LA MOTHE
magne, et se signala à la tête de l'infanterie française au combat de Kintzingen. L'année suivante, il fut employé à l’armée de Bourgogne sous le duc de Longueville. Il battit un corps ennemi à Poligny. En 1639, il défit Savelli et se rendit maître du château de Blamont. Fait lieutenant général en Bresse, le 20 avril, et capitaine d'une compagnie de gendarmes, il passa en Piémont. A la mort du cardinal de La Valette, il prit le commandement de l’armée en attendant l’arrivée du comte d'Harcourt. Sur l’ordre de ce nouveau chef, La Mothe-Houdancourt s'empara de Quiers à la vue de l’armée espagnole, dans la nuit du 24 octobre. Cependant d'Harcourt éprouva quelques défaites, et l’armée, obligée de battre en retraite, eut essuyé de grandes pertes si La Mothe, à l’arrière-garde, n’eut soutenu seul pendant deux heures les attaques du marquis de Leganez, dont les troupes triomphantes étaient bien plus nombreuses. La Mothe se trouva en 1648 à la bataille de Casal, au siège de Turin et aux deux combats livrés devant cette place. Sa belle conduite dans les dernières affaires le fit désigner pour un commandement supérieur. Promu au grade de lieutenant général des armées du roi en 1641, il fut envoyé à l’armée de Catalogne sous les ordres du prince de Condé. Cette province, soulevée contre l'Espagne, s'était donnée à la France, sous la réserve de ses privilèges. La Mothe y mena cinq mille hommes de troupes, s'empara de Valz, de Lescouvette, du fort de Salo, de la ville et du fort de Constantin, et assiégea Tarragone : mais cette ville ayant été ravitaillée par mer, il se retira. Au mois de septembre, il emporta d'assaut Tamarit, dans l’Aragon, revint devant Tarragone, et marcha au secours d’Almenas. assiégé par les Espagnols, au commencement de novembre. Sa troupe étant moins forte que celle des assiégeants, ilenvoya dans la nuit cent chevaux avec toutes les trompettes et les tambours de son armée par les montagnes voisines, tandis qu'il débouchait avec ses soldats dans une vallée. Le bruit des trompettes attira les Espagnols du côté des montagnes et les Français s’'emparèrent de leur camp, de leurs canons et de leurs bagages. En 1642, La Mothe, après avoir pourvu à la sûreté de ses conquêtes en Aragon, revint en Catalogne. En marchant sur Villelongue, il rencontra un parti espagnol, qu'il défit. Pendant que le roi assiégeait Collioure, les Espagnols marchèrent au secours de cette place, le 24 mars. La Mothe les battit près de la rivière de Martoreil, les surprit au passage d'un défilé, et le dernier jour de mars, secondé par du Terrail, il força un corps ennemi de trois mille six cents hommes à mettre bas les armes. En récompense. il fut créé maréchal de France le 2 avril. Au mois de mai il attaqua et prit d'assaut Tamarit. Nommé vice-roi de la Catalogne, sur la démission
LANEUVILLE — LANTA
du maréchal de Brézé, le 25 juin, et duc de Cardone au mois d'octobre, La Mothe fit lever le siège de Lérida. Le 7 du même mois, Leganez s’avança pour le combattre avec vingt-cinq mille hommes ; La Mothe, qui n’en avait que douze mille, prit position sur les hauteurs voisines, fit sept cents prisonniers aux Espagnols, qui perdirent, en outre, trois mille hommes tués ou blessés. Le maréchal fut reçu comme vice-roi à Barcelone au mois de décembre. Quoique inférieur en forces à l’armée espagnole, il se maintint en 1643; il obligea même l’ennemi à lever le siège de Flix, de Mirabel et du Cap de Quiers. En 14644, les Espagnols, commandés par Philippe de Silvas, étant venus mettre le siège devant Lérida, La Mothe marcha contre eux ; mais le désordre se mit au milieu de ses troupes, et il fut battu le 15 