PRÊCHER
Prêcher, c'est annoncer en public la parole de Dieu aux fidèles. Un prédicateur doil avoir quatre qualités outre celle de la science : 1* l'humilité, et une intention pure pour ne chercher que la gloire de Dieu, cl non pas les applaudissements des hommes, ou l'intérêt ; 2° une vie exemplaire et édifiante; 3° la pratique de l'oraison et la méditation des vérités de la religion; i° la prudence, pour ne rien dire qui ne soit certain, et capable d'iustruire et d'édifier le public.
Un curé, suit séculier, soit régulier, a toujours droit de prêcher lui-même dans son église, s'il le veut, prélérablemenl à tout prédicateur nommé par les marguilliers ; il en est de même des théologaux dans leurs églises, comme il est porté par l'art. 12 de l'édit de 16!>5. Selon lo même édit, tout prédicateur doit obtenir sa mission du supérieur légitime. Un religieux ne pout prêcher hors son monastère sans la permission de l'évéquo, ni même
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dam son église, s.ms s'être présenté à loi pour par li même ordonnance, art. 1<>.
Cai I. (incirn ne veut point prêcher, quoiqu'il en soit très-capable. Pèctie-l-il en cela?
\\. Celte omission n'est pas on péché pour en, j moins qu'il ne soit enga ê A prêcher par son ministère, ou par le command ciiout de son évéque.
— Quia raltlc difficile est purgatum se ouemlibit liasse eognote rs (queinadmodum
/.Mi/- s, (/ni mtfft laluii, utile per allai is calenluin se purgatum vidit), preedicationis of- Acium taii'is déclina tur, <lii sant Thomas, 2 S, (|. 188, a. i. Cependant il faut aussi cri indre d'enfouir les lalenis que Dieu a donnes. On sail la triste récompense du serviteur inutile.
Cas 11. Aritaulil prétend avoir droit de prédit r, par sa seule qualilédc docteur, sans permission i e L'évéque diocésain. A-t-il raison?
R. La prétention u'Arnauld est mal fondée, ainsi que renseigne saint Thomas, quodlib. 12, art. 27, à quoi l'éditde 1606 est entièrement conforme, art. 2.
Cas III. Guillebaud est souvent en état de péché mortel lorsqu'il annonce la parole de Dieu. Pèohe-l-il en cela?
R. Si le péché de Guillehaud est puhlic, il ne doit pas prêcher publiquement. S'il est oi culte, il peut prêcher en cet élat, sans offenser Dieu, pourvu qu'il ail une contrition sincère de son péché. Car s'il ne l'avait pas, il ne le pourrait faire sans irriter la colère de Dieu. C'est ce qu'enseigne saint Thomas, in Ps. il, sur ces paroles terribles : Peccatoii dixit Deus : Qitare tu enarras justifias meas? ' Il est difficile de supposer qu'un homme qui est souvent eu étal de péché mortel, en ait souvent une contrition bien sincère.
Cas IV. Roger prêche dans la vue principale de tirer du gain de ses sermons, ou de s'attirer l'applaudissement du public. Pèchet-il en cela ?
R. Oui, très-grièvement ; puisque sa fin principale doit être la gloire de Dieu et le salut des âmes. Quisquis, dit saint Grégoire, nom. 17, ideo prœdicat, ut hic tel laudes, vel tnunerit mercedem recipiat,œlerna prucul dubio mercede se privât. Car encore que son intention expresse ne soit pas de recevoir l'argent, précisément comme le prix de la parole de Dieu, elle ne laisse pas d'être simoniaque, puisque le gain en est le principal motif; ce qui suffit pour la rendre telle, comme il paraît par la censure de la 45* proposition qu'Innocent XI condamna le "2 mars 1679. D'où il faut conclure qu'un prédicateur ne doit pas prêcher pour avoir de quoi subsister, mais qu'il doit seulement recevoir ce qu'on lui donne pour être en état de prêcher : Sed ideo mercedem r< cipere (debel) ut prœdicare subsistât, aiusi que le dit saint Grég. ibid.
Cas V. Adelphius prêche le carême dans une ville dont tous les habitants exercent publiquement l'usure. Peut-il recevoir d'eux des aumônes oour la rétribution de ses sermons?