GRANIER — GRÉGOIRE
comte de Candale, tous les biens des « demourans et habitants tant en la ville de Barcelonne que ès autres villes et lieux du pays de Cathaloigne, tenans leur partie comme ennemis du roy, nostre dit sire, rebelles rt desobeissans au roi d'Aragon, leur souverain syre, ami et allié du roy nostre dit syre ». Pour sa part, il reçut, de Louis XI, concession de la baronnie de Tresserre, qui fut confisquée au chevalier Gérald de Queralt. En 1465, Pierre Granier fut remplacé dans sa charge par Michel dez Vivers, chevalier.
Archives des Pyr.-Or., B. 283, 284, 286, 291, 408.
GRANIER de CASSAGNAC (Louis) naquit à Averon-Bergelle (Gers) en 1813. Il était Le frère cadet d'Adolphe Granier de Cassagnac, publiciste et homme politique français. Entré dans les ordres sacrés, il suivit par goût la carrière de l’enscignement et fut successivement à la tête des collèges de Foix et de Tulle. Un décret impérial, en date du 14 juillet 1855, nomma l'abbé Granier de Cassagnac principal du collège de Perpignan, en remplacement de Calisti, promu inspecteur d'Académie. Durant vingt ans, il occupa cette situation honorable. L'abbé Granier de Cassagnac, qui était chanoine honoraire des diocèses de Pamiers et de Perpignan, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 13 août 1864. Admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1876, il eut pour successeur, cetle année-là même, à la direction du collège de Perpignan, M. Alphonse Lutrand, promu depuis chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'Instruction publique. L'abbé Granier de Cassagnac mourut à Perpignan le 1° octobre 1878. Son corps repose au cimetière Saint-Martin, dans un mausolée en marbre blanc dû au ciseau du sculpteur roussillonnais Gabriel Faraill. Sur ce monument funéraire se distingue un médaillon reproduisant les traits du chanoine défunt.
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
GRAS (Pierre), peintre de Perpignan, vendit aux consuls de Torrelles, le 15 juin 1332, moyennant le prix de soixante-sept sols six deniers, quinze boucliers ou écus en bois que cette commune acheta pour se défendre contre les Gênois ou d'autres ennemis. Ce peintre est encore nommé dans un acte du » septembre suivant, et le 12 mai 1333 on mentionne sa maison siluée dans la rue de la selleria. Le 9 août 4337, Pierre Gras vendit une maison sise près la porte Sainte-Marie du Pont, en qualité de curateur donné par la cour du bailli de Perpignan à Jean et Guillaume, fils mineurs de sa fille Saurina, épouse de défunt Mathieu Estève, pareur de cette ville. On retrouve plus tard deux autres peintres du nom de Gras, qui étaient sans doute des descendants de
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Pierre Gras. En 1409, Jacques Gras, peintre, recevait des quittances de payements faits sur les leudes et revenus de Collioure.
Archives des Pyr.-Or.. B. 201. — ALarT, Notes historiques sur la peinture el les peintres roussillonnais, dans le XIX° Bulletin
de la Société Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrénées- Orientales.
GRAU (Jean-Marie) était abbé de Saint-Génis des Fontaines en 1785. Les religieux de ce monastère demandèrent, contre l'avis de Jean-Marie Grau, des lettres-patentes pour être exemptés de la juridiction de l’abhé de Montserrat et placés sous celle de l’évêque d'Elne. Mais le pape ne fit droit à leur requête qu’au mois de décembre 1785, sur la demande que lui avait adressée Jean-Gabriel d'Agay, alors évêque du diocèse d’'Elne. En 1785, Jean-Marie Grau eut pour successeur dom Conill. à la tête de l’abbaye de Saint-Génis. Il prèêta le serment en 1791 et devint curé constitutionnel du Soler ; il passa ensuite à la paroisse de Saint-Laurent et mourut avant le Concordat de 1801.
Mémoires de Jaume.
GRAVILLE (Le comte de), licutenant-général des armées du roi Louis XV et inspecteur général de cavalerie, fut nommé commandant du Roussillon en l’absence du gouverneur de Noaïlles. et lieutenant-général à la suite de la disgwräce du maréchal de Mailly. le 1° novembre 1753. Dans son brevet, il ne fut pas fait mention de son prédécesseur et on ne lui donna pas Île titre de lieutenant-général. Aussi, le cérémonial de sa réception, qui eut lieu le 3 oclobre 1755, mit dans l'embarras le Conseil souverain. Les magistrats de ce tribunal le reçurent avec Îles honneurs dus aux licutenants-généraux. Le marcchal de Mailly ayant obtenu, gräce à l'influence de Madame de Pompadour, de revenir en Roussillon avec le titre de licutenant-général, le comte de Graville fut fait, le 25 mai 1758. wencral de l'armée de Bretagne.
Mémoires de Jaume.
GRÉGOIRE I fut abbé de Saint-Michel de Cuxa depuis l’année 1121 jusqu'en 11445. Le 27 novembre 1130, ce prélat reçut du pape Innocent Il une bulle qui confirmait les domaines, privilèges ct immunilés que ses prédécesseurs avaient antéricurement concédés à Fabbave., Le 9 novembre 1134, Grégoire, abbé de Cuxa, passa une transaction avec Udalgar de Castellnou, évêque d'Elne. En vertu d'un acte d'échange. ce dernier acquit lPéglise de Notre- Dame d'Espira-de-l'Agly et céda à Grégoire celle de Saint-Vincent de Ria. L'abbé de Cuxa, qui fut élevé au siège archiépiscopal de Tarrasone en 1140, ne
discontinua pas d’administrer l’abbaye de Saint- Michel jusqu'au jour de sa mort, survenue en 1145.
Fonr, Histoire de l'Abbaye royale de Saint-Michel de Cuxa.
GRÉGOIRE II fut nommé abbé de Saint-Michel de Cuxa en 1175.
FOoNT, op. cil.
GRIMAU, riche habitant de Perpignan, eut occasion de rencontrer saint François d'Assise. lors du passage du thaumaturge dans cette ville, en 1211. Il fut tellement édifié de son ardente et austère piété, qu'il ambitionna l'honneur de l’héberger dans sa maison, située dans la rue Mailly actuelle (ancien palais épiscopal). La proposition ayant été faite au saint, celui-ci finit, après quelques hésitations, par accepter cette généreuse invitation. Grimau, rempli de joie, l’entraina chez lui, ainsi que son compagnon. Diverses questions furent posées aux pélerins sur leur pays, leur état religieux et le but de leur voyage. François d'Assise répondit avec un sage abandon aux interrogations de Grimau. Les discours du saint touchèrent son cœur, à tel point qu'il offrit à l’illustre fondateur d'ordre, la chapelle particulière qu’il possédait à proximité de la ville, avec un terrain suffisant pour y construire un monastère. François d'Assise accepta de grand cœur l'offre et établit lui-même un modeste couvent dans ce lieu. Ce monastère, agrandi dans la suite des siècles, devint le couvent que des Cordeliers occupèrent jusqu’à la venue de la Révolution (actuellement l'hôpital militaire, situé sur la rue Grande Saint- Martin).
