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LA CHAPPELAIN — LACROIX

dans un âge avancé, le 7 juin 1724, dans les prisons du château-fort de Villefranche.

Archives des Pyr.-Or., C. 747, 1491. — Jacques Vassar, Epilogue du drame des poisons en Roussillon, dans la Revue d’hisloire et d'archéologie du Roussillon.

LACROIX (Firmin de), né à Lançon, près Salon (Bouches-du-Rhône), le 2 janvier 1675, vint en Roussillon vers 1705, recommandé au gouverneur duc Adrien de Noailles par son oncle Jacques de Noaiïlles, lieutenant-général des galères à Marseille. Affecté à l’armée des Pyrénées, organisée par Adrien de Noailles en vue des campagnes de Catalogne, il suivit le gouverneur de Roussillon dans ses expéditions : siège de Puycerda (1707), de Figuères (1709), de Gérone (1710) ; il est porté sur « l'estat du roy, fait à Versailles le 30 mars 1707, pour servir à la suite du corps de troupes qui agira en Roussillon pendant la campagne de 1707 » ; il figure aussi sur « l’estat de la Cour, préparé à l’occasion du siège de Girone, pour servir en Roussillon pendant la campagne de 1710 » (Arch.). En 1712, le duc de Noailles le chargea, en remplacement de M. de Buguerard, « après avoir été satisfait de ses services auprès de sa personne », d'installer un hôpital militaire à Villefranche et de restaurer les fortifications de cette place et celles de Mont-Louis. Il mourut à Villefranche, le 21 juillet 1735.

Firmin de Lacroix descendait d’une famille de Provence signalée, dès 1400, à Manosque et à Salon. On relève dans les archives des Bouches-du-Rhône : Jean de Lacroix ou La Croix (en provençal Croux), qui rend compte en 1400 au prince de Tarente, seigneur de Lancon, des recettes de Salon et de Lançon (B.1.1174 ;: B.2. 1634, 35); Antoine de Lacroix, consul de Manosque, qui apparaît souvent dans les comptes royaux de 1470 à 1480, épousa, le 20 novembre 1470, Thomasse. dame de Grambois ; Lazare, aussi consul, mort en 1532, épousa Catherine de Demandols ; Jean, son fils, qui épousa, le 10 mars 1536, Françoise Glandevés-Faucon, rendit hommage en 1560 pour Corbières et Grambais ; Mathieu de Lacroix. procureur du roi aux Baux en 1606, se signala par ses rigueurs contre les réformés ; Jacques de Lacroix, grand oncle (1572-1622), était bénéficier de l'église collégiale de Saint-Laurent à Salon. La branche principale de cette famille s’éteignit en 1586 par la mort de Melchione de Lacroix, née en 1540, fille unique de Jean de Lacroix de Corbières, et qui avait épousé, le 16 août 1563, François d'Oraison. Le frère ainé de Firmin, Melchior de Lacroix, né à Lançon le 2 mai 1664, chanoine de la cathédrale de Marseille, figure sur une lettre de cachet du 1" novembre 1687 « expédiée de Fontainebleau au Sieur du Luc, évéque de Marseille, et donnant avis de la bénéficia-

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ture à conférer au dit messire Melchior de Lacroix » (Arch. de la Major, reg. 12) ; il est aussi inscrit dans l’'Armorial de Provence (d'Hozier, tome IT, fol. 1623) sous le blason suivant: d'azur à la croix tréflée d'argent. Il mourut à Marseille, le 24 janvier 1730 ; une délibération capitulaire du chapPitre de la Major constate son décès (Série G, n° 14).

Archives de Salon, cadastres de 1566, art. 31, fol. 57, 172 et de 1600, art. 32, fol. 250, 269. — Ponsard, not. à Salon, 1589, fol. 194, 118. — Trossier, not., 1604, fol. 289, 678. — Archives des Bouches-du-Rhône, B. 1. 274, 791, 99%, 1247, 1266 : B. 2. 2480, 2680. — Archives des Basses-Alpes, B. 1568, 1636, 1779, 1839, 18R4, 1920. — Carrés d'Hozier, 215. — Damase AnBaup, Histoire de Manosque. — André GaRcIN, Histoire de Grambois.

