‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 8 sur 227 · ALART · texte numérisé non relu

ALART

septième à Dax. À quelque temps de là, il avait terminé son engagement décennal: sans retard, il rentrait au sein de sa famille.

Durant les vacances universitaires, le jeune professeur avait fouillé et dépouillé les archives communales de la ville qui l'avait vu naître. La lecture de ces vieux parchemins lui révéla sa vocation. Déjà, durant son séjour à Lectoure et à Dax, il s'était livré à l'étude des sciences qui secondent les données historiques : paléographie, diplomatique, archéologie, philologie, numismatique, épigraphie, sigillographic. Dés 1852, Alart avait aussi publié à Lecfoure une brochure intitulée : Quelques chartes el privilèges de Villefranche-de-Conflent accompagnée d’une dissertation de huit pages sur Marcevol. C'était le coup d'essai du futur maître de l’érudition roussillonnaise.

Le 1° juin 1853, Alart devint membre de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénécs- Orientales. Un an plus tard, il apportait à cette association savante une collaboration appréciée, et fit insérer dans son Bulletin des travaux d'histoire locale estimés.

Le 17 seplembre 1857, Alart était nommé commis d'inspection à la Préfecture des Pyrénées-Orientales. Le futur historien du Roussillon se trouva à proximité du fonds des Archives, qu'il commença à explorer. Il mettait en valeur les fruits de ses recherches dans les bulletins de la Société Agricole, Scienfique et Littéraire et dans les colonnes du Journal des Pyrénées-Orientales. L'archiviste Morer ayant donné sa démission au mois de février 1862, Alart fut nommé à sa place le 8 mars suivant. Là, il fut dans son milieu ct dans son élément. Là. il put enfin puiser à pleines mains dans les trésors des vieux documents de la province.

« Le vaste dépôt des Archives départementales était pour Alart l’objet d'une constante sollicitude. L'inventaire et le classement des vicux papiers et parchemins était devenu pour lui un travail si familier que toutes les séries furent mises en ordre en peu de lemps. T s'occupait spécialement des séries B et C. L’inventaire de la série C parut en 1877, trois ans avant la mort de son auleur; celui de la série B, dont les premières fouilles avaient été imprimées en 1868, n'a pu paraître qu'en 1886. Alart en a rédigé les articles 1-420 ; les derniers l'ont été par ses successcurs. » (XXXVIT Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales.)

En dehors de ses travaux professionnels, Alart publia divers mémoires historiques qu'on peut classer sous la triple rubrique suivante :

Sujets historiques :

Apparition des routiers dans le Conflent (Société Agricole, IX. 1854) :

Bérenger de Palazol (Id., X, 1855) :

Les Trinitaires de Corbiac (Id.) ;

L'Abbaye de Sainte-Marie de Jau ou de Clariana (XIE, 4856) ;

Les Patronnes d'Elne (Id.) :

Le Prieuré de Marcevol (1858) :

La suppression de l'Ordre du Temple en Roussillon (Soc. Agr., XV, 1866) ;

Les d'Armagnac en Roussillon sous Louis XI (Id., XVII, 1868);

Divers articles sur les faits inédits de l'histoire du Roussillon sous la rubrique Ephémérides dans les périodiques : le Journal des Pyrénées-Orientales (1858-1870) et l'Echo du Roussillon (1864-1865) :

Notices historiques sur les communes du Roussillon (1868, 1878) ;

Notes historiques sur la peinture et les peintres roussillonnais, (Soc. Agr., XIX, 1872):

Ancienne industrie de la verrerie en Roussillon (Id., XX, 1873);

Eludes d'érudilion pure :

Géographie historique du Conflent (Soc. Agr.. IX, 1854) ;

Géographie historique des Pyrénées-Orientales et la voie romaine dans l’ancien Roussillon (Id., XIE, 1859) ;

Examen critique des documents relatifs à l'origine des possessions de l’abbaye de la Grasse (Id., XX, 1873) ;

Publications de textes :

Documents sur la géographie historique du Roussillon (Soc. Agr., XXII, 1873) ;

Privilèges et titres relatifs aux franchises, institutions ct propriétés communales de Roussillon et de Cerdagne (Perpignan, Latrobe, in-4°).

Cartulaire roussillonnais ou recueil de 90 pièces inédites allant de 865 à 1183 (Perpignan, Latrobe, in-8&°) ;

Documents sur la langue catalane (Paris. Maisonneuve, 1881, in-8") ;

Différents articles de linguistique catalane dans la Revue des Langues romanes (1872-1879).

« À partir de 1860, Alart copia aux Archives départementales et autres dépôts publics (Archives de l'hôpital d’Ille, de la mairie de Boule-Ternère, de Collioure, etc.) environ 150.000 pièces en totalité ou en partie, ce qui fait que son cartulaire manuscrit doit contenir environ deux cent mille piéces ou fragments de pièces. Le Cartulaire se compose de 56 volumes petit in-4° qui ont généralement de 558 à 600 pages, soit une moyenne de 580 pages, ou un total de 32.000 pages environ, d’une écriture fine et serrée. Le recueil comprend deux séries : la première

ALAXO — ALBARET

de vingt volumes désignés par les lettres de l'alphabet de A à Z (I, U, X, V, Ÿ n'ont pas été employées) ; la seconde de trente-trois volumes, désignés par les chiffres romains, de I à XXXIII. Les documents ont été copiés et réunis sans ordre méthodique. Quelques tables et répertoires permettent de se reconnaître à peine dans une douzaine de volumes. La pagination est parfois défectueuse, et il manque de temps en temps des feuillets. [l'est probable qu'Alart relirait de son Cartulaire manuscrit les documents qu'il avait publiés. Celte mutilation ne s'expliquerait pas si le savant archiviste s'était donné pour mission de laisser un recucil pour les futurs historiens ; il l'aurait d’ailleurs classé avec une certaine méthode ; il faut croire qu'il s'était tout simplement fabriqué un instrument de travail personnel, car lut seul pouvait se reconnaître dans cet immense lab\rinthe ». (Soc. Ag., XXXVIE, pp. 200 et 201).

Le 21 mai 1875, Alart fut nommé correspondant du ministère de l'Instruction publique. Il mourut à Vinça, le 3 février 1880.

P. Vipas, Nolire sur la vie et les travaux de Julien-Bernard Alart, Perpignan, Latrobe, 189,6.

ALAXO (Jean), fondeur de cloches à Perpignan en 1411.

PALUSTRE. Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnais.

ALBARET (Etienne de Ponte d’), seigneur de divers lieux, était originaire du Piémont. Sa famille étant venue s'établir en France, il prit du service dans ce pays et occupa successivement les sièges de Premier Président à Pignerol, de Président à mortier à Rouen. À la mort de Joseph de Trobat, il fut nommé, le #4 mai 1698, Intendant du Roussillon et Premier Président du Conseil Souverain de cette province. Îl exerça ses fonctions d'Intendant jusqu'en 1709: il conserva sa dignité de Premier Président jusqu’à sa mort survenue Île 14 juillet 1727. Son corps fut inhumé dans la chapelle du Saint-Sacrement de la cathédrale de Perpignan. où se trouvait le caveau de sa famille.

L'Intendant Etienne d'Albaret lança une ordonnance, Le 45 mars 1699, pour organiser une maîtrise de chant qui devait porter le nom de « musique de la cathédrale ». Le 20 décembre 1708, il établit une foire les mardi et samedi de chaque semaine à Bellegarde, Mont-Louis ct Fort-les-Bains pour faciliter aux soldats de ces garnisons le bon marché des vivres et denrées.

On connaît de lui un mémoire qu'il écrivit en 1710 intitulé : Mémoire de la Généralilé de Perpignan ou province de Roussillon dressé par ordre de Mgr le duc de Bourgogne.

Etienne d’Albaret avait épousé Marguerite Biraguc de Wisque qui posa, le 12 juillet 1699, la première

ee st an 4

pierre de la chapelle du Christ ou de {a Sanch, dans l’église Saint-Jacques de Perpignan. En mourant, il laissa trois enfants : Emmanuel, qui acheta, le 27 février 1704, du marquis de Thony, son régiment pour le prix de 85.000 livres; Antoine-Marie, qui exerça les mêmes charges que son père, et Hélène qui mourut abbesse de l'Abbaye royale des Bénédictines de N.-D. des Colonnes, dans la ville de Vienne, en Dauphiné.

Archives des Pyr.-Or., E. 11, 6, C. 1429-1430, G. 242 ct 446.

ALBARET (Antoine-Marie de Ponte d’), fils d'Etienne d’Albaret, obtint. l'année 1718, en survivance de son père, la charge de Premier Président qu'il exerça jusqu'à sa mort survenue en 1750. Il remplit aussi les fonctions d’'Intendant depuis 1740 jusqu'au mois d'octobre 1750.