ToLrA DE Borpas, L'Ordre de Saint François d'Assise en Roussillon.
GRIMAU (Pierre), bourgeois de Perpignan, obtint du roi d'Aragon, Pierre III, exemption de leudes et autres franchises, avec faculté pour lui et ses descendants de pouvoir être élevés à la dignité de chevalier. Il eut deux fils: Vital et Ermengaud.
Archives des Pyr.-Or., B. 375.
GRIMAU (Ermengaud), bourgeois de Perpignan, fils du précédent, servit de caution, en 1381, au changeur Barthéleray Gari, qui avait emprunté la somme de quinze cents florins d'or à François de Bellcastell, seigneur de Vilallonga-de-la-Salanca. Ermengaud Grimau épousa Marguerite, fille de ce financier, et eut d'elle un enfant appelé aussi Ermengaud. En 1419. Ermengaud Grimau cèda les droits seigneuriaux qu'il possédait sur les lieux de Thuir, à la suite du rachat des revenus royaux effectué par les Corts de Catalogne.
Archives des Pyr.-Or., B. 197, 214.
GRÉGOIRE — GRIMAU
GRIMAU (Ermengaud), clerc-marié de la ville de Perpignan, fut arrêté par ordre de Louis de Perellos, lieutenant du gouverneur des comtés de Roussillon et de Cerdagne, Il était accusé d’être un des auteurs de l'assassinat de Guillaume Amarell, commis le 6 juin 1436. La liberté du prévenu ayant été réclamée d'une manière inconvenante par un prêtre, commissaire de l’official, Louis de Perellos fit aussi arrêter cet ecclésiastique. L’évêque d’Elne, Galcerand Albert, lança immédiatement l'interdit sur la ville. Le lieutenant irrité fit saisir les revenus de l'évêché, et malgré les ordres de la reine, maintint le séquestre « attendu, disait-il, que selon les stils, on n'admet pas l'imposition d'’interdit en ce pays, et que, s’il y en a eu d’imposés, les évêques durent avouer qu'ils ne pouvaient le faire, et ils furent obligés de les retirer et de se soumettre ».
Archives des Pyr.-Or., B. 245.
GRIMAU (Pierre), bourgeois de Perpignan, reçut de Ferdinand [°, roi d'Aragon, le titre de châtelain et bailli de Collioure.
GRIMAU (Jean), bourgeois de Perpignan, fut nommé en 1425, par Alphonse V, à l'office de garde de la Monnaie de Perpignan. Le 6 mai 1457, les consuls de Perpignan députèrent Jean Grimau, auprès du roi d'Aragon, alors en Italie pour demander à ce souverain l'autorisation de fabriquer des réaux. Jean Grimau rejoignit Alphonse V à Naples, d’où il écrivit, le 15 juillet 1457, aux consuls de Perpignan, pour rendre compte de sa mission. Le roi répondit lui-même ensuite aux consuls, le 29 juillet suivant et autorisa la fabrication demandée.
Archives des Pyr.-Or., B. 225. — Coson, Recherches sur les monnaies qui ont eu cours en Roussillon.
GRIMAU (Jean-Antoine), bourgeois de Perpignan, refusa de reconnaître la domination de Louis XI sur le Roussillon. Ce prince donna les biens de Jean-Antoine Grimau à Antoine de Brive, dit d'Armagnac, homme d'armes de la garnison du château royal de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or., B. 318, 323.
GRIMAU (Antoine) fut viguier de Roussillon, en 1493, lors du retour de la province de Roussillon à la couronne d'Aragon. Il eut un fils du nom de Philippe.
Archives des Pyr.-Or., B. 415.
GRIMAU (Vital) alla s'établir à Barcelone, durant le xvr siècle, et sa maison se partagea en
GRIMAU — GRUMET
deux branches, dont l’une subsistait encore au dernier siècle, et dont l’autre se fondit avec la famille des comtes de Fuentes.
Xaupi, Recherches historiques sur la noblesse des citoyens honorés de Perpignan et de Barcelone.
GRIMAU (François) était consul de Perpignan en 1511. Un autre François Grimau s’inscrivit comme membre de la nouvelle confrérie de Saint- Georges, fondée à Perpignan le 3 août 1562. Jeanne Grimau, sœur de ce dernier, avait épousé Jean d'Ortafa. Restée veuve, elle convola en secondes noces avec Alexis Albert, seigneur de Pontella. Elle mourut en 1636 et laissa sa succession à son neveu, François Grimau qui, lui-même, mourut sans enfants et eut pour héritier sa veuve, Marina de Llupia.
Archives des Pyr.-Or., B. 374, 420. — ALarT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, 2° série.
GROS (Raymond), fondeur de Perpignan. En 1354, Guillaume Sabater et Raymond Cavalleria, tous deux de Finestret, reconnurent devoir à Raymond Gros et à Jean Quer, fondeur de Villefranchede-Conflent, six livres barcelonaises de tern, restant à payer de la plus forte somme, à eux due, à raison d'une cloche fondue pour l’église de Finestret. On retrouve Raymond Gros à Montpellier en 1370, année où il refondit, avec Jean Garbier, de Castres, les cloches moyennes de Notre-Dame des Tables.
PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.
GROSSET (André), né en 1750, chevalier de la Légion d'honneur, ancien maire de Perpignan, mourut dans cette ville le 22 mai 1837. Il traversa toutes les crises politiques qui, depuis 1789, agitèrent la France, sans que, dans les fonctions publiques où il fut appelé, il se créât un ennemi. L'aménité de son caractère et son extrême obligeance firent de sa maison, pendant de longues années, un centre de société qui ne fut pas sans quelque éclat par les hommes qui y parurent. Les généraux Lannes, Augereau, Pérignon, Scherer, Duchesme. Verdier, que les guerres de la Révolution et de l'Empire virent figurer dans les armées des Pyrénées-Orientales, honorèrent André Grosset de leur amitié et ne l’oublièrent pas, arrivés au faîte de leur gloire militaire. Le général Duphot lui conservait même une vive reconnaissance, car il lui avait sauvé la vie dans une émeute qui eut lieu à la paroisse Saint-Jacques, quand on rendit les églises au culte religieux. Lorsqu'en 1793, la population de Collioure se retira devant l’armée espagnole, André Grosset « offrit sa main » aux habitants. Il fut élu
maire de Perpignan en 1827, en remplacement du baron Joseph Desprès, démissionnaire, et garda ces fonctions jusqu'en 1830. Sa dépouille mortelle repose dans le cimetière de la commune de Bompas.
Articles nécrologiques insérés dans divers périodiques.
GROSSET, commissaire du roi près la Monnaie de Perpignan, fut un des membres fondateurs de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, en 1833. Il fut ensuite appelé à la Monnaie de Paris. Grosset a publié :
Moyen de dislinguer les pièces fausses de 24 et 48 fr. (Société Agricole, T);
Compte rendu des travaux de 1835 (id., Il);
Des élablissements monélaires de Catalogne et de leur influence sur la guerre de 1808 (id., IT);
Des pièces coulées ou altérées qui sont en circulation comme monnaie d'argent (id., FD) ;
Note sur un établissement monétaire en Calalogne (id., IV);
De la valeur monélaire en France et en Catalogne et types de monnaies roussillonnaises (id., V) :
Rapport sur un extrait d'un mémoire sur les torrentsrivières (id., VI) ;
Île Sainte-Lucie (Aude), en collaboration avec
MM. Caffe et Companyo (id., VI).
Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.
GRUMET DE MONTPIE (Jean-Marie), soixante-quatrième et dernier abbé de Saint-Martin du Canigou, était né en 1742. Il fut élevé à la dignité abbatiale, le 1°" septembre 1779, en remplacement de Jean-Jacques de Durfort, décédé depuis le 16 février de cette même année. Le jour de son entrée en fonctions, Jean-Marie Grumet de Montpie fit sa profession de foi et jura de persévérer dans l’obéissance à l’église romaine, entre les mains du vicairegénéral de Charles de Gouy, évêque d’Elne. Une bulle de Pie VI en date du 21 janvier 1781, porta suppression du monastère de Saint-Martin et sécularisation des moines et de l’abbé. Le 3 septembre 1783 arrivèrent aux portes du monastère du Canigou, Jean- André Cappot, conseiller au Conseil souverain du Roussillon ; Joseph Jaume. substitut du procureur général ; l’abbé Soléra, curé d’Olette, commissaire nommé par Mgr d'Agay et le secrétaire de l'évêché. Cette commission était chargée de procéder à la sécularisation de l’abbé et des bénédictins de Saint-Martin du Canigou. Ceux-ci étaient au nombre de six : l’abhé dom Grumet de Montpie; dom de Collarès, aumônier ; dom Terrats, prévôt majeur ; dom Cavailhon, prévôt mineur ; dom Sicart. sacristain et dom Bordebila, camérier. Jean- André Cappot fit lecture en leur présence de l'arrêt
de sécularisation des religieux porté par le Conseil souverain, en date du 27 août de la même année. Au nom de ce tribunal, il leur enjoignit de lui faire la remise des archives de l’abbaye : le dépôt des papiers du couvent et du chapitre devait s'effectuer à Perpignan. On dressa ensuite un inventaire des objets du monastère, de l’église et de la sacristie ; on mura l'église souterraine et on ferma à clef la porte de l’église supérieure. Au dire des témoins euxmêmes, ces diverses cérémonies offrirent un spectacle lugubre et attendrissant. « La tristesse était peinte sur tous les visages ; les commissaires et les moines eux-mêmes qui avaient demandé cette suppression et leur sécularisation, avaient peine à retenir leurs soupirs et leurs larmes... » Le narrateur catalan Martin Maury, pagès du lieu de Vernetles-Bains qui a laissé une relation inédite de ce que nous détaillons ici, se faisant l’écho des sentiments de Jaume, dit d'un ton navrant: « Era una consternacio de ohir los plors de lota la gent que eran al dit convent quant lancaren las dilas portes, no sols ells, mes encara los planys y llementos feyan los monjos al moment de llur depart per un sempre de eix desert lant agradable, y aver de deixar eixas yglesias y capella de Sant Galderic, com une preso, ab quatre parets desgornidas dels mes bonichs adornos se pogues veurer. » Üne procession s’organisa sur le champ pour opérer la translation des célèbres reliques de saint Gaudérique. L'autorité diocésaine avait donné ordre de les déposer, en attendant, dans l’église de Villefranche-du-Conflent. Elles arrivèrent dans cette ville le 7 septembre 1783 et elles y demeurèrent jusqu'au dernier jour de cette même année. A cette date, les perpignanais, envahis par les inondations, avaient fait vœu d'implorer le secours de ce saint cher à leur cœur pour obtenir la cessation des pluies. Huit prêtres de la communauté ecclésiastique de Saint-Jean vinrent chercher les restes précieux de saint Gaudérique pour les porter processionnellement au chef-lieu de la province. Le cortège arriva à Perpignan le 5 janvier 1784. Depuis ce jour, les reliques de saint Gaudérique font partie du trésor de la cathédrale. Le 7 août 1786. on retira les cloches du magnifique clocher qu’on admire encore de nos Jours. « Las unas, dit le chroniqueur cité plus haut, anaren à Perpinya, y la mes grossa de totas, fou enviada à Olot que fou plassada à la Mare de Deu del Tura. » Les ornements sacerdotaux, les vases sacrés et les reliques qui, depuis deux ans, étaient en dépôt dans l'église de Villefranche, furent distribués, par décret épiscopal, entre les diverses paroisses jadis du ressort de l'abbaye. Le 10 août, les marguilliers de Vernelt-les-Bains, de Sahorre, de Mantet, de Marquixanes et d'Oreilla reçurent chacun une petite part de ces objets religieux. Un arrêt du Conseil
GUADANYA — GUANTER
souverain de Roussillon, à la date du 8 avril 1785, après avoir disposé des biens, revenus et meubles du monastère. « ordonna en outre que le mausolée, la statue ou buste du fondateur du monastère qui est en marbre blanc, portant une inscription en lettres gothiques, seront transportés de l’église principale de Saint-Martin où ce buste est placé, dans l'église de Castell. » Ce dispositif de l'arrêt reçut son exécution le 14 août 1786. Peu d'années après, la statue fut brisée et les cendres du fondateur, le comte Guifre. jetées au vent. Après la sécularisation de l'abbaye, Jean-Marie de Montpie continua à recevoir les revenus de son ancienne dignité. [l eut pour fondé de pouvoirs, Jean Besombes, avocat et receveur général des Domaines. Dans une des réclamations aux administrations départementales, il estimait ses revenus à environ 21.000 livres. Grand vicaire de l'archevêque de Toulouse, Jean-Marie Grumet de Montpie refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé, lors de la cérémonie qui eut lieu, à cet effet, à l'issue de la messe paroissiale, dans la nef de l’église métropolitaine, le dimanche 6 mars 1791. Il administra ensuite, durant quelque temps, le département de l’Ain et fut condamné à mort par la commission révolutionnaire séante à Lyon, et exécuté le 14 février 1793.
Abbé SaLvax, Histoire de l'Église de Toulouse, t. 1vV. — Abbé
J. CAPEILLE, Les derniers jours de l'abbaye de Saint-Marlin du Canigou dans le 47° fascicule du Journal Illustré des Pyr.-Or.
GUADANYA (Pierre), peintre de Perpignan, dora, en 1045, le nouveau retable de l'autel de N.-D. du Rosaire. érigé dans l’église de Banyuls-dels- Aspres. Deux ans plus tard, cet artiste peignit le retable de la chapelle de la confrérie du Précieux- Sang, à Canet.
Archives des Pyr.-Or., G. 726, 751.
GUANTER (Emmanuel de), de Prats-de-Mollo, reçut une lettre du maréchal de Schormberg, en date du 14 octobre 1648. qui lui concédait le privilège de noblesse. Ayant ensuite adopté le parti de l'Espagne, Emmanuel de Guanter vit ses biens donnés, le 13 décembre 1653. à Jacques Torres, chanoine d'Urgell.
