PAROISSE
Le concile de Latran ne dit pas précisément que c'est dans sa paroisse qu'un fidèle doit communier au temps de Pâques; il I insinue seulement: mais les décisions du saint-siége, les rituels et les conciles provinciaux le commandent expressément. Sonl exceptés 1' les étrangers, les voyageurs qui ne peuvent se rendre commodément dans leur paroisse pour le temps pascal; 2° les pèlerins et les vagabond-.; 3' (eux qui oui la permission de l'évéque, du curé ou du chef de l'iiglise; k" les prêtres accomplissant le devoir pascal dans les lieux où ils disent la messe; il en serait autrement s'ils ne la disaient pas; 5° les élèves des grands et jelils séminaires des collèges el autres établissements d'éduc.ilion, à qui les é venues permettent as*cz généralement da communier dans leurs chapelles ; G» les sœurs Iiosj i abères, les infirmes, les vieillards, les domestiques même et généralement toutes les personnes qui sonl (ians les hôpitaux; 7° les religieux et religieuses, monachi et moniales.
Ceux qui ont plusieurs domicile* communieront à volonté ou dans celui où ils passent la plus grande partie de l'année, ou dans celui où ils se trouvent pendant la quinzaine de Pâques.
Cas I. ffisitif, chaque année, va communier à la cathédrale pendant le temps pascal . et ne communie pas dans sa paroisse, parc qu'il croit que la cathédrale est la paroisse "'c chacun ?
R.Nisius n'accompli! pas du tout le devoir pascal en communiant dans la paroisse de la cathédrale a laquelle il n'appartient pis. Il se (rompe quand il croit que la Cathédrale •Si la paroisse de tout le diocèse. Les étrangers ne peuvent y remplir le devoir pascal ,
A moins que l'usage ou la permission de IV-
. que n'y autorise.
< ki II. Alluma e curé Irès-inslruil, admet
à la communion , dans na paroisse , loua les
étrangers qui s'y pies nient dans la quinzaine de l'àqu< s comme dans lotit Outre temps. Un prêtre de ses voisins lui en a fait un reproche ; il a même dit à Jean, son pa-
roissien , qu'il lui était défendu de communier ailleurs que dans sa paroisse pendant la quinzaine de Pâques. Ce prêtre avait-il raison de faire un reproche à son confrère et à son paroissien ?
H. Il n'avait droit de faire un reproche ni à l'un ni a l'autre. Jean pouvait, s'il le désirait , communier d ms telle paroisse qu'il logeai! à propos, même dans la quinzaine de Pâques. Il sulfisaii que, pendant celle quinzaine , il communiât une fois dans sa paroisve. Alhanase n'avait pis le droil de lui refuser la communion, quoiqu'il lui étranger, parce qu'il devait présumer que Jean avait déjà la Us fa l ou satisferait p us lard au devoir pascal en communiant dan* sa | ropPB parc sse .Quoris ttmpote Putcha i dit Rilluart, nln/iosi passant per se tel per suceracles «es utares in suis eccle<i\s, eueharistiatn minisinnc
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petcntibus ex dévot ione, H constat sttlis[eci$s« (iiitsutisfntiiiiK e$ii l>i (t'icpto tn mki/i noclua.
Si on nom objectait les conciles particuliers ou Im ordonnances épiicopHle» qui dé»
rt ndent aux fidèles de communier Milieu s
que li.uis leun paroisses, nous répondrions (;u'il ne s'agit dans coi ordonnances <j ne de la communion pascahi si h >■» , ces ordonnance! seraient inconciliables avec la pr«itw que générale de l'Eglise ei avec le vu*u du concile de Trente, qui souhaite que tous étrangers et paroissiens coinniunient quand ils assistent à la messe : .\unc non exii/ilur, dit Mgr Bouvier i schadulû confeaioni» ut tribuntur communia tempora Pascholi, nec ext rancis ad tueront mensam accèdent bus dette ijntur : quia pitcsumilur cos lienttam a p .store suo obiinusse, tel m p.trocltia sua jam communicusse, aut unie fuam pascltilis commun caluros esse : nec, jnxla rituidis prœ<criptionem, describunlur no mina vorum qui prœcepto non s:ilisfecerunt, ut ad episcopinn deferantwr.
Cas 111. Bénigne, désirant pour dos raisons de conscience, faire sa communion pascale dans une paroisse voisine de la sienne, n'ose en demander la permission à son curé, dont ii craint les brusqueries et la trop giandc susceptibilité, va communier dans cette parois e étrangère i nmodi alement après s'être confessé : Alype, curé de celte paroisse, connaît les dispositions de lien gne à l'égard do sou confrère. Doit-il l'obi ger à faire nue autre communion dans sa propre paroisse, el Bénigne ne la faisant pas, salisiail-il au devoir pascal ?
