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brebis, n'est pas toujours permis au pasteur. 11 faut donc voir si la persécution n'en veut qu'à lui, ou si elle .attaque en même temps
le troupeau. Dans le premier cas, il peut fuir, pourvu que son peuple ne demeure pas sans les secours dont il pourrait avoir besoin. Dans le second, il doit se souvenir que le hou pasteur donne sa vie pour ses brebis, cl qu'il n'y a qu'un mercenaire qui les abandonne au loup. Un séculier dont la présence serait, au défaut de prêtres, nécessaire pour affermir le peuple, entrerait dans la même obligation.
C*s III. Valère , catholique et juridiquement interrogé sur sa religion, peut-il, pour sauver sa vie, la dissimuler ou se servir d'équivoques dans ses réponses?
R. Valère est obligé de déclarer au juge clairement et sans équivoque sa religion et sa foi. Le précepte négatif de la professer oblige en tout temps , el il n'est jamais permis, même pour conserver sa vie, de la nier ou de feindre qu'on est d'une autre. Qui negaverit tue coram hominibus, dit Jésus-Christ, Ifatth.i x, negabo et ego eum coram Paire meo qui est in ccelis. C'est donc avec bien de la justice qu'Innocent XI condamna en 1679 cette indigne proposition (num. 18) : Si a potestate publiai guis inlerrogelur , fidem ingénue confiteri, ut Deo et fidei gloriosum consulo: tacereutpeccaminosumpersenondamno.
En effei, dit saint Augustin, serm. 279 ; Quid prodest corde credidisse ad justitiam , xi os dubitet proferre quod corde conctpium est.
Cas IV. Gordius , obligé de voyager dans un pays hérétique, a pris des habillements pareils à ceux des ministres hérétiques, afin qu'on le crût ministre, pour éviter la persécution. L'a-t-il pu?
R. Gordius a péché très-grièvement ; car quoiqu'il soit permis de s'habiller à la mode de la nation infidèle parmi laquelle on demeure, on ne le peut jamais faire dans le dessein de paraître professer sa mauvaise religion. C'est pourquoi on ne peut porter ni le turban qui caractérise les Mahomé ans, ni le chapeau jaune qui spécifie un juif à Home. On peut voir II Mâcha b. vi, avec quelle fermeté Eléazar, âgé de quatre-vingt-dix ans, refusa, non pas de violer la loi, mais de paraître la violer.
— Cas V. tondit prince idolâtré," voulant faire périr tons les chrétiens, a fait une loi qui les oblige tons à porter un chapelet au cou. Quatre d'entre eux qui en ont mis, ont surle-champ été exécutés ; les autres qui n'en ont point porte, craignent d'avoir tacitement abjuré leur religion par là. Que dire?
II. C'jctan, 2-2, g. 3, art. 2, a cru qu'il y avait là une abjuration de la foi , parce que, disait-il, on est tenu de la professer, quand l'autorité publique l'exige, comme il arrive ici. Mais ce savant s'est trompé, comme l'ont fait voir Malderus, Bannes, Tolel, etc. Car, 1" une loi vraiment injuste n'oblige pas, et même les lois humaines justes n'obligent pas ordinairement, sous peinede mort. Or, quelle loi plus injuste que celle qui oblige un innocent à courir au-devant d'une mort cruelle, qu'il n'a pas méritée; 2° il est faux et trèsfaux qu'une telle loi ait force d'une interrogation juridique. Un prince n'a pas droit d'inventer chaque jour de nouveaux moyens d'interroger, en vertu desquels chaque fidèle soit obligé, sous peine de d imnation, d'aller bien vite se faire brûler tout vif. Autrement il pourrait aussi statuer que quiconque fuirait d'un lieu dans un autre serait censé avoir renié sa foi. Paradoxe inouï et réprouvé par le sens commun.
— Cas W.Lucien a vu, sans s'y opposer, des infidèles, dont les uns blasphémaient contre Jésus-Christ, les autres brisaient de saintes images. La crainte grave qui lui a fait garder le silence, l'excuse-l-elle de péché?
R. Ce cas ne peut, comme bien d'autres, se dé .ider nue par les circons ances. Si un infidèle séduisait les chrétiens, ou qu'on pût empêcher efficacement la profanation qu'il veut faire, on serait très-obligé d'agir. Mais si en agissant, on ne peut qu'augmenter la fureur d'un idolâtre, exciter une persécution plus générale, être cause que bien des chrétiens faibles renient la foi, il faut souffrir ce qu'on ne peut empêcher. Ad actum inutilem, et à plus forte raison , ad actum noxium nemo tenetur. Voyez sur cetto matière ce que j'en ai dit, tome V, part, i, de Fide, a num. 98.
Voyez Empêchement de la différence db religion, Foi, Monastère, Profession, Rei.igjeux, Religieuse.