suivant, Bernard Forner promulgua un statut sur la célébration de la messe au maïtreautel de Saint-Jean de Perpignan. Il jura obéissance à l'archevêque de Narbonne le 2 janvier 1349. Le 25 février, il fut nommé avec Gilbert, évêque de Carcassonne, exécuteur du testament de Gaucelin Dejean, évêque et cardinal d’Albane. Le 18 mai 1349, le procureur de l'abbé de La Grasse appela au Saint- Siège d’un jugement rendu par l'archevêque de Narbonne en faveur de l’évêque d’Elne Bernard qu'il accusait d’avoir violé les droits du monastère. Bernard Forner mourut le 15 janvier 1350.

Archives des Pyr.-Or., G. 245. — Puiccart, Catalogue biographique des évêques d’Elne.

FORNER (Marcel) fut nommé châtelain de Bellegarde par Philippe II. À sa mort, il fut remplacé à ce poste par Garaud de Sant-Marti.

Archives des Pyr.-Or., B. 374, 375.

FORNIER, nommé professeur de droit français à l’Université de Perpignan en 1706, exerça cette profession jusqu'à sa mort survenue en 1756. Il fit parattre à Perpignan, en 1701, un volume intitulé : Les Devoirs des Juges, in-12.

Mémoires de Jaume. — FourqQuer, Catalogue des livres imprimés el manuscrits de la bibliothèque communale de Perpignan.

FORTANER (François - Thomas - Joseph - Henri), né le 15 juillet 1765, était fils de Joseph Fortaner, procureur de l’amirauté de Collioure et de Anne Marès. Il fut pourvu d'un bénéfice ecclésiastique à l’autel du Saint-Sacreraent de l’église Saint- Jacques de Perpignan, en 1785. Après la Révolution, il devint desservant, puis vicaire de la cathédrale Saint-Jean. En 1824, à l'occasion de la nomination de l’évêque de Saunhac-Belcastel au siège d’Elne, Joseph Fortaner publia une Volice ecclésiastique sur le Roussillon, suivie du catalogue des évêques d’Elne, Perpignan, Antoinette Tastu, in-8°. Dans une petite introduction à l'ouvrage, l’auteur avoue avoir « pris pour guide M. de Marca, et pour la série des évêques d’Elne, les auteurs du Gallia christiana ». En 1826, Joseph Fortaner fut nommé chanoine honoraire et succursaliste du Faubourg des Tanneries. Il mourut le 20 décembre 1845.

Archives communales GG. 154. — Archives des Pyr.-Or., G. 559. — Archives de l'Evèêché de Perpignan.

FORTANET (Xavier), brodeur de Perpignan, travaillait pour les vestiaires des églises du diocèse d’Elne, en 1540. |

Archives des Pyr.-Or., G. 783.

FORTIA-DURBAN (François de), sieur de Salètes, né à Avignon, en 1631, était le douzième enfant. de Louis de Fortia-Durban, viguier d’Avignon. Il fut capitaine dans le régiment de la Marine et se distingua au service du roi, dans le combat du Faubourg Saint-Antoine de Paris, le 2 juillet 1652. IL assista aussi aux sièges d’Etampes, Montmédy, Dunkerque, Gravelines et à la bataille des Dunes. Elevé au commandement du régiment Dauphininfanterie, il prit une part active aux guerres de Catalogne, et se distingua surtout aux sièges de Bellegarde et de Puigcerda où il remplissait les fonctions d'ingénieur. Lors de la conquête de la Catalogne, Louis XIV lui inféoda les bourgs de Fortia et de Fortianès, situés sur le golfe de Roses, qui avaient appartenu à ses ancêtres. (La quatrième femme de Pierre le Cérémonieux était de la maison de Fortia). Le roi de France nomma en même temps François de Fortia major de brigade. Ce fut au talent d'ingénieur qu'il révéla au siège de Puigcerda qu'il dût d’être chargé de la construction de la place de Mont-Louis, dont Vauban avait donné le plan. Après la paix de 1679, François de Fortia-Durban, fut créé gouverneur de Mont-Louis au traitement de douze mille livres. Le projet de construction de cette place forte une fois arrêté, le gouverneur de Mont-Louis fit mettre la main à l'œuvre en 1681. Il demeura à ce poste jusqu’à sa mort arrivée en 1700. C'est de lui qu'il est question dans l’ode de Saint-Geniès intitulée : Ad Petronium Mascaronem in obitum Franc. Fortiæ Balmaæi.

HœrEr, Nouvelle biographie générale. — HENRY, Le Guide en Roussillon.

FOSSA (François de) naquit à Perpignan le 21 juillet 1726. Son père, qui était inscrit comme avocat au barreau du Conseil souverain du Roussillon, lui avait inspiré, avec le goût des études juridiques, l'amour de son honorable profession. Avec un tel maître, les progrès du jeune Fossa dans la science de la jurisprudence furent si rapides, qu'à l’âge de dix-huit ans à peine, il disputait une chaire de droit civil dans l’Université de sa ville natale. Elle lui aurait même été adjugée, s’il avait eu l’âge requis. Deux ans après, en 1846, le talent supérieur qu'il déploya dans un autre concours pour l'obtention de la chaire de droit canonique, lui mérita la faveur spéciale d’une dispense d'âge pour l’occuper. François Fossa devint en peu detemps l’oracle du barreau perpignanais : on rapporte même que d'Aguesseau le comptait au nombre des plus éminents jurisconsultes du royaume. En 1759, il était doyen de la faculté de droit et recteur de l'Université où il donnait ses doctes leçons. Ses cours manuscrits témoignent d’une connaissance approfondie du droit

FOUCHIER — FRAISSE

ecclésiastique ; l'exposé est sobre et lumineux ; l’expression claire, élégante même ; le fond imprégné des idées gallicanes, propre à plaire aux esprits du temps. Mais il y avait en Fossa comme une double personnalité : le professeur était un véritable érudit en matière d'histoire locale. Ses connaissances étaient très étendues et son jugement des plus sûrs. Ces rares qualités déterminèrent les savants auteurs de l'Art de vérifier les dates à solliciter sa coopération à ce grand ouvrage. Fossa se montra digne d'un tel choix par les mémoires qu'il fournit sur la chronologie des comtes de Roussillon, de Cerdagne, de Besalu et d'Empories. Un procès long et retentissant, commencé dès 1738, entre les nobles et les bourgeois honorés de Perpignan, engagea Fossa, défenseur des premiers, dans d'interminables recherches très précieuses pour l’histoire du pays. [Il en consigna le résultat dans les Observalions historiques et criliques sur le droil public de Calalogne el de Roussillon. Get ouvrage, édité à Perpignan en 1770, était une réplique aux Recherches historiques sur la noblesse des ciloyens honorés de Perpignan et de Barcelone publiées par l’abbé Xaupi, sept ans auparavant. Loin de se rendre aux raisons de son contradicteur, Xaupi refit son livre, et il en publia une seconde édition en 3 volumes, l’année 1776. Fossa ne fit pas attendre la réponse. Elle parut l’année suivante sous le titre : Mémoire pour l’ordre des avocats de Perpignan. Cette dernière œuvre, au dire de M. Brutails, « dénote des qualités maîtresses, de la puissance de travail, de la subtilité, la pratique des affaires... Mais à côté de ces avantages, on trouve de graves imperfections : Fossa est un érudit plutôt qu’un savant, un plaideur bien plus qu'un historien ; il n'a pas le sens historique du droit ; il cherche avant tout à prouver sa thèse, même en modifiant un peu la portée des documents ». Un autre mémoire de Fossa intitulé : Réponse pour le marquis d'Oms au mémoire du sieur Berteau (sur les eaux de sa seigneurie de Suréda) parut en 1777, à Perpignan. Mais les écrits qu'il a mis au jour ne constituent que la mineure partie de ceux qui sont sortis de sa plume. Le doyen de la faculté de droit avait tracé l’esquisse et rédigé le recueil diplomatique d’une Histoire du Roussillon qui est demeurée inédite. Il avait encore écrit un volumineux traité sur le Franc-alleu de Roussillon et de Calalogne. Fossa ne mit la dernière main à cet important travail qu'au bout de vingt années consacrées à la recherche et à la lecture d’un millier de chartes, dont la plupart des originaux n'existent plus de nos jours. Îl en avait envoyé une superbe collection au dépôt des chartes du roi, à Paris. Fossa comptaitau nombre des membres de l’Académie des Belles- Lettres de Barcelone. Louis XVI l'avait anobli, et il avait reçu encorc de ce monarque le cordon de Saint-

Michel. Homme de lettres, jurisconsulte consommé, Fossa fut encore un admirable philanthrope. Son nom paraît sur la liste des administrateurs de l’hôpital Saint-Jean, durant une longue période de vingtsix ans (1758-1784). Fossa mourut à Perpignan, le 6 août 1789, dès les premiers jours de la Révolution.

Archives communales de Perpignan, GG. 189. — Annuaire de 1834. — Mémoires de Jaume. — Bruraizs, Etude sur la condi-

lion des populations rurales du Roussillon (préface). — Abbé TorReiLes, L'Universilé de Perpignan.

FOUCHIER (E. de), capitaine au 25° de ligne, a publié : Un poilevin en Roussillon au XV° siècle, ou Nolice sur Charles de Saint-Gelais, évêque d'Elne (1470- 1475), dans le XXVII” volume des Mémoires de la Sociélé des Antiquuires de l'Ouest ; la Sphragistique roussillonnaise ou Iconographie de certains sceaux autrefois en usage dans les comlés de Roussillon et Cerdagne. Cette étude a paru dans le XIIT° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.

FOURQUET (Jean-Antoine-Damien-Patri- Ce), né à Perpignan le 13 novembre 1808, fut libraireéditeur avant de remplir les fonctions de bibliothécaire de la ville de Perpignan. Il a fait paraître successivement: Analyse des œuvres théologiques de M. B. Philip, chanoine-lilulaire, vicaire-général du diocèse de Perpignan, Paris et Perpignan, 1849, in-8° : Analyse des poésies de M. J. Argiot, Paris et Perpignan, 1851, in-8° ; E{ude sur le caractère el les poésies de M. P. Ballle, suivie de ses Inspiralions de la Nuit, œuvre posthume, Paris et Perpignan, 1866, in-8° ; Neuvuine en l'honneur de Saint-François de Paule, suivie du vœu, ode, Perpignan, 1860, in-12 (une seconde édition de cet opuscule parut en 1867) ; Catalogue des livres imprimés el manuscrils de la Bibliothèque communale de Perpignan, in-8° de 472 pages. Antoine Fourquet mourut à Perpignan le 25 novembre 1872.

Archives de l'Etat civil de Perpignan.

FOXA (Jean de), fils de Bernard-Guillaume et d'Ermessende, licencié en droit de Perpignan, épousa la Marquesa de Banyuls. Un fils, du nom de Louis, naquit de ce mariage.

Abbé J. Capelle, La seigneurie de Banyuls-dels-Aspres.

FOXA (Louis de), fils du précédent, fut lieutenant des procureurs royaux Charles d'Oms, Pierre Granier, Michel dez Vivers, durant le temps de l’occupation française du Roussillon par Louis XI.

Archives des Pyr.-Or., B. 288, 407, 408.

FRAISSE (François) naquit le 20 juin 1800. Il était, par sa mère, neveu de Léonard, le coiffeur de la

reine Marie-Antoinette. Celui-ci, après l'arrestation de Louis XVI, enleva les diamants de la couronne et les remit au comte de Provence, alors en Russie. Fraisse commença ses études à Perpignan, et alla les terminer à Paris auprès de son oncle Frion, inspecteur de l'Ecole des Beaux-Arts. Après avoir suivi les cours de peinture et de musique de cet établissement artistique, Fraisse rentra à Perpignan pour y recueillir la succession de son grand-père dans le commerce des meubles et des objets d'art. Nommé conseiller municipal de Perpignan, avant 1830, il ne cessa point, depuis cette époque jusqu'en 1848, d’être un des membres les plus actifs des commissions administratives. Il fonda à Perpignan l'Ecole industrielle, dans le but de vulgariser les inventions et les perfectionnements du dehors. En 1840, il creusa, le premier. un puits artésien ; son initiative, couronnée de succès, rencontra de nombreux imitateurs. Fraisse fut un des fondateurs de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales et publia dans son bulletin plusieurs petits travaux. Îl s’occupa, non sans quelque distinction, d'agriculture, et créa une des premières pépinières du département. Ruiné à la suite d’une entreprise d'exploitation des marbres des Pyrénées, il obtint une place dans les postes, à Privas. Nommé directeur de cette administration à Cette, il ne tarda pas à donner sa démission. Fraisse rentra, en 1863, dans le commerce, à Cette. Les électeurs de cette ville le nommèrent membre du Conseil général. Des revers de famille précipitèrent sa mort qui arriva le 18 août 1873.

XX[I° Bulletin de la Societé Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées-Orientales.

FREDULON 1, évêque d’Elne, assista au concile qui fut réuni au Puy-en-Velay pour remédier, par l'établissement de la Paix de Dieu, au désordre des mœurs et des guerres privées dans tous les diocèses, dont les évêques se trouvaient à cette assemblée qui, d’après dom Mabillon et le P. Longueval. cut lieu en 994. Le même évêque figure comme témoin dans un acte du 22 octobre 995, par lequel la vicomtesse Ermessinde confie à Aigo, archidiacre de Narbonne, la surveillance et l’administration de certains alleux qu'elle donnait au chapitre métropolitain. Le 9 décembre 996, Ermetrude et Gérand, son fils, donnèrent à Fredulon l’alleu de Vilanova avec l'église, pour en jouir après leur décès.

PuiGcant, Calalogue biographique des évéques d'Elne.

FREDULON Hi, évêque d’Elne, reçut engagement, le 9 décembre 1003, d'un alleu à Ortafa que fit Udalgar, prêtre. Le 30 octobre 1004, Frédulon consentit el apposa sa signature, avec d’autres personna-

. FREDULON — FRENER

ges, à un acte de session fait par Ermengaud, archevêque de Narbonne, à Guifred, abbé de Cuxa, d'un alleu appelé Cauchène qui appartenait à l’abbaye de Saint-Laurent unie à l’archevêché. Le 24 janvier 1007, il autorisa, en sa qualité d'évêque d'Elne, la vente d'une partie de l’eau du territoire de Saint-Jean-plade-corts à Gaufred, Adalbert et autres. Cette même année, Guifred, comte de Cerdagne. jeta les premiers fondements du monastère de Saint-Martin - du- Canigou.

Puiccart, 0p. cit.

FREIXA (Michel de), de Montesquieu, fut nommé, le 18 février 1642, par le lieutenant-général de Catalogne Ürbain de Maillé, aux fonctions de lieutenant du procureur royal. Des lettres-patentes de Louis XIII lui concédèrent aussi les titres de noblesse. Il était seigneur de Tatzo-d'Amont. et des donations de rentes lui furent successivement octroyées, le 28 novembre 1653 et au mois de janvier 1654, sur les biens des nommés Acézat, de Villefranche-du-Conflent. Malla, de Conanglell et Frédéric Meca. Il mourut le 27 février 1654, ct eut pour successeur dans son emploi François Coronat, bourgeois honoré de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 394, 446.

