‹ Dictionnaire de biographies roussillonnaisesChapitre 94 sur 227 · LAMER · texte numérisé non relu

LAMER

4 germinal an XII (26 mars 1804). En 1807, il fut nommé député au Corps Législatif par le collège électoral du département des Pyrénées-Orientales. Le 12 juillet 1810, il adressa, de La Rochelle, une lettre au directeur des revues, dans le but de se voir octroyer le poste vacant d'Inspecteur à Bourges; il basait sa supplique sur l’avantage qu'il aurait de se trouver à proximité de Vendôme où étaient ses enfants. Un mois après, on fit droit à sa requête. Le 13 août 1811, Napoléon conféra au général de Lamer le titre de chevalier. Les armes de la famille, qui figuraient déjà dans l’Armorial de d'Hozier, portent : d'argent à un lion d'azur. « Je reçus ordre à Bourges, écrit-il, de me rendre à Mayence, pour être employé à la Grande-Armée en qualité d’Inspecteur de la réserve de cavalerie. Je partis, en conséquence de mes lettres de service, le 4 février 1812. J'’arrivai ie 16 à Mayence où je restai dix-huit jours, et d'où je me dirigeai sur Erfürth et sur Leipsick. Rencontrant dans cette ville quelques corps de cavalerie je les passai en revue ; ils se dirigeaient sur le corps de la Grande-Armée. Je me rendis au grand quartiergénéral établi à Berlin. M. le comte Dumas, Intendant général de l’armée, mon ancien camarade au régiment de Médoc et mon ami, m'engagea, en attendant que la cavalerie fut centralisée et sous les ordres d'un chef immédiat, de me charger de l’inspection de l'arrondissement depuis le Rhin jusqu'à l'Oder. Disposé à faire ce qui lui était agréable, je me rendis à Magdebourg, d'où je dirigeai le grand travail. Après près d’un mois de séjour dans cette ville, où j'y trouvai toute sorte d'agrément, le grand quartier-général partit de Berlin, et n’y ayant plus d’inspecteur, j’eus l’ordre de m’v rendre pour réunir à mon premier service celui de cette grande ville, que j'exerçai durant trois semaines. S. M. l'Empereur ayant nommé $. M. le roi de Naples pour comimander toute la cavalerie de la Grande-Armée, je reçus l'ordre de reprendre les fonctions dont j'étais chargé par mes lettres de service. Je partis de Berlin pour rejoindre le grand quarticr-général. Après quatorze jours de marche j'arrivai à Danzig, où je laissai reposer mes chevaux pendant une semaine. J'en partis pour me rendre à Vilna où élait le grand quartier-général en passant par Kænisberg, Kuno, Tilsitt avant. J'appris avec peine, en arrivant à Vilna, que le grand quartier-général en était parti, huit jours avant mon arrivée, pour se porter à Glouboka, à cinquante lieues au-delà. » Le général de Lamer suivit les opérations de la campagne de Russie et disparut au passage de la Bérésina, le 28 novembre 1812. Son portefeuille, un superbe maroquin rouge, fut retrouvé dans les fourgons de la Grande- Armée et remis à sa veuve. La famille de Lamer le conserve soigneusement à l'instar d’une précieuse

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relique. Sur le devant du maroquin est gravée cette inscription en lettres d’or: Le général de division Lamer, inspecleur aux revuës (sic). Son buste a été fait par le célèbre sculpteur roussillonnais Gabriel Faraill ; cette œuvre d'art se voit dans un des salons de la maison d'habitation de la famille. À sa mort, le général Charles-Pierre de Lamer laissa deux fils : Charles, né à Arles-sur-Tech en 1796, lequel s'étant établi à Rivesaltes n’eut que des filles, et Amédée. Archives de la famille. — Archives du Ministère de la Guerre. — Armorial de Provence, ms. de d’Hozier, tome I, page 1221,

conservé à la Bibliothèque nationale. — RoBErrT, BOURLOTON ct Couc\x, Dictionnaire des Parlementaires.

LAMER (Amédée de), fils cadet du précédent, naquit à Arles-sur-Tech. le 10 octobre 1798. Entré à l'Ecole militaire, le 18 septembre 1814, en qualité de garde du corps de la maison du roi, avec le grade de sous-lieutenant, il prit rang dans les dragons de la Garde Impériale pendant les Cent-Jours. Par ordonnance royale du 20 novembre 1815, Amédée de Lamer fut nommé lieutenant à la Légion des Pyrénées-Orientales, qui ne tarda pas à devenir le 1%" régiment d'infanterie. Le brillant mariage qu'il fit en 1823. en épousant Julie Calmètes, fille d’un premier président de Chambre, le détermina à renoncer à la carrière des armes. Après la révolution de 1848, la garde nationale de Perpignan l’élut deux fois pour son colonel. Lors de la dissolution de la garde natianale, Amédée de Lamer rentra dans la vie privée. Il mourut à Arles-sur-Tech. le 30 juillet 1866. Amédée de Lamer avait eu de son épouse trois enfants : un garçon, Jules, et deux filles qui s’allièrent l’une à la famille Saisset et l’autre à la famille Aragon.

