‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 76 sur 227 · GOUY · texte numérisé non relu

GOUY

mort survenue Île 17 décembre 1891. Le docteur Gouell cultiva la littérature et écrivit des poésies à l'intention de ses amis. Mais ces œuvres légères, gaies ou mélancoliques, une fois composées et communiquées aux destinataires, le docteur Gouell ne s'en préoccupait plus. Ces feuilles volantes, un léger souffle suffisait pour les emporter sans retour. Celles qui ont pu être conservées par sa famille sont écrites en catalan roussillonnais. Elles auraient pu l'être en vieux français avec la même verve ct le même entrain. Gouell n’eut pas de prétentions littéraires. et c'était assez pour lui de mettre un sourire sur les lèvres de ses intimes ou une larme dans leurs yeux. Il employa, pour une galerie d'amis. le langage de l'intimité, et devint, par sentiment et par raison, un remarquable catalaniste.

Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

GOUY-D’AVRINCOURT (Charles-François- Alexandre de Cardevac de) naquit au château de Bouchy, en Picardie, le 16 mars 1699. Il était licencié en droit civil et en droit canon, vicaire-général de Noyon et de Cambrai, lorsqu'il fut nommé par le roi Louis XV, évêque d’Elne, inquisiteur de la foi et chancelier de l’Université de Perpignan, au commencement du mois de septembre 1743. Ayant reçu ses bulles de nomination le 16 décembre de la même année, il fut sacré le 9 février à Paris, dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice, par l'archevêque de Cambrai, assisté des évêques de Meaux et de Carcassonne. Ce prélat prit possession de son siège, par procureur, le 13 du même mois. Il fit son entrée solennelle à Perpignan Île 18 mars suivant, et fut reçu avec le même cérémonial que ses prédécesseurs. Le pontife en chape, sous le dais, avec crosse et mitre, fut accompagné en procession dans la ville par tout le clergé séculier et régulier. Arrivé à l'église Saint-Jean, il donna, au maître-autel, la bénédiction au peuple avec le Saint-Sacrement. Durant l’espace de quarante ans, cet évêque exerça dans le diocèse d’Elne un pontificat orné de vertus apostoliques. Il se distingua autant par la rigidité de ses bonnes mœurs que par sa régularité, sa science, sa simplicité et sa charité. Ses talents et ses vertus le firent respecter de tout le clergé de France. Dès le début de son épiscopat, une chapelle attenante à l’ancienne église de N.-D. dels Correchs ayant été supprimée et réunie au palais épiscopal, Charles de Gouy fitouvrir une porte dans la muraille pour avoir la facilité de pénétrer de l’intérieur de ses appartements dans l'église Saint-Jean. C’est par cette issue que le prélat passait nuitamment dans la cathédrale, pour se prosterner devant la . chapelle du Saint-Sacrement où il demeurait en prières durant de longues heures. Sa frugalité fut

non moins exemplaire. Sa réfection n'était composée, au dire d’un témoin oculaire, que d’un petit plat de salade crue et d’un autre plat d'amandes sucrées rôlies. Charles de Gouy fut souvent consulté par l’épiscopat français à cause de son savoir. C'est ainsi qu’il avoua un jour à son avocat, Jaume, que le fameux évêque de Saint-Pons, Bruyères de Chalabre n'avait jamais fait imprimer un seul de ses ouvrages sans les lui avoir communiqués et soumis au préalable. Les savants auteurs du Regula cleri, Salamo et Gelabert dédièrent cet ouvrage à l’Ordinaire du lieu, et dans l’épître qu'ils mirent en tête de leur œuvre, ils écrivirent un éloge des vertus et des qualités de Charles de Gouy. qui constitue un