FRENER (Bernard), peintre de Perpignan, appartenait à une maison dont l'appellation patronymique désigne un ouvrier en freins ou brides de chevaux. L'histoire connaît quatre générations de cette famille qui a existé à Perpignan dans l’espace d’un siècle (1286-1377). Le chef de la famille semble avoir été un nommé Jean, dont la profession n’est sans doute indiquée que par le nom de Frenerius, pris comme nom de famille par ses descendants ; sa femme s'appelait Andréua, et ils étaient tous les deux décédés avant l’an 1286. Les actes de l’époque mentionnent trois de leurs fils. Bernard, Raymond et Jean.

Bernard Frener faisait déjà une vente de selles et de brides pour 237 sols 6 deniers à Guillaume de Clayra. le 17 mars 1265. Il faisait une autre vente d'articles de même nature au chevalier Raymond de Palauda le 6 octobre 1276. Mais. outre la sellerie et freinerie. il exerçait anssile métier de peintre,comme on le voit par un acte d'afferme qu’il consentit, d'accord avec son épouse Guillema, en janvier 1277. Par cet acte, il louait à Jean d'Alénya. barbier, un ouvroir contigu à sa maison sise dans Perpignan, avec la réserve expresse que le preneur ne fournirait à personne le moyen de lui faire concurrence, c'est-à-dire qu'il ne pourrait sous-louer l’'ouvroir à aucune personne exerçant son métier defreinerie, de sellerie

FRENER — FRESSE

ou de peinture. Bernard Frener laissa deux fils du nom de Jean et Vidal.

ALarT, Volices historiques sur la peinture et les peintres rous-

sillonnais, dans le XIX° Bullelin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.

FRENER (Raymond), frère du précédent, est qualifié de peintre dès l'an 1283, bien qu'il exerçät en même temps la profession de sellier ainsi que son frère, auquel il paraît avoir succédé durant la minorité de ses enfants. IL était associé avec deux autres peintres. car le 8 septembre 1283, Jean d'Oliva et son fils Bérenger d'Oliva. d’'Ullastret en Catalogne, s'engagèrent à travailler durant cinq années de leur métier de sellier pour le compte de R. de Crou. sellier, de Raymond Frener, peintre, et d'Amfos de Bruges. peintre, moyennant un prix fait de à sols 9 deniers pour chaque selle de cheval, 2 sols 6 deniers pour chaque selle de palafroi peinte et 3 sols et 3 oboles pour chaque selle à bàt et selle nuc de palafroi.

Le 1” septembre 1286, Jean Frener, clerc, âgé de plus de 25 ans, fils de défunts Jean Frener et de dame Andréua. son épouse, de Perpignan. fit donation à son frère Raymond Frener, peintre, de ses droits sur la maison de leur père située au Puig de Saint-Jacques. ladite maison confrontant avec la place dudit Puig, avec deux rues. avec les maisons qui furent de feu Lodrigo, peintre, et avec tenance de Jean et Vidal, leurs neveux. fils de leur frère Bernard Frener.

On retrouve encore les mêmes Raymond et Jean Frener, à la date du 13 février 1293. réclamant diverses sornmes du domaine royal qui avait confisqué les biens de Dalmau de Castellnou et de son fils Guillemo, à la suite de l'expédition du roi de France Philippe ITf en Roussillon. Le premier réclamant une créance de 23 sols de Malgone dus pour des armes ou armoiries qu'il a faites pour ces deux nobles personnages. le second une dette de 1008 sols 5 deniers de la même monnaie, pour une paire d'éperons dorés qu'il leur avait vendue, et pour d’autres articles de son métier de freinerie qu'il leur avait faits.

Ün dernier acte nous fait connaître les noms de l'épouse du peintre Raymond et de leurs deux fils. C'est une vente faite le 9 janvier 1300, par laquelle Raymond Frener, peintre. habitant de Perpignan, cède à Arnald Massot, sacristain de Saint-Jean, une rente annuelle de 60 sols barcelonais qu'il recevait sur quatre maisons contiguës à lui appartenant, situées au Puig Saint-Jacques, confrontées avec Îles maisons de Jean Frener, frère du vendeur, de Jacques Lodrigo, peintre, et autres tenanciers, pour le prix de onze cents sols. La vente fut consentie et

confirmée par Jean Frener et Bernard Frencr, sellier, frères, fils de Raymond et par Guillema, son épouse.

ALAR?, Op. Cil.

FRENER (Jean), peintre de Perpignan, était fils du précédent. Il épousa Ricsendëé qui lui survécut et dont il eut un enfant, Bernard. Celui-ci exerça le métier de pareur et mourut avant sa mère.

ALART, OP. Ci.

FRESSE-MONTVAL (Henri-François-Marcel-Alphonse) naquit à Perpignan le 4 novembre 1795. Il alla à Paris en 1813. fit ses humanités au séminaire de Saint-Nicolas et entra en 1818 au grand Séminaire diocésain. Îl en sortit en 1822 pour faire un court séjour à la Trappe. Fresse-Montval. revenu dans le monde, se voua à la carrière de l'enseignement libre. Il professa gratuitement à l’Institut historique et à l’Athénée impérial de Paris. Après avoir défendu la politique de la Restauration, il écrivit des romans dans le genre de ceux du vicomte d’Arlincourt.

Un de ses principaux ouvrages, sa Traduction en vers des (Æuvres complètes de Pindare, obtint de l’Académie française une médaille d’or, en 1851. Elle fut imprimée en 1854, accompagnée de la Vie de ce poète et de Remarques.

On a. en outre, de lui:

Angelino, ou le bandit sicilien, 3 vol. in-12, 1829 :

L'Orphelin el l'Usurpaleur, 2 vol. in-8°. Paris. 1834 ;

Jules-Joseph, pensée inlime, 2 vol. in-8°, Paris, 1835 :

La France illustrée par ses marins, 2 vol. in-12, Paris, 1830 ;

La France illustrée par ses rois, À vol. in-12, Paris, 1831 :

La France illustrée par ses guerriers, 2? vol. in-1?, Paris, 1832 ;

Trailé de la narration, 2 vol. in-18, Paris, 1834.

Manuel de la composilion francaise, Paris, 1835, 2 vol. in-12 :

Manuel de la composilion laline, Paris, 1837, 2 vol. in-12 ;

Manuel de l'art épislolaire, Paris, 2° édit., 1847, 2 vol. in-12 :

Manuel de liltéralure, Paris, 1843, in-12 :

Manuel de leclure, Paris, 1855, in-18 ;

Cours de lecture, Paris, 1855. in-12 :

Œuvres complèles d'Hésiode, traduction en vers, avec le le.rle en regard, accompagnées de la biographie de ce poèle, de prolégomènes el de notes, Paris, 1843, in-{8 :

Paris,

220 FRION — FULHA

Cours élémentaire d'histoire, de géographie, etc., Paris, 1855 ;

Sibylles, vers sibyllins avec la biographie des femmes poètes de la Grèce.

Fresse-Montval collabora à divers recueils ou journaux tels que le Diclionnaire de la conversation, la Biographie générale, etc. Il mourut à Paris le 16 avril

Hœærer, Nouvelle biographie générale.

FRION (Jean-Joseph-François), célèbre par sa taille gigantesque, naquit à Perpignan. le 3 juin

Son père, Honoré Frion, était un modeste boulanger qui, en 1762, avait été blessé d’une épée par Ch. de M., gentilhomme bourguignon. La justice avait été saisie de cette affaire qui ne suivit pas son cours, le prévenu étant mort durant l'instruction du procès. La mère de Frion se nommait Paule Itier.

La taille de Jean Frion était de 2 mètres 24 centimètres.

Nommé inspecteur du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris, il fut en relations avec les hommes les plus célèbres de l’époque. Le peintre David a représenté Frion dans son tableau des funérailles de Patrocle. Le portrait de Frion que possède le Musée de Perpignan est l’œuvre de Vien. Delile consacra au géant les vers suivants :

La nature, envers les humains Toujours avare et souvent inégale, Changea l’ordre de nos destins Et voulut une fois se montrer libérale.

Elle communiqua son projet à l'Amour ; L'Hymen fut de la conférence, Et pour preuve de déférence Le beau Frion reçut le jour.

Les géants sont, dit-on, d'humeur âpre et sauvage ; Le nôtre fut toujours de la plus belle humeur ; Le nôtre a sur son front modestie et candeur ; Aussi Frion, dès son jeune âge, À la force, à la majesté Sut réunir, par un rare assemblage, L'esprit, la grâce et la beauté.

L'organisation de Frion pouvait être l’objet d’utiles observations de physiologie. Ses forces étaient proportionnées à sa stature. Par une erreur de la nature, il avait reçu toutes les inclinations des femmes, aimant à partager leurs travaux dans lesquels il était très adroit. et ayant comme elles un goût décidé pour la parure et les colifichets. La pensée que sa dépouille mortelle ne serait pas respectée et qu’elle deviendrait un objet de curiosité publique était sans cesse présente à son imagination et faisait le tourment de sa vie. Quoique dans la force de l’âge et en apparence bien constitué, son corps semblait,

quelque temps avant son décès, devoir tomber en ruines. Sa voix devint sépulcrale. Sa mort fut, croiton, occasionnée par une maladie du foie. Elle eut lieu le 10 janvier 1819.

Au moment de procéder à ses funérailles, le curé de sa paroisse ne fit la cérémonie qu'après l'inspection du cercueil, pour avoir la certitude que le cadavre s’v trouvait, car il avait circulé des bruits qu'on devait l'enlever. Et de fait, il paraît que, la nuit suivante, plusieurs indices incitèrent à croire que le cadavre avait été soustrait du lieu de sa sépulture.

À Perpignan, Frion était surnommé Picard; à Paris il était connu sous la désignation du Géant.

Archives des Pyr.-Or., C. 1271. — Archives communales de Perpignan, GG. 92. — Mémorial administratif, année 1819. —

CroucHANDEU, Calalogue raisonné des objets d'art du musée de Perpignan.

FULHA (Arnaud-Bernard de), qui possédait le château avec la directe seigneurie des terres de sa dépendance et le revenu d’une part de la dime de tout le territoire de Fuilla, fit son testament en 1067.

Il légua à son fils Guillaume un manse et des propriétés allodiales à Fuilla, ainsi que la plus grande partie des biens qu'il possédait en divers lieux de la Cerdagne et du Vallespir, laissant le reste à ses autres fils, Bernard, Arnaud, Pierre, Raymond, Bérenger, Ermengaud, Rolland, et à ses filles, Gisèle et Sanche.

Abbé Girazr, Notice historique sur la commune de Fuilla, dans

le L° Bulletin de la Socielé Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrenées-Orienltales.

FULHA (Guillaume de), archidiacre d’Elne (1126-1146).

Abbé GIRALT, op. cil.

FULHA (Armand-Bernard de), fils de Bernard de Fulhä, assista, en 1228. comme témoin au testament de Stéphanie de Fulhä, dame du château de la Volella. Il laissa deux enfants, Arnaud et Raymond.

Abbé GiRaALT, op. cil.

FULHA (Raymond de), fils du précédent, vendit, le 26 décembre 1283, à Jean Tort, de Villefranche, le tiers par indivis de la dime du château de Ralleu et du vilar de Bordull. Raymond de Fulhä possédait le quart des dimes de Fulhä et avait acquis de Pierre de Sainte-Colombe les censives d’une partie du territoire de Conat. Il avait épousé Géralda qui lui donna deux enfants : Arnaud-Bernard, qui

lui succéda, et Michel, religieux du couvent de Saint-Michel de Cuxa.

Archives des Pyr.-Or., B. 86. — Abbé GiRALT, op. cil.

FULHA

FULHA (Arnaud-Bernard de), fils de Raymond, chevalier au service de Guillaume de So, obtint de ce seigneur, en 1302, une rente de blé sur les revenus des moulins d’Evol. Il reconnut, en 1311, tenir en fief pour le roi, seigneur de Conat, les censives et droits de justice sur les hommes d’une partie de la vallée.

Les restes de ce chevalier furent déposés dans le mur de l’église de Sainte-Eulalie de Fuilla. où se trouve un carré de marbre avec cette inscription :

Anno Domini M CCC X VIIT istud tum ulum est Brnardi de Folao Qui tumulum cernis cur n

on mortalia spernis : tali nam que domo clauditur omnis homo.

Abbé G1RALT, 0D. cit.

FULHA (Jausbert de), fils du précédent, reconnut tenir en fief pour le roi, le 15 décembre 1322, toutes les censives et autres droits vendus à son aïeul

paternel, Raymond de Fulhä, au vilar d'Orbanya, dans la vallée de Conat. Ses os reposent dans un sarcophage qui fut classé comme monument historique le 29 septembre 1903. Il se trouve encastré dans une niche du mur intérieur de l’église de Saint-Jean- Baptiste, construite près du château. On y lit l’inscriplion suivante. ornée de quatre écus qui portent pour armes une feuille d’arbre :

XIT kalendas aprilis anno Dni M CCC XXXV obiit Dominus Jausbertus de Foliano domicellus Cujus anima per misericordiam Dei

Requiescat in pace. Amen.

Jaubert de Fulhä laissa un fils du nom d’Arnaud- Bernard. qui reconnut, en 1354, tenir en fief pour le roi d'Aragon les censives de Montella, Nohèdes et Orbanya et autres droits cédés à son bisaïeul. Jaubert de Fulhä n'eut qu’une fille qui épousa un chevalier de So.

Abbé Giracr, op. ci.

GAFFARD (Jean-Alexis-Joseph de), né à Per-

pignan, en 1739, était fils de Joseph de Gaffard, avocat au Conseil souverain de Roussillon, ancien recteur de l'Université de Perpignan. Il devint conseiller au Conseil souverain, le 8 janvier 1783. En 1789, Jean-Alexis de Gaffard fut député par la ville de Perpignan, pour protester contre l’irrégularité des élections du Tiers-Etat aux Etats-Généraux. Il fut arrêté en mai 173 et demeura enfermé dans la citadelle de Montpellier jusqu'après le 9 thermidor. Jean-Alexis de Gaffard qui avait épousé Marie-Angélique Boussac, mourut en 1816. Leur fils, Pierre- Joseph de Gaffard se maria, le 24 octobre 1810, à Marie-Modeste Desprès. De cette union naquit, en 1828, Charlotte-Julie-Lucie de Gaffard qui épousa, en 1862, Le vicomte Robert de Gratet du Bouchage.

Mémoires de Jaume. — Communication obligeante de M. J. Despetis.

GAILLARD DE CHAUDON (Noël), noble provençal, qui avait embrassé la vie religieuse dans le monastère de Saint-Victor de Marseille, fut nommé abbé d'Arles, par ordonnance royale, le 24 décembre 1701, et confirmé par le pape le 31 juillet de l’année suivante. Il fut sacré à Paris le 4 octobre 1702. Ce prélat, qui était docteur en théologie et prédicateur du roi, fut fait membre honoraire du Conseil souverain de Roussillon, en 1703. H fit une transaction, en 1714, avec l’évêque d’Elne Jean-Hervé Basan de Flamenville, pour mettre fin à un conflit de juridiction qui s'était élevé entre eux. Il mourut à Pézenas, le 26 avril 1722. Cette même année, l'abbaye d’Arles fut unie à la mense épiscopale d’'Elne, quoique dans certains documents peu solides, on trouve un certain M. de La Cassaigne, désigné comme étant abbé d'Arles en l’année 1723.