C'est sous son administration (5 mars 1743) que fut placée la cage en fer de l'horloge de Saint-Jean, comme en fait foi l'inscription citée par l’Epigraphie roussillonnaise : « Ex mandato illustrissimi domini de Ponte comitis d'Albaret, primartii prœsidis et vice prœfecti Ruscinonensis agri (domino de Laurens regio machinario ducente) illustrissimorumque dominorum de Reart, Gabady, Jaume, Crouzat et Lauget, fidelissime urbis Perpig. consulum, istud opus à Philippo Barthelemy Ferrario in hujusce urbis monetæ officina scalptore excogitalum ac factum est, collocatum vero die V Martii anno 1743, regnante Ludovico XV.» Dans le conflit qui s'éleva entre l'évêque d'Elne, de Lanta, et les chanoinesses de Saint-Sauveur, il soutint le parti de ces dernières, que le pape Clément XIIE qualifia de rebellium tllarumMm CANONISSAPUM.

Il avait eu, de son mariage avec Marie-Thérèse de Chefdebien, vicomtesse d'Armissan, trois fils: Joscph, l'aîné, qui mourut sans enfants en 41792, Jean-François, vicomte d'Albaret, qui épousa Josèphe Delpas, sœur de la marquise de Blanes, et Luc, évéque de Sarlal.

ALBARET (Joseph-Marie-Luc de Ponte d'), fils de l'Intendant du Roussillon Antoine Marie d'Al baret et de Marie-Thérèse de Chefdebien, naquit à Perpignan, le 18 octobre 1736. 11 fit avec succès ses études au collège Louis-le-Grand et entra ensuite à Saint-Sulpice. Le 24 janvier 1751, Charles de Gour, évêque de Perpignan, lui donna la tonsure dans la chapelle de ce séminaire, avec l'autorisation de Farchevèque de Paris. Quelques années après, il recevail la prétrise des mains de Christophe de Beaumont. L'abbé d'Albaret, au dire de son biographe, réunissait aux qualités du ministre des autels les biens que le monde apprécie. En 1777, Louis XVI le désigna pour l'évéché de Sarlat, vacant par le décès de Henri de Montesquiou. Rome fit attendre neuf mois son

approbation ; le pape donna enfin son consentement, et le 4 janvier 1778. Joseph-Marie-Luc d’Albaret était sacré évêque de Sarlat. En 1782, une maladie épidémique, la suette, apportée de Toulouse, fit à Sarlat les plus grands ravages. On rapporte, à la louange du prélat. qu'il donna en celle occasion le bon cxemple du pasteur cur se sacrifie pour son troupeau, allant consoler el secourir les contagieux jusqu'à leur demeure. Lorsque la Révolution éclala, 1 fut le premier des maires nommés par le peuple el occupa cette charge pendant un an, jusque vers la fin de l'année 1792 où il rentra dans la Vie privée, Son évê-

ché avait été supprimé et la Situation devenait de:

plus en plus aiguë. Une nuit, ilentend frapper à si porte à coups redoublés un honume ivre de vin et peut-être de sang — c'était le bourreau — lui intime l'ordre de partir avant le lendemain, sous la peine de VA forcer S'il n'obéit pas. «C'est bien, mon ami, répondit Févéque, je vous remercie de Pavertissement el j'en profilerai. » Le prélat partit de Sarlat Va nuit méme el se dirigea vers Paris. alla trouver Poutard, évêque constitutionnel de la Dordogne, qui lui sauva fa vie en lui procurant une retraite pendant les massaeres de septembre, Revenu ensuite à Sarlat. Mer d'\lbaret fut enfermé en réclusion à Saint Benoit de Périgueux. Dans les premiers temps de sa détention, 1 affectait une certaine familiarité avec ses gcoôltiers. obtint son retrait de prison pour cause de maladie et fulenfermé, Le 4 Frimaire an HE. dans une maison particulière de Ta ville, sous Ta surveillanee de Fa municipalité. 1ne tarda pas à s'éloigner de la Dordogne et partit en 1795 pour Pignerol, où se trouvait son neveu, dans une propriété de famille. quitta Pignerol en 1796, à lapproche des troupes françaises, et se réfugia à Furin avec ses parents, dans Bt paroisse de Saint Damase. C'est là qu'il mourut, Le 20 mai FK00. FE fut enseveli mec tous les honneurs dus à sa dignité dans le easeau des chanoines de là métropole où Fon voit encore son épitaphe ainsi conçue te Falcombello. ab. \lbaretto. Joseph, Maria. Lucas. Episcopus. Sarlatensis. in Gallia. Out Faurimi die AT Pmai MDCCC. Etatis sue LATIN. » Ses armes portent: d'argent au Sautoir de gueules,

pe Euoibrrosp, trmorialdu Périgord IN CE XIE Bulletin de la Société historique el archéologique du Périgord. AR9E. Chanoïine Brocëne, Livre d'or des diocèses de Périgueur el de Sarlat IN.

ALBERT ou ADALBERT (Guillaume), bourweois et consul de Perpignan, en 1325, fut un chef des conjurés roussillonnais qui s'opposérent à la tutelle de Philippe de Majorque sur le jeune roi Jacques LL Après avoir passé quelque temps en exil dans la Catalogne, il retourna à Perpignan où il obtint les faveurs de ce prince qui le chargea de la

vérification des comptes des procurcurs royaux. Il suivit le parti de Picrre [V d'Aragon. Ce prince le nomma bailli de Perpignan en 1345. Malgré tout, le 11 août de cette même année il concluail, d'accord avec d'autres chevaliers roussillonnais. une conven- Lion secrète avec l'infortuné Jacques IE par laquelle il s'engagoail à faire tous ses efforts pour le mettre en possession de son rovauine perdu. La fortune étant restée fidèle à Pierre IV, Guillaume Adalbert continua à servir le roi d'Aragon. |

Xrchies des Psr.-Or.. BR 97 ES. — GG, MoLLaT, Jean XNIT et la succession de Sanche, rot de Majorque, dans le Lome NI de la Revue d'histoire et d'areliéologie du Roussillon. — LEcoy bE LA

Manucure. Les relations politiques de la France avec le rovaume de Majorque, À UT.

ALBERT ou ADALBERT (Raymond) fut nomme, en 1439, maitre de laltelier monétaire de Perpignan qui battait monnaie au nom du roi Jacques D de Majorque. I conserva cette charge de concert avec Jacques de Puig d'Ortila jusqu'en 1342. \lachute de la d\naslie majorquine, ses biens furent confisqués par Pierre IN et vrés en F5 à Jean Sabata, gentilhomme de la maison du roi d'\ravon. Vus rentré en grâce avec Pierre FV, Raymond \bert remplit les fonclions intérimaires de chàâtelain du château rosal de Perpignan pendant la maladie et depuis Le décès d'\sbert Ga Frifla jusqu'à la prise de possession du commandement du château par Bérenwer d'Hostalrich.

Archihes des PireOr., BOOT 54. — LEcox pe LA MaRcuE, Les

relations politiques de la France avee le royaume de Majorque, t.

ALBERT ou ADALBERT (Pierre), lils de Guillune Albert. bourgeois et bailli de Perpignan, prit une part active à expédition de Sardaigne entreprise en P5% par Pierre Le Cérémonienx. En récompense de brillants états de service qu'ilfournit durant cette campagne, ce monarque lui conecéda à vie la chatellenie de Ta Roca 041360, 1 fut gouverneur de Pile de Corse ct it son testament à Sessar Ole de Sardaisne), Le IS septembre 1364, [ne laissa qu'une fille, faumina, qui fut son hérilicre universelle,

\rchises des Pir.eOr,, BR: 100, 1160256, — Prix Rub. MIE

ALBERT (Bernard), fils de Ravmond, fut nommé procureur rosal de Roussillon et de Cerdagne, Île aout 1722.

Archives des PyreOr.. BR. 242.

