‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 87 sur 227 · KENNEDY · texte numérisé non relu

KENNEDY

comte de La Union, commandants en chef de l'armée espagnole. De ce fait, Joseph de Kennedy fut livré au tribunal révolutionnaire de Perpignan qui l'envoya périr sur l'échafaud. Attiré à la métairie de la Clapère par un individu qui en voulait à ses biens, Joseph de Kennedy fut arrèté et enfermé à Banyulsdels-Aspres. Conduit à Perpignan, le 1° mai, il fut sans retard cité à la barre du tribunal révolutionnaire. Aux diverses interrogations posées par le juge, le prévenu répondit être âgé de 76 ans, avoir quitté le Boulou en 1793 pour surveiller ses propriétés de Saint-Marsal, être revenu au Boulou en juin 1793 « pour arrêter les dévastations que les Espagnols faisaient dans son bien », n'avoir eu de rapports avec Ricardos que pour réclamer le paiement de bestiaux enlevés et de dommages occasionnés à ses propriétés, s'être contenté depuis de lui envoyer « quelquefois par son maître d'office du chocolat et du café. » Je n'ai, ajouta-t-il, accepté aucune fonction publique durant l’émigration espagnole ; mon unique colisation « pour l’amélioration des rues du Boulou » s’est élevée à 12 livres ; et, avant l'arrivée des Espagnols. «je ne me suis jamais mêlé de la Révolution ». Et comme le juge lui demandait d'expliquer s'il avait eu l'intention de passer en Espagne: « [l répondit que non, mais voyant que les troupes françaises cernaient le Boulou d’après ce que le général leur en dit. il se rendit avec ses filles à Céret, croyant que cet endroit était plus sûr que le Boulou ; et que, hier. lorsque les Français s’approchaient de Céret, tout le monde criant que tout était perdu, il alla avec ses filles dans une métairie appelée la Clapère, à une heure de chemin de l'Espagne, scs filles passèrent devant avec les servantes sur un charriot ; et avant de les joindre il fut arrêté par les Français. » Sur ce, Armoise Carboneil porta l'acte d'accusation suivant: « Nous, officier de police instruisant, vu les réponses du nommé Candy ; considérant que plus jaloux de ses privilèges et de son or, que de demeurer fidèle à son pays; considérant qu'il conste par son propre aveu que jamais il ne s'est montré pour la Révolution et qu'il a eu pour elle un cœur froid et qu'il l'a même haïe : considérant qu'il a vendu des bestiaux à nos ennemis ; considérant que, regardant tout perdu à l'approche des troupes françaises sur le Boulou. il se retira à Céret, d'où il sortit encore avec une assez grande provision d'or, prenant la route d'Espagne, ses filles avant pris le devant sur un charriot ; considérant enfin que sa conduite, surtout d'avoir reconnu l'autorité de Ricardos, est la preuve certaine de sa haine pour la patrie el consle son émigration, déclare qu'il y a lieu à accusation. »

Le jour même (13 floréal an D aussitôt après l'interrogatoire, Joseph de Kennedy fut condamné à mort comme émigré. Demi-heure après l'arrêt, la

tête de ce vieillard tombait sur l'échafaud. « Il n’y eut même pas de jugement écrit prononcé contre mon oncle, écrit Jaubert de Passa ; tout se fit verbalement, et il ne resta, dès le soir même, aucune trace de l’arrêt. » Joseph de Kennedy avail épousé Marguerite de Vilar qui ne tarda pas à mourir. Il convola en secondes noces et épousa Emérentienne de Llobet. Cinq enfants sont issus de leur union : Côme ; Josèphe, épouse d'Amable-Charles de Preissac-Cadillac ; Jean ; Marie, décédée à Barcelone, le 21 décembre 1797; et N., bénédictin au monastère d’Arles-sur-Tech.

Archives de la famille de Llobet.

KENNEDY ou CANDY (André de), frère du précèdent, recueillit, à la cure de l'église Saint- Jacques de Perpignan, la succession de son oncle Jean. décédé en 1762. Durant le temps où il régit l'importante paroisse confiée à ses soins, André de Kennedy ou Candy fit construire le retable en bois sculpté et doré qu'on voit encore dans le sanctuaire du maître-autel de l'antique église Saint-Jacques de la ville. Cet ecclésiastique prit soin de consigner le souvenir de l'érection de ce monument sur une plaque en marbre bleu qu'il fit encastrer dans la muraille de l’abside. Sur ce monolithe, entièrement plongé dans l'obscurité, j'ai pu relever l'inscription suivante : « Le retable du maïtre-autel de cette église a été fait à neuf et a été placé et commencé le 23 avril 1769, étant marguilliers le s. Vincent Ferrer, avocat, le s. François Marigo, négociant, M° Emmanuel Forcade, tailleur, M' Etienne Ducassi, maçon, M. A. Candy, curé la dite année. » André de Candy fut nommé archiprêtre d'Estagel, le 5 octobre 1772. Il mourut dans cette localité en 1776.

Archives des Pyr.-Or.. G. 785.

KENNEDY ou CANDY (Côme de), fils de Joseph de Kennedy et d'Emérentienne de Llobet, naquit au Boulou en 1746, IL était docteur ès-lois. Lorsque les troupes espagnoles. sous les ordres de Ricardos et de la Union campèrent au Boulou, Côme de Kennedy inspira la confiance à ces deux chefs militaires. Leur armée ayant été obligée de battre en retraite, Côme de Kennedy passa en Espagne avec sa femme, ses enfants ct ses sœurs. Charles IV lui accorda une pension de quinze cents francs dont il jouit jusqu'en 1808, date à laquelle les Français le forcèrent à regagner la terre natale. Il se réfugia à Rodès, chez sa fille Marguerite, épouse de Cornet. Sous la Restauration, lorsqu'il voulut réclamer la part du milliard voté par les Chambres. en faveur des émigrés spo- Dés, Joseph de Kennedy dut prouver, au moyen d'une enquête, que son père avait été immolé sur la

place publique. Joseph de Kennedy eut, outre Marguerite, épouse de Cornet, trois autres enfants : Antoine; Emérentienne, qui épousa, le 23 février 1821, Hercule de Liobet ; et Joséphine, femme de Dominique de Boixo. de Millas.

Archives de la fainille de Liobet.

KENNEDY ou CANDY (Jean de), frère du précédent, fut nommé sous-fourrier dans la compagnie écossaise des gardes du corps dont le maréchal de Noailles était capitaine. Le 15 août 1791, il émigra avec ses camarades et s’enrôla dans l’armée des princes, à Coblentz. Après le licenciement de l’armée de Condé, il courut se joindre aux troupes espagnoles campées au Boulou. Nommé sous-lieutenant dans le troisième bataillon du régiment de Bourbon que commandait le colonel de Saint-Simon, Jean de Kennedy était capitaine de ce corps en 1808. Il fut

Page 1