Archives des Pyr.-Or., H,56. — Gallia christiana, VI, col. 1093. GAITO (Jean-Pierre)alias Garraner. n'estconnu que par une simple mention de son nom, suivi du

qualificatif campanerius Elne, dans un acte daté de

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais

GALINDES DE TERREROS (Antoine) descen-

dait, par sa mère, de Fortunyo de Terreros. de Sara-

| gosse, capitaine du château-royal de Puig-Balados, | en 1507. Il avait épousé FEléonore qui, en 1571, don-

nait à son fils Antoine des concessions minières sur le territoire de Vernet. Ce dernier habitait Codalet.

: Par un acte daté du 5 décembre 1588. Antoine Galin-

des de Terreros renonça aux droits, dont il était détenteur, sur les mines de fer du Canigou, en faveur d'Onuphre Giginta, abbé de Saint-Martin. Il eut un fils du nom de Joseph qui, en 1624. donna quittance d’un cens sur les forges de Vernet à l’abbé Melchior Soler d'Armendaris. François Galindes de Terreros présenta un candidat à un bénéfice ecclésiastique institué dans l’église d'Escaro, en 1718, et en 1725, un prêtre à la fondation érigée à l'autel de Saint- Michel de l’église Saint-Jacques de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., G. 569. 919, H. 174. — Abbé J. CAPEILLE, Vernel-les-Bains, la commune, la chätellenie, les thermes.

GALLART (Augustin) fut nommé à l'évêché d'Elne, après la mort de Benoît de Santa-Maria, décédé le 31 janvier 1588. Il mourut dans le courant de cette même année, sans avoir pris possession de son siège.

Archives des Pyr.-Or.. G. 52.

GALLART (Antoine), frère du précédent, était écolâtre et archidiacre de Lérida, lorsqu'il fut élu évêque d’Elne, en 1608. Il recueillit la succession du perpignanais Onuphre Réart, qui avait été transféré sur le siège de Vich, dès les premiers jours de janvier de cette même année. Le 13 août 1608, Antoine Gallart adressa une réponse au roi qui lui avait notifié sa promotion à l'évêché d'Elne. Le 8 octobre suivant, le chapitre d’Elne lui envoya des lettres de félicitations ; ses membres se réjouissaient, disaientils, à la pensée de posséder le frère du regretté Augustin Gallart, jadis évêque nommé du diocèse. Le 3 juin 14609, Antoine Gallart prêta, par procureur, le serment requis, et le 23 août, il fit son entrée à Perpignan. Ce prélat eut à faire exécuter la cérémonie de la réunion du chapitre de Saint-Jean à celui d'Elne, récemment transféré à Perpignan. Elle eut

GALLART — GALLAY

lieu le 26 mai 1611, mais au milieu des plus graves difficultés. Des démèélés et des contestations s’élevèrent entre l’évêque d’Elne et les membres du chapitre et de la communauté ecclésiastique de Saint-Jean, à cause des moyens qu'Antoine Gallart avait pris pour les obliger à résider assidüment et à se tenir dans le chœur tout le temps du service divin. Dès le mois de novembre de cette même année, ce prélat reçut sa nomination à l'évêché de Vich, où il succéda encore à Onuphre Réart, son prédécesseur à Elne. Le 1°” décembre 1611, Antoine Gallart célébra un service funèbre à Saint-Jean pour la reine d’Espagne, Marie d'Autriche, épouse de Philippe III, morte le 3 octobre précédent. Le 14 janvier 1612. il conféra la tonsure dans la chapelle de son palais, à Perpignan, puis se rendit à Barcelone chez son frère Christophe, alors trésorier de Catalogne, pour y attendre l'arrivée des bulles pontificales. Elles parvinrent au nouvel évêque de Vich le 15 avril 1612, et le lendemain, le chanoine d’Elne, Onuphre Compter, prit possession du siège épiscopal au nom d'Antoine Gallart. Le pontificat de ce prélat ne dura qu'une année et demie. Dans le cours du mois de février 1613, Antoine Gallart assista au concile de Tarragone. Les Pères de cette assemblée ecclésiastique se préoccupèrent de la situation faite aux gens inoffensifs par des troupes de bandits qui infestaient la Catalogne.

Une fois rentré dans son diocèse, Antoine Gallart prit l'initiative de l’organisation d’une milice municipale pour la défense du droit des gens contre les malandrins. Le 11 octobre 1613, il se présenta au sein du conseil de la Ville, exposa le but de sa visite et le plan de son projet. Les paroles du prélat furent accueillies avec enthousiasme ; la création de la milice communale fut la conséquence de la démarche faite par l’évêque auprès des édiles de la cité de Vich. Antoine Gallart ne tarda pas à descendre dans la tombe. Il mourut dans son palais épiscopal, le 16 décembre 1613. Suivant les dispositions écrites dans un testament qu'il avait fait à Barcelone en 1609, alors qu'il était évêque élu d'Elne, Antoine Gallart devait être enscveli dans le couvent des Chartreux de Scala Dei, où se trouvait la sépulture des membres de sa maison. L'inhumation du prélat dans ce caveau de famille ne s'effectua qu'en 1621.

Archives des Pyr.-Or., G. 13, 241, — Puiccuns, Catalogne bio-

graph ique des évéques d'Elne. — Louis Napbau., Episropologio de Vich, Vich, Imprimerie de la veuve R. Anglada, 1904.

GALLART Y DE TRAGINER (Christophe), frère des deux précédents, fut trésorier de la Principauté de Catalogne. Des provisions royales, en date du 5 novembre 1616 l'élevèrent aux hautes fonctions de Gouverneur des comtés de Roussillon et de Cer-

mm RE EE ES F

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dagne. Il remplit cette charge durant vingt ans et eut pour successeur Hyacinthe Ferran.

Archives des Pyr.-Or., B. 384, 388.

GALLAY (Jacques -François), un des plus fameux joueurs de cor qu'on ait jamais connus en France, vint au monde à Perpignan, le 8 décembre 1795. À l'âge de dix ans, il commença l'étude du solfège sous la direction d’un musicien nommé Artus ; deux ans après, son père lui donnait les premières leçons de cor; mais il parvint surtout par ses propres efforts à développer les heureuses dispositions qu'il avait reçues de la nature pour cet instrument. Une maladie du premier cor du théâtre de Perpignan lui fournit l'occasion de se faire entendre au public. Dans une représentation des Visitandines de Devienne, il joua le solo qui s’y trouve: il obtint, en cette circonstance, un succès qui fit prévoir ceux qui lui étaient réservés pour la suite de sa carrière. Il n’était âgé que de quatorze ans; il était livré à lui-même et surtout privé de bons maîtres. Les artistes qui visitèrent Perpignan à cette époque étaient unanimes à lui conseiller de se rendre à Paris pour y suivre les cours du Conservatoire : mais l’attachement du père de Gallay pour son fils lui faisait écarter toutes sortes de propositions de ce genre. En 1818, une société musicale s'organisa à Perpignan : Gallay en fut nommé le directeur. Vers la même époque aussi, Ozy, fils de l’ancien professeur de basson s'établissait dans cette ville. Le jeune Gallay suivit ses cours et six après il exécutait à la société de musique un concerto de cor de sa composition qui fut très applaudi. Gallay était depuis deux ans à la tête de la société musicale de Perpignan, lorsqu'il alla à Paris. au mois de juin 1820. A peine arrivé à la capitale, il se rendit directement auprès de Dauprat qui l’accueillit avec bonté, tout en lui promettant de le recommander à Perne, alors inspecteur du Conservatoire. Celui-ci fit quelques difficultés pour l’admettre dans une classe d'instruments à cause de son âge ; mais il céda enfin aux instances de Gallay et le fit passer sous la direction de Dauprat. Après une année d’études seulement, le premier prix de cor lui fut décerné. En 1825, Gallay entra à l'orchestre du Théâtre Italien, après avoir été quelque temps à celui de l’'Odéon. Cette même année, il devenait membre de la chapelle royale de Charles X. Les événements de juillet 1830 avant fait supprimer cette chapelle, Gallay perdit sa position comme tous les autres artistes ; mais dés 1832, il fit partie de la musique particulière de Louis-Philippe. A la mort de Dauprat, il fut nommé professeur de cor au Conservaloire de Paris : il commença ses leçons le 16 novembre 1842, et garda ses fonctions jusqu à sa mort. Un décret roval, en date du 1% avril 845, lui

224 GALTER — GAMELIN

avait décerné la croix de la Légion d'honneur. Gallay mourut à Paris au mois d'octobre 1860. Voici en quels termes un musicologue de ses contemporains appréciait le jeu de ce virtuose : « Une belle qualité de son, même dans les notes bouchées, beaucoup de sûreté dans l'attaque, de netteté dans l’accentuation des traits, telles sont les qualités pour lesquelles M. Gallay se recommande ».

Get artiste distingué a encore légué à la postérité un certain nombre d'œuvres qui témoignent d’une facilité et d’une ampleur de composition dignes du maëstro le mieux inspiré. Les amateurs de bonne musique nous sauront gré de leur fournir le titre de quelques-unes des compositions de Gallay :

Concerto en fa, op. 18. Paris et Leipsick ;

Rondeau pastoral pour cor et orchestre, op. 6, Paris Letter ;

Plusieurs fantaisies pour cor et orchestre ou piano ;

Plusieurs soli, idermn ;

Trente éfudes pour cor-solo, précédées d’une gamme enharmonique avec des signes indiquant les mouvements de la main du pavillon, op. 13;

Douze duos concertants pour deux cors, op. 2, Paris, Pacini ;

Douze nocturnes brillants et faciles pour deux cors, op. 3, ibid. ;

Plusieurs duos pour cor et piano, ou cor et harpe ;

Préludes mesurés et non mesurés, op. 27, Paris, Colombier :

Douze grands caprices, op. 32, ibid. ;

Douze duos, op. 14, ibid. ;

Nocturne concertant avec piano, op. 39, ibid. ;

Grand qualuor pour quatre cors en différents tons, Op. 26, ibid. ;

Exercices dans tous les tons majeurs et mineurs, op. 37, Paris, Schonemberger ;

Douze grandes éludes brillantes, op. 43, ibid. ;

Douze éludes pour le deuxièrne cor, op. 57, ibid. ;

Méthode complète de cor, ibid.

Féris, Biographie universelle des musiciens. — Arthur Pouaix, Supplément à la Biographie universelle des musiciens. — Hugo RiEManx, Diclionnaire de musique. — G. VAPEREAU, Dictionnaire des contemporains.

GALTER, religieux dominicain, fut élu évêque d'Elne en 1217, et sacré à Rome, la même année. par le pape Honorius IIT. La même année encore, par le conseil de cet évêque et par celui de ses barons, Nunyo-Sanche, seigneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne, publia de nouveaux statuts de paix - et trêve dans les diocèses d’Elne et de Cerdagne et confirma ceux de ses prédécesseurs, les rois d’Arason. Galter est encore mentionné le 8 mai 1221 dans les archives du chapitre de Narbonne.

Marca hispanica, col. 523. — Pucca. Catalogue biographique des évêques d'Elne.

GALTIER (Jean-François-Auguste), naquit à Saint-Martin de Brousse (Aveyron) le 26 juillet 1799. Après avoir été successivement vicaire de Saint- Amans, professeur de philosophie au collège de Villefranche, aumônier du collège royal de Rodez, il fut appelé par Jean de Saunhac-Belcastel, évêque de Perpignan, à diriger le Grand-Séminaire de ce diocèse. Ce prélat utilisa la rare aptitude administrative du nouveau supérieur, et, tout en lui laissant la direction du séminaire, il le nomma son vicaire-général. Premier archidiacre du diocèse, dès l’année 1842, l’abbé Galtier partagea le fardeau de la charge épiscopale que l’âge avancé de l’évêque de Perpignan rendait plus lourde. En 1853, à la mort de Jean de Saunhac-Belcastel, le chapitre de la cathédrale Saint-Jean nomma l'abbé Galtier premier vicaire capitulaire. Dans chacun de ses postes, Jean- François Galtier justifia la confiance qu'on lui avait témoignée. Il sut conquérir l'estime de Gerbet, qui, à son arrivée dans le diocèse de Perpignan, lui continua le titre et la charge de vicaire-général. Jean- François Galtier fut nommé évêque de Pamiers, le 7 avril 1856, préconisé le 21 juin suivant, et sacré à Toulouse par l'archevêque de cette ville, Mioland, le 10 août de la même année. Le nouveau pontife, oubliant les divisions qui avaient régné dans son clergé diocésain, parvint bientôt à rétablir l’union et la paix autour de lui. Il avait conçu un projet dont l'exécution lui coûta la vie. Malgré la difficulté des communications dans un pays de montagnes, il résolut de voir, en deux années, tout son diocèse, paroisses, églises et presbytères. De fréquentes indispositions ne purent arrêter son élan. Encore deux jours et il aurait eu accompli sa tâche. Des souffrances atroces le forcèrent à rentrer tout-à-coup dans sa ville épiscopale. Îl expira, une semaine après, le 29 juin 1858, après un épiscopat de moins de deux ans. Il fut inhumé dans la cathédrale de Pamiers. Ses armoiries étaient : d’or à la croix paltée de gueules, laillé d'azur à l'agneau d'argent, la léte contournée el nimbée, avec la devise : Juslitia et pax.

Pisant, L'Episcopal français depuis le Concordal jusqu'à la

séparation. — Abbé CoLomEr, Vie de l'abbe Jean-François Metge, Perpignan, 1903.

