‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 317 sur 402 · BAI · texte numérisé non relu

BAI

hcndatur eosdem esse constitutos in œtalc srx uut dercm mensium], vel etiam uniut anni cum dimidio ; respondit die 15 januar. 17JV mm baptixandos sub conditions in omnibus casibus ju.i lainslructioneni. Porro juxla nouGcationem quœ habelar in volumine cuiin. card. Lamhcrtini : Instructio est quod sxcipiatur a baptitmo sub conditions casus quo schedula habeut certitudinem.

— >< Je souscrirai volontiers à cette décision, quand je serai sûr que le certificat du baptême conféré à l'enfant est d'une personne sage, intelligente, craignant Dieu; que son écriture n'a point été contrefaite. Hors ce cas, qui n'est pas bien commun , je demanderai, pour ne point baptiser sous condition, plusieurs témoins, certissimi lestes, et au moins deux, duo saltem, ainsi que l'ont défini les conciles que j'ai cités dans le Traité des Pasteurs, ch. G. n. 17. »

A celle occasion , je vais rappeler à l'examen la célèbre question du baptême des monstres. J'ai dit en substance dans le même Traité, ibid. n. 8, 1° que si le monstre, dont une femme accouche, exclut certainement la forme humaine, on lui refuse le baptême ; 2° que s'il l'a certainement, on doit le baptiser; 3° que s'il est d'une structure si bizarre, qu'on ne puisse bien juger, s'il est ou s'il n'est pas d'une figure humaine, on le baptise : 1° quand la lele est d'un homme, ou qu'elle en approche, quand même les membres seraient d'une bête ; 2° quand même la tête est d'un animal , lorsque le resle du corps est d'un homme : Modo, ai-je ajoulé, d'après Comirolus, lib. i, q. 8, ex viri et feminœ, nonauiem ex feminœ et bruli congressu prodieril : tune enim non est de Adami semine. Quod si ex homme et [eraprodierit, continue ce savant théologien, eiconferendum erit baptisma sub conditiune, si in prœcipua sui parte humanam speciem prœferat. Quia satius est decem baplismi incapaces tin gère conditionuliter, guum unum capacem excludere..

Or, en lisant sans cesse à mon ordinaire , j'apprends après coup qu'ii y a de liès-habiles gens qui croient , 1" qu'on ne devrait pas refuser le baptême sous condition à un monstre, dont une femme serait accouchée, quand même il exclurait la forme humaine ; 2° qu'il faudrait encore le donner de la même manière à un monstre qui serait né ex homine et fera, quand même il n'aurait aucune figure humaine, in prœcipua sui parte aui in quacumi/ue aliu; 3" enfin, qu'on ne devrait pas en priver un monstre qui serait né ex femina et bruto, tel que j'en ai vu un conservé dans l'esprit de vin. Comme je ne puis ni ne dois transcrire ici ce qu'on trouve dans un livre imprimé, je me contenlerai dedonneren deux mois les raisons de ces trois différentes opinions. Ceux qui auront besoin d'approfondir celte matière, soit pour établir de justes principes, soit encore plus pour faire un bon Rituel, et non pas copier ceux qui sont déjà faits, pourront lire les lettres des docteurs en

médecine, en droit et en théologie, qui se trouvant dans la Vie et les ouvrar/es de M '. Lazare-André Bocquillot, pag. i-26 et sui v. f f ).

La première lollre est de M. Save, docteur en médecine de la Faculté de Paris. Celte leltre, qui est du h mai 1693, combat, mais avec mu- pleine soumission au jugement de l'Eglise, ce que disent la plupart des Rituels» qu'il ne faut point baptiser un monstre, quod humanum speciem prœ se non fert.

Ses raisons sont , « que les principes de la génération sont toujours les mêmes, soit qu'il en vienii" un corps de même espèce (ou plutôt de même ligure ) que ci lui du père et de la mère, soit qu'il en vienne quelque chose de monstrueux, c'est-à-d re que e'e:-t tnujours le même principe généralil de l'homme, qui agit, qui dévt loppe et qui vivifie le principe qui se trouve dans la femme ; et lorsque les parties sont développées, et que le fœtus est vivifié, l'âme raisonnable, commence à l'informer et à l'animer. Or cela étant ainsi, quelle raison certaine avons-nous de croire que Dieu détourne son concours ordinaire et s'abstienne de créer une âme raisonnable dans le fœtus, parce que l'imagination de la femme ou celle de l'homme en ont brouillé et dérangé les parties

