‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 311 sur 402 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Il a paru depuis quelques années en Italie un volume in-4% de 272 pages , qui a pour, titre:

CASUS CONSCIENTLE,

De mandat o olim Emincnliss. et Reverenrfiss. Domini, Domini Tit. S. crucis in Jérusalem, S.R. E. Presb. Cardiialis, Pkosperi Làmbertini, Bononiœ Archiepiscopi, S. R. J.Prin~ cipis, nunc sanctissimi D. N. Papœ Benedicti XIV, féliciter regnantis, Propositi atque résolut!, Opus eonfessariis omnibus atque animarum curant gerentibus perutile ac necessarium. Ferraria; m. d. ce. lviii. Expcnsis Barlholomsei Occhi Veneti.

Ces cas sont disposés non par ordre des matières, mais par ordre du mois et de l'année où ils ont été résolus. Ils vont depuis le mois de janvier 1732 jusqu'au mois de décembre 1751. Il est clair et parle titre que nous venons de rapporter, et pour le moins autant parle st^le, qui n'est rien moins qu'élégant, que ce n'est point l'ouvrage de Benoît XIV, mais il me paraît aussi clair que ces décisions n'ont jamais été approuvées par ce savant pontife. Il rendrait une grande, et pleine justice aux Diana, ; ux Tambourin et autres écrivains de même aloi, qui ont étrangement défiguré la morale, et il n'élaii pas homme à les citer sans cesse comme on fait ici. Il avait lu les bons théologiens, et il n'employait le nom des mauvais que par manière d'argument ad hominem, c'est-à-dire pour montrer tacitement que telle ou telle opinion qui paraît rigoureuse, ne peut l'être effectivement, puisqu'un Fiiliucius même et un Busembai m ont cru devoir l'admettre. Je ne dirai don<- pas, comme on a fait à la tête d'un certain abrégé de Pontas, que j'ai enrichi ce Dictionnaire de tous les cas de conscimee décidés par le feu pape Benoît XIV , mais je dirai sans détour que celui qui donne à de jeunes théologiens un pareil ouvrape sans correctif quelconque, leur fait un lies-mauvais et Ins-dangereux présent. On pourra en juger par les remarques que nous avons fa tes sur un assez Ion nombre de résolutions de ce casuiste. Ces remarques sont partout en français, quoique j'aie mis, comme un savant homme me l'a conseillé, les décisions en latin. Je puis assurer, sans crainte d'en être démeni, que, pour entendre l'auteur, il ne faut ni Danet, ni Boudot. Au reste, il ne laisse pas d'y avoir de bonnes difficultés dans ce nouveau recueil, et il peut du moins servir à apprendre l'usage d Italie sur plusieurs points de discipline. On y trouvera quelques redites; mais ceux qui ont l'ouvrage verront aisément qu'elles ne doivent pas être mises sur mon compte.

ABORTUS.

Casls I. pag^kb. Berlha; ex illicito concubitufœtœ Amasius, ipsa inscia, tradidit polionem causalivam aliorlus fœtus animali. At pœnilentia duelus illam cp polione admonuit; et facile si voluisset, recur<um habendo ad medicos, poluissel abortum impedire, sed notait. Quœrilar an Berlha incideritin casupi réserva tum.

B. Négative. Batio est quia non incidit vel in excommunicalionem a Sixto V latam contra abortum procurantes (quœ adhuc viget

postbullam moderatoriam Gregorii XIV, si fœtus sit anima tus ; a qua tamen, virlule bulbe Gregorii absolvere potest ordinarius rut aller confessacius ex speciali delegatione ab ipso oblenta), vel in reservalionem ordinarii de hohiicidio voluntario. Non incidit in excommunicalionem papalem, qu'a lala esl conira procurantes abortum fœtus anima i, quem non procuravit Berlha; cum studiose non quœsiverit, scu per se, seu per alium, ut fçetus immature ex cjus utero ejiceretur, uli

fectum a sacris abstinendi ne signifie rien. Un laïque en pareil cas serait aussi irréguiier. »

Casus III. pag. 223. Domililla viduase gravidam sentiens ex concubilu cum marilo sororis viri sui defuncli, ad vitandam infamiam procuravit aborlum. Q. an a quolibet confessario po^sit absolvi, seu a concubilu islo, seu ab abortu.

R. Absolvi posse a prœdiclo coitu per quen.-libel confessarium ; lum quia copula hœc non est inceslus ; lum quia ineestus, si vere foret, non est in hac diœcesi Bononiensi reservatus quoad feminas, sed tantum quoad mares. Quod spécial ad aborlum, videndum est an fœlus esset animalus, vel non. Si non eral, secuto etiam effectu potest a quoeumque confessario absolvi, cum lune aborlus non sit reservatus. Si eral animalus, effectu non secuto, potest absolvi. Secuto autem effectu non potest absolvi nisi a confessario specialiler ad id approbato, prout decrevl Gregotius XIV, in Conslit. Sedes apostolica, ubi idem scelus pleclitur excommunicalione episcopo reservata.