GAMELIN (Jacques), naquit à Carcassonne le 3 octobre 1738. Il fut d’abord placé chez Puymaurin, syndic général des états du Languedoc, qui, s'apercevant que son employé, au lieu de copier des états, ne s’occupait qu'à faire des dessins, décida sa famille à le laisser suivre sa vocation. Gamelin fut envoyé à l'Académie royale de peinture de Toulouse. Après avoir travaillé à Toulouse dans l'atelier de Rivals. il se rendit à Paris où il remporta le grand prix de peinture. Il alla ensuite à Rome étudier les

GANTERERS — GARCIAS

<hefs-d'œuvre des maîtres sous l’habile direction de Vien et de David. On le trouve encore dans cette ville, en 1771, pourvu du double titre de professeur de l’Académie de Saint-Luc et de peintre du pape Clément XIV. En 1774, Gamelin fut nommé professeur à l’Académie de Toulouse. Deux ans après, il était directeur de l’école de peinture de Montpellier. [Il occupa ce poste jusqu’au moment de la Révolution. En 1784, Gamelin vint à Perpignan pour exécuter les deux tableaux et les peintures murales que l’on voit encore de nos jours dans la chapelle de l’Immaculée-Conception, à la cathédrale Saint-Jean. Cette œuvre est d'autant plus précieuse qu'en fait de fresques ou de peintures murales anciennes, c'est la seule composition de haut style que l'on puisse citer, non-seulement dans l’église Saint-Jean, mais encore dans toutes celles de Perpignan et du département. Les plans et projets de ces peintures, arrêtés en septembre 1784. furent considérablement modifiés dans le cours de l’année suivante, époque où ils furent définitivement arrêtés et mis à exécution. Les deux tableaux représentent le mystère de la Pentecôte et la scène de Jésus au Temple. La chute des anges rebelles fait le sujet de la fresque. Ces divers travaux qui coûtèrent quinze cents livres ne furent pas terminés avant 1790. Gamelin adressa aux membres du district de Perpignan une réclamation tendant à se faire solder sept cent cinquante livres qui lui étaient dues. Le conseil fit droit à sa demande, le 7 avril 1793, et les honoraires lui furent intégralement payés. Vers la même époque, Gamelin peignit le plafond de la chapelle du Tiers-Ordre de Saint-Dominique, convertie actuellement en magasin du génie militaire. C’est dans cette église que furent jugés, en 1846, les brigands catalans si connus dans le pays sous le nom de Trabucayres. Le Musée de Perpignan possède entre autres tableaux de valeur de Gamelin un Christ expirant. On remarque dans le transept de gauche de l'église Saint-Jacques de cette même ville une Cène peinte par Gamelin, tableau récemment classé dans la liste des monuments historiques. Durant les guerres de la Révolution. Gamelin avait été attaché comme peintre à l’armée des Pyrénécs- Orientales que commandait Dugommier. Il avait le rang et les appointements d’un capitaine de génie. On trouve à l'hôtel de la Préfecture quatre tableaux de Gamelin qui se rapportent à cette époque et qui offrent un intérêt local autant qu’artistique : le camp de l'Union, la Balaille de Peyrestortes, les portraits des généraux Dagobert et Dugommier que la gravure a souvent reproduits et que le gouvernement fit copier pour Versailles. Ces toiles sont des esquisses ; elles n'ont pas les qualités essentielles qui caractérisent l’œuvre de Detaille, mais elles constituent

plutôt des documents historiques. Après la Révolution. Gamelin rentra dans son pays natal. Jusqu'à sa mort, survenue le 22 octobre 1803, il occupa la chaire de professeur de dessin à l'Ecole centrale de l'Aude.

On conserve de lui, au Musée de Toulouse, deux beaux et grands dessins au lavis ayant pour sujet : l'un Achille traînant le corps d'Hector autour des remparts de Troie ; l’autre Ulysse massacrant les prélendants de sa femme. Gamelin publia à Toulouse, en 1779, un nouveau recueil d'ostéologie et de myologie, pour l'utilité des sciences et des arts, en 2 vol. in-folio avec 100 planches et texte.

Hœrer, Nouvelle biographie générale. — Crouvcnanpeu, Cala-

logue raisonné des objets d'art du Musée de Perpignan. — Semaine religieuse du diocèse de Perpignan, 18176.

GANTERERS (Pierre), fondeur de cloches de Perpignan, passa un contrat, le 29 juillet 1523, pour la fonte de deux cloches, l'une de quatre quintaux et l’autre de trois, destinées à l'église Saint-Cyprien.

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

GARAU (Joseph), peintre de Perpignan, exécuta, en 1644, les peintures du retable de l'autel de la Conception, à Camélas, et, en 1646, celles du retable de Saint-Gaudérique à l'église de la Réal.

Archives des Pyr.-Or.. G. 446, 740.

GARCIA, moine de Saint-Michel de Cuxa, a écrit: Epistola de initiis monasteriü Cuxanensis et de reliquiis ibidem cusloditis ad Olivam Ausonensem episcopum, an 1040.

TorREs-AMAT., Diccionario crilico de los escritores catalanes.

GARCIAS (Laurent-André-Antoine) naquit à Saint-Laurent-de-Cerdans, le 4 novembre 1779. Il s'établit comme banquier en Espagne où il fit fortune, puis revint en France, au début de la campagne d'Espagne. Il était riche propriétaire à Saint-André, lorsqu'il fut élu député de l'arrondissement de Céret, le 23 juin 1830. par 213 voix sur 402 votants. Arrivé à Paris le 25 juillet suivant. Laurent Garcias fit partie des réunions Casimir-Périer, Andry de Puvyravault et Laffitte. Nommé chevalier de la Légion d'honneur, après les journées de juillet, Garcias fut rééln député, le 5 juillet 1831, par le deuxième collège électoral des Pyrénées-Oricentales (Céret), sans concurrent par 85 voix sur 88 votants et 151 inscrits. Le 22 juin 18:44, il fut réélu par 94 voix sur 131 votants et 164 inscrits contre Amédée Pagès, avocat, maître des requêtes au Conseil d'Etat. Aux élections du 6 novembre 1837, Laurent Garcias recueillit 138 voix contre 27 suffrases qui furent exprimés en faveur de Ribes, professeur de médecine à Montpellier. Le 2 mars 1839, il

226 GARDELLE — GARRIGA

fut réélu par 125 voix contre 34 qui se portèrent sur le nom de Ribes. Nommé encore député, sans concurrent, le 16 juillet 1842, par 153 suffrages sur 154 votants et 216 inscrits, Garcias battit aussi François Arago, le 1° août 1846. Lors de cette dernière élection, l'illustre astronome ne récolta que 90 voix, tandis que Laurent Garcias obtint 125 suffrages. A la Chambre, Laurent Garcias fut un ministériel docile. Cependant il s’abstint lors du vote sur les députés fonctionnaires et vota contre l'indemnité Pritchard. Les services qu'il rendit aux libéraux espagnols, émigrés en France, lui valurent, de la part de la reine Christine, la croix de commandeur de l’ordre de Charles IIT. Laurent Garcias mourut à Perpignan, le 14 septembre 1859.

ROBERT, BOURLOTON et Coucxx, Dictionnaire des Parlemenlaires. — Horace CHauver, Histoire du parti républicain dans les Pyrenees-Orientlales.

GARDELLE (Jean), né à Rivesaltes en 1693, fit son apprentissage de fondeur de cloches chez Jean Riu, en 1709. Le 6 janvier 1722, on le trouve qualifié de maître fondeur de la ville de Perpignan.

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

GARDIA (Antoine) était peintre à Perpignan au temps de la domination du Roussillon par Louis XI.

Archives des Pyr.-Or., B. 326.

GARI (Barthélemy), changeur ou riche banquier de Perpignan, fit des avances d'argent, en 1384, à l’Infant Jean, duc de Gérone, à l’occasion de son mariage avec Yolande, fille du comte de Bar. Ce prince lui emprunta, notamment, une somme de 33.072 livres à raison de onze sous au florin. Pour désintéresser ses créanciers, l’Infant vendit à Barthélemy Gari, avec clause de rachat facultatif, ses seigneuries de Thuir, le Boulou et Montesquieu, au prix de 24.241 livres 12 sols 11 denicrs. Devenu seigneur féodal de Thuir, dont les habitants lui prêtèrent serment de fidélité en 1388. Barthélemy Gari aliéna bientôt un quart de ses droits en faveur de la ville de Perpignan, pour cent dix mille sols barcelonais, laissant les trois autres quarts à son épouse Marguerite. qu'il constilua tutrice de ses enfants mineurs. Celle-ci était veuve en 1394. Par le mariage d’une de ses filles, cette part passa à Ermengaud Marti, d’une bonne famille bourgeoise de Perpignan, qui se fit reconnaître de ses vassaux en 1405. Cette situation ne cessa qu'en 1419 par le rachat des droits jadis cédés à Barthélemy Gari, qui fut opéré à l’aide de la subvention de cent mille livres votée par les Corts de Catalogne pour la réunion à la couronne des droits domaniaux aliénés. Le financier Barthélemy

Gari avait vendu le château de Montesquieu à Béren-

| ger d'Oms.

Archives des Pyr.-Or., B. 142, 190, 207, 214, 269.

GARMA (François-Xavier), catalan d'origine.

fut archiviste de la couronne d'Aragon, à Barcelone. En 1753, il publia : l’Adarga catalana arte heraldica y practiras, reglas del blason con ejemplos de los pie:as, esmalles y ornalos de que se compone un escudo, Barcelone, Imprimerie de Maur Marti. Cet ouvrage qui est dénué de critique contient, toutefois, sur certaines familles de Catalogne, quelques données historiques dignes d'intérêt.

TORRES-AMAT, Diccionario critico de los escritores catalanes.

GARRIGA (Sébastien) prit le doctorat en théologie à l'Université de Perpignan, sa ville natale. Il était, en 1653, chanoine péuitencier du chapitre de Saint-Jean, chancelier de l'Université et vicaire capitulaire du diocèse, sede vacante. Sur une plainte que Sagarre porta contre Sébastien Garriga. le cha-

pitre d’Elne le dépouilla de sa charge pour en inves-

tir Jérôme Lléopart (novembre 1653). Un mois plus tard, les chanoines de Saint-Jean révoquèrent le nouvel élu et mirent de nouveau Sébastien Garriga en possession du titre de vicaire capitulaire ; au mois de février 1655, ils le pourvurent du grand archidiaconé d’Elne, en remplacement de Michel Mongay

décédé. En 1656, l'édition du rituel diocésain étant.

épuisée. Sébastien Garriga en publia une nouvelle, à Narbonne, en son nom et au nom du chapitre. Le titre de ce livre liturgique est ainsi conçu : Ordo Ecclesiæ sacramenla pluresque alios solemnes ecclesiaslicos rilus adminislrandi ex Elnensis ecclesiæ rilu. Narbonne, L. Ciurot. 1656. Il existe, à la suite de cette intitulation, une préface latine sortie de la plume de Sébastien Garriga. Un procès fut instruit en cour de Rome contre Lléopart ; mais la congrégation des évêques et réguliers rendit un décret, le 31 mars 1656, maintenant Jérôme Lléopart dans ses fonctions de vicaire capitulaire. Un an après, le chapitre d'Elne déposa Lléopart pour la seconde fois et le remplaça par Garriga. Une nouvelle décision survint de Rome, le 5 octobre 1657, qui confirma celle du 31 mars 1656. Mais les membres du chapitre ayant fait appel de la dernière décision à la congrégation mieux informée, se virent excomimuniés par Lliéopart. Ils ne tardèrent pas à faire acte de soumission à ce dernier qui les releva de leur excomimunication, le 24 novembre 1659. En 1658, Louis XIV avait présenté à l'agrément du Pape la nomination de Vincent de Margarit, comme évôque d'Elne. Alexandre VIT se refusa à préconiscer l'évêque nomimé, parce qu'un concordat réglant la nouvelle situation religieuse du Roussillon

GARRIGO — GASSIES

n'était point intervenu entre le roi de France et le pouvoir romain, après le Traité des Pyrénées. Le 12 août 1661, la congrégation des évêques et réguliers rendit à Lléopart son titre de vicaire capitulaire du diocèse d’Elne. Les chanoines de la cathédrale de Perpignan intentèrent un nouveau procès à Jérôme Lléopart, le déposèrent et élurent à sa place le chanoine Quéralt, l'aller ego de Garriga. De nouvelles discussions surgirent entre le chapitre et Lléopart, et le 30 juillet 1666, les chanoines acclamèrent Garriga comme vicaire capitulaire ; mais un arrêt du Conseil d'Etat, en date du 14 octobre 1666, maintint Lléopart dans ses fonctions de vicaire capitulaire, et le 5 août 1667, Roma ratifia les décisions royales. Le chanoine Sébastien Garriga devint vicaire général du diacèse. lors de la nomination de Jean d’Estampes, à l'évêché d'Elne. Comme tel il autorisa, le 10 février 1678. la fondation à Millas de la confrérie de la Minerve. Archives des Pyr.-Or., G. 53, 136, 259. 811. — Abbé ToRREILLES,

La Vacance du siège d’Elne, dans le XLI° Bulletin de la Societe Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.

GARRIGO (François), né à Perpignan vers la tin du xvu: siècle. fit ses études dans l'Université de cette ville. Il quitta de bonne heure le lieu de sa naissance, et se rendit à Barcelone, où il enseigna les humanités et la rhétorique durant treize années consécutives. À peine promu à la prêtrise, il se livra sans réserve aux pénibles fonctions du ministère apostolique. et fut bientôt placé à la tête des missions de la province de Catalogne. où il eut de fréquentes occasions de faire éclater son zèle. Il joignit toujours à ses exhortations la pratique la plus austère de ses devoirs ; animé d’une charité vive, il prodiguait ses secours aux malheureux ; il partagea son temps entre le ministère de la chaire, le tribunal de la pénitence et les visites des malades, des hôpitaux et des prisons. IL mortifia son corps par des austérités ; son humilité lui fit refuser les dignités ecclésiastiques auxquelles on voulut plusieurs fois l'élever ; il répétait souvent ces paroles de Cicéron : Alieno oneri est honori inservire. Garrigo fut cependant forcé, après beaucoup de refus, de remplir les fonctions d'examinateur synodal du diocèse de Barcelone et de théologal de la Nonciature d’Espagne. Il accepta aussi à grand peine du marquis de Villena, vice-roi de Catalogne, d'être le vicaire général de ses armées. Il obtint toutefois de ce dernier l'interdiction des mascarades, surtout la nuit.

Garrigo fonda, en 1689, la congrégation de Notre- Dame des Douleurs à Vich, et à Mataro le petit oratoire de Saint-Philippe de Néri et diverses autres bonnes œuvres. Il prècha à partir de 1707 et durant cinq années consécutives les exercices de la retraite ecclésiastique au clergé de Barcelone avec grand

zèle et beaucoup de fruits. Il donna ensuite des missions et se tint sans relâche ou à la chaire ou au confessionnal. Garrigo était très consulté à cause de son savoir. Son humilité ne permit jamais que les solutions écrites de sa main en réponse aux cas de conscience qui lui furent soumis vissent le jour. Avant sa mort, il donna ordre de les brûler. Accablé d'infirmités, il succomba à son zèle et à l'excès de son travail. Il mourut au mois d'avril 1745 et fut enterré dans l’église de Saint-Philippe de Néri. Cet oratoire, à l'établissement duquel il avait beaucoup contribué et qui avait été souvent le théâtre de son apostolat, conserva en dépôt le corps de celui quien avait été le principal ornement. On lui fit. dans cette église, des funérailles magnifiques, ct son oraison funèbre y fut prononcée par le docteur Salva, au mois de juin suivant. Outre les Consultations qu'il avait écrites et qui n'existent plus, Garrigo composa une Oraison funèbre de la reine Marie-Anne d'Autriche prononcée en 1696, une Oraison funèbre du P. Minuesa, prêchée en 1697. et l’Oraison funèbre de l'archidiacre majeur de Barcelone Francois Senjust, prononcée en 1708.

Annuaire de 1834. — ToRRES-AMaT, Diccionario critico de los escrilores calalanes.