R. Alype n'est pas obligé d'avertir Béni-
gne dp eommunier une seconde fois dans sa paroi se; car Bénigne a salisfa tau précepte,
el il doit présuim r si non «le I intention «lu
nuré, du moins du c msonleinenl de s m évèque. Car, comme le remarque M^r Gou Bel, I esprit de l Eglise e^t de faciliter à ses en» fauta l'accomplissement de leurs devoirs en matière de disci I ne; le prélrt éclairé le co • pre d, et ne «on fond point les intérêts de la religion gvee I S intérêts de I amour-propre.
Cas IV. Batile, cure de Balia, a fan faire la première communion a Alexis de la pat* roisse'de Gerson qui n'était venu passer à Balis le temps prescrit par les ordonna n es diocésaines, que p ur ne pas la faire à lierson. Basile le pouvait-il ?
H. 11 le pouvait; car il n'a rien fait qui soit contraire aux ordonnances de son diocèse. L'enfant qui réside ailleurs que dans son domicile d • droit peut faire si première Communion dans la paroisse où il a un do» inii ile de fait; el pour avoir acquis ce domicile de fait, il faut y avoir p isse six mois, et même moins de temps, dans d'autres diocèses. Un enfant qui n'aurail pas encore passé dans une paroi se louile lemps prescrit p.ir les règlements diocésains, pourrait néanmoins y faire sa première communion, si ses parents avaient l'intention de l'y laisser, el si son nouveau curé le jugeait su fis minent disjOvé; quand un enfant a un domicile de fait, il conserve la liberté de faire sa première c mununion dans son domicile d'origine ou de droit ; quand il a comme se> parents deux domiciles, il peul taire sa première communion de la main du curé*
qui 1 aura instruit.
PAROISSIALE (MESSE). Voyez Messe.
PAUOLES ET CHANSONS DÉSHONiNÈTES.
On entend par discours, paroles désbonuêtes, celles qui blessent la sainte vertu de purelé.
l'intention, quelle qu'elle soit, empêche-t-elle que ce poison ne donne la mort; ainsi quelle que soil votre intention, vos mauvaises paroles n'en sonl pas moins capables de donner
Cas I. Avcz-vous dit des paroles équivoques , à double sens , ou même ouvertement impures? N'avez-vous point fait des narrations voluptueuses? Si c'est avec un plaisir impur, ou dans 1 intention de porter une personne au libertinage, ces paroles sont certainement des péchés mort ls. Si c'était sans aucune intention de \ olupté, sans scandale et par légèreté, le péché ne sérail que véniel; mais ordinairement il y a péril de scandale e' de délectation charnelle. Si ce n'est pas par plaisir, comme vous le dites, que vous proferez ces paroles, pourquoi donc en profér z-vous sa' souvent? Quand on p i rie volontiers d'une chose, n'esl-ce pas une preuve qu'elle fait plaisir, ou du moins qu'on n'eu a aucune horreur? Et comment nous persuadenez-vous que le vice impur ne lïui pas les honteuses délices de votre <œur, lorsq ic vous en tenez si souvent le langage ? — Mais c'est sans y penser? Une personne raisonnable d .il elle donc prier san^ penser à ce qu'elle dit? El Dieu ne vous ordouue-t-i) pas d'y .penser', de faire attention à toutes vos paroles, crainte que w>us ne pé liiez par voire langue? — C'est sans mauvaise intention. — Quand on donne du poison à quelqu'un,
la mort à I âme de ceux qui les entendent. — Mais ce n'est que pour rire. — Quel détestable amusement l C'e t bien le cas de dire avec Jésus-Christ : Malheur à vous qui riez, parce que vous pleurerez un jour bi< n amèrement. — Mais nous n'y pensons point de mal. — Que voulez-vous dire par là? Que vou> n'avez point de mauvaises pensées eu proférant ces paroles? Mais cela ne vient-il point de ce qu'étant déjà familial isés avec loues sort s de pensées el de désirs impurs, vous ne vous apercevez pas de ceux que vous avez en tenant des discours déshonnèles. Celui qui s'est habitué à respirer un mauvais air n'y prend pu- garde, tandis que ce mauvais air ferait peut-être évanouir une personne délicite qui le sentirait pour la pem ère fois. De même quand u.i habit esl bien blanc, on y aperçu, t .oui ce qui peul en ternir l'écla ; s'il » si sale, on y remarque à peine les p us grandes taches. Cicéron avertissait sou fila de s'abstenir de tout discours capable de blesser les oreilles chastes, et
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Quintilien voulait qu'on s'abstint de toutes paroles qui signifieraient quelques obscénités. Des chrétiens doivent donc, à bien plus forle raison, s'en abstenir.
Cependant, les paroles déshonnêles que l'on <iit • n plaisantant, par légèreté ou par manière de récréation ne sont , suivant saint Li^uori, que des péchés véniels : Loqui turpiu ob vanu.-n solatium, sive jocum de se non est mortnle, nisi aud, entes tint ita dibi'es spiritu ut scnndalum palianlur ; mit nisi verba sint nimis lascivo. Hinc dicleria txirpia ijuœ prtiferuntur a messoribus , vendemiatorib is, mulionibus non sunt mortalia. Sed non excusât iir a mortali quiabsque causa nominat pudenda olterius sexus. Quand même de telles paroles seraient dites par légèreté el en plaisan'ant.
