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pacte ne renferma point de blasphème, d'impiété on d'hérésie, cl l'obliger à le rompre en détruisant l'acte où il serait écrit, en renonçant au démon, et en retournant à Dieu par une sincère pénitence; 2" s'il ne s'est point servi de quelques choses saintes pour commettre le crime dont il s'accuse? quelles sont ces choses? quel en a été le sucrés? s'il n'en est point arrivé de dommage au prochain, soit en sasanlé ou en ses biens; 3" à quelles sortes de personnes il a causé ce dommage, et de quels moyens il s'est servi pour l'exécuter? V' s'il ne s'est point trouvé en quelque assemblée d'autres sorciers? ce qu'il y a fait et ce qui s'y est passé contre Dieu, contre la religion, contre l'Eglise, contre le prochain ou contre la chasteté? Après cela ce confesseur doit travailler de toutes ses forces à ramener à Dieu la brebis égalée, et à lui bien faire réparer ses crimes par une longue et rigoureuse pénitence.
Cas II. Flarirn, prisonnier, est accusé d'être sorcier. Les preuves qu'on a contre lui, consistent, f ° dans la déposition de deux de ses complices; 2 en ce qu'il a été transporté de sa maison au sabbat ; 3° en ce qu'on trouve sur une des parties de son corps a figure d'un ongle imprimée, et que cette partie est insensible. Maurice, son juge, demande : l* s'il y a de véritables sorciers et des devins à présent : ce qu'il croit fort douteux, puisqu'il y a, dit-on, des parlements de France qui n'ont jamais condamné personne précisément pour le cas de sortilège, séparé du maléfice. 2° si les deux complices de Flavien sont des témoins recevables contre lui? ou si l'étant ils suffisent en ce genre de crime pour condamner un homme qui en est accusé? 3° si le transport d'un homme d'un lieu en un autre est une preuve certaine de sortilège? 4° si le signe de l'ongle qui est imprimé sur une pa lie du corps, et qui la rend insensible, doit passer pour une preuve ou au moins pour une dem-preuve du sortilège?
R. On ne peut nier qu'il n'y ait eu autrefois des sorciers et qu'il ne puisse encore y en avoir, puisqu'un grand nombre de conciles les ont condamnés d'après l'Ecriture, et que I Eglise les excommunie encore tous les dimanches. Mas plus ce crime est énorme, plus il faut de fortes preuves pour le constater. Or, celles dont il s'agit ici ne sont pas de ce genre ; car, 1° quoique le démon puisse transporter un homme d'un lieu dans un autre, comme il paraît, Matth. îv, v. 5 et 8, il est sûr que ce prétendu transport n'est d'ordinaire quî l'effet d'une imagination déréglée, ainsi que !e dit un ancien canon (can. 12, xxvi, q. 5) et que le soutiennent beaucoup d'habiles théologiens. 2° Il est vrai que deux témoins irréprochables seraient d'un grand poids ; mais quel fond faire sur deux hommes prévenus du même crime, et qui vraisemblablement érigent en réalités leurs imaginations ou les illusions du démon? 3° La figure d'un ongle imprimée sur le corps, l'insensibilité de la partie où ce signe est marqué, ne peut être même une demi-preuve
de sortilège; puisque les mères qui, durant leur grosseiseï ont l'imaginatiort vivement frappée d'un Objet, en communiquent souvent le si^ne aux corps de leurs enfants. Pour ce qui esi de l'insensibilité de la partie du corps où est celle marque, cela regarde
les seuls médecins; mais l'expérience apprend qu'il y a des corps infirmes dont quelque partie est naturellement insensible par
la seule catr e de l'infirmité. Un juge ne peut donc regarder celle insensibilité comme une preuve constante de sortilège, à moins qu'il n'ait d'ailleurs d'autres preuves incontestables qu'elle vient de l'opération du démon : mais nous ne voyons pas qu'il puisse jamais trouver ces preuves.
Cette décision est de Sainte-Beuve, tom. NI, cas 171.
— Tout cela est for! bien combattu dans la Requête présentée au feu roi par le parlement de Rouen, qu'on trouve à la fin du Recueil de lettre:; au sujet des maléfices, par le sieur Roissier (Paris, 1731). On y prouve que tous les parlements du royaume ont reconnu et sévèrement puni les sorciers; que le transport au sabbat n'est pas toujours, à bien près, le fruit de l'imagination, etc. Je crois qu'on peut appliquer ici la maxime de saint Bernard: Non est omnibus credendum, sed nec decredendum. Outre les deux pièces qu'on vient de cier, on peut lire le Traité sur la magie, le sortilège, etc. (Paris, 1732), et les factums et arrêts du parlement de Paris contre des bergers-sorciers, et exécutés en Brie, loin. IV des Pratiques superstitieuses, par le P. le Brun, p. 451.
— Cas 111. Gilles, au moyen d'une baguette découdre, qui tourne dans ses mains, devine les auteurs d'un homicide ou d'un vol, l'eau ou l'argent caché sous terre, les bornes des lerres qui ont été transposées. N'y a-t-il point là de sortilège?
R. La baguette divinatoire dont se servit en 1G32 Jacques Aymar, pour connaître les assassins d'un cabaretier qui avait élé tué à Lyon avec sa femme, exerça beaucoup les savants. Les uns, comme MM. Garnier et Chauvin, médecins, en crurent l'opération naturelle. Les autres la crurent mauvaise, ou du moins suspecte ; et c'est \ quoi il faut s'en tenir dans la pratique. Car, 1° l'intention ne fait rien dans les effets physiques: or, l'intention faii beaucoup par rapport à la baguette, puisqu'elle a cessé de tourner dans les mains de ceux qui ont prié Dieu qu'elle n'y tournât plus, en cas qu'il y eût du mal dans ce tournoiement, comme le P. le Brun le prouve par plusieurs exemples ; 2* parce qu'une pierre qui sert de borne à un champ, n'a tien de physique plus qu'une autre pierre, et que cependant la baguette tourne pour une borne quand on la cherche, et ne tourne pas pour une autre pierre qui est sur sa route ; 3' parce que quand on cherche de l'eau la baguette ne tourne point sur les métaux, et quand on cherche de l'or la baguette ne tourne point sur les sources : preuve que son mouvement se règle sur la volonté de celui qui la porle : ce qui ne peut
être naturel; ï° parce que de grands hommes, comme M. de Rancé, réformateur de la Trappe, -le P. Mallebi anche et autres cités par le P. le Brun, ubi suprà, en ont condamné
l'usage; et que les faits qu on vient d'alléguer supposent nécessairement un pacte au moins implicite avec le démon. Voyez Baguette.