GARRIUS (Jean) fut nommé par le roi d'Aragon Jean [° régent de la trésorerie royale. Il fut spécialement chargé de la conservation générale des rentes, possessions. revenus, anniversaires, bénéfices ecclésiastiques et autres fondations ou œuvres pies dans les églises. Une lettre que Jean I‘ lui écrivit en 1389, lui donna mission de percevoir les sommes encore dues en Roussillon et Cerdagne pour les décimes que les souverains pontifes lui avaient concédécs ainsi qu'à son père Pierre le Cérémonieux. Jean Garrius obtint de ce prince la concession des seigneuries de Formiguères et de Matemale. Son épouse Alamanda acquit par voie d'achat, au nom de son fils Hippolyte. les justices des lieux de Saint-Hippolyte et de Garrius. En 1393. Jean I‘ éleva Jean Garrius à la dignité de procureur royal, en remplacement de Guillaume Miro, démissionnaire, lequel conserva toutefois la jouissance viagère du château royal de Perpignan. Mais à la mort du roi d'Aragon, une enquête testimoniale fut ouverte qui convainquit Jean Garrius d'abus de pouvoir, extorsions et actes frauduleux. Son fils, Hippolyte Garrius, continua à posséder le pouvoir juridictionnel sur les seigneuries de Saint-Hippolyte et de Garrius.

Archives des Pyr.-Or., B. 147. 150. 169, 185. 187, 190, 276, 346. GASSIES (Jean) était prévôt de la corporation

des peintres de Perpignan en 1423.

Archives des Pyr.-Or., B. 220.

GASTU (Gaudérique-André-Joseph), général

de division, né à Banyuls-dels-Aspres, le 27 novembre 1802, mort à Constantine le 9 août 1859. Engagé volontaire le 1" août 1823, il conquit rapidement les premiers grades dans l'administration militaire. Après avoir fait les deux campagnes d'Espagne et de Morée (1823 et 1828) il prit part à l'expédition d'Alger. En 1831, dans un combat autour de Blidah, il mit en fuite une bande d'Arabes qui venaient de tuer tous les servants d'une pièce de canon, en la retournant contre eux. Instruit de ce fait d'armes, le maréchal Clauzel demanda à Gastu la récompense qu'il désirait. « L’épaulette de souslieutenant », répondit-il, et il fut aussitôt versé avec ce grade au 1°” chasseurs d'Afrique, à la création même de ce régiment. En 1833, à la suite d'une action d'éclat où il fut grièvement blessé, Gastu fut cité à l'ordre du jour de l’armée et nommé lieutenant. Capitaine aux spahis réguliers d'Alger le 31 décembre 1834, il fut cité à l’ordre du jour de l’armée le 11 octobre 1835 et le 4 janvier 1836. Au mois d'avril 1836, le maréchal Clauzel marchait sur Médéah pour enlever le col de Mouzaïa ; ses troupes eurent de rudes combats à livrer aux Arabes qui défendaient les positions. Le capitaine de spahis Gastu. lancé en avant avec les goums des Aribs dont on lui avait confié le commandement, était tout à coup abandonné avec la plupart de ses gens et aussitôt l'ennemi se ruait sur lui pour l'enlever. Le maréchal, voyant la position critique de cet officier, dit à son état-major : « Allons, Messieurs, cravachez les pouilleux ». L'entourage du maréchal chargea aussitôt, au nombre de dix-sept cavaliers. Il n'y avait pas de temps à perdre ; Gastu la figure ensanglantée d’un coup de feu qui avait traversé les deux joues et brisé la mâchoire, gisait à terre et déjà les Arabes, sabre au poignet, sc disposaient à l’achever. À ce moment, le capitaine entendit une voix amie qui lui cria: « Courage, Gastu ! Je suis à vous ». Aussitôt, un jeune homme portant la tenue de sous- ‘lieutenant de la milice à cheval d'Alger, tomba sur les Arabes et arracha de leurs mains Gastu qu'il saisit et l’emporta au galop de son cheval, pendant que les capitaines Richepanse et Vallabrègue sabraient de droite à gauche l'ennemi, pour protéger le jeune milicien et son précieux fardeau. En un clin d'œil, quatorze hommes ou chevaux étaient blessés dans le groupe des officiers, mais Gastu était sauvé. Le sauveur de Gastu était Léon Roches, qui mourut en 1900 dans sa 92° année au château de Tourrel, près de Bordeaux. Il était traducteur assermenté pour la langue arahe et sous-licutenant de la milice d'Alger, nom qu'on donnait alors à la garde nationale en Algérie. Gastu fut cité à l'ordre du jour de l'armée le 10 avril 1836, et nommé

GASTU

chevalier de la Légion d'honneur le 30 août suivant. Il passa, le 20 novembre 1839, au 1” régiment de chasseurs d'Afrique et se fit particulièrement remarquer le 28 mai 4840 pendant l’expédition de Médéah. Il se distingua également dans un combat livré aux Arabes le 1” juillet 1842 sur les Hauts-Plateaux, au sud de l'Ouar-Senis (province d'Alger). Major aux spahis le 22 juillet 1842 et au 1° régiment de chasseurs d'Afrique, le 3 octobre 1844, Gastu fait toutes les campagnes d'Afrique. Chef d’escadron le 9 janvier 1845, au 2° régiment de chasseurs d'Afrique, il fut promu lieutenant-colonel le 28 août 1846, au régiment de lanciers. et coloncl au 3° régiment de dragons le 1” mai 1846. Gastu fut appelé à Paris pour y réorganiser l’ancienne garde municipale désignée depuis cette époque sous le nom de Garde Républicaine. Promu officier de la Légion d'honneur le 6 mai 1850, Gastu fut le premier colonel de ce corps d'élite et occupa ces fonctions délicates au moment du Coup d'Etat du 2 décembre. Général de brigade le 28 décembre 1852, il reçut le 6 février 1853 le commandement de la subdivision d'Oran. Gastu fut promu commandeur de la Légion d'honneur le 114 août 1855. IL commandait la subdivision de Médéah lorsqu'en 1857 il fut mis à la tête de la 1" brigade de la 4° division (général Yusuf) composant avec les divisions Renault et Mac-Mahon l’armée chargée, sous les ordres du maréchal Randon, de soumettre la grande Kabylie. Sa brillante conduite lui mérita une nouvelle citation à l’ordre général de l’armée. Il assura, en effet, le succès du combat du 24 mai contre les Beni-Raten et eut son cheval tué sous lui, le 25 juin à l'attaque du village d’Aït-el-Hassein. Emile Carret a retracé dans son livre Récits de Kabylie (Michel Lévy frères, 1876) les brillants épisodes de cette belle campagne. Le général Gastu, promu divisionnaire, reçut le commandement de la province de Constantine, où il'esl décédé le 17 octobre 1859, succombant aux fatigues des préparatifs de la guerre d'Italie qui avaient occasionné la réouverture de sa blessure reçue en 1836. Son corps repose au cimetière de Constantine. Le général Gastu a laissé une réputation d'adminis-

trateur consommé, de cavalier intrépide et de chef

militaire de grande valeur. Son nom a été donné à une commune de plein exercice, entre Jemmapes et Guelma, à cinquante-sept kilomètres de Philippeville.

Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.

GASTU (François-Joseph}), homme politique, né à Sorède le 18 novembre 1834, fit ses études au Lycée de Lyon et obtint à Paris le diplôme de licencié en droit, le 27 août 1856. Inscrit au barreau de Paris, Le 1°” mai 1857, il fut invité par son oncle,

ri

GAULCEM 229

le général Gastu, qui commandait la division de Constantine, à venir lui rendre visite et à profiter de cette circonstance pour parcourir l'Algérie. Débarqué à Philippeville, il eut l’occasion de faire la connaissance de brillants officiers qui formaient l'état-major du général et qui ont laissé de grands noms dans l’histoire contemporaine (Chanzy, Billot, Saussier). Séduit par la beauté de la capitale algérienne, Gastu y revint l’année suivante el s’y fit inscrire au barreau le 16 décembre 1859. Il épousa, le 22 février 1862, l’ainée des enfants de M. Auguste Bourgoeois, un des premiers français débarqués sur la terre algérienne après la conquête, qui avait joué un rôle actif dans l'administration de la cité naissante. Gastu occupa au barreau d'Alger une place importante due à son talent de parole et à ses connaissances étendues. La confiance qu'il inspirait lui valut les fonctions de juge suppléant à la Justice de Paix d'Alger. L'Empire lui offrit un poste de Juge au tribunal de première instance d'Alger. Gastu refusa cette faveur ; il trouva plus tard sa place parmi ceux qui proclamèrent la République à Alger, le 4 septembre 1870. Elu membre du Conseil municipal, un décret du 2 décembre 1871 l’appela aux fonctions de premier adjoint. Le maire d'Alger ayant été nommé député à l'Assemblée nationale, Gastu le remplaça et pendant cinq années administra la ville avec un tact ct une fermeté qui lui valurent bientôt une grande popularité. Il devint, en 1871, membre du Conseil général, qui le choisit comme président. Ce conseil ayant été dissous, Gastu fut renommé conseiller général en 1872 et maintenu par ses collègues au fauteuil de la présidence. Lors des élections du 20 février 1876, il se présenta dans la circonscription d'Alger. Elu député par 8.822 voix, il alla siéger à gauche, dans le groupe de l'union républicaine, aux côtés de Gambetta dont il fut un des licutenants les plus actifs. Il prit part à toutes les discussions générales intéressant l'Algérie et présenta de nombreux amendements et projets de loi sur les questions douanières, de chemin de fer, d'administration, etc. Au 16 mai, il signa «la protestation des gauches » et, le 19 juin suivant, il fit partie des 363 qui votèrent l’ordre du jour de défiance contre le ministère Broglie-Fourtou. Après la dissolution de la Chambre des députés, il posa de nouveau sa candidature à Alger et fut réélu le 14 octobre 1877. Son influence sur la politique algérienne fut des plus utiles pendant cette période troublée.

À la suite de son intervention à la Chambre au sujet de la politique du gouverneur général de l'Algérie de l’époque, Albert Grévy, et à l'occasion de l'insurrection fomentée par le célèbre Bou- Amana dans le Sud-Oranais, il eut à combattre les influences du gouvernement. Les élections du

mois d'août 1881 se firent sur la question de l’autonomie et du rattachement des services algériens à la métropole. Gastu était partisan de la suppression du gouvernement général, de la division de l'Algérie en un certain nombre de départements et de l'extension de la représentation algérienne. Le département d'Alger, dont il était toujours jusqu'alors l'unique délégué au Parlement, fut scindé en deux circonscriptions, comme d’ailleurs ceux d'Oran et de Constantine. Gastu se représenta dans les deux à la fois et fut mis en minorité. Il avait été, en même temps que député, président du Conseil général ; il renonça à tous ses mandats politiques et se retira à Paris. Il ne cessa cependant de s'intéresser aux progrès de la colonie; il ÿ apporta le concours de toutes ses facultés. Il fut appelé à la tête du Crédit Foncier d'Algérie, de la Société immobilière d'Alger, de la Compagnie des chemins de fer sur route, etc. Puis, jugeant que le bien-être d’un peuple naissant ne réside pas sculement dans ses progrès économiques, qu'il importe de le compléter ct de l'améliorer par une éducation morale, il se consacra à tout ce qui peut assurer le développement des arts et des lettres: Société des Beaux-Arts, Alliance française, Société d’études algériennes, Amis de l'Université, Association des Roussillonnais. Il mourut à Paris le 4 octobre 1908.

Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.

GAUCELM, fils de saint Guillaume, est le premier conte de Roussillon, dont il soit fait mention. Il est nommé le second parmi les comtes auxquels Charlemagne adresse son ordonnance du 2 avril 812, en faveur de quelques espagnols réfugiés dans ses états. Ce seigneur possédait, en 813, outre le Roussillon, le comté d'Ampurias. Louis-le-Débonnaire lui ôta ce gouvernement. en 830. pour le punir d’avoir trempé dans la conspiration de son père Bernard, duc de Septimanie. Il rentra bientôt en grâce auprès de l'Empereur, et fut, en 834. victime de sa fidélité à le servir ; car ayant vaillamment défendu Châlonssur-Saône contre les troupes de Lothaire, il fut pris et décapité par les ordres de ce fils rebelle.

De Gazaxyoza, Hisloire de Roussillon.

GAUCELM (Jausbert), peintre de Perpignan, conclut un marché, le 15 novembre 1424, avec la confrérie de la Vierge et de Sainte-Anne de l'église de Céret pour la construction du retable de l'autel de cette confrérie. En 1426, il s engage à fabriquer le retable de l’église de Saint-Saturnin de Bouled'Amont. De concert avec un autre peintre nommé François Ferrer, il fit un phare ou faraho pour la tour de Port-Vendres. Ün acte du procureur royal

ratifia la nomination de Jaubert Gaucelm au bailliage de Vingrau qu'avait faite le cardinal de Mont-Aragon, propriétaire des biens et des revenus de l’abbaye de Fontfroide en Roussillon. |

Archives des Pyr.-Or., B. 201, 209, 220, G. 731, 762.

GAUSBERT, fils de Suniaire II, comte héréditaire du Roussillon, et d'Ermengarde, son épouse, recueillit, de pair avec son frère Bencion, la succession paternelle dans le comté de Roussillon. Bencion mourut quelque temps après Suniaire IÎT et Gausbert se trouva ainsi seul maître de tousles domaines qu’il avait possédés par indivis avec son frère. Il assista le 1° septembre 917 à la consécration de l’église d'Elne faite par Helmérade, son frère, évêque d’Elne, assisté des évêques de Carcassonne, de Gérone et de Carpentras. À cette occasion, il offrit à sainte Eulalie, patronne de l’église et du diocèse d’Elne, son alleu de Mudagons. En 924, les Hongrois, après avoir ravagé la Lombardie, franchirent les Alpes, traversèrent le Rhône, pénétrèrent jusqu'aux environs de Toulouse, dévastant le pays et commettant toute espèce de cruautés. Une épidémie fit périr une partie de ces barbares, et le marquis de Gothie, Raymond Pons, ayant assemblé des troupes de divers côtés, réussit à les expulser de toutes les parties de sa province. C'est, peut-être, par quelque exploit contre ces Hongrois, que Gausbert mérita le titre de héros triomphant qu’on lui donnait dans une inscription gravée sur la porte de Saint-Martin, une des églises d'Empories. On ignore l’époque de sa mort. On sait qu'en 935, il fit quelques dons au monastère de Saint- Cyr de Cullera. Gausbert eut de sa femme Trudgarde, un fils nommé Guifred ou Gauzfred qui lui succéda dans les comtés de Roussillon et d'Empories, avant l'an 943.

Puiccari, Catalogue biographique des évêques d'Elne. — DE (sazANYOLA, Hisloire de Roussillon.

GAUSBERT, abbé d'Arles, appela, le 4 janvier 1010, l’évêque d’Elne Oliba pour consacrer à Montoriol l'église de Saint-Michel et celle de la Sainte Vierge. L'année suivante, il obtint une bulle de protection du pape Serge IV. Ce prélat siégeait encore en 1012.

Gallia christiana, t. VI, col. 1085-1086.