mai. Lérida se rendit aux Espagnols le 31 août. On lui fit un crime de cette défaite. La vice-royauté de la Catalogne lui fut enlevée le 24 décembre, et arrêté le 28 du même mois, il fut enfermé au château de Pierre- Encise. On l’accusa de n'avoir pas profité de l’occasion qu'il avait eue de s'emparer du roi d'Espagne pendant une partie de chasse. Traiîné devant plusieurs tribunaux, il fut enfin justifié par le parlement de Grenoble, et il sortit de Pierre-Encise au mois de septembre 1648, après quatre ans de détention. On attribua cette persécution à Le Tellier, qui avait succédé comme ministre de la guerre à de Noyers, dont le maréchal était l'ami. La Mothe-Houdancourt se retira d’abord dans ses terres; mais lorsque les troubles de la Fronde éclatèrent, il se rangea parmi les mécontents qui demandaient l'éloignement de Mazarin. en 1647. Le 22 février 1649, la cour lui enleva ses régiments. Rentré dans le devoir, on lui rendit la vice-royauté de Catalogne, sur la démission du duc de Mercæur, le 15 novembre 1651, avec le commandement de l’armée et ses deux régiments. En outre, son duché de Cardone fut érigé en pairie au mois d'avril 1652. Le 23 du même mois, il força les lignes de fortification élevées devant Barcelone et se jeta dans cette place, où il se défendit pendant plusieurs mois: la disette l’obligea à se rendre le 13 octobre. La prise de Barcelone fit perdre la Catalogne à la France et au maréchal de La Mothe son duché de Cardone; mais sa terre de Fayel fut élevée au titre de duché-pairie en janvier 1653. Au mois de mai, il se démit de la vice-royauté de Catalogne, du commandement de l’armée, et revint à Paris, où il mourut le 24 mars 1657.
Hœrer, Nouvelle biographie genérale.
LANEUVILLE (Charies de), seigneur de La Longue, Vialler et autres lieux, était président à mortier au parlement de Navarre, lorsqu'il fut nommé, le 26 avril 1711, intendant de la province
de Roussillon, Conflent et Cerdagne et des armées du roi en Catalogne. Il garda cette charge jusqu’au 14 novembre 1715.
Archives des Pyr.-Or., C. 1441-1451.
LANTA (Jean-Mathias de Barthélemy, de Gramont de), docteur en théologie, né à Toulouse en 1686, appartenait à la famille de Lanta dont la maison était située sur la place Saint-Etienne. Le 17 octobre 1723, Louis XV le proposa pour l'évêché d'Elne, vacant depuis trois ans par suite de la mort de Jean de Flamenville et de la renonciation d'Antoine Boivin de Vaurouy, évêque nommé. Jean de Lanta n'obtint ses bulles que le 13 avril 1726. Elles furent enregistrées par le Conseil Souverain du Roussillon le 18 mai suivant. Le lendemain, le chanoine Dominique de Cahors, vicaire capitulaire du diocèse et procureur du nouveau titulaire, prit possession du siège épiscopal. Le pontife fut admis le même jour au sein du chapitre d'Elne ainsi qu'à la communauté de l'église majeure de Perpignan. Le 26 mai 1726, Jean de Lanta fut sacré à Paris, dans la chapelle intérieure du noviciat des Jésuites. par
Nicolas de Malezieu, évêque de Lavaur, assisté de
Godefroy-Maurice de Conflans, évêque äu Puy, et d'Alexandre Milon, évêque de Valence. Il prêta serment au roi le 30 du même mois dans le château de Versailles. A l’abbaye de Calers qu’il possédait depuis 1717, dans le diocèse de Rieux, il joignit celles d’Arles et de la Réal. Jean de Lanta fit son entrée à Perpignan sans apparat, le 4 mars 1727. Il porta défense expresse de faire aucune cérémonie à son arrivée. Lui-même se présenta à la cathédrale revêtu d’un simple rochet et d'un camail ordinaire, puis, procédant strictement aux formalités que la liturgie pontificale prescrit en de semblables circonstances, se retira sans porter la parole