LACROIX — LA FERRIÈRE
poste de conseiller à la Cour d'appel de Montpellier. Ïl en remplit les fonctions jusqu’à sa mort survenue à Montpellier, le 6 mars 1863. Joseph de Lacroix était chevalier de la Légion d'honneur.
ROBERT, BOURLOTON et Coucxy, Dictionnaire des Parlemen-
laires. — Horace CHauveT, Histoire du parti républicain dans les Pyrenees-Orientales.
LACROIX (Ferdinand-Joseph-Anselme de), fils ainé de Joseph-Jean-Pierre et de Thérèse de Romeu, né à Prades le 30 avril 1804, conseiller général et maire de Prades, de 1848 à 1850, protesta contre le coup d'Etat, avec le parti royaliste du département ; traduit devant la Commission mixte des Pyrénées-Orientales, il fut condamné au bannissement ; il se réfugia en Belgique et ne rentra en France que bien après la proclamation de l'Empire ; il mourut à Perpignan en juillet 1875 ;il avait épousé en cette ville, le 10 avril 1834, Balbine-Josephe de Llucia, fille de Joseph de Llucia Garau et de Louise de Guanter et petite nièce de François-Xavier de Llucia, procureur général syndic du département, et député à l’Assemblée législative en 1791.
LACROIX (Auguste-Jean-Antoine de), frère du précédent, né à Prades le 6 juillet 1807, fut admis le 19 novembre 1827 à l'Ecole polytechnique ; souslieutenant au 2° régiment du génie, 1830 ; lieutenant, 4832 ; classé à l’Etat-major à Toulon ; chevalier de la Légion d'honneur, 1835 ; capitaine du génie et chef de service à Bellegarde. 1837 ; à Perpignan, 1840 ; détaché à l'Etal-major de Philippeville, 1841 ; chef du génie à Narbonne, à Carcassonne et à Foix, 1848 : chef de bataillon, 1852 ; chef du génie aux îles d'Hyères, à Port-Vendres, à Collioure, 1852 ; à Fort-les- Bains. à Bellegarde et Prats-de-Mollo, 1855 ; à Medeah (Algérie), 1861 : officier de la Légion d'honneur, 1862.
Auvuste de Lacroix fit les campagnes d'Algérie en 1841 et 1862 ; il fut cité à l’ordre du jour de l’armée d'Afrique le 28 juillet 4841, pour avoir protégé avec deux compagnies une arrière-garde attaquée par les Kabrvles ; il mourut à Perpignan, le 26 novembre
Archives du Ministere de la Guerre.
LA FERRIERE (Charles-Louis-Marie d’Argiot de), marquis de La Ferrière, seigneur du Villa Poumencq, de Combesourde, de la Bouissonne, fils d'Henri d'Argiot de La Ferrivre, lieulenant-colonel des armées de Louis XIV et de Madeleine de Casamajour, naquit au chäleau du Villa (Languedoc). le 2 mai 1740. Successivement lieutenant au régiment de Languedoc, capitaine et chevalier de Saint-Louis
, en 1772, major le 24 juin 1780. Charles de Laferrière
se relira avec le brevet de colonel le 27 février 1785.
LAGUNILLA
[Il avait fait les campagnes de Hanovre pendant la guerre de Sept ans, sous les maréchaux de Richelieu et d’Estrées, et celle de Corse. Par contrat du 9 janvier 1776, passé devant Trullès, notaire à Ille, Charles de Laferrière épousa Marie-Thérèse de Sabater, fille de Joseph de Sabater, chevalier, seigneur de Garrius, capitaine de cavalerie espagnole, et de Marie de Navarres de Castell-Roz et il s'établit en Roussillon. Charles de La Ferrière contribua en qualité de commissaire de la noblesse à la rédaction du cahier des doléances de cette province en 1789. Il fut nommé, en 1790, président de l'administration des Pyrénées- Orientales et peu après destitué. Il se retira à Ille où il vécut dans l'obscurité jusqu'au 18 brumaire. A cette époque. il fut appelé aux fonctions de conseiller de préfecture et remplit par interim celles de préfet dans des circonstances difficiles. Il refusa de servir aux Cent jours et mourut à Ille le 9 octobre 1819, laissant trois fils: Louis-Joachim, tué à Trafalgar ; Jean-Hector, capitaine des vaisseaux du roi, aide de camp du duc d'Angoulême ; Joseph d’Argiot, marquis de La Ferrière, né le 8 octobre 1776, qui fit les guerres d’Espagne et d'Italie et se maria en Roussillon avec Suzanne de Lazerme. Sa fille aînée, Pauline, épousa M. de Règnes, et la cadette, Sophie, Antoine Balalud de Saint-Jean dont la descendance vit à Prades.
Communication obligeante de M. Clément de Lacroix.
LAFORGE (Pierre) naquit à Perpignan en 1705.