Archives Pyr.-Or., G. 394.
GUANTER (Jean-Baptiste de), était simple clerc, en 1724. lorsqu'il reçut nomination à un bénéfice fondé à l'autel du Saint-Sacrement dans l’église Saint-Jacques de Perpignan. Prêtre-profès de l’ordre
de Saint-Benoîit, il devint aumônier de l’abbaye de
Saint-Michel de Cuxa. Il fut ensuite nommé à la dignité abbatiale, en remplacement de Jacques de Cahors. Le brevet royal est du 14 janvier 1759; ses
GUARDIA
bulles furent données à Rome le 24 avril suivant; le Conseil souverain les enregistra le 21 juillet. Le surlendemain, Jean-Baptiste de Guanter prit possession de l’abbaye par procureur, et le 8 août la bénédiction lui fut donnée solennellement par l'évêque d’Elne, Charles Gouyÿ-d’Avrincourt, dans l’église du couvent de N.-D. des Enseignantes, à Perpignan. Il administra l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa durant vingt-deux ans. Jean-Baptiste de Guanter fut nommé vice-président de la congrégation de Tarragone. Revêtue de lettres-patentes du roi, du 9 décembre 1769, enregistrées au Conseil souverain de Roussillon le 29 mai 1769, cette nomination lui conférait le droit et le privilège d'exercer comme supérieur majeur la juridiction sur les trois abbayes d'Arles, de Cuxa et de Saint-Martin du Canigou, de juger les appels des jugements rendus par les abbés ou par les supérieurs qui exerçaient sa juridiction en son absence, et toutes les causes et contestations élevées entre ceux-ci et leurs inférieurs. Jean-Baptiste de Guanter mourut à Perpignan dans sa maison paternelle, le 7 mai 1781.
Archives des Pyr.-Or., G. 558, H. 70. — Mémoires de Jaume.
GUARDIA ou GARDIA (Bérenger de), exerçait les fonctions de viguier pour les comtes de Roussillon, dès l’année 1139. On retrouve ce personnage revêtu de la même fonction en 1151, 1153, 1160; il paraît ensuite avec Île titre de viguier de Perpignan, en 1172 el 1174. Ce titre nouveau ne signifie pas que les attributions de Bérenger de Guardia fussent circonscrites à Perpignan seulement, puisque cette ville avait et continua d’avoir un bailli spécial et l'ancien viguier exerça en 1172, sous le premier roi d'Aragon, les mêmes charges que sous les comtes de Roussillon. La mention spéciale de sa viguerie n'était pas nécessaire sous la domination comtale puisqu'il était le seul viguier des seigneurs du Roussillon ; maïs lorsque cette province se trouva sous la même dépendance que la Cerdagne, il fut obligé de s’intituler viguier de Perpignan pour se distinguer de ses collègues de Villefranche et de Llivia. Le 21 juillet 1147, Bérenger de Guardia fit la donation d'une maison au couvent des Augustins établi à Espira-de-l’Agly. La viguerie de Roussillon devint vacante probablement par suite du décès sans enfants de Bérenger de Guardia. et le roi Alphonse I" en disposa en faveur d'un personnage considérable, Raymond de Villademuls.
ALART, Privileges el litres relalifs aur franchises, institutions el proprieles communales de Roussillon el de Cerdagne.
GUARDIA (Pons de) est cité par la Chronique de Benter parmi les seigneurs catalans qui se trouvèrent à la bataille de Las Navas de Tolosa, en 1212.
GUARDIA (Jean de), suivit le comte de Roussillon dans une expédition en Terre-Sainte, en 1249.
DE Macwy, Livre d'or de la noblesse en France, Paris, ruc des Moulins, 1844.
GUARDIA (N.-G. de) de Montserrat, fut un des témoins qui jurèrent La constitution donnée, en 1218, par Jacques [”, roi d'Aragon sur la trêve et la paix.
Archives de la famille.
GUARDIA (Raymond de), fut un des signataires du contrat de mariage conclu à Montpellier, le 13 juin 1262, entre l’Infant Pierre d'Aragon et Constance, fille de Mainfroy, roi de Sicile, devant les portes de Notre-Dame des Tables.
Devic et VaissETTF, Hisloire générale de Languedoc.
GUARDIA ou SA GUARDIA (Raymond de), Templier du Mas-Deu. membre de l'illustre famille de Pinos, père de Pons de Guardia, seigneur de Canet, fut reçu Templier à Saragosse en 1274 ct nommé précepteur du Mas-Deu en 1292. On le retrouve en Roussillon, comme témoin du testament du roi Jacques l° de Majorque, fait dans la chapelle royale du château de Perpignan, le 6 février 1306 : il se rendit ensuite en Catalogne, où il se trouvait encore avec son titre de commandeur du Mas Deu. lors de l'arrestation des Templiers. et en qualité de lieutenant du Maître du Temple pour la province d'Aragon. En Catalogne, tous les membres de l'Ordre s'étaient préparés à la résistance et frère Raymond Sa Guardia. se trouvant au château de Miravet, reçut, le 20 janvier 1308, une lettre du roi d'Aragon qui lui enjoignait de comparaître avec tous ses subordonnés devant le concile de Tarragone. Ils refusèrent de se présenter et se retirèrent dans divers châteaux où ils se fortifièrent. Le 16 mai, le roi d'Aragon écrivit de nouveau pour intimer aux Templiers qui se défendaient dans le château de Miravet d’avoir à se soumettre au jugement de l'inquisiteur. Raymond Sa Guardia répondit que ses frères et lui se soumettraient volontiers à la résolution que prendrait le Pape si, avec le conseil de ses cardinaux. il supprimait l'ordre du Temple et leur mandait d'entrer dans un autre ; mais ils refusaient toute obéissance si on les accusait d'hérésie, parce que, dans ce cas. ils préféraient mourir les armes à la main. Un mois plus tard, tous les châteaux des Templiers étaient soumis. Quant à Raymond Sa Guardia, une lettre du roi en date du 26 décembre 1308 lui permit d'abord de rester prisonnier dans le château de Miravet, mais il fut bientôt conduit à Lérida, puis ramené une seconde fois à Miravet et enfin à Barcelone. Le roi de Majorque réclama son extradition et, confor. mément à cette demande, frère Raymond écrivit au
