VULGATE
On appelle Vulgate le texte latin de la Bible, qui est aujourd'hui en usage dans l'Eglise romaine, et qui , dès le temps de saint Jérôme, a succédé à la version Italique, dont on se servait auparavant. C'est saint Jérôme qui fit la Vulgate, en traduisant de l'hébreu les Livres saints qui étaient en cette langue; car il n'a pas traduit, mais seulement corrigé ceux qui n'étaient qu'en grec, comme la Sagesse. l'Ecclésiastique, Baruch, les additions d'Esther et de Daniel, non plus que les Livres des Machabées. Nous allons proposer sur celte malièro quelques cas qui ne sont pas tout à fait de spéculation.
Cas I. Salomon, qui se croil fort habile en sions latines , à qui elle a voulu qu'on la
hébreu, parle de la Vulgate avec une espèce de mépris, et dit qu'en tout ce qui peut être douteux, on doit avoir recours à la source. Son 'directeur, homme habile, mais qui n'est pas hébraïsant, l'accuse de témérité. A- 1— il tort?
R. Cette difficulté a deux parties. Nous disons sur la première, qu'il n'y a qu'un mauvais catholique qui puisse parler mal de la. Vulgate. Ce' langage convient à Calvin , à Kemnitius et autres gens de pareil aloi, mais non à un homme qui se donne pour enfant de l'Eglise. Le concile de Trenle, sess. 4, décret de Editione et Usu sacrorum librorum , en parle en ces termes : Sacrosancta synodus... stalnit et déclarât, ut hœc ipsa vêtus et vulgata editio, quœ longo tôt sœculorum usu in ipsa Ecclesia probata est, in publicis lcctionibus, disputât ionib us, prœdicationibus et expositionibus pro uutltentica habeatur, et ut nemo illarn rejicerc qtiovis prœtextu audent vel prœsumat. Ce qu'une si sainte et si savante assemblée a jugé «ligne de son approbation, ce qui a été confirmé longo tôt sœculorum usu, doit êlre à l'abri de la critique d'un homme, qui souvent ne sait pas plus d'hébreu qu'il ne faut savoir de latin pour entendre celui d'A Kempis. Fût-il plus habile en ce genre que Richard Simon , que sa science n'a pis empêché de faire bien des bévues, son directeur et tout autre doivent arrôler ses manières tranchantes et décisives.
Quant â la seconde partie , nous croyons avec le gros des théologiens, que le concile de Trente, en déclarant la Vulgate authentiqua, ne l'a point «lu tout comparée aux sources primitives, soit du texte hébreu, soil du texte grec . mais seulement aux autres ver-
préféràt ; quoique l'Eglise , pour ne point troubler les fidèles, ait retenu l'ancienne version <!es psaumes, et n'ait pas adoplé celle de saint Jérôme. On peut donc , dans des textes qui sont obscurs dans la Vulgate , avoir recours aux sources. Mais , comme bien des savants prétendent que ces sources ne sont plus aussi pures qu'elles l'étaient d'abord, la question est de savoir si l'on y peut toujours compter. Voyez là-dessus les disquisitions de Frassen, lib. il, cap. 7, pag. mihi 32J et seq.
Cas II. Minutius, jeune clerc, qui a déjà fait une grande année de théologie , s'est élevé publiquement contre son curé , parce qc'il soutenait dans une nombreuse compagnie que celui à qui l'Eglise doit la Vulgate n'était pas un auteur inspiré, et mt'-me qu'il s'y trouvait des fautes, quoique légères. N'at-il pas eu raison ?
R. Je ne sais si le curé devait agiler ces sortes de questions dans une nombreuse compagnie, à moins qu'elle ne fût toute composée decclésiastiques. Mais je sais bien que Minutius a eu tort. Car, 1' saint Jérôme, auteur de celte version, a toujours été Irèséloi^né de se croire inspiré, et c'est sur ce ton que saint Augustin lui en a écrit ; 2" le concile de Trente ne l'a pas cru non plus ; 3° parce que dans le temps que ce eon< ile voulait qu'on préférât celle version à toutes les autres, il commit des docteurs pour y corriger quelques fautes qu'on y trouvait encore. Bellarmin, qui était du nombre da ces correcteurs , avoue qu'il y avait encore à réformer. Mais comme les lâche i qui pouvaient y rester n'intéressaient ni la loi ni les mœurs, ou a mieux aimé les laisser que do troubler la foi des fidèles.
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règne (ta Sanhédrin, el les plus saints pasteurs, du temps des .'«riens, avaient non-seulement été décrétés, mais condamnés de la manière la plus infamante, et qoe cependant ils n'avaient jamais cessé leurs fonctions. Mais quelle comparaison peut-on faire entre des juges <uj< usurpent une autorité que Jésus-Christ ne leur a point donnée, et des magistrats qoi, pleins de respect pour les lois de l'Eglise, ne citent un homme que pour oter le scandale qu'il a causé par son crime, comme on le suppose dans l'exposé?
Dans le Mémoire de M. de Ntric, l'Eglise de Home esl quelquefois confondue avec l'Eglise Romaine, et vice tersa ; c'est un défaut d'attention qu'on croit devoir remarquer.
CASUS CONSCIENTIiE
DE MANDATO PROSPERIgLAHBERTÏNI, BONONLE ARCHIEP1SCOPI, POSTEA SANCTISSIMI D. N. PAPjE BENED1CT1 XIV, PROPOSITJ ATQUE RESOLUTI.