SC A
sert
et îles romans. Qu'on les brûle à l'inslant sur les lieux où fiera mon tombeau ; quand vous aurez rempli mon désir, vous viendrez me l'apprendre. » On vint lui dire que les flammes avaient (oui consume; il déclara alors qu'il avait voulu donner un témoignage du peu de cas qu'il faisait de ces sortes de productions qui ne pouvaient que corrompre l'esprit de l'homme et dont tout bon chrétien doit s'interdire la lecture.
Pères et mères, maîtres et maîtresses, si vous voyez un mauvais livre entre les mains do vos enfants, de vos élèves, ayez au moins le zèle de l'athée Diderot ; ext-re trop démander ? Arrachez, comme il fit, avec indignation, des mains de ce qui vous est cher, le livre où la religion ne serait pas respectée. C'était son propre ouvrage que cet incrédule ne put souffrir un instant entre les mains de sa tille.
N'avez-vous point exposé dans vos appartements des tableaux ou des statues immodestes, monuments subsistants du vice, qui ne devraient même pas se trouver dans une maison de païens? En avez-vous peint, vendu, fait peindre ou sculpter? Péché mortel, si l'indécence est grande.
Avez-vous porté des habits bien indécents? Péché mortel. S'ils n'étaient pas très-indécents, mais que vous eussiez l'intention de porter les autres à offenser Dieu grièvement, il y aurait aussi péché mortel.
Ne faites-vous point profession de retirer chez vous tout ce qu'il y a ae pius licencieux dans une paroisse, pendant le temps des divins offices du dimanche, à des heures indues, pendant la nuit ?
N'avez-vous point fait murmurer tout un public par vos assiduités auprès de celte personne, et par les visites trop fréquentes que vous vous obstinez à faire dans cette maison, malgré les avis qu'on vous donne ?
N'avez-vous point donné l'exemple d'un travail ou d'un trafic qui vous était défendu les saints jours de dimanches et de fêtes? Avez-vous servi sur voire table cl fait servir à d'autres des aliments gras les vendredis et samedis? N'étes-vous point du nombre de lant d'infortunés qui depuis longtemps se sont excommuniés eux-mêmes, ne paraissant plus à la table sainte au temps de Pâques ?
Vous deviez, pères et mères, former vos enfants à la vertu et à la religion :ne l'avez- vous point décréditée par vos exemples et vos discours? Maîtres indignes de ce nom, n'êlesvous pas devenus les dépravateurs d'une jeune personne confiée à vos soins et dont vous deviez être les tuteurs et les libérateurs?
Avez-vous déclaré l'espèce de péché occasionné par le scandale, ainsi que le nombre dos personnes que vous avez scandalisées ? Malheur à ceux, dit Jésus-^Christ, par qui le scandale arrivel
SCKUPULE.
Le scrupule est une perplexité d'esprit qui n' peut précéder, accompagner ou suivre l'action l'àme des plus fâcheuses.
Cas I. Basiline, femme très-pieuse, est depuis trois mo'is souvent agitée de toutes sortes de mauvaises pensées, et surtout contre la foi, ou par des blasphèmes qui occupent longtemps son imagination, ou par des craintes qu'elle a d'avoir péché mortellement en des choses où, le plus ordinairement, il n'y a pas de péché véniel : ce qui l'empêche de communier deux fois la semaine, et même en certains jours où son directeur le lui a commandé. On demande, 1° si elle pèche, lorsqu'elle a l'imagination remplie de ces horribles pensées; 2° si elle fait bien de s'abstenir de la communion par la persuasion où elle est qu'elle pécherait grièvement, si elle s'en approchait sans s'être confessée ; 3° si elle peut s'en priver sans péché, quand son confesseur la lui a ordonnée.