GAUSBERT, prieur de Saint-Michel de Cuxa. fut élevé à la dignité abbatiale dans ce même monastère en 1252. Le 15 mai de cette année-là, il reçut l’engagement de Sahilda, baron de Castellfollit et de Montagut qui déclara vouloir se vouer à l'exercice de la charité, en remplissant dans le couvent de Cuxa la charge d'hospitalier. Gausbert écrivit au Souverain Pontife pour lc prier de dispenser ses religicux de

GAUSBERT — GAUSFRED

l’observance de certains statuts imposés par Grégoire IX. Ces points de discipline monastique ne faisaient pas partie intégrante de la constitution de la règle bénédictine. Innocent IV obtempéra à la supplique de Gausbert, et, par une lettre datée du 26 mai 1252, lui accorda le pouvoir de relever librement de leurs irrégularités les moines qui avaient encouru des peines canoniques par la transgression des statuts pontificaux. Le 12 avril 1253, Gausbert publia des ordonnances instituant la célébration d’un synode annuel auquel devaient assister les ecclésiastiques qui dépendaient de la juridiction de l’abbaye de Cuxa. Cette réunion devait se tenir dans l’église de Saint-Vincent de Ria, le mercredi qui suivrait la fête de Pâques. Gausbert mourut en 1264.

Abbé For, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa.

GAUSBERT ou GAUSIBERT, né à Pollestres, fut élu, en 1212, abbé de Saint-Génis-des-Fontaines.

Il resta à la tête de cette abbaye bénédictine durant

l’espace de vingt-deux ans, ainsi qu’en témoigne une inscription tumulaire qu'on aperçoit dans le cloître, à l’entrée de l’église. Cette épitaphe apprend que Gausibert se recommanda par sa charité et son désintéressement. Elle est ainsi conçue:

Abbas Gausibertus jacet hic bonus et benè certus, Moribus ornatus Pollestris in opido natus ;

Vita fuit cuius orbis salus et decus huius.

Dando gaudebat, proprium sibi non retinebat Set (sic) dabat absque mora miseris sua qualibet hora. Moribus hornavit (sic) socios quos semper amavit, Et mundanorum crevit pro posse bonorum.

Annis terdenis acto minus ordine plenis,

Dux fuit ecclesie, complens documenta sophie. Anno milleno bis C ter X bisque secundo,

Eius novembris IIII° KLS. mors data membris.

Quæsumus o XPE, tecum congaudeat iste :

Quod ut concedat Pater noster quislibet dicat. Quod es fui, quod sum eris, vigila ne devoreris.

Gallia chrisliana, VI, col. 1105-1106. — L. DE BonNrroy, Ep graphie roussillonnaise.

GAUSFRED 1, GAUZFRED 1! ou GUIFRED !

prenait le titre de comte d'Empories, Pierrelate et Roussillon par la grâce de Dieu. Le roi Lothaire dans une charte de 981 l’appella duc et ami et lui accorda un vaste terrain inculte entre Collioure et Banyuls. Il l’'appella encore duc de Roussillon dans une charte où, à sa prière, il prit sous sa protection le monastère de Saint-Génis-des-Fontaines. Gausfred eut d'Are, morte en 961, trois enfants: Hugues, l'aîné, posséda le comté d'Empories ; Suniaire fut évêque d'Elne ; et Guillabert hérita le comté de Roussillon. Gausfred mourut avant le 28 février 981, jour où ses exécuteurs testamentaires délivrèrent à l’église d’Elne les objets qu'il lui avait légués dans son testament, soit dans

GAUSFRED

le comté de Pierrelate, soit dans celui de Roussillon. | DE GazanyoLaA, Histoire de Roussillon.

GAUSFRED Il ou GAUZFRED Il était en basâge lors de la mort de son père Guillabert, comte de Roussillon. Son oncle, Hugues d'Empories, se prévalant de cette circonstance, tenta de le dépouiller de ses états. Bernard Taillefer, comte de Besalu, l’aida à repousser cette agression et Oliba, évèque de Vich, fut le médiateur de la paix conclue en 1020 entre l’oncle et le neveu. Gausfred IT assista, le 16 juin 1025, à la consécration de l'église du vieux Saint-Jean de Perpignan. Il fut présent aussi aux synodes tenus à Tuluges, le 16 mai 1027 ct en 1041, pour la trêve du jour du Seigneur ou Trêve-Dieu. Le 10 décembre 1053, l'archevêque de Narbonne, Guifred de Cerdagne, avec les évêques de Gérone et de Carcassonne, les comtes de Roussillon et de Cerdagne se réunirent à Elne pour restaurer l’église cathédrale de Sainte-Eulalie. L'histoire n'a pas à reprocher à Gausfred II les mêmes violences qu'aux autres seigneurs de cette époque. On le vit au contraire figurer à deux assemblées où il s'agissait d'en arrêter le cours : en 1046, il assista à la consécration de l'église d'Arles, faite Le 15 novembre par Bérenger IV, évèque d’Elne et fils de Guifred, comte de Cerdagne. En 1069, il contribua avec Azalaïs, sa femme, à la construction d’un autel à Elne. En 1074, il fit une donation à l’abbaye de Saint-Pierre de Rhodes. Il mourut à la fin de cette année 1074 ou au commencement de l’année suivante. laissant un fils nommé Guillabert, qui lui succéda.

. « DE GazANYOLA, op. cil.

GAUSFRED III ou GAUZFRED lil, comte de Roussillon, fils de Gérard, était encore en minorité, quand les Sarrasins, maîtres des îles Baléares, désolèrent, par leurs pirateries, toutes les côtes, depuis Tortose jusqu'à Pise. Gausfred ITT ayant atteint sa majorité, demanda au comte de Barcelone aide et protection contre le comte d'Emporics, son voisin. En 1128, le comte de Barcelone força celui d'Empories à satisfaire Gausfred IIT, mais il profita de cette occasion pour étendre sa suzeraineté sur celui-ci qui n'avait jamais dépendu de lui. Pons-Hugues et Gausfred comprirent le mal qu'ils s'étaient faits par leur hostilité. À la suite d'un acte de réconciliation survenu entre eux deux, en 1130, Pons-Hugues institua Gausfred, héritier du comté d'Empories, dans le cas où il mourrait sans enfants légitimes. Sous l’administration de ce comte, le Roussillon fut ravagé par de fréquentes invasions de Sarrasins, venus des îles Baléares. L’'évêque d'’Elne, Udalgar de Castellnou, se plaignit au synode tenu à Narbonne en 1134, que son

diocèse était désolé par ces pirates, qu'ils y faisaient des incursions, massacraient les hommes ou les einmenaient captifs, et, dans ce moment, en échange de ceux qu'ils tenaient en leur pouvoir, ils demandaient cent jeunes vierges. L'évêèque d’Elne s'’engagea à racheter les malheureux esclaves à prix d'argent : le concile seconda les efforts du prélat en accordant des indulgences à ceux qui verseraient des aumônes en faveur de l'œuvre de la rédemption des captifs. En 1139. Gausfred, sa femme Ermengarde et leur fils Gérard confirmèrent la donation faite en 1109 de l'abbaye de Saint-André de Sorède à celle de la Grasse. En 1151, Gausfred donna à son fils Gérard la seigneurie allodiale de Perpignan et de Malloles ainsi que le fief qu'il tenait du vicomte de Narbonne, et le déclara l'unique héritier de son comté. Gausfred vivait en mauvaise intelligence avec sa femme qu'il ne tarda pas à répudier pour en prendre une autre. La comtesse se retira au château de Mèze qu’elle avait eu en dot, et porta ses plaintes au pape Eugène III. Le Pontife excommunia le comte.

Adrien IV renouvela cette excommunication et écrivit à l'archevêque de Narbonne, à l'évêque d’Elne et aux barons du Roussillon pour déclarer adultérins les fils nés de la seconde femme et privés par conséquent de tout droit à la succession paternelle. La bonne intelligence du père et du fils ne fut pas pour cela troublée, car dans une charte de 1162, ils accordèrent de concert à Guillaume, seigneur de Pia, la faculté de prendre deux meules d’eau du ruisseau de Vernet pour l’arrosagce de ses terres. Gérard s’y intitula, comme son père, comte de Roussillon. Gausfred mourut le 25 février 1164, après avoir institué héritier de ses domaines, son fils, Gérard, par un testament verbal fait le jour même en présence de sept témoins.

DE GAZANYOLA, op. cil.

GAUSFRED 1, fils d'Oliba-Cabréta, comte de Cerdagne et frère de Guifre qui fonda le monastère de Saint-Martin-du-Canigou, revêtit l'habit bénédictin dans l’abbayc de Cuxa en 990. Sept ans plus tard, les religieux de ce couvent l’élevèrent à la dignité abbatiale qu’il conserva jusqu'à sa mort survenue en l'an 1008.

For, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.

GAUSFRED Il, un des sept enfants de Guifre, fondateur de l'abbaye de Canigou, entra dans le monastère de Cuxa où son oncle Oliba était alors abhé. 11 recucillit la succession de cet illustre prélat à la tête de l'abbaye, en 1047. Gausfred IT reçut de Gotard-Gozbert et de sa femme Adélaïde, l'église de Torrcilles avec toutes ses dépendances le 17 novem-

bre 1070. C’est sous son abbatiat que Guillaume, comte de Cerdagne, fit à l’abbaye de Saint-Michel l'abandon de tous ses droits sur diverses propriétés, dont le monastère avait la jouissahce, à la condition que cent messes seraient célébrées annuellement pour le repos de l'âme d’Elisabeth, son épouse (18 décembre 1070). Gausfred II termina ses jours en 1072.

Marca hispanica, col. 460, 1160. — For, Histoire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cura.

GAUSFRED lil fut abbé de Saint-Michel de Cuxa depuis l’année 1145 jusqu’en 1153. Le 25 octobre 1151, Gausfred assista à la consécration de l’église du prieuré de Notre-Dame de Serrabona faite par l’évêque d’Elne Artal. La même année, il participa à la consécration épiscopale de Gausfred, abbé de Saint- Ruf, nommé premier évêque de Tortose.

Archives des Pyr.-Or., B. 357. — Marca hispanica, col. 504. — For, Hisloire de l'abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa.

GAUSSAIL (Noël-Mathieu-Marie-Victor), né le 24 décembre 1825, à Beaupuy (Tarn-et-Garonne) vint à Toulouse pour y faire ses études au petit et au grand séminaire de cette ville. En 1850, il offrit son concours à l’évêque d'Alger, Pavy, pour l’œuvre apostolique qui s'accomplissait sur le sol de l'Afrique. Directeur de la maîtrise de Notre-Dame des Victoires d'Alger, Noël Gaussail fut ordonné prêtre le 19 mars 1852, et nommé le même jour vicaire de cette paroisse de Notre-Dame, sur la demande du curé, l’abbé Le Mauff. Le 4 novembre 1853, le jeune vicaire devint curé à Hussein-Dey (banlieue d'Alger). Il était à peine agé de trente ans, lorsqu il fut promu à la cure de Mascara, alors importante subdivision militaire. En 1863, l’évêque d'Alger appela l’abbé Gaussail à l’archiprétré de Philippeville, en remplacement de l’abbé Soubrier, mort depuis évêque d'Oran. Durant vingt années, Noël Gaussail exerça son zèle pastoral dans la paroisse de Philippeville, une des plus religieuses du continent africain. Lorsque la municipalité de cette ville laïcisa les écoles communales des Frères et des Sœurs, l’archiprêtre de Philippeville adressa à ses ouailles un pressant appel qui fut entendu. Grâce à son zèle, des écoles libres furent fondées ; depuis elles ne cessèrent de prospérer. Le cardinal Lavigerie jeta les yeux sur l’archiprêtre de Philippeville pour l'associer à son épiscopat dans son immense archidiocèse. Il proposa l'abbé Gaussail pour le siège d'Oran. La proposition fut agréée, et le 10 janvier 1884, le curé de Philippcville devint évêque d'Oran. Sacré dans son église paroissiale, le 1°” mai suivant, le nouveau pontife dépensa, dans son diocèse, les ressources de son àme d'apôtre. Durant son court passage sur le siège d'Oran, il fonda dans la ville épiscopale deux maisons religieuses: celle des Pelites-

GAUSFRED — GAYCHET

Sœurs des Pauvres et celle des Filles de Sainte-Thérèse, instituées pour donner l'éducation aux jeunes espagnoles pauvres. Transféré sur le siège épiscopal de Perpignan, le 10 juin 1886, Noël Gaussail fut intronisé le 21 juillet suivant. Au début de son pontificat. fut élevé dans la cathédrale de Perpignan le monu-

: ment des derniers évêques d’Elne, sur le lieu même

de leur sépulture. Ün des grands actes de son épiscopat fut la tenue du synode diocésain (27-29 septembre 1896) qui fixa la discipline ecclésiastique dans le diocèse. Quelque temps après, Noël Gaussail publia le nouveau catéchisme, avec un précis de l'Histoire Sainte et de l'Histoire de l'Eglise. En 1898, il fit

paraître le catéchisme en catalan. Par l'initiative que

prit l’évêque de Perpignan, le centenaire de la consécration des Saintes-Hosties de Pézilla fut brillamment célébré le 15 octobre 1893, avec le concours d'un cardinal, de plusieurs évêques et prélats. Noël Gaussail consacra trois églises dans son diocèse : celle du Saint-Sacrement, le 5 avril 1888 ; celle de l’'Institution Saint-Louis-de-Gonzague, le 24 janvier 1889 ; et celle de Pézilla-de-la-Rivière, le 12 octobre 1893. Le dernier acte important de son épiscopat fut la restauration du maître-autel de la Cathédrale, dont il supporta seul tous les frais. Ses armes, qui sont gravées sur un côté de l’autel, portent : écartelé, au 1° el au 4° de gueules au pélican d'argent ; au 2° et 3 d'azur à la clef d'argent acostée el surmontée de cigales d'or ; à la croix pleine d’or. La devise est : Aperiet cœlum. Noël Gaussail mourut à Perpignan, dans son palais épiscopal situé sur la rue Mailly, le 17 février 1899. Son corps repose dans le caveau qui est creusé dans la chapelle du Saint-Sacrement, à la cathédrale Saint-Jean. Sur le monument en marbre érigé sur sa tombe, on lit l’épitaphe suivante :

Natalis Gaussail Sedem Elnensem tenuit X. cal. Aug. ann. M. DCCC LXXXVI.

Fidelis et prudens Disciplinam ecclesiasticam Sapientissimis legibus In synodo communivit.

XDL cal. Mar. ann. M. DCCC XCIX Ætatis L XXIV Sanctorum Pontificum Jungatur consortio.