Il remporta, en 1810, le preinier prix de hautbois au Conservatoire impérial de musique du premier régiment de grenadiers de la garde. A la chute de l'Empire, il entra à l'orchestre du théâtre Feydeau, et, en 1816, il retourna au sein de sa famille. Parti de Perpignan, en 1817, pour le Brésil, Pierre Laforge n’était pas plus tôt arrivé à Rio-de-Janeiro qu'il était admis déjà à la chapelle du roi don Juan VI. Il dut cette faveur à la bienveillante protection du roussillonnais Maler, consul général de France au Brésil. Pierre Laforge occupa cette situation jusqu'en 1831, époque à laquelle don Pedro I", empereur du Brésil, abdiqua la couronne en faveur de son fils, don Pedro Il. La régence qui suivit cette abdication ne fut pas favorable aux artistes. Des troubles éclatèrent au Brésil, la chapelle et les théâtres furent fermés. Laforge se décida alors à donner des leçons de hautbois ; quelque temps après, il ouvrit à Rio-de- Janeiro un établissement d'imprimerie de musique qu'il géra jusqu'au 25 janvier 1853. Il se disposait à revenir en France et à retourner dans le Roussillon, lorsque la mort le surprit à Rio-de-Janeiro, le 13 juillet 1853.
SIRYVEN, Nolices biographiques, dans le X° Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Lilléraire des Pyrénées-Orienlales.
LA GRAVE (Le chevalier de) publia : Essai hislorique el mililaire sur la province du Roussillon, in-8°, Londres, 1787, qu’il fit suivre d’un Mémoire des localités et d’un projet de cession entre les couronnes de France et d'Espagne. Il convient de contrôler sérieusement les renseignements que l’on pourrait puiser dans cet ouvrage.
LAGUNILLA (Loup-Martinez de), était Aragonais et exerçait les fonctions d’inquisiteur à Barcelone. quand il fut appelé au siège épiscopal d'Elne, le 20 juillet 1558. Il devait être déjà évêque de quelque autre diocèse, puisqu'on le trouve au concile de Trente au nombre des évêques de Paul IV. Le 4 novembre 1558, il prit possession de son siège d’Elne par procureur. Le jour suivant il fut admis au chapitre de la collégiale de Saint-Jean en qualité de chapelain-majeur, selon l’usage. Loup-Martinez de Lagunilla fut nommé aussi inquisitcur général du comté de Roussillon, et le Pape Paul IV, par un décret du 7 janvier 1539, affecta à cet office les revenus du premier canonicat qui vaquerait dans la cathédrale ou la collégiale, revenu dont jouirent ses successeurs par nomination royale. Le 16 avril 1559, il fit son entrée solennelle à Perpignan. A cette occasion, devant l’église de Notre-Dame du Temple, non loin de la rue de l’Ange, les chantres de Saint- Jean exécutèrent avec accord et à plusieurs parties l'antienne Ecce sacerdos magnus suivie des versets Proleclor nosler aspice Deus el Salvum fac, Domine, servum luum Episcopum nostrum. Ce pontife s’appliqua à promouvoir le culte envers le Dévot Crucifix de Perpignan. Le 1° septembre 1559, il présida une procession organisée à travers les rues de la ville par les soins des consuls. Des membres du chapitre portèrent sur leurs épaules l’image si impressionnante du Rédempteur, conservée encore dans la chapelle du Christ. De concert avec les chanoines, Loup-Martinez de Lagunilla érigea dans cette chapelle nouvellement construite (1543) la confrérie de la Minerve. L’exiguité de l'emplacement nécessaire au déploiement des processions contraignit l'évêque Robuster Sala à transférer, en 1596, la confrérie dans l'église Saint-Jean. Pie IV ayant réuni le concile de Trente plusieurs fois interrompu, Loup-Martinez de Lagunilla se rendit à ces assises ecclésiastiques durant la seconde quinzaine du mois d'avril 1563. Le 18 de ce même mois, il désigna l'abbé de la Réal. Narcisse Viader, comme son représentant aux cortès de Monçon. Le clergé du diocèse d’Elne s’imposa volontairement pour subvenir aux frais que nécessitèrent à Loup-Martinez de Lagunilla son voyage en Italie et sa présence au concile de Trente. La communauté ecclésiastique de Saint-Jacques, à Perpignan, fit à l'évêque d'Elne un riche présent, dès son
retour en Roussillon. Loup-Martinez de Lagunilla n'avait pas plus tôt quitté son diocèse que la peste éclata à Perpignan. Des pénitences publiques et des manifestations extérieures du culte furent alors multipliées pour obtenir du ciel la cessation du fléau. Le 15 juillet 1563, une procession nocturne de pénitents noirs sortit de l’église Saint-Jean et défila dans les rues de Perpignan en se flagellant. Huit jours après, en présence des ravages incessants de l'épidémie, on eut recours à l’intercession de la Vierge dels Correchs qu'on porta processionnellement dans les principales artères de la cité. Le 48 juillet, on implora la protection de saint Jacques. Deux prêtres de la communauté ecclésiastique de Saint-Jean furent officiellement désignés