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homme possédé qui est dangereusement malade. IVul-il l»i donner le saint viatique qu'il demande ?
II. Saint Thomas ajoute qu'il faut raisonner des possédés comme de ceux qai sont privés de l'usage de raison, c'est-à-dire que s'ils ont quelques dons intervalles et qu'ils aient témoigné de la dévotion envers le saint sacrement, on doit leur donner la communion. Il excepte néanmoins ceux qui seraient certainement tourmentés par le démon en punition de quelque crime qu'ils auraient commis : Nisi forte certum sit, quod pro criminë aliqno a diabolo torqucantur. Ce qui doit s'entendre de ceux qui n'auraient pas expié leur péché par une pénitence sincère.
— Cas IV. Mais y a-t-il donc des possédés qui ne le soient pas en punition de leurs péchés?
H. 11 y en a eu sans doute, et il peut encore y en avoir. La possession n'est qu'un genre d'affliction, et celui qui a livré Job à toute la rage extérieure du démon , uniquement pour taire éclater sa vertu, peut permettre qu'un innocent soit intérieurement tourmenté par cet ennemi du genre humain.
Il parait même qu'il y a eu des saints qui ont demandé à Dieu ce genre d'épreuve pour
se garantir de l'orgueil el s'avilir aux yenx des hommes. \ oyez le Triomphe ((<■ lu Croix, ouvrage du savant et vertueux II. M. Moudon, pnij. 198 ri $uiv., ou la Vie de ce grand Serviteur de Dieu, tom. Il, p. "J.'IN et suiv.
— Cas v. Martin, exorcisant un possédé, l'a adjuré en présence du saint sacrement de dire vrai : puis il lui a di mandé si c'était Pierre qui l'avait volé, si Jean n'était pas un maléficier, etc.; à quoi le possédé a répondu affirmativement. Martin ne peut-il pas l'en croire ?
R. Ce prêtre a eu grand tort, et dans le serment qu'il a exifjé, et dans les questions qu'il a faites; et il ne peut en croire le démon qui est le père du mensonge. Si une fois cette porte était ouverte, les plus gens de bien ne seraient pas en assurance, vu que c'est à eux principalement qu'il en veut. Ce sont les termes de la décision que donnèrent, le 10 février 1620, MM. Du val, Harnaches et Isambert au sujet de la possession de Loudun; son infidèle historien la rapporte, p. 195.