ALBERT (Bernard), fils de Bernard Albert, procureur roval, fit Pexpédition de Naples avec Alphonse V, avança mille florins pour aider à l'équipement d'une armée qui allait au secours de l'infant Pierre, frère du roi, combattit les Anglais en 1427 et 1428, au nom du dauphin de France, Charles VIE, quelque temps avant lapparition de Jeanne d'Arc,

puis rentra à Perpignan couvert de gloire ct de richesses. Il acquit les seigneuries de Mosset et de Garrius ; il possédait déjà celle de Rayners que dame Eulalie, son épouse et héritière de Bernard Jorda, jurisconsulte de Perpignan, avait achetée en 1420 de Bernard-Hugues de Rocaberti. Il était aussi seigneur de Saint-Hippolyte. En 1442, il fut nommé gouverneur et capitaine-général de Ronssillon et de Cerdaune, en remplacement de Raymond de Perellos, vicomte de Roda, décédé. I fut remplacé à la procuration royale par Charles d'Oims qui avait épousé sa fille Isabelle. Sa situation de fortune élait florissante. Le 26 juillet 1445, Francois de Fenouillet, setgneur de Millas, lui emprunta la somme de 12,500 Hirres et lui offrit en garantie la généralité de ses biens. Cette h\pothéque lui donna des droits importants sur les seiwneuries de Céret, Millas el autres Heux. Lorsque son frère Galcerand fut nommé successivement aux évêéchés de Mallorca et d'Elne, Bernard Mbert fui bailla la somme de cent dix mille sols barecelonais valant dix mille florins d'or d'Aragon. mourut en 1453: le 17 novembre de cette année, Bernard de Vilamari, capilaine-général des flottes dragon, fut nommé gouverneur de RoussiHon à sa place.

Archives des Pvyr.-0r.. BR. 226, 992, 236, 237, 219, 244, 267, 249 et 292, — Abbé Careisr, Etude hislorigtie sur Miles.

ALBERT (Jacques), lils de Bernard Albert, procureur royal en Roussillon, était le frère de Bernard, “ouverneur de celle province, et de Galecrand, évéque d'Elne. 1 était vieaire-général de Michel de Perellos, archesèque d'Embrun.s en 111%. date de l'ouverture du concile de Constance. Celui-ci sx fil représenter par le chanoine Jacques Albert. Les suecesseurs de Michel de Perellos sur le stége d'Ermbran continuérent leur contianee à Jacques \bert. Jean de Girard l'envova siéger au concile de Bâle, en 37. Les Pères de cette assemblée appréciérent st bien l'extrême habileté de leur collégue qu'iis Paceréditerent en qualité de égat auprès de la reine de Naples, Jeanne I Ce mème concile ni délivra aussi des lettres-palentes Le chargeant d'aller conférer avec les Grecs pour l'extinction du schisme. fut encore député vers Ie dauphin de France dans Le but de prier ce prince de ne point inquiéter de ses armes les Peres du concile. Mais le futur Louis XPne Unit nul compte de cette démarche puisqu'il continua à mener campagne en faveur d'Eungéne IN et qu'il réussit à faire dissoudre leur assemblée. Jacques Albert était prévôt du chapitre d'Ermbrun, au moins dès le 17 février 1441, eLil Pétaitencore le 25 mat 1464, époque où il portait. de plus, le titre de confesseur de Louis XE

Abbé P. GUILLAUME, flisloire générale des pes Marilimes ou Cotliennes, 1890-92, 3 vol. Paris, Champion.

ALBERT (Galcerand), frère de Bernard, gouverneur du Roussillon, étant entré dans l'ordre de saint Benoît, fut successivement moine à Ripoll et prieur de Moya. au diocèse d'Urgell. «} paraît, dit Puigeari, qu'en 1426 il avait reçu du pape Martin l'expectalive de l'évêché d'Elne, attendu que le 12 octobre de cette année, Pierre Castello, bourgeois de Perpignan, son fondé de pouvoirs, fit pour lui une quittance d'argent reçu dans laquelle il le désigne par le titre d'éréque élu d'Elne : et le 4 juillet 1427, le méme Castello, dans une autre quittance pour le méme Galcerand, prend la qualité de fondé de pou voirs de Galcerand Albert. elecli el regentlis episcopa lum Helenensem. Ces mots donnent à entendre que Galecerand'avait régi Févéché d'Elne depuis 1427 jusqu'au 24 mars 1428, jour de l'installation de son prédécesseur, quoique les vicaires généraux conbtr nuassent d'agir au nom de cé dernier.» Galcerand \lbert reçut. Les août PRE, d'Eugéene IN sa nominaion à Févèché d'Elne : le 26 septembre suivant. il pas a à la Chambre apostolique les 1500 florins que comportait le droit d'entrée en possession de son nouveau siège épiscopal. Ce pontife avait été désioné pour Pévéehé de Mallorea en remplacement d'OE sidius transféré à celui de Gérone, mais ce dernier n'accepla pas. Dans ces circonstances, Galecrand avait emprunté dix mille forins d'or à son frère Bernard. Le 17 décembre PA fut dans Fobliga ion d'affermer les revenus de la mitre, pour quatre ans, à son créancier, pour fui permettre de rentrer dans ses débours. Galeerand prit possession de Fes ché d'Elne te Et janvier 132. prèéta par procureur le serment d'usage à la collégiale de Saint Jean et recut le titre de chapelain majeur. Le 19 du nièême mois, il préta lui-méme ce serment. Durant son pontilicat, Galcerand S'emplova à activer la construction de la cathédrale actuelle de Perpignan. A cette fin. l accorda des faveurs spirituelles à tous ceux qui sub: viendraientà Posure du nouveau Saint Jean st dota la collégiale de fondations, Lorsqu'il arriva à Perpienan, Galcerand it les murailles de Féglise Saint Jean élevées à une grande hauteur. fit procéder à la couverture du premier arceau, et le EX mars PE il consacra une partie de ee nouvel édifice, Ses pré décesseurs avaient déjà concédé cent soikante jours d'induleence aux bienfaiteurs de a fabrique de église: Galcerand renchérit sur eux. accorda aux futurs donateurs, avec quarante autres jours d'indul gences, la remise des péchés oubliés ainsi que des fautes vénielles non oubliées, le pardon des offenses à l'adresse de son père ou de sa mère, Fabsolulion de Ja transgression du préceple des fêtes dobligation, des pénilences ou promesses inexécutées, ele. I permit à ceux qui faisaient leur offrande en faveur de cette œuvre d'être inhumés dans un cimetitre,

approbation ; le pape donna enfin son consentement, et le # janvier 1778. Joseph-Maric-Luc d'Albaret était sacré évêque de Sarlat. En 1782, une maladie épidémique, la suette, apportée de Toulouse, fit à Sarlat les plus grands ravages. On rapporte, à la louange du prélat, qu'il donna en cette occasion le bon exemple du pasteur Gui se sacrilie pour son troupeau, allant consoler el secourir les contagieux jusqu'à leur demeure. Lorsque la Révolution éclata, 1 fut le premier des maires normés par le peuple et occupa cette charge pendant un an, jusque vers la fin de l'année 1792 où il rentra dans la vie privée, Son évéché avait été supprimé el la situation devenait de plus en plus aiguë, Une nuit. ilentend frapper à sa porte à coups redoublés {un homme ivre de vin el peut être de sang — c'était le bourreau — lui intime l'ordre de partir avant le lendemain, sous la peine de Fa forcer Si n'obéit pas. €CGest bien, mon ami, répondit lévéque,s je vous remercie de Pavertisse ment et j'en profiterai. » Le prélat partit de Sarlat la nuit méme el se dirigea vers Paris. alla trouver Pontard, évêque constitutionnel de la Dordogne, qui lui sauva la vie en lui proeurant une retraite pendant les massacres de septembre. Revenu ensuite à Sarlat, Mer d'\lbaret fut enfermé en réclusion à Saint Benoit de Périgueux. Dans les premiers temps de sa détention, 1 affectait une certaine fomitiarité avee ses gooôliers. obtint son relrut de prison pour cause de maladie et fut enfermé, Le #4 frimatre an HE dans une maison particulière de la ville, sous la survetllanee de a municipalité. ne tarda pas à s'éloigner de la Dordogne et partit en 1795 pour Pienerol, où se trouvait son neveu, dans une propriété de funille. quitta Pigcnerol en 1796, à Fapproche des troupes francaises. else réfugia à Turin

ace ses parents, dans Fa paroisse de Saint-PDamase. C'est Li qu'il mourut, Le 20 mat 1800, TE fut enseveli aee tous les honneurs dus à sa dignité dans Île caveau des chanoines de la métropole où Fon voil encore son épitaphe ainsi conçue ce Faleombello. ab. Albarelto. Joseph. Maria. Lucas. Episcopus. Sarla- Lensis. in Gallia. Obut Faurini die XI Pmarr MDCCC. Æltatis sua EXINV. » Ses armes portent: d'argent au sautoir de gueules.

Abe Eronpreoxp. trmorialdu Périgord IRL CT = NII But letin de la Societé historique et archéologique dit Périgord. RL Chanoine Bar@Èbur. Livre d'or des dioceses de Peériguenr el de Sarlat. ISO

ALBERT ou ADALBERT (Guillaume), bourweois et consul de Perpignan, en 1325, fut un chef des conjurés roussillonnais qui s'opposcérent à la tutelle de Philippe de Majorque sur le jeune roi Jacques El. Après avoir passé quelque temps en exil dans la Catalogne, il retourna à Perpignan où 1 obtint les faveurs de ce prince qui le chargea de la

vérification des comples des procureurs royaux. Il suivit le parti de Pierre [IV d'Aragon. Ce prince le nomma bailli de Perpignan en 1345. Malgré tout, le 11 août de cette même année il concluait, d'accord avec d'autres chevaliers roussillonnais, une convention secrète avec l'infortuné Jacques I par laquelle il s'engageail à faire tous ses efforts pour le mettre en possession de son ro\aume perdu. La fortune étant restée fidele à Pierre IV, Guillaume Adalbert continua à servir le roi d'Aragon.