aux fidèles. Il se contenta de donner la bénédiction à son nouveau peuple. De concert avec le chapitre. il rétablit, le 18 octobre 1726, les coadjutoreries des chanoines dont l'usage était interrompu depuis quelques années. Cette détermination fut confirmée par lettres-patentes du roi Louis XV, le 20 décembre suivant. Les débuts du pontificat de Jean de Lanta furent marqués par la publication de Statuts synodaux qu'ilédicta en 1728. Durant tout le cours de son épiscopat, Jeon de Lanta eut des démêlés avec les membres de la communauté ecclesiastique de Saint-Jean. Le 12 janvier 1728,
celle-ci n'offrit à l’évêque que la somme de cent livres , comme don de joyeux avènement. Jean de Lanta ne
voulut point agréer ce présent qu'il qualifia de dérisoire. En 1731, les syndics des bénéficiers de Saint- Jean formulèrent des plaintes contre l’évêque d’Elne qui s'arrogeait le droit de régler l'itinéraire des processions. Cette « grave » affaire fut portée devant le
Conseil Souverain du Roussillon qui ne Ia trancha qu'après plus de dix ans d’études, par un arrêt que le tribunal porta par provision, le 29 novembre 1742. Le 18 novembre 1736, Jean de Lanta procéda à la cérémonie de la consécration de la nouvelle église paroissiale d'Ille-sur-Tet. Un magnifique cortège se forma à la chapcile du Tiers-Ordre de Notre-Dame du Carmel de cette ville, où le prélat avait revêtu les habits pontificaux. Jean de Lanta était assisté de Guillaume de Massia, archidiacre de Vallespir, et de Louis Saunier, archidiacre de Conflent. Devant eux se rangèrent une soixantaine de prêtres, tant de la communauté d’Ille que des environs, les consuls, les marguilliers et le bayle. La procession s'étant -ébranlée, elle parvint devant la porte principale de l’église où l’évêque accomplit les cérémonies prescrites par le rituel, puis elle fit son entrée dans la vaste nef. Quand les rites sacrés furent accomplis. la parole éloquente du P. Fonrouge, gardien du couvent des Franciscains d’Ille. grava dans l'âme des auditeurs les émotions de la solennité. A l’issue du sermon, la procession s'organisa à nouveau pour aller solennellement chercher les reliques des saints martyrs Bénigne, Félix, Nominande et Simplice que Jean de Lanta avait enfermées la veille dans une caisse de plomb scellée de son sceau. Le pontife porta dans ses mains les ossements sacrés et les déposa ensuite aux quatre angles du splendide autel de marbre de l'église paroissiale. Pour conserver à jamais le souvenir de ce jour mémorable, Jean de Lanta accorda à perpétuité quarante jours d’indulgence à tous les fidèles qui visiteraient l’église Saint- Etienne le troisième dimanche de novembre, jour anniversaire de sa consécration. Les marguilliers, de leur côté, fondèrent également à perpétuité, pour ce même jour, une grand’messe solennelle pour laquelle les syndics attribuèrent une somme de seize livres dix sols, en monnaie de France. Le 10 avril 1739, Jean de Lanta unit l’église de Saint- Valentin de Taillet à l’église paroissiale de Saint-Félix de Calmeilles. Le 17 octobre de cette même année, Mgr Barni, archevèque d’Edesse et nonce du Pape à la cour de Madrid, fit son entrée solennelle dans la ville de Perpignan où il n'était que de passage. Ce personnage ne séjourna qu'un jour et demi dans la capitale du Roussillon. 1 y fut l'objet d'ovations et de fêtes magnifiques organisées par le lieutenant du roi à Perpignan, de Lacombe. Le 24 novembre 1740, Jean de Lanta obtint de Benoît XIV pleine ct libre faculté de disposer de ses propres biens entre vifs ou à cause de mort. En 1741, ce prélat autorisa les habitants de Molitg à posséder un cimetière et des fonts baptismaux. Il permit au vicaire de Moliltg, qui jusque-là avait desservi Campôme, d'aller habiter ce petit hameau, sous le titre de
