‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 209 sur 402 · BOO · texte numérisé non relu

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:ie lui a pu assurer qu'il air forme sa conscience avant que d'agir, parce que tantôt il H3 persuadait qu'il taisait mal, et <]ue lantol 1 combattait Ifl pensée qu'il en avait. Couinent se il o i i comporter te confesseur avec \caire '.'

R. Il en est des srni|nileu\ comme de ceux 1 ii i craignent les spectres pendant les lénèires de la nuit; car, quoiqu'ils regardent la •rainle qu'ils en oui comme une faiblesse fu'ilS oui grand soin de cacher, il ne leur >st pourtant pas toujours possible «le vaincre eur frayeur sans de grands combats; el s'ils pagne ni sur leur esprit de demeurer seuls tendant la nuit, «leur imagination ne laisse »as de les troubler sans cesse, comme si quel- |ue spectre allait paraître etTectiveinent de- .ant eux. C'est sur cette comparaison, que Ferdinand doit juger que l'embarras et la .r.iinle tic son pénitent ne viennent pas du léfaut d'amour de Dieu, mais de sa timidité naturelle* surtout lorsqu'il voit que ce prêtre isl gilé de la même peine sur d'autres suets différents; il doit donc lâcher de le lui lersuader, et surtout se donner de garde l'approuver ses doutes, mais au contraire lécider contre sa crainte; puisque s'il agissait autrement, il le confirmerait dans ses k cupules.

Cas V. Laamer, prêtre fort scrupuleux, -oulant faire une confession générale, interompt souvent son ofiice pour écrire des îéches qu'il se rappelle alors. Pèche-t-il en ;ela, surtout s'il est persuadé que ne les pas jcrire, c'est les vouloir oublier?

R. 11 faut d'abordobserverque presque tous es scrupuleux croient que le remède sûr à . eurs scrupules est de faire une confession générale, quoiqu'ils soient persuadés qu'ils >nt apporté tous leurs soins pour bien faire leurs confessions précédentes. Et c'est en juoi ils se trompent lourdement, parce que i eur conscience n'en est pas plus calme, et ]ue souvent même leur trouble augmente ; | -/est pourquoi un sage confesseur ne doit pas r es y admettre, à moins qu'il ne soit évidemnent convaincu de la nécessité de le leur )ermeltre. .'près cette observation, nous diions que nul ecclésiastique occupé à réciter 'office ne doit l'interrompre pour écrire les )échés qui lui reviennent dans la mémoire, t même qu'il ne le peut sans péché, puispu'il n'est jamais permis de se distraire voontairement de l'attention qui lui est due, ious prétexte de faire quelque bonne action, orsqu'on la peut faire dans un autre temps. 1 est vrai que par là on peut oublier quel- |u'un de ses péchés, mais cela n'empêche >as qu'ils ne soient pardonnes avec ceux dont »n s'accuse; parce que cet oubli est fondé sur «ne cause juste, et que si un homme se mêlait ainsi à écrire les péchés qui lui revientent dans son office, le démon ne manqueail pas de les lui remettre en mémoire les ms après les autres, pour lui ôler l'applicaion qui lui est nécessaire afin de bien prier. Cas VI. Jsmnherge, qui fréquente les s,irements presque tous les huit jours, mais ui est fort scrupuleuse, ne fait presque ja-

mais de confession , qu'elle ne retourne deux ou trois fois pour s'aeetiser de quelque roule qu'elle a oubliée, ou de quelque cir- ( 'iistan e qu'elle croil n'avoir pa-> bien expliquée. Son Confesseur, qui le lui a défendu, peut-il la rentoyCr sans l'entendre .'

II. Ce confe-scur doit rappeler à s i pénitente, 1 " que quoiqu'on soit obligé de s'accuser dé tous lés péchés qu'on ci oit être mortel», on n'y est pourtant pas obligé à l'égard des pèches véniels ; 1 qu'il esl bien nécessaire de s'accuser des circonstances d'un péché mortel, lorsqu'elles en changent l'espèce, ou qu'elles l'aggravent notablement ; mais qu'on n'est pas lenu à déclarer celles qui nu sont pas de ce Retire; 3° que ce n'est pas par le seul détail de ses péchés qu'on en obtient le pardon, mais que c'est par une véritable contrition, el parun sincère bon propo-. de n'y plus relomber ; k" qu'après avoir fait une confession précédée d'un examen Suffisant^ elle nesedoit occuper, ausorlir du confessionnal, que des avis salutaires qu'il lui aura donnés, et ne penser qu'à se préparer à faire une digne communion, remettant avec confiance aux pie s du Sauveur leut ce qu'elle aurait oublié, sans s'inquiéter davantage. Après cela, son confesseur doit être ferme à lui refuser de l'entendre, el lui ordonner d'aller recevoir par obéissance et. en paix la communion. En se conduisant de la sorte, il agira avec sagesse, et il guérira plus aisément celte femme de ses scrupules.