pour exécuter à pied le pèlerinage de Compostelle au nom de la ville cruellement décimée par la peste. Les pèlerins furent de retour à Perpignan le 21 septembre 1563, après une absence de deux mois. Le fléau cessa avec la fin de l’année et, le 13 février 1564, une procession se déploya à travers les rues de Perpignan, pour rendre grâces à Dieu qui avait mis un terme aux ravages de la peste. Le cohcile de Trente ayant rétabli les conciles provinciaux statua en même temps que les évêques qui n'étaient soumis à aucun métropolitain s’en choisiraient un dans une province voisine et seraient tenus d'assister aux réunions de cette province avec les autres évêques suffragants. Quoique le diocèse d’Elne ne fut séparé de l’archevèché de Narbonne que par abus, puisque, ayant été fondé sur le territoire spirituel de ce siège, il en était suffragant de plein droit, Loup de Lagunilla opta pour la métropole de Tarragone, le 30 août 1564, et l'agrégation eut lieu le 6 novembre suivant. On lit dans les Mémoires historiques de Capmany. qu’en 1564, un concile convoqué en la cité de Barcelone, par l'archevêque de Tarragone Ferdinand de Loazes, fut présidé par l’évèque d’Elne, à la place de cet archevêque absent, et qu’à cette assemblée se trouvaient les évêques de Lérida, d'Urgell, de Gérone, de Tortose et plusieurs autres prélats inférieurs. Sous le pontificat de Loup de Lagunilla fut entamée la question de la translation de la résidence de l’évêque et du chapitre d'Elne à Perpignan. Une enquête faite par le syndic des chanoines d'Elne établit la nécessité de cette translation en invoquant dix raisons péremptoires. Getle affaire ne reçut sa solution que trente-cinq ans plus tard, par la fulmination d’une bulle de Clément VITE, en date du 27 août 1601. En 1565, l’évêque d'Elne dressa des statuts synodaux, et le 21 juillet de la même année, ilnomma ses procureurs pour assister au concile provincial qui devait se célébrer le 29 de ce même mois à Barcelone. Le 23 août suivant, il institua vicaire-général un chanoine de la collégiale pour le temps de sa prochaine
LAGUNILLA
absence du diocèse. Il ne se trouvait pas dans le Roussillon lors du passage à Perpignan du légat du Saint-Siège, le cardinal Hugues Boncompagni, le 16 octobre 1565. Ce prince de l'Eglise, qui devait monter plus tard sur la chaire de Saint-Pierre sous le nom de Grégoire XIII, fut envoyé alors en Espagne pour reviser le procès de l'archevêque de Tolède, Miranda, que l'Inquisition tenait depuis six ans emprisonné comme suspect d'hérésie. Son séjour à Perpignan fut marqué par des fêtes et des démonstrations de joie publiques. En 1566, une sécheresse persistante désola le pays. Les perpignanaiïis eurent recours à l'intervention du ciel. Le 12 février eut lieu une procession de nuit avec le Dévot Crucifix. Le 3 mars suivant, une procession solennelle fut effectuée avec le Saint-Sacrement ; le 16 du même mois, deux pèlerins furent envoyés à Saint-Jacques de Galice ; et le 25, les reliques de Saint-Gaudérique, venues de l’abbaye de Saint-Martin du Canigou, firent leur entrée à Perpignan. Le 27 mars, les précieux restes du saint laboureur furent plongés dans les eaux de la Tet, près du Pont de la Pierre ; le lendemain ils furent portés au couvent de Sainte-Claire, puis transférés en grande pompe à Sainte-Marie-la- Mer pour y être baignés dans les flots de la Méditerranée. La pluie tomba, et après une procession d'actions de grâces, les reliques de Saint-Gaudérique s'en retournèrent à l’abbaye bénédictine du Canigou. Loup de Lagunilla édicta de nouveaux statuts diocésains en 1567. Il mourut à Perpignan le 11 décembre de cette mêine année, après avoir légué à la communauté de Saint-Jean sa mitre, sa crosse et cinq cents livres barcelonaises pour la célébration solennelle et perpétuelle de son anniversaire. On l'ensevelit devant le maiïitre-autel de l’église de Saint-Jean, à côté de son prédécesseur, Raphaël Cbach.
Loup de Lagunilla écrivant à son clergé, le 21 février 1565, signa la lettre de sa propre main et la scella d’un sceau rond de 0”025 de diamètre, à ses armes qui sont: une grue ou cigogne marchant dans un bassin, accostée à dextre d'une couronne à trois pointes el à senesltre d'une fleur de lis. L'écu, qui est sommé d'un chapeau épiscopal avec cordons, esl dépourvu de légende.
Archives des Pyr.-Or., G. 54, 239, 503. — Coma, Nolicies de la iglesia insigne collegiada de Sant-Jonn de Perpinya. — FouciEn, Sphragistique roussillonnaise. — Puiccart, Calalogue biographique des évêques d'Elne.
LAGUNILLA (Meichior-Martinez de) était archidiacre du Vallespir en 1568. Le 24 novembre de cette année, il fut pourvu, par autorité apostolique, du prieuré d'Espira-du-Conflent, qu'il garda jusqu'à sa mort survenue en 1581. Melchior-Martinez