LACROIX (Adrien-Jérôme de), fils ainé du précédent, naquit le 5 janvier 4712. Il eut pour parrain le duc Adrien de Noaiïlles. gouverneur du Roussillon, « alors appelé à Paris pour les négociations du traité d'Ütrecht et représenté par Jérôme de Pitoux, son ancien aide de camp, gouverneur de la ville et chasteau de Villefranche ». Médecin du roi à l'hôpital militaire de Collioure, Adrien de Lacroix possédait une littérature étendue. Il s'est fait connaître par quelques écrits. En 1743, le docteur Thomas Carrère lui adressa la Lettre d'un médecin de province à M. Louis XX (Adrien de Lacroix), médecin de la Faculté de Perpignan, Perpignan, 1743, in-4°. À son tour, Adrien de Lacroix publia une Lettre raisonnée de Louis XX de la Facullé de Perpignan à un fameux médecin de Perpignan, mai 1743, in-4°, à laquelle Thomas Carrère répliqua par la Réponse à la leltre raisonnée de Louis XX, médecin de la Facullé de Perpignan, ibid., 1743, in-4°. Adrien de Lacroix mourut en 1771 et fut inhumé dans la chapelle de Saint-Crépin de l’église de Collioure. Il avait vendu, le 3 novembre 1738, les terres dont il avait hérité en Provence de son oncle Melchior (Giraud, not.).

Hœæœrer, Nouvelle biographie générale. — BaAnBiEr, Diclionnaire des ouvrages anonymes, lettre L.— Quenanp, La France littéraire.

LACROIX (Daniel de), frère du précédent, né le 22 mars 1720, docteur en théologie, fit ses études à Toulouse, y prononça son premier discours (9 juillet 1740); domer de l'église de Villefranche (mars 1747), prévôt de Prats-de-Mollo (16 mars 1751), recteur de Joch (1772) (Bulles apostoliques données en Cour de Rome le 5 des ides d'avril 1772, confirmées à Versailles le 6 juin. nommant Daniel de Lacroix à la rectorerie de Saint-Martin de Joch). 11 mourut à Joch, le #4 avril 1789.

Une pièce signée de lui précise la date de la reconstruction de l'église de Joch, située sur le bord du ravin de Saint-Martin : « Jo baix firmat Daniel de Lacroix, doctor en sagrada theologia Y paborde de Joch, certifico aver rebut del senvor Pilos, procurador de sa Excellensia lo senyor comte de Aranda,

la summa de six cents francs que dit senyor comte a donada per la fabrica de la nova iglesia que se fa al dit Iloch de Joch, laqual summa lo dit senyor Pilos me a comptada per averla de dit senyor, vuy als 10 de juny 1786. »

Archives des Pyr.-Or., C. 1359, 1946, G. 957.

LACROIX (Pierre-Firmin de), frère des précédents, né à Villefranche le 24 avril 1732, fit ses études au collège des Jésuites de Perpignan. puis à Toulouse. À vingt-deux ans, à Paris. il composa une Ode sur la naissance du dernier duc de Bourgogne et une tragédie, Arthemise, qui eurent un certain succès et lui attirérent l’amitié de littérateurs distingués, en particulier de Fontenelle. Revenu à Toulouse, il S'y fit remarquer comme avocat au Parlement ; ses Lettres d'un avocat au Parlement de Toulouse à un avocal de la cour des aydes de Montpellier furent supprimées par ordre du Parlement. Admis à l’Académie des Jeux floraux, il prononcça, le 3 mai 1761, l'éloge de Clémence lzaure. Diverses poésies lui avaient déjà valu les prix de l’Académie : Chimères champêtres, 1759 ; Le Gai Savoir, 1762 ; Ode sur l'honneur, 1760 ; Ode sur la philosophie du siècle, 1754 ; ses épigrammes contre J.-J. Rousseau eurent du succès à la Cour et circulèrent dans Paris; sa défense de Sirven, en soulevant la question de la liberté de conscience, eut un grand retentissement et lui atlira les éloges et l'amitié de Voltaire qui entretint avec lui une correspondance qui figure dans les œuvres du grand écrivain. « Votre éloquence et vos raisons, lui écrivait Voltaire, ont fait rendre justice à Sirven ; vous avez acquis de la gloire et lui du repos ; ce sont deux bons oreillers sur lesquels on peut dormir à son aise. » Très nombreux furent les mémoires que produisit Pierre-Firmin de Lacroix dans des causes importantes : il s'était consacré à la défense des opprimés, sans distinction de race, de culte ou d'opinion, s’efforçant de démontrer la nécessité des pacifications morales fondées sur le droit: « Je ne süis, répétait-il, si les dragonnades ont cté nécessaires, mais il est nécessaire de n’en plus faire. » Son mémoire en réhabilitation de Cahuzac fut réimprimé à Paris ; les arrêts de principe qu'il obtint du Parlement en faveur des protestants, ses travaux de jurisconsulte et ses vues sur l'amélioration des lois le signalèrent comme un précurseur des réformes judiciaires et sociales que devait consacrer le XIX'°siècle. Pierre-Firmin de Lacroix mourut à Toulouse. le 25 novembre 1786. Son éloge fut prononcé par M. Poitevin à l'Académie des Jeux floraux, le 11 mars 1788. et par M. de Reganhac qui lui dédia