« Comme on ne sait pas encore bien précisément si le fœtus est formé ou non dans l'œuf avant l'union du père et de la mère, ni p tr conséquent si le corps du fœtus n'est po.nt vivifié dès les premiers moments de la fécondation, on ne saurait déterminer non plus si le fœtus, qui serait tout organisé dans l'œuf avant l'union et avant l'altération qui est survenue aux esprits et à l'imagination , devient monstre dans le moment et avant que l'âme raisonnable l'informe. D'.iilleurs il est incontestable que le fœtus est susceptible des impressions de l'imagination de la mère pendant loute la grossesse; il y a mille expériences qui ne nous permettent pas d'en douter. Qui peut donc s'assurer si dans 1 s premiers moments qui surent l'information du fœtus par une âme raisonnable, lorsque toutes les parties en sont encore molles, souples et flexibles au dernier poinl, l'imagination de la mère n'esl pas capable de bouleverser de telle sorle les fibres et le tissu du corps du fa lus, que d'une tête et d'on corps d'homme elle en fasse un corps et une tête de singe ou de quelque autre animal. Or, qui sera assez hardi pour dire qu'eu ce cas, l'âme raisonnable, qui était déjà dans le fœtus, s'en relire, parce que sa demeure se trouve changée de figure, et que de naturelle elle est devenue monstrueuse

«Enfin, il n'est pas possible qu'un fœtus humain se trouve monstrueux , quant aux parties extérieures , sans que le cerveau et les viscères internes le soient : et en ce caslà, quelle raison y a-t-il que l'âme raisonnable n'informe point ce monstre qui ue le serait qu'a l'extérieur.

« Je conclus donc qu'il serait à souhaiter

(t) Comme j'ai vu que ce livre élait fort rare, j'ai senti qie deux mots ne suffisaient pas. Ainsi on va trouver quelque chose de plus.

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que l'usage de baptiser les monstres fût introduit dans l'Eglise. On le pourrait d'autant plus, qu'elle permet présentement les baptê.ncs conditionnels. Et cela s'accorder;iit avec le principe de saint Augustin , qui dit précisément qu'il vaut mieux hasarder le sacrement qui est fait pour l'homme , que de hasarder le salut de l'homme pour lequel le sacrement est fait. » P. Ign. Save.

MM. Boileau, Nicole, Caron et plusieurs autres théologiens ont approuvé cette décision, aussi bien q:ie M. Dubois.

Les docteurs des trois Facultés de Louvain furent du même avis. Nous a Ions donner leurs résolutions.

Casus posilio.

« Conlingil quandoque mulieres edere fœtus monstrosos, qui vel in aliqua tantum parle, vel in nulla, prœferunl figura m humanam, imo nulla figurœ humante, sed mère bru la ris lineamenta. Quœritur an ejusmodi monstra sint baplizanda sub condilione. »

Resolutio tkeologorum.

« Thomas Fienus, celebrisquondam in hac Academia medicus, doctor et professor, toto libro quem de animatiône fœtus conscripsit, conlendit animam rationalem tertio a concubilu die, aut citius in materiam humani fœ'us immitli. Alii quidam medici sentiunt fœtum mox a conceptione animari anima rationali.

« Addi his potest subsequens Augustini sentenlia ex Enchiridii, cap. £6, ubi S. doctor ait : Scrupulosissime quidem inler doctissimos quœri ac disputari potest, quod utrum ab homine invenir i possit ignoro, quando incipiat liomo in utero vivere. Hinc consectarium, de omnibus rnonstris in casus positione descriplis esse incerlum, 1° an matria eorum non fuerit aliquando animala anima rationali ; 2 an illa anima ralionalis in matei ia quam semel infnrmaverit, non manserit eu m figura brutali ; 3° an non sit adhuc in materia, dum monstrum jam editum est. His lantum volumus non esse certum quod monstra haec careant anima rationali. Qu\bus pnemissis, salvo meliori judicio, censuimus |)raedicta monstra esse; baplizanda sub condilione. Quandoquidem juxta theologos omnes, ubicumque e\ quacumque causa est vel lenuis-imum dubium an haptismus possit valide impendi, semper saltem sub condilione sit conferendus ; quia sine comparatione minus malum est quod baptismus sub conditione darelur sine effeetu, quam quod omitleieltir cum periculo œternœ damnalionis illias de quo dubium est an baptismi canal sit et eo indigeat. lia resolutum Lovanii hac quinta octobiis anno 1693. » Huigins, S. Theologiœ doclor et professor ; (i. de Charnéux, S. T. doctor et professor regius ; Jo. Sullivane, S. Th. doctor et professor regius. »

Resolutio medicorum.

« Formam fœlus humani in utero malris, CUm adhuc mollis et fiexibilis est ejus mate-

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