Pape et au roi d'Aragon pour être conduit en Roussillon. Sa lettre au Pape est datée de Barcelone, le 7 juin 130$. L'autorisation apostolique lui fut expédiée d'Avignon le 8 août suivant, et peu de temps après, le Commandeur du Mas Deu rentrait dans cette ferté où ses anciens subordonnés, devenus ses compagnons d'infortune, attendaient depuis deux ans leur jugement. Le 20 janvier 1310, le Précepteur du Mas Deu parut devant la commission chargée de juger les Templiers. Il déclara s'appeler frère Raymond de Guardia, chevalier, Précepteur de la maison du Mas Deu, de l’ordre de la chevalerie du Temple. au diocèse d’Elne. Comme pour les autres frères, on lui expliqua toutes les questions « en langue vulgaire ». La première était ainsi conçue : « Quoique l’ordre du Temple prétende avoir été saintement institué et approuvé par le Siège Apostolique, cependant chaque membre, lors de sa réception, ou peu après et aussitôt qu'il peut en trouver le moyen, renie le Christ, quelquefois le crucifix, Jésus, Dieu, la Sainte Vierge ou tous les saints et saintes de Dieu, selon les instructions ou injonctions de ceux qui l'ont reçu. -- Tous ces crimes, dit-il, sont et me semblent horribles, extraordinairement affreux et diaboliques. — Ne disent-ils pas que le Christ est faux prophète ? — Je ne crois pas pouvoir être sauvé, si ce n’est par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est le vrai salut de tous les fidèles, qui a souffert la passion pour la rédemption du genre humain et pour nos péchés, et non pas pour les siens, car il n’a jamais péché et sa bouche n'a jamais menti. — Ne font-ils pas cracher sur la croix et ne la foulent-ils pas aux pieds ? — Jamais. C'est pour honorer et glorifier la très sainte croix du Christ et la passion que le Christ a daigné souffrir en son très glorieux corps pour moi et pour tous les fidèles chrétiens, que je porte, ainsi que les autres frères chevaliers de mon ordre, un manteau blanc sur lequel est cousue et attachée la vénérable figure d’une croix rouge, en mémoire du sang à jamais sacré que Jésus-Christ a répandu pour ses fidèles et pour nous sur le bois de la croix qui vivifie. J'ajoute que, tous les ans, le jour du Vendredi-Saint, les Templiers viennent sans armes, la tête et les pieds nus, pour adorer la croix, à genoux devant elle. C’est ce que font aussi, chaque année, tous les frères de l'ordre, aux deux fêtes de la Sainte-Croix des mois de mai et de septembre, en disant : Nous l’adorons, Christ, et Le bénissons, loi qui par la sainte croix as rachelé le monde. Seulement, dans ces deux fêtes de la Sainte-Croix, ils ne viennent pas l’adorer les pieds nus ». Interrogé sur les déréglements de mœurs dont l’ordre était accusé, il les repoussa avec la plus vive énergie. — « Selon les statuts du Temple, s'écria-t-il, celui de nos frères qui commettrait un péché contre nature, devrait
GUARDIA
perdre l’habit de notre ordre ; les fers aux pieds, la chaîne au cou et les menottes aux mains, il serait jeté à perpétuité dans une prison pour y être nourri du pain de la tristesse et abreuvé de l’eau de la tribulation tout le reste de sa vie. Il repoussa de même toutes les autres accusations du questionnaire, et s’expliqua ainsi sur sa réception. « Ce fut frère Pierre de Montcada, alors maître ou précepteur en Aragon et Catalogne, qui me reçut en qualité de frère de l'ordre du Temple, dans la chapelle de la maison de Saragosse, le dimanche après la fête de saint Martin, il y a environ trente-cinq ans, en présence et avec l'assistance de Guillaume de Miravet, de G. de Montesquiu, d’'Arnald de Timor, de Raymond de Montpavo, frères du Temple, et de plusieurs autres frères du même ordre aujourd'hui décédés. »
Quant au mode de sa réception, il l’exposa dans les termes déjà employés par Barthélemy de la Tour, et il déclara qu'il s'y était conformé, comme précepteur du Mas Deu, pour tous les frères par lui reçus dans la chapelle de cette maison. Peu de temps après, l'archevêque de Tarragone déclara Raymond de Guardia absous et innocent de tous les crimes qui lui étaient imputés, et il lui assigna une pension viagère, à partir du 15 octobre 1313. Depuis cette époque on ne trouve aucune trace de l'existence de l'ancien commandeur du Mas Deu. Pons de Guardia, frère cadet de Raymond, fut le père de Raymond et de Guillaume de Canet.
ALART, Suppression de l'ordre du Temple en Roussillon — Abbé J. Capelle, Précis historique sur la seigneurie de Llo.
GUARDIA (Jean de) servit en qualité de commandant sur la flotte de Pierre IT, roi d'Aragon, sous les ordres de Raymond Marquet, lorsque ce prince alla se faire proclamer roi de Sicile à Palerme. en 1282. On retrouve Jean de Guardia en 1285, commandant une douze des voiles qui défirent la flotte française commandée par Enguerrand de Bailleul.
Archives de la famille.
GUARDIA (Pierre de) fut témoin, en 1300. d’un accord fait entre les habitants d’Arles-sur-Tech et l'abbé du couvent de Notre-Dame de cette ville.
Archives de la famille.
GUARDIA (Jacques de) était notaire à Arlessur-Tech en 1348, ainsi qu’il conste d’un testament reçu par lui en faveur du monastère de cette ville. En 1346, Bernard Guardia instrumentait aussi comme notaire du monastère de Corneilla-du-Conflent. Pierre Guardia était bailli de Rodès en 1381 ; en 1416, il se dit damoiseau et domicilié à Eus. On trouve,
GUARDIA 253
en 1468, dans cette même localité, le chevalier Picrre- Jacques de Guardia.
Archives de la famille. — Archives des Pyr.-Or., G. 478.
GUARDIA (Jean de) régla en 1387, comme arbitre. un différend élevé entre certains membres de la communauté ecclésiastique de la Réal. En 1420, il effectua le payement d'un cens dû au bénéfice de Sainte-Marie-Madeleine, fondé au sein de la collégiale Saint-Jean de Perpignan.
Archives des Pyr.-Or.., G. 369, 396.
GUARDIA (Philippe de), qualifié d’ «illustre », vivait à Barcelone en 1522. Il épousa Marie Gonzalve dont il eut un fils : Jean. Celui-ci se maria en 1545 à Thérèse Domenech. qui laissa un enfant auquel on imposa le prénom du père. En 1579. on donna Île nom de Philippe de Guardia à l’une des plus belles rues de Barcelone.
Archives de la famille.
GUARDIA (Jean de), nommé notaire à Arlessur-Tech en 174, se maria, en 1586. à Anne Tarrissa de Ballessa, de Villefranche-du-Confilent. Il eut pour fils Jérôme.
Archives de la famille.
GUARDIA (Jérôme de), fils du précédent, fut aussi notaire à Arles-sur-Tech. Il fut l'objet de faveurs particulières du roi d'Espagne. Philippe IV. En 1613, Jérôme de Guardia épousa en premières noces Eléonore Mas et Camp, d’Arles-sur-Tech. De cette union naquirent deux fils : François et Abdon. Ce dernier fut juge à Villefranche et sa descendance s’éteignit vers la fin du xvrr° siècle. Le dernier rejeton de cette branche fut une fille mariée à Vassal, notaire à Perpignan. En 1623, Jérôme de Guardia, devenu veuf, convola en secondes noces avec Emérentienne de Costa-Sirach, qui ne lui donna pas d'enfants.
Archives des Pvr.-Or.. B. 338$. — De Macns, Livre d'or de la noblesse de France.