| sa Traduction des Odes d'Horace.

Correspondance de Voltaire. — Œuvres de Rousseau, NI vol. p. 379. — Bibliothèque de la Sorbonne, L. F. 137, — Bibliotheque

nationale, L. 27, 17943. — QuEerarp (Art. Rousseau, p. 221). — Dictionnaire Barbier. — Archives de la Haute-Garonne. — Recueils de l'Académie des Jeux floraux. — Revue des Pyrènees, Toulouse, nov. 1908. — Journal L’Indépendant, 17 déc. 1908.

LACROIX (Joseph-Melchior de), frère des précédents, né à Villefranche le 15 mars 1714, se destina à la magistrature, et par l'appui du duc de Noailles fut nommé, le 2 mars 1754, juge au baillage de Prades et conseiller du roi. — 31 juillet 1750 : Lettre de Joseph-Melchior au duc de Noailles pour solliciter la charge de procureur du roi au siège de de la viguerie de Conflent, qui est vacante : « cet emploi, dit-il, est un acheminement à la judicature de viguier, lorsqu'elle deviendra disponible » ; il invoque la haute protection dont le duc a honoré son père et demande une lettre de crédit auprès du comte d'Albaret, intendant du Roussillon et premier président du Conseil Souverain.

L'Histoire de Prades de Delamont rappelle une querelle locale à laquelle il fut mêlé: De tous les privilèges octroyés aux consuls de Prades, il en était un auquel ils tenaient particulièrement et qui fut la source de nombreux conflits : c'était d’avoir un banc de «prééminence» dans le sanctuaire de l’église paroissiale, reste de la haute justice qu'ils avaient acquise des Camériers de la Grasse ; ce droit leur fut souvent disputé. Déjà en 1703, Mgr de Flamenville, évèque d’Elne, avait ordonné « de tirer le banc du consulat du lieu et place où toujours il avait esté » ; un décret de Mgr de Gouy confirma cette décision. En 1768 survint une nouvelle querelle. Joseph- Melchior de Lacroix et Nicolas Saleta. procureur du roi, émirent la prétention de précéder les consuls dans les cérémonies de l’église et obtinrent du Conseil Souverain de Roussillon un arrêt par lequel il était ordonné aux échevins de Prades d'ôter le banc qu'ils avaient de temps immémorial dans l’église Saint-Pierre pour le remplacer par celui de Joseph- Melchior (26 mars); mais M. de Compte, viguier de Conflent, qui avait pris parti pour les consuls, écrivit le 7 avril au marquis de Bon, intendant du Roussillon, pour se plaindre des changements effectués : « Nanti de cet arrêt, M. de Lacroix nous est venu ici comme en état de triomphe ; il a aussitôt mandé les échevins auxquels il a fait signifier le dit arrêt et comme ils adressaient une requête à la Cour pour qu'il fut surais à tout jusqu'à ce que, par le roi, il en fut autrement ordonné, M. de Lacroix, sans attendre aucune décision, fit enlever par un sous-bayle et quatre hommes le dit banc, il fit arracher le drap parsemé de fleurs de lis et les armes du roi en tableau qui étaient par dessus, qu'il fit descendre et placer lui-même à sa fantaisie vis-à-vis ct à la gauche d'un banc et de deux prie-Dieu qu'il avait fait porter pour lui ct pour le procureur du roi. Le lendemain, pour