Semaine Religieuse du diocèse de Perpignan, années 1836 et

GAYCHET (Raymond), né à Bélesta, grenadier dans le 24° régiment d'infanterie légère, s'empara d'une redoute abandonnée par les Français au moment où une forte colonne ennemie se dirigeait vers elle, et, mettant le feu aux diverses pièces qui la défendaient et qui étaient chargées à mitraille, obligea par là l'ennemi à reculer. après lui avoir fait éprouver des pertes considérables. Cette action

GAZANYOLA

d'éclat contribua beaucoup au gain de la bataille de Marengo qui fut livrée le 14 juin 1800. Quelques chefs firent un crime à Gaychet d’une action qui avait, au contraire, fixé l'attention de Bonaparte. Il trouva des jaloux, l’'humble soldat, parmi ceux-là même qui auraient dù être ses admirateurs. Il redouta leur colère, eut peur de leur vengeance et déserta. Cependant le général mit cette action d'éclat à l'ordre du jour de l’armée, et, à force de recherches, il parvint à découvrir le nom de celui qui, dans cette journée, avait acquis droit à une grande et éclatante récompense. Il la lui destinait proportionnée à l’important service qu'il avait rendu à la patrie. Mais le brave avait disparu. et le premier consul le signala en vain dans tous les journaux et à tous les préfets de France. En 1811, Gaychet ayant commis un délit dans une forêt de l'Etat située dans le territoire de Caramany, fut enfin découvert grâce au procèsverbal qu'un garde-champèêtre dressa contre lui. Le soldat de Marengo s'était fait chevrier. Amené devant le général Martin, alors préfet du département des Pyrénées-Orientales, il reçut des mains de ce magistrat, non-seulement son congé définitif, mais encore les insignes de l'ordre de la Légion d’honneur, en présence du conseil de révision, auquel assistait, comme major du 5° régiment de ligne, Bugeaud, le futur maréchal de France. Il est superflu d'ajouter que le général Martin fit grâce à Gaychet du délit forestier dont ses chèvres s'étaient rendues coupables. Aussi quitta-t-il ses habits de berger pour en prendre de plus conformes à sa situation, et il prit part à un diner qui eut lieu en son honneur à l'hôtel de la Préfecture. On remarqua qu’à l’instant où il fut décoré de l'étoile des braves, et où il prêta le serment exigé en pareïlle circonstance, il cria : Vive la République ! au lieu de : Vive l'Empereur ! C'est que Gaychet avait passé onze années caché dans les montagnes, loin de toute affaire politique et qu'il ignorait que le vainqueur de Marengo avait été sacré Empereur des Français et Roi d'Italie.

J. Sinvex, Une croix d'honneur sous l'Empire dans le 1X° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Liltéraire des Pyrénées-Orientales.

GAZANYOLA (Jean-Hyacinthe -Eudal de) naquit le 46 mars 1766, de François-Xavier de Gazanyola, et d'Eulalie Bou de Villenouvette ; il fit ses études au collège des Oratoriens, à Pézenas, la philosophie et une année de droit à l'Université de Perpignan. Elève, en 1785, à l'école royale d'artillerie de Metz, il s’y trouvait officier de cette arme en 1791, lors de l'arrestation de Louis XVI à Varennes. Les événements qui suivirent et le serment qu'on exigea de l’armée et qu'il refusa de prêter, le décidèrent à

émigrer. Reçu dans le corps de la noblesse française, qu'organisa le prince de Condé, il fit neuf campagnes avec les armées autrichiennes et russes, pendant les guerres de la Révolution. En 1801, Jean de Gazanyola quitta le service. et se retira en Espagne près des frontières de la France, sa patrie, vers laquelle il n'avait cessé de tourner les yeux. En s’éloignant du prince de Condé, il reçut un témoignage flatteur de son estime, l'attestation que, dans toutes les affaires, il s'était comporté avec honneur, zèle et courage. Arrivé en Catalogne, au mois de juillet 1801, il vécut honorablement, tirant parti de ses connaissances en mathématiques. Il revit la France en 1803, où sa famille l'accueillit avec une tendre cordialité. Jean de Gazanyola fut nommé, dès le mois de septembre 1814, au Conseil général des Pyrénées-Orientales. Créé chevalier de Saint-Louis le 22 novembre 1845, le roi le désigna, en 1816, pour inspecter les gardes nationales du département. Il fut, successivement, membre du conseil municipal de Perpignan, en 1821, et conseiller de préfecture, en 1822, position qu'il conserva jusqu'aux événements de juillet 1830. Ses principes, son attachement inviolable à la monarchie légitime ne lui permirent point de continuer à exercer des fonctions publiques sous un autre gouvernement. Quoique son dévoûment à la cause de la branche aînée des Bourbons fut sans bornes, on le vit porter une bienveillante modération, uneintelligence supérieure, dans les nombreuses et importantes opérations dont la direction lui fut confiée. Ainsi, chargé, en 1814, de la visite des prisons, pour cons-+ tater la situation politique de chacun des prévenus et signaler ceux qui avaient droit à la clémence du roi, commissaire délégué. en 1815, auprès du corps espagnol qui avait envahi le territoire, et dont on devait suspecter les intentions, il sut, dans ces missions délicates, allier la prudence à la fermeté. La formation du Musée de la ville de Perpignan, la réunion des documents pour dresser la statistique départementale, la surveillance de la bibliothèque furent aussi mises sous sa direction, et. partout, il il apporta, avec un zèle inébranlable, le tribut de ses vastes connaissances. Rentré en 1830 dans la vie privées, il se livra exclusivement à l'étude. L'histoire, l'astronomie, les mathématiques, l'économie politique, toutes les branches de la science lui étaient familières, et occupaient noblement ses loisirs. Ilne pouvait mieux Îles employer qu’en réunissant des matériaux pour l’histoire de son pays: il y travailla avec ardeur, et poursuivit cette œuvreavec une persévérante activité pendant plus de vingt ans ; mais, à peine l'avait-il terminée, que la mort vint le surprendre, au moment où il se proposait de la livrer à la publicité. Jean de Guzanyola mourut le 24 mai 1854. L'Histoire de Roussillon vit le jour trois ans après la

mort de son auteur, en 1857. L'éditeur fut le baron Guiraud de Saint-Marsal, neveu de Jean de Gazanyola. En composant cet ouvrage, Jean de Gazanyola n'eut qu’une ambition : résumer les travaux d'une époque, élever un édifice avec les matériaux réunis par Puiggari et les frères Saint-Malo. Son œuvre compléta celle d'Henry. Jean de Gazanyola en a défini luimême la portée et la lacune de ses efforts, lorsqu'il écrivit : « Henry eut principalement en vue la liaison de l’histoire de France à celle d'Aragon : mon but est moins élevé... Je me borne à établir, d’abord, clairement, la série des princes qui ont gouverné le Roussillon ; à narrer exactement ou à rectifier les faits qui ont illustré leur règne ; à exposer les progrès de la civilisation, des sciences et des arts dans cette contrée qui changea si souvent de maître et d'intérêts ; à faire bien conñaître enfin une province dont le sol, la culture, les ressources et les produits sont loin d'être appréciés comme ils devraient l'être. »

Notice biographique parue en tête de l'Histoire de Roussillon, par J. de Gazanÿola.

GÉLABERT (Jean), chirurgien de Perpignan, a fait avec deux de ses compatriotes, des corrections au traité de chirurgie de Pierre d’'Argilata. Cet ouvrage, sorti de la presse de Rosembach en 1503, est un des premiers livres imprimés à Perpignan.

Henry, Hisloire de Roussillon. — Couer, L'Imprimerie à Perpignan.

« GELABERT (Melchior), naquit à Rivesaltes. le 23 août 1709. Il étudia les belles-lettres, la philosophie et la théologie à Perpignan. A peine ordonné prêtre, Melchior Gelabert passa dans le diocèse de Saint-Pons, où il occupa le poste de vicaire à Ferals. Les loisirs que lui laissaient les soins du ministère, lui permirent de préparer sa thèse de théologie qu’il soutint brillamment à Avignon, le 26 février 1737. Elle lui valut le doctorat. L'amour de sa petite patrie le ramena en Roussillon. L'amour de Dieu et le zèle pour le salut des âmes le poussèrent à s’adonner avec une ardeur tout apostolique au ministère de la chaire. Il se contenta toute sa vie de trois bénéfices ecclésiastiques qu’il occupa successivement à Îllesur-Tet, à la cathédrale de Perpignan (chapelle de l'Immaculée-Conception; et à Rivesaltes. Durant le séjour qu'il fit au sein de la communauté ecclésiastique d'Ile, Melchior Gelabert fit connaissance avec Simon Salamo, un prêtre aussi docte que pieux. Ils se concertèrent pour travailler en collaboration à l'œuvre de la sanctification du clergé et du peuple roussillonnais. À cet effet, Gelabert et Salamo écri-

| , virent en latin, à l’usage de leurs confrères dans le :

sacerdoce : Compendiosa regula cleri, petit volume in-{6 qui fut imprimé à Avignon en 1753. Deux ans

GÉLABERT — GELABERT

après parut dans la même ville la première édition de la Regla de vida, in-12, à la portée des simples fidèles. L'opinion publique accueillit avec faveur l'apparition de ces deux œuvres, nourries de la plus substantielle doctrine chrétienne et présentées sous une forme claire et élégante. En présence d’un si heureux résultat, Salamo et Gelabert se déterminèrent à mettre au jour la Præparalio prorima ad morlem compendiosæ regulæ cleri ab iisdem auctoribus edita. Ce livre sortit encore des presses d'A vignon, en 1756, sous le format d’un petit in-12. Dans l'intention des auteurs, ces publications successives n'étaient que des essais tentés pour l’élaboration d'un ouvrage plus volumineux et plus complet encore. Cette œuvre définitive parut en 1757 sous le titre : Regula cleri ex sacris lilleris, sanctorum palrum monimentis, ecclesiasticisque sanclionibus e:cerpla, Avignon, in-12. L'année de l'apparition de ce livre, Melchior Gelabert succomba à la tâche. Il mourut à Rivesaltes, le 18 avril 1757, à la suite de fatigues endurées durant une station quadragésimale qu'il avait prêchée. L'année précédente, Melchior Gelabert avait donné un carême à Vinça. Son corps repose dans un caveau souterrain creusé dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste de l'église de Rivesaltes.

Les exemplaires du Regula cleri s'écoulant rapidement, on songea à réunir en un seul volume ce dernier travail et la præparatio ad mortem. Ce projet fut mis à exécution en 1775. En 1858, « des ecclésiastiques très respectables, écrivait l'abbé Fines. supérieur du Grand-Séminaire à l’illustre Gerbet, ont pensé qu'il serait utile de faire réimprimer le livre intitulé : Regula cleri.. Les nombreuses éditions qui en ont été faites, même en pays étrangers, sont la meilleure recommandation. Il ne reste plus aux ecclésiastiques qui en ont formé le dessein qu'à obtenir quelque marque de votre approbation. » « — Cette réimpression. répondit Gerbet. sera un juste hommage rendu à la mémoire de deux saints missionnaires de ce diocèse, qui ont été de vrais modèles de la vie sacerdotale, et dont les travaux ont laissé dans ce pays des traces profondes. » La septième édition vit donc le jour cette année-là à Avignon, chez François Seguin. libraire. On n'avait point attendu jusqu'à cette époque pour accorder à la Regla de vida les honneurs d'une nouvelle édition. On était à peine sorti des mauvais jours de la tourmente révolutionnaire, que l’imprimeur Jean Alzine rééditait ce chef-d'œuvre de littérature catalane à Perpignan. dès 1802. À l’exemple de son illustre prédécesseur, Etienne Ramadié apprécia à leur juste valeur les écrits de Salamo et de Gelabert. En 1866. il chargea l’abbé Casamajor. alors curé de Saint- Estève, de faire une traduction française de la Regla

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GELCEN — GENÉRÈS 235

de vida. Ge travail parut à Bar-le-Duc, chez L. Guérin, imprimeur et éditeur, rue de La Rochelle, n° 49.

Archives des Pyr.-Or., G. 370, GC. 2038. — Annuaire de 1834.

GELCEN (Joseph de), né à Prades le 12 septembre 1826, se fit inscrire comme avocat au tribunal de première instance de sa ville natale. Ce magistrat fut à diverses reprises le candidat des conservateurs royalistes dans le département des Pyrénécs-Orientales. Le 8 février 1871, il figura sur la liste des candidats à l’Assemblée nationale qui lutta contre celle d'Emmanuel Arago. Celui-ci obtint 22.310 voix et Joseph de Gelcen recueillit 8097 suffrages. Aux élections législatives qui eurent lieu le 20 février 1876, Frédéric Escanyé fut élu dans l'arrondissement de Prades, par 5056 voix contre 5051 réunies par Joseph de Gelcen. Après la dissolution de la Chambre des députés, Joseph de Gelcen, désigné par le gouvernement de Mac-Mahon comme candidat officiel, fut nommé député de Prades, le 14 octobre 1877 par 5381 voix contre 5261 données à Frédéric Escanyé. Cette élection souleva de nombreuses protestations et le huitième bureau dela Chambre nouvelle conclut à l'invalidation. Joseph de Gelcen se défendit luimême dans la séance du 30 novembre 1877, s’avoua légiliümiste ardent et ajouta : « Mon honorable concurrent eut pu avancer que non seulement je suis légitimiste, mais que je suis, ce sont là deux choses qu'on ne peut séparer, catholique, c'est-à-dire clérical. Ces deux expressions sont à mes yeux synonymes. » Henri Villain, rapporteur, répondit en citant divers faits de pression électorale, qui avaient donné à la candidature de Gelcen « un caractère officiel accentué ». L'invalidation fut prononcée par la majorité de la Chambre ; Joseph de Gelcen ne s'étant pas représenté, Frédéric Escanyé fut élu à sa place, le 27 janvier 1878. Joseph de Gelcen, rentré à Prades, donna, jusqu'à la fin de ses jours, tous ses soins à la défense des clients qui lui confièrent leurs intérêts à la barre du tribunal. Il mourut à Prades Île 21 juillet

RogenT, BourLorox et Coucxy, Diclionnaire des parlemenaires.

GELI (Bernard), bourgeois de Perpignan, fut trésorier général de Jacques IT, dernier roi de Major-

que. Après la ruine de son souverain, Bernard Geli

s'adonna à l’industrie de la mouture du pastel. de la garance et des olives, dans son moulin situé sur Île ruisseau royal de Perpignan, hors des murs de cette ville et près de la porte Saint-Martin.

Archives des Pyr.-Or., B. 97, 1:33, 202.

GELI (Jean), chanoine de Saint-Jean de Perpignan, fut envoyé par la communauté ecclésiastique

de cette église aux cortès célébrées à Villefranche-de- Panadès, en 1451, pour y défendre les droits des bénéficiers, ses confrères.

Archives des Pyr.-Or., G. 236.

GELI (Augustin) fut nommé par Charles-Quint, à la maîtrise des travaux du roi, après le décès de Jean Cabestany. Il fut chargé de la réparation et de l'entretien des bâtiments ainsi que des places fortes de Roussillon et de Cerdagne. Son fils, Bérenger, recueillit sa succession, et exerça longtemps l'emploi d'architecte royal. Il mourut au mois d'avril 1629, âgé de soixante-dix ans.

Archives des Pyr.-Or., B. 368, 373, 373, 443.

GENER (Jean), seigneur de Tatzo, prit posscession de la châtellenie de Bellegarde, en 1530, au nom de Jean de Léon, son titulaire.

Archives des Pyr.-Or., B. 368.

GENER (Barthélemy) futnommé parPhilippelIl, capitaine au Castillet Notre-Dame de Perpignan, en remplacement de Mathias Ollers, décédé.

Archives des Pyr.-Or., B. 375.