Archives des Par.-Or,, R. 97. 38. — G. Mozart, Jean N\IT el la succession de Sanche. roûde Majorque, dans le tome NI de la lHevue d'histoire el d'areliéologie du Roussillon. — LEécoy DE LA

\Mançoue, Les relations poliliques de la France avec le roraume de Majorque, LM.

ALBERT ou ADALBERT (Raymond) fut nommé, en 1339, maitre de l'atelier monélaire de Perpignan qui battait monnaie au nom du roi Jacques de Majorque. I conserva cette charge de concert avec Jacques de Puig d'Orfila jusqu'en 1342. \lachute de ta d\nastie majorquine, ses biens furent confisqués par Pierre [Vel ivrés en 1345 à Jean Sabala, gentilhomme de fa maison du roi d'\ragon. Mais rentré en grace avec Pierre IV, Raymond \lbert remplit les fonclions intérimaires de chätelain du chateau roval de Perpignan pendant la maladie et depuis Le décés d'\sbert Ça Frila jusqu'à la prise de possession du commandement du château par Bérencer d'Hostalrich.

Archives des P\reOr.. BR. 97, 154 — LEcoy pr LA MauonE, Les

relations politiques de la France avec le royaume de Majorque, À

ALBERT ou ADALBERT (Pierre), lils de Guil- Baume Albert. bourgeois et baïlli de Perpignan, prit une part active à Fexpédition de Sardaiwne entreprise en 135% par Pierre le Cérémonieux, En récompense de brillants états de service qu'ilfournit durant cette campagne, çe monarque fui concéda à vie la chatellenie de Ta Roca 01360, FE fut gouverneur de Pile de Corse el fi son testament à Sessar tile de Sardaignei, 1e IN seplembre 1364. ne laissa qu'une fille, Jaumina, qui ful son hériticre universelle.

Xrehhes des PireOr.. BR 100, 10 60256, — Poicxar. Rub. MIE

ALBERT (Bernard), fils de Ras mond., fut nommé procureur ro\al de Roussillon et de Cerdagne. Le L'aout 1122.

Archives des Pire07r., BB. 232

ALBERT (Bernard), {ils de Bernard Albert.

procureur roval, Hit Fexpédition de Naples avec Alphonse V, avança mille florins pour aider à l'équipement dune armée qui allait au secours de Finfant Pierre, frère du roi, combattit les Anglais en 1427 et 1428, au nom du dauphin de France, Charles VIT, quelque temps avant l'apparition de Jeanne d'Are,

puis rentra à Perpignan couvert de gloire el de richesses. IT acquit les seigneuries de Mosset et de Garrius ; il possédait déjà celle de Rayners que dame Eulalic, son épouse cet héritière de Bernard Jorda, jurisconsulle de Perpignan, avait achetée en 1420 de Bernard-[ugues de Rocaberti. Il était aussi sciwneur de Saint-Hippolyte. En 1442, il fut nommé gouverneur et capitaine-général de Roussillon et de Cerdaune, en remplacement de Raymond de Perellos, vicomte de Roda, décédé. I fut remplacé à la procuration royale par Charles d'Oms qui avait épousé fille Isabelle. Sa situation de fortune était florissante. Le 26 juillet 1445. François de Fenouillet, seigneur de Millas, lui emprunta la somme de 12,500 Hivres et lui offrit en garantie la généralité de ses biens, Cette h\potheque lui donna des droits importants sur les scisneuries de Céret, Millas et autres lieux. Lorsque son frère Galcerand fut nommé successivement aux évêéchés de Mallorca et d'Elne, Bernard Albert fui baïlla la somme de cent dix mille sols barcelonais valant dix mille florins d'or d'\ragon. FE mourut en 1453: Le 17 novembre de ectte année, Bernard de Vilamari, capilaine-général des flottes d'Xragon., fut nommé gouverneur de Roussillon à sa place.

Archives des Pyr.-Or.. 1: 226, 292, 296, 291, 210, 244, 2637, 240 p4.202, — Abbé Carrie, Elude historique sur Millas.

ALBERT (Jacques), fils de Bernard Albert, procureur ro\al en Roussillon, était le frère de Bernard. wouvernour de ectte province, et de Galcerand, 6vêque d'Elne, El étail vicaire général de Michel de Perellos, archevéque d'Embrun, en 1444. date de l'ouverture du concile de Constance. Celui-ci ss fil représenter par le chanoine Jacques Albert. Les successeurs de Michel de Perellos sur le siege d'Embrun continucrent leur confiance à Jacques \bert. Jean de Girard Fenvova siéger au coneile de Bale. en 1437. Les Pères de celte assemblée apprécièrent st bien l'extrémie habileté de leur colléegue qu'ils Faccréditérent en qualité de Iégat auprés de la reine de Naples, Jeanne IE Ce même concile lui délivra aussi des lettres patentes le chargeant d'aller conférer avec les Grecs pour Fextinction du schisme. fut encore député vers le dauphin de France dans le but de prier ee prince de ne point inquiéter de ses armes les Pères du concile. Mais le futur Louis X ne tint nul compte de cette démarche puisqu'il continua à mener campagne en faveur d'Eugéne IN et qu'il réussit à faire dissoudre leur assemblée. Jacques Albert était prévôt du chapitre d'Embrun, au moins dès Le 17 février 1441, el il l'était encore le 25 mai 1464, époque où il portait, de plus, le titre de confesscur de Louis XF.

Abbé P. GUILLAUME, Jlisloire générale des Alpes Maritimes ou Cotliennes, 1890-92, 3 vol. Paris, Champion.

ALBERT (Galcerand), frère de Bernard, gouverneur du Roussillon, étant entré dans l’ordre de saint Benoît, fut successivement moine à Ripoll et prieur de Moya. au diocèse d'Urgell. « El paraît, dit Puiggari, qu'en 1426 il avait reçu du pape Martin Pexpectative de l'évêché d'Elne, attendu que le 12 octobre de cette année, Pierre Castello, bourgeois de Perpignan, son fondé de pouvoirs, fit pour lui une quiltance d'argent reçu dans laquelle il le désigne par le titre d'éréque élu d'Elne : et le 4 juillet 1427. le même Castello, dans une autre quittance pour le même Galcerand, prend la qualité de fondé de pouvoirs de Galcerand Albert, electi el regentis episecopa lun Helenensem. Ces mots donnent à entendre que Galcerand avait régi Févôehé d'Elne depuis 1427 jusqu'au 24 mars 142N, jour de linstallation de son prédécesseur, quoique les vieaires généraux continuassent d'agir au nom de eé6 dernier.» Galcerand Albert reçut, le 8 août Pt, d'Eugène IN sa nomination à l'évêché d'Elne : Le 26 septembre suivant, il pas a à la Chambre apostolique les 1500 florins que comportait le droit d'entrée en possession de son nouveau siège épiscopal. Ce pontife avait été désigné pour Pévêché de Mallorea en remplacement d'OŒ gidius transféré à celui de Gérone, mais ce dernier naccepta pas. Dans ces circonstances. Galcerand avait emprunté dix mille florins d'or à son frère Bernard. Le 1" décembre 143%. il fut dans PFobligation d'affermer les revenus de la initre, pour quatre ans, à son créancier, pour hui permettre de rentrer dans ses débours. Galcerand prit possession de F6 ché d'Elne le FE janvier 132, prèta par procureur le serment d'usage à la collégiale de Saint Jean et recut le titre de chapelain majeur. Le ff du même mois. il prèta lui même ce serment, Durant son poutificat. Galcerand semplova à activer fa construction de la cathédrale actuelle de Perpignan. A eette fin, il accorda des faveurs spirituelles à tons ceux qui subviendraient à laure du nouveau Saint Jean sil dota la collégiale de fondations. Lorsqu'il arr a à Perpionan, Galcerand vit les minrailles de Féglise Saint- Jean élevées à une grande hauteur. Hit procéder à la couverture du premier arceau, et le 13 mars 1433 il consacra une partie de ce nouvel édifice, Ses prédécesseurs avaient déjà concédé cent sotante jours d'indulgenee aux bicenfaiteurs de la fabrique de l'église; Galcerand renchérit sur eux. accorda aux futurs donateurs, avec quarante autres jours d'indulgences, la remise des péchés oubliés ainsi que des fautes vénielles non oubliées, le pardon des offenses à l'adresse de son père ou de sa mère, Fabsolution de la transgression du préceple des fêtes d'obligation, des pénilences ou promesses inexécutées, ele. Ï permit à ceux qui faisaient leur offrande en faveur de cette œuvre d'être inhumés dans un cimetière,