A^ez-vons causé du scandale par vos paroles déshonnêles? Les avez-vous prononcées en présence de quelques jeunes gens, et d vaut beaucoup de personnes? Péché de scandale plus ou moins grave, selon que les propos qu on a tenus éiaient plus ou moins obscèn' s. Langues empoisonnées , plus dangereuses que ce le du serpent , qui guérira les plaies que vous faites à l'âme de ceux qui vous entendent? Si Dieu rendait ces âmes visibles, je vous en ferais voir peut-être plusieurs qui ne doivent qu'à vos discours obs ènes l'étal de mort où elles gémissent devant Dieu. Vous étiez peul-êire le seul de la compagnie qui tinssiez de mauvais propos, peut-être même n'avez-vous lâché qu'une seule parole; n'importe, celte seule parole in- ^pir ni à vos auditeurs une foule de pensées impures , a enGn donné la mort à leur âme.
— Mais ceux devant qui je parle ne sont pas capables de se scandaliser. — Hé ! mon Dieu, y a-i-il des saints qui n'aient pas été capables de se .se .filialiser? — Mais ce ne sont pas des jeunes gen». — Tant mieux; mais le penchant an vice honteux esl-il inconnu aux vieillards, même l< s plus débiles? Ne semblet-il pas, au contraire, se nourrir sous les glaces de la vieillesse? — Mais ce sont des gens qui savent de. quoi on parle. — Ils n'en sont (jue plus portés au mal ; vous ne leur ôlerez pas la chasteté puisqu'ils l'ont déjà perdue , mais vous les rendrez plus lascifs, de luxurieux qu'ils éiaient déjà.
Ceux qui ont entendu vos discours obscènes n'ont pas été scandalisés, je le veux ; c'est un effet de leur vertu et de la protection de D,eu qui ne vous rend pas innocent; vous avez préparé le poison, vous avez présenté la cou; e qui eti était pleine, personne n'y a voulu boire, en êles-vous moins coupanle ?
— Mais mes paroles ne sont ni grossières, ni
ouvertement obscènes. — Llles peuvent être moins dangereuses; mais du poison mêlé dans le miel est toujours du poi»ou ; il est souvent plus dangereux que si on le présentait à découvert.
Avez-vous chanté des chansons lascives?
Ti'Ut ce que nous \cnons de dire des paroles do t s'entendre, à p us forte ra son, des chansons déshonnêles; elles sont même plus dangereuses, parce que l'air, la musique et la voix amollissent le cœur et le rendent plus susceptible de mauvaises impre sions , et parce que vous n'oseriez pis dire dans la conversation ce que vous osez chanter. Avezvous communiqué, fait copier ces chansons?
Avez vous écoulé avec plaisir des paroles ou des chansons déshonnêles? Ceux qui paraissent approuver des paroles ou des chansons ia^cives se rendent coupables comme ceux qui les disent ou qui les chaulent. Ceux-ci ont le démon impur dans la bouche, et ceux qui les écoutant l'ont dans les oreilles, et ils coopèrent au péché de ceux qui les disent. Que dans une compagnie un impudent vienne à lâcher une obscénité, plusieurs à l'instant en sonl révoltés ou en rougissent; mais vous, peut-être, qui tenez le premier rang, el qui par conséquent devriez donner le bon exemple, vous en riez, vous y applaudissez; chacun vous imite ou par faiblesse, ou par respe; l humain, el le scandale devient général ; c'esl voire ouvras". Un autre a mis le feu , peul-étre par mégarde , mais vous l'avez soufflé et vous êtes souvent plus que lui coupab ede tout l'incendie. Si vous aimii z la sainle vertu de pureté, pourriez-vous rire si facilement en la voyani ainsi mépri ée? Si vous aimiez votre prochain, lui applaudiriez-vous quand il pèche ou qu'il se donne la morl? Si \ous aimiez Jésus-Christ, ririezvous en le voyant outragé ? Si ces paroles blessaient votre réputation ou celles de vos proches , malgré l'enjouement qu'on mettrait à les dire, vous vous garderiez bien d'en rire.
Cas IL Que doit faire celui qui entend des discours licencieux?
H. Les faire cesser s'il le peut; s'il ne le peut pas, il doit garder le silence, les désapprouver dans son cœur, faire son possible pour détourner adroitement la conversation. Si on a autorité sur celui qui parle, si c'est un enfant, un domestique, on est obl'gé en rigueur de lui imposer silence, el de le corriger, s'il ne veut pas écouter les avis qu'on lui donne. Use-t-on de politesse avec un pestiféré? C'est pour avoir lié conversation avec le serpent qu'Kvc a perdu le genre humain.