LA NUCÇA
vicaire de Campôme. Le 17 mars 1742, l’'évèque d’Elne bénit la nouvelle chapelle des pénitents, dite de la Sanch, dans l’église Saint-Jacques de Perpignan ; la première pierre de cet édifice avait été posée le 12 juillet 1699 par la vicomtesse Marguerite d'Albaret, épouse de l’Intendant du Roussillon. « Jean de Lanta, dit Jaume, se fit aimer de tous ses diocésains par sa grande bonté et bonhomie. Dans la division qui s'était malheureusement élevée entre les chanoinesses du couvent de Saint-Sauveur, il soutint et défendit de toutes ses forces à la cour de Rome et à la cour de France, celles qui soutenaient le bon parti, comme il le croyait, à la tête desquelles était done Raymonde Bon, prieure, qui mourut en odeur de sainteté, contre les autres qui étaient soutenues par M. de Ponte d’Albaret, premier Président et Intendant de Roussillon, et que le pape Clérnent XIII, dans une des lettres qu'il lui écrivit en réponse, en parlant de celles-ci, qualifiait en ces termes : rebellium illarum canonissarum. Son zèle pour le soutien de cette bonne cause lui occasionna la mort en 1743. Il était à Nyer, en Conflent, chez le marquis de Montferrer, où il avait la coutume d'aller passer chaque année quelques jours de l'été. lorsqu'il y reçut une lettre de Paris, qui l’affecta au point qu'elle le fit tomber à la renverse d'une attaque d’apoplexie dont il mourut dans les vingt-quatre heures (7 juillet 1743). Son corps fut ouvert et embaumé à Nyer et de là porté à Perpignan, dans la chapelle de son palais épiscopal, où il demeura exposé pendant trois jours. » Le cœur et les entrailles de Jean de Lanta furent ensevelis dans l'église de Nyer. Le 13 juillet 1743, son cadavre fut inhumé dans le cancel de l’église Saint-Jean, du côté de l’épitre. Par son testament en date du 26 mars 1743, Jean de Lanta institua comme héritiers les pauvres honteux de Perpignan. Il légua des objects d'orfévrerie à ses frères, le marquis et le chevalier de Lanta, ainsi qu'à ses deux sœurs, M" Chatelux, et la cadette, religieuse de la Visitation à Toulouse. Son neveu, l'abbé de Berthier, hérita de ses croix peclorales et de ses livres pontificaux. Jean de Lanta portail : d'azur à trois bandes d'or, qui est de Gramont. Archives des Pyr.-Or., G. 31, 242, 795. — Puicaart, Calalogue biographique des évêques d'Elne. — DErLAMoNT, Histoire de la
ville de Prades. — Mémoires de Jaume. — Abbé P. BoxET, /mpressions et souvenirs (Ille-sur-Tel el ses entirons).
LA NUÇA (Martin de), noble seigneur dont la famille était déjà connue au xrr siècle, épousa Agraïde de Torrelles de Fenouillet, héritière de l’ancienne vicomté de Roda et de Perellos. À sa mort, François de Fenouillet, vicomte de Roda et de Perellos, avait laissé une fille unique nommée Françoise, à laquelle il avait fait donation de tous ses
LA NUCA
biens. Cette disposition était renfermée dans le contrat de mariage de cette dernière avec Pierre de Torrelles, à la date du 4 juin 1454. L'acte contenait la clause spéciale « qu'à la mort de Françoise, ses fils lui seraient substitués par ordre de primogéniture ». De ce mariage naquirent deux fils, Jean et François, et deux filles, Aldonse et Agraïde. Jean, l'ainé. reçut en partage les biens du patrimoine du père. et François, le cadet, obtint les biens de la mère avec le droit de perpétuer le nom de Fenouillet. Après la mort de François de Fenouillet, Françoise de Torrelles, sa fille, confirma, le 8 septembre 1473, les conditions renfermées dans le contrat de mariage conclu avec son époux, vingt ans auparavant.
