‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 201 sur 402 · RUBRIQUES · texte numérisé non relu

RUBRIQUES

Ce mot signifie proprement une observation écrite en lettres rouges , comme l'étaient autrefois les titres et les principales maximes du droit romain. On applique ce terme en particulier aux r'gles à suivre dans la liturgie et l'office divin.

Bnrcbard, matire de cérémonies de la chapelle papale , joignit les rubriques de la messe à un pontifical imprimé à Rome en li85, et bientôt après l'usage s'établit généralement de les imprimer en tète des missels. Ce fut le pape Pie V qui les fil rédiger dans l'ordre où elles sont aujourd'hui. On joignit de même au bréviaire les règle; à suivre dans la récitation de l'office. Quelques-unes de ces règles furent insérées dans l'ordinaire de la messe, où, pour être mieux remarquées, elles étaient imprimées en caractères rouge. • Les ( éré nonies et les prières que prescrivent les rubriques pour la célébration de la messe sont d'obligation. On doit aussi .^e conformer aux règles de la rubrique pour l'ordre et le temps de la récitation de l'office divin.

Le pape saint Pie V, dans sa bulle de l'an 1570 qui se trouve à la ( 'te du missel romain , commande à tous les prêtres , en vertu de la sainte obéissance , do dire ou de chanter la messe selon le rite et la règle que prescrit le missel : Mandantes, ac district ■ omnibus et singnlis ecclesi'jri m prœdictnrum patriarchis, adminislratoribus, alisque personi* quncunque ecclesiastica dignitote f'ilgentibus , ctiamsi cardinales , aut cujusvis alierius gradus et prœenv'nenti r fuerint, ittis in virtute snnctœ obedientir prœcipientes, nt cœteris omnibus raltonibus et ritibus fxaliis missalibus qnantumvis vetuslis ob&ervari cousu tis, in ppslerum penitut omissis ac plane rejectis, missam juxta ritum, mudum ac normam quœ per nnssale hoc a nohit traditur, décantent ac legant ; n>que in missœ celebratione alias cœrcmonias vel pièces, quam que hoc missoli conlinentur, addere, vel recilarc presumunt.

Le concile de Trente dit annlhèmeà quiconque dira qnc les rites établis dans l'Eglise pour l'administration des sacrements peuvent être changés ou omis à volonté , et veut que les évêques décernent des peines contre les prèlres qui , au mépris des règlements , substitueraient d'autres rites, d'autres cérémonies ou d'autres prières aux rites et aux prières approuvés par l'Eglise. D'où il suit 1° que les rites propres à une Eglise particulière pour la célébration des s;iints mystères et l'administration des sacrements, ne peuvent être suivis et conservés qu'autant qu'ils ont pour eux une approbation spéciale du saint-siége ou une prescription suffisante.

2U Que, hors le cas de nécessité, d'inadvertance involontaire, il y a toujours péché à changer, à omettre la moindre règle prescrite par la rubrique.

3e Qu'une omission grave contre les rubriques peut être un péché mortel. Quelle matière doit être en ce genre regardée comme grave? Il n'est pas facile de le décider. Cependant on regarde généralement comme faute grave, l'omission volontaire 1° de ia confession que fait le prêtre au i ied de l'autel ; 2° de l'épîlre, ou de l'évangile, ou des collectes principales; 3° de l'offrande du pain et du vin; l" de la préface; 5° de l'une des six oraisons qui composent le canon : Te igitur , Hanc igitur , Quam oblationem , Uude et memores , Mémento etiam, Nabis quoque pe< catoribus ; (>° du Pater ou de la prière Libéra nos ou de YAgnus Dei; 7° du Domine, non sum dignus ou des trois oraisons qui précèdent la communion ; 8* des prières qu'on récite depuis la communion jusqu'à la fin de la messe.