même en temps d’interdit. En outre, ces bienfaiteurs de la fabrique jouissaient d’un autre avantage: ils étaient autorisés à entendre la messe dans une église quelconque du diocèse, pendant le temps d’'interdit. De concert avec les chanoines de Saint-Jean et les consuls de Perpignan, il adressa une supplique aux Pères du conciic de Bâle en faveur de l’église en construction. Ceux-ci y répondirent en confirmant la concession des indulgences jadis accordées à ceux qui contribuèrent à l'édification du vieux Saint-Jean. Le chiffre de ces indulgences s'élevait au nombre de trois cent quatre-vingts ans et deux cent soixante-dix jours. Galcerand Albert agrandit le palais appelé la canorga qui servait de résidence aux évêques d’Elne durant leur séjour à Perpignan et qui était attenant au nouveau Saint-Jean. Ce pontife enrichit la mense capitulaire en lui annexant les revenus de certaines cures, églises ou bénéfices. Le 4 février 1433, il unit la sacristie de Mailloles, vacante par décès du titulaire, au chapitre de Saint-Jean ; par un décret rendu le 14 mars suivant, il déclara que l’église de N.-D. du Pont serait sous la dépendance de celle de Saint- Jean. Il en fut de même pour celles de Castell-Roussillon et de Saint-Christophe de Vilarnau et de Camélas. Galcerand Albert mourut le 23 janvier 1453. Un sceau ogival conservé aux archives des Pyrénées- Orientales, G. 165, reproduit les armes de Galcerand Albert. Le blason représente les deux saintes Eulalie et Julic encadrées dans une niche formée de deux colonnettes supportant deux dômes à deux pendatifs, couronnés chacun d'un petit clochetan. A la partie supérieure du sceau existe un écusson chargé d’un mont surmonté d’un arbre à deux branches, armoiries parlantes de la famille Albert, et sommé de la mitre et de la crosse épiscopales. Le sceau est encadré par la légende suivante en lettres minuscules gothiques : sigillum : VICARIATuS : Galcerandi : DIVINA : MISerACIONE : EPiscopl : ELNensis.

Coua, Nolicies de la iglesia insigne collegiada de Sant-Joan de Perpinya, ms., fol. 145-146, 435-336, 456. Archives des Pyr.-Or., G. 805, 247, 9, 165, B. 249, — Puiccartr, Catalogue biographique des évêques d'Elne, pp. 74, 76.

ALBERT (Philippe), fils de Bernard, gouverneur de Roussillon et de Cerdagne, recueillit la succession des scigneuries et des propriétés de son père. Le roi Jean 17 le nomma châtelain de Força-Réal ; lors de l'occupation française du Roussillon, il joua un des principaux rôles dans cette province en secondant la politique de Louis XI. Ce monarque ombrageux finit par écarter cet agent qui pouvait devenir trop puissant et redoutable dans son pays, et, après avoir disposé de ses biens en faveur d'autres créatures, il le relégua dans la Touraine où il termina sa carrière dans l'exil après avoir fait son testament à Tours, le 26 octobre 1500. IL Jaissait, de

son épouse Yolant de Pons qui lui survécut pendant un demi-siècle, deux fils mineurs, Ferdinand et Bernard.

Archives des Pyr.-Or., B. 292, 405. — ALarT, Nolices historiques sur les communes du Roussillon, t. II. — Abbé CaAPEILLeE, Etude historique sur Millas.

ALBERT (Joseph-François-lidefonse-Raymond d?) naquit à Ille-sur-Tet le 23 janvier 1721. Il exerça d'abord la profession d'avocat avec beaucoup de distinction, et à l’âge de vingt-trois ans devint professeur en droit à l’Université de Perpignan. Le 10 juillet 1759, il fut nommé Président de la Chambre du Domaine et Conseiller honoraire au Conseil Souverain. H fut, comme le raconte Jaume dans ses Mémoires, « un des quatre accusés d’être les auteurs d'une comédie qu’on avait composée en 1752 contre M. de Mailly et la marquise de Blanes, en temps qu'il tenait des bals publics avec elle dans la grande salle de Ia maison de M. de Campredon ». Il fut en conséquence enfermé par le maréchal au château de Salses. En 1762, il vota, en tant que membre du Conseil Souverain, pour la suppression de l’ordre des Jésuites en Roussillon. Obligé de se rendre à Paris en 1763, son mérite, déjà connu du gouvernement et qu’il eut alors l’occasion de manifester avec plus d'éclat, l’éleva successivement aux charges de Conseiller au Parlement, de Maître des Requêtes, d'Intendant du Commerce. Sous le ministère Turgot, il devint, en 1775, lieutenant-général de police à Paris et enfin Consciller d'Etat. Il fut très influent en 1788, car il était considéré comme « le conseil et le coopérateur de Lamoignon », au dire de M. Guy dans ses lettres à M. Jaume. On a de lui : Lettres d'un avocat contre le projet de traduction du corps de droit civil par Hulot, 1765 : Abrégé chronologique de l'histoire romaine contenant les preuves de la correspondance de l’année civile des Romains avec l’année Julienne. L'auteur avait remis ce grand travail à dom Clément pour être employé dans l’Arl de vérifier les dates avant Jésus-Christ, et on V'\ trouve en entier dans la dernière édition de 1820. Joseph d'Albert avait rédigé, en collaboration avec Malesherbes, un mémoire sur les Lettres de cachet qui n'a jamais vu le jour. Il avait aussi préparé un grand el profond ouvrage sur les Lois de l'Europe dont il ne reste plus qu’un fragment, le reste ayant subi Ice même sort que tous les autres volumineux portefeuilles qui périrent en même temps que lui. Joseph d'Albert se fixa à Ille en 1789 et y mourut le 9 décembre 1790, laissant une fille qui cest décédée en 1830. Son nom figure sur la façade de l’église d'Tle comme citoyen noble ayant honoré son pays natal.

Archives des Pyr.-Or., B. 403. — Mémoires de Jaume. — Abbé TorRrEiLzes, Les éleclions de 1789.

ALBION — ALENYA 9

ALBION (Jacques d’}), capitaine aragonais qui exercçait en 1503 le commandement du château majeur ou citadelle de Perpignan. On le trouve en 1511 à la tête de la garnison de cette place. Son frère Jean lui succéda.

Archives des Pyr.-Or., B. 416, 417 et #18.

ALBION (Jean d’), capitaine aragonais, prit possession du GCastillet de Perpignan au nom de Ferdinand-le-Catholique, le 2 septembre 1493, après la restitution du Roussillon à la couronne d'Aragon. En 1506, il était licutenant du château majcur de Perpignan. À la mort de Jacques d'Albion, le roi Ferdinand Je désigna pour occuper lalcaydie ou le commandement de la citadelle, et lui assigna dix mille sols d'appointements annuels. Charles- Quint le maintint dans ses fonctions. Il avait un fils du nom de Raphaël, qui le remplaça dans le commandement du Castillet.

Archives des Pyr.-Or., B. 457, #17 et #18.

ALDAYŸ (père) naquit à Perpignan. Il fut secrétaire d'un grand seigneur qui le conduisit en Italie. Dans ce pays, on lui enseigna à jouer de la mandoline : il acquit un certain degré d’habileté sur cet instrument. I se fixa d’abord à Avignon où il se maria, puis il s'établit à Paris où il donna des leçons de musique. TI laissa en mourant deux fils qui continuerent ses traditions musicales.

Feris, Biographie universelle des musiciens.

ALDAY (ainé), fils du précédent, naquit en 1763. Dès l'âge de huit ans, il jouait de la mandoline au Concert spirituel, à Paris. IT s'y fil entendre comme violoniste en 1783 el y reparut en 1789. dans une symphonie concertante pour deux violons, de sa composilion, qu'il joua avec son frère cadet. Vers la même époque, il édita sa première symphonie concertante pour deux violons qu'il exécuta avec son père au Concert spirituel. Cette œuvre a été gravée à Amsterdam. chez Humel.

Alday arriva à Lyon en 1795 et v établit un magasin de musique. Il a successivement publié : une œuvre de qualuors, pour deux violons, alto et basse (Paris, Plevcl: différents airs variés avec accompanement de basse; une Wélhode de violon contenant les principes détaillés de cel instrument, dans lesquels sont interealés seite lrios pour trois violons, sir duos progressifs, sir éludes el des e.rercices pour apprendre à moduler, Paris, Cartoux, in-4, Cet ouvrage a eu plusieurs éditions.

