‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 78 sur 227 · GUIFRE · texte numérisé non relu

GUIFRE

trateur des hospices., puis juge au Tribunal de Commerce, à Perpignan. Le 15 avril 1890, il fut nommé archiviste de la Ville. Son esprit curieux et avide de notions sur l’histoire et les coutumes du Roussillon se sentit dans son véritable élément, au sein de la collection des liasses contenant les éphémérides de l'antique capitale de ce pays. Sa plume présenta le résultat de ses observations dans divers travaux tels que : Notes statistiques sur l'instruction publique à Perpignan (1684-1891), XXXIV” Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées- Orientales ; Origines el hislorique des rues de Perpignan ; Naissances hors mariage à Perpignan de 1684 * à 1894. Jean Guibeaud envoya ses travaux les plus importants aux congrès des sociétés savantes de la Sorbonne : en 1896, les Constilulions communales de Perpignan de 1197 à la Révolution : en 1897, Etude sur des noms de baptême à Perpignan de 1516 à 1738 ; en 1902, Enquêle économique sur le Roussillon en 1775; en 1905, Elude sur les condilions du rachat des captifs chréliens dans les Etats barbaresques par les religieux Mathurins ou Trinilaires el par les agents du roi de France. Jean Guibeaud mourut à Perpignan le 2 mars 1905.

QUIFRE, QGUIFRED ou WIFRED, comte de Cerdagne, succéda, en 990, à Oliba-Cabreta, son père, dans les comtés de Berga, de Cerdagne, de Conflent et dans le Capcir. De concert avec sa femme Guisla, il entreprit la fondation du monastère de Saint-Martin du Canigou, en 1007. La dédicace de l'église eut lieu en 1009. La bulle du pape au sujet de cette fondation est de l’an 1011. Aucun document ne fournit la moindre trace du meurtre pour l’expiation duquel, au diré de certains auteurs, il se serait décidé à construire cet immense édifice, au milieu des rochers et dans le site le plus sauvage. C'était l'esprit d’un siecle où l'on ne voyait que trop souvent les princes allier la piété à la violation des préceptes du Décelogue et de l'Eglise. Ce même comte, qui venait de bâtir et de doter un grand monastère, donna, en 1016, au vicomte de Narbonne et au marquis de Gothie, cent mille sols pour assurer la domination de son fils Guifred, qui n'avait pas dix ans, à l’archevêché de Narbonne. Le comte Guifred, marié en premières noces à Guisla. fille du comte de Pallas, en secondes noces avec Elisabeth, dont on ignore la famille, eut de ces deux femmes cinq garçons et une fille, nommée Fide. Raymond, l'aîné de ses fils, lui succéda au comté de Cerdagne ; Bernard eut le comté de Berga ; Guillaume fut évéque d'Urgell et Bérenger, d'Elne. Après avoir fait son testament, le 8 novembre 1035, le comte Guifred prit l'habit monacal à Saint-Martin du Canigou

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et y mourut le 31 juillet 1049. Pendant ses années de retraite, il creusa de ses mains, dans la roche vive, la demeure destinée à sa dépouille mortelle. Il la taillait suivant la forme du corps, étroite aux pieds, s’élargissant graduellement jusqu'aux épaules et sommée d'un évasement circulaire propre à recevoir la tête. Pujades raconte, d’après une tradition recueillie sur les lieux, que Guifred rendait chaque jour visite à son tombeau. Il y venait puiser des forces contre l'esprit tentateur qui l’engageait à rentrer dans le monde et, s'adressant à la roche béante, il disait : « Si après ma mort, qui ne peut être éloignée, puisque déjà tu es ouverte pour me recevoir, tu dois me retenir captif jusqu'à ce que Dieu m'appelle à rendre compte de mes œuvres au jugement universel, comment ne me trouverais-je pas à l’aise dans cet asile pendant le peu d'années ou le peu de jours qui me restent à vivre ? Ne seras-tu pas demain plus vaste qu'il ne faut pour mon pauvre corps ? » Miron, abbé de Saint-Martin du Canigou. annonça la nouvelle de la mort du comte Guifred à tous les monastères de l’ordre de Saint-Benoît. L'historien Pujades raconte avoir admiré dans cette abhaye la collection des réponses envoyées par les maisons bénédictines à l’encyclique de Miron. Ajoutées bout à bout, elles formaient un énorme rouleau dont le développement atteignait quarante vares (35 mètres environ). On les déroulait pour faire honneur aux personnages de distinction qui visitaient l’abbaye. Sur le couvercle du tombeau de Guifred était gravée l'inscription suivante :

Guifredi comitis cineres monachique beati Artificisque loci continet iste lapis.

Fine suo Julius huic finem mille sub annis Bis quater quinis contulit atque noyem.

Le comte Guifred reposa près de trois siècles dans le sarcophage qu'il s'était préparé lui-même. En 13:32, l'abbé Bérenger de Colomer lui fit construire, dans l'église supérieure de Saint-Martin, une nouvelle tombe, où ses restes furent déposés avec ceux de la comtesse Élisabeth. L'inscription suivante, qu'on lit dans l’église de Castell, consacre le souvenir de cette translation : « Anno : M° : XXXXVIIII : Incarnacionis : Domini : pridie : Kkalendas : Augusti : obiit : dompnus : Guifredus : quondam : comes : nobilicismus : qui : sub titulo : beati : Martini : presulis : hunc : locum : iussit : hedificari : unde : et : monachus : fuit : annis : XV (quindecim) : in nomine : Domini: nostri : Jesu : Xristi : cuius : dicti : domini : comitis : et : eius : uxoris : Helisabet : comitisse : corpora : translatari : fecit : in hoc : monumento : dompnus : Berengarius : de Columbario : abbas : istius : loci : anno : domini : M : CCC : XXXII » Ce tombeau en marbre de Villefranche est celui qu'on aperçoit dans l'église de Castell. Il est du genre de ceux qu'on

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