H. Pour bien entendre cette importante matière, il faut savoir ce que c'est qu'opinion, doute et scrupule. L'opinion, dont nous parlons ailleurs, est une connaissance qui fait juger qu'une chose est illicite ou permise; mais avec crainte qu'on ne se trompe dans ce jugement. Le doute est la connaissance qu'on a de deux choses contraires, sans pencher plus du côté de l'affirmative que du côté de la négative. Enfin le scru-
DlCTlONNAlRE DE CAS DE CONSCIENCE.
i aucun fondement raisonnable. Le scrupule qui en est le sujet. C'est une malade de
pule, pris comme nous le prenons pour une. peine de conscience, est un doute accompagné de crainte sans fondement, venant de quelques conjectures faibles qui agitent l'esprit, et font appréhender le péché où il n'y en a pas : c'est pour cela que, quoiqu'on ne doive jamais faire une chose que l'on doute avec fondement être péché, il faut au contraire agir contre le scrupule, parce qu'il n'est fondé que sur des raisons frivoles; et cela est vrai , soit que le scrupuleux connaisse, par son expérience passée, que son doute est un véritable scrupule, ou qu'il en soit instruit par un directeur éclairé.
Lesscrupules peuventprovenirde l'homme même, de Dieu, ou du démon. Ils viennent de l'homme, soit parce qu'il est d'un tempérament mélancolique, qui le dispose à la crainte ; soit parco qu'il s'échauffe l'imagination par des jeûnes ou des veilles excessives, par des lectures qui passent sa portée, par un examen trop long de sa conscience, contre la défense de ses directeurs, etc. Ils viennent de Dieu, qui se plaît tantôt à humilier et à perfectionner des âmes choisies, par les peines d'esprit, pour les purifier, comme l'or dans la fournaise , comme il est arrivé à saint Honaventure, tout savant qu'il
mi
était, à saint Dominique, etc., tantôt à réveiller des cœurs tièdes, et à les porter à l'amour qu'ils lui doivent. Enûnils viennent souvent du démon, qui s'efforce par toutes sortes de moyens d'induire au péclié les âmes timorées, ou du moins de leur faire perdre la paix de la conscience, ou de le tenter du désespoir de leur salut: et c'est en quoi il réussit quelquefois, en représentant à un entendement faible les choses tout autres qu'elles ne sont.
11 suit de là qu'un directeur doit bien examiner la cause des scrupules de son pénitent, et pour cela il faut qu'il étudie son tempérament, son génie, ses inclinations naturelles, sa conduite passée, si elle a été réglée ou non; car quand il reconnaît que c'est une personne naturellement timide et mélancolique, ou peu écla rée, il peut juger que son tempérament, ou sa conduite passée, est la cause de ses scrupules. Si c'est une personne dont la vie est exemplaire, dont le tempérament ne soit pas atrabilaire, et qui ait de l'esprit, il y a lieu de regarder ses scrupules comme un moyen dont Dieu se sert ou pour la sanctifier de plus en plus, ou pour lui faire mieux expier la peine due à ses crimes passés, si sa vie a été déréglée. Enfin, le démon a souvent part aux scrupules, de quelque cause qu'ils proviennent, parce qu'il met tout en œuvre pour nous perdre, ou au moins pour nous priver de la paix de l'âme, qui contribue beaucoup au salut des fidèles.
Cela posé, nous répondons aux demandes proposées, Ie que Basiline n'est aucunement coupable des horreurs dont son imagination est remplie malgré elle, parce que le consentement, sans lequel on ne peut pécher, dépend de la volonté, et non pas de la seule imagination, qui n'est pas une faculté libre ; 2° qu'elle n'agit pas prudemment en se privant de son chef de la communion, ruais qu'elle doit en cela, comme en tout le reste, obéir fidèlement à son confesseur; mais que si, lorsqu'elle ne peut le consulter, elle était bien persuadée qu'elle pécherait mortellement en communiant, elle serait très-coupable de Le faire, puisqu'elle agirait contre sa conscience; 3' qu'elle ne peut se priver de la communion contre l'ordre de son directeur, et sans se rendre coupable de présomption, en préférant son jugement à celui de son supérieur : ce que nous ne disons qu'en supposant qu'elle n'est pas tombée dans un nouveau péché depuis l'ordre qu'elle a reçu de son confesseur.