Alday eut un fils dont la réputation musicale à Lvon fut étendue. I était professeur d'harmonie et en même temps violon-solo au Grand-Théâtre. Un enfant de celui-ci devint à son tour violouiste ; il était attaché, en 1860, à l'orchestre de lOpéra-Comique.

Feris, Biographie universelle des musiciens.

ALDAY (jeune), frère du précédent, acquit comme violoniste une célébrité supérieure à celle de son père et de son aîné. On prétend que Viotti lui avait donné des leçons et qu’Alday avait adopté la manière de ce maëstro. Il recueillit des applaudissements toujours croissants au Concert spirituel jusqu’en 1791. À cette date, il passa en Angleterre. Il fut nommé directeur de musique à Edimbourg (Ecosse) en 1806.

[l publia des concertos de violon qui eurent une grande vogue au moment de leur apparition ; depuis, ils sont tombés dans l'oubli. On connaît de lui : Premier Concerto en ré, Paris, Imbault.

Deu.rième Concerto en si bémol, et troisième en la,

Paris, Sieber ;

Quatrième Concerto en ré, Paris, Imbault :

On lui attribue encore :

Deux œuvres de duos pour deux violons, Paris,

Decombe :

Des Mélanges pour deux violons, Paris, Leduc ;

Des Airs variés pour violon cet alto, Paris, Imbault ;

Des Trios pour deux violons et basse, Lavenu.

Londres,

Un des frères Alday est l'auteur de la partition musicale d'un ouvrage Ivrique en trois actes : Geneviève de Brabant, joué sous le nom d’'Alday au Théâtre- Louvois en 1791. Un critique de ce temps écrivait : «M. Alday a un grand talent pour l’archet ; mais il ne connail pas assez la scène pour composer des OpéCras. »

Feris, Biographie universelle des musiviens.

ALEMANY de CERVELLON (Raymond), chevalier, reçut, le 28 juin 1362, de Pierre HI, commission de châtelain du château de Perpignan, en même lemps que la charge de vice-gwouverneur des deux comtés de Roussillon et Cerdagne. On le trouve en 1377 portant le titre de conseiller et chambellan du roi d'Aragon. Il est désigné comme commissaire pour saisir en Roussillon et Cerdagne les personnes et les biens des Florentins révoltés contre le Pape. L'année suivante, il élail gouverneur de Catalogne.

Archives des Pyr.e-Or.. BR. I2L, EE 4

ALEMANY (Charles d’) était seigneur de la cour des appellations du Roussillon en 16:37.

Archives des Pyr.-Or.. B. 443. |

ALENYA (Pierre d’}), prieur du couvent des FF. Prècheurs de Perpignan, d'après M. de Bonnefoy (Epigraphie Roussillonnaise, n° 13), simple frère d'une vie mortifiée, d’après Marca (Dissertalio de Thecä, cte., p. 403). reçut en dépôt, des mains d’un étranger, l'insigne relique du bras de saint Jean-Baptiste qui fait partie du Trésor de la Cathédrale de Perpignan.

L'an 1323, un jeune homme d’une beauté remarquable se présente au couvent des Dominicains de Perpignan et dépose entre les mains du frère Alenya une boile contenant, dit-il, un objet précieux. Ii se rend en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle et reprendra la boile au retour; si Dieu dispose de lui pendant le voyage, le monastère héritera du dépôt. Celle boite ou plutôt ce loculum de bois incrusté avait la longueur d’un pan et demi (370 millimètres), la largeur de 120 millim. ; la hauteur était celle d'un quadrans (95 millim.), dit Marca. Sur Île couvercle était peinte l’image de saint Jean le Précurseur, ayant des ailes à ses épaules, tenant de la main gauche une tête dans un bassin et de sa main droite un livre ouvert.

Le pèlerin ne revint pas. Plusicurs années après, frère Alenva, prés de mourir, raconta l'aventure à la communauté et lui remit la boite, selon la volonté de l'adolescent. Elle renfermait une main gauche, avec partie de l'avant-bras ; les ongles adhéraient fort bien aux cinq doigts, ct la peau, quoique rugucuse, avait cependant la couleur de chair, un peu noirûtre, toutefois. Au poignet, on remarquait des traces de liens. La légende explicative était en grec, lettre morte pour nos bons religieux.

Tout le monde s’accorda à reconnaitre un ange dans la personne de l'étranger qui, pour récompenser les Perpignanais d'avoir pris, depuis environ cinquante ans. le Précurseur pour patron, leur avait porté comme gage une relique imsigne de ce saint mart\r. |

« Pendant ce temps, raconte Marca, ainsi que nous lapprennent les actes, plusieurs miracles furentopérés par Dieu: des personnes qui implorérent le secours de saint Jean furent guéries de maladies diverses ; certaines autres qui, au contraire, n'ajoutèrent pas foi à la vérité de ces reliques furent affectées de douleurs, soit au bras gauche, soit à la tête. »

Vers 1370 et pour s'assurer de la vérité de la relique, les religieux transcrivirent la légende sur un parchemin et le frère Guillaume Albert, un des leurs, fut chargé d'apporter cette copie à Athènes, auprès d'experts des langues grecque et latine. Il la reporta ensuite au couvent accompagnée de lettres attestatoires de l'évêque de cette ville qu'on peut lire dans Marca aux pages 405 el 406 de ses Opuscules, et que le P. Llot de Ribera, un autre dominicain, professeur à l'Universilé de Perpignan, publia en 1590. Nous reproduisons une traduction française de l'inscription composée en latin par l'archevêque de Thèbes, alors présent à Athènes avec le frère Albert.

Au-dessus du nimbe se détachent les trois mots suivants : SAINT JEAN PRÉCURSEUR. Pendant que la main gauche soutient un disque sur lequel se trouve la tête tranchée par l'ordre d'Hérodiade, la main

ALENYA — ALERIGUES

droite soutient un livre ouvert, à tranches rouges, sur lequel on lit :

« Crie, Précurseur, ministre du Verbe. Par ta vie pénitente, montre combien notre corps mortel est souillé par le péché. »

Et comme contraste, l'inscription continue ainsi au-dessous de l’image :

« Comment donc l'appellerons-nous ? Prophète, ange, apôtre ou martyr? »

Sur les parois. on trouve la réponse à ces diverses questions par le développement des glorieuses prérogatives du Saint:

« Dieu est descendu pour le salut de tous. O toi, héraut du désert, viens donc annoncer le Verbe! Tout en toi est digne d'admiration. L'ange Gabriel a dévoilé le secret de ta naissance. Comme châtiment, pour punir le manque de foi de ton père, il la rendu instantanément muet. Trois fois heureux, tu nous apparais supérieur aux Anges, plus grand que Îles Proplhètes, égal aux Apôtres, Ie t\pe accompli du Martvr. Ne point toucher aux mets que nous offre la nature fut pour toi une àpre jouissance.

« Prosterné devant Dieu, implore-le en notre faveur, puisque c'est ta mission ; viens en aide, au milieu des déboires de la fortune et des vicissitudes de la vie, à ceux qui ont voué un culte à ta précieuse Relique renfermée dans cette {hèque, Veur donnant la santé du corps en même lemps que la joie de l'âme.

« Bénis-nous, conduis-nous, comme c'est ton droit, toi qui portes des ailes à légal des Anges, toi qui, dans un corps mortel, ménes une vie au-dessus de la malière, réalisant ainsi la parole du Sauveur. »

Les Dominieains de Perpignan ont conservé cette précicuse relique, jusqu'à la sécularisation de leur ordre en France, dans le Trésor de leur couvent, d'où elle est passée, au moment de la Révolution. à celui de la Cathédrale.

Manca. Opuseules, Paris, 16K1, — LLor, Dels miracles que lo

Senvor ha obrals per medi de la santa reliquia del bras y ma esquerra del glorios san Joan-Balista, Perpignan, 1590,

ALENYA (Jean d’) étail lieutenant du gouverneur et juge des appellations en Roussillon.

Archives des PvreOr., G. R33,

ALENYA (Jacques) reçut la provision de licutenant du procureur royal le 2 février 1594.

Archives des Pvr.-Or., B. 436.

ALERIGUES (François), orfèvre, de Perpignan, dépose dans le proces de Jacques IT, roi de Majorque, au mois de septembre 1342.

LECOY DE La MARCHE, Les relalions diplomatiques du royaume de Majorque avec la France, &. 11.

