LA HIRE — LAMER
de Lagunilla était en même temps prieur de Serrabona.
Archives des Pyr.-Or., G. 577, 920.
LA HIRE (Rodolphe de) fut abbé de Saint-Martin du Canigou pendant la domination de Louis XI en Roussillon. Ce prélat, qui remplaça Jean de Millas, siégeait en 1471 et eut pour successeur Jacques de Banyuls.
Gallia christiana, VI, col. 1112.
LA HOULIÈRE (Mathieu-Henri-Marchand de), bourguignon d’origine, était neveu de Voltaire, car sa mère était une d’Aumart comme celle du poète français. Mathieu de La Houlière vint en Roussillon à titre d'officier. En 1749, il était major du régiment du Lyonnais, et en 1752, il occupait le poste de lieutenant du roi au château de Bellegarde. Le 17 janvier de cette même année, de La Houlière obtint l’aliénation de la terre de Salses, devint seigneur engagiste du lieu, et enfin commandant du château-fort. Grâce aux propriétés de son épouse qui était du pays, Mathieu de La Houlière se fit viticulteur et métallurgiste. Dans une lettre adressée à son oncle, Voltaire, il le pria de faciliter le débit de ses vins en Russie. Voltaire lui fit cette réponse : « Je suis fâché d’être aussi inutile au débit du vin de votre canton. Je crois que l’Impératrice a, dans ce momentci, des affaires un peu plus pressées avec les Turcs qui ne boivent point de vin, et avec les Allemands qui en boivent beaucoup. Si les choses tournent heureusement pour elle, peut-être dans quelques mois serais-je à portée de vous servir. » Un arrêt daté du 21 juin 1763 avait autorisé Mathieu de La Houlière « à faire construire une forge à fer à l’extrémité de la Balmettre, près la source de la Tet, et un martinet à l'extrémité de cette forge. » Le gouverneur de Salses possédait, en 1772, un établissement métallurgique aux environs de Pézenas et il avait proposé à Voltaire d'y prendre part; mais le philosophe de Ferney se devait à sa colonie d’horlogers : c’est pourquoi il fit savoir à son neveu, le 2 septembre 1772, qu'il se trouvait dans l'impossibilité de rentrer dans ses combinaisons commerciales. Une lettre de Ferney, sous la date du 22 octobre 1770, fait connaitre l'intérêt particulier que Voltaire portait à La Houlière. Celui-ci n’était encore que commandant du château de Salses. Le poète demanda et obtint du duc de Choiseul, pour son neveu, le grade de brigadier des armées du roi. Mathieu de La Houlière garda le commandement du château de Salses jusqu'en 1792. Cette place n'exigeait pas la présence d’un officier général : elle constituait plulôt une sinécure. La Houlière profita de ses loisirs pour se livrer de plus fort à la viticulture. L'agronome étendit ses
vignobles au-delà des limites de la province du Roussillon vers Fitou, dont le terroir produit ce rancio délicat que Voltaire, peu fixé sur la configuration géographique de cette partie du littoral, appelle dans ses lettres Le vin du cap de Salses, confondant ainsi cette localité avec celle de Salses. La Houlière, ayant renoncé à la Bourgogne, emmena en Roussillon sa fille unique et son gendre d’Aubermesnil, qui fut élu, en 1792, député à la Convention nationale par le département du Tarn. Le commandant du château de Salses acquit même à Perpignan un hôtel, devenu par succession la propriété des descendants de son gendre, les héritiers Lacombe Saint-Michel. D'Aubermesnilayant perdu son épouse, La Houlière engagea son beau-fils à se donner une nouvelle compagne. Il lui choisit lui-même une riche héritière de Salses. Une seule fille naquit de cette union ; cette dernière épousa Bondeau-Lacombe Saint-Michel, qui fut maire de Perpignan en 1830. Mathieu de La Houlière tenait à son titre purement honorifique de commandant du château de Salses comme à un fief féodal qu'il aurait voulu transmettre à ses descendants. L’ingénieur militaire d’Auvaret ayant proposé, en 1789, de murer la porte d'entrée du château et d’inonder les fossés pour en rendre l'accès impraticable, La Houlière offrit d’en prendre l'entretien à sa charge, pourvu qu'on lui accordât, ainsi qu'à ses descendants, les titres et Les droits du gouverneur. La proposition échoua contre le décret de l’Assemblée nationale portant abolition de tous les droits féodaux. Le 21 avril 1789, d’Aubermesnil fit procuration de Mathieu de la Houlière à la réunion tenue par l’Assemblée de la noblesse du Roussillon, à l'effet d'élire ses députés aux Etats-généraux. En 1793, Mathieu de La Houlière fut chargé du commandement de l’armée française qui devait s'opposer à l'invasion des troupes espagnoles que dirigeait Ricardos. Le 20 avril, La Houlière fut battu à Céret. Les représentants du peuple l'ayant suspendu à cause de son grand âge, cet infortuné vieillard se donna la mort en se brûlant lui-même la cervelle, dans un accès de désespoir.