Aldonse unit ses destinées à Guillaume de Caramany; Agraïde épousa Martin de La Nuça. Le 13 mai 1479, il fut passé compromis entre Françoise de Torrelles de Fenouillet et ses enfants, pour régler le partage des domaines patrimoniaux. Les docteurs Pierre Lana ct Pierre Miquel, arbitres choisis à cet effet, rendirent leur jugement le 4 mai 1480. Ils adjugèrent à François de Torrelles, frère puîné, les biens de la vicomté de Roda et de Perellos. Françoise de Torrelles institua, par testament, son héritière, Agraïde. François de Torrelles, à son tour, par son testament en date du 20 août 1500, laissa ses fiefs à sa sœur Agraïde. Jean de Torrelles et Agraïde de La Nuca passèrent un autre compromis à propos des prétentions qu'ils émirent l’un et l'autre sur la vicointé de Roda. Ils nommèrent juge arbitre le docteur Antoine Augusti. Par son jugement rendu le 17 octobre 1500, l’homme deloicondamna Agraïde de La Nuça à renoncer, en faveur de son frère Jean, à tous les droits qu'elle avait sur le fief. Il stipula toutefois. qu'au cas où Jean de Torrelles viendrait à décéder sans enfants mâles, la vicomté ferait retour aux fils d'Agraïde de La Nuça. Ceux-ci, à leur tour, devaient être mis dans l'obligation de donner quinze mille florins d’or d'Aragon aux filles de Jean de Torrelles, en compensation de la cession par elles
faite des terres de Céret et de Saint-Marsal. Le lende- |
main, 18 octobre 1500, par acte passé devant Jean Peratte, notaire de Saragosse, Agraïde de La Nuçafit renonciation de la vicomté de Roda et de Perellos en faveur de son frère, Jean de Torrelles, et celui-ci fit la vente des lieux de Céret et de Saint-Marsal, en exéculion de la sentence portée par Antoine Augusti. Jean de Torrelles mourüt sans enfants mâles. Il laissa une fille, Catherine, laquelle eut un fils appelé Jean de Torrelles et Bardaxi. Agraïde, par son testament du 1* décembre 1517, institua héritier universel Jean de La Nuça, son fils aîné, et légua à Claude de La Nuça, son enfant puîné, les seigneuries de Céret et de Saint-Marsal. Jean de La Nuça épousa Béatrix de Spes, dont il eut deux enfants: Ferrer,
né en 1521, décédé sans laisser de descendants, et Jean.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 556.
LA NUCÇA (Claude de), fils cadet de Martin de La Nuça et d’'Agraïde de Torrelles, intenta procès, le 8 janvier 1524, contre Jean de Torrelles de Bardaxi, en vindication des terres de Céret et de Saint-Marsal, qui lui avaient été léguées par sa mère. Le Sénat de Catalogne, par une sentence rendue le 9 novembre 1527, le maintint en possession de ces deux seigneuries. Toutefois la terre de Saint-Marsal passa, peu de temps après, à la famille du mercadier Jean Auger, ou plutôt à celle de son épouse Marguerite, morte vers 1530. Celle-ci la transmit en succession à son fils aîné Pierre Auger, lequel l’engagea pour un censal consenti à Jean Jaubert, notaire de Perpignan, et transporté, en janvier 1532, à Jean Delpas. Il eut un fils du même nom que lui et une fille Elisabeth qui épousa Guillaume de Sinisterra, gouverneur de Roussillon.
Archives des Pyr.-Or., E. (Titres de famille), 556.