ALERIGUES — ALFONSO

ALERIGUES (Pierre), orfèvre, de Perpignan, est chargé de faire, en 1409, une statue en argent doré de sainte Catherine, du poids de huit marcs et devant coûter soixante-dix livres de Barcelone. On lui attribuc le grand ostensoir de l’église Saint-Jean de Perpignan que le Voyageur français décrivait de la sorte en 1761 : «Il a six pieds et demi de haut, deux pieds deux pouces dans sa moyenne largeur et deux picds huit pouces de largeur à sa base. Il est en entier d'argent doré, à l'exception de quelques parties qui sont d'or, el pèse 618 marcs. IL est orné de pierres précieuses, couvert de figures, et son piédestal supporte celles des quatre évangélistes, de vingt pouces de hauteur, mais qu'on n’\ place que lorsqu'on veut le descendre. On le porte dans les processions aux grandes occasions, comme aux sacres des rois, aux naissances des dauphins. On le fait descendre alors du maïitre-autel, au moyen d’une machine et de leviers, et il faut quatre prêtres des plus forts pour le porter. » L'exécution de cette œuvre d'art exisrea un certain nombre d'années : le 13 février 1412, on trouve Pierre Alerigues enfermé dans les prisons royales en compagnie de ses deux fils, François et Michel, pour n'avoir point terminé ce travail en temps convenu. Les détenus durent promettre par acte notarié de tenir leur engagement et jurèrent devant les juges de la cour du baïlli de ne pas franchir l'enceinte de la ville de Perpignan sans autorisation de la justice. Il reste de ce magnifique ouvrage, fondu en 1793, une sorte d'imitation en bois doré ct le dessin, à très petite échelle, publié par le docteur Carrère dans son Voyage pilloresque. Le 38° numéro du Journal commercial el illustré des Pyrénées-Orientales a aussi donné la reproduction de ce dessin.

Vipaz, Histoire de Perpignan.

ALERIGUES (François), fils de Pierre, son collaborateur dans l'art de la joaillerie, donne quittance du prix d’un sceau en vermeil pesant une once, le 7 juin 1407.

\rchives des Pyr.-Or., B.1SK.

ALERIGUES (Michel), le plus illustre de cette famille d'orfèvres, était le fils et Le collaborateur de Pierre et de François son frère. En 1423, il exécuta. pour l'église Saint-Mathicu, une croix d'argent por- Llant Jésus-Christ crucilié et différents personnages au pied de la croix. La livraison de cet ouvrage provoqua un échange de lettres entre cet artiste et la obra de Saint-Mathieu, les 3 et 6 décembre 1426. En 14431, Michel Alerigues s'engageait à terminer pour l'église de La Réal un coffret d'argent destiné à recevoir les corps saints de saint Julien el de sainte Baselice. L'année suivante, il fabriqua une statue de saint Christophe, pour l'église Saint-Jean, du poids de quinze marcs d'argent et de la hauteur de deux

palmes de Montpellier. Le 24 novembre 14414, il passe des conventions avec le chapitre de La Réal pour monter en reliquaire une branche de corail. Mais l’œuvre capitale de Michel Alerigues est l'exécution des deux bustes en argent des saints Abdon et Sennen qu'on admire dans l'église d’Arles-sur-Tech. Les légendes qu'ils contiennent édifient sur la valeur ct le talent de l'artiste. On lit sur le buste de saint Abdon : + {slul (sic) capul fecit confratria sanctorum martyrum Abdon et Sennen, quod opus fuit conditum per manus Michaelis Alerigues, argenterii Perpiniani, anno Domini M. CCCC. AXV. Le buste de saint Sennen porte l'inscription suivante : + /s/ud capud (sic) fecil confratria sanelorum martirum Abdon et Sennen, quod capud{sicifuiloperatum per manus Michaelis Alerigues, argenteri Perpiniani, anno Domint M. CCCC. XAAX. Michel Alerigues dirigea les travaux d'exploitation des gisements métallurgiques d'Arles et de Montbolo. Archives des Pvr.-Or.. G. 68, 359, 447, PB. 234.

ALERIGUES (Jean) continua les traditions artistiques de ses ancêtres. On le trouve, le 9 mars 1450, passant, en qualité d'argentier de Perpignan, un con- {ral avec les procureurs de la confrérie de N.-D. du Pont, pour la fabrication d'un reliquaire devant contenir des ossements de saint Blaise.

Archives des Pvr.-0r., G. 1025.

ALEXANDRE Maitre). Le nom de ce peintre a été découvert dans l'église de l'ancienne abbaye de Saint-Génis des Fontaines, dans la chapelle de N.-D. de Montserrat. sur un de ses tableaux. Dissertant sur ce tableau, Alart le rapporte à la première moitié du règne de Jacques EF de Majorque. Son opinion se fonde, non seulement sur la forme des Icttres de l'inscription, mais encore el surtout sur le titre de mailre suivi du prénom seul de l'artiste, les peintres avant adopté cetle appellation dés la fin du XITF siècle, comme en témoignent certains documents des archives des P\rénées-Orientales.

DE Bon\éros, Ejugraphie roussillonnatise. n°7 927, — Aria, Noles hisloriques sur la peinture elles peintres roussillonnis, dans le AIX Bulletin de la Societe Agricole, Scientifique el Littéraire des Pyrénées-Orientales.

ALFONSO (François), riche marchand de Perpignan qui se livrait à l'exploitation agricole, avait acheté, vers 1450, des terres à Jean Jou, bourgeois, ctasait pris à ferme la commanderie d'Orle. eut deux fils. Pierre, Fainé, qui épousa la sœur de Bernard Abri, châtelain de Forçca-Réal, prit le parti de Jean 1, roi d'Aragon, contre la France. Louis 1 confisqua ses biens, en #76, ainsi que ceux de sa mère et en fit donation à Gerault Gouste, écuver, seigneur de Miniers. Celui-ci les céda, en T4K0, au damoiscau Marquion de Cossensa, homme d'armes de la compagnie des cent lances de Boftile de Juge,

François Aybri, le cadet, s'était aussi déclaré partisan de la domination aragonaise. Ses biens furent dévolus par Louis XI à Jean de Pire, capitaine du château royal de Bellegarde et à Jean de Daillon, seigneur de Lude. Après le retour du Roussillon à la couronne d'Aragon, Aldonça, veuve de François Alfonso, racheta le lieu de Montner dont la famille de son mari avail jadis possédé les revenus.

Archives des Pyr.-Or., B. 299, 302, 318, 319, 323, 326, 3953, 407.

ALOS (Alphonse), fondeur de cloches de Perpignan (1554-1502).

PALUSTRE, Quelques noms de fondeurs de cloches roussillonnas.

ALQUIÉ (Alexis), médecin. né à Perpignan en 1812, devint professeur de clinique chirurgicale à la Faculté de médecine de Montpellier el chirurgien en chef de lIlôtel-Dieu de cette ville. TT fut reçu docteur en 1838. Il représenta, par d'assez nombreux ouvra- | ges, comme par son enscignement el sa pratique, | l'ancienne école médicale de Montpellier. ILest mort | au mois de septembre 1865. On cite de lui: Cours élémentaire de pathologie chirurgicale d'après la doc- | trine de l'école de Montpellier : Traité élémentaire de | pathologie médicale ; Chirurgie conservalrice où moyen | de restreindre l'uliltlé des opéralions ; Clinique chirurgicale de l'HôlelDieu de Montpellier ; Elude médicale | et expérimentale de l'homicide réel où sinulé par stran- | gulalion, à propos de l'affaire de Maurice Roux, qui eut un si grand retentissement ; etc. Alquié avait entrepris, en 1853, les Annales cliniques de Montpellier dont la publication n'a pas été continuée.

ALZINE (Jean), fils de Christophe Alzine, cultivaleur, et de Thécle Basset, naquit à Perpignan en 1768. et mourut à Fétablissement thermal de Vernetles-Bains, le 3 juillet 1833. Sa première vocation fut celle de l'enseignement, et bien jeune encore il remporta, au concours, une chaire d'humanités au collège royal de Perpignan où il ne démentit point la bonne opinion qu'il v avait donnée dans le cours de

ses études. Obligé d'abandonner le professorat, en 1793, il embrassa la profession qui lui parut la plus analogue à ses goûls littéraires. Î se fit imprimeurlibraire. Ses premicres impressions connues portent la date de l'an HT Depuis le 21 nivôse de cette

année il avait épousé Angélique Jaubert. L'an VIT | |

Alzine avait imprimé, de Pierre Barrera-Vilar, un mémoire sur les eaux minérales de Vernet. En 1801, le Riluel du diocèse sortait de ses presses : en 1802, il éditait la Regla de vida et V'Essai sur les rapports de la religion catholique avec la société civile par J.J. E. Birotteau. Il fondait en même temps le /?oussillonnais, petit almanach trés utile qui est encore en cours de publication, bien qu'il ait subi des modifications et ;

ALOS — ALZINE

des augmentations. Jean Alzine ressuscita l’Ordo diocésain dont la collection se continue aussi depuis 1866, et imprima le Catéchisme catalan en 1807. On trouve cet imprimeur à Barcelone, en 1811 ct 1812, associé à P. Barrera, faisant paraître divers ouvrages sous la raison sociale : J. Alzine et P. Barrcra. Jean Alzine, toujours fixé à Perpignan, imprime dans cette ville, dès 1815, les Elrennes roussillonnaises. Les Poésies de François Boher ne furent éditées qu'en 1823. A la fin de sa carrière, il imprima le Publicaleur des Pyrénées-Orientales, revue précieuse qui est très appréciée de tous ceux qu'intéresse l'histoire locale. Grâce à l'instruction et aux talents de J. Alzine, la hbrairie et l'imprimerie atteignirent un degré de perfection jusqu'alors inconnu dans le pays.