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nous narguer, il sortit de sa maison avec pompe, escorté de quatre sergents de mon siège, pour aller aux fonctions de l’église où il assista en rabat et manteau court. »

La mort de Joseph-Melchior, survenue l’année suivante, ne termina point le conflit. Le Conseil Souverain rendit un nouvel arrêt (30 mai 1774) ordonnant que les officiers de la viguerie de Conflent auraient la préséance sur les consuls de Prades ; ceux-ci ne cessèrent de protester et Clemens de Barrera et Dominique Coder obtinrent dix ans après un arrêt du Conseil d'Etat du roi qui «casse et annule toutes décisions antérieures, maintient les officiers municipaux de la ville de Prades dans le droit de n'être précédés que par le viguier et fait défense à tous autres de troubler les dits consuls dans leurs droits et possessions. Donné à Versailles, le 19 février 1779; Par le roi: Le prince de Montbarrey ». Le privilège des consuls leur fut alors disputé par le clergé paroissial, et sa suppression, en 1789, mit fin à ces rivalités.

Joseph-Melchior de Lacroix mourut à Prades, le 14 novembre 1769, et fut inhumé dans l’église paroissiale de Saint-Pierre, chapelle du Rosaire, où l’on remarque encore une pierre tombale, au blason mutilé, sur laquelle on lit: Qui in Chrislo servatore credidit et speravit hic jacet Joseph de Lacroix, hujus oppidi judex. Obüt die 14 9bris anno 1769. Il avait épousé à Prades, le 30 décembre 1737, Françoise de Maria et eut un fils qui suit.

Archives des Pyr.-Or., Mémoire présenté par les nobles du Conflent, C. 1976.

LACROIX (Joseph-Melchior- Gaspard de), fils du précédent, né à Prades le 30 mars 1747, succéda à son père et par lettres du grand sceau, d'octobre 1772, fut nommé conseiller du roi, juge du baillage de Prades ; en lui annonçant sa nomination le duc Louis de Noailles. gouverneur du Roussillon, fils du maréchal Adrien lui écrivit la lettre suivante: « Saint-Germain, 4 septembre 1772. Je connais votre famille, Monsieur, depuis trop longtemps pour ne pas voir avec plaisir qu'elle continue ses services dans la province du Roussillon ; j'ai lieu d’être persuadé qu'à l'exemple de ceux qui vous ont précédé. vous remplirez la charge qui vous est confiée avec distinction. C’est une justice que je vous dois et que je vous rends bien véritablement. Il en sera de même toutes les fois que l’occasion se présentera de vous donner des preuves de mes sentiments sur ce qui vous intéresse. On ne peut rien ajouter à ceux avec lesquels je vous suis plus parfaitement acquis que je ne puis vous le dire. — Le duc de Noailles ».

Melchior-Gaspard de Lacroix a laissé les minutes d'une correspondance considérable ; il écrivait aux

