‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 224 sur 402 · SORCIER · texte numérisé non relu

SORCIER

Un sorcier est celui qui s efforce de «aire quelque chose par des moyens diaboliques, en se servant d'enchantement et de sortilèges. Ce cri. ne et celui de la magie sont si abominables, que Dieu veut, Deuter. xvm, que ceux qui en sont coupables sol ni exterminés comme indignes de la vie. Omnia enim hœc abominatur Dominus • et propter istiusmodi scelera delrbil eos ininiroitu tuo.

Le plus fameux sorcier, ou magicien, dont il soit fait mention dans les Arles des apôtres, est l'enchan'eur Simon, natif de la ville de Gytla, qui se faisait voir à Rome élevé en l'air sur un chariot de feu, volant comme un oiseau ; qui se rendait invisible quand il le voulait ; qui formait dans les airs des hommes qui semblaient être vivants; qui passait au travers des flammes sans se brûler; qui paraissait avec deux visages, comme un autre Ja~ nus, ainsi que le témoigne l'auteur des Constitutions Apostoliques, cl Arnobe ; et qui enfin opérai! tant d'autres prodiges si surprenants par l'artifice du démon, que le sénat de Rouie le mit au rang de ses dieux, comme saint Justin et Terlullicn le reprochèrent à l'empereur et au sénat.

Il s'en est toujours trouvé dans tous les temps; car, n y a partout des hommes si perdus, qu'ils abandonnent Dieu pour se livrer tout entiers à la violence de leurs passions, et qui par là méritent que Dieu les livre à l'eschnage et à la malice du démon. Tels furent d'abord les gentils d'Ephèse qui, s'étant convertis par la prédication de saint Paul, apporlèrent à cet apôtre tous leurs livres de sortilège et de magie, comme les appellent le vénérable Bède et OEcumenius, pour être brûlés publiquement, comme ils le furent en effet par l'ordre de ce même apôtre.

Cas 1. Idacius confesse un homme qui s'accuse d'avoir evercé le sortilège et la magie quinze ou vingt fois depuis un an, et le prie de l'interroger sur tout ce qui regarde <e!ie matière. Quelles inlerro:ali ns lui doit I lire c>> confesseur?

R. l'Ce cure doit savoir que le mot de sorcier est un terme fort général, qui contient plusieurs espèces de sortilège ou de magie qui toutes sont renfermées sous celle définition qu'eu donne s, nul Roua ve.nture : Sorlilrgium est divinatio per sortes. Et ailjlems: Divinatio est snperstitiosa investiqutio prœscimtiir futurorum; 2° que ces différentes espèces sont : 1 ' l'astrologie judiciaire, par laquelle l'homme, séduit par le démon, prétend persuader aux simples que leur destin, c'est-à-dire leur bonne ou mauvaise fortune, la durée de leur vie, etc., dépendent des lionnes ou mauvai-es influences «les astres; 2 la nécromancie, quœ est divina'io fada in cadnveribus mortn$rumt ainsi que parle saint Ronavenlurc ; a Nbcron, qnodcsl morluus, et Mantïa, divinatio ; 3" la géomancie, quœ est divinatio fucia in terra; 'i* l'hy-

dromancie, quœ est divinatio facta in aqua; 5" l'aéromancie, quœ est divinatio farta in aère ; 6° la pyromancie, quœ est divinatio facta in igné ; 7" qu'il y a, en outre, le maléfice qui s'exerce par certaines ligatures , et le prestige, par lequel on fait paraître de faux objets, etc.; 8' que toute divination est criminelle, et qu'ele renferme un pacte exprès, ou tacite av; c le démon. C'est pour cela que Dieu exlerni ua les peuples infidèles qui l'outrageaient en consultant les devins, les sorciers et les enchanteurs. Les empereurs, même païens les punissaient de mort. Leur art diabolique a aussi été proscrit par nos rois dans plusieurs ordonnances, dont la plus amplo est celle de 1082.

Ces vérités étant présupposées, Idacius doit obliger son pénitent d'entrer dans le détail de son péché, cl d'en déclarer les circonstances autant qu'il en sera capable. Ensuite il lui demandera, 1 s'il n'a point fait quelque pacte exprès avec le démon? quel est ce pacte? à quelle lin, en quelle manière, pour quel temps cl sous quelles conditions, tant de sa part que de lu pari du démon? si ce

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