‹ Dictionnaire de cas de conscience; (volume 2)Chapitre 94 sur 402 · ORAISON · texte numérisé non relu

ORAISON

Oraison dominicale. Il y a obligation à tout chrétien qui a l'usage de la raison, de savoir l'oraison dominicale au moins en substance. On peut excuser de péché ceux qui, par défaut de mémoire, ne peuvent retenir les paroles de l'oraison dominicale, pourvu qu'ils sachent les choses que ces paroles signifient numenl et simplement, ce qu'on appelle savoir en substance. Toutefois un confesseur ne doit pas se contenter qu'un pénitent ne sache l'oraison dominicale qu'en substance; il doit l'exhorter, l'aider même à l'apprendre de mémoire; et si le pénitent en a déjà été averti et qu'il ait négligé de l'apprendre, le pouvant aisément, le confesseur, selon le conférencier d'Angers, doit lui différer l'absolution jusqu'à ce qu'il l'ait apprise en langue vulgaire.

juges do Vi(ry-lc-Francais avaient en pareil cas nullement cl incompéternment procédé, et renvoya les parties à leur curé; et en cas de refus, à leur évoque, [tour être procédé à leur mariage, si faire se devait, après avoir reçu la pénitence salutaire.

— Cette décision prise en général contredirait les prénotions de l'auteur. Quand il s'agit d'empêchement établi par l'Eglise, c'est au juge ecclésiastique à en connaître. Quand il est question d'intérêts civils, d'inégalité de condition, de déni de consentement du père, de la mère, etc., cela regarde le juge civil. C'est la règle que celui qui a fait des notes sur Févret, donne, t. Il, pag. 319. H y a apparence que la discipline en ce point n'est pas uniforme,

— Cas IV. Luc, qui avait formé une opposition juridique au mariage de Pierre avec Marie, s'en est désisté. Le curé peut-il les marier?

R. LesConf. de Chartres, pag. 27, disent que quand l'opposition est portée au for contentieux, un simple désistement, qui suffirait en d'autres occasions, ne peut suffire; et qu'il faut en outre une signification de la sentence, qui donne main-levée de l'opposition. M. Dargentré, pag. 163, dit à peu près, que si l'opposition n'était fondée que sur l'intérêl de celui qui l'a faite, comme si Titiuss'est opposé au mariage de Livie, sur ce qu'elle lui avait promis de l'épouser, alors le simple désistement suffit, parce que chacun peut renoncer à son droit personnel : mais que si elle était fondée sur un empêchement, comme si Tilius avait soutenu que Livie était fiancée ou mariée à un autre, le désistement ne suffit pas, parce que Tilius peut avoir été corrompu pour le faire. Le card. Le Camus veut qu'en fait d'opposition on ne fasse rien sans consulter l'évéque; et cela est juste.

Voyez Payer, cas I

Cas. Arnaud sait très-bien l'oraison dominicale, il la récite même avec une certaine componction ; mais il ne sait pas la formule des actes de foi d'espérance et de charité : satisfait-il au préceole de faire ces actes de temps en temps?

R. Assurément, car l'oraison dominicale renfermeéquivalemment ces trois actes, dont il n'est pas nécessaire de savoir ni de réciter les formules.

Les oraisons qu'on dit sans approbation de l'Eglise pour guérir certaines maladies des hommes et des bêtes, ou pour conjurer les insectes, ont rapport aux vaines obser-

vances. La plupart sont ridicules, mal dirigées, cl toutes sont suspectes de superstition. Si elles opèrent quelque effet merveilleux, on ne peul dire sans une témérité criminelle, qu'elles le produisent par l'institution de Dieu ou par celle de l'Eglise, puisque nous n'en trouvons rien ni dans les saintes Ecritures, ni dans la tradition, et qu'elles n'ont point élé approuvées par l'Eglise ; on doit donc juger qu'elles supposent quelque pacte avec le démon; mais la bonne foi excuse le plus souvent ceux qui emploient ces sortes de prières.

Quand même on attendrait de Dieu seul l'effet de ces oraisons, ce ne serait que par

forme de miracle; or c'est tenter Dieu de lui demander des miracles continuels : on ne doit donc point souffrir ces sorles d'oraisons,

quoiqu'elles paraissent pieuses et composées de paroles qui sont prises de la sainte Ecriture.

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