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gouverneurs de la province, au maréchal de Noaïlles, aux intendants MM. de Saint-Sauveur et de Chollet, à M. de Villedeuil, secrétaire d'Etat au département de Languedoc, au comte de Saint-Priest, au marquis d’Aguilar, à Necker (août 1789) ; chargé d'exécuter, dans la viguerie de Conflent et de Capcir, les dispositions relatives à l’assemblée des baillages pour la nomination des députés aux Etats Généraux, il correspondit avec M. de Puységur. secrétaire d'Etat (8 juillet 1789) et rendit compte à M. de Chollet des troubles qui éclatèrent à Prades le 28 juillet 1789 à la nouvelle de la prise de la Bastille : «... Le 28, vers 8 heures du soir, des séditieux étrangers arrivés dans la ville sonnèrent le tocsin et répandirent le bruit que le roi avait ordonné de distribuer le sel. Aussitôt les habitants et ceux des villages voisins se portèrent avec des torches allumées à l’entrepôt dont ils forcèrent la porte, proférant des menaces contre le receveur des gabelles qui se vit forcé de leslaisserentrer dans les magasins où ils prirent tout le tabac et Îc sel approvisionnés. Vers deux heures du matin, il se forma un nouvel attroupement qui investit la maison du receveur et la pilla; en même temps une bande armée parcourut la ville et envahit le domicile des particuliers qui avaient le maniement des deniers royaux ou qui avaient été receveurs des impositions locales ; les séditieux se saisirent des papiers, registres et rôles qu'ils déposèrent dans la prison, se firent donner les clefs de l'Hôtel de Ville et firent publier à son de trompe que tout chef de famille de quelque état qu'il fut eut à les suivre, à se décorer d’une cocarde et à se rendre sur la place publique. A deux heures de l’après-midi du 29, ils forcèrent les chefs de famille à s’assembler dans l’église où ils contraignirent les nobles, prêtres et bourgeois à assister à la nomination des officiers municipaux nommés par acclamation de la foule mutinée. En ce moment, tout est pacifié ; nous jouissons de la tranquillité assurée par une garde bourgeoise que la nécessilé des circonstances a fait établir; j'ai cru devoir engager les bayles et consuls des lieux voisins à faire faire pendant la nuit des patrouilles pour concourir à rétablir le calme et le bon ordre ».

Melchior-Gaspard de Lacroix avait subi l'influence libérale de son oncle Pierre-Firmin ; il refusa d’émigrer et la Révolution ne troubla point sa vie ; pendant l'invasion espagnole, il vit ses propriétés de Prades et de Ria saccagcées par les troupes du général Crispo (août et septembre 1793) ; il allail être emprisonné quand le 9 thermidor mit fin à la Terreur (mémoires de Tolra).

Melchior-Gaspard de Lacroix mourut à Prades Île 19 juillet 1798, laissant huit enfants de son mariage avec Marie-Anne-Josèphe Bonet, Melchior, Galdéric et Joseph-Jean.

parmi lesquels |

LACROIX (Melchior-Jacques-Paul de), né à

Prades, le 24 janvier 1790, fut envoyé à l'Ecole militaire, en 1809. Promu sous-lieutenant au 12° régiment d'infanterie en 1811, il fut nommé lieutenant l’année suivante : Melchior de Lacroix fit la campagne de Russie avec la Grande-Armée. Blessé à la Mosckowa, le 7 septembre 1812, il refusa d'abandonner son commandement. En 1843, il prit part à la campagne de Saxe et fut fait prisonnier de guerre à Dresde. Après avoir été transféré en Hongrie, Melchior de Lacroix rentra de captivité en 1814, et partit peu après pour la campagne du Nord. Il assista au désastre de Waterloo et devint capitaine en 1823. Après avoir guerroyé à la Martinique, depuis 1824 jusqu’en 1829, Melchior de Lacroix ne revint en France que pour entrer dans l'armée d'Afrique, en 1830. T1 fut cité à l'ordre du jour de l’armée pour sa belle conduite à la bataille de Staoueli, le 19 juin 1830. Dès l'aube de ce jour, l’armée algérienne attaqua les avant-postes français qui, établis à Staoueli, à quatre lieues d'Alger, furent d’abord repoussés sur le front de la 2° division, mais aussitôt soutenus par les voltigeurs de la brigade Damremont. L'ennemi abordé à vingt pas. fuit et fut vivement poursuivi par la première compagnie des voltigeurs du 49°, sous les ordres de Melchior de Lacroix, leur chef, jusqu’à une demi-lieue du camp où se trouvait un ruisseau profond qu'il franchit et repassa bientôt, enhardi par la retraite simulée que fit exécuter, pour l’attirer, le capitaine de Lacroix. Au signal donné, les voltigeurs firent volte-face sur les assaillants qui avaient le ruisseau à dos et en firent un affreux carnage. Leur drapeau, leur chef (le pacha Hussein-Dey) et cent des leurs restèrent au pouvoir des Français. L'étendard arabe pris à l'ennemi, fut remis à Melchior de Lacroix. Ce trophée de guerre est précieusement conservé à Prades, chez la famille de Lacroix. Dans l’amulette de cuir attachée au drapeau, on lit le verset suivant du Coran: « Dicu protège les défenseurs de la foi sous son invincible bannière. Infidèles, tremblez à son aspect ! Mahomet qui les guide est son prophèle. » Le capitaine de Lacroix fut cité une seconde fois à l’ordre du jour pour le courage qu'il déploya devant la ville de Bône, le 18 août 1830. Nommé chef de bataillon au 3° régiment d'infanterie, en 1831, Melchior de Lacroix reçut, le 7 février de cette même année, les félicitations du maréchal Soult, ministre de la Guerre, pour avoir arrêté à Nimes le fameux Trestaillons. chef de bande qui, en 1815, organisa la Terreur blanche dans le Midi et participa au meurtre du maréchal Brune, à Avignon.

