ORNEMENTS D'EGLISE
On entend ici par ornements, les habits sacerdolaux , le corporal, les nappes d'autel, etc. Plusieurs de ces ornements doivent être bénits par l'évêque, tels que sont l'amict, l'aube , la ceinlure , la chasuble, l'élole, le manipule, les nappes et le corporal; nul no pouvant les bénir sans sa permission , s'il n'a un privilège , tel qu'ont les supérieurs de plusieurs ordres religieux pour leur usage , ou en vertu d'une coutume légitimement prescrite.
Cas I. Paul ayant voulu célébrer, on lui a présenté une aube qui n'avait pas été bénite. Comme c'était un jour de Pentecôte , et qu'il n'aurait pu entendre la messe, il a cru pouvoir se servir de cette aube. L'a-t-il pu sans péché?
R. Non , et il ne l'aurait même pu pour donner le saint viatique à un mourant. La raison est qu'on ne peut célébrer avec des ornements profanes, sans violer le respect qui est dû à Jésus-Christ qui y est offert en sacrifice par le prêtre; puisque l'Eglise, qui ne se conduit que par l'esprit de ce même Sauveur, n'a institué la bénédiction des choses qui servent à cet auguste mystère que pour marquer mieux ce respect , et en même temps la grâce qu'il produit par la vertu de la Passion deNotre-Seigneur. C'est le raisonnement de saint Thomas, part. 3, q. 85, a. 6. Ainsi Paul devait plutôt ne pas célébrer; et le précepte d'entendre la messe ce jour-là cessait à son égard.
Cas IL Arisle ayant une chasuble, dont un côté était rouge, et l'autre blanc, l'a fait découdre , et a lait ajouter à chacune une doublure , pour s'en servir séparément. Peut-il célébrer avec ces ornements sans les faire bénir de nouveau?
R. Il le peut , parce qu'ils n'ont pas perdu leur bénédiction par ce changement; car quand une chasuble est double , on la bénit des deux côtés : et ainsi, lorsqu'on sépare une partie de l'autre, chacune conserve toujours sa bénédiction. Il en est de même de l'élole et du manipule double.
Cas III. Nicaise , curé d'une pauvre église, n'ayant que des aubes et des chasubles fort usées, les a fait raccommoder. Fautil qu'il les fasse bénir de nouveau ?
R. Si ces ornements sont si usés ou rompus,qu'on ne puisse pluss'en servir avec décence , comme s'il a fallu mettre une autre manche à l'aube, ils ont perdu leur bénédiction. Mais ils la conserveraient, s'ils n'étaient pas si défectueux, comme s'il n'y avait que quelque chose de décousu , ou quelque pièce peu considérable à y mettre
gion voulant qu'on n'applique jamais à des usages profanes ce qui a été ainsi consacré au culte divin. 11 n'est pas même permis do s'en servir à ensevelir les morts; ainsi qu'il est porté par le canon iO de Consecrat. dist. 1.
— Ces canoni joignaient aux linges , les ustensiles de métal , comme les chandeliers. L'usage y a dérogé en ce point.
Cas V. Christine a donné à son curé des rideaux de lit , dont il a fait une chasuble. L'a-t-il pu sans péché?
R. Quoi qu'en aient pensé saint Antonin et la Glose , il l'a pu, comme le disent un grand nombre de théologiens exacts , qui le prouvent avec Sylvius : 1° par la coutume où l'on est d'en user ainsi ; 2 par l'exemple de l'ancien tabernacle qui fut fait de choses qui avaient servi à l'usage des hommes et des femmes ; 3° parce que, si l'on a même consacré des temples d'idoles au culte de Dieu, pourquoi serait-il défendu de se servir d'étoffes profanes pour faire des ornements d'église ?
Cas VI. Dorothée, seigneur, ayant fait faire une chasuble, deux tuniques, etc., y a fait mettre ses armes. Le curé refuse de s'en servir, et prétend que des armes comme cela vont bien sur le dos d'un mulet, mais non sur la chasuble d'un prêtre. A-t-il raison ?
R. On peut faire mettre ses armes sur des ornements par vanité; on peut les y faire meltre pour porter sa famille , ou d'autres , à faire du bien à l'église ; pour n'être pas oublié dans les prières du ministre qui célèbre, etc. Cet usage n'est donc point mauvais par lui-même. De grands prélats , et même saint Charles 2orrom.ee, l'ont suivi. Ainsi, comme dans le doute même il faut toujours interpréter en bonne part les intentions secrètes, 1« curé peut et doit même accepter ces ornements ; pourvu que cet usage ne soit pas défendu par l'évêque , que ces armoiries n'aient aucune ligure indécente, cl qu'elles soient placées au bas seulement de la chasuble. 11 ne faut point irriter un seigneur
Cas lVr.| liarthol, ayant des aubes si usées par un refus opiniâtre, étant constant qu'il
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qu'elles ne peuvent plus servir à célébrer, en a donné les morceaux à sa sœur , pour s'en faire du menu linge. L'a-t-il pu sans péché?
H. Non: car les saints canons ordonnent que ces vieux ornements soient brûlés , el les cendres mises en un lieu de L'église, où l'on ne puisse les fouler aux pieds • la reli-
esl dangereux a un curé d'être brouillé avec lui.
— Voyez sur cet article un beau morceau de M. de la Palluellc; ou chez lui, part. 2, pag. 2V 1 ; ou dans mon Traité des saints Biyi très, ch. 10, n. 10.
Cas VII. Paeôme pc.il-il se servir d'une élolc pour ceinture, et d'un manipule fort
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