Archives des Pyr.-Or., C. 99, 102, B. 403, 404. — V. ARAGON, Vollaire et le dernier gouverneur du château de Salses, Mont-
pellier, Bœhin et fils. 1880, et Dir lettres inédites de Vollaire à son neveu de La Houlière, Montpellier, Bæhin et fils, 1SS5.
LAMER (Charles-Pierre de), issu de l’une des plus anciennes familles nobles de Toulon, naquit dans cette ville, le 25 février 1753. Un de ses aïeux,
, Marc-Antoine de Lamer, avait été notaire royal et
procureur au siège de Toulon en 1684. Son père, Pierre-Henri de Lamer, qui fut écrivain principal dela marine dans cette même ville, épousa Barbe-Thérèse Meistre et eut d'elle neuf enfants. Charles-Pierre fut
le troisième fils issu de leur union. Il embrassa fort jeune la carrière des armes. « Né avec le goût du métier, écrit-il dans l’Autobiographie qu’il composa à Berlin le 3 juin 1812, je m'y livrai avec plaisir, et depuis j'en ai toujours fait ma première jouissance ; ce qui m'a procuré pendant vingt-cinq ans que j'ai servi au régiment toutes sortes d’agréments et de grands avantages. » IL n'avait que dix-sept ans lorsque, le 28 octobre 17170, il recevait l'épaulette de souslieutenant. Il fut affecté au régiment de Médoc qui devint, en 1791, le 70° de ligne. Le 13 avril 1771, Charles-Pierre de Lamer s’embarqua à Marseille pour aller rejoindre le deuxième bataillon de son régiment à la Martinique. A peine arrivé dans cette île après un mois de traversée, il se présenta au lieutenant-colonel de Montviel, auquel il avait été recommandé. Cet officier « d’un caractère sérieux et sévère, raconte Charles-Pierre de Lamer, m’accueillit avec bonté, me recommanda l'exactitude dans mon service et la plus grande application à m'instruire. » Le Jeune sous-lieutenant fit les campagnes d'Amérique sous les ordres de cet officier supérieur. Le second bataillon de Médoc ayant reçu l’ordre de regagner la France, Charles-Pierre de Lamer débarqua à Rochefort, le 13 avril 1773. Il obtint un congé de dix mois « avec semestre » qu'il alla passer à Toulon, au sein de sa famille. A l'expiration de ce temps, Charles- Pierre de Lamer reçut le grade de lieutenant {24 avril 1774), et rejoignit son régiment qui était en garnison à Montauban. Promu capitaine, le 24 avril 1785, il se trouvait à la première campagne de l’armée d'Italie avec le premier bataillon du régiment de Médoc, lorsque le général Dagobert le choisit pour son premier aide-de-camp. En 1791, ii se signala à l'affaire du col de Sospello et à l'attaque du camp de Jalès, sous les ordres du général d’Albignac. Les habitants de Perpignan ayant obtenu du Directoire exécutif la nomination de Dagobert au commandement en chef de l’armée des Pyrénées-Orientales, Charles-Pierre de Lamer suivit ce général en Roussillon. Il seconda activement son supérieur dans l'œuvre de l'organisation et de l'instruction militaire des recrues. Il assista à l'attaque du Mas-Deu et au siège du camp de l’Union au mois de juin 1793. Sur la proposition de Le Tourneur. le Directoire nomma l'aide de-camp de Dagobert au grade d’adjudantgénéral, attaché à l'état-major. « Chargé du détail de l'infanterie, écrit-il lui-même. et du mouvement des troupes, je consacrai mes veilles à leur instruction, dont je me faisais moi-même une étude journalière et particulière. Les progrès étaient sensibles et les COrps qui naguère manquaient d'instruction prenaient une attitude imposante et guerrière. » Pierre- Charles de Lamer fut successivement nommé:
général de brigade, le 10 août 1793, et général de