Le capitaine Melchior de Lacroix, qui avait cté fait chevalier de Saint-Louis en 1828, fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1830 et officier

de cet Ordre en 1836. Il mourut à Paris, le 22 février 1840.

Archives du Ministère de la Guerre.

LACROIX (Joseph-Jean-Pierre de), frère du précédent, né à Prades le 14 août 1770, fit ses études au Collège de Foix à Toulouse, 1788. On le retrouve en 1791 à Toulouse, où il faisait partie de la société des Amis de la Constitution. Rentré à Perpignan, il fut incorporé dans la #1° brigade d'infanterie et mis en réforme en avril 1798 ; il figurait en 1802 au 20° rang des 60 plus forts contribuables du département. Conseiller général de Prades, il fut nommé juge à Prades le 13 décembre 1815, procureur du roi au mêine siège le 28 février 1816 et chevalier de la Légion d'honneur ; il démissionna en 1830 ; il mourut à Prades, le 4 novembre 1841 ; il avait épousé, le 16 novembre 1802, Thérèse de Romeu Sunyer et laissa trois fils dont les descendances se sont continuécs à Prades et à Perpignan : Ferdinand et Auguste qui suivent. et Charles de Lacroix qui épousa, en 1841, Clémence de Barréra.

LACROIX (Joseph - Victor - Antoine - Gabriel de), neveu des précédents et fils de Galdéric, naquit à Ponteilla le 13 mars 1802. Sous la monarchie de Juillet, Joseph de Lacroix fut nommé, le 4 scptembre 1830, procureur du roi à Perpignan; il occupa ce poste jusqu'au 12 octobre 1832, époque à laquelle il fut promu président du Tribunal civil. Tout dévoué au gouvernement de Louis-Philippe, Joseph de Lacroix fut élu, le 21 juin 1834, député du troisième collège des Pyrénées-Orientales par 62 voix contre 52 suffrages donnés au député sortant, Ferdinand Escanyé. Cette élection fut combattue au Parlement par Odilon Barrot, chef de la gauche dynastique. Il soutenait que Joseph de Lacroix n'avait eu que trois voix de majorité absolue et que quatorze électeurs figuraient indüment sur Îles listes, mais il ne put obtenir son invalidation. Joseph de Lacroix vota avec la majorité ministérielle et fit partie de plusieurs commissions importantes. Le 6 novembre 1837, il fut battu par Théodore Parès, avocat-général à la Cour de Montpellier, originaire de Rivesaltes. Celuici obtint 104 voix, Joseph de Lacroix en avait réunit. Joseph de Lacroix se représenta également sans succès lors de l'élection partielle motivée, le 1” juillet 1538, par la nomination de Théodore Parès anx fonctions de procureur général près la Cour de cassation. Parès fut réélu député par 115 voix ; Joseph de Lacroix en obtint 8t. Conseiller général des Pv\rénées-Orientales, conseiller municipal de Prades, Joseph de Lacroix fut suspendu de ses fonctions de magistrat, ainsi que tout le tribunal, après la révolution de 1848 ; mais la réaction de 1849 lui valut le

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