Cas II. Synesius, homme pieux, mais fort scrupuleux, craint d'avoir oublié un péché qu'il croit mortel, dans une confession qu'il fit il y deux ans. Est-il obligé de s'en confesser lorsqu'il ira à confesse?
K. Si Synesius a apporté toute la diligence requise dans celte confession, comme sa piété le fait supposer, il doit croire qu'il a confessé le péché nui cause son scrupule, et qu'ainsi il n'est pal obligé de le déclarer derechef dans la première confession ; et, en ce cas il n'agira pas contre sa conscience,
mais uniquement contre son scrupule, dont le remède est qu'il acquiesce aux avis que lui donnent les personnes éclairées : car cet acquiescement est véritablement sa conscience, et ce n'est que par là qu'il peut acquérir la paix : c'est la règle que donnent Gerson et saint Antonin.
Cas III. H aimon, que son évêque veut établir confesseur d'une communauté de filles, où il y en a plusieurs tourmentées de cruels scrupules, demande, 1° quelles doivent être les qualités d'un confesseur par rapport à ces sortes de personnes? 2' quels remèdes il doit leur prescrire?
R. Comme l'état des personnes tourmentées de scrupules est très-digne de compassion , elles ont besoin d'un directeur, 1° qui les traite avec beaucoup de patience et de douceur . sans jamais leur rien dire qui fasse connaître qu'il se lasse de leurs importunités. Il faut, 2° qu'il soit éclairé et qu'il s'instruise avec soin de la matière des scrupules, et surtout de leur véritable cause. Pour ce qui est des remèdes qu'il doit mettre en usage : le premier et le plus sûr est qu'il persuade ses pénitentes de la nécessité absolue d'une parfaite obéissance en tout ce qui n'est pas manifestement contre la loi de Dieu, puisqu'il est moralement impossible de guérir un scrupuleux qui ne se soumet pas entièrement aux conseils de son directeur, et qui se donne la liberté d'en vouloir être lui-même le juge. Un scrupuleux doit imiter les médecins, qui, quelque habiles qu'ils soient, se soumettent dans leurs maladies aux avis des autres médecins.
Le second est, que le directeur mette tout en œuvre pour persuader à un scrupuleux qu'il est véritablement tel, parce que dès qu'il en sera bien convaincu, il sera beaucoup mieux disposé à mettre en usage les remèdes qui lui seront proposés.
Le troisième est une grande confiance en Dieu; car souvent le scrupule vient de ce qu'on ne regarde Dieu que comme un juge qui ne sait pis pardonner; au lieu qu'on doit toujours le considérer comme un père plein de miséricorde, qui est toujours prêt à remettre les plus grands crimes à ceux qui ont recours à lui avec une sincère douleur de leurs péchés.
Le quatrième est de ne se laisser jamais trop abattre par la rechute dans les péchés véniels, puisqu'on peut aisément s'en relever par un acte d'amour, de foi, et que d'ailleurs ils ne privent pas de la grâce par euxmêmes.
Le cinquième esl de mépriser les scrupules, et surtout les mauvaises pensées , quand on s'en sont troublé. Inttndani scruputosi, quoi! (alla non curent, nrtjuc multum cum Ids litigtnt, ied potins irrideant dicenttê cnm Mo pâtre in Vitis Patium : Immunditia
TUA SUPER TE DATION : DOMINUS M1UI ADJUTOfl ■
non te timebo. On lira utilement sur cette matière 9aint Antonin, page 1, lit. 3.
Cas IV. Acnirr, prêtre fort pieux, mais fort scrupuleux, se confessant à Ferdinand de plusieurs choses qu'il doutait être mau vaisest