GENÉREÉS (Antoine) reçut, le 16 juin 1635, des lettres-patentes de Philippe IV qui lui octroyaient le privilège de bourgeois de la ville de Perpignan. Le

10 juin 1650, le duc de Vendôme, lieutenant général :

de la principauté de Catalogne concéda à Antoine Genérès le mère empire de la seigneurie de Saint- Estève. En 1653, ses biens furent confisqués et donnés à Joseph de Margarit, marquis d’Aguilar. Dix ans plus tard, Antoine Genérès prêta serment de fidélité au roi de France entre les mains de François Romanya, viguier de Roussillon et Vallespir. Ses domaincs lui furent alors restitués. Il mourut en 1668. Il n'avait eu qu'un fils, Dominique, qui lui succéda dans la seigneurie de Saint-Estève. Dominique Genérès laissa trois enfants : François, chanoine d'Elne ; Thérèse, qui. ayant épousé Ange-Charles Delpas, apporta dans cette dernière famille la seigneurie de Saint-Estève ; et une autre fille qui se maria à un fils de Gaspard de Terrena.

Archives des Pyr.-Or.. B. 388, 394, 401.

GENÉRES (Louis), sculpteur de Perpignan, passa un contrat, le 10 avril 1661, avec la communauté de Serdinya, aux termes duquel il s’engagea à construire le retable des saints Cosme et Damien pour une valeur de quarante-cinq doubles d’or. Louis Genérès exécula le retable du maïtre-autel de l'église de Clavra en 1670. Durant le premier semestre de l’année suivante. il fabriqua le retable placé

Us

sous le vocable de saint Dominique, pour l'église du Soler. Cet artiste traita ensuite avec la communauté séculière de Baixas. Un contrat fut conclu entre Genérès et les syndics de ce bourg, le 12 décembre 1671, et le retable du maitre-autel de leur église, construit dans l'espace de trois ans, fut mis en place à la fin de l’année 1674. Les peintures qui se trouvent à l’intérieur du tabernacle sont curieuses. Elles représentent la Cène, la Flagellation et Jésus-Christ enchaîné. Lorsqu'on veut exprimer en catalan qu’une chose a une grande valeur, on dit qu'elle a coûté autant d'argent que le retable de Baixas. En 1678, Louis Genérès s’engagcea à faire le retable de la chapelle du Précieux-Sang de Notre Seigneur située dans l'église de Pia. Dans un acte du 9 octobre 1679, Louis Genérès est qualifié tout à la fois de architeclor et de sculptor. C’est lc traité passé entre lui et Paul Pinaud, prieur du monastère de Notre-Dame de Corbiach, pour la confection du retable, dont on possède le modèle tracé sur papier par le sculpteur lui-même. Le 5 janvier 1693. Louis Genérès fit un traité avec la fabrique de Saint-Mathieu. L'artiste devait exécuter le retable du maïtre-autel de l’église nouvellement édifiée, mais cette œuvre d'art ne fut achevée qu'après la mort de Genérès, par son fils François. En 1707, Louis Genérès vendit une de ses métairies à Charles Maynadier, chirurgien-major au régiment de Tesse. Il avait épousé Marie Roma qui était veuve en 1710.

P. Via, Histoire de la ville de Perpignan et Guide historique el pilloresque dans le département des Pyrénées-Orientales.

GENSET (Pierre), marchand de Perpignan, faisait le commerce des draps avec le Levant. Il était second consul de Perpignan, en 1408. Il fut ensuite à la cour d'Aragon au service d’Alphonse V, de concert avec Raymond de Pérellos.

Archives des Pvyr.-Or.. B. 239, 250.

GER (Raymond de) devint châtelain de Força- Réal, au mois de juillet 1385, en remplacement de Raymond Madrens, révoqué. Le 10 octobre de cette même année, il reçut une lettre du procureur royal Bcrenger de Maguerola qui lui recommandait « de veiller très attentivement, de nuit comme de jour, sur le château, attendu qu'il a appris que des troupes étrangères, à la tête desquelles se trouvait le comte d'Ampuries, s'assemblaient du côté de Montpellier el meuacaient d'envahir le Roussillon ». Ces armées ne passérent pas à Força-Réal, mais en décembre 39, dix-huit mille aventuriers, Anglais et Français, envahirent le Roussillon, sous la conduite de Bernard d'Armaygnac. Cette troupe fut défaite et dispersée par le roi Jean. Certaines compagnies de ceite armée se ruérent sur Força-Réal et tentèrent de l’es-

GENSET — GÉRARD

calader, fortes de leur nombre et de la faiblesse de ta garnison. Mais la résistance fut plus vive que l’attaque, et Raymond de Ger repoussa, avec une poignée d'hommes d'armes, ces nuées d’aventuriers qui ne purent ébranler ni les murailles du château ni le courage de ses défenseurs. Raymond de Ger mourut dans l'exercice de ses fonctions de châtelain de Força- Réal, au commencement de l’année 1404. Il laissa une veuve, Béatrix, et eut pour successeur le damoiseau Pierre Ça Rocha.

Archives des Pyr.-Or., B. 146, 147, 159. 167. 176, 181, 182, 183,

185, 192, 223. — V. AraGon, Notice historique, religieuse el topographique sur Força-Réal, Perpignan, Saint-Martory, 1859.

GERALT (Pierre), sculpteur. originaire de Saint- Jean-des-Abadesses (Espagne), demeurant à Palalda, exécuta., en 1661, le retable de la chapelle de l’Immaculée- Conception, pour l’église de Cérct.

Archives des Pyr.-Or., G. 152.

GERARD 1 ou GUINARD 1, fils de Guilabert II.

comte de Roussillon, succéda à son père dans ce comté. Vers la fin de l’an 1096, il passa à la Terre- Sainte, sous les enseignes de Raymond de Saint- Gilles, comte de Toulouse. suivi de plusieurs autres seigneurs roussillonnais. entre autres de Guillaume de Canet. Il se trouva en 1097 au siège de Nicée et l'année suivante au siège et à la prise d’Antioche. Il se distingua surtout à la bataille livrée devant cette ville, le 28 juin 1098, où les croisés remportèrent la victoire sur une armée innombrable aux ordres de Corbaghan, général du roi de Perse. Gérard commandait un des corps de l’arméc des croisés. Il se trouva ensuite au siège de Jérusalem, se signala à la prise de cette ville et fut un des premiers qui y pénétrèrent à la suite de Godefroy de Bouillon. Couvert de gloire, il retourna dans ses états où le bruit de ses exploits l'avait devancé. Il succéda alors à son père vers l’an 1102. Mais l'enthousiasme des croisades et l'ambition d'acquérir de la gloire le ramenèrent en Terre-Sainte, d'où il revint vers la fin de 1142. Gérard I mourut peu de temps après son retour et laissa un fils appelé Gausfred qui lui succéda.

DE GazANyYoLaA, flistoire du Roussillon.

GÉRARD I! où GUINARDII, fils de Gausfred II, comte de Roussillon, rencontra de l'opposition à la prise de possession des états qui lui furent légués par son père, mort en 1164. Elle provenait de la femme épousée par Gausfred HT après la répudiation d'Ermengarde et des enfants qu'elle avait eus. Le pape Alexandre LIT, à la sollicitation de Raymond Trencavel. écrivit de Montpellier, deux lettres à ce sujet, le 19 août 1165. Dans la première, adressée à Gérard IL, il confirma ses droits ; dans la seconde, il

GERAU — GERBET | 237

recommanda aux archevêques de Tarragone et de Narbonne ainsi qu'aux évêques d'Elne et de Gérone. d'appuyer de toutes leurs forces les prétentions du comte Gérard à la succession de son père, prétentions qui seules étaient fondées, d'après les décisions de ses prédécesseurs. Gérard IT avait, du vivant de Gausfred IIT. confirmé comme seigneur particulier de Perpignan, les coutumes et bons usages de cette ville, par une charte datée du 5 juin 1162. Il fit une donation à l'hôpital de cette ville le 3 janvier 1167, et le 19 mai 1170, il accorda de nouveaux privilèges à Perpignan. Il mourut peu de temps après, le 4 juillet 1172. jour où, par son testament, il institua pour son héritier au comté de Roussillon et à tout ce qu’il possédait dans ceux de Pierrelate et d'Empories, Alphonse IT, roi d'Aragon. Ce prince n'avait aucun droit à cet héritage, comme Gérard IT le fit observer lui-même dans le testament. Le comte de Roussillon ne manquait point de parents. et Hugues III, comte d'Empories, descendait comme lui, des premiers comtes de Roussillon. Mais Gérard IT vovaitsa succession convoitée par le roi d'Aragon et il ne pouvaiten disposer en faveur d'aucun de ses parents assez puissant pour se défendre contre les entreprises d’Alphonse. Il craignait que s’il venait à s'en emparer par les armes, les dispositions auxquelles il tenait le plus restassent sans exécution. Il préféra donc, en suivant les conseils d’une sage politique, instituer le roi d'Aragon son héritier, lui recommander ses parents, ses amis et le charger de l'exécution de ses dernières volontés.

DE GAZANYOILA, Op. cit.

GERAU (Pierre) fut procureur royal de Roussillon et de Cerdagne après la chute du royaume de Majorque.

Archives des Pyr.-Or., B. 101.

GERAUD succéda à son frère Raymond IT à la tête de l’abbaye du Canigou., le 21 novembre 1171. Ce prélat, au dire du Gallia christiana occupa le siège abbatial de Saint-Martin durant quatre années.

Gallia christiana, VI, col. 1111.

GERBERT occupa le siège abbatial de Saint- Michel de Cuxa depuis 1073 jusqu'en 1076. Il érigea en prieuré la cellule monacale de N.-D. de Riquer, fondée par un de ses prédécesseurs, Guarin. L'évèque d'Elne, Raymond 1". vint consacrer l'église de ce nouveau sanctuaire, le 5 avril 1073. Le 27 juillet 1075. Gerbert vit son église profance par les satellites de Guillaume-Raymond, comte de Cerdagne. Ceux-ci poursuivaient Guislabert 11, comte de Roussillon, dont les troupes venaient d'essuyer une défaite dans

les environs du monastère de Cuxa. Pour échapper à la vengeance de ses ennemis, Guislabert se réfugia dans l’église du couvent. Les seides du comte de Cerdagne envahirent l’abbaye de Cuxa, pénétrèrent dans le sanctuaire et arrachèrent indignement Guislabert de son inviolable asile. Gerbert cita Guillaume-Raymond au tribunal de l’évêque d'Elne pour rendre compte du sacrilège. Le pontife infligea alors une peine canonique au comte de Cerdagne et lui enujoignit de faire des libéralités en faveur de la cathédrale d'Elne et du monastère de Saint-Michel.

Foxr, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cura.

GERBET (Olympe-Philippe), naquit à Poligny (Jura) le 3 février 1798. Après avoir fait de brillantes études au collèse de cette ville, il se rendit à Besançon pour \ suivre le cours de théologie et se préparer au sacerdoce. En quittant Besançon, il entra au séminaire de Paris, où il acheva de s'initier à la science et aux devoirs du prêtre. et c'est comme élève des missions étrangères qu'il reçut les ordres sacrés, le 1° juin 1822. Le talent de l’abhé Gerbet jeta dès ses débuts un vif éclat. et le désigna pour occuper la chaire de théologie morale à la Sorbonne. Bien que les encouragements ne lui fissent pas défaut, le jeune professeur consentit à descendre de ce poste élevé et à remplir au Collège Henri IV les fonctions d’aumônicr. Son intelligence des besoins de l’époque, son zèle prudent. uni à une sage tolérance ct à son dévouement à la jeunesse, assurèrent le succès de sa mission. Son ministère porta les plus heureux fruits, mais ne fut pas de longue durée. En 1824, il fonda, de concert avec son condisciple, l'abbé de Salinis. un recueil mensuel, le Mémorial calholique. destiné à défendre les doctrines de la religion chrétienne. Pour donner de l'autorité à leur œuvre. les deux fondateurs la placèrent sous Île patronage de Lamennais, dont la renommée et Île talent exerçaient alors une grande influence. Gerbet prit une part active à la polémique relisieuse et philosophique qui passionnait en ce moment Îles esprits. Ses articles publiés par le Mémorial calholique et plusieurs brochures justement remarquées le placèrent au premier rang des écrivains engagés dans cette lutte. Les événements de 1830 Île trouvèrent à Paris. Ils lui inspirèrent des inquiétudes passagères, mais sa confiance dans le succés de sa cause ne tarda pas à renaître. Un des premiers, Gerbet éleva au-dessus des agitations des partis le drapeau de l'Avenir, et c'est sur lui que porta, au début de cette publication. la charge principale de la direction. Les excitations d'une Hutte où Îles questions les plus palpitantes furent débattues, où les intérèts les plus graves étaient en jeu, compro-

mirent sa santé. Il se retira alors à Juilly, d'où il essaya, sans y réussir, d'arrêter les entrainements d’une polémique qui commençait à s’écarter de la vérité catholique. Une parole tomhée de la chaire de Saint-Pierre vint signaler le péril. Gerbet n'hésita pas un instant à se soumettre. se séparant de Lamennais qui avait été son maître et son ami. Pendant son séjour à Juilly, Gerbet réunit ses leçons d'histoire et de philosophie données aux élèves de cette maison, et il en forma un livre qui, sous Île titre modeste : Précis de l'histoire de la philosophie, dénote une science profonde exposée avec clarté et précision. Quelques années auparavant, il avait publié les Considéralions sur le dogme générateur de la piélé catholique qui assurera sa réputation de théologien et d'écrivain. Vers la même époque, Gerbet se mit à la tête d’un recueil religieux intitulé : L'Universilé catholique, où il inséra, entre autres travaux, des conférences sur le sacrement de pénitence, qui, de l’aveu des critiques aussi compétents qu'impartiaux, renferment des beautés de tout premier ordre. En 1838, Gerbet fut nommé chanoine de la cathédrale de Meaux. Il n’occupa ce poste que peu de temps. L'année suivante, il partit pour Rome. Il se proposait d'y passer quelques semaines seulement, mais il y fut retenu pendant dix ans. C'est là, que dans les loisirs d’une vie partagée entre les études littéraires et l'exercice des œuvres de pitié, il composa les premiers volumes de l'Esquisse de Rome chrélienne, ouvrage qui conquit tous les suffrages par la variété et la sûreté des connaissances qu'il révèle, autant que par le charme et la pureté du style. En 1848, Gerbet quitta Rome, et, avant de rentrer en France, il alla visiter Pie IX, exilé à Gaëte. L’'archevêque de Paris, Sibour, accueillit Gerbet avec joie, le logea dans son palais. et, afin de l'attacher à son diocèse, le fit nommer professeur d’éloquence sacrée à la Sorbonne. Un attrait irrésistible appela Gerbet auprès de son ancien collaborateur de Salinis, devenu évêque d'Amiens. De 1849 à 1854, Gerbet ne quitta guère l'asile que lui fit cette haute amitié, continuant sa mission de publiciste, et combattant avec courage les doctrines funestes qui menaçaient alors l’ordre social. En 1852, Gerbet se rallia au pouvoir de Napoléon ITT.et son adhésion exprimée publiquement avec l'élan et la fermeté qui caractérisent ses écrits, contribua à former le parti national qui fit prévaloir en France le principe de l'autorité. Décoré de la Légion d'honneur en 1852, comme vicaire-général honoraire de Paris et d’Amiens, Gerbet était destiné aux hautes fonctions ecclésiastiques. Le concile de Soissons tenu en 1849, et celui d'Amiens célébré en 1852 avaient émis un vœu pour la promotion de Gerbet à l’épiscopat. La vacance du siège de Perpignan fournit l’occasion à

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