‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 33 sur 402 · MAR · texte numérisé non relu

MAR

— Eti général ceUiqui le marient. «i<fr bencnlacito palrts n'ont d'au Ire intention que de* ne rlert faire qui lui déplaise : puis donc qu'ils ne peuvent déplaire à un père qui n'est plus, il faut préjuger pour leur mariage.

Cas Y. Lorsque Baudouin époUsa décile, cdle n'y consent-il que sous colle condition : Que vous viriez avec moi comme avec votre sœur, ainsi que vdus me l*atiet promis, et en cas que vous ne soyez pas sincèrement dans celle volonté', je ne prétends nullement contracter avec vous, quoique je dise de Louche que /< contracte. 1" Ce Mariage est-il Valide, étant ainsi contracté ? 2" le serait-il, s'il élait contracté sous cette autre condition : Je vous épouse à condition que vous vous obligiez par vau à faire nu plus tôt profession de religion, ou â condition que vous ne consommerez jamais le mariage avec moi, comme vous me l'avez promis?

R. Nous croyons le mariage nul dans ces trois cas , parce qu'une condition , quelque honnête qu'elle soit, qui est contraire à ce qui est essentiel au mariage , le rend invalide, selon ce mot de Grégoire IX : Si condiliones contra substantiam malrimonii infrantur.... matrimoniales contractas caret rffiriu. Or , les conditions exprimées dans l'espèce proposée, quoique honnêtes, sont autant contraires à ce qui est essentiel au mariage que le sont celles qui sont contre les bonnes mœurs. On ne doit donc point mettre de différence à cet égard entre les unes et les autres. C'est le sentiment de saint Thomas, in 4, disl. 28, q. un. a. 4, qui répond à l'exemple de la sainte Vierge, qu'on pouvait lui objecter, ou qu'elle ne fit un vœu absolu de virginité qu'après avoir contracté mariage, ou que, si elle l'avait fait auparavant, elle avait donné à saint Joseph pouvoir sur son corps, étant très-sûre, par une révélalion divine, qu'il n'userait point de ce pouvoir, et qu'il était dans les sentiments où elle était de garder la virginité.

— Je crois cette décision fausse, et je souhaite que les supérieurs la regardent au moins comme douteuse, et que par conséquent, au lieu de prononcer toul d'un coup qu'un tel mariage est nul, ils engagent les oarties à un nouveau consentement. Ces

sortes de conditions renferment toujours cette aulrc condition tacite : A moins que Dieu ne fasse connaître qu'il ne veut pas que je continue de garder la virginité. Or, dès lors, il y a vera ITaditlO dominii in corpus. Hugues de Sainl-\ Ictof, que Cite l'auteur, v>\ bodlre Itli. Voyez mon Traité des dis- 1>cnscs, tonrié III, lelt. 17.

Cas VI. Tristan a épousé Henriette , sa parente au quatrième degré, sous cette condition : Si le pape nous accorde là dispense nécessaire, etc. Le mariage est-il devenu valide par l'obtention de la dispense?

R. Non, et il faut qu'ils consentent de nouveau, après la dispense obtenue, parce que leur premier consentement n'a pas été légitime, puisqu'ils étaient alors inhabiles à conlracter. C'est le sentiment de Sylvestre et de plusieurs autres canonistes.

— Il serait aisé de combattre celle décision, si la chose en valait la peine. Yoyei mon quatorzième volume , cap. 3, n. 92. Cependant la Kote a souvent suivi le sentiment de l'aulcur.

Cas VrJi. Artémius , en contactant mariage avec Julienne, n'y a consenti que sous cetle condition : Si te virginem invenero. Ce mariage est-il valide? *i

R. Si Arlémius n'a voulu conlracter qu'à condition que Julienne serait trouvée vierge par la visile qu'en foraient quelques femmes honnêtes, le mariage est devenu valide, après qu'elle a été reconnue vierge par ces femmes, parce que la condition n'est pas d'une chose illicite, et qu'Artémius peut avoir eu en vue d'éviter la bigamie ou le déshonneur qui lui pourrait arriver, si la vérité venait à êlre connue dans la suite ; mais si Arlémius a entendu , par celte condition , qu'il voulait l'éprouver lui-même per copulam carnalem, avant que de la reconnaître pour sa femme , le mariage est valide, nonobstant cette condition , parce qu'elle est contre les bonnes mœurs et qu'elle doit par conséquent êlre réputée nulle.

— Toul cet article est assez inutile. Un curé ne pourrait , que dans des cas très-extraordinaires, prêter son ministère à des mariages conditionnels, comme je l'ai remarqué tom. XIV, pag. 553 et suiv.

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