GUARDIA (François de), fils du précédent, épousa, le 16 décembre 1669, Margucrite Duran- Taulera, fille d'Antoine Duran, bourgeois noble de Camprodon (Espagne). Trois enfants furent issus de ce mariage : un garçon, Joseph. et deux filles, Marie- Hélène et Marguerite.
Archives de la famille.
GUARDIA (Joseph de), fils du précédent, qui unit ses destinées, Le 11 juin 1709, à Thérèse de Costa- Rovira. eut deux filles mortes sans postérité et quatre fils : Félix, Joseph, François et Abdon.
Archives de la famille.
GUARDIA (Abdon de), fils du précédent, né le
30 novembre 1728, fut avocat au Conseil souverain
du Roussillon. Pour faire admettre deux de ses fils dans les armes du génie et de l'artillerie, ce magistrat adressa une requête au Conseil d'Etat, par suite de laquelle Louis XVT rendit, le 8 janvier 178%. une ordonnance qui le maintenait et le gardait en tant que de besoin dans sa noblesse en disposant que tous ses enfants et descendants en ligne directe seraient, ainsi que lui, tenus, censés et réputés pour gentilshommes. Abdon de Guardia fut convoqué, ainsi que son fils, à l'Assemblée des nobles du Roussillon, en 1789, à l'effet délire un député aux Etats-Généranx. Le 25 septembre 1756, il avait épousé Marie Joffre et de leur mariage naquirent: Joseph; Félix, qui fit les campagnes d'Italie sous la République et qui mourut à Paris, sans postérité, au mois de mai 1837. ayant le grade de lieutenant-colonel du génie en retraite ; Abdon, officier supérieur d'artillerie, mort à Perpignan, le 19 juin 1823.
DE Mac\y. op. cil. — Apart. Voles el documents hisloriques
sur le deparlement des Pyrénées-Orientales, Perpignan, Latrobe,
GUARDIA (Joseph de), fils du précédent, né le 18 mai 1761, épousa, le 12 mai 1789. Marie de Balanda. Il eut de ce mariage, outre trois filles : Marie, Joséphine et Félice, cinq garçons : Jean. né le 12 octobre 1791, mort sans postérité, le 10 février 1823, à Landernau (Bretagne), adjudant-major au 48° de ligne; Abdon; Joseph, décédé célibataire, le 15 décembre 1839, à Oran. capitaine au 25° régiment d'infanterie légère ; François ; Raymond ; Sébastien, né le 19 juin 1805, notaire à Vinça en 1833. qui épousa. le 27 octobre 1841, Thérèse Vergès et dont il eut un fils, Joseph.
DE Macxy, op. cil.
GUARDIA (Abdon de), second fils du précédent. naquit le 23 mars 1793. Il entra dans la magistrature el devint juge au tribunal de premiére instance de Perpignan. En 1822, Abdon de Guardia épousa Claire de Tardiu-Rodor, originaire de Céret. De cette union naquirent douze enfants, parmi lesquels : Jean, né en 1823, propriétaire à Villeneuve-de-la- Raho : Abdon, né en 1824, mort officier démissionnaire en 1885, après avoir épousé Marie Carrieu, d’où sont issus : Claire, décédée célibataire en 1891 ; Jeanne, épouse de Noëll. décédée ; Marie-Antoinette. morte en 1884, à l'âge de vingt ans. et Henri : et Félix, né en 1825, notaire à Perpignan depuis 1860 jusqu'en 1901. époux de Constance Avignon, qui lui donna quatre enfants: Félix, avocat, né cn 1866 ; Marie, née en 1868, mariée en 1892 à Hyacinthe Delmas, prédisent du tribunal civil de Toulouse, chevalier de la
ns
Légion d'honneur ; Raymond, avocat, né en 1871 ; et Léonce, avocat, né en 1873.
Ambroise Tarpteu, Histoire généalogique des Tardieu, Herment (Puy-de-Dôme), 1894.
GUARDIA (François), frère du précédent, quatrième fils de Joseph et de Marie de Balanda, entra dans l'administration des Douanes et fut successivement vérificateur à Port-Vendres et receveur à Perpignan. Il épousa Rosalie Calmètes-Vallès et eut d'elle deux enfants : Auguste et Victorine.
Archives de la famille.
GUARDIA (Auguste de), fils du précédent, naquit à Perpignan, le 20 juillet 1833. Membre du Conseil de préfecture des Pyrénées-Orientales, il devint successivement sous-préfet de l'arrondissement d'Oloron et de celui de Castelnaudary. Auguste de Guardia fut nommé chevalier de la Légion d'honneur et de l’ordre de Charles III d'Espagne. Le 20 août 1856, il se maria à Louise de Règnes et eut d'elle trois enfants : Victor, mort capitaine d'infanterie ; Berthe, mariée à M. Charles Gout de Bize, et Paul. docteur en droit à Paris. La maison de Guardia porte pour armes : parli au 1 de gueules, à un œil de fasce d’or, mis en abime ; au ? d'or à un arc lendu d'azur, rangé en fasce et armé d'une flèche encochée en pal de sable; coupé d'a:ur, à un bras armé d'argent, mouvant du flanc senestre, tenant une épée d'argent, garnie d'or, et accompagné à dextre d'une tour donjonnée d'or, maçonnée de sable.
Archives de la famille.
GUARDIA (Pierre-Jean), docteur en droit et professeur à l'Université de Perpignan, obtint l’archidiaconé de Conflent, le 18 mai 1680, par suite de la résignation faite en sa faveur par le titulaire, Michel Tomas. Le 18 mars 1710, Pierre-Jean Guardia donna procuralion pour avoir un coadjuteur. François Coll lui succéda en 1711.
Archives des Pyr.-Or.. G. 124, 125.
GUARIN, entré dans l'ordre de Saint-Benoïît. fut d'abord moine de Saint-Picrre de Lézat, dans Îles limites de l'ancien pays de Foix. Au mois de juin 95, Guarin fut nommé abbé particulier de ce monastere célèbre dont Adasius. disciple de saint Odon, était l'abbé général. En 967, le comte de Cerdagne, Seniofred, installa Guarin sur le siège de Saint-Michel de Cuxa. En 974, l’abhé de Cuxa partit en pèlerinage vers Rome. Dans les premiers jours du mois de mars de cette année, il se trouva de passage à Carcassonne où il rehaussa, par sa présence, l'éclat de la cérémonie de la translation solennelle du corps de saint Hilaire, second évéque de cette ville. Poursui-
GUARDIA — GUELL
vant son voyage à travers la Provence et la Lombardie, il arriva ensuite à Venise. Reçu par le doge de cette ville, Pierre Orséolo, Guarin ne tarda pas à recueillir les confidences intimes de cet illustre personnage. Pierre Orséolo lui fit part du projet qu'il nourrissait de s’ensevelir dans la solitude. Guarin lui conseilla de le suivre dans son monastère de Cuxa. Le doge écouta la voix de Guarin. Il fut convenu que durant le temps où Pierre Orséolo donnerait les derniers soins à ses affaires politiques et domeîtiques, Guarin se rendrait à Rome, et qu'au retour de la Ville Eternelle le doge prendrait, en compagnie de l'abbé, le chemin de Cuxa. Pendant son séjour à Rome, Guarin obtint du pape la concession d'une relique insigne, le chef de saint Valentin. prêtre et martyr, qui actuellement encore est religieusement conservée dans l'église de Taurinya. Pierre Orséolo entraîna à sa suite quatre de ses amis, Romuald, Marin, Morosini et Gradenigo. Tous ensemble se rendirent à l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa pour y mener la vie religieuse. En 988, Guarin quitta son abbaye pour accompagner le comte Oliba au Mont-Cassin. De là, il entreprit un pèlerinage en Terre-Sainte. Saint Pierre Damien dit que Guarin fut constamment en voyage à l'étranger pour répandre jusque dans les contrées les plus lointaines les bienfaits de sa parole et l’ardeur de son zèle. Le comte Riant avance que le Saint-Siège confia à Guarin la surveillance ou la réforme des établissements latins d'Orient. En 993, Hugues, marquis de Toscane et frère de Valdrade. fit donation, au Saint-Sépulcre, à l'abbé Guarin et à son cousin, de biens acquis par le marquis Adalbert le Riche et Berthe la Royale, son épouse, et situés dans le comté d'Orvieto, dans ceux de Savone et d'Aquapendente. En 997, Guarin fut remplacé sur le siège de Cuxa par Guifre.