LA NUÇA (Jean de), fils d'autre Jean de La Nuça, fut justicier du royaume d'Aragon. Un arrêt rendu par le conseil de la Royale Audience, le 18 décembre 1551, décida que les fiefs composant la vicomté de Roda et de Perellos appartenaient à Jean de La Nuça. Philippe III, par une lettre qu'il adressa, le 3 décembre 1575, à Jean de La Nuça, confirma la décision du Sénat de (Catalogne. Jean de La Nuça contracta mariage avec Catherine d'Urrea et mourut à Saragosse, en 1591. La Royale Audience de Barcelone, par une criée faite le 4 février 1592, ordonna la vente des seigneuries de la vicomté de Roda et de Perellos : Millas, Estagell, Nefiach, Llo et Reglella. Alexis Albert les acquit par voie d'achat, le 7 janvier 1595.
Archives des Pyr.-Or.. E. (Titres de famille), 9, 556. — Abbé J. Capri, Elude historique sur Millas.
LA NUÇA (Ciaude de), fils d'autre Claude. était seigneur de Céret. Il mit en œuvre l'influence de son beau-frère, le Gouverneur du Roussillon, pour s'opposer aux démarches des habitants de Céret qui cherchaient à restituer leur ville au Domaine royal. Il eut pour héritier son fils, François.
Archives des Pyr.-Or., B. 378.
LA NUÇA DE MONTBUY (François de), fils du précédent, était seigneur de Céret en 1612. Son fils Bonaventure exerçait le pouvoir seigneurial dans celte ville en 1627. IL épousa Marie de Rocabruna. Celle-ci, qui était veuve en 1647, mit au monde un enfant du nom de Joseph.
Archives des Pyr.-Or., B. 384, G. 764.
LA. NUÇA (Joseph. de), seigneur de Céret et
comte de l’laisance. vit ses fiefs situés en Roussillon confisqués par Louis XIV, à la suite des guerres de Catalogne. Le roi de France en fit donation : une première fois, le 14 octobre 1655, à Vincent Ferriol, citoyen honoré de Barcelone, et une seconde fois, en 1667, à Catherine Codolosa, épouse de Raymond de Trobat. La seigneurie de Céret fut encore confisquée au comte de Plaisance, par ordre royal, le 3 janvier 1690 : elle fut attribuée à Benoît de Bassèdes de Calvo, colonel du Régiment royal de la ville de Céret.
Archives des Pyr.-Or., B. 401, C. 1691. — Paul Tanris, Notes d'histoire concernant la ville de Uéret, Céret, L. Roque, 1898.
LA NUÇA-D'OMS (Jean de), comte de Plaisance, vicomte de Roda et de Perellos, seigneur de Céret, Montbuy et Vilarig, reçut restitution de ses biens de Céret, le 15 avril 1698. IL laissa un fils du nom de François.
Paul Tauris, op. ci.
LA NUCÇA DE GILABERT (François de) réunissait sur son nom les titres multiples de comte de Plaisance, de vicomte de Roda et de Perellos, de seigneur des lieux de Céret, Montbuy, Vilarig, Vilanova, Saint-Vincent, Berdallu, Taïllo : il était aussi Grand d'Espagne et marquis de Dos Aguas. « Se trouvant à Céret, dont il était seigneur, raconte Puiggari, il s’y ennuyait passablement. Il demanda, pour tuer le temps, un habile joueur d'hombre : on lui désigna le docte et pieux de Bombes, moine d'Aries. Il fut appelé, bien reçu et bien traité... Le duc, envoyé en ambassade à Paris, voulut le récompenser et obtint pour lui, (en 1743), l’abbaye de Saint- Martin du Canigou ». En 1770, Maric-Hélène de La Nuça-Boixadors, marquise de Dos Aguas, comtesse d'Albaterra, élait dame de la ville et terroir de Céret.
Paul Tankis, op. cil. — Abhé J. Carricce, Etude hislorique sur Millas.