Publicateur des Pyr.-0r., n° du 6 juillet 1833. — Cour, L'Imprunerte & Perpignan. |

ALZINE (Jean-Baptiste), {ils de Jean Alzine et de Marie-Angélique Jaubert, naquit à Perpignan le 5 thermidor an XI (24 juillet 1803), et Ÿ mourut le 2% mars 1883. [ avait épousé Joséphine Parès dont il eut quatre filles. IL fut le digne continuateur de l'œuvre de son père. Les ouvrages imprimés par J.-B. Alzine sont très nombreux. La Bibliographie roussillonnnaise en donne une soixantaine, parmi lesquels on doit citer: Ordo du diocèse (annuel) ; le Roussillonnais (almanach): le Publicaleur (hebdomadaire) créé en 1832 par son père el auquel il donna une grande importance jusqu'à sa cessation en 1837 ; l'Annuaire de 1834 ; Vida y novena dels sants Abdon y Sennen, 1841; Calalogue des évéques d'Elne, par Puiyggari (1842); Le Guide en Roussillon, par Henrv (1842) ; tituel du diocèse (845) ; le Procès des Trabucayres ; l'ndépendant (846 1848) qui lui valut d'aller en prison pour délit de presse et lui occasionna des procès : Procès de lindépendant (847): Officia propria ad usum diæcesis Elnensis (847): V'Eloile du Roussillon CESAS-1850) ; Vie des bienheureur martyrs Abdon et Sennen, par le P. Chambeu (REST: Grammaire calalane-francaise, par Puigsart (852); Nolicia historica de l« imalge de Nostra-Senyora d'Err, par P. Cotxet (AN): Pêlerinage à Notre-Dame de Font Romeu. par l'abbé Tolra de Bordas (4855) ; /lisloire de Roussillon, par de Gazanvola (1857): Synodi divcesanæ Elnensis (85) ; [lisloire naturelle du déparlement des Pyrénées- Orientales, par Louis Companyo.3 vol. (860 ; Lecons de grammaire aux adulles, par J. Mattes (1866); Calalogue de la bibliothèque communale (4866). Mais l'œuvre principale de J.-B. Alzine fut le Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orienlales, dont il imprima quinze volumes avec un soin jaloux.

COMET, L'Imprimerie à Perpignan.

AMALVI — AMARELL

AMALVI (Etienne), prêtre, bénéficicr résidant à l’'église-cathédrale d’Elne avant la Révolution et né dans le bas Languedoc, du côté de Nimes. Comme il n'avait pas prêté le serment exigé de tous les prêtres par les décrets de l’Assemblée Nationale, et que, suivant ces décrets, il était dans le cas de sortir du royaume, on dit qu'à cet effet il avait demandé et obtenu un congé de la municipalité d'Elne. Un autre prêtre qui avait prêté le serment lui avait affirmé qu'il pouvait demeurer à Elne, à cause de son âge, avec l'agrément qu'il avait obtenu de la municipalité. Les Espagnols s'étant emparés d'Elne en juin, il y demeura : mais les Espagnols s'étant retirés et avant évacué Elne et les Français v étant rentrés, il y demeura encore. IL fut arrêté avec M. Godail qui élail dans le même cas : ils furent Fun et l'autre conduits et détenus dans la prison du Castillet à Perpignan, où on leur fit un proces d'accusation à chacun en particulier comme coupables d'avoir rompu leur ban ou leur exil, et avant par là encouru la peine de mort prononcée par les mêmes décrets. Etant en prison, ces deux prêtres disaient chaque jour ensemble leur bréviaire, faisaient leurs dévotions, se confessaient et se consolaient mutuellement pour se préparer à une sainte mort, parfaitement soumis à Ja volonté de Dieu. M. Amalvi fut jugé le premier, le 6 octobre 1793. Il était occupé à dire son bréviaire lorsqu'on vint lui lire son jugement de mort. [D demanda un léger instant pour finir ce qu'il avait commencé : le greffier le lui accorda. Lorsqu'on lui lut le jugement. à ces premiers mots: Au nom de la République, il dit : Sit nomen Domini benediclum. Lorsqu'il entendit sa condamnation à mort, on vit la joie se répandre sur son visage, II leva les veux au ciel et dit: fiat voluntas tua. Se tournant vers Ie greffier, 1 lui dit: « Dites aux juges que je leur pardonne de tout mon cœur; ce n'est pas eux qui m'ont condamné, c'est la loi civile.» Tous ceux qui élaient présents, même les autres prisonniers, fondaient en larmes et poussaient des sanglots qu'ils ne pouvaient contenir: il leur adressa la parole, les exhorta et les consola. Ensuite. demeuré seulavec l'autre prêtre, M. Godail, son compagnon.ils s'exhortérent et se consolèrent ensemble. Le lendemain, fundi 7 octobre 1793, jour de la fête de Notre-Dame de la Victoire, il fut guillotiné et mis à mort sur la place de la Loge, à Perpignan. Dès qu'il fut sur l'échafaud, prêt à recevoir le coup de mort. il fit un petit discours au peuple qui était présent, et ses paroles arrachèrent des larmes à l'assistance ; il

mourut comme un saint martyr.

Martyrs de la Foi pendant la Révolution francaise, LH, — Mémoires de Jaume.

AMANRICH (Cyr) naquit à Pia. Il fit ses études

à Perpignan et y fut reçu docteur en médecine, le

13 février 1676. Il excrça la médecine dans cette ville avec la plus grande distinction pendant qu'il professait à l’Université, vers 1700, et se retira à la campagne en 1720. Il ne put se refuser aux sollicitations des habitants de Perpignan, revint dans cette ville et y mourul en 1728, étant l'ancien de la Faculté depuis 1715.

Nous erovons devoir rapporter ici une anecdote singulière qui fait l'éloge des talents d'Amanrich et de la modeste franchise d’un médecin des plus célèbres du royaume. Chicovneau, chancelier de PUniversité de Montpellier, appelé à Perpignan en 1615 auprès de Mer de Montmort, évêque de cette ville, fut scandalisé de la manière simple et singulière, on peul dire ridicule, dont Amanrich était habillé ; on eut beaucoup de peine à lengager à consulter avec lui; mais après l'avoir entendu, il se rendit aupres du malade et lui annonça son départ en ajoutant: « Vous n'avez plus besoin de moi; j'ai trouvé mon maître.» Cet aveu, qui serait très rare aujourd'hui, fait beaucoup d'honneur à Amanrich, mais il honore encore plus celui qui n'a pas rougi de le faire.

Il écrivit: sur la dignité de la médecine, Medicus in conspeclu magnalorum erlollendus, Perpignan, 1702, in-4° ; sur la cireulation du sang, De insanit cireulalionis el cireulalorum. Perpignan, 1705, in-4°; sur la médecine théorique et pratique, Disquisiliones de adrersd& medicind, Perpignan, 706, im-#4°.

Amanrich laissa trois enfants : Cyr qui fut docteur en médecine, Jacques qui succéda à son père dans les fonctions de la régence, el Thomas. dominicain en renori.

CaAnRÈRE, Foyage en France.

AMANRICH (Thomas), fils du célèbre médecin Cyr Amaurich, entra dans lordre des Frères-Prècheurs, fut pendant vingt-septans professeur de th6ologie dans FUniversité de Perpignan et recteur de celle compagnie en 1734. FE était regardé comme Île flambeau des théologiens du Roussillon et de la Catalogne, el n'acquit pas moins de réputation dans les fonctions du ministère apostolique: son nom était cité el ses décisions respectées dans les écoles de toute l'Espagne. Son mérite Le fil choisir par le général de son Ordre pour remplir une place au collège de Casenati, à Rome: mais l'amour de la patrie lempècha d'accepter.

Canne, Foyage en France.

AMARELL (Guillaume) était architecte du chàteau de Perpignan. sous le règne de Pierre IT d'Aragon. À la suite de dénonciations calomnicuses, il fut dépouillé de sa charge: mais le roi l'en investit de nouveau, dès qu'il cut reconnu son innocence.

Archives des Pyr.-Or., B. 100, 110.

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