Henri Toura, Saint Pierre Orséolo, doge de Venise, puis Lénedictin du monaslere de Saint-Michel de Cura, sa vie et son lemps, in-$°, Paris, Fontemoing, 1897.
GUARSION (Pierre) fut abbé de Saint-Génisdes-Fontaines depuis l’année 1313 jusqu'en 1340. Gallia chrisliana, VI, col. 1406.
GUELL (Michel dez), d'abord camérier de la reine Yolande, fut ensuite nommé châtelain de Bellegarde. Par une ordonnance en date du 8 août 1313, le roi Jean [” d'Aragon, lui donna l'autorisation d'établir au Perthus une barre ou droit de passage, avec injonction de consacrer les produits des recouvrements à la réparation et à l'entretien de la forleresse qui menaçait ruines. Michel dez Guell avait épousé Blanche de Canadal. Il eut d'elle un seul fils, Bernard-Guillaume.
Archives des Pyr.-Or., B. 153, 160, 161, 192, 202.
GUELL — GUERRA
QUELL (Bernard-Guillaume dez), fils du précédent, était mineur en 1412, lors du décès de son père, Michel dez Guell. Ferdinand I", roi d'Aragon, concéda à Blanche, mère de Bernard-Guillaume, la faculté de désigner un personnage de son choix, pour remplir l'office de châtelain de Bellegarde. durant la minorité de son fils. Blanche dez Guell nomma à cette fonction, son frère, Bernard-Guillaume de Canadal, qui était déjà baïilli du Perthus. Celui-ci ayant été obligé de s'absenter pour guerroyer en Languedoc et dans la Touraine, Blanche dez Guell confia la châtellenie de Bellegarde à Jacques de Pujals, de Figuères, en attendant la majorité de Bernard-Guillaume, son enfant. Ce dernier suivit Alphonse V dans ses expéditions militaires dans Île royaume de Naples. Adversaire de la domination de Louis XI en Roussillon. Bernard-Guillaume dez Guell fut traduit devant une commission ayant à sa tête le premier Président de Toulouse. et fut condamné au banissement et à la confiscation de ses biens.
Archives des Pyr.-Or., 202, 219, 228, 253, 2K1.
QGUELL (N. dez), était abbé de Notre-Dame d'Arles en 1634.
Gallia chrisliana, VI, col. 1093.
GUERAU (Antoine), évêque de Sébaste, en Arménie, étant de passage à Perpignan, fut prié par les consuls de la ville et le vicaire-général du diocèse de procéder. en l'absence de l’évêque d’Elne, le cardinal de Serra. résidant à Rome, à la consécration de la nouvelle église Saint-Jean. Cette cérémonie eut lieu le 16 mai 1509. Elle fut précédée par un jour de jeûne et fut célébrée au milieu de l'enthousiasme général. Les perpignanais avaient fait choix de ce jour qui était l'anniversaire de la consécration du vieux Saint-Jean.
Archives municipales de Perpignan, BB. 7.
GUERRA (Jean-François-Antoine-Eudal), plus connu sous le nom de Guerra le Vieu:r, naquit à Perpignan. le 4 décembre 1634. Il était fils de Jean Guerra qui exerçait, comme le père d’H. Rigaud, le métier de tailleurs d’habits. Antoine Guerra se maria en 1662, avec Thérèse Gonzalès et il eut d'elle cinq enfants savoir: trois fils, Antoine, François et Joseph : et deux filles, Thérèse et Marie. Thérèse épousa un sculpteur, François Nègre. et Marie un notaire, Joseph Jaubert, l’un et l’autre de Perpignan. Antoine fit de ses deux fils, Antoine et François, des peintres comme lui. Quant au troisième, il était novice dans l'ordre de saint François, en 170%. Le vieux Antoine Guerra était plein de zèle et amou-
reux de son art. Il travaillait avec ses deux fils Antoine et François ; il formait avec eux une sorte d'association. En 1698, une autre association plus vaste, la confrérie des artistes. fut établie ou plutôt rétablie à Perpignan. Elle choisit pour son recteur le vieux Antoine Guerra. L'atelier de ce peintre était plein d'une activité qu’on ne saurait guère comprendre aujourd'hui. Il devait satisfaire à toutes les commandes de nos églises, et tous les jours on trouve de grands tableaux religieux qui sont sortis de là. Cependant on ne rencontre guère de tableaux signés Antoine Guerra le Vieux. Ils sont confondus sans doute avec ceux de ses fils : et ceux-là sont nombreux, ceux de l'aîné surtout. Le vieux Antoine paraît ne pas avoir quitté le Roussillon. Jusqu'à l'année de sa mort. 1705, il y travailla, et c'est à François, son dernier collaborateur, qu'il légua ses tableaux et ses pinceaux. Les principaux tableaux connus de Guerra le Vieur sont les suivants : Une descente de croir, qui ornait le cabinet de Gallard, évêque de Meaux. Elle a été attribuée par des experts à Carrache ; mais le dessin de cet admirable morceau prouve suflisamment qu'elle est de Guerra ; un saint Mathieu, au musée de Perpignan; dans la mème ville, deux ou trois scènes de la Passion, une Vierge au pied d’une croix, un saint Simon Stock à l’église de la Réal ; une sainte Madeleine, à Saint-Jacques ; un Bon Pasteur qui ornait l’ancien maïitre-autel de Saint-Mathieu : un saint Jean-de-la-Croir, à l'église de Rivesaltes. On attribue à Guerra le Vieux les deux tableaux qui sont suspendus au-dessus du vestiaire de la sacristie d'Elne. Ils représentent les saintes Eulalie et Julie. M. l'abbé Pierre Bonet, curé-archiprêtre de Céret, a signalé, appendus aux murs de la chapelle de Notre- Dame du Mont-Carmel d'Ille-sur-Tet, huit tableaux dont six au moins sont absolument remarquables et portent la signature de Guerra le Vieux, avec la date et la mention : Perpinianum puürrit. Ce sont. à droite de l'autel. saint Joseph, 1699 ; saint Sébastien, 1696 : sainte Thérèse, sans signature et sans date, et saint François-Xavier, 1696 ; à gauche de l'autel, la Sainte Trinité, 1697; L’Immaculée-Conceplion, 1696 ; saint Antoine de Padoue, sans signature et sans date ; saint Jérôme, 1696.