véritable panégyrique de cet évêque. Le zète de son

âme pour la maison de Dieu lui inspira l’idée de promulguer un règlement en forme de mandement ou de décret, pour maintenir la décence et le respect dans les églises du diocèse. Cette pensée lui avait été suggérée par la constatation d’un abus déplorable : les orgues avaient l'habitude de jouer des airs profanes de musique durant les offices divins. Le projet de Charles de Gouy qu'il voulait faire homologuer par le Conseil souverain fut plusieurs fois repris et abandonné faute d'approbation de ce tribunal provincial. En 1777, l’évêque d’Elne prohiba, sous les peines les plus sévères, la procession nocturne du Jeudi-Saint qui sortait de l’église Saint-Jacques sur le coup de huit heures du soir pour n’y rentrer que le lendemain, vers les trois ou quatre heures du matin. Ce prélat n’autorisa que la procession en plein jour. Sur la fin de sa vie, iltint un synode. dans lequel le bureau diocésain eut à le défendre contre les attaques perfides d'un de ses prêtres. Marcé, curé de Corneilla-de-la-Rivière, avait accusé l’évêque d’Elne « d’avoir égaré la liturgie ». Cet ecclésiastique composa un rituel qu'il soumit à la commission synodale du diocèse. Celle-ci le rejeta. Le 24 janvier 1751, Charles de Gouy conféra la tonsure. dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice, avec la permission de l’évêque de Paris, à Joseph-Marie-Luc de Ponte d’Albaret. de Perpignan, son diocésain, qui fut élu évêque de Sarlat en 1777. Le 8 mai 1757. il donna la bénédiction abbatiale dans l’église d’Espira-de-l'Agly à Jacques de Cahors, élu abbé de Cuxa ; le 5 août 1759, il procéda à une semblable cérémonie, dans l’église du couvent de N.-D. des Enseignantes, de Perpignan, en faveur de Jean- Baptiste de Guanter. Le 10 juillet 1759. en vertu d’un décret de la congrégation des cardinaux interprètes du concile de Trente, il statua, qu'à l'avenir, cinq membres du chapitre seulement seraient tenus d'aller tous les ans célébrer les offices à Elne, le 25 juillet et le 7 octobre. D’après les termes d’un règlement en vigueur depuis la translation de leur

nm

résidence d'Elne à Perpignan (1602) tous les chanoines et l’évêque lui-même se trouvaient dans l'obligation de se rendre à Elne pour y célébrer les cérémonies du culte. Le 16 avril 1760, Charles de Gouy réduisit le nombre des fêtes d'obligation et en supprima trente. Cet acte fut confirmé par des lettres-patentes du roi. Le 27 mai de la même année, il bénit la première pierre qui fut posée dans les fondements de l'Université de Perpignan par de Saint-Affrique, lieutenant du roi, en l'absence du comte de Mailly, commandant de la province. Le 41 avril 1764, Charles de Gouy obtint du roi que l’abbaye de Fontfroide fut unie à la mense épiscopale, et cette union fut confirmée par Clément XIV. Le 9 avril 1777, il défendit, par une constitution synodale, aux ecclésiastiques, sous peine de censure, d'aller jouer dans les cafés et de fréquenter les spectacles. Le 9 avril 1781, il impétra de Pie VI l’union perpétuelle de l’abbaye sécularisée de N.-D. de la Réal à la mense épiscopale. En 1773, l'archevêque de Toulouse, chargé de la réforme des abbayes en Roussillon, vint à Perpignan, reçut les délégués, et ne pouvant leur faire accepter les conditions du rétablissement de la vie monastique, fit avec eux un arrangement établissant la sécularisation des monastères et des religieux. Les abbés de Saint-Martin du Canigou et de Saint-Michel de Cuxa déclarèrent vouloir accepter la réforme et s’opposèrent à toute composition. Charles de Gouy appuya chaudement leur opposition auprès du Conseil souverain et obtint que l'arrangement ne sortit pas son effet: Avant changé d'avis en 1771, sous l’influenge de l’abbé Tolra, prieur d’Espira-du- Conflent, ce prélat réunit les commissaires des trois chapitres d'Arles, de Cuxa et de Saint-Martin du Canigou, pour régler une ligne de conduite définitive. Le 3 septembre 1782, Charles de Gouy fit opposition par un acte public à l'exécution d’une bulle de Pie VI, en date du 22 janvier 1781, pour la suppression du monastère de Saint-Martin du Canigou et la sécularisation des moines et de l’abhé. Cette bulle n’en fut pas moins exécutée avec les formalités requises vers le milieu de l’année. Le 18 juillet 1779, Louis XVI donna un coadjuteur à Charles de Gouy, dans la personne de Jean-Gabriel d'Agay. Par son testament du 27 février 1783, Charles de Gouy légua ses biens à partager entre les pauvres, au choix de ses exécuteurs testamentaires, les chanoines Laboissière et Rovira, et l’hospice de la Miséricorde de Perpignan. Cet évêque mourut à Espira-de-l'Aglv, dans la maison rurale de l'évêché, le 1” mars 1783, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Ses entrailles furent ensevelies dans le chœur de l'église paroissiale de cette commune. Son cœur fut porté au château de Gouy, en Artois, et son corps