Cas VII. titc'é esl si agitée de scrupules sur ses confessions passées, et même sur la dernière générale qu'elle a Fuite de son mieux, qu'elle n'a aucun repos de conscience depuis six mois, el qu'elle n'en espère avoir qu'après qu'elle en aura fait une nouvelle, qui puisse remédier aux défauts de toutes les aunes, où elle n'a, dit-elle, ni assez déc are toutes les circonstances de ses péchés, ni eu une véritable contrition. Son confesseur doitil céder à ses instances, el lui permettre celte nouvelle confession ?

11. Une expérience de plus de cinquantehuit ans nous détermine à dire que ce confesseur doit être inexorable, élant Irès-sûr que bien loin que cette confession fût un remède à ses scrupules, ce serait un moyen certain de les perpétuer; el s'il avait la condescendance de l'entendre, il se verrait bientôt importuné plus fortement que jamais, pour obtenir la liberté d'en recommencer une nouvelle. 1! doit donc ne lui permettre, lu que de continuer à faire ses con essions ordinaires; 2° lui défendre de s'y préparer par de trop longs examens, 11 fera même prudemment de lui limiter le temps qu'elle y doit employer, et au surplus, lui faire quelques interrogations surles péchés où elle pourrait être tombée, s'il le juge à propos ; 3U il doit encore lui défendre expressément de s'occuper l'espr.t des péchés de m vie passée, <el s ne servant bien souvent qu'à remplir l'imagination d'un scrupuleux de mille idées uui la salissent ou qui la troublent.

Néanmoins, si une personne scrupuleuse

était sujette à tomber dans des -péchés mortels, et qu'elle y eût toujours persévéré depuis sa dernière confession générale, le confesseur pourrait (et devrait) en ce c;is lui accorder d'en faire une nouvelle pour suppléer à la précédente, qui pourrait avoir été nulle par le défaut de bon propos.

Nota. Il y a deux sortes de scrupuleux : les uns ont une conscience si timorée, qu'ils ne \oudraienl pas commettre aucun péché de propos délibéré, et ceux-ci, il faut leur défendre de revenir sur le passé ; les autres, qui sont en moindre nombre, suivent quelquefois les mouvements déréglés de leur cœur, tantôt par la simple fragilité humaine, et tantôt par une espèce de Jdéscspoir. El il faut en agir de même avec ces derniers, lorsqu'on reconnaît que leurs doutes sont sans fondement raisonnable; mais s'ils se ressouvenaient que, lorsqu'ils ont commis l'action qui est le sujet de leur scrupule, ils ne savaient pas qu'elle fût péché mortel , ou qu'ils ignorassent qu'il fût nécessaire de déclarer en confession une circonstance qui faisait changer d'espèce le péché, ou qui l'augmentait considérablement, et que l'ayant appris depuis, ils tassent dans le doute d'être obligés à s'en accuser; il est sûr que ce doute étant bien fondé, ils seraient obligés de s'en accuser dans leur prochaine confession, sans néanmoins être obligés à réitérer les confessions qu'ils auraient faites pendant le temps qu'ils auraient été dans une telle ignorance non coupable, ni encore moins de faire une confession générale.

— Un directeur comptera bien plus sur une confession faite à un homme exact, que sur celle qui aurait été faite à gens qui passent tout, et qui n'éprouvent point assez.

Cas VIII. Demia, religieuse, est devenue si scrupuleuse sur son office , qu'elle répèie très-souvent les mêmes versets, et quelquefois les mêmes heures, croyant qu'elle n'a pas eu l'attention requise.

Armand, prêtre, est continuellement tourmenté de la même peine depuis six mois , nonobstant tout ce que son confesseur lui a pu dire ; de sorte qu'il se trouve dans une peine d'esprit si violente, qu'il en perd souvent le repos de la nuit. Doit-on les dispenser de l'office ?

R. La supérieure de Demia lui doit défendre absolument de rien répéter tout bas, pendant qu'elle récite l'office avec le chœur. Que si elle ne peut gagner sur elle de suivre le chœur , et que la supérieure juge à propos de lui permettre de le réciter en particulier, il faut qu'elle lui donne pour aide une autre religieuse, et qu'elle ordonne à cette scrupuleuse de lui obéir exactement, en lui déclarant qu'elle la dispense de toute autre récitation. Mais si la violence |de la peine la met hors d'état de s'acquitter de ses autres obligations, ou quelle souffre une altération dans son corps ou dans son esprit, la supérieure doit la dispenser de la récitation du bréviaire, surtout avec le consentement du supérieur, jusqu'à ce qu'elle soit en état de le réciter avec la tranquillité nécessaire.

A l'égard d'Armand, s'il n'est pas possible à son confesseur de le réduire à réciter en paix son bréviaire, et que sa peine ne cesse point, il faut obtenir de Rome une dispense de la récitation de l'office , laquelle ce confesseur, ou un autre ayant les qualités requises par le rescrit , exécutera dans le tribunal de la pénitence , en lui enjoignant des œuvres salisfactoires autres que la prière vocale.

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