Pour juger de I . gravité de l'omission d'une cérémonie, il fau! avoi: égard à sa signification. De ce principe on conclut communément qu'il y a péché mortel à négliger de mettre de l'eau dans leca ice avec le vin pour la consécration; 2° de faire l'élévation de l'hostie ou du calice ; 3* de rompre One parcelle de l'hostie pour la mêler avec le précieux sang; h" de purifier le <■ alice ou la patène.

Il est difficile, dit saint Lig :ori , d'excuser de péché mortel le prêtre qui met moins d'un quart d'heure à dire la messe, lors môme qu'il s'agit de la messe de la sainte Vierge in sabbato, ou d'une messe de Requiem. Il est moralement impossible, dit ce saint docteur, de terminer la messe dans moins d'un quart d'heure , sans commettre une irrévérence grave et sans être la cause d'un grand scandale pour le peuple; mais on peut dire la m'ssc en vingt minutes, et il y aurait des inconvénients graves , surtout pour un curé , de demeurer à l'autel plus d'une demi-heure pour dire une messe basse.

Ce serait une affectation répréhensible de dire d'une voix assez forte pour qu'elles fussent entendues les paroles de la consécration ou celles du cauon et antres prières qui doivent, d'après la rubrique, être dites tout bas : Quœ vero secrète dicenda snnt, (ta pronuntiel ut ipsemrt se audiat et a circumstanlibus non audiatur.

L'omission d s signes de croix , des inclinations , des génuflexions , (les » lévations des mains ou des yeux, n'est pas par elle-même un péché mortel ; mais le prêtre qui, h ibiluellernent, omettrait, comme oiseuse ou inutile, une prière, une cérémonie prescrite, quelque peu importante qu'elle fût en elle-même, [lécherait mortellement , car il y auraii mépris. Il en serait de même de celui qui, en célébrant la messe, ne ferait aucune des inclinations ou des génuflexions indiquées par la rubrique. Voyez Massa, Missel.

C'est une faute de faire une inclination au lieu de faire une génuflexion , de confondre l'inclination médiocre avec l'inclination simple, et l'inclination profonde avec la médiocre, de faire le signe de la croix en l'air sans se toucher le front , la poitrine et les épaules ; de tracer la croix sur sa poitrine sans porter la main à l'une cl à l'autre épaule; de ne pas baiser l'autel lorsqu'on le doit; de ne point élever les yeux aux endroits marqués par la rubrique; de ne pas tenir les mains jointes comme il le faut; de dire à haute voix ce qui doit se diic à voix médiocre, et de due à voix médiocre ce qu'on doit dire à voix bisse ou secrète; de pla<er le corporal sur le voile du calice sans le renfermer dans la bourse so:t en allant de la sacristie à l'autel , soit en revenant de l'autel à la sacristie ; de déplier le < irporal tout entier au commencement de la messe; de retourner à l'autel sans avoir répété l'introït, ou de dire en allant du cô'o de l'épttri à l'autel le Kyrie r!c son, le Manda cor meum ou la conclusion, Ifl post-communion; de faire le signe de la croix soit avec la patène et l'hostie, à Suscipe, sanclePaler, soit avec le calice a Offerimu» libi, avant que d'avoir achevé l'une et l'autre de ces prières; de dire pendant ou après l'élévation les paroles tucc quotiescunque fecerilis , etc., car on doit les dire immédiatement après la consécration , tandis qu'-.n remet le calice sur l'autel; c'est une faute de s'appuyer sur l'autel à Domine, non sum dignus, ou de se tourner à demi vers le peuple , ou d'étendre entièrement le bras pour se frapper la poitrine, tandis qu'on ne doit remuer (pu4 le poignet ; de se tourner vers la croix

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à Ynbum caro fnctum csl pour faire la génuflexion; «le quitter l'aotel ou do faire éteindre les cierges avant d'avoir lu le dernier évangile. Il y 8 donc obligation <le savoir les rubriques.

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