GOYMES — GRANIER

dans l’église Saint-Jean de Perpignan, où il reçut la sépulture le 6 mars, devant le maître-autel, du côté de l'épitre. Sa modeste épitaphe, conservée dans l'église cathédrale, se compose d’une pierre, sur laquelle sont gravées une croix, une crosse et une mitre en creux avec la légende suivante : 1783, DE GOvI. Le sépulcre de ce pontife ayant été ouvert en 1791, son corps y fut trouvé entier et sans tâche, tel qu'il était lorsqu'il y fut enseveli. Son blason portait : d'a:ur, semé de mouchetures d'hermine, au comble de sable.

Archives des Pyr.-Or.. G. 3, H. 70. — Puiccart, Calalogue

biographique des évêques d’Elne. — Mémoires de Jaume. — DE Boxxeroy, Epigraphie roussillonnaise.

GOYMES (Denys), né à Perpignan, entra dans l'ordre des Carmes et fut un partisan actif de la domination française en Roussillon lors de la révolution catalane de 1642. Il ne se borna pas à précher l'insurrection en faveur du gouvernement de Louis XIIT, dès l’origine des troubles de la province, mais encore il porta les armes dans tous les combats et tua, à lui seul, plus de deux cents officiers ou soldats castillans. En récompense de ses états de service, Lamothe-Houdancourt, capitaine général de Catalogne, Roussillon et Cerdagne, le nomma à vie aux fonctions de chapelain du château de Perpignan.

Archives des Pyr.-Or., B. 394.

GRADAFFRE était orfèvre à Ille-sur-Tet en 1711. Le 17 septembre de cette année-là, Augustin de Agosti, orfèvre de Perpignan, lui fit la remise d’une somme de soixante-dix-neuf livres pour l’exécution

du pied en argent de la grande croix de l'église paroissiale de Saint-Etienne d'Ille.

Archives des Pyr.-Or.. G. 790.

GRAFFAN (Sauveur) naquit à Thuir en 1757. Il était licencié en droit et homme de loi dans son village natal lorsque, le 30 avril 1789, les électeurs du Tiers-Etat le désignèrent comme député aux Etats généraux, en remplacement de J.-B. Moynier, démissionnaire. À l'expiration de son mandat, Sauveur Graffan retourna dans le Roussillon et fit partie de divers conseils du département. Sous le Directoire. il fut commissaire du Directoire exécutif du canton de Thuir.

Abbé ToRrREILLEs, Les élections de 1789 en Roussillon.

GRANIER (Pierre) fut nommé procureur et trésorier général en Roussillon et Cerdagne, après l’annexion de cette province à la couronne-de France. sous Louis XI (1462). Juge du patrimoine royal, ce fut lui qui rendit la sentence déclarant confisqués au nom de son souverain et acquis à Jean de Foix.

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