— « La discipline du diocèse de Paris est plus rigide, comme il paraît par le douzième des cas qui y sont réservés. Le voici : Procurare abortum, sire fœtus animalus sit, sive non sit ; et licet non sequutur abortus : ad id dare concilia, aut remédia scienter subministrare. Item si mulicr gravida objiciat se sciens periculo alicui verisimili abortus. Cbacun doit donc bien étudier les statuts du diocèse ou il travaille. Cette remarque servira dans plusieurs autres cas que l'auteur décide selon la pratique de l'archevêché de Bologne.

requiritur ad aborlum procurandum; sed dunlaxat aborlum permiserit, mère négative se babendo : unde non incidit in reservalionem papalem, ut docet cum communi Mazzuch. Neque etiam incidit in reservationem ordinarii ( Bononiensis scilicet archiepiscopi), quia in hanc incidunt ii solum, qui dolo, malo animo et studiose aliquem occidunt illicite, aut consulunt, mandant, auxilium vel favorern prœstant; quœ orania positivum concursum, aut physicum, aut moralem important ; qualem cerle non ptœstitit Bertha, quae mère jiegat've se habuit. Ouare peccavit ea quidem giaviter, quia ex hypothesi aborlum polerat et tenebatur impedire; at in nullam incidit reservationem.

— « Dans tous les cas vraiment douteux, qui dépendent de l'intention du législateur, il faut avoir recours à lui pour savoir l'étendue de sa loi. Quand le sens en est fixé par la coutume, on peut s'en tenir là ; parce que optima legum interpres consuHudo. Mais le sentiment particulier d'un Mazzuchi n'est pas toujours un bon interprète de la coutume. Ce qu'on dirait d'un homme qui, ayant pris du poison par m 'garde refuserait de prendre du contre-poison, doit s'appliquer à Berlhe. »

Casus IL png. 50. Dubitat Titius an ex malo suo consilio fuerit causa aborlus fœtus animait. An est irreguiuris?

R. Affirmât. Quia secumlum cap. ad Audientiam, et cap. Significosti 2, de Homicidio, dubius de homicidio volunlario, ut est Titius in casu prsesenli, cum <œtus supponatur animalus, censendus est irregularis quoad effectum abstinendi a divinis.

— « Cette espèce de restriction quoad ef-

ABSOLUTIO.

Les cas que l'auteur se propose sur cette matière regardent : 1° ceux qui ont perdu tout sent<ment; 2" ceux qui ignorent ce qu'ils devraient savoir; 3° ceux qui sont dans l'occasion de pécher; k" les absents; 5° les excommuniés; 6° et 7° ceux qui vivent dans le divorce ou qui sont complices ; 8° et 9° ceux qui ont encouru la réserve ou les censures. Ces deux derniers articles se mettront sous leurs propres titres.

Casus 1. pag. 5. Ceciderat ex rupe Sabas , cum esset ebrius, vocatur confessarius ad eum sensibus destitulum et credilum proxime morilurum abso! vendum.()ua)ritur an, si isle illum inte'ligat chrium,possilcum absolve» e.

K. Cum dislinclione : vel parodiera est moraliter certus, qiod Sabas, qui est sensibus destilulus , et titiilo ebrii tali-. ralionis impos e rupi- cecideril in peccalo, puta quia solilus fuerit se inebriare, cl plurics corr plus nolu.t emendari ; et lune dieu nequidein sob condilione esse ahsolvendnm ; eo quia Sabas nui b modo poiesl prudente? prfisumi altritns.el sine atlrilione sallem praesumpla nullo modo impendi potest absoluiio : ila commuai ter theologi, leste Tamburinn, q ii lamcn quasi opposilum gentil. Vel non est inoral i er cerlus quod Babas Cecideril in statu peccati ; eo quia cum christiane vixeril, nec obrielatis vilio fueril de vf et us, prœsami poiesl non culpabililcr se inebriasse, sed per accidens ; et tune secundum benigniorcm senlenliam re-

ccntiorum,ex prœsumpta altritione,sub condilione, si es capax, dico posse absolvi.

— « La seconde partie de celle décision pourrait quelquefois servir. Quant à la première, faudrail-il donc absoudre dans ce cas un i\ rogne de profession, parce que personne n'aurait osé lui faire ou ne lui aurait jamais fait de leçons sur son étal. Je ne m arrête point au mot d'à* triiion, dont tant de mauvais uasuisles onl abusé. On en a parlé dans le cours du Dictionnaire. »

Casls II et 111. pag. GO. Juvenis annos natus duodei im, cum arhorem asccndissel ad nuces furandum, et pltires jani in sinu condilas habeiet, cecidit, et per casu m adeo fuit sensibus destilulus, ut obierit nullo dalo doloris signo. Ki (amen a parocho, qui slalim acccsseral , absoluiio sub condilione impertita est. Quffiritur, 1* an bene se gessoril paroi bus illum absolvendo; 2° an illo juvenis sepeliendus sil in loco sacro.

K. Ad I. Affirmât. Tum quia difficile est talc furlum fuisse grave, «um nuces sinl res

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