Les ouvrages de Guerra père décèlent un artiste qui a longtemps vécu parmi les peintures italiennes. plus particulièrement parmi celles des Carrache, et il en est même plusieurs, que l’on croit de la main d'Annibal. Ce n'est que dans cette école qu'il peut avoir pris la manière large, hardie et savante qui le caractérise, La composition, le dessin, l'harmonie des couleurs et l'effet sont merveilleusement centendus dans tout ce que cet artiste a fait de considérable, Antoine Guerra le Vieur, comme la plupart des peintres de son temps s'occupait aussi de
sculpture. Le 19 mars 1681, la confrérie du Précieux- Sang du Christ, établie à l’église Saint-Jacques de Perpignan, le chargea de faire trois têtes du Mystère de la Flagellation de Notre-Seigneur : celle de Jésus- Christ couronné d'épines et deux têtes de Juifs, bourreaux du Rédempteur.
Archives des Pyr.-Or., G. 545. — Annuaire de 1834. — Crou- CHANDEU, Catalogue raisonné des objets d'art du Musée de Perpi-
gnan. — Abbé P. Boner. /mpressions el souvenirs (Kle-sur-Tet et ses Cnvirons).
GUERRA (Antoine), dit le Jeune, fils du précédent, naquit à Perpignan, le 5 mars 1666. Il s’adonna avec plein succès à la peinture. et son compatriote, Hyacinthe Rigaud, tenta, mais en vain, de le décider à venir à Paris où honneurs et fortune l'attendaient. Guerra ne put se résoudre à quitter son pays natal, où, le 18 avril 1694. il avait épousé Joséphine Ribera. Il convola en secondes noces avec Thérèse Barba, le 28 janvier 1705. En 1706. sur des instances multipliées, Philippe V réussit à l’amener à Madrid ; il avait eu l'honneur de faire le portrait de ce monarque, venu à Perpignan. Mais le tumulte de la capitale et les devoirs de l'étiquette lui faisaient regretter le repos dont il avait joui jusqu'alors. Antoine Guerra renonça aux honneurs et à la fortune, et il retourna à Perpignan où il continua d'exercer son art jusqu'à sa mort survenue le 8 avril 1711. Guerra le Jeune est inférieur à son père sous certains rapports, mais en revanche, il a plus de naïveté et de fraîcheur dans son coloris. A l'examen, on s'aperçoit facilement avec quel soin il étudiait la nature ; il l'avait constamment sous les yeux lorsqu'il peignait. Guerra le Jeune obtint un grand succès dans le portrait. Il convient d'appeler l'attention principalement sur celui de ses ouvrages qui lui fait le plus d'honneur et que l’on voit dans les galeries du Musée de Perpignan. C’est le saint Pierre Gonzalès, vulgairement appelé saint Elme par les mariniers espagnols dont il est le patron. La belle couleur et la vérité que l'artiste v a réunies rappelent les tableaux de Paul Véronèse et de Crayer. On trouve des toiles de Guerra {e Jeune dans plusieurs églises de Perpignan: celles de saint Louis et des saintes Eulaulie et Julie, à la cathédrale ; celles de Notre-Dame du Mont-Carmelet de sainte Catherine de Sienne, dans l'église de la Réal; une Zmmaculée-Conceplion, dans l'église Saint-Mathieu. Ilexiste aussi des œuvres de Guerra le Jeune dans l'église de l'hôpital militaire et dans celle de l'Hôpital civil. On remarque encore un saint Mathieu dans l'église d'Espira-du- Conflent, les Ames du Purgatoire et la Descente de la Croir dans celle de Catllar. Guerra Le Jeune, devant satisfaire à de nombreuses commandes, il ne put se maintenir, dans toutes ses œuvres, au niveau de son
GUERRA — GUIBEAUD
talent. Il lui suffisait de manifester la moyenne de ses qualités : un dessin correct, une couleur harmonieuse, de l’ampleur et l'habitude des grandes compositions.
Annuaire de 1834. — CROUCHANDEU, 0pP. cil.
QGUERRA (François), frère du précédent, naquit à Perpignan le 17 décembre 1685. Il travailla avec son père, jusqu’à la mort de ce dernier. François Guerra qui se maria en 1709. hérita de son frère Antoine, décédé sans enfants, et mourut à son tour le 22 décembre 1729. Les tableaux de François Guerra ne révélent pas les qualités de ceux de son frère, bien qu’on y trouve une certaine habitude des grandes compositions, surtout des compositions religieuses. La couleur est grise et froide. Dans la chapelle de la Miséricorde, on voit une toile de François Guerra représentant saint Francois-de-Paule ; elle est datée de 1721. Le tableau de saint Barthélemy qui se trouve suspendu dans la sacristie de l’église de Saint-Jacques est une œuvre de François Guerra. Ce tableau, peint en 1712, avait appartenu à l'abbé Fortaner. Une copie de cette peinture faite par Rieudemont est placée dans la grande sacristie de la cathédrale Saint-Jean de Perpignan.
CROUCHANDEU, Op. Cil.
GUESDON, dame de la société parisienne, fut impliquée dans la fameuse affaire des poisons, sous le règne de Louis XIV et enfermée, en 1686, dans les prisons de Fort-les-Bains, en compagnie de cinq de ses complices. Elle fut transférée, en 1705, dans la forteresse de Villefranche-du-Conflent et internée avec La Chappelain, la seule survivante des criminels auteurs du drame des poisons. Pour charmer l'ennui de leur captivité, ces deux dames filaient du lin avec lequel elles fabriquèrent un très beau service de table dont elles firent hommage à Renard de Saint- Malo, aïeul de Jean-Baptiste de Saint-Malo, ancien sous-préfet de Céret, qui, en sa qualité d'ingénieur chargé de l'entretien des fortifications, avait procuré certains adoucissements à leur dure situation. Guesdon mourut dans sa prison, le 17 août 1717. à l’âge de soixante-seize ans, dont trente-un ans passés en captivité.
HeExry, Le Guide en Roussillon. — Jacques Vassar, Epilogue du drame des poisons en Roussillon, dans la Revue d'histoire el d'archeologie du Roussillon, t. 1.
GUIBE AUD (Jean) naquit à Chäteau-Ville- Vieille (Hautes-Alpes) le 22 mars 1841. Après avoir rempli à Toulon les fonctions de capitaine de la Garde Nationale. en 1870, il vint s'établir dans le département des Pyrénées-Orientales. Jean Guibeaud se fit dans le commerce une situation importante qui lui valut d'être élu, en 1878, conseiller municipal. adminis-