Archives de la famille. — Articles nécrologiques parus dans divers périodiques.

LAMER (Jules de), fils du précédent, naquit à Perpignan Île 21 juin 1828. Après de brillantes études faites au lvcée Henri IV, il rentra au pays natal. Avant 1878, Jules de Lamer fut élu successivement conseiller général des cantons d’Arles-sur-Tech et de Prats-de-Mollé. Le 4 septembre 1870, il fut nommé sous-préfet de Prades: un mois après, il retourna à Perpignan pour remplir à la préfecture la charge de secrétaire-général. Démissionnaire après la chute de Thiers (24 mai 1873), Jules de Lamer fut nommé sous-préfet de Grasse (Alpes-Maritimes) en 1875. I1ne remplit cette fonction que quelques mois. A l'époque du Seize-Mai. Jules de Lamer résigna son titre de sous-préfet de Grasse qu'il reprit en 1877. L'année suivante, le gouvernement lui confia la charge importante de sous-préfet à Aix. Nommé préfet de la Haute-Loire au mois de février 1879, Jules de Larner fut transféré à la préfecture des Hautes-Pyrénées en 1881. Il occupa cette situation jusqu’en 1884,

date à laquelle un accident de voiture le mit dans l'obligation de renoncer à la carrière administrative. Jules de Lamer donna dès lors tous ses soins à l'exploitation de ses domaines agricoles et viticoles. Il remplit à diverses reprises le mandat de conseiller général du canton Ouest de Perpignan et fut, durant de longues années, maire de la commune de Pia. Membre Fondateur de l’Association Polytechnique des Pyrénées-Orientales, Jules de Lamer prononça, le 16 novembre 1884, le discours d'inauguration des conférences. Il fut dans la suite un des orateurs écoutés de ces réunions savantes. Jules de Lamer traita en présence d'un public d'élite des sujets historiques et littéraires qui dénotent un goût sùr et une érudition vaste. Il convient de citer notamment : Dagobert et Dugommier (1884) ; Bérenger, L'Hôtel de Rambouillet (1885) ; Hyacinthe Rigaud, Pérignon (1887) ; dom Brial (1888); M*° Rolland, M”° Récamier (1889) ; Joséphine de Beauharnais (1890); M°”° de Staël(1891) ; etc. Le gouvernement français accorda successivement à Jules de Lamer : la croix de la Légion d'honneur, le 15 juillet 1880 ; les palmes académiques, le 1° juin 1883 ; et le diplôme de chevalier du Mérite agricole, le 16 mai 1890. Le 13 mai 1856. Jules de Lamer avait épousé M'"° Léonie Massot. De leur union sont issus : M. le docteur Paul de Lamer et M. Charles de Lamer, capitaine d'infanterie en retraite. Jules de Lamer mourut à Perpignan, le 16 avril 1906.

Archives de la famille.

LA MOTHE-HOUDANCOURT (Philippe, comte de), duc de Cardone, maréchal de France, né en 1605, mort le 24 mars 1657. Cornette de la compagnie des chevau-légers du duc de Mayenne, il servit, en 1622, aux sièges de Négrepelisse, de Saint-Antonin, de Sommières, de Lunel et de Montpellier contre les protestants. En 1625, il se trouva au combat naval où le duc de Montmorency battit les Rochellois, le 15 septembre, et à la défaite des Anglais dans l'ile de Ré, le 8 novembre 1627. En 1629, il assista aux sièges de Soyon, de Pamiers, de Réalmont, de Saint-Sever. de Castelnau et de Privas. Il concourut à l'attaque de Pignerol en 1630, de Brigneras, du pont de Carignan, où il fut blessé, le 6 août, et se trouva à l'affaire de Castelnaudary, le 1°" septembre 1632. IL obtint la même année le gouvernement de Bellegarde. Nommé mestre de camp d'un régiment d'infanterie qu'il leva en 1633, il assista au siège de Nancy, combattit à Avein, le 20 mai 1635, au siège de Louvain, et à la prise du fort Schenk. Sergent de bataille en 1636, il servit en cette qualité dans l'armée de Bourgogne et secourut Saint- Jean-de-Losne, assiégé par le duc de Lorraine et par le général Galas. Maréchal de camp le 31 mars 1637, il commanda un corps séparé à l’armée de l’Alle-

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