LOUANGE
Louer une personne c'est parler d'elle avec éloge et à son avantage. 11 n'y a d'ordinaire que les personnes peu sensées qui se louent elles-mêmes, quoiqu'on puisse quelquefois se glorifier dans le Seigneur des grâces qu'il nous a faites. On ne doit jamais louer que celui qui est digne de louange; et" il n'est pas à propos d'en donner souvent à ceux qui en méritent. Constantin s'irrita contre un prélat, qui lui dit qu'il était le seul qui fût digne de commander sur la terre : Sapiens cum in ore laudatur, in aure flagellatur, et conîristatur in mente, dit saint Grégoire.
porter seul la perle, lorsqu'il! viennent a périr sans la faute du preneur qui n'est tenu que de la perte des hèles qui pi rissent par >a malice OU par sa négligence. Hemi ne peut donc, sans injustice charger Benoit de la moitié de la perte des bœufs ou vaches qui viendraient à mourir sans qu'il y eût aucunement de sa f iule. Il peut donc bien retirer une plus grande quantité de blé «lu louage de ses bêles si la coutume générale du pays est d'en tirer un plus grand profit ; mais il ne peut pas, sous prétexte qu'il en lire un plus médiocre, obliger Benoît à une chose qui détruit la nature du contrat qu'il a fait avec lui.
— L'auteur soutient, cas Pliilémon, qu'un homme peut, en louant sa maison au-dessous de sou prix, charger le locataire des cas fortuits. 11 serait à souhaiter qu'il nous eût dit pourquoi un homme qui loue à moindre prix ses bœufs et ses vaches no peut charger le preneur y consentant, des mêmes cas fortuits, quand la diminution ac5 tuelle et réelle est proportionnée à la charge (ju'il impose.
Voyez Compensation, Gages, Seignet h or: Paroisse, cas Hwjues.
Cas I. Sirice, homme savant et d'une vie exemplaire, se donne lui-même des louanges au sujet de sa capacité ou de sa conduite. Le peut-il faire quelquefois sans aucun péché?
B. 11 est très-rare que l'on puisse se louer soi-même sans pécher par vanité, tant la faiblesse de l'homme est grande. On le peut cependant : 1° quand tenlé de désespoir, on se rappelle, pour se fortifier dans la confiance en Dieu, les bonnes œuvres qu'on a faites avec sa grâce; 2 lorsqu'il est utile au salut du prochain qu'il sache quelque chose de ce qu^ nous avons fait de bien. C'est par cette raison que saint Paul a quelquefois fait son éloge. V. S. Thomas in il Cor. n, lect. 5.
Cas II. Constance, femme de cour, donne souvent des louanges à des dames en leur présence. Le peut-elle sans péché?
R. Oui, si elle a une jusle raison de le faire, et une intention pure en le faisant. Par exemple, si elle veut empêcher une amie de tomber dans l'abattement ou lui faire aimer la vertu. Mais si elle loue d'une action mauvaise, ou par un pur esprit de flatterie, ou prévoyant bien qu'elle donnera de la vanité, on ne peut l'excuser. Or c'esl là le style trop ordinaire de la cour, où l'on ne se souvient guère de ces paroles de l'Apôtre : Si adhuc hominibus placèrent, Christi sert-us non essem. Galat. i.