LA PORTE (Jean-Baptiste-François Moulins de), chevalier, seigneur de Sarzay, Bellefonds. Montville, Sainte-Marie et autres lieux, pril possession de l’Intendance du Roussillon, le 20 août 1775, en remplacement de. Jean de Clugny, qui venait d'être appelé au ministère. IL accorda toute sa confiance à Pierre Poeydavant, subdélégué-général, auteur d'uii remarquable Mémoire sur la province du Roussillon et le pays de Foix. Dans la fameuse affaire des bourgeois honorés et des nobles, Jean-Baptiste de La Porte prit parti pour les premiers contre ces derniers. [l exerça ses fonctions en Roussillon jusqu'au 16 mai 1778, date à laquelle il passa à l'Intendance de Nancy. Il eut pour successeur Louis-Hyacinthe Raymond de Saint-Sauveur.
Archives des Pyr.-Or., C. 1510-1511.
LA NUÇALA — PORTE
LA PORTE. (Arnaud-Ferdinand de) naquit à Versailles, le 27 décembre 1756, d’un premier commis des finances. Il descendait d’une famille attachée au service intime de la maison royale, et son frère, Arnaud de La Porte, nommé en 1790, par Louis XVI, Intendant de la liste civile, périt sur l’échafaud, après le 10 août 1792. Destiné de bonne heure à l'état ecclésiastique, Arnaud-Ferdinand de La Porte fit ses études théologiques au séminaire de Saint-Sulpice et reçut le bonnet de docteur à la maison de Navarre, en 1785. Nommé à l’abbaye de Jau, en Roussillon, quil rendit bientôt après, il devint, en 1781. grandvicaire de Champion de Cicé. archevêque de Bordeaux. Il se distingua dans cette place par de si grands talents administratifs. que son nom ne tarda pas à être inscrit sur la liste des membres du clergé destinés à l’épiscopat. Député à l’Assemblée générale du clergé de 1782, il le fut aussi de la province d'Aquitaine aux Etats-Généraux. Arnaud-Ferdinand de La Porte continua à administrer l'archidiocèse de Bordeaux après le départ de Champion de Cicé pour l'émigration. Lui-même dut s'exiler en 1792 et prendre le chemin de l'Angleterre. Il trouva dans ce pays un agréable asile au sein d’une famille illustre. Rentré en France après le 18 brumaire, Arnaud- Ferdinand de La Porte fut arrêté à Bordeaux par la police ; mais on le relâcha bientôt après. IL était à peine sorti de prison qu’il fut nommé à l'évêché de Carcassonne, par le premier Consul, le 16 messidor an X (6 juillet 1802). Il fut sacré, le 3 septembre 1802, dans l'église Saint-Etienne-du Mont, à Paris, par Duvoisin, évêque de Nantes. Arnaud-Ferdinand de La Porte prêta serment entre les mains du Premier Consul, dans la chapelle du château de Saint-Cloud. le 4 vendémiaire an XI (27 septembre 1802), et fit son entrée dans la cathédrale de Carcassonne. le 7 novembre suivant. Chargé de l'administration du diocèse de Carcassonne et de celui de Perpignan jusqu’au rétablissement de ce siège en 1822. ce prélat éprouva de grandes difficultés avec les autorités locales et les prêtres jureurs. IL s’efforça de réparer les ruines accumulées par la Révolution. Les nombreuses lettres écrites par lui à Bonaparte. à Portalis, à Bernier et à Bigot de Preameneu témoignent de son infatigable activité. Dans le courant du mois de novembre 1802, Arnaud-Ferdinand de La Porte adressa au clergé et aux fidèles de son diocèse son mandement d'installalion. Tout en prônant la charité, l'évêque y flagella les théories du philosophisme qui avaient déchainé sur la France la persécution religieuse. Le clergé. constitutionnel de l’Aude accepla sans se plaindre la lettre pastorale : celui des Pyrénées-Orientales y répondit par une protestation collective. Arnaud- Ferdinand de La Porte arriva à Perpignan le 15 décembre 1802, dans le but d'opérer l’organisation
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