TITRE TROISIEME
Cas 1. Maclou a assisté au mariage de deux de ses paroissiens sans prononcer ces paroles ordinaires : Ego conjunf/o vos in matrimonium, in nomine Patris, etc. Ce mariage est-il valide?
— L'auteur croit avec raison que ce curé a grièvement péché parcelle omission, parce qu'il s'est écarté de la loi de l'Eglise, qui prescrit ces paroles dans tous les Rituels, et qu'en matière controversée, comme celle-ci, il faut suivre le parti le plus sûr; mais il croit en même temps que ce mariage est valide, parce qu'il est persuadé avec saint Thomas, dont la doctrine a été louée par plusieurs saints pontifes, que les contractants sont les ministres de ce sacrement. J'ai prouvé, tom. XIV, ch. V, que celte opinion est plus que douteuse; el de lies-habiles thomistes , comme Bannez , Combefis , Conlenson, Alexandre et Drouiu, sonl du même avis. 11 faut s'en tenir là dans la pratique.
Cas IL Louis demandant à Nicole, lorsqu'il la mariait, si elle prenait Jean pour son légitime époux, elle ne lui fil qu'une simple rév rence. Il craint aujourd'hui que ce mariage ne soit pas un véritable sacrement.
Dict/pnn uke ue Cas de conscience,
R. Ce curé a eu tort, et il devait faire parler Nicole. Cependant le mariage est valide, parce que les signes, tels que sont une révérence, une inclination de tête, etc., peuvent suppléer aux paroles; et même si la fille, étant interrogée par le curé, ne répond rien et que ses parents répondent pour elle, le mariage est bon, pourvu qu'elle ne donne aucune marque d'improbation, son silence étant en ce cas équivalent à un consentement formel, suivant celle règle du droit : Qui tacet, consentire videtur.
Cas III. Luce, à la vériié, n'a point contredit à son père, qui répondait pour elle; mais elle n'a pas consenti intérieurement au mariage. Le consentement de son père, contre lequel elle n'a pas réclamé, supplée-l-il au défaut du sien dans ce cas?
R. Quoiqu'on doive présumer que la fille qui gardo le silence en présence de son père, qui répond pour elle, consent intérieurement, néanmoins, si elle ne consent pas intérieurement, le mariage est nul, puisqu'il ne peut y avoir de contrai entre deux personnes sans leur consentement réciproque.
C'est pour cela que les Rituels ordonnent que le curé fasse toujours exprimer le con-